mercredi 22 septembre 2010

« Le ministère de la Rééducation »

Texte de Mathieu Bock-Côté publié dans Écho Montréal, Vol. 17, n° 9, septembre 2010, p. 8.

Raymond Aron, certainement un des plus grands intellectuels du 20e  siècle, a consacré une partie substantielle de son œuvre à la critique du socialisme. Lorsqu’on lui demandait s’il n’était pas las de cette polémique, il répondait que tel était bien le cas, mais qu’il n’y pouvait rien dès lors que cette idéologie menaçait activement les sociétés occidentales.

Depuis 40 ans, les choses n’ont changé qu’en apparence. La haine de l’Occident n’est pas disparue, elle s’est métamorphosée. Le philosophe Alain Finkielkraut l’a noté, le multiculturalisme est le communisme de notre siècle. Il en est l’héritier et a pris le relais comme expression d’un égalitarisme si radical qu’il est traversé par une tentation autoritaire. Il représente aujourd’hui l’idéologie dominante.

Le multiculturalisme repose sur une idée mortifère : les sociétés occidentales seraient coupables de racisme. On devrait pour cela déconstruire leur identité. La société d’accueil n’aurait plus le droit d’exiger des immigrés qu’ils prennent le pli culturel de la majorité. En fait, ce serait à la société d’accueil à « s’adapter à la diversité ».

De manière surprenante, le ministère de l’Éducation (MELS) est devenu le principal promoteur du multiculturalisme au Québec. On l’a vu il y a encore quelques semaines lorsque il a annoncé la réalisation d’un « calendrier multiconfessionnel » permettant aux écoles de planifier leurs examens sans vexer la « sensibilité religieuse » des communautés culturelles.

L’initiative, faussement généreuse, vient bouleverser la question de l’intégration : de plus en plus, chaque communauté disposera pratiquement d’un droit de veto dans l’aménagement du calendrier scolaire. Noël comme Pâques ne seront plus que des fêtes parmi d’autres. Au pire, l’ouverture à l’autre exigerait la disparition de l’identité québécoise de l’espace public. Au mieux, elle ne sera qu’une identité parmi d’autres.

Sur le site internet du MEQ, on présente ainsi la société québécoise : « d’abord occupé par une population autochtone, le Québec a successivement accueilli des arrivants de France, des îles Britanniques, puis d’un nombre toujours croissant de pays. Il reçoit plus de 38 000 nouveaux arrivants par année ». Il n’y a plus de culture fondatrice, seulement un territoire où s’accumulent des vagues migratoires également importantes dans la formation de l’identité québécoise. Pour le MEQ, nous sommes tous des immigrants.

Sans surprise, cette vision se répercute dans le nouveau cours d’histoire du Québec, radicalement dénationalisé. Par exemple, dans ce cours, la Révolution tranquille est dénaturée. On ne dira plus Maîtres chez nous, lorsqu’on examinera l’élection de 1962. On se demandera plutôt si le « nous » en question était suffisamment inclusif. Toujours, on filtrera le passé dans le tamis de le la diversité obligatoire.

C’est un nouveau peuple qui n’aura plus de « québécois » que le nom que le MELS entend fabriquer. Le nouveau cours Éthique et culture religieuse en accouchera. Comme ses théoriciens l’ont avoué, les jeunes Québécois, une fois passés par ce cours, adhèreront à la religion de « l’accommodement raisonnable ». En définitive, ils auront été endoctrinés.

Le MELS entend immuniser les enfants contre leur culture nationale. Il les rendra étranger à leur peuple. On devrait désormais parler du ministère de la Rééducation.




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Le cours d'éthique et de culture religieuse fait l'objet d'une première plainte officielle

Le Reflet du Lac rapporte. Les intertitres sont de nous.

Une plainte en bonne et due forme a été déposée à la Commission scolaire des Sommets, en rapport avec le cours d'éthique et de culture religieuse (ÉCR). Le tout a entraîné une trentaine de parents à manifester leur mécontentement face à ce cours obligatoire, lors de la réunion des commissaires du 21 septembre dernier.

