mardi 17 novembre 2009

Encyclique Caritas in veritate et le cours d'éthique et de culture religieuse

Le 7 juillet 2009 a été présentée au Vatican la troisième encyclique de Benoît XVI, Caritas in veritate traitant des thèmes centrales que sont la crise sociale et environnementale, la mondialisation, les rapports humains au regard de la doctrine sociale. On y trouve aussi des passages qui concernent le dialogue interculturel et qui peuvent donc jeter une lumière particulière sur le programme d'éthique et de culture religieuse.
26. (…) Aujourd’hui, les occasions d’interaction entre les cultures ont singulièrement augmenté ouvrant de nouvelles perspectives au dialogue interculturel ; un dialogue qui, pour être réel, doit avoir pour point de départ la conscience profonde de l’identité spécifique des différents interlocuteurs. On ne doit toutefois pas négliger le fait que la marchandisation accrue des échanges culturels favorise aujourd’hui un double danger. On note, en premier lieu, un éclectisme culturel assumé souvent de façon non-critique : les cultures sont simplement mises côte à côte et considérées comme substantiellement équivalentes et interchangeables entre elles. Cela favorise un glissement vers un relativisme qui n’encourage pas le vrai dialogue interculturel ; sur le plan social, le relativisme culturel conduit effectivement les groupes culturels à se rapprocher et à coexister, mais sans dialogue authentique et, donc, sans véritable intégration. En second lieu, il existe un danger constitué par le nivellement culturel et par l’uniformisation des comportements et des styles de vie. De cette manière, la signification profonde de la culture des différentes nations, des traditions des divers peuples, à l’intérieur desquelles la personne affronte les questions fondamentales de l’existence en vient à disparaître [62]. Éclectisme et nivellement culturel ont en commun de séparer la culture de la nature humaine. Ainsi, les cultures ne savent plus trouver leur mesure dans une nature qui les transcende [63], et elles finissent par réduire l’homme à un donné purement culturel. Quand cela advient, l’humanité court de nouveaux périls d’asservissement et de manipulation.


(…)



29.
Il y a encore un autre aspect de la réalité d’aujourd’hui, lié de façon très étroite au développement: c’est la négation du droit à la liberté religieuse.

(…)

la promotion programmée de l’indifférence religieuse ou de l’athéisme pratique de la part de nombreux pays s’oppose elle aussi aux exigences du développement des peuples, en leur soustrayant l’accès aux ressources spirituelles et humaines. (…) Quand l’État promeut, enseigne, ou même impose, des formes d’athéisme pratique, il soustrait à ses citoyens la force morale et spirituelle indispensable pour s’engager en faveur du développement humain intégral et il les empêche d’avancer avec un dynamisme renouvelé dans leur engagement pour donner une réponse humaine plus généreuse à l’amour de Dieu.






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Faut-il renier notre histoire et notre culture ?

Lettre ouverte envoyée à la Voix de l'Est :


Je regarde ailleurs qu’au Québec et je m’aperçois que c’est comme s’il y avait consensus entre certains gouvernements mondiaux pour faire mourir leur histoire chrétienne. C’est comme si celle-ci leur faisait horreur et c’est pareil ici.

Je ne suis pas une grande intellectuelle appelée à réfléchir aux grands débats de société, mais je ne suis quand même pas dupe et je vois très bien ce que le gouvernement actuel avec la collaboration du chef de l’opposition Mme Marois veulent faire de nos valeurs chrétiennes et de notre culture. Ils sont en train de suivre la tendance de certains pays pour détruire leur propre culture au profit du multiculturalisme. Même qu’on a demandé à Rome d’enlever la croix des écoles parce qu’une personne [note du carnet : une Finlandaise !] a fait une plainte à la cours européenne des droits de l’homme. La Cour de Strasbourg a jugé la présence de crucifix contraire au droit des parents d'éduquer leurs enfants selon leurs convictions et au droit des enfants à la liberté de religion. En Belgique, au nom de la « neutralité » de l’enseignement officiel, la ville d’Anvers a invité ses écoles à bannir tout signe extérieur de religion. Saint Nicolas, qui rend traditionnellement visite aux écoliers, a donc été privé de croix sur sa mitre ou sa robe. C’est incroyable !

