samedi 29 juillet 2023

Histoire — Regards sur le Bas-Canada par Alexis de Tocqueville

Paru chez Typo Éditeur.

Claude Corbo présente l'ensemble des observations que l'académicien Alexis de Tocqueville a rédigées sur la nation française nord-américaine lors de son voyage en territoire nord-américain, au mois d'août de 1831. Il en ressort le jugement paradoxal de l'aristocrate humaniste constatant, ainsi que Corbo le résume, que « les Français sont le peuple vaincu », mais observant néanmoins une «puissante progression démographique des Canadiens français » (p. 40) et « une santé économique et morale de la paysannerie » (p. 43). Des textes sur la Louisiane de 1832 ont été ajoutés par l'éditeur.

Les écrits qu'Alexis Charles de Tocqueville a consacré au Bas-canada lors de son voyage au Nouveau Monde constituent un document unique. Claude Corbo présente longuement la série des observations et lettres du « penseur considérable » que fut Tocqueville sur la nation française habitant l'Amérique septentrionale.

Cette présentation donne le contexte du voyage de Tocqueville, accompagné de son ami Gustave de Beaumont : contexte politique d'abord mais aussi contexte culturel abondamment relevé par Tocqueville, qui considérera la survivance de la nation française alors en pleine expansion démographique comme l'une des découvertes importantes de sa mission. Il écrit le 26 novembre 1831: « Je viens de voir dans le Canada un million de Français braves, intelligents, faits pour former un jour une grande nation française en Amérique, qui vivent en quelque sorte en étrangers dans leur propre pays » (p. 43).

Claude Corbo analyse en détail l'itinéraire de Tocqueville au Bas-Canada (reproduit ci-dessous)  il souligne d'une part la philosophie de Tocqueville qui se préoccupe surtout de « l'égalité des conditions » (p. 14) et d'autre part son émotion « de retrouver au Bas-Canada une population française de langue, de tradition, de culture qui apparaît profondément rattachée à son identité, portée par une démographie généreuse et qui semble résolue malgré une conscience politique qui ne s'affirme pas toujours explicitement à demeurer elle-même » (pp. 41-42).

Extrait

« Les avocats que je vis là, et qu’on dit des meilleurs de Québec, ne firent preuve de talent ni dans le fond des choses ni dans la manière de les dire. [...] Leur style est vulgaire et mêlé d’étrangetés et de locutions anglaises. [...] L’ensemble du tableau a quelque chose de bizarre, d’incohérent, de burlesque, même. Le fond de l’impression qu’il faisait naître était cependant triste. Je n’ai jamais été plus convaincu qu’en sortant de là que le plus grand et le plus irrémédiable malheur pour un peuple c’est d’être conquis ».

Chronologie du séjour de Toqueville au Bas-Canada
Regards sur le Bas-Canada, pp. 35-36.

20 août 1831 Départ de Buffalo (New York) à bord du vapeur Great Britain; traversée du lac Ontario et navigation sur le Saint-Laurent.
23 août 1831Arrivée à Montréal.
24 août 1831Montréal. Rencontre avec l'abbé Joseph-Vincent Quiblier, supérieur du Grand Séminaire.Rencontre avec les frères Dominique et Charles Mondelet, avocats. Départ en soirée pour Québec à bord du vapeur John-Molson.
25 août 1831Arrivée à Québec en fin de journée.
26 août 1831Québec. Rencontre avec un marchand anglais (demeuré anonyme). Visite à un tribunal civil.
27 août 1831Québec. Rencontre avec John Neilson, député à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Visite à un « cabinet de lecture » ; lecture de journaux (Gazette de Québec, Le Canadien). Visite à un tribunal civil. (Note : Gustave de Beaumont, pour sa part, date la rencontre avec Neilson du 26 août.)
28 août 1831Québec. Excursion avec John Neilson dans la campagne environnante (dont le village huron de L'Ancienne-Lorette, bien que cette visite ait pu avoir eu lieu la veille).
29 août 1831Québec. Tocqueville et Beaumont visitent la campagne qui environne Québec, mais sans guide; ils se rendent jusqu'à Beauport. (Note : Beaumont date cette excursion du dimanche 28 août.)
31 août 1831Québec. Avec John Neilson et Denis-Benjamin Viger, Tocqueville et Beaumont se rendent sur la rive droite du Saint-Laurent jusqu'au village de Saint-Thomas-de-Montmagny. Départ pour Montréal à bord du vapeur Richelieu.
2 septembre 1831 Après un bref séjour à Montréal, départ pour Albany et Boston.

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vendredi 28 juillet 2023

Wikipédia et le gouvernement britannique auraient décidé de censurer le débat sur le climat

Un projet de communication a été discrètement lancé ces dernières semaines, sous les auspices de l’objectif de développement durable n° 13 (ODD 13) des Nations unies, afin de « prendre d’urgence des mesures pour lutter contre le changement climatique et ses conséquences ». 

