jeudi 23 janvier 2025

Ère numérique : voici pourquoi il faut continuer d'écrire à la main

L'abandon du stylo au profit des ordinateurs portables et des tablettes a radicalement transformé notre processus de pensée lors de l'écriture. Selon des recherches récentes menées par l'Université norvégienne des sciences et des technologies, les mouvements précis et contrôlés de l'écriture manuscrite stimulent des schémas cérébraux favorables à l'apprentissage, une stimulation absente lors de l'utilisation d'un clavier. Même si l'ordinateur portable est uniquement employé pour prendre des notes, il nuit à l'apprentissage en favorisant un traitement superficiel de l'information. Trois études ont démontré que les étudiants utilisant un ordinateur portable pour prendre leurs notes de cours obtenaient des résultats inférieurs aux questions conceptuelles comparés à ceux qui écrivaient à la main.

Titre de l'étude : "L'importance de l'écriture cursive par rapport à la dactylographie pour l'apprentissage en classe : une étude EEG à haute densité chez des enfants de 12 ans et des jeunes adultes"

    Contexte : L'écriture manuscrite, en particulier cursive, est souvent comparée à la dactylographie en termes d'efficacité pour l'apprentissage. Avec l'augmentation de l'utilisation des appareils numériques, il devient crucial d'examiner les implications de ces pratiques sur le développement cognitif.
    Méthodologie : L'étude utilise l'électroencéphalogramme (EEG) à haute densité sur 12 jeunes adultes et 12 enfants de 12 ans pour analyser l'activité cérébrale pendant l'écriture cursive, la dactylographie et le dessin de mots.

    Résultats :
     Écriture Cursive : Chez les jeunes adultes, écrire en cursive active des zones pariétales et centrales du cerveau, montrant une synchronisation de l'activité dans la bande de fréquence theta, ce qui suggère un engagement profond dans le processus d'apprentissage.
      Comparaison : Par rapport à la dactylographie, l'écriture cursive implique un traitement plus profond des informations, stimule différentes régions cérébrales et favorise une meilleure rétention et compréhension des informations.
    Conclusion : L'étude suggère que l'écriture cursive pourrait offrir des avantages uniques pour l'apprentissage par rapport à la dactylographie, en activant des processus cérébraux différents et en renforçant les connexions neuronales liées à la mémoire et à la compréhension.
    Implications : Les résultats appuient l'idée que l'écriture manuscrite, et en particulier cursive, devrait être maintenue dans les programmes d'éducation pour des raisons pédagogiques et développementales.

L'article intitulé "The Effect of Cursive Writing Instruction on Handwriting Skills, Reading, and Spelling for Primary Grade Students: A Meta-Analysis" examine l'impact de l'enseignement de l'écriture cursive sur les compétences en écriture manuscrite, en lecture et en orthographe chez les élèves du primaire. Cette méta-analyse compile les résultats de plusieurs études pour déterminer si l'apprentissage de l'écriture cursive offre des avantages significatifs par rapport à d'autres méthodes d'enseignement de l'écriture.

Les conclusions indiquent que l'enseignement de l'écriture cursive peut améliorer la fluidité et la lisibilité de l'écriture manuscrite des élèves. Cependant, les effets sur les compétences en lecture et en orthographe sont moins clairs, avec des résultats variables selon les études. Les auteurs suggèrent que, bien que l'écriture cursive puisse offrir certains avantages en termes de développement moteur et de mémorisation, son impact direct sur la lecture et l'orthographe nécessite davantage de recherches pour être pleinement compris.

L'article souligne l'importance de considérer l'écriture cursive comme une composante potentiellement bénéfique de l'enseignement de l'écriture manuscrite, tout en reconnaissant la nécessité de recherches supplémentaires pour clarifier son influence sur d'autres domaines académiques.

Écrire à la main, taper à la machine ou dessiner - laquelle de ces stratégies est la plus efficace pour un apprentissage optimal en classe ? Alors que les appareils numériques remplacent de plus en plus l'écriture manuelle traditionnelle, il est crucial d'examiner les implications à long terme de cette pratique. L'électroencéphalogramme haute densité (EEG HD) a été utilisé chez 12 jeunes adultes et 12 enfants de 12 ans pour étudier l'activité électrique du cerveau pendant qu'ils écrivaient en cursive à la main, tapaient à la machine à écrire ou dessinaient des mots présentés visuellement et dont le degré de difficulté variait. Des analyses de l'évolution spectrale temporelle (TSE, c'est-à-dire les changements d'amplitude en fonction du temps) ont été effectuées sur les données EEG enregistrées avec un réseau de capteurs à 256 canaux. Chez les jeunes adultes, nous avons constaté que lors de l'écriture manuelle à l'aide d'un stylo numérique sur un écran tactile, les zones cérébrales des régions pariétales et centrales présentaient une activité synchronisée liée à l'événement dans la gamme thêta. La littérature existante suggère qu'une telle activité neuronale oscillatoire dans ces zones cérébrales particulières est importante pour la mémoire et l'encodage de nouvelles informations et, par conséquent, fournit au cerveau des conditions optimales pour l'apprentissage. En dessinant, nous avons trouvé des modèles d'activation similaires dans les zones pariétales, en plus d'une désynchronisation liée à l'événement dans la gamme alpha/bêta, ce qui suggère à la fois des similitudes mais aussi de légères différences dans les modèles d'activation lors du dessin et de l'écriture à la main.

Lors de l'écriture au clavier, nous avons constaté une activité désynchronisée liée à l'événement dans la gamme thêta et, dans une moindre mesure, dans la gamme alpha dans les régions pariétales et centrales du cerveau. Cependant, comme cette activité était désynchronisée et différente de celle observée lors de l'écriture manuelle et du dessin, sa relation avec l'apprentissage n'est pas claire. Chez les enfants de 12 ans, les mêmes schémas d'activation ont été observés, mais dans une moindre mesure. Nous suggérons que les enfants, dès leur plus jeune âge, doivent être exposés à des activités d'écriture et de dessin à l'école pour établir les schémas d'oscillation neuronale qui sont bénéfiques pour l'apprentissage. Nous concluons qu'en raison des avantages de l'intégration sensori-motrice due à la plus grande implication des sens ainsi qu'aux mouvements fins et précisément contrôlés de la main lors de l'écriture manuelle et du dessin, il est vital de maintenir ces deux activités dans un environnement d'apprentissage afin de faciliter et d'optimiser l'apprentissage.

Sources : Juillet 2020 – « L'importance de l'écriture cursive par rapport à la dactylographie pour l'apprentissage en classe : une étude EEG à haute densité sur des enfants de 12 ans et des jeunes adultes. »

mercredi 22 janvier 2025

Télévision publique belge (RTBF) ne diffuse pas en direct le discours de Trump pour le décrypter et filtrer les idées désapprouvées par la RTBF

La RTBF a diffusé en léger différé le discours de Trump pour mettre en place un "cordon sanitaire médiatique", afin d'analyser ses propos qualifiés de misogynes, de racistes et de ne pas banaliser de tels propos.

Une pratique mise en œuvre depuis plusieurs années en Belgique francophone... (afin de museler le discours politique). La RTBF n'invite d'ailleurs jamais le parti de droite nationaliste flamand le Vlaams Belang.

Il ne s'agirait pas de la censure selon la directrice éditoriale adjointe de l'information à la RTBF.

Elle précise enfin, le plus sérieusement du monde, que la RTBF ne serait ni pro ni anti-Trump...

Cette décision fait polémique. Elle a fait réagir de nombreuses personnes, dont Georges-Louis Bouchez, le président du MR (centre-droit francophone), qui dénonce une dérive de la part du service public.

Réaction de Pascal Praud:

« Des milliers de femmes souffrent du syndrome post-IVG en France », alerte Marie Sentis

Avorter, en particulier sous la contrainte, peut laisser d'importantes blessures psychiques, déplore Marie Sentis, qui recueille les témoignages de femmes en détresse depuis des années.