Ladite plainte a été logée par Alec St-Jean, un père de trois enfants du Canton de Melbourne. Sa plus jeune fille, qui fréquente l'école secondaire du Tournesol à Windsor, est rentrée de son cours d'ÉCR du 17 septembre dernier en pleurs. « Son professeur a dit que Marie s'était fait violée et qu'elle avait caché ce fait à Joseph en disant qu'elle était tombée enceinte du Saint-Esprit. Dans notre famille, nous sommes croyants et ce simple fait est venu ébranler sa croyance et l'a complètement révoltée. Dans toute cette histoire, j'aimerais qu'on puisse exempter le cours d'éthique et de culture religieuse à nos enfants. Après tout, je n'envoie pas mes enfants à l'école pour les faire souffrir et je ne veux pas les voir revenir les yeux pleins d'eau. »

[...]


Le directeur général de la Commission scolaire, Christian Provencher, a bien reçu la plainte. « Nous allons faire un suivi de ce dossier et nous allons communiquer avec vous », a-t-il lancé au plaignant.

[Note du carnet : la transcription faite par le journaliste de la Tribune, Jean-François Gagnon, est nettement moins affirmative : « Éventuellement, on va faire un suivi avec vous ».]


Dans sa démarche, le père de famille a reçu l'appui de nombreux parents, dont Angèle Rodrigue. « Je suis venue appuyer la cause puisque je veux qu'on conserve la liberté d'éducation. Nous devrions choisir la foi qui est communiquée à nos enfants », souligne cette citoyenne de Sainte-Catherine-de-Hatley.

Avis de psychologue, ex-ministre, prêtre, docteur ignorés

Sylvain Lamontagne, lui, s'était déplacé à la rencontre pour demander aux commissaires de tenir un vote afin de lever l'obligation du cours d'éthique et de culture religieuse. Armé de plusieurs lettres de recommandations de divers spécialistes, il a pris la parole. « Ça fait trois ans qu'on vient vous dire que nous sommes opposés à ce cours, car il porte atteinte à la foi de nos enfants. Nous avons le droit de choisir selon notre liberté de conscience et de religion », a-t-il plaidé.

Appuyer des commissaires scolaires représentatifs

Les commissaires ont entendu ses dires, mais ont toutefois décidé de ne pas voter sur l'épineux dossier. Déçu, M. Lamontagne a promis de poursuivre son combat. « Il ne faut pas lâcher. Il faut aller jusqu'au bout. Mais, je trouve ça dommage. Les commissaires sont censés représenter les parents et les élèves. Et certains parents trouvent que c'est injuste d'imposer le cours d'éthique et de culture religieuse », a-t-il conclu, tout n'excluant pas la possibilité d'appuyer les commissaires qui sont de son côté lors de prochaines élections scolaires.

Source : Le Reflet du Lac




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France — inquiétudes devant la lente disparition du latin et du grec


Un demi-million d’élèves français étudiaient encore le latin ou le grec en 2009-2010 dans les établissements secondaires de France.

Il est vrai que ces programmes se sont sensiblement allégés ces dernières décennies, on y lit de moins en moins le latin et le grec, mais de plus en plus de textes classiques en français.

Mais voilà que maintenant l'État français veut réformer le concours de recrutement des professeurs de langues classiques.

Pour Hugues Kéraly,
L’information la plus lourde de conséquences de cette rentrée scolaire est restée inaperçue des principaux médias : dès cette année, les épreuves de latin et de grec sont supprimées du “Capes“ de lettres classiques, filière de formation des enseignants de langues anciennes pour tous les collèges et lycées de France. Ce génocide programmé n’annonce pas seulement une accélération du naufrage pédagogique de l’Éducation Nationale. Elle s’inscrit dans une tendance lourde au déracinement culturel – et par suite au déclin mondial – de tout l’espace européen.

Édouard Herriot définissait finement la culture comme “ce qui reste, quand on a tout oublié”.

– Que reste-t-il, à 99% de ceux qui sont passé par ces apprentissages, de la bonne approche du plissement hercynien, de la courbe de Gauss ou des équations du second degré ? Pratiquement rien.