Il s’agit d’un effort concerté pour policer les entrées les plus consultées de Wikipédia relatives au changement climatique, en reflétant principalement les perspectives et les informations approuvées par les Nations unies sur le sujet. Selon le communiqué de presse officiel, les rédacteurs de l’encyclopédie en ligne travailleront en tandem avec des « experts en contenu » issus notamment du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et de l’Institut de l’environnement de Stockholm, financé par les gouvernements occidentaux.

Jusqu’à la mi-2024, ces groupes surveilleront et modifieront les articles de Wikipédia dont le nombre de pages consultées quotidiennement est important. Notant que les entrées du site « apparaissent généralement en tête des résultats de recherche sur internet », Wikipédia est appelée à jouer un « rôle clé dans la promotion des connaissances sur le changement climatique ». S’il existe un quasi-consensus sur le fait que le changement climatique est en cours, la manière dont les individus et les gouvernements doivent répondre au problème est loin d’être réglée — pourtant, les Nations unies sont déterminées à suggérer le contraire.
Les membres d’Extinction Rebellion manifestent dans le centre de Londres ce mois-ci

S’exprimant lors d’une table ronde du Forum économique mondial sur la lutte contre la désinformation à l’automne dernier, la sous-secrétaire générale des Nations unies chargée de la communication mondiale, Melissa Fleming, s’est vantée des talents de son employeur en matière de contrôle narratif. Elle a révélé que l’ONU s’était « associée » aux principaux moteurs de recherche et plateformes de médias sociaux pour influencer le contenu que les utilisateurs voient ou ne voient pas en rapport avec le changement climatique. « Nous devenons beaucoup plus proactifs », a expliqué Mme Fleming. « Nous possédons la science et nous pensons que le monde devrait la connaître, et les plateformes elles-mêmes le font également.

L’édition de Wikipédia n’est donc que le dernier front en date de la guerre que se livrent les Nations unies pour contrôler les récits en ligne sur le changement climatique. Des indices inquiétants montrent que le gouvernement britannique mène des activités similaires. En mars, l’Institute for Strategic Dialogue (ISD) a commencé à travailler sur un contrat gouvernemental de trois mois, attribué par le Department for Digital, Culture, Media and Sport (DCMS) pour “analyser la désinformation liée au climat sur les médias sociaux”.

L’ISD reçoit des fonds d’un grand nombre de gouvernements occidentaux, de fondations et de géants de la technologie, soi-disant pour éradiquer la “désinformation” sur des sujets particuliers. Tout au long de la pandémie, l’Institut a publié des rapports alarmistes sur la “désinformation” concernant le coronavirus. Ces publications qualifiaient d’” anti-vaxxistes” tous ceux qui critiquaient la réponse de Whitehall à la grippe Covid-19, tandis que les « anti-vaxxistes » eux-mêmes étaient dépeints comme une vaste cinquième colonne d’extrême droite, potentiellement terroriste. 

À chaque étape, ces déclarations douteuses ont été amplifiées par la BBC, ainsi que par la « journaliste spécialisée en désinformation » de la société, Marianna Spring. Spring a pris ses fonctions en mars 2020, précisément au moment où la DSI a commencé ses enquêtes sur la « désinformation » de Covid.

Puis, en novembre 2021, la commission de l’environnement et du changement climatique de la Chambre des Lords a publié un rapport sur le « changement de comportement pour les objectifs climatiques et environnementaux ». Ce rapport examine les mécanismes par lesquels les citoyens britanniques pourraient être incités à se conformer aux mesures préventives, qui peuvent prétendument permettre d’atteindre l’objectif Net Zero d’ici 2050.

Le rapport affirme que l’analyse par la DSI de la « désinformation » publiée sur Facebook pendant la conférence COP26, le même mois, a nécessité l’élargissement du projet de loi très controversé sur la sécurité en ligne pour couvrir le changement climatique. L’Institut a conclu que pendant les deux semaines de la conférence, « les contenus sceptiques ont suscité 12 fois plus d’engagement que les sources faisant autorité sur la plateforme ». On pourrait penser que c’est choquant, sauf que la majeure partie de cette prétendue « désinformation » a pris la forme de critiques à l’égard de Greta Thunberg et de l’hypocrisie des participants arrivant en jet privé, ce qui est destructeur pour l’environnement.