En ce mois de janvier, on célèbre les cinquante ans de la loi Veil en France. La posture actuelle vis-à-vis de l’avortement, en particulier depuis son inscription dans la Constitution, est d’en faire un totem et un tabou. Pourtant Simone Veil elle-même reconnaissait que cet acte était toujours un drame. Et ce drame laisse des séquelles chez des milliers de femmes. Marie Sentis le constate depuis des années, à travers son association d’écoute, IVG, vous hésitez ? Venez en parler !. Omerta sur la souffrance, avortement sous contraintes ou faute de moyens financiers, syndrome post-IVG : on réalise que l’avortement n’est pas vraiment l’acte libérateur vendu par une partie des féministes.



Entretien paru dans Valeurs actuelles.

​Valeurs actuelles.— Pourquoi avoir choisi de consacrer un ouvrage à la question du post-avortement ?

Marie Sentis.— Depuis 2008, nous recevons beaucoup d’appels et de messages de femmes avant ou après une IVG. Elles sont des milliers à nous confier une détresse et un mal-être survenus après un avortement. Or, personne ne parle de ce problème en France, surtout dans les milieux hospitaliers et médicaux. Cette souffrance a un nom : le syndrome post-IVG, qui recouvre beaucoup de symptômes très différents, qui se déclarent plus ou moins rapidement. Chez certaines femmes, la souffrance est immédiate, chez d’autres, elle se révèle au bout de cinq, dix, voire vingt ans. Ce qui est certain, c’est que même lorsque la femme dit ne pas regretter son avortement, sa déclaration est généralement toujours suivie de cette phrase terrible : « Je n’avais pas le choix… » Qui plus est, je remarque qu’aucune femme n’oublie son avortement. Certaines disent d’ailleurs : « J’ai eu deux enfants mais j’en ai perdu/avorté un. »

L’acte est vraiment inscrit dans la mémoire de son corps et de son esprit. J’ai la conviction que ces femmes doivent s’exprimer. Qu’elles puissent dire leur douleur, expliquer les circonstances, les raisons de leur avortement. Car cela constitue, pour elles, un chemin d’apaisement. Pour certaines, cela leur fait aussi du bien de pouvoir se dire que leur témoignage douloureux pourra dissuader une femme qui se pose la question de l’IVG.

—  Quel est ce “syndrome post-avortement” exactement ?

— Tabou en France, ce syndrome regroupe un ensemble de symptômes qui surgissent après un avortement, soit juste après, soit parfois au bout de quelques mois ou même quelques années. Le premier de ces symptômes, le plus fréquent, est des troubles du sommeil : insomnies, réveils la nuit, difficultés à se rendormir… Beaucoup ont recours à une consommation de somnifères et d’anxiolytiques. Une partie des femmes développe aussi des angoisses, parfois sur des choses anodines, qu’elles n’avaient pas auparavant. Dans certains cas plus importants, elles font même des crises de pleurs le matin ou plus encore le soir. Les appels de détresse que nous recevons après un avortement sont passés entre 20 heures et minuit. D’autres n’arrivent plus à aller travailler le matin. Elles ont des blocages qu’elles n’expliquent pas. Une sorte de dégoût de la vie, qu’elles finissent à un moment par relier à leur avortement. Dans certains cas, dont personne ne parle, il y a des tentatives de suicide. Il est très net que ces femmes-là vivent dans un climat de mort.

Dans un autre registre, une bonne partie de ces femmes qui souffrent de leur avortement deviennent agressives et souffrent de voir des femmes enceintes qui leur rappellent leur début de grossesse et leur avortement. Je suis frappée de voir qu’avant l’avortement, ce fœtus est une « chose, un amas de cellules », voire d’autres termes plus dépréciatifs. Et systématiquement, après l’avortement, le fœtus acquiert un statut de personne. Elles ne parlent plus de l’embryon ou du fœtus, mais de leur bébé… Les femmes posent ces deux mêmes questions : « C’était qui ? », « Il aurait été comment ?». Cette souffrance est encore plus grande pour celles ayant déjà des enfants. Parce qu’elles savent ce qu’est un enfant et de le porter. Et elles peuvent souffrir de l’image de la chaise vide : fêter l’anniversaire de l’un des enfants et se dire que sur une des chaises vides autour de la table, il aurait dû y avoir quelqu’un… L’avortement, quelque part, c’est parfois la raison qui a gagné contre l’amour, car il y a plein de raisons qui y poussent. Mais par contre, il reste les émotions, le cœur et le psychisme en peine…

— Comment expliquer que certaines femmes avortent plusieurs fois si une telle douleur est présente ?

—Tout d’abord, très souvent, les situations n’ont pas changé : ces femmes sont blessées dans l’amour que ce soit par rapport au conjoint, à la maman ou à leur famille. Elles recommencent car la situation se renouvelle. Le conjoint ne va pas vouloir assumer et faire pression ou se dérober en désertant, les familles vont faire bloc contre la grossesse. Ensuite, il y a l’engrenage : pour des femmes qui ont avorté trois ou quatre fois, il est très dur de garder le quatrième ou le cinquième. Parce qu’elles repensent à l’avortement et elles se disent, même si la situation est plus stable ou que le conjoint a changé, « il n’y a pas de raison que je garde celui-là plus que ceux que j’ai supprimés ». Elles se sentent mal et disent qu’elles « n’ont pas ce droit ». Une grossesse après un ou plusieurs avortements n’est jamais facile…

— Qu’est-ce qui vous marque le plus dans tous les témoignages que vous recevez ?

— Ce qui est terrible, c’est le nombre de femmes qui actuellement aimeraient garder leur bébé mais n’ont aucun soutien autour d’elles pour le faire. Or, notre service d’écoute est de plus en plus attaqué et dénigré. Une des écoutantes de l’équipe se désolait et me disait : « Marie, c’est terrible, toutes ces femmes qui aimeraient être soutenues pour garder leur bébé, comment vont-elles nous trouver ? » Ce qui me frappe aussi, et qui m’inquiète, c’est que nous avons des appels de femmes qui ont pris le premier comprimé pour l’IVG médicamenteuse, qui rentrent chez elles et qui se disent : « Qu’est-ce que j’ai fait ! » et qui veulent désespérément faire demi-tour.

Une grande partie agit par panique, poussée par leur conjoint et avale le comprimé sans avoir eu le temps de réfléchir.

C’est un phénomène en pleine expansion. Car désormais, on peut avorter en une journée et bien trop de sages-femmes et de médecins ne prennent pas le temps de discuter avec les femmes pour comprendre les raisons de leur démarche. Ils leur font juste avaler le comprimé et les renvoient chez elles. Une grande partie agit par panique, poussée par leur conjoint et avale le comprimé sans avoir eu le temps de réfléchir. Or, au lieu d’être soutenues, écoutées, je constate que bien souvent, on les enfonce. Nous recevons nombre de témoignages dans lesquelles des femmes nous disent : « Ma sage-femme/mon médecin m’a dit qu’il n’y avait pas d’autre solution que d’avorter. »

— Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de générer une culpabilité, une douleur chez les femmes ayant avorté ?

— On est souvent attaqué sur ce sujet. Les femmes qui sont décidées à avorter ne nous contactent pas. Par contre, nous sommes contactées par toutes celles qui hésitent, sont en détresse, sous pression et abandonnées. Pourtant, c’est quand nous avons fini par être au top dans les moteurs de recherche pour le mot-clé IVG que nous nous sommes retrouvés malgré nous dans le viseur des féministes et des politiques. À la fin du quinquennat Hollande, une campagne de presse inouïe a provoqué une loi sur le « délit d’entrave numérique à l’IVG ». La ministre de la Santé de l’époque, Marisol Touraine, m’a dit en face que cette loi sur le délit d’entrave avait été établie surtout contre nous… C’est terrible, car nous sommes là pour écouter ces femmes, accueillir leurs douleurs ou leurs interrogations. On est loin du délit d’entrave ! Elles se culpabilisent elles-mêmes et c’est pour cela qu’elles nous appellent… Nous les aidons comme nous pouvons. On leur propose d’aller lire des témoignages sur notre site, qui sont tous évidemment véridiques.

