mercredi 8 février 2023

Démographie — en 30 ans, la Moldavie a perdu 40 % de sa population

La Moldavie est-elle un pays en voie d’extinction ? Démographiquement parlant, les chiffres sont alarmants. L’exode reste une stratégie de survie face à la pauvreté, dans un cercle vicieux amplifié par la guerre et la crise économique actuelles.

Le Bureau moldave des statistiques a publié le 29 janvier le nombre réel d’habitants vivant en Moldavie, calculé selon une nouvelle méthodologie améliorée. Cette étude révèle un chiffre alarmant de seulement 2,6 millions de personnes. En 1990, 4 335 360 personnes vivaient Moldavie, selon le recensement de l’époque. Il s’agit donc d’une impressionnante chute de 40 % de la population en 30 ans, une crise démographique sans précédent, plus importante que pendant les années de famine et les déportations staliniennes.

Le nombre d’étudiants moldaves s’effondre alors que les jeunes fuient le pays

Le nombre d’étudiants fréquentant l’université en Moldavie est passé de 128 000 à 59 600 au cours des 15 dernières années, selon une étude présentée par l’analyste économique Veaceaslav Ionita de l’ONG basée à Chisinau, IDIS Viitorul. En 2019, le nombre a encore chuté à seulement 56 000.

Selon Ionita, en 2006-2007, il y avait 39 étudiants pour mille habitants, ce qui est maintenant tombé à 22,6 étudiants pour mille habitants.

« La forte baisse du taux de natalité et la migration continue ont conduit à ce que nous n’avons pas aujourd’hui », a déclaré Ionita.

En 2010, on comptait près de 424 000 jeunes d’âge universitaire, âgés de 19 à 24 ans ; maintenant, il n’y en a plus que 245 000, soit une baisse de près de 50 % en un peu plus d’une décennie.

Le deuxième facteur négatif, a-t-il dit, est la fuite massive des jeunes vers l’étranger.

Il a déclaré que pour la plupart des 245 000 jeunes moldaves âgés de 19 à 24 ans, seuls 146 000 sont réellement dans le pays — les 88 000 autres sont partis à l’étranger. Chaque année, a-t-il dit, 4 500 jeunes d’âge universitaire quittent le pays.

En 2010, la part des jeunes âgés de 19 à 24 ans représentait près de 12 % de la population totale. Aujourd’hui, cette part est de 6 %. D’ici 2025, la part pourrait n’être que de 5 %.

« On ne voit plus les jeunes dans les villages. La population âgée reste, mais les jeunes ne rentrent plus à la maison », a déclaré l’analyste économique.

Dimitri Cernica, porte-parole de l’Association européenne des étudiants AEGEE-Chisinau, a déclaré à BIRN que les jeunes étudiants quittent la Moldavie pour de meilleures études et perspectives d’emploi.

« Beaucoup d’étudiants veulent un diplôme européen reconnu, ce que nos universités en Moldavie ne peuvent pas offrir. Beaucoup espèrent étudier à l’étranger, car, après avoir obtenu leur diplôme à l’étranger, ils peuvent y rester et trouver un emploi mieux rémunéré dans des communautés de pays plus développés », a-t-il déclaré.

lundi 6 février 2023

Fonds publics américains utilisés pour amener des immigrants au chemin Roxham

Des fonds publics américains utilisés pour payer des billets d'autocar afin d’amener des immigrants irréguliers au chemin Roxham au Québec ?

C’est ce qu’affirme ce matin le New York Post

La Ville de New York finance le transport des immigrants voulant aller au chemin Roxham, point de passage irrégulier où les candidats « réfugiés » sont accueillis par les gendarmes du Canada.

Face à la crise humanitaire qui touche la plus grande ville américaine, des titres de transport gratuits sont distribués aux migrants, y compris à ceux souhaitant aller au Canada. 

« Notre objectif est d’aider les demandeurs d’asile qui souhaitent se déplacer vers un autre endroit », confirme une porte-parole de la Ville de New York à Radio-Canada.

Depuis plusieurs mois, la Ville de New York ferait face à une « crise » sans précédent.

 

Un taxi devant les installations canadiennes près du chemin Roxham.
La plupart des « demandeurs d'asile » qui se rendent jusqu'au chemin Roxham au Québec arrivent dans la ville américaine de Plattsburgh, souvent en autocar. Puis craignant pour leur vie sans doute, ils paient un taxi pour les déposer à la frontière canadienne.