Par ailleurs, Steve Smith, un « témoin expert » consulté par la Commission, a affirmé que les « radiodiffuseurs traditionnels » tels que la BBC « doivent jouer un rôle important en tant que sources fiables dans un paysage de désinformation en ligne ». Par ailleurs, il a suggéré que le gouvernement britannique réutilise les techniques de communication déployées lors de la pandémie de Covid-19 pour lutter contre le changement climatique :

On a utilisé des techniques de communication très efficaces lors de la pandémie de Covid, et nous pouvons en tirer des enseignements, comme le fait que, lorsque nous pensons vraiment qu’il s’agit d’une crise, le gouvernement peut changer d’un jour à l’autre. Mais avec le changement climatique, ce n’est pas encore le cas, n’est-ce pas ?
— Steve Smith
Steve Smith est un cadre supérieur de Picture Zero, une société de production cinématographique et télévisuelle spécialisée dans les « histoires humaines sur le changement climatique ». Il est l’un des nombreux « experts » n’ayant aucune formation en sciences de l’environnement — notamment des spécialistes du marketing, des militants écologistes et des sondeurs — dont les témoignages ont largement contribué à l’élaboration des conclusions et des recommandations du rapport. L’un après l’autre, ils ont exhorté la commission à « appliquer les leçons de la pandémie de Covid pour susciter un changement de comportement généralisé ».

Il semble que le déploiement par les gouvernements d’une guerre de l’information contre leurs propres citoyens n’ait pas pris fin avec la réouverture du Covid-19 : influencer le public sur l’agenda climatique est le prochain domaine d’action.

Source : Unherd

Voir aussi

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé

Wikipédia et les GAFAM : parti pris et désinformation sur le « grand remplacement »

Article de Larry Sanger sur la partialité croissante de Wikipédia avec exemples (en anglais)

Un professeur « pourrit la Toile » et piège ainsi ses élèves

Le cas de Bret Weinstein (PhD en biologie, ancien professeur d’Evergreen college) et de l’article qui lui est consacré sur Wikipédia  

John Clauser s'est vu décerné le prix Nobel de physique en 2022. Il était invité à présenter un séminaire ce moins de juillet sur les modèles climatiques au Fonds monétaire international. Mais son invitation a été « suspendue » (sic) parce qu’un activiste écologiste a fait remarquer par courriel au directeur du Bureau d'évaluation indépendant (sic) du FMI, Pablo Moreno, que John Clauser avait dit il y a un mois au « Quantum Corea » : « Je ne crois pas qu’il y ait une crise du climat ». Pablo Moreno a aussitôt supprimé l’invitation à John Clauser. Lequel avait déjà publiquement rejeté les dogmes du GIEC et critiqué la politique climatique de Joseph Robinette Biden, et a rejoint cette année la « Coalition CO2 » qui est non seulement climatosceptique mais plaide pour une utilisation accrue du  CO2, nécessaire à la vie. (Source)

jeudi 27 juillet 2023

Étude — dix fois plus de morts par le froid que par la chaleur en Europe


Les vagues de chaleur sont mortelles et pourraient devenir plus fréquentes à cause du « changement climatique ».

Mais nous sommes mal informés quand les médias (et nos écoles) passent sous silence :

  • 1) qu’il existe des solutions pour les prochaines décennies : la climatisation, l’énergie à bon marché, villes plus résistantes à la chaleur (plus d’espaces verts, moins de surfaces sombres, etc.)
  • 2) qu’il y a environ 10 fois plus de décès dus au froid et qu’encore une fois, la solution est l’énergie à bon marché pour se chauffer adéquatement.

Notons que les décès dus à la chaleur et au froid ne sont pas principalement dus à l’hyperthermie ou à l’hypothermie, mais à des risques de décès plus élevés lorsqu’il fait plus chaud ou plus froid que la température la moins mortelle.

Pour la chaleur, il s’agit par exemple de la déshydratation, du déséquilibre électrolytique, de l’accident vasculaire cérébral.

Pour le froid, il s’agit notamment de la constriction des vaisseaux sanguins, d’une hypertension artérielle, d’un accident vasculaire cérébral.

Pourquoi le froid est-il plus dangereux ? Parce qu’il provoque une constriction des vaisseaux sanguins externes pour conserver la chaleur du corps, ce qui fait monter la tension artérielle.

Le graphique ci-dessous montre plus de 2 millions de mesures, dans 6 villes des États-Unis. Les valeurs supérieures à 130 sont considérées comme de l’hypertension artérielle.




Source : The Lancet


mercredi 26 juillet 2023

26 juillet 1686 — Pierre Le Moyne d’Iberville capture le fort Albany sur la baie d’Hudson

Pierre Le Moyne, sieur d’Iberville, était très bon canotier et manœuvrier. Il commença sa carrière militaire en 1686, sous les ordres du chevalier Pierre de Troyes à la baie d’Hudson. 
 
 
Il est accompagné de deux de ses frères, Jacques, sieur de Sainte-Hélène, et Paul, sieur de Maricourt. Ils prennent part à l’expédition organisée contre les postes anglais dans la région de la baie d’Hudson. La troupe d’une centaine d’hommes partit de Montréal, remonta la rivière des Outaouais et arriva à la baie de James. Les Français étaient accompagnés de guides indiens. Ils emportaient avec eux trente-cinq canots et vingt-sept traîneaux à chiens. Inspirés par la fougue et la bravoure de Pierre, ils attaquèrent le fort Monsoni (l’actuel Moose Factory en Ontario) sur le bord de la rivière de même nom (aujourd’hui la rivière Moose), qu’ils capturèrent.