On nous accuse de mensonges, mais étonnamment, aucun journaliste n’a souhaité pousser une investigation sur ces témoignages ! L’une des grandes satisfactions de notre engagement réside dans les retours que nous recevons après avoir soutenu des femmes en quête d’aide. Il s’agit souvent de femmes qui, bien que tentées par l’IVG ont renoncé et “gardé le bébé”. Leur gratitude, exprimée à travers des messages de remerciement, est précieuse. Elles nous confient leur soulagement de nous avoir trouvé et nous partagent leur joie lors de la naissance de leur enfant. Les voir heureuses et épanouies nous rappelle l’importance de notre action et nous conforte dans l’idée que notre soutien est utile. Dans une partie de notre société, la maternité est parfois perçue comme un obstacle à la liberté et à l’épanouissement personnel. Cette vision contribue à une pression sociétale qui pousse de nombreuses femmes vers l’avortement. Nous, au contraire, proposons une perspective différente, en valorisant le choix de la maternité et en offrant une vision d’espérance.

—  On entend qu’il faut protéger l’avortement, car il reste encore entravé en France ; qu’en pensez-vous ?

— Maintenant, sur Doctolib, on peut programmer un avortement sans aucune difficulté. Les sages-femmes peuvent pratiquer les avortements. On peut désormais avorter très vite, en particulier pour les avortements médicamenteux. Peu de temps est laissé à la réflexion. Donc on est loin de l’entrave… Pour l’avortement entre quatorze et seize semaines, il y a peut-être un peu plus de difficultés, car de moins en moins de médecins ont envie de le pratiquer. Mais d’autres n’hésitent même pas à dépasser les délais légaux…

On se réfère à la loi Veil comme à un totem mais elle est désuète: on l’a dépassée depuis longtemps.

— Avorter, est-ce un choix libre ?

— Beaucoup de femmes qui y ont recours se trouvent dans une situation désespérée. Psychologiquement et/ou matériellement. Elles avortent souvent parce qu’elles sont abandonnées, seules et que personne ne les soutient dans cette aventure d’une future maternité. Ou pire, elles sont contraintes d’avorter par leurs conjoints ou leur famille qui les menacent de les quitter. Certains usent de violence physique ou psychologique pour qu’elles se “débarrassent” de leur grossesse : chantage, coups, menaces… ces femmes sont dans une telle désespérance qu’elles n’osent pas s’éloigner de ces proches maltraitants. On se demande d’ailleurs où sont nos féministes habituelles. Quand ces femmes nous appellent, nous leur conseillons de se réfugier dans des maisons d’accueil. Et nous recevons ensuite des messages : « Comme cela m’a fait du bien, j’ai pu écouter mon cœur ! ». Elles nous disent que nous avons été les seuls à leur dire qu’elles pouvaient “garder le bébé”. Hélas, trop n’ont pas eu cette possibilité de soutien et finissent justement par recourir à l’avortement. Ce sont ces femmes-là qui risquent d’avoir ce syndrome post-avortement. Clairement la liberté n’est pas entière.

—  Cinquante ans après, quel regard portez-vous sur la loi Veil ? Que préconisez-vous ?

— On se réfère à la loi Veil comme à un totem, mais elle est complètement obsolète : on l’a dépassée depuis longtemps.

​Rappelons-nous qu’elle disait que l’avortement était toujours un drame, une exception, que ce n’était pas un droit, etc. Et qu’il fallait tout faire pour le dissuader. On en est loin maintenant. La grossesse n’est désormais acceptée et acceptable que si l’enfant est désiré. Je préconise au moins ce qui se fait en Italie. Dans chaque hôpital a été instaurée une petite cellule d’écoute pour les femmes. Elle doit leur dire qu’il y a des possibilités pour qu’elles puissent garder leur bébé. Il faudrait en France beaucoup de lieux d’écoute et de conseils avec des psychologues formés au syndrome post-IVG.

Après l’IVG, des femmes témoignent,
de Marie Philippe,
aux éditions Artège,
208 pages
ISBN-13: 979-1033603740

 

mardi 21 janvier 2025

L'apogée du MBA ?

Pourquoi les diplômés des écoles de commerce d’élite peinent à trouver un emploi.

Dans le monde des affaires, il n’y a pas de signe plus sûr de détresse que lorsqu’une entreprise retarde la publication de ses résultats financiers. Il semble que ce soit également le cas pour les écoles de commerce. Aux alentours de Noël — et dans de nombreux cas en retard sur leur calendrier habituel — les principales écoles de commerce américaines ont publié l’équivalent de leur rapport annuel, qui comprend des données sur les nouveaux emplois occupés par les diplômés de leurs programmes de maîtrise en administration des affaires (MBA), qui sont généralement des cours de deux ans destinés aux étudiants ayant une expérience professionnelle. Nous avons analysé les chiffres. Dans les 15 meilleures écoles de commerce, la part des étudiants de 2024 qui ont cherché et accepté une offre d’emploi dans les trois mois suivant l’obtention de leur diplôme, une mesure standard des résultats de carrière, a chuté de six points de pourcentage, pour atteindre 84 %. Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, cette proportion a diminué de huit points.

Certaines baisses sont spectaculaires. Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) peut se targuer d’être la meilleure université du monde. Mais son école de commerce, qui porte le nom d’Alfred Sloan, un géant de l’industrie automobile du XXe siècle, est en train de perdre ses lettres de noblesse. Au cours de la décennie qui s’achève en 2022, 82 % en moyenne des étudiants à la recherche d’un emploi en ont accepté un à la fin de leurs études, et 93 % trois mois plus tard. En 2024, ces chiffres étaient respectivement de 62 % et 77 %. Dans certaines écoles d’élite, la réalité est peut-être encore pire qu’il n’y paraît. Un professeur s’inquiète du fait que certains étudiants considérés comme entrepreneurs sont en fait au chômage. Les entreprises américaines sont peut-être en plein essor. Mais ceux qui s’imaginent être ses futurs dirigeants souffrent d’une récession.

Les écoles de commerce américaines sont habituées aux critiques. L’argument selon lequel les affaires sont quelque chose qui se fait et ne s’enseigne pas existe au moins depuis que la première classe de la Harvard Business School (HBS) s’est réunie en 1908. Les MBA sont décrits comme des « cartes syndicales pour yuppies » dans « Snapshots from Hell », les mémoires de Peter Robinson, un ancien étudiant de Stanford, publiés en 1994. « Aujourd’hui, il est possible de trouver des professeurs de gestion titulaires qui n’ont jamais mis les pieds dans une véritable entreprise », s’insurge un article paru en 2005 dans la Harvard Business Review. Certains tiennent les écoles de commerce pour responsables de tous les maux du capitalisme. D’autres, en revanche, accusent leurs diplômés d’être des capitalistes inefficaces. Elon Musk a déploré le nombre de MBA à la tête de grandes entreprises.

Le stéréotype de la maximisation du profit n’est pas totalement infondé. Une étude réalisée par Daron Acemoglu, Alex Xi He et Daniel le Maire, trois universitaires, montre que les cadres diplômés en commerce sont moins enclins à partager les bénéfices avec les travailleurs que leurs homologues moins expérimentés sur le plan commercial. À quoi ressemblent ces gens en fin de semaine ? Un autre article de 2007, rédigé par Nicole Stephens, Hazel Markus et Sarah Townsend, a montré que, comparés aux pompiers, les étudiants en MBA étaient beaucoup plus susceptibles d’être contrariés si un ami achetait sciemment la même voiture qu’eux.

Ce qui ne fait aucun doute, en revanche, c’est l’énorme succès des diplômés des écoles de commerce américaines. Des promotions entières de diplômés de HBS ont fait l’objet d’éloges : Le magazine Fortune a qualifié les diplômés de 1949 de « classe sur laquelle les dollars sont tombés ». La promotion de 1982 comprenait Jamie Dimon, le patron de JPMorgan Chase, Jeffrey Immelt, l’ancien patron de General Electric, et Seth Klarman, un investisseur de renom. Près de la moitié des entreprises de l’indice S&P 500 sont dirigées par un diplômé de MBA.