Faut-il aller jusqu'à renier notre propre culture, nos lois qui viennent de nos valeurs chrétiennes, nos propres saints pour laisser la place à une nouvelle culture et religion; le multiculturalisme? Devons-nous nous effacer en tant que société à majorité de tradition chrétienne (90 %) pour ne pas frustrer ceux qui ne pensent pas comme nous ? Devons-nous renier Jésus et sa croix qui est symbole d'amour, de paix et de liberté pour suivre d'autres idéologies ? Devons-nous aller jusqu’à renier notre histoire en faisant disparaître nos symboles religieux qui font partie de celle-ci pour ne pas frustrer des minorités, qui soit dit en passant ne sont pas obligés d’adhérer à nos croyances et à notre culture ? [Note du carnet : les immigrés sont souvent chrétiens au Québec et ce sont souvent des laïcistes qui utilisent le prétexte de cette présence immigrante pour éliminer tout signe chrétien.] Il me semble que c’est la moindre des choses que nous soyons respectés en tant que majorité qui a des valeurs chrétiennes. On va me qualifier d’intégriste et de fanatique parce que je pratique ma religion et que je parle ainsi, mais moi je vous dis que ce n'est pas parce qu’une personne pratique ou non sa religion qu’elle est intégriste pour autant. J’aimerais juste qu’on nous respecte dans notre culture et dans notre religion ici, chez nous, et que le gouvernement arrête de nous prendre pour des innocents en changeant nos lois sous prétexte qu’une personne ou qu’un petit groupe ne pense pas comme nous. Je crois que la majorité a le droit de ce faire entendre, d’être écoutée et d’être représenté par un gouvernement qui a les intérêts de celle-ci à cœur et ce n’est pas le cas actuellement.

Je crois qu’il est grand temps que nous nous levions pour dire au gouvernement que nous voulons être respectés dans ce que nous sommes.

Jeannelle Cantin
Farnham






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Bosquejo de una libertad de conciencia parcialmente aherrojada: Canadá




“Bosquejo de una Libertad de Conciencia Parcialmente Aherrojada: Canadá”
por el profesor Ernesto Caparros, profesor emérito, Université d’Ottawa


El texto de este discurso está aquí.






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lundi 16 novembre 2009

Livre sur le cours ECR : Au-delà des apparences

Guy Durand, célèbre éthicien, vient de publier un ouvrage sur le programme d'éthique et de culture religieuse.

Présentation de l'éditeur

Quel beau titre, quel objectif stimulant ! Mais malgré les apparences, quel salmigondis que le programme actuel !

On met sur le même pied religions, mythes, contes et fables. On présente les religions de manière superficielle, morcelée, partielle, parfois partiale. L’éthique est centrée sur la tolérance et la recherche de consensus : le programme donne peu de critères pour aider les jeunes à réfléchir et à décider. Loin de viser à transmettre un savoir ou des connaissances, le rôle du maître est réduit à celui d’accompagnateur et d’animateur neutre. Le programme souffre d’ailleurs de tous les défauts de la Réforme pédagogique et est loin de donner priorité à la culture chrétienne. Bref, il ne répond pas aux objectifs auxquels on s’attendait.

Au minimum s’impose donc de respecter la liberté de conscience et de religion des parents en accordant largement le droit à l’exemption.

Le propos ne se situe pas dans une perspective juridique, même s’il évoque ici et là le procès de Drummondville, mais bien éthique et psychopédagogique, voire incidemment politique. Dans l’analyse du volet religieux, l’auteur s’attarde au traitement fait au christianisme, parce que c’est la religion de la majorité et celle qu’il connaît le mieux.


Cours d'ECR — Au-delà des apparences
par Guy Durand
chez Guérin, éditeur
Montréal, 2009
160 pages
ISBN 978-2-7601-7141-1
12,00 $

Disponible dans toutes les bonnes librairies (si l'ouvrage n'est pas en magasin, commandez-le).

Le livre sera sûrement au kiosque de Guérin (emplacement 503, entre les stands de Gallimard et de Scholastic) au Salon du livre de Montréal en fin de semaine.

Peut également se commander en ligne Éditions Guérin section nouveautés.