 

Pour protester contre le manque de contrôle des frontières par l’administration Biden, plusieurs États républicains envoient chaque semaine, par différents moyens de transports, des centaines de personnes arrivées par le Mexique vers le nord-est du pays. Et les centres new-yorkais d’aide aux migrants, récemment ouverts, sont débordés.

La Ville de New York, dirigée par le démocrate Eric Adams, a donc pris la décision « d’aider [ces gens] à rejoindre leur destination finale » [la plus généreuse en aides sociales ?], même si celle-ci n’est pas New York, explique l’attachée de presse Kate Smart.

« Les Américains doivent se bidonner »

Le député bloquiste Alexis Brunelle a été stupéfait d’apprendre l’existence du stratagème rapporté dans l’article du quotidien new-yorkais.

« Les Américains doivent se bidonner quand ils entendent le Canada dire qu’il négocie pour moderniser l’Entente sur les tiers pays sûrs. À quel point ils doivent rire quand on se demande pourquoi les négociations traînent depuis six ans. Les Américains ridiculisent le gouvernement fédéral », a-t-il tonné en Chambre.

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Frais médicaux : un juge colombien utilise ChatGPT pour rendre une décision

En Colombie, un juge a révélé avoir utilisé le dialogueur ChatGPT pour préparer une décision dans une affaire de droits médicaux concernant un enfant.

En l’espèce, il s’agissait d’une demande d’exonération de frais médicaux pour un enfant autiste, « compte tenu des revenus limités de ses parents ».

« En posant des questions à l’application, nous ne cessons pas d’être des juges, des êtres pensants », s’est défendu le juge Juan Manuel Padilla. Il a finalement statué en faveur de l’enfant.

Pour le magistrat, « ChatGPT effectue des services auparavant fournis par un secrétaire ». Et il le fait « de manière organisée, simple et structurée ». Ce qui pourrait, selon lui, « améliorer les temps de réponse » du système judiciaire.

Mais pour le professeur Juan David Gutierrez, expert en réglementation et gouvernance de l’intelligence artificielle à l’université de Rosario, « il n’est certainement pas responsable ou éthique » d’utiliser ChatGPT comme l’a fait le juge Padilla. Il explique qu’après avoir posé les mêmes questions que le juge au chatbot, il a obtenu des réponses différentes[1]. OpenAI, la société à l’origine de ChatGPT, a prévenu que son outil pouvait faire des « erreurs ».

[1] Le juge Padilla a déclaré avoir demandé à ChatGPT « Les mineurs autistes sont-ils exonérés du paiement des frais de leurs thérapies ? », « entre autres questions ». Ce à quoi le robot aurait répondu : « Oui, c’est exact. Selon la réglementation en vigueur en Colombie, les mineurs diagnostiqués autistes sont exonérés de frais pour leurs thérapies. »

Source : TechXplore avec AFP (02/II/2023)

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Suisse : pas de dépénalisation de l’avortement

En Suisse, la commission des affaires juridiques du Conseil National s’est opposée la semaine dernière à la dépénalisation de l’avortement.

Par 14 voix contre 11, la motion de la conseillère verte Léonore Porchet a été rejetée. Le Code pénal continuera à régler la question de l’avortement et il n’y aura pas de loi spécifique.

L’Organisation mondiale de la santé recommande une dépénalisation totale de l’avortement et son retrait de toutes les lois pénales ou criminelles (cf. Avortement en Allemagne : le code pénal abrogé). Mais, selon la commission, il n’est pas nécessaire d’agir pour dépénaliser. A sa connaissance, il n’y a plus eu de poursuites pénales liées à un avortement depuis une vingtaine d’années en Suisse.

L’avortement reste donc une affaire pénale et non une question de santé dans le pays. Les femmes peuvent mettre fin à leur grossesse pendant 12 semaines (cf. Suisse : les chiffres 2021 de l’avortement). Ce délai n’est pas remis en question.

Source : Swissinfo (03/II/2023) via Généthique


Immigration irrégulière par Roxham — uniquement en aide de dernier recours, il en coûte 20 millions par mois à Québec

Le nombre de demandeurs d’asile qui reçoivent des chèques d’aide sociale du Québec est passé de 12 958 en 2021 à 37 754 en 2022.