Il s’agit là d’un gisement de prestige. Mais il doit être continuellement réalimenté par les étudiants qui décrochent de bons emplois. La réussite commerciale est, après tout, l’objectif principal de l’enseignement des affaires. Et comme le suggèrent les données récentes sur l’emploi, ce succès est aujourd’hui moins assuré.

Les secteurs du conseil et de la finance absorbent depuis longtemps la majorité des diplômés des écoles de commerce d’élite. Chaque année, McKinsey, Boston Consulting Group et Bain, les principaux cabinets de conseil, envoient un grand nombre de leurs employés prometteurs dans les écoles de commerce. Nombre d’entre eux reviennent après avoir obtenu leur diplôme, accompagnés de nouveaux convertis à l’industrie.

Le complexe écoles de commerce-consultants permet aux entreprises d’attirer des étudiants qualifiés, enthousiastes et dociles, tandis que les écoles de commerce reçoivent un flux constant d’études rapides et de frais de scolarité fiables. La proportion d’étudiants optant pour des emplois dans la finance, en particulier dans les banques, a chuté depuis la crise financière. Mais il reste sur les campus un groupe important de « private equity bros » (frères du capital-investissement). Certains se décrivent eux-mêmes de manière arithmétique : l’un des parcours de carrière est le « 2 +2 +2 », une succession de périodes de deux ans dans la banque d’investissement, le capital-investissement et l’école de commerce, qui sert de tapis roulant bien rémunéré et très rapide pour certains des étudiants les plus brillants des États-Unis.

Lorsque les sociétés de conseil ont ralenti leurs recrutements après avoir connu un boum pendant la pandémie, les écoles de commerce se sont senties prises à la gorge. Selon l’analyse des données de quatre écoles (Chicago Booth, Columbia, MIT Sloan et NYU Stern) réalisée par The Economist, le nombre de diplômés travaillant pour les trois grands cabinets de conseil a diminué d’un quart l’année dernière, par rapport aux trois années précédentes.

Les écoles de commerce sont tout aussi préoccupées par la technologie, qui recrute également moins de titulaires de MBA. Les baisses d’embauche des géants de la technologie (Alphabet, Amazon, Apple, Meta et Microsoft) sont particulièrement marquées. Dans les quatre écoles de cette analyse, les étudiants qui finissent dans les grandes entreprises technologiques ont diminué de plus de moitié l’année dernière, par rapport à la moyenne entre 2018 et 2022, pour s’établir à environ 50.

Certains de ces problèmes sont sans doute cycliques. Le secteur technologique est sujet à des périodes d’expansion et de ralentissement. Après l’éclatement de la bulle Internet, la part des diplômés de la Wharton School de l’université de Pennsylvanie qui se sont lancés dans les industries de « haute technologie » s’est effondrée, passant de 17 % à 8 %. Cette fois, le déclin de l’intérêt des grandes entreprises technologiques pour les MBA semble avoir précédé la correction du marché après la pandémie. Il est donc possible que les entreprises commencent à se désintéresser des gestionnaires professionnels. Même si le secteur du conseil reprend vie, rares sont ceux qui pensent que le MBA sera aussi essentiel pour s’imposer à l’avenir. Les diplômes supérieurs, notamment en sciences et en ingénierie, sont aujourd’hui considérés comme plus crédibles par les clients des consultants.

Quelles sont les autres options qui s’offrent aux étudiants ? Un nombre restreint mais croissant d’entre eux choisissent de gérer une petite entreprise plutôt que de gravir les échelons d’une grande. Les investisseurs investissent dans des « fonds de recherche », où de jeunes diplômés d’écoles de commerce tentent d’acquérir et d’exploiter une entreprise. Les retours des investisseurs sont impressionnants, même si les chiffres sont faibles — une étude de Stanford indique que 94 fonds ont été lancés en 2023. « C’est une façon moins risquée de s’essayer à l’entrepreneuriat ; les résultats ne sont pas aussi binaires que si l’on crée une nouvelle entreprise », explique Lacey Wismer, de Hunter Search Capital, qui soutient ce type de fonds. « Certains des meilleurs étudiants en MBA suivent cette voie. Ce ne sont pas les rejetés de McKinsey », affirme Mark Agnew, de Chicago Booth. À en juger par l’intérêt suscité sur le campus, il est probable que de nombreux autres étudiants tenteront l’expérience.

Donald Trump, MBA

Les convulsions dans les industries en col blanc ne représentent que la moitié de l’histoire. Après tout, les écoles de commerce ont un pied dans le commerce et l’autre dans le milieu universitaire. Leur adhésion enthousiaste à la diversité, à l’équité et à l’inclusion (DEI) depuis 2020 signifie qu’elles n’ont pas été épargnées par la crise de légitimité qui affecte leurs universités de tutelle. Nichées entre les grandes universités, les entreprises et les cabinets de conseil — qui ont tous fait preuve de zèle en matière de diversité raciale et de genre ces dernières années —, il n’est guère surprenant que certaines écoles de commerce se soient lancées à corps perdu dans l’aventure : Wharton permet même aux étudiants en MBA de se spécialiser dans l’IED.

Les écoles de commerce sont également en décalage par rapport à l’époque. Si l’Amérique se réindustrialise, les campus n’en ont pas encore été informés. Le commerce est le domaine d’études supérieures le plus répandu aux États-Unis, avec environ quatre fois plus d’étudiants obtenant un maîtrise dans ce domaine que dans celui de l’ingénierie. Les écoles de commerce seront-elles aussi enclines à modifier leur enseignement pour refléter les règles du commerce dans l’Amérique de Donald Trump ? Probablement pas. Même si l’embauche s’améliore, elles resteront exposées et déconnectées de la réalité.


Source : The Economist

Voir aussi

Selon Henry Mintzberg, professeur de gestion à McGill, les arguments avancés par les aspirants managers en faveur de l’obtention d’un MBA sont puissants.

« Un gros salaire, un poste important, des recruteurs qui me tombent dessus, peut-être même une prime à la signature comme une étoile du football — la voie rapide, la belle vie ».

Le problème, selon Mintzberg, c’est que les MBA « forment les mauvaises personnes, de la mauvaise manière et pour les mauvaises raisons ». Les jeunes gens ayant peu d’expérience en matière de gestion ne devraient pas exercer une telle influence dans le monde de l’entreprise, simplement parce qu’ils ont réussi une ou deux études de cas dans un cadre très éloigné de la vie réelle.

« Essayer d’enseigner la gestion à quelqu’un qui n’a jamais géré, c’est comme essayer d’enseigner la psychologie à quelqu’un qui n’a jamais rencontré un autre être humain », insiste Mintzberg.

Selon Mintzberg, les programmes de MBA ont tendance à attirer des personnes dont l’estime de soi dépasse souvent leurs compétences, puis à renforcer dangereusement leur confiance en eux de sorte qu’ils se croient capables de gérer et de prendre des décisions capitales, même s’ils ne l’ont jamais fait auparavant.

Ce qu’ils ont fait à la place pendant leurs études de MBA est souvent l’équivalent académique d’un jeu de déguisement — travailler sur des études de cas. Ce n’est pas nécessairement mauvais, sauf si l’on prétend — comme le font trop de programmes de MBA — que ces exercices équivalent à l’expérience durement acquise par les gestionnaires en exercice en prenant chaque jour des dizaines de décisions dans la vie réelle.

Mintzberg méprise ceux qui pensent avoir gagné leurs galons de dirigeants en excellant dans « une situation que tout le monde dans la salle a lue, mais que personne n’a vécue, pour des décisions qui peuvent être prises, mais jamais mises en œuvre ». Quelle prise de décision ! Quel management !