De Troyes passa ensuite à l’attaque des trois autres postes anglais de la baie James : le fort Charles, le fort Albany et un entrepôt dans l’île Charlton. De Troyes et Sainte-Hélène prirent le fort Charles, le 3 juillet, tandis qu’Iberville capture le Craven, navire de la Compagnie de la Baie d’Hudson ancré dans le port. 
 
Les défenseurs du Fort Albany se rendirent sans condition le 25 juillet. Ce fort se situe en Ontario aujourd’hui, à 950 km à vol d’oiseau de Montréal. Le 26 juillet Pierre Le Moyne d’Iberville prit possession du fort, rebaptisé Fort Saint-Anne. Les honneurs de la guerre sont accordés aux vaincus, et l’on boit à la santé des rois de France et d’Angleterre. Après quoi, Paul Le Moyne de Maricourt prit le commandement du fort.
 
La conquête achevée, de Troyes part en laissant d’Iberville et une troupe de quarante Français sur place. Celui-ci était désormais gouverneur des trois postes capturés qui furent rebaptisés l’un Saint-Louis (Moose), l’autre Saint-Jacques (Rupert) et le troisième Sainte-Anne (Albany). Dans les années qui suivent, il continuera à guerroyer dans la région.
 


Comptabilité woke de la part de la candidate préférée de Québec Solidaire

Selon le Journal de Montréal : «

La professeure de l’Université Laval Christine Gilbert a confirmé au Journal qu’elle souhaite porter les couleurs de la formation [Québec solidaire] lors de l’élection partielle rendue nécessaire par la démission-surprise de Joëlle Boutin. 

Mme Gilbert était candidate de Québec solidaire dans Lotbinière-Frontenac, le comté où elle réside, lors des dernières élections générales. Elle avait terminé loin derrière, avec un peu plus de 9 % des voix. 

Il s’agit d’une candidature économique pour la formation de gauche. La professeure agrégée en comptabilité est notamment spécialisée dans les questions de dette publique. »

Gabriel Nadeau-Dubois (au centre)  sous le regard sévère de Christine Gilbert lors de la campagne électorale de 2022

 Elle semble surtout être une féministe très à gauche. Il suffit de consulter sa très maigre publiographie :

  • Gilbert, C. (2022). A Herstory of Accounting: Reconsidering the relationship between accounting and capitalism through the lens of matriarchal societies. Conférence A-CEASAR, Wellington, Nouvelle Zélande. (recyclée en 2023 en Colombie)
  • Gilbert, C. (2022). Countering Neoliberal Hegemony: The Use of Accounting in Public Space. AARG Seminar, Royaume-Uni. (recyclée deux fois)
  • Gilbert, C. (2022). Investigación contable: ¿Para quién? ¿ Para qué?: El papel del los académicos para el cambio social. Keynote speaker principal à la Conférence QRCA, Medellin, Colombie.
  • Gilbert, C. (2022). Resistance, hegemony, and critical accounting interventions: Lessons from debates over government debt. European Accounting Association Conference
Aucune communication en français. Elle est pourtant professeur/professeure/professoresse/professeuse dans une université francophone.
 
« Herstory » est un néologisme de l’extrême gauche féministe anglo-saxonne analysant (ou feignant d’analyser) le mot anglais history (issu du grec Ἱστορία à savoir « enquête »),  comme une histoire centrée sur l’homme (his),  son « histoire à lui », par opposition à la femme (her), son « histoire à elle ». « An accounting herstory » serait donc une histoire de la comptabilité d’une perspective féministe. Le reste du titre de la communication signifie : « Reconsidérer la relation entre la comptabilité et le capitalisme à travers le prisme des sociétés matriarcales ».
 

Barbie, un film de propagande néoféministe et misandre ?

Texte d’Anne Guerry est élève à l’École normale supérieure de Lyon, paru dans Le Figaro.

En mêlant combat féministe et hypersexualisation de la femme, la réalisatrice Greta Gerwig signe un film à charge contre les hommes qui manque cruellement de subtilité.

Ces derniers jours, certains passants ont pu voir des files parfois interminables devant les cinémas, mais ce n’était pas pour le nouveau film de Christopher Nolan, Oppenheimer, sur l’invention de la bombe atomique aux États-Unis.

Les deux acteurs principaux du film Barbie, Ryan Gosling et Margot Robbie

Ces files d’attente géantes étaient plutôt parsemées de perfectos rose bonbon, de minijupes tape-à-l’œil et de dessus pailletés, à l’image du style vestimentaire de la célèbre poupée Barbie commercialisée en 1959 par la société américaine Mattel. 64 ans plus tard, la société américaine commande un film pour faire la promotion de sa poupée, et confie le projet à la réalisatrice féministe Greta Gerwig. Après une promotion forcenée (on a pu voir une maison Barbie sur Airbnb, des collaborations avec de nombreuses marques de vêtements, des menus roses chez Burger King, une page Google qui s’affiche en rose lors des recherches en rapport avec le film), l’objectif semble donc atteint : la poupée bimbo fait à nouveau parler d’elle.