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Comment créer une majorité en faveur de l'homoparentalité...dans les médias

On sait que c'est un des derniers combats « progressistes » : l'acceptation de ce que certains appellent l'homoparentalité. L'État québécois s'attelle à « sensibiliser » les enfants du primaire et les futurs enseignants à ce sujet ultra marginal grâce aux sous des contribuables. Visiblement une priorité. Toujours plus de rééducation, moins d'instruction.

Cette campagne a également lieu en Angleterre et en France, notamment sur les plateaux de télévision.

Le député et philosophe de profession, Christian Vanneste, était invité à une émission généralement de qualité, C dans l’Air dont l’animateur Yves Calvi maîtrise parfaitement le bon niveau d’information et la sérénité des débats. Voici ce qu'en dit Christian Vanneste sur son carnet :
Contrairement à ma participation à l’émission sur le démantèlement de la jungle, j’ai eu le désagréable sentiment hier d’être tombé dans une embuscade. Je me suis retrouvé seul contre trois : l’avocate du lobby, le président de l’APGL [Association des parents gays et lesbiens], et un psychiatre étonnamment de leur avis. Je tire de cette épreuve deux conclusions.

D’abord, il est étrange, et finalement assez drôle que les promoteurs acharnés d’un comportement ultra minoritaire se soient retrouvés majoritaires sur le plateau et en possession des légitimités du droit, de la « Science » et de la société civile, alors que les 1800 membres de l’APGL pèsent peu en face des 6 millions de personnes représentées par l’Union Nationale des Associations Familiales, ou même des 36 000 membres des seules Associations Familiales Catholiques (que les médias — comme par hasard — ignorent), alors que la plupart des spécialistes de la pédopsychiatrie, comme Marcel Rufo, comme Edwige Antier, Aldo Naouri, que les psychiatres ou psychanalystes comme Caroline Eliacheff, Tony Anatrella, Michel Schneider pensent différemment de celui qui s’est exprimé hier soir.

La remarque pleine de mépris du président de l’APGL sur notre département, le Nord, résonnait comme un aveu. Le microcosme parisien, la tête du poisson qu’est notre pays donnait raison à Gramsci (le poisson pourrit toujours par la tête). L’avocate a même été plus explicite hors antenne. À ma remarque : dans ma province, je suis majoritaire, elle a rétorqué « La Province, ça s’éduque », révélant deux aspects de l’idéologie homosexuelle : nous sommes supérieurs et nous allons vous imposer nos idées. Aristocratie et totalitarisme. On ne peut mieux souligner la totale opposition de ce lobby à la Démocratie, d’autant plus pernicieux qu’elle va à l’encontre de l’Intérêt général et repose sur des contre-vérités.


Le désir d'enfant des paires homosexuelles



On peut en pleurer, on peut en rire. Je prends la seconde option. Notre « psy » a joué les Grock de la société. Comme le célèbre clown qui voulait bouger le piano plutôt que le tabouret, le « psy » veut bouger les sociétés plutôt que les minorités qui la minent. Une série de reportages orientés ont étayé ce contresens : la banlieue, 70 ans en arrière (en arrière de quoi ?), les 2 femmes idéales, couveuses d’un petit garçon modèle (le pauvre !). Des affirmations totalement inexactes sur les enfants « élevés » par des homosexuels, fondées sur des enquêtes présentées comme crédibles alors qu’elles reposent sur des panels quantitativement insuffisants et sur des comparaisons faussées sont venues le conforter. En fait, les homosexuels sont peu nombreux, leurs couples durent peu, l’infidélité et le nombre élevé de partenaires, l’absence de projet paternel sont fréquents chez les hommes qui cultivent pour beaucoup leur désir narcissique d’être d’éternels adolescents. Le repli sur soi, le désir maternel malmené chez les femmes, la présence souvent addictive du sexe (la pornographie ferait partie de la « culture Gay », si l’on en croit Pink TV), le nombre élevé de suicides forment un ensemble qui doit entraîner à l’évidence la compassion dès que la victimisation n’est plus utilisée comme une arme perverse de domination. Toutes ces donnés statistiques sont à la portée de n’importe quel lecteur objectif (Que Sais-je ? sur l’homosexualité, de Jacques Corraze, PUF). Que cette pensée minoritaire et dangereuse pour la société et son avenir soit présentée comme positive relève de l’exploit, et repose sur les vrais pouvoirs de notre société : les médias et l’argent.