Selon Mintzberg, les PDG (en particulier aux États-Unis) ont tendance à être surpayés et surestimés.

lundi 20 janvier 2025

France — Suite aux lois liberticides, baisse de 36% de l’instruction en famille

Le député LR (centre-droit) Xavier Breton est intervenu jeudi dans l’hémicycle sur l’instruction à domicile lors d’un débat portant sur l’évaluation de la loi confortant le respect des principes de la «République». Voici son intervention ainsi que la réponse de M. François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’Intérieur.



— M. Xavier Breton —

J’aimerais revenir sur l’instruction en famille. Si l’instruction est obligatoire depuis la loi Ferry de 1882, la liberté de choisir la méthode d’instruction est reconnue aux parents. La liberté de l’enseignement constitue même un principe fondamental reconnu par les lois de la République ainsi qu’en a décidé le Conseil constitutionnel en 1977.

Or la loi dont nous débattons aujourd’hui remet en cause cette liberté puisqu’on passe d’un régime de déclaration à un régime d’autorisation. C’est une atteinte à la liberté, qui devient l’exception et non plus la règle.

Les motifs allégués à l’époque de cette modification tenaient au risque de communautarisme et de séparatisme. Or aucun élément fiable et documenté ne permet d’identifier des risques de telles dérives pour l’immense majorité des enfants qui suivent l’instruction en famille. Celle-ci leur permet au contraire d’obtenir des résultats scolaires supérieurs à ceux des élèves scolarisés en établissements, parce que, très majoritairement, les parents s’appliquent à instruire leurs enfants en construisant un projet éducatif, pédagogique et familial adapté à chacun d’eux, et cela dans le respect des exigences de la loi.

Ma question devrait s’adresser à la ministre de l’éducation nationale, mais comme cette disposition constitue une sorte de cavalier dans le texte initial, je vous la pose, monsieur le ministre auprès du ministre de l’intérieur, en vous demandant de bien vouloir la relayer, car nous attendons des éléments objectifs de la part de l’éducation nationale : quel est le nombre de cas répondant explicitement aux critères inscrits dans une loi visant à lutter contre l’islamisme radical ? Combien y a-t-il d’autorisations enregistrées, de refus, avant et après recours ? Quelle est la répartition de ces chiffres par académie – puisqu’un certain arbitraire existe parfois dans les décisions ? Quel est le nombre de contrôles effectués par les autorités académiques ? Nous demandons ces chiffres au ministère et nous comptons sur votre soutien.

— M. François-Noël Buffet, ministre —

Voici quelques éléments précis pour répondre à votre question. Pour les enfants inscrits dans les familles en 2021 et 2022, un régime dérogatoire a été prévu dans le texte : une autorisation leur a été accordée de plein droit, sans qu’ils aient à justifier d’un motif, pour les années scolaires 2023-2024 et 2024-2025, lorsque les résultats du contrôle pédagogique annuel au titre de l’année scolaire 2021-2022 ont été jugés suffisants. Sur les 47 802 autorisations délivrées en 2023-2024, 29 633 enfants faisaient l’objet d’une autorisation de plein droit.

Ce régime s’est éteint à la fin de l’année scolaire 2023-2024. Par conséquent, à partir de l’année scolaire 2024-2025, toutes les demandes d’autorisation d’instruction en famille sont fondées sur l’un des quatre motifs prévus par le code de l’éducation, en l’occurrence l’article 131-5. Le régime prévu commence à produire ses effets depuis la rentrée scolaire de 2024. D’après le tableau que j’ai sous les yeux, l’évolution du nombre d’enfants instruits dans les familles est la suivante : en 2021-2022, ils étaient 72 369, contre 47 802 en 2023-2024 et 30 644 d’après les chiffres de novembre 2024 – soit une baisse de 36 %.

Voilà les chiffres dont je peux vous faire part ; le ministre de l’éducation nationale vous donnera beaucoup plus de détails que je ne peux le faire, mais ils indiquent déjà une orientation.

— M. Xavier Breton —

Oui, on voit bien l’atteinte à la liberté dans ces chiffres !

dimanche 19 janvier 2025

Bilan annuel du Centre canadien pour l’éducation à la maison

Comme vous le savez, les gouvernements provinciaux sont responsables des lois régissant l'enseignement à domicile. 
 
Au Québec, la Direction de l'enseignement à la maison a légèrement modifié son approche démesurée en matière de réglementation de l'enseignement à la maison: la DEM a remplacé la rencontre annuelle de suivi à domicile par une réunion Zoom en ligne et la rédaction du rapport de mi-année a été facilitée. Bien qu'il s'agisse de changements positifs pour les Québécois, les résultats d'une série d'élections provinciales à travers le Canada au cours de l'année écoulée n'augurent rien de bon pour nos libertés, en général.

Au Nouveau-Brunswick, le Parti libéral est arrivé au pouvoir en octobre 2024 en promettant d'investir de l'argent dans le système d'éducation publique en déclin. Malheureusement, les libéraux ont clairement affiché leur mépris pour les droits parentaux et l'unité familiale. Ils ont déjà voté pour que les enseignants gardent secrètes les informations concernant les élèves et les parents. Les liens étroits de ce gouvernement idéologique avec les syndicats d'enseignants, son mépris pour les droits parentaux et son programme déclaré d'«inclusion» nous inquiètent profondément.

En Colombie-Britannique, le NPD provincial a été réélu en octobre avec une faible majorité. L'enseignement à domicile est depuis longtemps un choix populaire en Colombie-Britannique et de nombreux parents qui font l'école-maison considèrent leur liberté de choix comme acquise. Ils devraient toutefois s'inquiéter du fait que ce même gouvernement néo-démocrate poursuit agressivement un programme radical d'éducation sexuelle dans le système scolaire public. Ce n'est plus qu'une question de temps avant que cette éducation ne soit exigée dans les écoles privées et même dans les écoles à domicile pour que les élèves puissent obtenir le diplôme provincial d'études secondaires.

Plus préoccupant encore, le NPD du Manitoba, élu à l'automne dernier, a salarié un nouvel agent de liaison dans une commission scolaire du sud du Manitoba afin de tenter de « réintégrer » les familles dans le système scolaire public. La raison en est, selon le ministre, que « certaines de ces familles n'ont jamais connu l'expérience de l'école publique ». Mais ce qui est encore plus inquiétant, c'est que le ministre s'est lancé dans un examen formel de l'enseignement à domicile. Il a entamé une « enquête pilote » afin de déterminer les raisons pour lesquelles l'enseignement à domicile s'est développé de manière aussi importante. Le ministre déclare qu'il espère obtenir « des données concrètes qui nous permettront d'aller de l'avant.» Il s'agit d'une avancée dangereuse qui met en péril nos libertés.

Dans l'année qui vient de passer, le conseil scolaire de la province de Terre-Neuve a commencé à demander beaucoup plus d'informations aux familles que par le passé et refuse à de nombreuses familles l'autorisation de faire l'école à la maison en raison de ce qu'il considère une documentation inadéquate. Tout comme au Manitoba, cette commission scolaire provinciale a également commencé à interroger directement les parents sur les raisons qui les ont poussés à choisir l'éducation à domicile.

Peu importe que vous viviez au Manitoba, à Terre-Neuve ou dans une autre province : les motivations qui vous poussent à choisir d'éduquer vos propres enfants, ça ne regarde tout simplement pas le gouvernement ! Ça ne le concerne pas plus que les questions sur ce qui motive vos choix médicaux, vos décisions en matière d'alimentation, vos projets de voyage ou votre fréquentation ou pas d’une église.

La raison pour laquelle le gouvernement intervient dans la prise de décision des parents est exclusivement idéologique - en d'autres termes, il croit en un système public « unique » qui enseigne la conformité, évite d'enseigner la pensée logique et critique, et enrôle les enfants dans les dernières modes politiques. C'est la raison pour laquelle je suis si préoccupé par ces développements.