Les demandeurs d’asile qui arrivent par le chemin Roxham font bondir le nombre de bénéficiaires de l’aide sociale en raison du temps que le fédéral met à délivrer les permis de travail. Uniquement au titre de l’aide de dernier recours, il en coûte 20 millions de plus par mois à Québec, qui demande à Ottawa de ramasser la facture.

Immigrants illégaux accueillis par les gentils organisateurs de la gendarmerie du Canada au centre de traitement du rang Roxham

Selon le dernier relevé du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, 48 835 adultes dans l’île de Montréal, aptes à l’emploi, ont reçu des prestations d’aide sociale en novembre dernier. Il s’agit d’une hausse de 5 % par rapport au mois précédent et de 73,3 % en un an. Ils étaient 28 179 en novembre 2021.

« Ce qu’on voit depuis un an est que l’augmentation est principalement due aux demandeurs d’asile. C’est une situation qu’on voit surtout à Montréal », a constaté Catherine Tragnée, organisatrice communautaire du Front commun des personnes assistées sociales du Québec.

« Le nombre d’adultes prestataires des programmes d’assistance sociale augmente en raison de la hausse du nombre de demandeurs d’asile prestataires », confirme dans un courriel le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS).

« Pendant longtemps, on pensait que l’immigration était un monde en silo séparé d’autres mondes, commente le professeur Chedly Belkhodja, directeur du Centre pour l’étude de la politique et de l’immigration (CEPI) de l’Université Concordia. On donne des services spécifiques aux immigrants, et les immigrants ne vont pas se retrouver pour demander des services dans d’autres endroits dédiés aux personnes vulnérables. Là, on se réveille. On constate que les enjeux de vulnérabilité touchent différentes populations [y compris la population immigrante]. »

Le 23 janvier dernier, des groupes communautaires ont témoigné publiquement de leur essoufflement face aux besoins grandissant des demandeurs d’asile ayant recours à leurs services. La Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) réclame des mesures d’aide immédiates de la part des gouvernements.

Dans l’ensemble du Québec, on dénombrait 97 637 personnes bénéficiaires de l’aide sociale sans contraintes à l’emploi en novembre 2022, comparativement à 75 286 personnes il y a un an, une augmentation de 30 %.

Dans le cadre du programme d’aide sociale, la prestation mensuelle moyenne versée s’élève à 801,50 $.

Le Québec assume les coûts d’un ensemble de services pour les demandeurs d’asile, dont l’aide financière de dernier recours, soutient le Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

C’est le Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA) qui offre des services aux demandeurs d’asile et aux personnes en régularisation de statut. Sur son site web, le PRAIDA écrit que la couverture médicale des demandeurs d’asile est assumée par le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI).

Le gouvernement Legault mise toujours sur la conclusion d’une entente à long terme avec Ottawa pour que le fédéral rembourse les coûts encourus pour l’accueil des demandeurs d’asile, écrit le MIFI.

L’affluence accrue à l’aide sociale coïncide avec la hausse spectaculaire du nombre de demandeurs d’asile qui entrent de façon irrégulière au pays par le chemin Roxham.

Les demandeurs d’asile arrivant au pays par le chemin Roxham sont accueillis sur-le-champ par la police.

En 2018, 18 215 demandes irrégulières d’asile au Québec ont été dénombrées, un sommet prépandémique, deux ans après que les migrants ont commencé à affluer sur le chemin Roxham. Ce chiffre a par la suite fortement diminué en raison de la pandémie. En effet, en mars 2020,  La frontière canado-américaine fut fermée pour tout voyage non essentiel, y compris aux migrants qui traversaient au chemin Roxham. Le nombre d’immigrants illégaux explosa l’an dernier dès la réouverture de la frontière. Plus de 39 000 demandes irrégulières ont été enregistrées l’an dernier.

 Nombre de demandeurs d’asile au chemin Roxham

    2017 : 18 836
    2018 : 18 518
    2019 : 16 136
    2020* : 3189
    2021* : 4095
    2022 : 35 000 à 50 000
    (estimations)

* Fermé durant la pandémie (de mars 2020 à novembre 2021)

Le système de demande d’asile canadien relève exclusivement du gouvernement fédéral en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, souligne le MESS.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada n’ont pas immédiatement donné suite aux demandes que nous leur avons adressées mercredi.


Plus des deux tiers veulent que l’on referme la frontière aux illégaux

De plus en plus de Québécois souhaitent la fermeture du chemin Roxham, révèle un sondage commandé par un groupe qui vient de déposer une plainte au criminel contre Justin Trudeau.