Elle est d’ailleurs parfaitement étrangère à de nombreuses personnes qui vivent leur homosexualité d’une manière strictement privée et sans exprimer de revendications absurdes.


L'émission est ici.







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dimanche 15 novembre 2009

Jacques Brassard, l'ex-ministre opposé au cours ECR a son carnet en ligne

Jacques Brassard, l'ex-ministre opposé au cours ECR qui s'est vu montrer la porte par le directeur du Quotidien du Saguenay a désormais son carnet en ligne.

Citons ce passage sur le cours ECR extrait d'un entretien accordé à l'Intelligence conséquente en 2008 :
Jacques Brassard — Les vieilles valeurs et la morale judéo-chrétienne sont toujours présentes au sein du peuple. Ces valeurs morales sont au cœur, rappelons-le, de la civilisation occidentale. Mais, partout en Occident (donc au Québec aussi), chez les élites intellectuelles et la classe politique, le relativisme moral et culturel contamine tout. Tout est confondu, le Bien et le Mal, le Vrai et le Faux, et tout est justifiable : le fanatisme, l’extrémisme, l’à-plat-ventrisme, l’obscurantisme, la reddition. Même le terrorisme bénéficie de l’indulgence des progressistes car il est engendré, n’est-ce pas, par la misère. Ce qui est faux, mais de faire semblant de le croire justifie la complaisance à son égard. Rappelons-nous Pierre Falardeau se drapant dans les drapeaux du Hezbollah.

Le plus déplorable et le plus inquiétant, c’est que notre système d’éducation est infesté par cette idéologie relativiste. Le plus bel exemple, c’est le cours d’Éthique et de culture religieuse qui sera bientôt enseigné dans nos écoles. Le jeune et brillant intellectuel Mathieu Bock-Côté a bien raison de le qualifier « d’utopisme malfaisant ». « Certains esprits cocasses, écrit-il (et je suis bien d’accord avec lui), se réjouissent de la laïcisation de l’école alors qu’on s’apprête à la confier pour de bon à un nouveau clergé, au service de la religion multiculturelle avec ses dogmes et son catéchisme ». Cette nouvelle religion, qui s’enseigne déjà dans nos écoles, consiste en une macédoine socialo-écolo-pacifiste assaisonnée d’altermondialisme et de haine de soi — je veux dire d’exécration de la civilisation occidentale. Je constate chez mes petits-enfants l’adhésion à cette religion post-moderne. On n’est pas sorti du bois !






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samedi 14 novembre 2009

Belgique — Saint Nicolas sans croix

Après le drapeau québécois qu'il fallait dessiner sans croix dans une classe d'éthique et de culture religieuse pour être « ouvert », après le jugement de la Cour européenne des droits de l'Homme interdisant le crucifix dans les écoles italiennes, car il empêcherait les parents d'éduquer les enfants selon la volonté des parents non chrétiens (ne pas rire !), voici le saint Nicolas sans croix pour être « laïque ». Au nom de la « neutralité » de l’enseignement officiel, la ville d’Anvers a invité ses écoles à bannir tout signe extérieur de religion. Saint Nicolas, qui rend traditionnellement visite aux écoliers, a donc été privé de croix sur sa mitre ou sa robe.

Et c'est bien ce qu'ont également décidé les organisateurs de l'arrivée de saint Nicolas à Anvers ce samedi. Patron des écoliers, il est fêté le 6 décembre dans l'Europe du Nord. À la Saint-Nicolas, la tradition veut que les enfants qui, durant toute l'année, ont été sages, reçoivent des friandises, de nature variable selon les régions, et des cadeaux.



S'il est vrai, comme le dit un des organisateurs de cette manifestation, que Saint Nicolas n'avait pas de mitre dans les représentations très anciennes, il était bien sûr représenté orné de croix, ne fût-ce que pour indiquer son rang d'évêque.

« La mise sous silence de traditions catholiques n’est plus quelque chose de nouveau », réagit le porte-parole du cardinal Danneels, primat de Belgique, qui refuse de se mêler de ce débat.