Pourtant, outre l’ampleur hors du commun de la promotion du film, l’histoire, elle, est on ne peut plus commune : Barbie mène une vie parfaite à Barbieland, monde dans lequel les femmes ont accès à tous les métiers et à toutes les responsabilités, et où les Ken (les poupées masculines), cherchent désespérément à attirer l’attention d’une d’entre elles en se pavanant sur la plage. Le ton est donné. Mais, après un voyage dans le « vrai monde », Ken s’inspire du patriarcat qu’il y a observé et l’applique à Barbieland. Les Barbies sont alors réduites à servir les hommes, jusqu’à ce qu’elles se révoltent et obtiennent pour de bon le pouvoir.

Dans le « vrai monde », les hommes sont tous machos et grossiers, ils méprisent les femmes et aucune d’elles n’a de responsabilités. À Barbieland, les Ken sont profondément stupides et superficiels, totalement dépendants des Barbies, alors que ces dernières n’ont que faire de leurs partenaires masculins. Le message est clair : la femme n’a pas besoin de l’homme, et c’est en se passant de lui qu’elle pourra s’émanciper et être pleinement femme. L’homme est une charge, si ce n’est une menace, pour la femme. Bien loin d’une histoire d’amour, la relation entre Barbie et Ken s’achève par un Ken en pleurs, qui regrette le patriarcat et qui accepte finalement le pouvoir des Barbies. Ce final grotesque et caricatural est à l’image de l’ensemble du film, ponctué de références peu subtiles et de tirades victimaires dans lesquelles les femmes expliquent la difficulté qu’elles éprouvent dans un monde phallocentré.
 

Mais alors que le pouvoir est donné aux femmes et que les hommes sont tournés en dérision permanente, il faut encore déconstruire l’image stéréotypée de la poupée hypersexualisée. Pour dissimuler le paradoxe de la féministe privilégiée blonde, blanche, grande et mince qu’incarne Margot Robbie, la réalisatrice l’accompagne d’autre Barbies de toutes ethnies et de toutes morphologies confondues. C’est également la ligne adoptée par Mattel pour commercialiser ses poupées aujourd’hui : en faire des emblèmes d’inclusion ! Mais on peut s’interroger à raison sur l’opportunisme de cette démarche, où le libéralisme culturel est mis au service du capitalisme consumériste.

Bref, malgré l’enthousiasme de la critique, qui parle de « comédie féministe inspirante » (L’Humanité), et de film « captivant et drôle » (Marie Claire), il s’agit plutôt d’un film parfaitement attendu, qui coche toutes les cases d’un néoféminisme méprisant les hommes, qui tend à diffuser un message d’inclusion envers les femmes n’ayant désormais plus besoin d’être belles pour être valorisées — le tout incarné par la magnifique Margot Robbie, qui reste une icône de beauté même quand elle aura renoncé à être Barbie — et qui se veut drôle, mais qui manque pourtant cruellement de subtilité.

Ce film peut cependant nous questionner sur l’état de notre société, qui voit en ce genre de production cinématographique au ras des pâquerettes une chance d’« empowerment » pour la gent féminine. Les femmes peuvent désormais reproduire tous les stéréotypes de genres que véhiculent les traditionnelles Barbie, car les talons hauts et les brushings ne sont plus le signe d’une injonction du patriarcat, mais plutôt le symbole de la victoire féministe, puisque désormais Barbie a fait disparaître Ken. On assiste donc à un nouveau paradoxe : la convergence entre les symboles ultras « genrés » (le rose, les talons, les paillettes) et la libération de la femme.

En réalité, le succès que remporte le film de Greta Gerwig est inquiétant : l’anéantissement de l’homme ne semble pas faire débat dans notre société, du moins chez les femmes ; il suscite au contraire l’enthousiasme. Les clichés ne choquent personne, à condition qu’ils s’appliquent aux hommes. Le pouvoir ne doit pas être partagé, à condition qu’il revienne aux femmes. À en croire Barbie, la lutte féministe n’aspire plus à une égalité des sexes, désormais ringarde, mais plutôt à une revanche des femmes qui pourraient désormais écraser les hommes en toute impunité, dans un mépris non dissimulé et même revendiqué.
 
 
Pour Radio-Canada : film féministe réussi, un peu fou, brillant et même touchant
 
Voici la chronique culture de la SRC sur le film. Extraits.

La commande était risquée : comment proposer au cinéma une Barbie féministe ? Comment prendre en compte les critiques adressées au fil des ans à la célèbre poupée — sur des questions de diversité corporelle notamment — pour produire un film qui ne fait pas que perpétuer des idéaux de beauté inatteignables ?