Désormais, 68 % des répondants souhaitent fermer ce point d’entrée irrégulier à la frontière avec les États-Unis par lequel des dizaines de milliers de demandeurs d’asile entrent au Canada chaque année.

C’est ce que démontre un sondage Synopsis commandé par le groupe Justice pour le Québec, mené auprès de 1000 adultes québécois du 24 au 28 novembre 2022.

Il s’agit d’une hausse par rapport au printemps dernier, alors que 60 % des Québécois réclamaient qu’Ottawa empêche les migrants de contourner les postes-frontière. 

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dimanche 5 février 2023

L’Université Laval menace maintenant Patrick Provost de congédiement

Le 23 janvier, l’Université Laval a suspendu à nouveau Patrick Provost de ses fonctions professorales, cette fois pour une période de quatre mois sans salaire. L’université l’avertit «que toute récidive» pourrait causer son congédiement.

Le professeur Patrick Provost le 29 septembre dernier devant l'Université Laval. Photo: Christian Leray.
 

Autre coup dur pour la liberté universitaire: le chercheur de renom Patrick Provost vient d’être suspendu une deuxième fois sans salaire par l’Université Laval en raison de son point de vue sur la vaccination, cette fois pour quatre et non deux mois.

L’université l’avertit «que toute récidive» pourrait entraîner son congédiement.

Du 23 janvier au 23 mai 2023, le professeur sera ainsi privé du tiers de son salaire annuel, c’est-à-dire de 50 000$ de revenus. Il s’agit essentiellement d’un «copié-collé» des procédures entreprises contre lui du 14 juin au 9 août 2022.

«Je ne suis plus convaincu de vivre en démocratie»

«L’Université Laval est déterminée à se débarrasser de moi. […] Je ne me serais jamais attendu à ce que toute cette histoire aille aussi loin. Je la redoutais, mais c’est une décision invraisemblable», laisse-t-il tomber avec Libre Média.

Patrick Provost déplore le fait de servir d’exemple auprès de la grande communauté universitaire, dans un contexte où le courage se faisait déjà plutôt rare parmi les rangs des professeurs de toutes disciplines. Surtout au Québec, où les universitaires sont en grande majorité très peu engagés dans le débat public.

«Maintenant, les professeurs universitaires auront encore plus peur de prendre part au débat et de s’exprimer. […] Je considérais la liberté universitaire comme le dernier rempart pour protéger le bien commun et la population. La censure donne carte blanche aux dirigeants. Je ne suis plus convaincu de vivre en démocratie», commente-t-il.

Une nouvelle loi inutile?

Dans ce grave et lourd contexte, Patrick Provost ne peut que s’interroger sur l’utilité et l’efficacité de la nouvelle Loi 32 censée protéger la liberté académique. La loi est en vigueur au Québec depuis le 7 juin 2022.

Le 17 janvier, la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, est pourtant intervenue dans Le Devoir pour affirmer que la censure «n’avait pas sa place dans les milieux universitaires». Des paroles en l’air? Patrick Provost voit cette loi comme un «éléphant blanc», comme une législation essentiellement symbolique sans réel pouvoir dans la réalité.

D’autant plus que fin décembre dernier, la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) a tranché que sa première suspension par la plus vielle université francophone en Amérique avait enfreint la nouvelle loi.

La liberté d’expression à géométrie variable

«Le gouvernement Legault parle de liberté d’expression et de liberté universitaire quand ça fait son affaire, mais ne veut pas appliquer ces principes quand vient le temps d’aborder la question sanitaire», observe le professeur au Département de microbiologie, infectiologie et d’immunologie de l’Université Laval.

Selon lui, les institutions choisissent «la science qui fait leur affaire pour imposer leur idéologie politique», le tout, bien évidemment au détriment d’un véritable débat. «La CAQ veut imposer la pensée unique», tranche-t-il.

La décision est prise suite à des commentaires déposés à la section Sécurité et prévention du site internet de l’Université Laval. Les commentaires ont été traités comme une plainte jugée recevable et concernent une entrevue accordée par le principal intéressé à CHOI 98,1 à Québec, le 14 juillet 2022.

Patrick Provost rappelle que le plaignant est une personne du public qui a fait deux fautes d’orthographe dans son propre nom de famille en complétant sa démarche, ce qui questionne aussi bien son identité que sa crédibilité.

