Le décret n’était peut-être pas destiné à l’immigration clandestine, mais il réaffirme en fait un principe simple et commun à toutes les nations : la défense des frontières, qui n’est pas reconnue par le Vatican si ceux qui veulent entrer illégalement dans les États d’autrui sont des migrants sans papiers et sans permis, comme l’envisage le Saint-Siège.
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
jeudi 16 janvier 2025
Le Vatican renforce ses frontières tout en prêchant l'ouverture en grand de celles des autres
Le décret n’était peut-être pas destiné à l’immigration clandestine, mais il réaffirme en fait un principe simple et commun à toutes les nations : la défense des frontières, qui n’est pas reconnue par le Vatican si ceux qui veulent entrer illégalement dans les États d’autrui sont des migrants sans papiers et sans permis, comme l’envisage le Saint-Siège.
« Pourquoi la dénatalité est un suicide collectif »
Chronique d'Eugénie Bastié sur le livre Les balançoires vides de l’économiste Maxime Sbaihi où il fait le point sur les enjeux vertigineux de la crise démographique.
« L’exception démographique française n’est plus » résume l’économiste Maxime Sbaihi dans un livre passionnant Les balançoires vides (éditions de l’Observatoire), où il fait le point sur les enjeux vertigineux de la dénatalité. Pendant longtemps, grâce à son modèle culturel (égalité hommes femmes [à voir si cela fut vraiment un facteur décisif]) et social (État providence) la France résistait mieux qu’ailleurs à la tendance globale d’une chute de la natalité. Avec un taux de fécondité historiquement bas à 1,66, c’est terminé. Ouvrir une école c’est fermer une prison disait Victor Hugo.
En France aujourd’hui, fermer une école c’est ouvrir un Ephad [maisons de retraite médicalisées]. 5000 écoles ont fermé en France depuis 2010, pour 300 maisons de retraite qui sont sorties de terre. La France est un pays vieillissant et le piège de la dénatalité pourrait bientôt se refermer sur elle, avertit Sbaihi. Plus la France vieillit, plus les actifs, qui doivent financer le poids des retraités trinquent. Plus les actifs trinquent, moins ils ont envie de faire d’enfants. Moins ils font d’enfants, plus le pays vieillit, etc… Quand le taux de fécondité descend à 1,4 [le Québec est sous ce seuil!] il devient presque impossible de revenir en arrière.
Mais après tout, pourquoi est-ce grave ? Certains écolos se réjouissent même de cette nouvelle : moins de bébés, c’est moins de pollueurs. Sbaihi rappelle opportunément à quel point cet argument est de mauvaise foi : « dans l’ordre de grandeur à l’échelle d’une année, un vol transatlantique est plus polluant que d’avoir un enfant ». Avis à Meghan Markle et au Prince Harry qui ont annoncé en grande pompe renoncer à un troisième enfant par « écologie».
La démographie, c’est le destin, disait Auguste Comte. La stérilité est la mère du déclin. La dénatalité a des conséquences vertigineuses sur l’économie. Un pays vieillissant, c’est un pays précautionneux, qui a peur du risque, qui n’innove plus et qui stagne. Un pays vieillissant, c’est un pays qui s’endette pour financer un modèle social intenable. Un pays vieillissant, c’est aussi un pays où la décision publique est orientée en faveur des électeurs âgés au détriment des plus jeunes, où l’avenir est sacrifié. Jusqu’à présent aucun pays n’a réussi à concilier croissance forte et chut des naissances, sans compenser par l’immigration massive. Le Japon en est un exemple qui a entamé son crépuscule économique en même temps que son crépuscule démographique.
« O mères françaises, faites donc des enfants, pour que la France garde son rang, sa force et sa prospérité » disait Émile Zola en 1896. Quant à Raymond Aron, il prophétisait dans ses Mémoires : « Les Européens sont en train de se suicider par dénatalité. Les peuples dont les générations ne se reproduisent pas sont condamnés au vieillissement, et du même coup, guettés par un état d’esprit d’abdication, de fin de siècle ». Malheureusement une certaine gauche préfère pratiquer envers le natalisme une reductio ad petainum grotesque et irresponsable. C’est une priorité qui devrait transcender les partis politiques. C’est même la priorité politique par excellence. Car qu’est-ce que la politique sinon le souci des générations futures ?