– Que restera-t-il du latin et du grec ancien au demi-million d’élèves français qui étudiaient encore ces disciplines en 2009-2010 dans nos établissements ? Tout ce qui distingue des autres un esprit véritablement “cultivé”, et lui permet de rebondir de façon autonome et critique face à un grand nombre de situations : une formidable rencontre avec les textes fondateurs de la pensée logique, de l’invention des sciences et de la politique ; le goût de la quête du sens, voire de l’interrogation philosophique, qui passe souvent par l’étymologie ; une familiarité avec les racines de la grande majorité des mots dont sont issus le français, l’espagnol, le portugais et l’italien, sans compter de nombreux termes abstraits d’anglais ou d’allemand ; des armes pour affronter le vocabulaire du droit, de la médecine, et d’une façon générale de toutes les sciences du vivant…

lundi 20 septembre 2010

France — Les inégalités sociales s'aggravent parmi les bacheliers

Un fils d'enseignant a 14 fois plus de chances relatives d'obtenir le bac (D.E.C au Québec) que son camarade dont le père est ouvrier non qualifié, selon le ministère de l'Education. Cette étude est basée sur un panel d'élèves entrés en sixième en 1995 et qui ont passé le bac à partir de 2002.

Or, comparé aux élèves entrés en sixième en 1989, les inégalités ont augmenté : les fils d'enseignant avaient alors neuf fois plus de chances de réussite que les fils d'ouvriers non qualifié.

Une évolution inquiétante : c'est la première fois que le ministère indique que les inégalités sociales s'aggravent à la fin du secondaire.

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Suisse — Le canton de Saint-Gall prend des mesures contre l'éducation à domicile

Alors que l'école à la maison est pratiquée par plus de deux millions de familles américaines, l'instruction à domicile ne concernerait qu'environ 350 enfants en Suisse. Pourtant, certains cantons, comme celui de St-Gall, adoptent des mesures restrictives contre cette forme d'enseignement.

Le tribunal administratif du canton de St-Gall a refusé fin août à une famille de dispenser un enseignement privé à ses enfants. Il n'existe pas de droit directement invocable permettant de suppléer à l'éducation en école publique ou privée, comme l'exigeait la famille requérante, qui éduquait à la maison deux filles en âge de scolarisation.

Selon la loi sur l'instruction publique du canton de St-Gall, seuls les détenteurs d'une autorisation d'enseignement en école privée peuvent dispenser des cours à la maison. Or, la famille requérante ne souhaitait pas fonder une école privée mais éduquer ses enfants par des cours privés à domicile.

Selon le tribunal administratif, le « homeschooling » pourrait notamment résulter en l'isolation sociale de l'enfant, pourtant cette crainte assez répandue est battue en brèche par les études effectuées notamment aux États-Unis.

La Suisse romande plus libérale

La situation est moins sévère dans les cantons de Berne, Argovie ou encore d'Appenzell Rhodes-Extérieures. Mais c'est la Suisse romande qui adopte la position la plus libérale vis-à-vis de l'éducation à la maison. Les familles désireuses de la pratiquer doivent en informer les autorités compétentes en matière d'instruction publique et leur soumettre des plans d'études.

Regula Bott, de Herisau (canton d'Argovie), dispense ainsi un enseignement privé à ses enfants, sans avoir de diplôme d'enseignement. Il y a deux ans, sa famille était encore établie dans le canton de Zurich. Mais celui-ci a interdit de fait l'enseignement à domicile comme alternative à l'instruction publique ou privée.

« L'État et quelques familles qui refusent toujours d'envoyer leurs enfants à l'école se sont maintenant engagés dans une épreuve de force », déclare Willi Villiger de l'association Éducation à domicile. Celui-ci redoute des situations similaires à celles qui prévalent en Allemagne, où les enfants sont conduits de force par la police à l'école.

L'enseignement public en cause

Un récent travail de mémoire sur le sujet, publié à la Haute école pédagogique de la Suisse centrale, évalue à environ 350 le nombre d'enfants qui suivent une instruction à domicile en Suisse. Selon M. Villiger, la tendance est à la hausse, mais elle est freinée par la pratique restrictive en matière d'autorisations à l'instruction à domicile.