Le combat se poursuit

«Cette décision sera vivement contestée par la voie d’un grief qui sera déposé aujourd’hui même par mon syndicat (SPUL), qui m’appuie à 100%», souligne le chercheur.

«L’Université Laval envoie le message qu’elle possède un droit de propriété sur moi et sur l’ensemble des chercheurs. […] De telles conditions de travail vont assurément mener à l’autocensure des professeurs et compromettre l’exercice de l’esprit critique et la communication grand public», alerte notre interlocuteur.

Biochimiste de formation, Patrick Provost a développé son expertise en biologie au sein du laboratoire de Bengt Samuelsson, prix Nobel 1982 en physiologie et en médecine. Depuis vingt ans, il dirige un laboratoire de recherche sur l’ARN et le nombre de ses publications scientifiques révisées par les pairs s’élève à près d’une centaine.

Chronologie des événements

  • 14 juillet 2022: Entrevue radiophonique sur les ondes de CHOI 98,1.
  • 18 juillet 2022: Les commentaires du plaignant sont transmis à l’Université Laval.
  • 4 août 2022: On informe Patrick Provost que la plainte a été jugée recevable et on lui demande sa version des faits.
  • 29 septembre 2022: Le chercheur est accueilli par une centaine de personnes rassemblées pour l’appuyer avant qu’il donne sa «version des faits» à deux représentants de l’Université Laval sans aucune question de leur part ni discussion.
  • 25 octobre 2022: On informe Patrick Provost qu’un comité d’enquête sera mis sur pied.
  • 21 décembre 2022: Le comité d’enquête remet son rapport au vice-rectorat aux ressources humaines qui l’avait commandé.
  • 23 janvier 2023: La décision est communiquée par courriel à Patrick Provost à 17h17 pour l’informer que sa suspension de quatre mois sans salaire avait déjà débuté. Dans leur lettre, l'université mentionne «que toute récidive de sa part entraînera un congédiement».

Source : Libre Média


vendredi 3 février 2023

Les licenciements dans le secteur informatique frappent durement les emplois liés à la diversité et à l'inclusion

Chez Twitter, l’équipe de la diversité, de l’équité et de l’inclusion (DEI) est passée de 30 employés à seulement deux, a déclaré un ancien employé à Bloomberg. Un membre de l’équipe DEI qui a été licencié d’une entreprise de covoiturage populaire a déclaré que sa recherche d’emploi était au point mort alors que d’autres entreprises technologiques évaluaient leurs finances. Et juste avant de mettre la hache chez des géants de la technologie distincts cet automne, deux spécialistes de DEI ont déclaré que la direction avait entièrement cessé de fixer des objectifs à long terme pour leurs départements.

Selon les conclusions de Textio, qui aide les entreprises à rédiger des offres d’emploi impartiales, les annonces pour les postes DEI ont baissé de 19 % l’année dernière — une baisse plus importante que celle des emplois juridiques ou généraux dans les ressources humaines. Seuls les emplois en génie logiciel et en science des données ont connu des baisses plus importantes, à 24 % et 27 %, respectivement.

Bloomberg News a identifié des professionnels DEI qui ont perdu leur emploi ces dernières semaines chez Amazon.com Inc., Meta Platforms Inc., Twitter Inc. et Redfin Corp. Beaucoup ont déclaré s’attendre à ce que leurs responsabilités reviennent à d’anciens collègues qui restent ou à des groupes de ressources d’employés, qui souvent ne sont pas rémunérés pour ce travail.

Un porte-parole d’Amazon a déclaré que les priorités DEI de l’entreprise n’avaient pas changé et que l’entreprise restait attachée à ses objectifs. Un porte-parole de Redfin a déclaré que la société avait investi dans la croissance de son équipe DEI depuis 2021, et malgré une récente mise à pied, le groupe est plus important qu’il ne l’était au début de 2022. Un représentant de Meta a refusé de commenter.

L’année dernière, les entreprises en technologies ont annoncé leur intention de supprimer plus de 363 000 emplois, en hausse de 13 % par rapport à 2021.

Ces dernières années ont vu un essor de l’embauche dans le domaine de la diversité et de l’inclusion. Après les manifestations de Black Lives Matter en 2020, des organisations de tous bords ont promis de renforcer la diversité de genre et de race dans leurs rangs. Des dizaines de personnes ont nommé leurs tout premiers responsables de la diversité et de l’inclusion. Dans les trois mois qui ont suivi le meurtre de George Floyd, les offres d’emploi DEI ont bondi de 123 %, selon les données du site d’emplois Indeed.