Alors peut-on enrayer ce phénomène qui semble à la fois global et irréversible ? Sbaihi explore les trois grandes pistes permettant de pallier la dénatalité : la relance de la procréation, l’immigration et la robotisation. Il n’y a pas de solution miracle. La Hongrie, malgré une politique hyper nataliste n’a réussi que péniblement à relever son taux de fécondité à 1,5 et stagne depuis. L’Allemagne, qui a eu très tôt conscience de sa faiblesse démographique, a importé des millions d’immigrés pour pallier son manque de main-d’œuvre, mais subit aujourd’hui les conséquences d’une intégration impossible. Le Japon a fait le pari de la robotisation, mais les maisons de retraite animées par des androïdes séduisent peu.
Pourtant il doit y avoir des marges de manœuvre pour réduire l’infécondité involontaire qui subsiste dans notre pays. Le désir d’enfant reste stable en France : 2,2, bien supérieur au taux de fécondité actuel (1,6). Ce hiatus entre la volonté et la réalité prouve qu’il existe une frustration de l’engendrement. A-t-il des racines culturelles ou économiques ? En bon économiste, Sbaihi insiste sur la dimension matérielle: la crise du logement, l’absence de modes de garde abordables, le marasme économique jouent certainement dans l’absence de projection.
L’essayiste, qui a publié précédemment Le Grand Vieillissement, insiste sur la fracture générationnelle qu’implique la dénatalité. La génération du baby-boom, a profité du dynamisme économique induit par l'essor démographique sans se reproduire elle-même. Elle fait aujourd’hui payer la facture par les générations plus jeunes, grevées par le poids des retraites (un tiers du salaire brut). Rendre aux actifs le fruit de leur travail serait une première mesure nataliste. Mais la dimension anthropologique est centrale. Un article du Financial Times publié cette semaine et intitulé « La récession des relations amoureuses devient mondiale » montre que la chute du couple est l’une des principales causes de la dénatalité. Aux États-Unis, les couples continuent à faire des enfants, mais il y a de moins en moins de couples. En France, les deux tiers des Français vivaient en couple en 1980 contre un peu plus de la moitié aujourd’hui.
La part des jeunes vivant en couple a été divisée par deux. Il y a 11 millions de célibataires en France. Une révolution des modes de vie liée à la longueur des études, au dogme de l’émancipation individuelle, mais aussi à la technologie qui permet et promeut cette épidémie de solitude. Pour retrouver le chemin de la fécondité, il nous faudra donc retrouver le chemin du lien, de l’amour et de la confiance entre les sexes. Un « chantier » plus ambitieux que celui que veut ouvrir François Bayrou sur la réforme des retraites.
Les balançoires vides: Le piège de la dénatalité Broché
de Maxime Sbaihi,
paru le 15 janvier 202,
aux éditions de L'Observatoire,
ISBN-13 : 979-1032930663
mercredi 15 janvier 2025
L’Algérie ne tolère plus les conversions au christianisme
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| Vue de la chapelle Santa Cruz d’Oran. |
Toutes les églises protestantes évangéliques du pays sont désormais fermées, s’inquiète l’association Portes ouvertes dans son «Index mondial de persécution des chrétiens».
Inquiétées depuis des années, «les 47 églises protestantes chrétiennes évangéliques d’Algérie sont fermées ou sous scellés. Le pasteur Youssef Ourahmane, vice-président de l’Église protestante d’Algérie (EPA), a même été condamné le 2 mai 2024 à un an de prison ferme pour avoir célébré un culte “non autorisé”», expliquait, mardi à Paris, Guillaume Guennec, l’un des responsables de l’association protestante Portes ouvertes , lors de la présentation du dernier « Index mondial de persécution des chrétiens », publié chaque année depuis 1993.
En 2019, le pasteur Ourahmane était venu à Paris pour tirer la sonnette d’alarme. Depuis, les choses ont empiré pour les 60.800 chrétiens évangéliques algériens, sans compter les 42.900 pentecôtistes. En mai dernier, 4 des 47 églises de l’EPA étaient encore ouvertes, aucune n’est accessible à présent selon Portes ouvertes : «C’est la fin d’une exception,commente Guillaume Guennec. L’Algérie était le seul pays de cette région du nord de l’Afrique où des chrétiens convertis pouvaient se réunir dans leurs propres églises. »
Mais il précise : «Il y a deux situations très différentes pour les chrétiens. Les églises catholiques sont tranquilles parce que seuls les expatriés les fréquentent, ils sont 7000. Mais les églises protestantes, constituées par des Algériens convertis de l’islam, ne sont plus tolérées. Les protestants évangéliques doivent désormais fonctionner en mode clandestin en raison d’un tour de vis très sévère des autorités. » Le pasteur Ourahmane n’est d’ailleurs pas le seul à être inquiété, «une vingtaine de chrétiens convertis sont actuellement aux prises avec la justice ». Dans le classement mondial publié par Portes ouvertes, la Corée du Nord occupe toujours le premier rang. «Le seul fait d’être chrétien vaut la mort sur-le-champ ou l’internement, les chrétiens n’ont pas le droit d’exister en Corée du Nord », dénonce l’association, même si 400.000 personnes y vivraient secrètement leur foi.