L'éducation à la maison constituerait une alternative pour les familles qui ne peuvent pas s'offrir un enseignement en école privée, ainsi que pour les parents d'enfants surdoués ou handicapés. Le mécontentement avec l'enseignement prodigué dans les établissements publics en est une autre cause.




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dimanche 19 septembre 2010

Inflation des notes dans les universités nord-américaines ?


En 2006, Philip Babcock, un économiste du travail de l'Université de Californie, furetait en ligne quand il est tombé sur une enquête sur l'emploi du temps des étudiants de premier cycle à son université. Il fut troublé par le fait que les étudiants disaient passer très peu de temps à étudier.

En comparant son expérience alors qu’il était étudiant à celle de ces cinq dernières années comme professeur, Philip Babcock eut l’intuition que les étudiants passaient moins de temps devant leur livre, mais il se rappelle s’être dit « les gens critiquent toujours la génération qui les suit. Peut-être qu’ils bossent comme des fous. » Voulant en avoir le cœur net, il a voulu mettre à l’épreuve son hypothèse. Dans l’étude qui résume ce travail et qui sera publié à la fin de l’année dans la Review of Economics and Statistics du MIT, Babcock et son coauteur Mindy Mark, affirment que depuis 1961, le temps qu’un étudiant moyen de premier cycle consacre à l’étude a diminué de 42 pour cent, passant de 24 heures hebdomadaires à 14. Cette baisse importante se retrouve au sein de tous les sous-groupes démographiques, de chaque faculté et de chaque type d’établissement postsecondaire aux États-Unis.

L’étude ne se penche pas sur le cas du Canada et du Québec, mais la tendance semble être avérée dans toute l’Amérique du Nord. Dans son prochain livre, Lowering Higher Education: The Rise of Corporate Universities and the Fall of Liberal Education, James Côté, un professeur de sociologie à la University of Western Ontario et son collègue Anton Allahar analysent les données rassemblées sur près de 12 000 étudiants aux États-Unis et au Canada et ils ont découvert des résultats similaires : le nombre d’heures consacrées à étudier diminue alors que les notes augmentent. Au Canada, les notes sont passées en 30 ans d’un C en moyenne à un B+/A-.

L’étude menée par Babcock est l’une des plus approfondies en son genre. Elle utilise les données de milliers d’étudiants à plein temps inscrits dans des programmes universitaires de premier cycle de quatre ans, ces données sont tirées d’enquêtes effectuées sur tout le territoire américain et qui représentent quatre périodes : 1961, 1981, 1987-1989 et 2003-2005.





« Notre plus grand défi a été de s’assurer que nous comparions des choses comparables » de déclarer Babcok au Maclean’s avant d’ajouter qu’il était difficile de prendre en compte les changements démographiques dans ces facultés – plus de femmes, plus d’étudiants qui ont un travail rémunéré – et de vérifier les résultats quand le libellé des questions varie d’un questionnaire à l’autre. Dans les faits, les femmes des dernières cohortes passent plus de temps à étudier en moyenne que les hommes et dans certaines facultés, notamment celles de génie, les étudiants passent nettement plus de temps devant leurs livres que dans les autres facultés.

Pour ce qui est de la cause de cette baisse observée dans le nombre d’heures consacrées à l’étude, Philip Babcock indique que son étude ne fournit que des chiffres bruts, mais il se demande si l’explication la plus plausible ne serait pas que le niveau des études universitaires aurait baissé. Pour étayer son intuition, il cite une autre de ses études qui porte sur l’inflation des notes à paraître d’ici quelques mois dans le Journal Economic Inquiry : « Ce qu’on observe dans les faits c’est que les professeurs donnent de meilleures notes, les étudiants travaillent moins et que les étudiants considèrent leurs professeurs comme de meilleurs enseignants dans les évaluations qu’ils font du corps professoral ». Ces évaluations des professeurs par les étudiants existent dans de nombreuses universités nord-américaines. Babcock conclut : « Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de raisons pour restreindre la généreuse distribution de bonnes notes ou pour forcer les professeurs à donner des cours difficiles et exigeants. »