Maintenant, tout comme les entreprises technologiques avaient commencé à progresser, elles réduisent ces équipes avant d’atteindre pleinement leurs objectifs ou de créer des effectifs qui ressemblent à la population américaine au sens large. Maxine Williams, directrice de la diversité chez Meta, a averti l’été dernier que la réduction des coûts ralentirait ses efforts d’embauche pour la diversité.

Selon Bloomberg, les travailleurs sont plus susceptibles de quitter les entreprises où les efforts en matière d’équité ne sont pas une priorité. Près d’une femme dirigeante sur cinq a quitté son emploi au cours des deux dernières années en raison du manque d’engagement d’une entreprise envers DEI, selon un rapport d’octobre de McKinsey et LeanIn.org. Dans une enquête menée en 2019 auprès de 2 000 travailleurs, McKinsey a constaté que 39 % avaient décidé de ne pas poursuivre ou accepter un emploi en raison d’un manque d’inclusion perçu dans une entreprise.

Le problème est en partie lié au fait que les entreprises ont tendance à s’appuyer sur une approche « dernier entré, premier sorti » en matière de licenciements, a déclaré Brooks Scott, fondateur et PDG de la société de coaching pour cadres Merging Path Coaching.



jeudi 2 février 2023

Québec — Nombre de naissances continue de baisser et les décès sont repartis à la hausse



Le nombre de naissances au Québec continue de baisser alors que la population continue de grossir en raison de l’immigration importante.

Il n’est né que 74 150 enfants de janvier à novembre 2022 alors qu’ils étaient encore 81 820 à être nés pendant les mêmes onze premiers mois de 2012. Soit près de 10 % de plus avec une population moindre. Le taux de natalité devrait atteindre en 2022 un des plus bas taux de l’histoire du Québec, voire un nadir, si la tendance des 11 premiers mois devait se confirmer pour décembre.

Le nombre de décès pour sa part est reparti à la hausse (après l’effet de moisson de la pandémie qui semble avoir tué les plus faibles en 2020 plutôt que quelques mois plus tard). En démographie, on parle d’un effet de moisson quand, pour une raison ou pour une autre (épidémie, canicule, etc.), un grand nombre de gens décèdent dans un court laps de temps. Comme les personnes les plus âgées, les plus malades, les plus fragiles sont normalement surreprésentées dans cette mortalité soudaine, cela laisse derrière un « bassin » réduit de gens très vulnérables, ce qui fait baisser temporairement la mortalité peu après l’évènement mortel.
 
Notons que l’on connaît déjà l’estimation du nombre de décès pour l’année 2022 au complet (78 200) nettement plus que l’année dernière (69 900). Le Québec s’intéresse moins à ses naissances apparemment puisqu’on a seulement les chiffres pour les 11 premiers mois, il manque ceux de décembre alors que nous sommes déjà en février.
 
La croissance démographique au Québec est en substance assurée par l’immigration et les enfants issus de l’immigration. Et si l’on avait inculqué des valeurs suicidaires « modernes » aux jeunes Canadiens français ? Et si le gouvernement québécois francophone sciait la branche sur laquelle il est assis ?
  
Sur une note plus rose, le nombre de mariages célébrés au Québec est bien reparti à la hausse pour rejoindre quasiment les niveaux pré-pandémiques. Les données de 2020 à 2022 sont provisoires et sont estimées selon le fichier des mariages au 27 janvier 2023. Elles sont basées sur le nombre de bulletins reçus et traités à cette date et sur une estimation du nombre de cas manquants (enregistrements tardifs, etc.)
 

 Surmortalité en 2022

Le Québec a enregistré une surmortalité plus forte en 2022 qu’en 2020, première année de la pandémie, montrent de nouvelles données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). On observe en effet une hausse des décès, en particulier hors de Montréal.

La province a enregistré tout près de 6800 décès de plus que prévu l’an dernier (+ 9,5 %), contre 5400 en 2020 (+ 7,7 %), indiquent les plus récentes données de l’Institut. Ce bilan est nettement plus lourd que celui enregistré en 2021, alors qu’une sous-mortalité avait été observée. En effet, le Québec avait recensé 239 décès de moins qu’anticipé, une proportion de -0,3 %. L’ISQ calcule la surmortalité en comparant l’ensemble des décès enregistrés aux prévisions faites selon les morts survenues les années précédant la pandémie. 