Les politiciens et les bureaucrates dont la motivation principale est de supprimer ou même d’interdire l'éducation à domicile ne se soucient pas vraiment de la qualité de l'éducation que reçoivent les enfants canadiens. Soyons honnêtes: s'ils se préoccupaient réellement de la qualité de l'enseignement, ils se concentreraient plutôt sur la correction des échecs du système public, avec ses résultats en baisse, ses taux élevés de décrochage scolaire et son incapacité à offrir des services complets aux enfants ayant des besoins particuliers, sans parler de l'augmentation du nombre de perturbations dans les classes et de l'intimidation dans les cours d'école.

En revanche, il n'y a aucune preuve de carences académiques de la part de la communauté école-maison. En fait, nous disposons de recherches évaluées par des pairs qui prouvent que nos élèves obtiennent des résultats nettement supérieurs à ceux du système public. En outre, tout porte à croire que les jeunes éduqués à la maison poursuivent des études supérieures réussies et mènent des carrières passionnantes. Par ailleurs, quel parent choisira d'investir autant de temps et d'argent dans l'éducation de ses propres enfants s'il n'est pas convaincu qu'il fera un meilleur travail que le système public « gratuit » ?

La seule raison de vérifier les motivations des familles est de chercher à justifier la restriction ou l'interdiction pure et simple de l'enseignement à domicile. Et, soyons clairs, si une province décide de bafouer nos libertés, d'autres provinces pourraient bien emboîter le pas.

C'est donc maintenant qu'il faut agir. Nous avons besoin de votre aide pour constituer un Fonds de défense pour la liberté qui nous permettra de lutter contre toute tentative, au Manitoba, à Terre-Neuve, en Colombie-Britannique ou ailleurs, de restreindre ou de nier vos choix parentaux. Nous avons besoin de ces fonds pour soutenir notre travail de plaidoyer auprès des décideurs et des politiciens. Et si une province va trop loin, nous nous battrons pour vos libertés devant les tribunaux. Nous devons commencer à constituer ce nouveau fonds dès aujourd'hui.

Bien sûr, c'est le travail que la HSLDA et le CCHE ont toujours fait et nous avons connu un succès considérable au cours des 33 dernières années. Mais nous sommes arrivés à un moment critique au Canada avec l'élection d'un si grand nombre de gouvernements provinciaux possiblement hostiles dont certains ont déjà pris des mesures préliminaires pour supprimer nos libertés.

Ferez-vous un don généreux aujourd'hui ?


Cordialement,
Peter Stock, Directeur général, CCHE
Centre canadien pour l'éducation à la maison

Unit 210 - 980 rue Adelaide.
S. London (Ontario)
N6E 1R3
francais@cche.ca
819.376.9739
cche.ca/fr/
Centre canadien pour l’éducation à la maison

samedi 18 janvier 2025

France : seuls 6 % des étudiants hors UE paient l'intégralité des frais d'inscription, mais cette proportion devrait augmenter

Depuis 2019, les étudiants étrangers doivent s’acquitter de droits d’inscription plus élevés que les candidats européens quand ils s’inscrivent dans une université française. Plusieurs universités s’étaient jusqu’ici engagées à ne pas mettre en place ce principe, mais la récente loi « immigration », en inscrivant celui-ci dans le code de l’éducation, rendrait obligatoire son application.

Les étudiants extracommunautaires (hors Union européenne) qui souhaitent s’inscrire à un diplôme national de licence, de maîtrise (master en France) ou de cycle d’ingénieur doivent débourser 2 270 euros pour une licence et 3 770 euros pour une maîtrise, contre 170 et 243 euros pour les autres.

Plus d’un étudiant international sur deux, venant d’Afrique et susceptible d’être concerné, partiellement exonéré des droits différenciés. Les étudiants extracommunautaires en génie sont plus susceptibles de pays le tarif plein.

« Respecter la loi »

Le ministère avait cependant accordé, par décret, aux facultés la possibilité d’exonérer de droits d’inscription 10 % de leurs étudiants. Un dispositif que les présidents ont massivement choisi d’utiliser en faveur des candidats extracommunautaires. De cette façon, en 2023, 57 % des universités (soit 42 d’entre elles) ont exonéré l’intégralité des étudiants étrangers, selon un décompte publié par l’agence de presse spécialisée AEF. Elles sont 16 (22 %) à en exonérer une partie, selon des critères académiques, de nationalités ou linguistiques. Seules 13 universités (18 %) appliquent complètement les frais majorés.

Selon la vice-présidente de l’université Paris-II Panthéon-Assas, Emmanuelle Chevreau, à la rentrée 2023, ces frais majorés, mis en place par l’administration précédente, ont concerné 900 étudiants — sur les 3 000 candidats étrangers accueillis. Ces derniers peuvent ensuite faire une demande d’exonération partielle. « Ensuite, 50 % des demandes sont acceptées selon des critères économiques et sociaux. Cette année, seuls 10 % des étudiants en ont fait la demande », indique-t-elle.

En pratique, rares sont les étudiants qui payent l’intégralité des frais : sur les 96 600 étudiants inscrits à la rentrée 2021, ils ne sont même que 6 %, indique une note du service statistique et analyse de l’enseignement supérieur parue en mars 2023. Près de 17 % en sont totalement exonérés, le reste bénéficiant d’exonérations partielles, décidées par l’établissement ou via des bourses du gouvernement et d’ambassade.

À l’université de Limoges, jusqu’en 2021, la présidence avait refusé de faire payer davantage aux étudiants étrangers. Mais la nouvelle équipe, elle, a fait un autre choix. « Nous avons simplement décidé de respecter la loi », souligne le vice-président de l’établissement, Laurent Bourdier, qui réfute « toute considération idéologique ».

« Nous avons essayé de faire quelque chose d’équilibré en mettant en place plusieurs garde-fous et surtout en jouant sur le jeu des exonérations par le biais d’attributions de bourses d’excellence », détaille-t-il. Sur les 2 000 étudiants étrangers accueillis sur le campus de Limoges, seuls 420 se sont bien acquittés des frais dans leur intégralité. « Le système reste imparfait, il y a eu quelques remous, ça a été difficile d’introduire les droits d’inscription différenciés auprès de nos équipes, reconnaît M. Bourdier. Je ne minimise pas le fait qu’il s’agit de frais importants qui peuvent freiner certains candidats. »

Ces droits différenciés avaient été présentés par le ministère comme une manne financière devant permettre un meilleur accueil de ces étudiants.

Plus d’argent dépensé pour accueillir les étudiants étrangers

« Nous avons un devoir d’exemplarité envers tous ceux qui s’acquittent de ces frais », assure le responsable. À Limoges, ce sont donc 90 000 euros qui sont consacrés à l’accompagnement « individualisé » des étudiants étrangers. Entre 600 000 et 700 000 euros sont dévolus à l’agrandissement du campus international. En tout, les droits d’inscription différenciés rapporteraient environ 900 000 euros à l’établissement.

D’autres universités arguent qu’elles n’ont pas d’autre choix que d’appliquer ces droits. C’est le cas à l’université de Strasbourg, où pour la première fois, en 2024, l’établissement appliquera les droits différenciés pour les étudiants étrangers puisque le seuil d’exonération de 10 % devrait être dépassé. Une règle a toutefois été décidée : exonérer complètement les étudiants en licence, mais faire payer ceux arrivant en maîtrise.

Certaines universités s’obstinent à ne pas respecter la loi. À Rennes-II, les candidats étrangers représentent 15 % de la population étudiante (23 000) et 85 % d’entre eux sont des étudiants extracommunautaires. Vincent Gouëset, le président de l’université, s’était opposé, dès 2019, à la mise de cette mesure en pointant du doigt la « rupture d’égalité » pour les étudiants étrangers issus de milieux défavorisés. « Le choix de ne pas appliquer ces droits différenciés nous conduit à dépasser le seuil des 10 % autorisé, c’est un choix assumé qui répond aux valeurs d’inclusion et de justice sociale portées par l’établissement, le rectorat en est informé et ne nous a rien dit », déclare le président, conscient que l’adoption de la loi sur l’immigration pourrait pousser le rectorat à lui imposer une application plus stricte des textes.