Babcock n'est pas le premier à suggérer que la diminution dans le nombre d’heures d’études est liée à l'inflation des notes. « Cet enflement des notes est le signe que nous consacrons moins en capital humain, le niveau a baissé et les étudiants s’impliquent moins » dit James Côté pour qui des élèves qui s’impliquent moins, étudient moins. « La plupart des excuses pour expliquer pourquoi nous devrions tolérer ce désintérêt, ce manque d’implication, ne tiennent pas » ajoute-t-il. « Les petits boulots d’étudiants ne réduisent que de deux heures par semaine tout au plus le temps consacré à l’étude. Cela n’explique pas ce manque d’implication généralisé ». Selon James Côté, au lieu d’étudier, les étudiants consacreraient plus de temps aux loisirs, font plus de sport, boivent plus de bière et font la fête.

Ross Alger, un étudiant en génie de Colombie Britannique interrogé par Maclean’s, admet que, grâce aux nouvelles techniques, il passe moins de temps à chercher des ressources : « Tout est à portée de main. Si j’ai un problème en physique, je vais sur un site Web et je ne passe pas des heures à parcourir un manuel pour comprendre quelque chose de basique. » Alger admet, cependant, que même avec Internet il passe au moins 2 à 3 heures à étudier en sus des 6 heures de classe auxquelles il assiste cinq jours par semaine. Il ajoute que ses camarades de promotion étudieraient plus que lui.

Mais, selon Philip Babcock, s’il est vrai que les nouveaux outils informatiques optimisent l’étude, ce n’est pas de beaucoup : de 1988 à 2004, le déclin en heures étudiées n’a été que de deux heures. La plus grande baisse a eu lieu de 1961 à 1981 ce qui correspond à la première mode des évaluations des professeurs et assistants. Selon l’économiste de l’Université de Californie, cela a conduit des professeurs à noter plus généreusement, avec comme conséquence la chute du niveau que Babcock croit être à l’origine de l’épidémie d’inflation dans les notes.




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Curiosité du jour : augmenter de 25 % les notes des finissants sud-africains ?

Radio-Canada et les autres médias nous ont abreuvés de bonnes nouvelles sur l'Afrique du Sud pendant cet exercice de communication (on ne dit plus propagande) qu'était le Mondial de football. Gageons que ces mêmes médias ne s'appesantiront guère sur l'état déplorable de l'enseignement en Afrique du Sud, 16 ans après la fin de l'apartheid.

On se rappellera que l'année passée, pour la sixième année de suite, le taux de réussite aux examens de fin d'études secondaires avait diminué en Afrique du Sud.

L’Afrique du Sud s'est classée au dernier rang dans un classement regroupant 40 pays, derrière le Maroc et le Koweït. Ce classement a été publié en 2007 dans le cadre du Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS:2006). Cette étude vise à établir les compétences de lecture des élèves de 10 et 11 ans quand ils doivent aborder des textes littéraires et informatifs authentiques.

L'Afrique du Sud dépense 6,1 % de son produit national brut à l'éducation, une plus grande portion que la plupart des autres pays, mais ses résultats sont constamment parmi les plus mauvais.

Selon le dernier Indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial, l'Afrique du Sud se classait 129e sur 139 pays en matière d'éducation primaire et 137e en sciences et mathématiques.

La coupe du monde de football et les grèves

Pendant tout le mois du Mondial, les écoles publiques sud-africaines étaient fermées prolongeant les vacances d'hiver d'une semaine. Raisons invoquées par le ministère de l'Éducation : éviter l'absentéisme de la part des élèves et des professeurs et alléger le réseau routier souvent saturé autour des grands stades.

Manifestation d'enseignants sud-africains à Johannesbourg, le 18 août 2010
Quelques semaines après la fin du tournoi, la quasi-totalité des enseignants du secteur public fit grève pendant trois semaines.

Inquiet que l'année scolaire ait été raccourcie d'un mois alors que les examens de fin d'année scolaire approchent, le Congrès des étudiants sud-africains (Cosas) vient de demander au gouvernement d'augmenter les notes de tous les élèves de 25 % !