25% d’augmentation des persécutions
Comme l’an passé, l’association est fortement inquiète pour les chrétiens d’Afrique subsaharienne qui sont «pris pour cibles privilégiées par le déchaînement de la violence djihadiste ». Le Nigeria détient ainsi depuis 2015 le triste record de chrétiens tués : 3100 en 2024, pour 4476 chrétiens tués à travers le monde. «Les milices fulani (peules) radicalisées, observe le rapport, font désormais plus de victimes que les groupes terroristes comme Boko Haram et ISWAP (État islamique en Afrique de l’Ouest). » Certes les chrétiens ne sont pas les seuls ciblés, mais ils totaliseraient trois fois plus de victimes que les autres catégories de la population malgré les efforts du nouveau président, qui n’a pu, toutefois, endiguer des massacres à Pâques 2024 dans le sud de l’État de Kaduna.
Comme elle le fait chaque année, Portes ouvertes comptabilise aussi le nombre d’églises détruites, endommagées, fermées : elles sont au nombre de 7679 en 2024, dont 4000 au Rwanda. C’est moins qu’en 2023, où la Chine, à elle seule, avait bouclé 10.000 lieux de culte chrétiens. L’« Index » publie aussi le chiffre des chrétiens détenus. Ils étaient 4744 l’an dernier, dont 2 176 en Inde, à la suite d’une « utilisation abusive des lois “anticonversions” mises en place dans 11 États de l’Inde ».
Plus globalement, ces dix dernières années ont vu, selon les indicateurs de cet observatoire, la persécution des chrétiens dans le monde augmenter de 25 % ; 380 millions de chrétiens seraient ainsi confrontés à de «fortes persécutions ou discriminations en raison de leur foi» dans 78 pays. Soit «1 chrétien sur 7 dans le monde ».
Voir aussi
Francophonie — L'Algérie, en déclin économique, devient le pays le moins riche du Maghreb
Alger ordonne la chasse au français dans les écoles
L’Algérie ferme les portes de 42 églises (janvier 2024)
Des géants américains de l'internet distancés dans les pays du tiers-monde
Il est inhabituel qu'Amazon, le plus grand magasin en ligne du monde, rattrape son retard dans son propre secteur d'activité. C'est pourtant exactement ce que la société fait en Inde, où elle a commencé le mois dernier à piloter un service de commerce rapide dans la ville de Bangalore, qui permet de livrer une grande variété de marchandises en quelques minutes. Elle a des années de retard sur des vedettes locales telles que Swiggy, Zepto et Zomato, qui proposent déjà ce type de service.
Il y a dix ans, Jeff Bezos, fondateur puis patron d'Amazon, se tenait au sommet d'un camion aux couleurs vives à Bangalore et brandissait un chèque de 2 milliards de dollars, déterminé à dominer le marché indien. La lutte n'a pas été facile. L'entreprise, qui représente un quart des ventes de commerce électronique en Inde, est à la traîne derrière Flipkart, un rival local du commerce électronique qui détient un tiers du marché (et qui appartient désormais à Walmart, le géant américain de la vente au détail). Ailleurs, le bilan d'Amazon est moins bon. En Asie du Sud-Est, il a été battu par des entreprises locales telles que Shopee, Tokopedia et Lazada. En Amérique latine, MercadoLibre, une entreprise argentine, est le leader incontesté du commerce électronique (voir graphique).
Les champions américains de l'internet semblaient autrefois destinés à conquérir le monde. La Chine leur étant interdite, nombre d'entre eux se sont tournés vers les marchés en développement. Certains d'entre eux ont triomphé, notamment Google, le géant de la recherche, et Meta, le titan des médias sociaux. Mais beaucoup n'ont pas réussi, en particulier dans des domaines tels que le commerce électronique, le covoiturage et les paiements numériques, où les connaissances locales ou la présence physique sont importantes. Uber, qui avait promis de rendre « le transport aussi fiable que l'eau courante, partout, pour tout le monde », s'est retiré de l'Asie du Sud-Est en 2018 après y avoir englouti plus de 700 millions de dollars. PayPal, une société de paiement, a eu du mal à s'implanter dans une grande partie du monde en développement, même si les paiements numériques y ont connu un essor fulgurant.