Le long métrage signé Greta Gerwig, coécrit avec son conjoint, le cinéaste Noah Baumbach, réussit ce tour de force. Le résultat est un peu fou, brillant et même touchant. […]
 
Nous voici donc à Barbieland, monde où vivent les Barbie dans une société menée par des femmes exceptionnelles et où s’enchaînent les excellentes journées sous le soleil. Ken, lui, ne passe une bonne journée que si Barbie lui donne de l’attention.

Mais voilà que notre Barbie stéréotypée, la belle blonde sans talent spécial (Margot Robbie), commence à penser à la mort et à faire de la cellulite : pire, elle a perdu la célèbre arche de son pied et son talon touche le sol pour une première fois. Elle décide donc de partir pour le vrai monde afin de trouver les réponses à ses questions, accompagnée de Ken (Ryan Gosling) et de ses patins à roues alignées.

Sur les plages de Californie, c’est le choc pour Barbie. Elle constate qu’elle et ses consœurs n’ont pas changé le monde, loin de là. L’Amérique est toujours majoritairement menée par les hommes, le sexisme est omniprésent et les Barbie sont considérées comme ringardes et toxiques par plusieurs. De son côté, Ken découvre aussi quelque chose dont il n’avait jamais soupçonné l’existence et qui lui semble la solution à tous ses problèmes : le patriarcat.
 
[…]
 
Ken est ridicule dans le film
 
Si Ken est ici le personnage secondaire, Ryan Gosling vole toutefois largement la vedette en jouant son blond personnage avec un intense dévouement et une absence de peur du ridicule qui lui permet de s’imposer comme la grande force comique du film. Derrière lui, une armée de parfaits Ken, dont ses compatriotes canadiens Simu Liu et Michael Cera, qui lui se démarque dans le rôle du seul et unique Allen, poupée rapidement discontinuée [sic, bel anglicisme] par Mattel.

Entourée des Barbie non stéréotypées [il s’agit en fait de stéréotypes diversitaires] Issa Rae [noire, plutôt trop forte à ses yeux pour incarner une Barbie], Kate McKinnon [excentrique, fofolle] et Hari Nef [homme qui se dit femme, un transsexuel], Margot Robbie, aussi productrice du film, infuse pour sa part un côté plus tendre et lumineux à sa poupée en perte de repères et en pleine crise existentielle. Il y a quelque chose de bouleversant à voir Barbie pleurer. […]
 
Film critiqué par la droite conservatrice américaine
 
La semaine dernière, une critique du site chrétien Movieguide a critiqué le film pour avoir inclus des personnages homosexuels.

« Le nouveau film Barbie oublie son public de base, les familles et les enfants, tout en s’adressant aux adultes nostalgiques et en poussant les histoires de personnages lesbiens, gays, bisexuels et transgenres », peut-on lire dans l’article intitulé « AVERTISSEMENT : N’emmenez pas votre fille voir Barbie ». Fox News a depuis cité l’article.

Ginger Gaetz, l’épouse du représentant américain Matt Gaetz (républicain de Floride.), a critiqué le film après avoir assisté à sa première cette semaine, déclarant qu’il « négligeait malheureusement d’aborder toute notion de foi ou de famille ». Elle a ensuite qualifié le portrait de Ken de « décevant et faible en T » — suggérant un faible taux de testostérone — et de mâle « bêta », et non pas alpha. 

Le multimilliardaire Elon Musk s'est moqué des tics verbaux de Barbie


 

Pape François : convertir au Christ ou à la religion diversitaire ?

Texte de Laurent Dandrieu paru dans Valeurs actuelles le 22 juillet.

La nouvelle liste de cardinaux dévoilée par le pape François recèle quelques surprises, dont certaines ne sont pas rassurantes pour l’avenir de l’Église. 
 

Le pape François François déroge très largement à la tradition non écrite selon laquelle le pape crée des cardinaux de toutes sensibilités.

Il faut reconnaître au pape François une inlassable capacité à surprendre. Alors que le quorum de cardinaux nécessaire à l’élection d’un nouveau pape, fixé à 120, était déjà atteint après la dernière « fournée » d’août 2022, l’annonce, ce 9 juillet, de la création de 21 nouveaux cardinaux — dont 17 de moins de 80 ans, donc électeurs en cas de conclave — porte le nombre de ceux-ci à 137, dont plus de 70 % auront été choisis par le pape François.

S’il y a des exceptions (Mgr Bustillo, évêque d’Ajaccio, franciscain que tout le monde s’accorde à décrire comme « classique », en fait partie), François déroge très largement à la tradition non écrite selon laquelle le pape crée des cardinaux de toutes sensibilités pour choisir au contraire des hommes qui lui ressemblent. Dans certaines démocraties, on appelle cela « bourrer les urnes ». Dans l’esprit du pape François, cela revient à rendre les évolutions qui auront marqué son pontificat « irréversibles ».