Comme depuis le début de la pandémie, la majeure partie de la surmortalité enregistrée en 2022 est survenue chez les 70 ans et plus. Ce groupe a déploré 5155 décès de plus que prévu. C’est davantage que les 4500 décès qui avaient été enregistrés en 2020. 
 
Le Québec note également une hausse marquée des décès chez les moins de 50 ans. En effet, ce groupe d’âge affiche une surmortalité de 18 % en 2022. L’ISQ a comptabilisé 3235 décès dans ce groupe, alors qu’elle en prévoyait 2734. « Ça peut sembler beaucoup, […], mais il faut comprendre que la tendance à la baisse chez les moins de 50 ans était très forte depuis quelques années », explique le démographe M. Fleury-Payeur. Prudemment, il avance quelques facteurs pouvant expliquer le bond chez les plus jeunes, comme la crise des surdoses aux opioïdes notamment, ou encore le suicide. « Cela dit, on ne peut pas statuer pour l’instant, comme plusieurs de ces cas sont toujours soumis à des enquêtes du coroner », nuance-t-il. 

La hausse des décès enregistrée en 2022 a eu lieu hors de Montréal et Laval, selon l’ISQ. Épicentre de la pandémie en 2020, les deux villes avaient enregistré une forte surmortalité de 18 % à l’époque. Or l’an dernier, elles affichent une surmortalité de 3 %. À l’inverse, les régions limitrophes, soit Lanaudière, les Laurentides et la Montérégie, affichent une surmortalité de 10 %. Et dans le reste du Québec, c’est encore plus élevé : la surmortalité atteint 12 %. « C’est un phénomène qu’on voit aussi ailleurs dans le monde : les régions épargnées en 2020 ou 2021 ont fini par être touchées davantage », illustre M. Fleury-Payeur à ce sujet. Au total, depuis 2020, le Québec a enregistré une surmortalité globale de 6,1 %, ce qui est encore en deçà de celle de l’Ontario, qui atteint 7,5 % sans que toutes les données pour 2022 aient été compilées.

mercredi 1 février 2023

Robert Plomin: « La génétique influe plus sur notre personnalité et notre réussite que l’environnement »

Extraits d’un entretien donné par le psychologue et généticien américain Robert Plomin. Dans son dernier ouvrage, L’Architecte invisible, il montre que nos capacités intellectuelles et autres aspects de notre personnalité seraient profondément influencés par notre génétique. Il invite à se saisir de cette révolution pour mieux cibler nos faiblesses et encourager nos talents. Selon Plomin, le 1 % de notre ADN qui nous rend uniques détermine à plus de 50 % ce que nous sommes. Nos capacités intellectuelles, notre introversion ou extraversion, notre vulnérabilité aux maladies mentales, et même le fait que nous soyons ou pas du matin, tous ces aspects de notre personnalité seraient profondément façonnés par les différences d’ADN dont nous avons hérité. Robert Plomin, pionnier de la génétique comportementale, s’appuie sur les recherches de toute une vie pour démontrer que l’ADN serait bien le facteur majeur qui construit notre personnalité. Nos familles, nos écoles et notre environnement importent, mais ils n’ont pas le même poids que nos gènes. Raison, selon Plomin, pour laquelle parents et enseignants devraient accepter les enfants tels qu’ils sont, plutôt que d’essayer de les modeler et de les faire aller dans certaines directions.

— Vous dites que l’environnementalisme — l’idée que nous sommes ce que nous apprenons — a été le point de vue dominant en psychologie pendant des décennies. Comment l’expliquer ?

Robert PLOMIN.  C’est une très bonne question. Je pense que la réponse est d’abord historique. La génétique comportementale a commencé au début des années 1900. Les premières études sur les jumeaux et l’adoption ont été réalisées dans les années 1920. Mais avec la Seconde Guerre mondiale, le rôle de l’Allemagne nazie en particulier, il est devenu impossible de parler d’influence génétique. Et je pense que le comportementalisme [l’idée que l’individu est conditionné par son environnement] a comblé ce vide. Cette idée résonne également avec l’idée démocratique d’égalité selon laquelle l’environnement est tout puissant, que n’importe qui peut réussir. C’est un raisonnement assez logique à première vue.