Ces demandes font suite à des manifestations violentes de la part des collégiens (lycéens) qui s'inquiètent de leur manque de préparation alors que les examens finaux auront lieu dans moins de deux mois. Lors de manifestations dans la région de Port Elizabeth (Cap oriental), un élève est mort à la suite de tirs de la police dans une foule de 4 000 élèves manifestant leur mécontentement.

Le 14 septembre 2010, la police a utilisé du gaz lacrymogène
et des balles en caoutchouc pour disperser quelque 4000 élèves
qui brûlaient des pneus et bloquaient les routes à Veeplas (Cap oriental)

Le gouvernement a refusé cette demande, mais rencontrera à nouveau le syndicat Cosas lundi, pour discuter du « plan de rattrapage » que le ministère compte mettre en place en augmentant le nombre d'heures de cours pendant les semaines qui restent à cette année scolaire. L'année scolaire sud-africaine commence en janvier et termine à la fin novembre.

« Apprenants » (learners) s'attaquant aux locaux de la Sakhikamva High School,
le jeudi 12 août 2010 à Nompumelelo dans la province du Cap oriental.
(voir le résultat de cette manifestation)


Il ne faut avoir qu'une moyenne de 50 %... si on est noir

Entretemps, l'Université du Cap indiquait que pour être admis dans son école de médecine les candidats blancs devaient obtenir une note moyenne minimale de 80 % à l'examen d'évaluation national, alors que les étudiants noirs ne devaient obtenir que 50 %. Dans ces circonstances, pourquoi s'étonner d'un autre petit coup de pouce de 25 % ?





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mercredi 15 septembre 2010

Décrochage des garçons au Québec, un tabou ?




Mario Dumont rencontre l'enseignant Jean-François Roberge pour discuter du décrochage des garçons au Québec.

V Télé, 14 septembre 2010.




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Le Régime québécois d'assurance parentale
Un gouffre sans fond, craint la FCEI

La hausse des cotisations du régime québécois d'assurance parentale (RQAP), publiée aujourd'hui dans la Gazette officielle, ne résoudra non seulement pas le déficit du Fonds d'assurance parentale, mais elle viendra également alourdir le fardeau des ponctions fiscales sur la masse salariale qui pèse plus lourd sur les PME. « Dans un monde où l'emploi est essentiel pour le développement économique, l'ensemble de ces ponctions réduit de manière évidente la capacité des petites entreprises à embaucher, à bonifier les conditions salariales et à croître » a expliqué Madame Martine Hébert, vice-présidente pour le Québec de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI). Par ailleurs, à la lumière des données de la FCEI,  la Fédération s'inquiète de la pérennité du régime québécois d'assurance parentale, qui offre des prestations de maternité et de paternité et des prestations parentales à l'occasion de la naissance d'un enfant.


Un régime en péril ?

Selon le rapport actuariel au 31 décembre 2009, le déficit accumulé du Fonds d'assurance parentale (FAP) dépassera les 1,1 milliard de dollars en 2014. L'annonce faite aujourd'hui permettra, selon l'estimation de la FCEI, de réduire le déficit accumulé de 1,1 milliard de dollars à 763 millions de dollars en 2014, ce qui correspond à une diminution d'environ 31 %. Si cette baisse est encourageante, la FCEI s'interroge sur ce que prévoit le Conseil pour poursuivre l'assainissement financier du Fonds « Il y a des limites à ce que l'on creuse collectivement un trou financier et que la facture ne soit acheminée qu'aux entreprises et à leurs employés. Si nous voulons assurer la pérennité du régime, il faut agir de façon responsable et se questionner sérieusement sur la générosité et le financement du régime » a indiqué madame Hébert.

Les Québécois paient plus cher

Selon la FCEI, les Québécois paient très cher leur régime d'assurance parentale comparativement à leurs homologues du reste du Canada. La mise en place du RQAP a évidemment entraîné en 2006 un alourdissement au Québec des cotisations aux programmes d'assurance emploi (assurance emploi en tant que telle et assurance parentale). En 2006, le taux de cotisation au RQAP dépassait le rabais dont bénéficie le Québec au programme canadien de l'assurance emploi de 22 %.