Même les dessins distribués aux enfants de maternelle ont été débarrassés de ce symbole de la religion catholique.

« Nous suivons les directives de l’administration communale », confie Brigitte Goeyvarts, directrice de l’école communale maternelle ’t Beertje. « Mais même sans avis, nous aurions procédé de la même manière. Notre école respecte toutes les convictions et nous ne voulons pas que quelqu’un s’offusque de certains symboles. Nous fêtons encore la Saint-Nicolas et Noël, mais nous nous taisons sur l’origine religieuse de ces fêtes. » À Noël, il y aura donc bien un sapin dans l’école, mais pas de crèche…

Lors d’un débat télévisé, le directeur général de l’enseignement communal d’Anvers a déclaré que, si le principe de la directive reste de mise, les écoles auront la permission d’accorder une dérogation au patron des écoliers.

Pour dire vrai, nous sommes étonnés que le Père Fouettard n'ait pas aussi été éliminé : il est bien noir. Il représente à l'origine l'étranger du Sud. En néerlandais, le Père Fouettard s'appelle d'ailleurs « Zwarte Piet » (Pierrot le Noir). Il est inacceptable que ce personnage sinistre, car il dispense des coups de martinet aux vilains garnements, soit encore associé à une pigmentation de la peau particulière. C'est encourager de dangereux stéréotypes xénophobes chez les jeunes enfants de l'Europe du Nord.






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vendredi 13 novembre 2009

La Grande Nouérrceurrr : portrait de famille monochrome, rictus, pénurie francocentrique et ânonnements

Il existe une mythologie simpliste de l'histoire québécoise : avant c'était mal et triste, aujourd'hui c'est bien et enfin joyeux. Toutes les statistiques sur l'augmentation des suicides chez les jeunes, du chômage, sur un lent appauvrissement (et l'obligation d'avoir deux salaires dans une famille), sur l'usage plus grand de drogues, du nombre toujours important d'avortements, du nombre croissant de familles décomposées n'y changeront rien.

C'est un article de foi et il faut propager le mythe (fabula propaganda est).

Nous avions déjà vu le traitement caricatural qu'en faisait un cahier de LIDEC (avec erreurs juridique, historique et papale en quelques cases).

Les éditions de la Pensée (rendues célèbres par un animateur radio pour leur parti-pris en faveur de Mme Françoise David) se devaient de contribuer à la propagation du mythe simpliste.

Le cahier-manuel d'ECR de 1re secondaire se penche donc sur les changements sociétaux qui ont suivi l'avènement de la Révolution tranquille.

Dans la colonne de gauche des scènes de vie des années 50, dans la colonne de droite des scènes correspondantes des années 2000.

Or qu'observe-t-on d'emblée ?

Le portrait de famille est monochrome (oui, bien sûr les photos l'étaient souvent, mais la vie l'était-elle ?), tout le monde est sérieux en 1950. Aujourd'hui, tout n'est que couleurs et sourires.

Dans la cour d'école, la religieuse qui surveille arbore un rictus autoritaire. Les enfants auraient encore été en proie à la pénurie de biens culturels et sujets à une culture franco-française peu ouverte sur le monde, alors qu'aujourd'hui règne l'abondance culturelle qui s'ouvre enfin sur une planète mondialisée (et non la standardisation et l'américanisation bien sûr).

Enfin, la classe des années 50 unisexe (quelle horreur !) est dominée par une religieuse qui semble ânonner à forte voix une leçon alors que les élèves sont passives sur leur banc. Rien à voir avec les classes d'aujourd'hui où les jeunes chimistes (à bas la culture classique !) travaillent et découvrent tout seuls par petits groupes et par l'expérience les sciences modernes sous l'œil approbateur d'une ravissante animatrice de classe souriante et bienveillante. Un esprit malveillant remarquera que dans la classe moderne les rôles valorisés sont tenus par des filles : l'animatrice, les deux filles qui manipulent un tube.