Parmi ces nominations, deux au moins interrogent. L’une est celle d’Américo Aguiar. Âgé de seulement 49 ans, l’évêque auxiliaire de Lisbonne est responsable des JMJ qui s’y tiendront au mois d’août. Quelques jours avant d’être créé cardinal, il a déclaré que ce rassemblement n’avait pas vocation à « convertir à tout prix les jeunes au Christ, à l’Église catholique ou à quoi que ce soit d’autre », mais qu’il devait « transmettre le goût et la joie de connaître ce qui est différent ».

Qu’est-ce qu’une Église qui ne cherche pas à convertir au Christ, mais à ouvrir à la différence, sinon une ONG de plus ? 
 
En des temps pas si lointains, une telle déclaration lui aurait valu un rappel à l’ordre. Aujourd’hui, ce pape qui n’a jamais de mots assez durs contre le « prosélytisme » le crée cardinal. Plus attendu, le choix de Mgr Víctor Manuel Fernández paraît logique puisque l’archevêque de La Plata avait été nommé quelques jours plus tôt préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, l’un des postes les plus importants du gouvernement de l’Église. Mais la montée en puissance de ce proche de François, l’un de ses principaux conseillers et sa principale plume, n’en suscite pas moins la polémique, en raison des positions théologiques très modernistes de ce prélat.

​L’un de ses prédécesseurs, le cardinal Gerhard Müller, n’a pas hésité à le qualifier de « théologien du dimanche » et certaines de ses prises de position d’« hérétiques ». Affirmant que « la compréhension de la doctrine catholique a changé et continuera de changer » (ce qui est un bon alibi pour lui faire dire ce que l’on veut), le nouveau préfet s’est vu confier par François la feuille de route suivante : ne plus condamner d’« éventuelles erreurs doctrinales » (attitude que le pape a attribuée à des temps révolus), mais favoriser la « recherche théologique ».

Ce sont bien deux conceptions radicalement différentes du catholicisme qui sont aujourd’hui face à face.

​Une Église en révolution permanente, où la doctrine est censée s’adapter à tout moment aux impératifs de la pastorale et qui préfère la différence à la conversion, ou bien une Église dont « l’enseignement n’est pas un programme à améliorer et à mettre à jour par les hommes, mais le témoignage fidèle et complet de la révélation eschatologique de Dieu en son Fils incarné » : ce sont bien deux conceptions radicalement différentes du catholicisme qui sont aujourd’hui face à face.

mardi 25 juillet 2023

Immigration et niveau de vie ne riment pas

Le Devoir a commenté mardi 25 juillet l'étude de la banque TD dont nous avons parlé il y a deux semaines : « Malgré » une forte immigration, le niveau de vie au Canada est à la traîne : rapport de la TD, Cette même étude faisant l'étude à d'autres de la même veine, voir liens connexes ci-dessous.

Le Canada est à la traîne des économies développées au chapitre du niveau de vie de sa population, qui, par surcroît, ne cesse de se dégrader depuis 2014. On parle ici d’un indice — le PIB réel par habitant — dont la croissance anémique condamne le Canada à se classer bon dernier parmi les membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Si le dénominateur, gonflé par une porte désormais grande ouverte à l’immigration, n’explique qu’en partie cette baisse, se veut-il une réponse inappropriée à la faiblesse chronique du numérateur ?

Dans sa lecture canadienne publiée en mars, l’OCDE résumait que l’accroissement de la population, soutenu par des niveaux élevés d’immigration, continuera d’être un important moteur de la croissance de l’économie dans les années à venir. Mais l’amélioration à long terme du niveau de vie fait plutôt appel à une productivité plus élevée. « La faible croissance de la productivité depuis 2015 a entraîné un élargissement des écarts de PIB par habitant entre le Canada et les économies plus performantes. »

En effet, la natalité a encore baissé en 2023 : Québec — janvier-avril 2023, baisse de 5,6 % des naissances p/r à 2022, plus de décès que de naissances


Comment un honnête homme, directeur d'école, fut broyé par l’antiracisme délirant

Si vous voulez une illustration du délire qui balaie le monde de l’éducation, intéressez-vous à l’affaire Richard Bilkszto, qui fait grand bruit au Canada anglais, et dont je n’aurais pas entendu parler si une lectrice ne m’avait pas alerté. 

Pendant 24 ans, Richard Bilkszto fit carrière dans le réseau scolaire public de Toronto. Au moment des faits, il était directeur d’école.

Tous les témoignages le dépeignent comme un défenseur acharné de l’éducation publique et de l’intégration des minorités.

Faits

En 2021, il participe à un atelier donné par le KOJO Institute pour « sensibiliser » les cadres du milieu scolaire à l’importance d’adopter le discours et les comportements de la doctrine EDI (équité, diversité, inclusion).

Le KOJO Institute est une firme de consultants qui vend des séances de formation. C’est une de ces innombrables nouvelles entreprises qui ont compris que l’antiracisme peut se transformer en une très lucrative occasion d’affaires.