Voir aussi

Droits différenciés : profil et évolution des étudiants internationaux concernés par leur mise en place depuis 2019

vendredi 17 janvier 2025

Le fossé économique entre l'Afrique et le reste du monde ne cesse de se creuser

À bien des égards, il n’y a jamais eu de meilleur moment pour naître africain. Depuis 1960, l’espérance de vie moyenne a augmenté de plus de moitié, passant de 41 ans à 64 ans. La proportion d’enfants qui meurent avant leur cinquième anniversaire a diminué de trois quarts. La proportion de jeunes Africains qui fréquentent l’université a été multipliée par neuf depuis 1970.

La majeure partie de la croissance démographique mondiale prévue pour le reste du XXIe siècle devrait avoir lieu en Afrique. La population totale de ses 54 pays a doublé en 30 ans, pour atteindre 1,5 milliard d’habitants. Les Nations unies prévoient qu’elle doublera encore d’ici à 2070.

La démographie, l’urbanisation, la politique et les technologies de consommation signifient que le continent subit de profonds changements sociaux. Mais ce changement n’est pas étayé par une transformation économique. Au contraire, les économies africaines sont de plus en plus à la traîne par rapport au reste du monde. En 1960, le PIB par personne en Afrique, ajusté pour tenir compte des différences de coût des biens d’un endroit à l’autre (ce que l’on appelle la parité de pouvoir d’achat ou PPA), représentait environ la moitié de la moyenne du reste du monde. Aujourd’hui, il représente environ un quart. À l’époque, la région était à peu près au même niveau que l’Extrême-Orient (Asie de l’Est). Aujourd’hui, les Asiatiques de l’Est ont des revenus moyens sept fois supérieurs à ceux de l’Afrique subsaharienne. Selon Jakkie Cilliers, de l’Institute for Security Studies, un groupe de réflexion sud-africain, le fossé qui se creuse régulièrement ressemble « aux mâchoires d’un crocodile qui bâille ». Une ligne monte, l’autre reste presque plate.

Si les tendances actuelles se maintiennent, les Africains représenteront plus de 80 % des pauvres de la planète d’ici à 2030, contre 14 % en 1990.

Même à l’époque grisante de 2000-14, lorsque le PIB réel par personne augmentait de 2,4 % par an, d’autres régions en développement connaissaient une croissance plus de deux fois plus rapide et créaient davantage d’emplois. Depuis lors, malgré quelques excellents résultats, le revenu par personne est resté stable. La Banque mondiale parle d’une « décennie de résultats économiques décevants » en Afrique subsaharienne.

Cette situation alimente la crainte croissante que l’Afrique n’ait pas saisi sa chance. Dans les années 2000, les économies africaines ont été soutenues par la demande chinoise de matières premières et par l’essor de la mondialisation. L’annulation généralisée de la dette, finalisée au milieu des années 2000, a permis aux gouvernements africains de dépenser davantage dans les écoles et les infrastructures et de contracter plus facilement de nouveaux prêts.

La région peut s’enorgueillir de quelques réussites durables. Au cours des 60 dernières années, le Botswana, l’île Maurice et les Seychelles se sont développés à un rythme soutenu, suivant à peu près l’augmentation du PIB par personne dans le reste du monde. Plus récemment, des pays comme la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie et la dictature francophobe du Rwanda, qui bénéficie du trafic de minerais congolais, ont enregistré une croissance impressionnante. Mais il s’agit d’exceptions plutôt que de la règle. Et les plus grandes économies — l’Égypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud — ont été particulièrement léthargiques.

Dans la plupart des pays d’Afrique, la population est pauvre et la croissance de la productivité reste faible. Sir Mo Ibrahim, homme d’affaires soudano-britannique, ajoute dans The Economist : « Les attentes non satisfaites, en particulier chez les jeunes, alimentent la frustration et la colère, qui sont les meilleurs déclencheurs de troubles et de conflits ».

Mais les fondements nécessaires à une telle croissance sont en ruine. Selon le FMI, près de la moitié des pays d’Afrique connaissent des « déséquilibres macroéconomiques importants », c’est-à-dire un ou plusieurs des éléments suivants : une inflation de 50 % ou plus, un déficit budgétaire important, des coûts du service de la dette représentant 20 % ou plus des recettes publiques et des réserves de devises étrangères ne permettant de couvrir que trois mois d’importations.

Le financement est de plus en plus difficile à obtenir. Les emprunts en dollars sur les marchés des capitaux sont plus coûteux que dans les années 2010. Les flux d’investissements directs étrangers ont chuté d’environ un tiers depuis 2021. En 2023, les prêts chinois à l’Afrique s’élevaient à 4,6 milliards de dollars, ce qui représente un rebond par rapport aux montants dérisoires du début de la décennie, mais reste inférieur à ce qui a été observé chaque année dans les années 2010. La part de l’aide occidentale destinée à l’Afrique est en baisse.

Il y a d’autres raisons de s’inquiéter. Les tensions géopolitiques sont au plus haut depuis la guerre froide, et le FMI affirme que l’Afrique subsaharienne est la région qui serait la plus durement touchée si le monde se divisait en blocs commerciaux distincts. Certains décideurs politiques craignent également que l’essor de l’automatisation ne rende plus difficile d’attirer le type de fabrication à forte intensité de main-d’œuvre qui a été le moteur de l’essor de l’Asie.

Selon un rapport spécial de The Economist, si les choses restent en l’état, le fossé qui sépare l’Afrique des autres continents ne sera pas comblé. Les pays du continent ont besoin d’investissements beaucoup plus importants de la part des Africains et des étrangers. La plupart ont besoin de secteurs privés plus importants et plus dynamiques, d’exploitations agricoles plus productives et d’une gouvernance plus efficace. Ils ont besoin d’une meilleure fourniture de biens publics et d’une réduction de la corruption. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils pourront espérer obtenir les gains de productivité et la transformation économique observés ailleurs dans le monde émergent.

jeudi 16 janvier 2025

Marc Andreessen, géant de la Silicon Valley : La Maison Blanche de Biden prévoyait de « prendre le contrôle » de l'IA

La figure emblématique de la Silicon Valley, Marc Andreessen, partenaire général d’Andreessen Horowitz et inventeur du premier navigateur Internet, affirme avoir assisté à des réunions « absolument horribles » au cours desquelles le gouvernement du président Joe Biden a promis de prendre le « contrôle total » de la technologie de l’intelligence artificielle.

« Nous avons eu des réunions à Washington en mai au cours desquelles nous leur avons parlé de ce sujet. Ces réunions étaient absolument horribles et nous en sommes sortis en décidant que nous devions soutenir Trump », a déclaré M. Andreessen lors d’un récent épisode du podcast Honestly with Bari Weiss.

Lorsqu’on lui a demandé d’expliquer ces réunions, M. Andreessen a répondu : « Ils ont dit : “Écoutez, l’IA est une technologie que le gouvernement va complètement contrôler”. »

« Il ne s’agira pas du domaine des startups », a ajouté Andreessen. Ils nous ont carrément dit : « Ne financez pas les jeunes pousses de l’IA. Ce n’est pas quelque chose que nous allons autoriser. Elles ne seront pas autorisées à exister. Cela ne sert à rien ».

« Ils ont dit en substance que l’IA allait être le jeu de deux ou trois grandes entreprises travaillant en étroite collaboration avec le gouvernement », a déclaré M. Andreessen. Je paraphrase, mais [ils ont dit] : « Nous allons essentiellement les envelopper dans un cocon gouvernemental ».

M. Andreessen a ajouté qu’au cours de ces réunions, le gouvernement Biden a fait savoir qu’il allait les protéger de la concurrence, les contrôler et leur dicter ce qu’ils faisaient.