Les concurrents locaux dans les pays du Sud ont déjà imité les offres américaines et ont rivalisé en les adaptant intelligemment à leurs marchés nationaux. MercadoLibre et Flipkart ont mis en place des réseaux logistiques dans des endroits où l'infrastructure existante était médiocre. MercadoLibre s'est tourné vers les motos pour les villes encombrées. Flipkart a introduit le « paiement à la livraison » pour contrer la méfiance à l'égard des paiements en ligne. Aujourd'hui, les entreprises internet du Sud passent de l'adaptation à l'invention et donnent des leçons aux entreprises américaines.
Le commerce rapide en est un exemple. La frénésie pandémique de l'Occident pour les livraisons en dix minutes a largement disparu. En Inde, elle ne fait que commencer. Dans ses villes densément peuplées, où les routes sont souvent bloquées, des conducteurs de deux-roues effectuent de petites livraisons à de nombreux clients, en s'appuyant sur des réseaux d'entrepôts compacts. Les produits proposés vont bien au-delà de l'épicerie et comprennent tout, des vêtements aux pièces d'or en passant par l'électronique. Le courtier Bernstein estime que les ventes du commerce rapide en Inde atteindront 7,2 milliards de dollars en 2024, contre seulement 200 millions de dollars en 2021, et qu'elles doubleront presque cette année.
La banque numérique est un autre exemple. Alors que les banques séculaires continuent de dominer en Occident, les banques numériques ont fait de grandes percées dans le Sud. Nubank, un prêteur numérique brésilien, compte plus de 100 millions de clients sur son marché domestique, soit plus de la moitié de la population adulte, et se développe rapidement dans toute l'Amérique latine. Son approche a consisté à se concentrer sur les segments de la population qui ont été mal desservis par les banques traditionnelles, dont la dépendance à l'égard des succursales physiques rend coûteux le service aux clients les plus pauvres. Après avoir commencé par les cartes de crédit, elle propose aujourd'hui des comptes bancaires, des assurances et des investissements. La stratégie consistant à cibler les clients mal desservis a également bien fonctionné pour Meesho, une plateforme de vente en ligne qui s'est concentrée sur les petites villes de l'Inde et qui est aujourd'hui la troisième entreprise de commerce électronique du pays en termes de chiffre d'affaires.
Un dernier exemple est le commerce social, qui associe le commerce et le divertissement. Il a pris son essor en Asie du Sud-Est, où la plupart des achats en ligne sont effectués sur des téléphones intelligents (65 % des ventes de commerce électronique en Indonésie sont réalisées sur des appareils mobiles, contre 39 % en Amérique). Jianggan Li, de Momentum Works, un cabinet d'études singapourien, note que les sites de commerce électronique traditionnels dépensent beaucoup d'argent pour attirer les utilisateurs. La vente sociale permet de maintenir les coûts à un niveau bas, car les utilisateurs viennent pour se divertir et restent pour faire des achats.
En 2021, TikTok, une application de vidéos courtes appartenant à ByteDance, un géant chinois de la technologie, a lancé TikTok Shop, qui permet aux utilisateurs d'acheter des produits tout en faisant défiler les pages. En 2023, l'application a vendu pour 20 milliards de dollars de produits, dont les trois quarts en Asie du Sud-Est. Le modèle a connu un tel succès en Indonésie que le gouvernement a interdit les ventes de commerce électronique sur les plateformes de médias sociaux afin de protéger les petits commerçants. En réaction, TikTok a racheté Tokopedia et propose désormais un service similaire par son intermédiaire. En septembre, Shopee a annoncé un partenariat avec YouTube, un site vidéo américain, pour développer une offre concurrente.
Toutes ces innovations ne pourront pas être adoptées en Occident. Le coût de la main-d'œuvre et la faible densité de population rendent le commerce rapide difficile en Amérique et en Europe. Il peut être difficile de trouver des populations mal desservies dans les pays riches. Le commerce social, quant à lui, gagne du terrain. L'Amérique est désormais le plus grand marché pour TikTok Shop, dépassant l'Indonésie l'année dernière. Bien que la Cour suprême américaine doive décider de maintenir ou non l'interdiction de l'application dans le pays à partir du 19 janvier, TikTok continue de se développer ailleurs en Occident.
Les idées locales mettent souvent du temps à « remonter » jusqu'au siège de la Silicon Valley, note Kevin Aluwi, cofondateur de Gojek, une application indonésienne de covoiturage, qui est aujourd'hui investisseur en capital-risque. Ces retards pourraient coûter cher aux champions américains.