Page 56 — cahier-manuel d'éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re  secondaire des éditions La Pensée



Sur le mythe de la Grande Noirceur, lire 
  1. L'exemple du passé québécois à l'orée du XXIe siècle ;
  2. Le mythe de la Grande Noirceur et du Québec sous-développé ;
  3. Les collèges classiques ;
  4. Étatisme et déclin du Québec ;
  5. La Révolution tranquille: rupture ou tournant ?
Extraits :
À la veille de la Révolution tranquille, le Québec n'a rien d'une société sous-développée. La moitié des francophones occupent un emploi... dans le secteur des services! Dès 1931, le recensement montre que peu de gens vivaient encore de l'agriculture et que les 2/3 de la main-d'œuvre travaillaient dans le secteur secondaire (manufacturier) ou tertiaire (services). L'industrie manufacturière avait toujours crû ici au même rythme qu'en Ontario, et ce depuis la Confédération. Durant tout le XXe siècle, la proportion de travailleurs québécois œuvrant dans le secteur industriel est comparable aux proportions observées aux États-Unis et dans plusieurs pays européens.

On ne constate pas non plus de retard d'urbanisation dans la province. La migration vers les villes se fait à un rythme régulier depuis la fin du XIXe siècle. Le Québec affiche même un taux d'urbanisation supérieur à celui l'Ontario de 1900 jusqu'à la 2e Guerre mondiale, et allait se maintenir au-dessus de la moyenne canadienne par la suite (pour un seuil d'urbanisation de 10 000 habitants).

[...]

Il semblerait donc que les francophones du Québec n'ont jamais eu la mentalité des «nés pour un petit pain», et pour cause. En 1953, le Québec affichait le deuxième revenu par habitant le plus élevé au monde après les États-Unis (en excluant le reste du Canada). Avait-on réellement besoin de la Révolution tranquille et de l'intervention de l'État pour sortir les Québécois de cette prétendue «Grande Noirceur»? Absolument pas! Les Québécois s'étaient développés et modernisés par eux-mêmes, et depuis longtemps, sans l'aide de l'État.

[...]

Jean-Luc Migué dans Étatisme et déclin du Québec : Bilan de la Révolution tranquille renverse la vision conventionnelle et affirme que la Révolution tranquille, loin d'être la période d'effervescence qui a permis au Québec d'accéder à la modernité et de rattraper ses retards, s'est au contraire soldée par une dégénérescence économique, politique et sociale suite à une croissance spectaculaire de l'État. C'est à partir de ce moment que l'écart entre le niveau de vie des Québécois et des Ontariens a commencé à s'accroître, que le déclin de Montréal s'est accéléré au profit de Toronto, que les conflits linguistiques et politiques ont empiré, que des secteurs comme la santé et l'éducation ont subi les assauts d'une bureaucratie toujours plus envahissante. Le Québec reste bien sûr une société dynamique avec un niveau de vie enviable, mais c'est notre intégration à l'économie capitaliste nord-américaine qui nous apporte ces bienfaits. Tous les secteurs contrôlés par l'État sont, eux, perpétuellement en crise.
Pour ne pas ralentir le chargement de cette page par de trop nombreuses images en couleurs, nous avons stocké les cinq pages de cette activité (SAÉ) ici.

jeudi 12 novembre 2009

La Rue Sésame à 40 ans : faisons de l'ECR et parlons des enfants de Gaza

En plus de fêter cette année ses 40 ans, la Rue Sésame, célèbre émission de télévision éducative pour les jeunes enfants, sera diffusée prochainement aux enfants de Gaza pour leur parler de paix. On propose dans l'activité ci-dessous destinée aux enfants du premier cycle du primaire des écoles québécoises de se pencher sur les effets bénéfiques que cette diffusion pourrait avoir sur les enfants de Gaza. (Nous avions déjà vu par ailleurs le partage de la Palestine par consensus comme activité ECR.) Il y a vraiment des gens qui ne doutent de rien.

Extraits du site SCOOP! :

SCOOP! - La Rue Sésame a 40 ans!

par SCOOP! - Fiches pédagogiques
Savoirs essentiels : Stratégies de lecture : Identifier les mots nouveaux en combinant plusieurs sources d'information (relations lettres-sons, illustrations). Domaine du développement personnel.

LA RUE SÉSAME A 40 ANS!

Parution : 11 novembre 2009
RÉSUMÉ

En plus de fêter cette année ses 40 ans, la Rue Sésame, célèbre émission de télévision éducative pour les jeunes enfants, sera diffusée prochainement aux enfants de Gaza pour leur parler de paix.