Pendant une séance, M. Bilkszto lève la main et intervient pour dire qu’il n’est pas d’accord avec ce qui vient d’être dit par l’animateur : que le Canada serait plus raciste que les États-Unis.

Le Canada n’est pas parfait, fait-il valoir, mais ce n’est pas un enfer et c’est moins grave que les États-Unis.

Pendant tout le reste de l’atelier, ce propos fut repris par le formateur comme illustration d’un propos typique du « suprémacisme blanc ».

Le conseil scolaire, c’est-à-dire l’employeur de M. Bilkszto, prend immédiatement ses distances au lieu de chercher à établir les faits.

Ébranlé, M. Bilkszto fait une dépression et arrête de travailler durant un mois.

Pendant son absence, l’association des cadres scolaires demande au conseil scolaire d’étudier l’incident. La commission refuse.

Quand il revient au travail, le conseil scolaire refuse de lui redonner son ancien poste. Elle annule son contrat de travail pour l’année suivante et lui retire une invitation pour assister à une remise de diplômes.

M. Bilkszto joue sa dernière carte : il poursuit le conseil scolaire devant les tribunaux.

Évidemment, tout cela traîne en longueur et mine sa santé mentale.


 Richard Bilkszto s’est suicidé le 13 juillet dernier.

Avait-il une fragilité particulière antérieure aux faits qui enclenchèrent cette spirale fatale ?

On ne le saura jamais, mais rien ne pointe dans cette direction.

M. Bilkszto était spécialisé dans le retour aux études d’adultes, des cas souvent lourds.

Il ne comptait pas ses heures, et son énergie, sa compassion et son enthousiasme sont évoqués dans tous les témoignages disponibles.

Ironie cruelle, il était membre du chapitre torontois de la Foundation Against Intolerance & Racism (FAIR), dont il avait été un des fondateurs.

Pendant sa descente aux enfers, son employeur, le conseil scolaire, l’a laissé seul, complètement seul.

Enquête

Ses proches demandent aujourd’hui une enquête.

La journaliste qui rapporte les faits, Jamie Sarkonak du National Post, relate d’autres incidents illustrant le manque de soutien du conseil scolaire envers ses employés dès qu’une accusation de racisme est lancée.



Source : Journal de Québec

États-Unis — Baisse d'appui envers la politique diversitaire dans les entreprises

Il y a deux ans, les responsables de la diversité figuraient parmi les recrues les plus en vue dans les rangs de la direction. Aujourd’hui, ils ont de plus en plus l’impression d’être laissés pour compte.

Des entreprises telles que Netflix, Disney et Warner Bros. Discovery ont annoncé que des responsables de la diversité, de l’équité et de l’inclusion très en vue allaient quitter leur poste. Des milliers de personnes travaillant dans le domaine de la diversité ont été licenciées depuis l’année dernière, et certaines entreprises réduisent leurs engagements en matière de « justice raciale ».

Les postes liés à la diversité, à l’équité et à l’inclusion — ou DEI — ont été mis dans le collimateur des entreprises qui ont réexaminé leurs effectifs de direction lors de la crise du secteur technologique à l’automne dernier. Certains responsables de la diversité affirment que leur travail fait l’objet d’un examen encore plus minutieux depuis que la Cour suprême a invalidé la discrimination positive dans les admissions à l’université et que les entreprises se préparent à d’éventuelles poursuites judiciaires. Le travail des DEI est également devenu une cible politique.

 

« Il y a une combinaison de chagrin, de fatigue et, dans certains cas, de surmenage », déclare Miriam Warren, responsable de la diversité chez Yelp, à propos des défis auxquels sont confrontés les cadres dans ce domaine. Selon Miriam Warren, la crainte que les engagements de l’entreprise soient mis en péril l’incite, ainsi que d’autres, à se sentir « plus engagés que jamais dans leur travail ». Le budget DEI de Yelp a augmenté au cours des cinq dernières années.

Lors d’entretiens, des responsables en chef de la diversité, en poste ou ayant occupé ce poste, ont déclaré que les dirigeants d’entreprise ne voulaient parfois pas modifier les processus d’embauche ou de promotion, bien qu’ils aient initialement déclaré aux responsables en chef de la diversité qu’ils avaient été engagés pour améliorer le vivier de talents. Cette volte-face montre que l’enthousiasme des entreprises pour les initiatives en faveur de la diversité ne s’est pas toujours avéré durable, ce qui a conduit certains responsables de la diversité à s’interroger sur leur plan de carrière.

À la suite du meurtre de George Floyd en garde à vue en mai 2020, les entreprises se sont empressées d’embaucher des responsables de la diversité. En 2018, moins de la moitié des entreprises de l’indice S&P 500 employaient un responsable de la diversité, et en 2022, trois entreprises sur quatre avaient créé un poste, selon une étude de Russell Reynolds, un cabinet de recrutement de cadres.