Source : The Economist
mardi 14 janvier 2025
La « dysphorie sexuelle déclenchée par l’incarcération » – un nouveau coup dur pour la dignité des femmes
Cet article, initialement publié en anglais par l’Institut Macdonald-Laurier, a été traduit par Tradfem.
Les politiques du Service correctionnel du Canada (SCC) en matière d’identité sexuelle sont une fois de plus sur la sellette après le procès au Québec d’un père accusé (et maintenant reconnu coupable) d’avoir tué sa femme et ses deux jeunes enfants. Mohamed Al Ballouz, qui a commencé à se déclarer femme après son arrestation, est accusé d’avoir poignardé à mort sa conjointe Synthia Bussières pas moins de 23 fois avant d’asphyxier les deux fils du couple, Eliam, cinq ans, et Zac, deux ans.
Ballouz, logé à l’Établissement de détention pour femmes Leclerc, se fait maintenant désigner par le prénom « Levana ». C’est un cas de plus d’un nouveau phénomène que l’on a baptisé « dysphorie sexuelle déclenchée par l’incarcération ». Il s’agit d’une forme suspecte de prétendu malaise profond face à son corps sexué qui « émerge » par coïncidence chez des hommes condamnés ou en attente de jugement pour des crimes graves passibles de longues peines d’emprisonnement.
Ce phénomène pourrait être en augmentation dans les pays qui ont adopté des politiques d’auto-désignation du sexe (Sex Self-ID) dans leur système correctionnel. Les origines de la « dysphorie sexuelle déclenchée par l’incarcération » au Canada remontent à un meeting public organisé en janvier 2017 à Kingston (Ontario), au cours duquel le Premier ministre Justin Trudeau, dans une réponse impromptue à une question venue de l’auditoire, s’est personnellement engagé à séparer les détenus fédéraux en fonction de leur identité sexuelle autodésignée plutôt qu’en fonction de leur sexe biologique.
Cet engagement spontané a conduit à l’adoption par le Service correctionnel du Canada (SCC) du Bulletin d’orientation provisoire 584, remplacé depuis par le Bulletin d’orientation 685. Cette politique permet aux détenus transidentifiés d’être logés en fonction de leur identité de genre auto-désignée, « peu importe leur anatomie », à moins que des préoccupations dominantes en matière de santé ou de sécurité ne puissent être résolues.
Les femmes incarcérées au Canada ont ressenti presque immédiatement les effets de la décision improvisée de M. Trudeau. Une étude du SCC réalisée en 2022 a révélé qu’entre 2017 et 2022, 20 détenus de sexe masculin s’identifiant comme transgenres ont été logés dans des prisons fédérales pour femmes au pays, soit un tiers de la population totale des détenus de sexe masculin s’identifiant comme transgenres au cours de cette période.
L’étude du SCC a également montré que la plupart des détenu-es transgenres et « de la diversité de genre » (gender-diverse) au Canada sont de sexe masculin et purgent de longues peines, 90 % d’entre eux ayant été condamnés pour des crimes de violence, y compris des infractions sexuelles et des homicides. Dans un autre rapport de l’institut Macdonald-Laurier publié l’an dernier à propos de l’identité de genre et des schémas de délinquance au Canada, Jo Phoenix, professeure de criminologie, note que presque toutes les personnes incluses dans l’étude et ayant des antécédents d’infractions sexuelles ont commis leurs crimes avant de s’identifier comme trans ou non binaire.
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles un criminel masculin condamné pourrait exploiter une politique autorisant à s’auto-désigner dans le système pénitentiaire féminin. Une telle démarche pourrait faciliter son traitement en détention, l’accès à des partenaires sexuelles ou, dans le cas des délinquants sexuels, l’accès à de nouvelles victimes. Selon April Kitzul, agente du SCC à la retraite, les délinquants sexuels sont également « les détenus les plus méprisés », ce qui fait du transfert vers un établissement pour femmes un moyen attrayant d’éviter le harcèlement par d’autres détenus.
Les hommes qui réussissent dans leur demande de transfert se retrouvent logés aux côtés de certaines des femmes les plus vulnérables de la société canadienne, dont la vie est marquée par la pauvreté, la marginalisation et des taux disproportionnés de violence conjugale et d’agression sexuelle. Les politiques d’auto-désignation du sexe signifient que des femmes déjà extrêmement vulnérables doivent supporter d’être enfermées avec des individus tels que Ballouz, qui a été reconnu coupable d’un triple homicide, ou Tara DeSousa, le plus jeune délinquant sexuel condamné au Canada qui, à l’âge de 15 ans, a violé un bébé de trois mois, ce qui a obligé cet enfant à subir une intervention chirurgicale corrective d’urgence.