L’associé d’Andreessen-Horowitz a poursuivi en disant qu’il avait répondu aux représentants du gouvernement : « Je ne comprends pas comment vous allez verrouiller cela à ce point, parce que les mathématiques de l’IA existent déjà et sont enseignées partout. »

Ils m’ont littéralement répondu : « Pendant la guerre froide, nous avons classifié des domaines entiers de la physique et les avons retirés de la communauté des chercheurs — et des branches entières de la physique sont restées dans l’ombre et n’ont pas progressé, et si nous décidons de le faire, nous ferons la même chose avec les mathématiques de l’IA ».

« J’ai répondu que je venais d’apprendre deux choses très importantes, car je n’étais pas au courant de la première, et je ne savais même pas que vous envisagiez de le faire pour la seconde. Ils m’ont alors dit : “Oui, nous allons prendre le contrôle total de tout cela” », a déclaré M. Andreessen.

Il a laissé entendre que le gouvernement Biden cherchait à prendre le contrôle total de l’IA sous prétexte de questions de « sécurité » et « dans la mesure où ce sujet est pertinent pour l’armée », ajoutant : « Il y a aussi l’aspect du contrôle social, et c’est là qu’intervient la censure ».

Andreessen a expliqué qu’il s’agirait de « la même dynamique que celle que nous avons connue avec la censure des médias sociaux, la façon dont elle a été militarisée et la façon dont le gouvernement s’est retrouvé mêlé à la censure des médias sociaux, ce qui est l’un des véritables scandales de la dernière décennie — et un véritable problème constitutionnel ».

Voir aussi
 Les démocrates et les progressistes avaient fait de Twitter un objet de censure 

Près de 50 000 étudiants étrangers signalés comme « absents » des universités et collèges canadiens

Des gens passent devant des bannières invitant les étudiants à étudier au Canada et ailleurs à l’étranger sur un marché d’Amritsar, dans l’État du Pendjab, dans le nord de l’Inde, le 15 octobre 2024.

Près de 20 000 étudiants indiens ont été signalés en infraction avec leur visa d’étudiant par leur absence dans les universités et collèges supérieurs où ils étaient censés étudier.

Près de 50 000 étudiants étrangers ayant reçu un permis d’études pour venir au Canada ont été déclarés « absents » dans les collèges et les universités où ils étaient censés suivre leurs cours, selon les chiffres du gouvernement pour deux mois au printemps dernier.

Les chiffres obtenus par le Globe and Mail montrent que les étudiants non conformes représentaient 6,9 % du nombre total d’étudiants étrangers enregistrés par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Le ministère de l’Immigration exige des universités et des collèges qu’ils indiquent deux fois par an si les étudiants étrangers sont inscrits et vont en classe conformément à leur permis d’études.

Le Régime de conformité des étudiants étrangers, mis en œuvre en 2014, a été conçu pour aider à repérer les faux étudiants et aider les provinces à identifier les écoles douteuses.

En mars et avril 2024, les collèges et universités ont signalé à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) des étudiants provenant de 144 pays. Les dix premiers pays d’origine des étudiants ayant enregistré le plus grand nombre de « non-présentations » ce printemps-là présentaient des taux de non-conformité très variables.

Il s’agit notamment de 2,2 % pour les Philippines (688 étudiants ne se présentant pas), 6,4 % pour la Chine (4 279 étudiants ne se présentant pas), 11,6 % pour l’Iran (1 848 étudiants ne se présentant pas), 22,5 % pour le Cameroun, 24 % pour l’Algérie, 34,8 % pour le Congo (RDC) et 48,1 % pour le Rwanda (802 étudiants ne se présentant pas).


Henry Lotin, ancien économiste fédéral et expert en immigration, a déclaré qu’un moyen de limiter les abus du système serait d’exiger des étudiants étrangers qu’ils paient les frais d’inscription avant de venir au Canada.

Sur le total des absences, près de 20 000 étudiants indiens — soit 5,4 % du nombre total d’étudiants indiens suivis par l’IRCC — ont été signalés comme n’étant pas en règle avec leur visa d’étudiant et ne se rendant pas dans les écoles où ils étaient censés étudier.

Le mois dernier, les autorités indiennes chargées de l’application de la loi ont déclaré qu’elles enquêtaient sur des liens présumés entre des dizaines d’établissements d’enseignement supérieur au Canada accueillant des étudiants étrangers et deux « entités » en Inde qui seraient impliquées dans le trafic illégal de personnes à la frontière entre le Canada et les États-Unis. Au lieu d’étudier au Canada, les étudiants auraient franchi illégalement la frontière vers les États-Unis.

La Gendarmerie royale du Canada a déclaré dans un communiqué qu’elle avait pris contact avec l’Inde par l’intermédiaire de ses officiers de liaison de la police internationale afin d’obtenir des informations supplémentaires sur l’enquête.

M. Lotin, fondateur de la société de conseil Integrative Trade and Economics, a déclaré que la plupart des étudiants indiens qui ne s’étaient pas présentés à leur école n’avaient probablement pas franchi la frontière pour entrer aux États-Unis, mais qu’ils étaient probablement encore au Canada, qu’ils travaillaient et qu’ils avaient l’intention de s’y installer. L’année dernière, le nombre d’étudiants étrangers demandant l’asile au Canada a connu une augmentation record.

M. Lotin a déclaré qu’un « très petit sous-ensemble se rendait aux États-Unis. La plupart aspirent à travailler et à devenir des résidents permanents du Canada ».

Le ministre de l’Immigration, Marc Miller, a durci les règles applicables aux étudiants étrangers en novembre afin de lutter contre les abus. Les établissements d’enseignement supérieur qui ne soumettent pas de rapports de conformité peuvent désormais se voir interdire d’accueillir des étudiants étrangers pendant une période pouvant aller jusqu’à un an.

IRCC effectue des contrôles supplémentaires sur les étudiants qui semblent ne pas respecter les conditions de leur permis d’études, délivré aux étudiants qui ont été acceptés dans un collège ou une université du Canada.

« Le Canada a constaté une augmentation de l’exploitation de ses visas de résident temporaire, y compris des étudiants. Ce qui était autrefois un programme de résidents temporaires à faible risque est aujourd’hui considéré comme plus risqué en raison des changements intervenus dans le contexte migratoire mondial, notamment le nombre croissant de conflits et de crises, l’augmentation des abus et des fraudes, ainsi que l’augmentation du trafic organisé », a déclaré Renée LeBlanc Proctor, porte-parole de M. Miller.

« Le Canada est également conscient du fait que des personnes traversent irrégulièrement le territoire américain depuis le Canada, souvent avec l’aide de réseaux de passeurs ou de contrebandiers ».

Selon les chiffres de l’IRCC, 49 676 étudiants étrangers inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur canadiens n’ont apparemment pas respecté les conditions de leur visa et ne se sont pas présentés pour étudier. En outre, les collèges et universités n’ont pas signalé le statut de 23 514 autres étudiants internationaux, ce qui représente 3,3 % des dossiers de l’IRCC.

« D’une manière générale, cela montre qu’au moins 10 % des détenteurs de visas d’étudiants sont portés disparus », a déclaré M. Lotin. « Pour la première fois, nous disposons de données définitives. On se demande encore où se trouvent tous les détenteurs de visas étudiants. »

Un autre problème souligné par M. Lotin est la différence entre Statistique Canada et le ministère de l’Immigration en ce qui concerne le suivi du nombre d’étudiants étrangers.

« Statistique Canada, qui a sa propre méthode de calcul de la population, indique qu’il y avait plus d’un million de titulaires d’une carte d’étudiant valide en avril. Mais les données d’IRCC, qui portent sur les inscriptions, font état d’un nombre nettement inférieur d’étudiants étrangers. Cette lacune suggère qu’un nombre encore plus important d’étudiants n’est pas comptabilisé que ne le suggèrent les données de conformité ».

« Il est urgent de disposer de données de meilleure qualité et plus transparentes », a-t-il ajouté.

Tom Kmiec, porte-parole du Parti conservateur en matière d’immigration, a accusé le gouvernement de mal gérer le système d’immigration.