DOMAINES
  • Arts plastiques
  • Développement personnel
  • Éthique et culture religieuse
  • Langue maternelle
  • Médias
  • Vivre ensemble et citoyenneté


Voyons de plus près comment des marionnettes peuvent faire passer un message de paix à des enfants vivants dans un contexte de guerre.

Objectifs

À la fin des activités, l'élève sera capable de :
- identifier les personnages de l'émission Rue Sésame grâce à des descriptions et des couleurs;
- lire des descriptions et les colorier selon les couleurs qui leur sont associées;
- chanter la comptine de l'alphabet, choisir une lettre et imprimer un dessin de celle-ci pour la colorier;
- situer Gaza sur Google Earth;
- visionner un reportage photos sur la vie des enfants à Gaza;
- tenter d'expliquer comment la Rue Sésame aidera les enfants de Gaza;
- connaître le Muppet Show et visionner un film mettant en vedette les personnages de cette émission.

Quelques liens avec le programme de formation de l'école québécoise :

[...]

Domaine des langues
Français, langue d'enseignement
Compétence : Lire des textes variés
Composante : Utiliser les stratégies, les connaissances et les techniques requises par la situation de lecture
Savoirs essentiels : Stratégies de lecture : Identifier les mots nouveaux en combinant plusieurs sources d'information (relations lettres-sons, illustrations)

Domaine du développement personnel
Éthique et culture religieuse
Compétence : Pratiquer le dialogue
Composantes : Organiser sa pensée, interagir avec les autres
Forme du dialogue : Conversation

Vivre-ensemble et citoyenneté
Axe de développement : Contribution à la culture de la paix






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Cours d'ECR vendu par les élèves

Les jeunes élèves vendent le cours ECR en répétant la doxa sur l'ouverture : « rester moins dans notre religion à nous ». Même thème répété par trois filles ainsi que par le professeur. « Notre religion » ? On a de la difficulté à croire que ces jeunes connaissent même « leur religion à eux ».

La vidéo a bien sûr été produite dans une optique favorable : une classe de grands (cela soulève moins la réprobation que des jeunes de 6 ans), on ne présente que des faits en classe lors du tournage (rien de scandaleux avec des grands), aucune question difficile de la part de la journaliste, aucune critique de la part des enfants. Le cours c'est vraiment le fun, on fait des sorties, on fait des activités amusantes, on visite, on parle, on apprend pas comme dans les autres cours. Du tourisme « pour s'ouvrir et comprendre la diversité culturelle », « sans trop juger ». Un reportage gentillet en faveur du cours d'Accommodements raisonnables 101.

Notons aussi le grand véhicule — puisqu'on parle du bouddhisme — que sont les enfants convaincus par leur prof comme outil de propagande.

Incidemment, l'école en question est une des écoles impliquées dans le procès de Drummondville.



Remarquez que le christianisme ne semble guère avoir une place privilégiée : nous sommes en novembre, les enfants ont vu l'hindouisme et voient le bouddhisme. Puis, chronologiquement viendra le judaïsme, le christianisme, l'islam et enfin, « chronologiquement », les spiritualités autochtones et l'athéisme. On sera loin de la nette prédominance du christianisme. Un évêque catholique rencontré récemment pensait que le cours passerait 75 % de son temps à voir le christianisme... On sera loin du compte.

Fantastique aussi le débat organisé, même sur une base bénévole, entre croyants et non-croyants, les parents vont être ravis alors que lors du procès de Drummondville, le responsable du MELS, M. Jacques Pettigrew, avait dit que ce n'était jamais le cas !

Enfin, une des jeunes filles dit également que le cours permet « de choisir ce qui peut nous aider ». La religion, une religion puisqu'on ne parle que de cela avant ? Une autre dit : « Ça m'a aidé à savoir dans quoi je me retrouvais plus. » À nouveau au niveau religieux, pour choisir sa spiritualité, c'est ça ? Dès le début de l'année alors qu'elles n'ont vu que l'hindouisme et le bouddhisme ? On a l'impression qu'elles répètent ce qu'on leur a dit que le cours leur permettra de faire. Accessoirement, on avait assuré les parents que le cours n'aurait pas d'effet sur la foi des enfants...






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