DeSousa a commencé à se déclarer femme après sa condamnation et est maintenant hébergé à l’Institut des femmes de la vallée du Fraser, un établissement doté d’une unité mère-bébé. Des signalements issus de femmes de cet établissement décrivent comment DeSousa rôde à proximité de l’unité mère-enfant et adresse des commentaires sexuels et inappropriés aux utilisatrices de cette ressource.
En 2022, les femmes incarcérées au Canada ont eu la rare occasion de faire connaître leurs expériences d’emprisonnement avec des criminels masculins. Dans une série de lettres personnelles, The Prison Letters, elles ont décrit des incidents répétés de harcèlement sexuel, de sévices et d’agressions. L’une d’entre elles a raconté qu’elle était constamment sur les nerfs et que les femmes ne pouvaient plus faire des choses aussi simples que de revenir de la douche vêtue d’une serviette. « Vous vous sentez plus gênée et obligée de calculer chacun de vos mouvements », a-t-elle expliqué.
Comme on aurait pu s’y attendre, de telles politiques ne bénéficient pas du soutien du Canadien moyen. Un sondage réalisé par MLI en 2023 a révélé qu’un peu plus de 70 % des Canadiens et des Canadiennes s’opposaient à ce que des criminels de sexe masculin soient logés dans des prisons pour femmes. Pour la plupart des gens, la notion même que des meurtriers, des violeurs en série, des pédophiles et même un nécrophile puissent s’auto-désigner femme après avoir été condamnés pour leurs crimes odieux et être logés dans des prisons pour femmes, dépasse l’entendement. Cependant, lorsqu’un pays rejette la réalité et laisse ses politiques publiques être guidées par un système de croyances aussi incohérent que l’idéologie du genre, tout devient possible.
Selon le ministère canadien de la Justice, la définition de la femme est « toute personne qui s’identifie comme une femme ». Cette définition est tout simplement absurde. Une femme est un être humain adulte de sexe féminin, ce que même le Service correctionnel du Canada (SCC) reconnaît tacitement. Seul un tiers des détenus masculins transidentifiés sont logés dans des prisons pour femmes, tandis que les deux autres tiers restent dans des établissements pour hommes. Cela indique manifestement que le SCC reconnaît ces personnes comme des hommes, indépendamment de leur identité féminine autodésignée. Après tout, il n’existe aucun scénario dans lequel une véritable femme serait placée dans une prison pour hommes. La sécurité des détenu-es est déjà un facteur clé dans les décisions de classification et de logement. Les détenus transidentitaires, comme les autres groupes vulnérables, peuvent être protégés en étant placés dans des unités plus petites ou plus isolées, avec d’autres détenus du même sexe dont les caractéristiques présentent un plus faible risque de préjudice.
S’il y a peu d’espoir que le gouvernement Trudeau prenne un jour en considération le droit des femmes détenues à leur vie privée et à leur dignité, on voit se profiler à l’horizon la possibilité d’un gouvernement fédéral du Parti conservateur. Comme l’a fait remarquer en mars dernier Brian Crowley, fondateur de l’IML, il suffirait, pour remédier aux retombées des politiques d’auto-désignation du sexe dans les prisons, de révoquer certaines politiques malavisées et d’en appliquer de nouvelles qui protègent les droits des femmes détenues. Aucune modification législative n’est nécessaire.
Le phénomène grotesque de la « dysphorie sexuelle déclenchée par l’incarcération » – et le fait qu’il soit pris au sérieux – souligne l’absurdité des politiques d’auto-désignation et met en évidence la nécessité d’un leadership beaucoup plus audacieux pour s’attaquer au problème dans son ensemble. Il s’agit simplement d’un symptôme ponctuel du problème beaucoup plus vaste posé par l’idéologie du genre. Si le leader conservateur Pierre Poilièvre se retrouve à la barre et chargé de réparer les dommages causés par des années d’acquiescement des Libéraux aux extrémistes de l’idéologie du genre, il doit adopter une position ferme pour défendre la réalité. Cette prise de position devrait commencer par le rétablissement ferme de la définition d’une femme comme être humain adulte de sexe féminin.
Mia Hughes est spécialisée dans la médecine pédiatrique du genre, les épidémies de type psychiatrique, la contagion sociale et l’intersection des droits des transgenres avec les droits des femmes. Elle est l’autrice de l’essai The WPATH Files et est Senior Fellow à l’Institut Macdonald-Laurier.