Avec le taux proposé pour l'année 2011, cet écart atteindra 45 %. Lorsque l'on considère seulement la portion liée à l'assurance parentale, les employeurs québécois paient le double de ce que paient les autres provinces canadiennes. « La générosité du régime entraîne un coût important et ce sont les employeurs et les travailleurs qui en paient chèrement la note » a souligné madame Hébert.

Un mini-boom à cause du RQAP ? Pas évident !


Dans la rhétorique entourant les conséquences positives du RQAP, certains  mentionnent que le RQAP serait responsable du mini baby-boom que le Québec connaîtrait, d'autres qu'il s'agit des garderies ruineuses à 7 $ 50 $. Dans les faits, il semble que le plus gros des gains en termes de natalité soit derrière nous, et que, l'augmentation du taux de natalité a globalement été observée partout au Canada où le régime de prestations pour congés parentaux est moins généreux qu'au Québec.

« On peut donc se demander si le RQAP a permis aux familles de simplement devancer leurs projets familiaux, mais sans qu'à long terme, cela ne conduise à une augmentation substantielle et soutenue du taux de fécondité. En effet, nous ne pouvons aujourd'hui observer qu'un seul "cycle" depuis l'instauration du RQAP et le financement du congé parental n'est pas l'unique enjeu financier dans les projets familiaux. Il faut donc être prudents dans les conclusions que nous posons à ces égards. Enfin une question se pose : les résultats sont-ils à la hauteur des moyens engagés ? N'aurions-nous pas les mêmes résultats avec un régime plus équitable et moins généreux ? » a conclu Madame Hébert.



Observer que les axes ne commencent pas à zéro ce qui tend à exagérer les petites variations.




Voir aussi : 

Baisse du nombre de naissances au Québec de janvier à juin 2010

Essoufflement du « mini baby-boom » en 2009 ?




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mardi 14 septembre 2010

Le dogme de la mixité à l'école remis en cause

Les effets contestables de la cohabitation filles-garçons sont mis en avant par des travaux de sociologues. La mixité fut rendue obligatoire en France, depuis la loi Habyde 1975, faisant d'elle un élément aussi important pour la « République » que la laïcité. Mais, selon le Figaro, ce dogme idéologique est remis en question.

La sociologue Marie Duru-Bellat, auteur d'ouvrages vantés par l'ensemble des tenants du progressisme scolaire a publié cet été dans la revue de l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) un article intitulé « Ce que la mixité fait aux élèves ». Un pavé dans la mare. Toute remise en cause semble pourtant intolérable aux tenants du système actuel.

Mais les études semblent le prouver : les filles obtiennent de meilleurs résultats à l'école, toutes catégories sociales confondues. Certains s'inquiètent de l'effet potentiellement délétère de la mixité scolaire sur les garçons.

Depuis 2008, la mixité n'est plus obligatoire en France. Mais nombreux sont ceux qui l'ignorent encore. Les écoles non mixtes ont fait l'objet, dans les années 2000, d'expériences aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, ou en Grande-Bretagne. Aux États-Unis, les résultats ont été jugés très positifs pour les filles issues des minorités. En Allemagne, où il s'agissait de développer des enseignements non mixtes, en sciences physiques ou en informatique, les résultats étaient très positifs pour les filles. En France, seul le privé hors contrat développe des classes non mixtes. Dans l'enseignement catholique sous contrat, la non-mixité est peu à peu devenue rare. Claude Berruer, secrétaire général adjoint de l'enseignement catholique, ne semble, hélas, pas convaincu :
« il faut avoir conscience que la mixité ne contribue pas forcément à une égale dignité garçon-fille. Mais un retour en arrière ne serait pas la solution. Bien sûr, nous avons des familles, notamment musulmanes, qui expriment des réserves et mettent le doigt sur des façons de vivre la mixité qui ne respectent pas la pudeur. On se désole du machisme, mais il faut réfléchir sur ce qu'on donne à voir du rapport au corps dans nos sociétés. »




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