L’environnement peut faire une différence. Mais alors, pourquoi certaines personnes sont-elles schizophrènes et d’autres pas ? Pourquoi certains enfants ont-ils du mal à apprendre à lire et d’autres l’apprennent très facilement ? Nous devons nous demander empiriquement ce qui cause ces différences, et considérer la possibilité que des différences génétiques héréditaires expliquent certains de ces comportements. Dans le passé, on pouvait contester les études faites sur les jumeaux ou l’adoption. Mais avec la révolution de l’ADN, cela devient de plus en plus difficile de contester la part d’héritabilité de certains comportements. Mais il y a beaucoup de domaines des sciences sociales où les données ne comptent plus. On les ignore, on les met sous le tapis.

— On retrouve cette tendance dans les gender studies, qui ignorent le donné biologique de la différence des sexes…

 Vous avez encore le droit de dire que la différence des sexes existe en France ? J’ai toujours peur qu’on me pose la question quand je donne une conférence. Les hommes et les femmes sont-ils biologiquement différents ? Appelez-les comme vous voulez, mais quand vous avez la moitié de la population avec deux chromosomes X, l’autre moitié avec un chromosome X et un chromosome Y. Cela fait beaucoup de différences. […]

— Assiste-t-on aujourd’hui à une révolution ? La génétique est-elle de plus en plus prise en compte ?

 Il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet maintenant, surtout quand on voit les progrès dans les domaines médicaux, y compris sur des choses comme l’obésité et les troubles psychiatriques. Il y a eu un revirement complet. La génétique est aujourd’hui largement acceptée, et on sait désormais que la révolution de l’ADN aura un impact majeur en termes de prédiction et de prévention de ces problèmes. Plutôt que d’attendre que quelqu’un fasse une crise cardiaque et d’essayer ensuite de la traiter, vous pouvez maintenant prédire quelles personnes ont un risque d’avoir une crise cardiaque plus élevé et donc faire de la prévention ciblée. Ce qui est devenu évident en médecine se répercutera, je pense, dans d’autres champs des sciences sociales. Maintenant en Angleterre, les études sur la parentalité prennent en compte le critère génétique.

— Vous avez formulé le concept de l’inné de l’acquis. Pouvez-vous nous expliquer ?

 Il y a des centaines de variables environnementales qui sont utilisées dans les sciences sociales, mais disons que les plus importantes sont les événements de la vie, les choses qui vous arrivent, et la parentalité. Mais si vous étudiez ces paramètres dans une conception génétique comportementale, comme une étude de jumeaux ou une étude d’adoption, vous trouvez une influence génétique sur ces variables prétendument environnementales. C’est très étonnant. […]

Par exemple, une étude d’adoption suédoise publiée en 2018 montre que le lien entre le divorce des parents et celui de leurs enfants est de nature génétique, pas environnementale. La probabilité de divorce est plus élevée pour un individu si c’est sa mère biologique qui ne l’a pas élevé, qui a un jour divorcé, et non pas ses parents adoptifs.

—   En gros, la génétique inverse la corrélation…

 Oui, c’est assez contre-intuitif. Évidemment, lorsqu’on voit des ressemblances entre le comportement des parents et celui des enfants, il est difficile de ne pas y voir une variable environnementale. Par exemple, les parents qui lisent beaucoup à leurs enfants ont des enfants qui lisent mieux. Mais si vous y regardez de plus près, vous vous apercevez qu’il y a une dimension génétique. Dans les études environnementales en Angleterre, on a isolé l’élément le plus explicatif de la réussite scolaire des enfants : le nombre de livres dans la bibliothèque des parents. Plus vous avez de livres sur vos étagères, plus votre enfant réussit à l’école. On s’est dit que cette variable était purement environnementale, et on a même proposé de remplir des camionnettes de livres et de déposer des livres à la porte, par exemple, des familles les plus pauvres afin qu’elles aient plus de livres chez elles, en supposant que cela permettra aux enfants de mieux réussir. En fait, on s’est rendu compte que cette variable avait une dimension génétique.

— Vous voulez dire qu’il y a un gène de la lecture ?

 Pas un gène, mais il y a une influence génétique. Les livres n’ont pas d’ADN. Mais pourquoi certains foyers ont-ils plus de livres que d’autres ? C’est parce que les parents les ont mis à la maison. Certains parents lisent beaucoup plus que d’autres parents et cela est lié à leur niveau d’instruction. Et ces choses montrent toutes une influence génétique substantielle. En tant que grand-parent, j’aime lire des livres à mes petits enfants.

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