Peter Copeland est directeur adjoint de la Politique intérieure à l’Institut Macdonald-Laurier.
Voir aussi
De plus en plus de prédateurs dangereux s'identifient comme femmes pour profiter du système
— Québec FIER (@QuebecFier) January 18, 2025
La criminologue Maria Mourani dit que ça va trop loin et que cette pratique devrait être encadrée strictement. Êtes-vous d'accord avec elle? pic.twitter.com/2r1zqnKLec
lundi 13 janvier 2025
Démission de Trudeau — ses lois liberticides meurent au feuilleton
« Mourir au feuilleton » est une expression utilisée pour qualifier les motions ou les projets de loi inscrits au feuilleton (l'ordre du jour d'une séance) n'ayant pas été adoptés avant la clôture de la session et devenus caducs avec la dissolution ou la prorogation.
Texte de Nathalie Elgrably paru dans le Journal de Montréal, le jeudi 9 janvier 2025.
Justin Trudeau a promis de démissionner lorsque son parti aura élu un nouveau chef. Excellente nouvelle! Au fil de ses échecs et scandales, il a réussi l’exploit magistral de transformer l’adoration quasi aveugle de ses électeurs en un profond dégoût. L’idole d’hier est le paria d’aujourd’hui.
Célébration
Mais en attendant de célébrer son départ, réjouissons-nous de la prorogation de la session parlementaire, car elle signifie que tous les projets de loi en cours sont «morts au feuilleton».
C’est notamment le cas des lois C-63 et C-293.
J’ai déjà écrit sur la manière dont la loi C-63 sur les «préjudices en ligne» menace la liberté d’expression et la démocratie. Avec ses définitions floues et des sanctions rétroactives, cette loi criminalise les paroles et instaure un climat de peur et d’autocensure.
Quant à la loi C-293 sur la «prévention et la préparation en matière de pandémie», sa formulation accorde à l’État un pouvoir discrétionnaire, voire autoritaire, pour limiter des activités commerciales et des libertés fondamentales au nom d’une hypothétique menace sanitaire.
Sous couvert de protection, ces deux lois présentent un potentiel destructeur gravissime, tant pour les droits individuels que pour les fondements mêmes de la démocratie.
Grâce à la prorogation, ces projets de loi cessent d’exister. Et c’est un soulagement!
Menace
Toutefois, ils peuvent être réintroduits lors d’une nouvelle session ou sous l’égide d’un nouveau gouvernement.
C’est pourquoi les Canadiens doivent s’assurer que ces lois ne reviennent jamais, que ce soit sous leur forme actuelle ou sous un autre vernis.
Il faut donc exiger des politiciens, que ce soit le nouveau chef du Parti libéral ou les candidats aux prochaines élections, qu’ils se prononcent clairement sur leurs intentions concernant ces lois.
Les enjeux économiques comme l’inflation ou la crise du logement sont certes cruciaux, mais la préservation de notre démocratie l’est encore plus. Car sans liberté, toute promesse économique n’est qu’illusion.
dimanche 12 janvier 2025
Le fait que l'alcool provoque des cancers est le secret le mieux gardé de la santé publique
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Cette période de l’année est l’occasion pour les gens de prendre des résolutions qu’ils risquent de ne pas pouvoir tenir. Cela s’explique notamment par la confusion qui règne. Selon l’institut de sondage Gallup, trois adultes sur cinq boivent de l’alcool. Environ 45 % d’entre eux pensent que la consommation d’alcool, même modérée, est mauvaise pour la santé, tandis que 43 % pensent qu’elle n’a pas d’effet. Les Américains boivent plus de spiritueux (ou d’alcools forts) aujourd’hui que pendant la guerre de Sécession, une période tellement marquée par l’ivresse que certains historiens affirment qu’elle a déclenché le mouvement de tempérance. Et ce, bien que les chercheurs en santé publique le sachent depuis longtemps.
samedi 11 janvier 2025
Vote pour Trudeau et les Libéraux par peur que des Québécois imposent leurs règles aux immigrants
L’annonce de la démission de Justin Trudeau, qui quittera son poste de premier ministre et chef du Parti libéral du Canada dès que son remplaçant sera trouvé, laisse l’avenir électoral de la circonscription de Papineau incertain. Il est l’élu de cette circonscription de Montréal depuis 2008, et celle-ci est un château fort libéral reconnu.
[...]
Selon Ali Qasim, résident de Parc-Extension, qui reconnaît néanmoins une grogne de la population du quartier envers Justin Trudeau et le Parti libéral, la barrière de la langue et la crainte de la perte de leur identité — Parc-Extension est très multiculturel, doté notamment d’une grande population sud-asiatique — empêchent les résidents de voter pour un autre parti. « Ils ne se demandent pas ce que [les partis politiques] peuvent faire de bien pour nous, ils ont seulement peur que des Québécois imposent leurs règles », explique-t-il dans la salle d’attente de son barbier.
Hausse des naissances en Corée du Sud
Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité a annoncé que 242 334 naissances ont été enregistrées l’année dernière, soit une augmentation de 3,1 % par rapport à 2023, mettant fin à huit ans de baisse.
Malgré cela, la population continue de baisser puisque le nombre de décès a également augmenté, à 360 757, soit une hausse de 1,93 % par rapport à l’année précédente. La population totale du pays était de 51,21 millions d’habitants en 2024, en baisse pour la cinquième année consécutive.
Les démocrates et les progressistes avaient fait de Twitter un objet de censure
Fabrice Epelboin, entrepreneur du numérique et spécialiste des médias sociaux, lors d'une émission de C ce soir de France 5, jeudi 9 janvier, s'exprime sur la censure des démocrates et progressistes sur Twitter.
Cet invité détruit le plateau gauchiste anti Musk en révélant aux neuneus scotchés q la censure et le totalitarisme c bien la gauche et jamais les patriotes . pic.twitter.com/vFp8bTJygX
— Sonia jerbi fourati (@FouratiJerbi) January 10, 2025
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La Russie sanctionne Twitter pour manque de filtrage des contenus pédopornographiques ou faisant l'apologie de drogues ou du suicide [avant rachat par Musk]
Le patron de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp), Mark Zuckerberg, relate (dans la vidéo ci-dessous) :
- « Le moment le plus extrême [de censure] fut quand ils ont décidé de déployer le programme de vaccination Covid ! »
- « Ils ont alors censuré tous ceux qui argumentaient contre ce programme ! »
- « Ils ont poussé la censure très loin contre des gens qui en réalité disaient vrai ! »
- « Dès que vous disiez qu’il pouvait y avoir des effets secondaires, on vous censurait ! »
Le vent tourne :
— Docteur Hippocrate (@DocteurPEB1) January 11, 2025
Mark Zuckerberg le PDG de Facebook avoue publiquement qu'il a censuré sur Facebook toutes les publications scientifiques qui dénonçaient la réalité des pseudo-vaccins COVID qui sont non seulement inefficaces mais surtout dangereux !
Depuis 5 ans mon compte FB a… pic.twitter.com/uh9OpSHVr0
« Pete Hegseth va probablement défendre sa nomination au poste de secrétaire à la défense devant le Sénat, et l'un des points qu'il a soulevés est qu'il pense que les femmes ne devraient pas pouvoir jouer certains rôles au combat », a déclaré Mark Zuckerberg. Et de poursuivre : « Jusqu'à ce que nous ayons mis à jour nos politiques, vous n'auriez pas pu dire cela sur nos plateformes parce que cela appelle à l'exclusion d'une catégorie particulière de personnes ». Zuckerberg a expliqué qu'à première vue, cette catégorisation semble correcte, mais « si vous êtes capable de le dire au Sénat, vous devriez probablement être capable de le dire sur les médias sociaux ».
Mark Zuckerberg annonce la fin de la censure sur Facebook et Instagram. Le patron de Meta décide de copier Elon Musk et « de se débarrasser des vérificateurs de faits pour les remplacer par des notes de la communauté ».
🔴ALERTE INFO - Panique totale chez les journalistes : Mark Zuckerberg annonce la fin de la censure sur Facebook et Instagram. Le patron de Meta décide de copier @elonmusk et "de se débarrasser des fact-checkers pour les remplacer par des notes de la communauté".
— Observatoire du journalisme (Ojim) (@ojim_france) January 8, 2025
👉@JulienPain… pic.twitter.com/w3DLTCDrgp
Selon le New York Times, Mark Zuckerberg a demandé à ses responsables de retirer les serviettes hygiéniques pour femmes des toilettes pour hommes dans les bureaux de Meta dans la Silicon Valley, au Texas et à New York.
Anne Coffinier revient sur les ingérences qui inquiètent l’Europe : «Elon Musk est un personnage fantasque», dans #PunchlineWE pic.twitter.com/bMdmoTSOUp
— CNEWS (@CNEWS) January 11, 2025
Fabrice Epelboin revient sur la censure et les réseaux sociaux:









