samedi 30 janvier 2021

La biologie, une science « patriarcale » et « viriliste » ?

Pour le philosophe Jean-François Braunstein, les discours qui prétendent déconstruire le genre engendrent des conséquences non négligeables sur le monde réel.

Le 3 janvier, lors de la session d'ouverture du nouveau Congrès américain, la prière traditionnelle s'est conclue sur un « A-women (A-femmes) » pour équilibrer un « A-men (A-hommes) » que le pasteur et élu démocrate ne trouvait sans doute pas assez inclusif… oubliant que « Amen » est un mot hébreu traditionnellement traduit par « Ainsi soit-il », et qui n'a rien à voir avec le genre. Le 4 janvier, le texte des « règles de la Chambre des représentants » a été réécrit en en supprimant les marques de genre. Depuis le 20 janvier, lorsqu'on veut écrire à la Maison-Blanche, il est possible de choisir entre un pronom masculin, féminin, neutre ou « autre ».

Il s'agit dans tous ces cas de satisfaire les revendications des militants pro-gender qui ont à cœur d'effacer toute différence des sexes. Ces absurdités sont l'un des résultats les plus visibles d'une théorie du genre qui fait son chemin dans les universités américaines depuis une soixantaine d'années. Mais d'autres conséquences plus graves, en France aussi, ne prêtent pas à sourire.

« Gender Identity Clinic »

C'est en 1955 que le terme de « genre » fut pour la première fois utilisé pour désigner le sentiment que l'on a d'être un homme ou une femme, indépendamment de son sexe biologique. L'inventeur de cet usage est un psychologue, John Money, qui estime que le genre est culturel plus que biologique. En éduquant un garçon comme une fille, il devrait être possible de le transformer en fille : Money se fondera sur le cas d'un garçon amputé très tôt de son sexe à la suite d'un accident opératoire qu'il aurait réussi, à la demande de ses parents, à transformer en fille. On apprendra par la suite que Money avait menti et que son jeune patient avait toujours résisté à ses tentatives de le transformer en fille, et avait fini par se suicider : c'est un double scandale, à la fois scientifique et déontologique. Mais, entre-temps, la « Gender Identity Clinic » de Johns-Hopkins où travaillait Money était devenue un modèle pour toutes les questions de traitement des « dysphories de genre » aux États-Unis : lorsque des patients ne se sentent pas bien dans leur sexe de naissance et veulent en changer, plutôt que d'essayer d'adapter leurs croyances à leur corps, on les encourage à transformer leur corps pour le faire correspondre à leur identité ressentie.

Documentaire britannique sur la théorie de John Money et sa fatale mise en application sur Bruce/Brenda/David Reimer. Nous n'avons pas trouvé de documentaire en français (rien dans les archives de Radio Canada)

Money n'est que l'initiateur de cette révolution du genre, qui va aboutir progressivement à une véritable évaporation du corps. La professeur d'études de genre Anne Fausto-Sterling va ensuite estimer qu'il y a une infinité de sexes et que l'« assignation » d'un sexe à la naissance est une décision arbitraire, produit d'un « mode de pensée binaire ». La biologie, qui constate qu'il existe deux sexes dans l'espèce humaine, est disqualifiée comme « patriarcale » et « viriliste ». Avec la très influente Judith Butler, on ira encore plus loin : ce n'est pas seulement le sexe qui n'a pas d'existence matérielle objective, mais aussi le corps. Pour Butler les corps ne sont que des discours et des pouvoirs, conformément à une lecture très biaisée de Foucault. Et il est au surplus souhaitable pour elle que les genres deviennent « fluides », qu'il soit possible de « dériver » d'une identité de genre à une autre. Le développement actuel des départements d'étude de genre, partout dans le monde, et notamment en France, se fait sur la base de cette vision très radicale d'identités de genre déconnectées de toute référence au sexe biologique.

La théorie du genre ressemble alors beaucoup à la gnose, cette hérésie chrétienne du IIe siècle qui considérait que le corps c’est le mal, dont il faut nous libérer.

La libération des déterminations corporelles aura alors été menée à son terme : nous ne sommes plus que de simples consciences, totalement indépendantes de la réalité de notre corps. La théorie du genre ressemble alors beaucoup à la gnose, cette hérésie chrétienne du IIe siècle qui considérait que le corps, c'est le mal, dont il faut nous libérer. Ce mépris du corps se retrouve chez les transhumanistes qui méprisent notre corps périssable : seule compte pour eux la conscience, qu'il devrait être possible de télécharger sur des puces de silicium.

Le transgenre ou le transsexuel, ou plus encore le genderfluid, celui qui glisse d'un genre à l'autre, est aujourd'hui idéalisé par la théorie du genre, car passer d'un genre ou d'un sexe à l'autre serait la marque d'une humanité enfin libérée de toute détermination corporelle, considérée comme inessentielle. C'est ce que souligne le philosophe américain Matthew Crawford : la différence sexuelle et le corps sont le « principal obstacle au grand projet d'autonomie qu'on appelle la construction de soi. La liberté requiert une page totalement vierge ».

« Dysphorie de genre »

Si tout cela n'était que rêveries ou performances d'adultes consentants, il n'y aurait rien à redire. Mais aujourd'hui, c'est à des enfants de six ans, en Écosse ou ailleurs, que l'on enseigne : « ton genre, c'est toi qui le décides ». On imagine sans mal leur perplexité face à un tel choix. Pourtant, ce sont des enfants de six ou huit ans qui sont aujourd'hui héroïsés dans de nombreuses émissions télévisées ou films parce qu'ils veulent changer de sexe. Certains psychiatres, au lieu de prendre le temps d'écouter l'enfant et ses parents, diagnostiquent immédiatement une « dysphorie de genre » et font entrer ces enfants dans un parcours de « transition de genre », avec bloqueurs de puberté, hormones pour changer de sexe et opération à leur majorité. Au Royaume-Uni, la multiplication des cas de dysphorie de genre est impressionnante : de 77 cas en 2009-2010 à 2 590 en 2017-2018. On sait aussi que des « dysphories de genre à déclenchement rapide » se déclarent chez des adolescents influencés par leurs groupes d'amis sur les réseaux sociaux. Mais la chercheuse américaine Lisa Littman, qui avait publié une étude sur ce sujet en 2018, a été accusée de transphobie. Comme l'a été l'auteur de Harry Potter, J. K. Rowling, qui avait eu le malheur de tweeter : « Les hommes ne peuvent pas se changer en femmes. »

 Mais aujourd'hui, des jeunes gens qui ont subi ces transitions commencent à vouloir « détransitionner » et retrouver leur sexe d'origine. En Angleterre, une jeune femme de 23 ans, Keira Bell, a porté plainte contre la très réputée Tavistock Clinic, qui l'avait engagée à 14 ans dans un parcours de transition, avec bloqueurs de puberté, prise d'hormones masculines puis ablation des seins. Dans son jugement la Haute Cour de Londres a estimé « très douteux » qu'un enfant de moins de treize ans, et « douteux » qu'un enfant de 14 ou 15 ans puisse comprendre les effets et les risques à long terme de la prise de bloqueurs de puberté et d'hormones, qui les mettent sur la voie d'une « opération bien plus importante ». La cour a conclu que pour les enfants de moins de seize ans, il est nécessaire que la justice soit consultée. Une telle prudence devrait évidemment s'imposer aussi en France, où les mêmes dérives sont patentes, qui s'apparentent à des mauvais traitements à enfants.

Idées folles

Il faut en effet se rappeler que les catégories des sciences humaines sont « interactives » : lorsqu'on décrit une nouvelle catégorie nosographique, comme celle de trans, il se trouve toujours des personnes pour s'identifier à celle-ci. Les réseaux sociaux encouragent bien sûr ces hésitations sur l'identité sexuelle, par exemple lorsque Facebook offre plus de 70 « identifications de genres » à ses abonnés. Comme le dit le philosophe Ian Hacking, les catégories des sciences humaines « fabriquent des gens ». Les idées ont des conséquences et les idées folles ont des conséquences ravageuses.


Jean-François Braunstein est professeur de philosophie à l'université de Paris-1. Dernier ouvrage paru : « La Philosophie devenue folle : le genre, l'animal, la mort » (Grasset).

Cet article est issu des travaux de l'Observatoire du Décolonialisme et des idéologies identitaires, un collectif d'universitaires qui se sont donné pour mission d'analyser les thèses dites « décoloniales » et intersectionnelles. Ces discours, qui s'ancrent dans des courants militants, favorisent les lectures essentialisantes et racialistes des rapports sociaux. Ces idéologies pénètrent peu à peu le monde universitaire, entravant divers travaux et controverses académiques.


vendredi 29 janvier 2021

La démographie vouerait la Loi 21 à l'échec à long terme selon Idil Issa

Nous le disons depuis de nombreux mois : la « laïcité » (et plus particulièrement la récente Loi 21) s’attaque à la mauvaise cible et n’aura à long terme permis que d’éliminer un peu plus le christianisme et le catholicisme de l’espace public du Québec. Il suffit de penser au crucifix décroché du salon bleu de l’Assemblée nationale et remiser dans un coin muséal du bâtiment.

Pourquoi la mauvaise cible ? Parce que ce n’est pas la religion en général qui pose problème au Québec, mais bien l’islam militant et le communautarisme de celui-ci.

Pourquoi la Loi 21 n’atteindra-t-elle pas sa cible à long terme ? D’une part, parce qu’elle est très timide : elle ne s’adresse qu’à une partie des fonctionnaires et, d’autre part, parce qu’elle peut facilement être abrogée dès que la population musulmane sera suffisamment importante pour être un facteur important aux élections locales. L’islam n’aura pas besoin d’être majoritaire dans la population pour avoir ce poids décisif, loin de là. Voir l’exemple de la Belgique francophone : Les signes religieux autorisés dans toutes les hautes écoles de la fédération (WBE).

Il est rafraîchissant de noter que l’avocate Idil Issa, dans un webinaire organisé par Amnistie internationale Canada francophone, partage notre analyse à long terme. Madame Issa vit au Québec, est diplômée de McGill, son français est donc hésitant. La voici sur le sujet : « parfois, c’est les demographics qui vont gagner, finalement. Le Québec de Mathieu Bock-Côté, c’est le Québec du passé. Ils essaient de prendre un photo et de figer le Québec de l’ancienne manière. Mais nous sommes diverses, le Québec est différent maintenant. On doit être inclusifs. On doit pas aliéner les “jeunes”, on doit leur donner une place. […] Ne soyez pas peur. La loi 21 ça restera pas au Québec. Ça c’est certain. Comme j’ai dise : que ce soit l’année 2300, on irait jusqu’au bout. »

On notera l’emploi de « jeunes » pour désigner les jeunes immigrés. Il est vrai que la jeunesse est de plus en plus composée d’immigrés notamment parce que les Canadiens français au Québec ont en moyenne 1,5 enfant/femme. À ce taux, huit (8) parents canadiens-français ont donc six (6) enfants et 4,5 petits-enfants. Une contraction de 25 % par génération. La natalité des immigrés au Québec est en moyenne un peu supérieure à celle des Canadiens français, mais c'est surtout l'immigration qui fait contrepoids à cette contraction sur le moyen et long terme de la population québécoise de souche.

Voir aussi

Québec — Plus de 30 % des naissances issues d'au moins un parent né à l’étranger

Le taux de natalité du Québec devrait atteindre son niveau le plus bas historique en 2020

Seul un quart des habitants de Bruxelles sont des Belges d'origine belge

Démographie : Le gouvernement bruxellois lève en partie l’interdiction du port de signes religieux dans l’enseignement (article de 2019)

jeudi 28 janvier 2021

Trois fois plus d'élèves avec des symptômes d'anxiété ou de dépression qu'en 2020

Trois fois plus de jeunes du secondaire rapportent une santé mentale passable ou mauvaise qu’en janvier 2020. C’est le constat d’une enquête sur la santé psychologique des 12 à 25 ans de l’Université de Sherbrooke, menée auprès de 16 500 élèves et étudiants de l’Estrie et de la Mauricie — Centre-du-Québec.

En 2020, 11 % des jeunes du secondaire interrogés rapportaient ainsi une santé mentale passable ou mauvaise ; cette année, ce nombre a grimpé à 30 %.

De plus, près de 60 % des cégépiens et universitaires et la moitié des élèves de secondaire 3 à 5 rapportent des symptômes d’anxiété ou de dépression. Ces résultats confirment ceux ayant été publiés en décembre 2020, qui rapportaient que 46 % des répondants âgés de 18 à 24 ans montraient des symptômes compatibles avec un trouble d’anxiété ou une dépression.

Évidemment, c’est énorme, remarque Dre Mélissa Généreux, professeure-chercheuse à la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke et médecin-conseil à la Direction de santé publique.

« On s’y attendait un peu, de voir que les jeunes de 12 à 25 ans allaient être les plus touchés, car des études qui ont été réalisées jusqu’à maintenant chez des adultes montraient clairement qu’au Québec, et un peu partout dans le monde, c’est les jeunes de 18 à 24 qui sont les plus affectés », de déclarer Mélissa Généreux, professeure-chercheuse à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke.

Son étude vient ainsi confirmer que les adolescents sont aussi très marqués par la pandémie. Les élèves de première et deuxième secondaire sont encore relativement épargnés, note-t-elle, mais à partir du troisième secondaire, leur santé mentale se détériore.

Solitude et temps d’écran

Dans le cadre de l’enquête, la principale raison évoquée par les jeunes pour la détérioration de leur santé mentale est la réduction de leurs activités sociales, sportives et culturelles, suivie de l’augmentation de leur temps passé devant un écran.

Pour améliorer leur moral, ils demandent notamment de maintenir les cours en personne et de pouvoir participer à des activités sportives. Moins de 10 % d’entre eux considèrent que les activités sociales en ligne sont une solution viable pour améliorer leur santé mentale.

« Ce n’est pas le fait d’avoir été mis en quarantaine ou en isolement qui inquiétait les jeunes ni les problèmes financiers. C’est vraiment le sentiment de solitude, d’être privés de ces activités-là […] en présentiel [en personne] », ajoute Dre Généreux.

Elle salue la réouverture des écoles, mais rappelle qu’à partir de la troisième secondaire, les élèves et les étudiants ne sont pas toujours en classe. Il y a encore du chemin à faire, à mon avis.

Mme Généreux croit aussi qu’il faut normaliser le fait d’avoir différentes réactions psychologiques face à certains événements plus difficiles, tout comme il est important d’encourager les jeunes à demander de l’aide si nécessaire, et à les pousser à être bienveillants les uns envers les autres.

Méthodologie

Le sondage a été mené en ligne du 18 au 26 janvier 2021 dans 47 écoles de l’Estrie et de la Mauricie–Centre-du-Québec. Au total, 16 500 jeunes âgés de 12 à 25 ans y ont répondu. En janvier 2020, soit avant la pandémie, 6000 jeunes du secondaire avaient aussi été sondés.


Voir aussi 

Vague de suicides dans le Nevada force une ouverture partielle des écoles

mercredi 27 janvier 2021

Sondage en baisse pour O’Toole (Pour Pierre-Paul Hus, le conservatisme n’est que la gestion rigoureuse des deniers publics)

Il y a une semaine, le 20 janvier, Derek Sloan a été expulsé du Parti conservateur du Canada. Derek Sloan est un conservateur social, chrétien engagé, père de trois enfants métissés.

Mario Dumont, journaliste de Québecor, a salué avec enthousiasme cette éviction : « O’Toole a l’étoffe d’un Premier ministre […] Le chef du Parti conservateur du Canada vient de poser un geste fort en montrant la porte à son député associé aux mouvances complotistes. » L’article de Mario pointait toujours vers ce prétexte ridicule d’un don de 131 $ de la part de quelqu’un qui serait un suprématiste blanc. Le don, sous un nom légèrement modifié, fut accepté par la campagne de Derek Sloan et le parti conservateur (car une partie de l’argent va au parti). Le même donateur sulfureux avait été accepté comme membre du parti sans que cela ne provoque la moindre inquiétude.

Le 20 janvier, même O’Toole n’utilisait plus le paravent du don de 131 $, mais invoqua un « manque de respect envers l’équipe conservatrice [d’O’Toole] pendant plus d’un an » pour expulser Derek Sloan.

Il ne semble pas que cette élimination d’un concurrent conservateur ait augmenté la popularité d’Erin O’Toole. En effet, le chef conservateur a vu son image se dégrader selon le dernier sondage Angus Reid daté de ce jour (Federal Politics: Liberals hold lead in vote intention as unfavourable views of CPC leader intensify).

Erin O’Toole à gauche (« centriste »), Derek Sloan à droite

L’enquête a été menée du 20 janvier au 24 janvier. Sloan a été expulsé comme on le sait le 20. Pendant la semaine du 20 janvier, les députés respectables du PCC (voir Pierre-Paul Hus ci-dessous, le 18 janvier) avaient clairement adhéré au message centriste, O’Toole passant rapidement du message de sa campagne à la chefferie où il se déclarait « vrai bleu » au rôle de « centriste et modéré ».

Quel est le résultat ?

Erin O’Toole est le chef fédéral le plus impopulaire.

Seuls 32 % des électeurs ont une opinion favorable de lui, contre 47 % qui en ont une opinion défavorable.

Depuis le dernier sondage Angus Reid en novembre 2020, les opinions favorables d’O’Toole sont en baisse de 4 points, tandis que les défavorables sont en hausse de 5 points.

Plus inquiétant pour les conservateurs : en septembre 2020, 30 % des électeurs avaient alors une opinion favorable, tandis que 31 % avaient une opinion défavorable. Il semble donc que plus les Canadiens voient et apprennent à connaître O’Toole, plus les gens se font une mauvaise opinion de lui.

Également préoccupant pour le PCC : seuls 6 % des sondés ont une opinion « très favorable » d’Erin O'Toole « très favorablement », alors que 23 % en ont une opinion « très défavorable ». Quand on se penche donc dans le détail, on note que les opinions nettement tranchées sont celles qui sont défavorables.

O’Toole a la pire cote de popularité à -15 (la différence entre les opinions favorables et défavorables). Alors que Jagmeet Singh (NPD) est à +8, Yves-François Blanchet (Bloc québécois) est à +5 et Annamie Paul (Parti vert) est à -1.

Justin Trudeau est à +2, avec 50 % d’approbation et 48 % de désapprobation.

O’Toole a des problèmes au sein du Parti conservateur

Comme beaucoup de gens l’avaient prédit, la destitution par O’Toole de Derek Sloan (et en particulier la façon dont elle a eu lieu) pourrait causer des dissensions au sein du Parti conservateur. Les sondages montrent en effet qu’Erin O’Tool est celui qui bénéficie du soutien interne le plus faible de tous les autres chefs de parti.

Ainsi, 63 % de ceux qui ont voté conservateur lors des dernières élections approuvent O’Toole, tandis que 23 % en ont une opinion négative. Alors que 14 % n’ont toujours pas d’opinion.

Pour O’Toole, avoir moins des 2/3 de l’approbation des électeurs du PCC à ce stade est une source de soucis.

En revanche, 89 % des électeurs néo-démocrates et 83 % des électeurs bloquistes appuient leurs chefs de parti respectifs. Même la nouvelle dirigeante verte Annamie Paul a un soutien de 65 % parmi les anciens électeurs verts.

Et parmi les électeurs libéraux, 85 % approuvent Trudeau, contre 13 % qui ne le font pas.

O’Toole moins populaire que Scheer

Erin O’Toole est également moins populaire qu’Andrew Scheer ne l’était au même moment. Scheer était approuvé par 35 % des Canadiens à ce stade de son leadership, alors que 36 % en avaient une opinion défavorable.

En revanche, Erin O’Toole est à la fois moins populaire (avec 32 % d’approbation) et nettement plus impopulaire (avec 47 % d’opinion négative).

Pendant la campagne à la direction du parti, Erin O’Toole avait accusé son concurrent malheureux Peter MacKay d’être un « libéral allégé » alors que lui être un vrai conservateur, un « vrai bleu ».

Recentrage qui pourrait s’avérer contreproductif

Si cette tendance devait se confirmer, il est permis de penser que le tour de passe-passe d’O’Toole qui se transforme en un tour de main de « vrai bleu » en « libéral allégé » à « l’étoffe d’un Premier ministre » n’aboutira qu’à aliéner les conservateurs tout en échouant de convaincre de nouveaux électeurs.

Il faut se rappeler que les conservateurs désabusés peuvent s’abstenir de voter, voter pour le Parti populaire ou voter pour le Bloc québécois au Québec (rappelons qu’Erin O’Toole avait réussi à s’attirer de nombreuses voix du Québec en promettant davantage de pouvoirs aux provinces y compris dans le domaine de l’immigration et de la culture). Quant aux centristes déçus par Trudeau, ils n’ont pas besoin du PCC, de nombreux autres choix électoraux s’offrent à eux.

Le dernier sondage de l’Institut Angus Reid donne aux libéraux une longueur d’avance sur les conservateurs à l’échelle nationale — 35 % de soutien pour les libéraux à 30 % pour les conservateurs. Le NPD a un appui de 20 %, les Verts un soutien de 5 % et le Bloc est compétitif au Québec où il rallie 26 % de soutien. 
 

Billet originel du 18 janvier

Le Parti conservateur du Canada (PCC) d’Erin O’Toole, élu à la tête du parti avec le report des voix de la droite identitaire et religieuse (40 % des voix au premier tour), ne veut plus de ces électeurs ou du moins qu’ils ne se fassent plus entendre. C’est ce qu’affirme Pierre-Paul Hus à l’antenne de Mario Dumont. Le conservatisme ne se résumerait qu’à la gestion rigoureuse des deniers publics. Davantage que cela, c’est de l’extrémisme. Et les extrémistes n’ont pas leur place dans le nouveau PCC.

Il s’agit sans doute, dans un premier temps, de décourager des conservateurs sociaux ou identitaires de se présenter comme délégués à la convention du Parti conservateur du Canada qui se tiendra de manière virtuelle le 18 mars 2021. Les candidatures à la délégation étaient admises jusqu’à vendredi dernier.

Le PCC d’Erin O’Toole fait sans doute le pari qu’il pourra obtenir une majorité de députés en se concentrant sur le vote centriste qui aspirerait simplement à une meilleure gestion des fonds publics. Cet espoir pourrait être mal placé : le fort endettement actuel n’a pas d’impact évident sur le pays (les taux d’intérêt étant tellement bas), les libéraux pourront facilement dire qu’il est vrai qu’ils ont beaucoup dépensé, mais que c’était la chose à faire alors que tant de Canadiens étaient sans ressources à cause de la pandémie (plus précisément à cause des mesures gouvernementales instaurées lors de la pandémie) et que, désormais, ils reviendront bien sûr à une gestion plus saine du Trésor public, etc.

Enfin, le PCC se dit que sans doute les conservateurs sociaux, identitaires anti-immigration, moraux ou religieux voteront pour lui parce qu’ils n’ont nulle part où aller. Ce calcul pourrait aussi s’avérer infondé : ils se pourraient bien que ces conservateurs « extrémistes » s’abstiennent ou aillent vers le Parti populaire du Canada ou, même, le Bloc québécois pour les conservateurs identitaires du Québec. Rappelons qu’Erin O’Toole avait développé une plateforme spécifique pour le Québec : appui à GNL Québec et « plus d’autonomie en culture, en immigration, et je vais avoir une approche qui respecte les champs de compétences [des provinces] », avait-il expliqué. Tout cela est bien beau sur le papier ou en paroles, le temps de la course à la chefferie. Après tout, « Les promesses politiques sont semblables à un feu, ça tient chaud un moment, puis ça finit en fumée » comme le disait déjà Jean-Jacques de Lingrée en 1814. Pourquoi croire que le PCC tiendra ces promesses faites aux Québécois s’il devient majoritaire au parlement ? Ne pourrait-il pas traiter les Québécois comme il traite actuellement les 40 % de conservateurs sociaux qui ont voté Leslyn Lewis ou Derek Sloan dans la course à la chefferie ?

En paroles, M. O’Toole a aussi déclaré être pour la liberté d’expression. Le Globe and Mail annonce (derrière un mur payant, plus de détails ci-dessous) que « le Cabinet [de Trudeau] examinera de nouvelles règles dans les semaines à venir et [qu’] une nouvelle loi pourrait être introduite dès février ou mars […] Le gouvernement fédéral procède à des révisions finales de ses plans pour lutter contre la haine en ligne ». Mais c’est le silence radio de la part du parti de M. O’Toole sur le dossier de la liberté d’expression. Gageons qu’au-delà de mots convenus (liberté d’expression importante), aucune opposition sérieuse à ce projet n’est à attendre : comment M. O’Toole pourrait-il être contre la « haine » ? Comment s’y opposer puisque le parti se veut « centriste », à savoir soumis à la doxa dominante, dont les règles sont fixées par la gauche progressiste ? Le PCC sera tétanisé dès qu’on dira qu’il veut défendre l’inacceptable, l’extrémisme, la haine, etc. Après tout, un conservateur canadien de l’étoffe de M. Pierre-Paul Hus ou M. O’Toole n’est-il pas simplement un progressiste avec 10 ou 20 ans de retard quand il s’agit de définir le mal et la « haine » ?

Voir aussi

Leslyn Lewis plus de voix, mais moins de points que MacKay et O’Toole au 2e tour, 12 % refusent de choisir entre Mackay et O’Toole



Extraits de l’article du Globe and Mail :

Le gouvernement fédéral est en train de finaliser ses plans d’action contre la haine et le harcèlement en ligne sur les plateformes de médias sociaux à la lumière des émeutes meurtrières [style impersonnel à dessein : la police a en effet tué une manifestante désarmée] du Capitole aux États-Unis, et ses mesures proposées seront présentées au cabinet dans les semaines à venir.

[…]

Si elle est approuvée par le Cabinet, la législation canadienne pourrait être présentée au Parlement dès février ou mars. La législation devrait être influencée par les mesures déjà en place dans d’autres pays, comme l’Allemagne, qui oblige les plateformes de médias sociaux à supprimer les contenus illégaux dans des délais serrés et la menace de sanctions financières. Dans un contexte canadien, cela impliquera probablement la création d’un nouvel organisme de réglementation gouvernemental.

Les efforts pour mettre à jour le plan avant une décision du Cabinet ont été confirmés au Globe and Mail par un haut fonctionnaire du gouvernement. Le Globe n’identifie pas le fonctionnaire parce qu’il n’était pas autorisé à commenter publiquement la question.

Les entreprises de médias sociaux ont suspendu une série de comptes à la suite des raids du 6 janvier à Washington par les partisans du président américain sortant Donald Trump, qui a été destitué [c’est inexact, la demande partisane de destitution doit être approuvée par le Sénat ce qui n’a pas eu lieu] une semaine plus tard pour incitation à l’insurrection. Twitter et Facebook ont ​​interdit indéfiniment M. Trump de leurs plates-formes pour ses tweets incitatifs [rappelons que le dernier tweet de Trump disait simplement qu’il ne serait pas présent à la cérémonie investiture de M. Biden et que Twitter a considéré cela comme une provocation voilée…] et ses publications à l’époque des émeutes [plusieurs demandant le retour au calme furent censurées] et craignant que ses publications ne provoquent de nouvelles violences à l’approche de l’inauguration de son successeur mercredi. D’autres plateformes de médias sociaux ont suivi avec des restrictions similaires. YouTube de Google a temporairement suspendu la chaîne de M. Trump.

Les responsables de Google, Facebook et Twitter ont tous déclaré au Globe qu’ils se félicitaient des règles claires d’Ottawa en matière de contenu illégal.

L’attention sur le pouvoir des entreprises de médias sociaux s’intensifie alors que le gouvernement fédéral finalise des mesures découlant d’un engagement de la campagne de 2019 pour réglementer le contenu illégal des médias sociaux. La promesse initiale était axée sur le discours de haine, mais le gouvernement a déclaré qu’elle inclurait également des questions telles que le partage d’images intimes sans consentement.

Le responsable a déclaré que ces propositions sont actuellement examinées à la lumière des événements récents aux États-Unis pour voir si d’autres changements sont nécessaires avant d’être présentés au cabinet.

Le ministre du Patrimoine Steven Guilbeault et le ministre de la Justice David Lametti mènent le dossier, avec la participation d’autres membres du Cabinet comme le ministre de la Sécurité publique Bill Blair. Le Premier ministre Justin Trudeau a réitéré les plans du gouvernement dans des lettres de mandat mises à jour à son cabinet, qui ont été rendues publiques vendredi. La lettre de M. Trudeau à M. Guilbeault disait qu’il devrait travailler avec d’autres ministres « pour lutter contre les groupes haineux, la haine et le harcèlement en ligne, l’extrémisme violent à motivation idéologique et les organisations terroristes ».

Le député libéral Arif Virani, qui est secrétaire parlementaire du ministre de la Justice et qui a tenu des consultations sur les propositions, a déclaré que la pression pour réglementer les médias sociaux prend une plus grande importance. [Toujours ce style impersonnel, la pression venant de qui ?]

 

Le prétendu « coup d’État » du 17 nivôse de l’an 229 à Washington par des « terroristes nationaux ».

 

mardi 26 janvier 2021

Dénigrer et ne pas respecter les mesures sanitaires peut-il coûter la garde d’un enfant ?

Ne pas respecter et surtout dénigrer devant son enfant les mesures sanitaires visant à lutter contre la COVID-19 pourrait coûter la garde de sa progéniture à un parent, a statué la Cour supérieure. Dans une décision rendue en décembre dernier, le juge a conclu que le comportement répréhensible du père, qui ne portait pas de masque et ridiculisait ceux qui respectaient les règles sanitaires, remettait en question ses capacités parentales. Par conséquent, la garde de son fils lui a été retirée.

« Même si la liberté d’expression est un droit reconnu, cela ne va pas jusqu’à permettre à un adulte de dénigrer et de discréditer, en présence de son enfant mineur, les citoyens qui respectent les règles décrétées par les autorités sanitaires en pleine période de pandémie liée à la COVID-19 », lit-on dans la décision rendue par le juge Claude Villeneuve, du district Saint-François, en Estrie.

 « Le père refusait de porter le masque et écoutait en présence de l’enfant des vidéos conspirationnistes », a souligné Maïté Morin, l’avocate de la mère. Le non-respect des règles concernant la pandémie était « totalement à la connaissance de l’enfant », dit-elle, pour contextualiser la décision du juge.

En outre, le juge motive sa décision par faite que l’enfant « n’accepte pas le mode de vie axé sur le végétalisme. Bien qu’une personne adulte soit tout à fait libre de choisir son mode d’alimentation (comme en l’espèce le végétalisme) et qu’il puisse être opportun d’en enseigner les vertus à son enfant, il y a des limites à l’imposer quand cela ne correspond pas aux besoins de celui-ci. » […] Ajoutons que l’enfant « a maintenant 11 ans, qu’il exprime le désir de mettre fin à la garde partagée depuis plus de deux ans après l’avoir expérimenté durant une période significative, que cet enfant est jugé mature par son entourage, que le désir qu’il exprime ne relève pas d’un pur caprice ou de pression indue de la part de sa mère, qu’il y a des explications légitimes à la base de cette réflexion entamée depuis longtemps de vivre à temps plein avec sa mère pour l’ensemble des raisons rapportées par son procureur, il serait manifestement néfaste et contraire à l’intérêt de [l’enfant] de maintenir le statu quo. »

Source : Le Devoir, le jugement


Vague de suicides dans le Nevada force une ouverture partielle des écoles

Le district scolaire du comté de Clark, dans le Nevada, s’apprête à rouvrir partiellement les écoles en réponse à une vague de suicides d’élèves, rapporte le New York Times.

Dix-huit élèves du comté se sont suicidés au cours des neuf derniers mois de 2020, rapporte le Times. C’est ce qui a conduit le conseil scolaire du comté de Clark à approuver le retour à un enseignement en personne pour certaines années du primaire et de classes en difficulté à l’apprentissage, malgré la pandémie au coronavirus [1].

« Lorsque nous avons commencé à voir la hausse de suicides parmi les élèves, nous savions que nous ne devions plus considérer que les chiffres COVID », a déclaré le surintendant du comté de Clark, Jesus Jara.

« Nous devons trouver un moyen de rentrer en contact avec nos élèves, de les voir, de les surveiller. Ils doivent commencer à voir du changement, de l’espoir. »

Selon Jara, les 18 suicides au cours des neuf mois de fermeture des écoles représentent le double du nombre de suicides enregistrés dans le district scolaire l’année précédente. Le plus jeune élève à se suicider avait neuf ans.

La pandémie a eu un effet dévastateur sur la santé mentale, les notes et l’assiduité des étudiants dans le monde entier et les experts en santé et en éducation ont du mal à trouver le meilleur moyen de protéger les étudiants — ainsi que les professeurs, le personnel et les membres de la famille qui peuvent être plus vulnérables — tout en s’occupant de leur santé mentale et de leur éducation. Dans le plus grand district scolaire de Virginie, le nombre de F (échecs) a presque doublé chez les élèves des collèges et lycées.

Anthony Fauci, le principal spécialiste des maladies infectieuses du pays (et le fonctionnaire fédéral le mieux payé, 417 608 $ en 2019), a appelé les écoles à rester ouvertes si possible, affirmant qu’il y avait moyen pour elles de le faire en toute sécurité.

Le New York Times rapporte que le comté de Clark, qui comprend la ville de Las Vegas, a investi dans le système d’alerte GoGuardian Beacon après le sixième suicide d’un étudiant. Le système surveille l’écriture des élèves sur les iPad fournis par le district scolaire, à la recherche de risques de suicide. Plus de 31 000 alertes ont été lancées entre les mois de juin et octobre.

Les responsables de l’école de Las Vegas ont pu intervenir en novembre lorsqu’un garçon de 12 ans a cherché « comment faire un nœud coulant » sur son iPad, selon le Times. Le district scolaire a pu rejoindre le père du garçon qui est entré dans la chambre de son fils pour trouver un nœud coulant autour de son cou avant qu’il ne soit trop tard.

Les écoles et les collèges du pays ont du mal à trouver les ressources pour aider leurs étudiants. Le district du comté de Clark a récemment lancé un programme pilote pour donner des conseils en personne. Trente interventions ont eu lieu en raison du programme d’identification des étudiants qui envisageaient de se suicider.

Jara a déclaré au Times qu’il ne dormait plus avec son téléphone près de lui.

« Je ne peux plus recevoir ces alertes », a déclaré Jara. « Je n’ai plus rien à dire à ces familles. Je crois en Dieu, mais je ne peux m’empêcher de penser : est-ce que j’ai fait tout mon possible pour ouvrir nos écoles ? »


[1] La pandémie au Nevada diminue cependant comme au Québec. Voir ci-dessous.


dimanche 24 janvier 2021

Angleterre — télé publique déclare aux écoliers qu'il y a plus de 100 identités de genre

La semaine dernière, Joe Biden a signé un décret interdisant la discrimination sur la base de l’identité de genre. […]

Sera-t-il désormais impossible, par exemple, de refuser à un adolescent de sexe masculin l’accès aux vestiaires ou aux toilettes des filles ?

Les femmes seront-elles obligées de rivaliser avec des hommes biologiques dans le sport ? Les hommes trans qui se disent femmes et qui ont conservé leurs organes génitaux masculins seront-ils logés aux côtés de femmes biologiques vulnérables dans les prisons ? Qu’est-ce que cela signifie pour les groupes prénataux, les services hospitaliers non mixtes, les maisons de soins, les refuges pour viols, etc. ?

Toutes ces questions, et plus encore, sont des questions qui restent sans réponse, notamment parce que, si une personne ose poser ces questions, elle risque d’être mise au pilori en tant que Terf (féministe radicale trans-exclusive) et bannie dans le 9e cercle de l’enfer Twitter en compagnie de JK Rowling et de Julie Burchill.

Il y a une certaine ironie chez ceux qui prêchent que la tolérance soient les moins tolérants quand il s’agit de quiconque conteste leur dogme.

Dans le climat actuel, un seul ton est permis autour de la question de l’identité de genre et c’est l’enthousiasme.

[…]

 

Quant à l’Angleterre, ne cherchez pas plus loin que la BBC pour un exemple classique. Dans une vidéo intitulée Identité — Comprendre les identités sexuelles et de genre, produite dans le cadre des ressources en ligne de la BBC pour les enseignants et l’éducation à la maison, un groupe d’écoliers âgés de neuf à douze ans discutent de la question avec des enseignants.

Rien ne vient troubler la police de la pensée progressiste ici. Que signifient les stéréotypes, mademoiselle ? (Réponse : ils sont mauvais). Quelle est la différence entre le sexe et le genre ? (Réponse : le sexe est la partie du corps avec laquelle vous êtes né ; le genre est ce que vous ressentez à l’intérieur). Il y a teeeellllllement d’identités sexuelles », s’exclame une enseignante. « Plus de 100 ! », ajoute-t-elle avec enthousiasme, comme si l’autosélection sexuelle n’était qu’un choix de saveurs différentes au comptoir d’achat et de vente.

Nous avons ici de puissantes figures d’autorité qui encouragent activement des jeunes impressionnables à remettre en question leur identité sexuelle — à un moment de leur vie où le sexe n’est même pas, ou ne devrait pas être, à l’ordre du jour. Il s’agit d’un parfait exemple d’endoctrinement. Aux frais des contributeurs à la redevance TV.

Avant même qu’ils n’aient plongé leur orteil dans le monde du désir adulte, ces enfants apprennent à remettre en question leur propre corps.

La dysphorie de genre, un état grave et pénible que l’on ne souhaiterait à personne, est présentée comme quelque chose de vraiment excitant et spécial, digne presque d’une médaille.

Il ne s’agit pas d’une « éducation ». C’est à la limite de la maltraitance des enfants.

Tout ce à quoi je pouvais penser en regardant ces nouveaux visages qui écoutaient avec une grande concentration était la pauvre Keira Bell, la jeune femme qui a récemment gagné son procès contre le Tavistock and Portman Trust, la clinique de réassignation sexuelle du NHS à Londres.

Keira s’est courageusement présentée pour témoigner que son désir, à l’âge de 16 ans, de passer du statut de femme à celui d’homme avait été encouragé par des adultes qui semblaient moins intéressés par son bien-être et plus soucieux de faire avancer un programme. Ce qui l’a finalement amenée à se lancer dans une cure d’hormones bloquantes qu’elle regrette aujourd’hui profondément.

Ces enfants dans la vidéo de la BBC sont beaucoup plus jeunes que Keira.

Source : Daily Mail

Voir aussi

Biden signe décret qui permet aux étudiants nés hommes de concourir chez les femmes s’ils se sentent femmes 

Programme pour enfants de Radio-Canada (CBC) traite J. K. Rowling de transphobe

La justice britannique recommande l’arrêt des transitions de genre avant 16 ans

Royaume-Uni : une jeune femme poursuit la clinique où elle a subi une « transition de genre 

Covid — Baisse de cas malgré les Fêtes et les vacanciers dans le Sud (plateau dès avant couvre-feu)

Il fallait s’y attendre : M. Legault salue le succès de son couvre-feu (soyez assurés que si le nombre de cas avait augmenté cela aurait été de la faute de l’indiscipline de ses administrés) :

« Avec le couvre-feu, on a réduit le nombre de cas. »

Les mots sont du Premier ministre François Legault et ont été écrits samedi matin dans un message transmis à la population sur ses réseaux sociaux. Mais selon des experts consultés par Radio-Canada, « on ne sera jamais capable » de faire un tel lien de causalité sans considérer les autres efforts demandés aux Québécois.

Si l’on ne sait pas si le couvre-feu a accéléré la décrue déjà observable avant la mise en place du couvre-feu, on devrait savoir combien il coûte à l’économie québécoise. Monsieur Legault pourrait-il nous fournir ces chiffres ? Quel est le coût économique d’une semaine de couvre-feu ?

 

Notons que les gens en temps de pandémie prennent naturellement des mesures d’évitement. Cela a été le cas en Amérique du Nord dès l’annonce de la pandémie et avant toute mesure gouvernementale (chute du nombre de déplacements en avion, -40 % dès le 15 mars) ou en Suède qui n’a jamais confiné (baisse du nombre de voyages en train dès le début mars 2020, voir aussi la note ci-dessous).

Il faut se demander si, une fois les plus importantes mesures d’évitement mises en place (interdiction de gros rassemblement, le port du masque, la distance entre les gens, le lavage des mains), les autres mesures (couvre-feu, confinement, fermeture de restaurants, des églises bien aérées) n’ont plus que des effets marginaux difficiles à quantifier sur le plan épidémique, mais ces mesures ne sont pas dénuées d’importants coûts économiques et sociaux.

Un des éléments qui tend à étayer la notion de rendement marginal décroissant des mesures contre la pandémie est la convergence que l’on observe dans le taux de décès en Europe occidentale entre les pays qui ont mis en place un nombre minimal de mesures (l’exemple emblématique étant la Suède : interdiction des grands rassemblements, distanciation et masques dans les transports en commun) et ceux qui ont mis en place nettement plus de mesures (couvre-feu, masque obligatoire à l’extérieur, restaurants fermés, gyms fermés, écoles fermées, confinement plus strict de la population).

Note

Extrait d’un article paru ce mois dans Journal of Public Economics, Volume 193, January 2021, 104 311.

« Cet article examine les moteurs du ralentissement économique à l’aide des données enregistrées sur les téléphones cellulaires sur les visites des clients dans plus de 2,25 millions d’entreprises individuelles dans 110 secteurs différents. La comparaison du comportement des consommateurs pendant la crise dans les mêmes zones de navettage, mais à travers les frontières des États et des comtés avec des régimes politiques différents suggère que les ordonnances de fermeture légale ne représentent qu’une part modeste des changements massifs du comportement des consommateurs (et que suivre les prescriptions d’ordre politique au niveau du comté est plus précis que d’effectuer ce suivi au niveau de l’État ou du pays). Alors que les déplacements globaux des consommateurs avaient baissé de 60 points de pourcentage, les restrictions légales n’expliqueraient que 7 % de ces 60 %. Les choix individuels étaient beaucoup plus importants et semblent liés aux craintes d’infection. Les déplacements ont commencé à baisser avant que les décrets ne soient en place ; la baisse était fortement influencée par le nombre de décès par COVID signalé dans le comté ; ils démontraient un changement net de la part des consommateurs des magasins plus achalandés et plus encombrés vers des magasins plus petits et moins fréquentés dans le même secteur. »


Billet du 19 janvier

Nouveaux chiffres confirment la tendance identifiée la semaine passée :

 

En chiffres : 


  Date de
déclaration
du cas  
  Par lien
épidé­mio­lo­gique  
En
laboratoire
  Moyenne mobile (7 jours)  
17/12/2020 29 2302 2046,71
18/12/2020 23 2111 2078,57
19/12/2020 8 2057 2132,57
20/12/2020 23 1952 2148,86
21/12/2020 11 2107 2162,43
22/12/2020 22 2150 2189,14
23/12/2020 11 2236 2194,71
24/12/2020 7 2419 2221,57
25/12/2020 8 2313 2249,86
26/12/2020 15 2089 2350,29
27/12/2020 14 2149 2432,57
28/12/2020 9 2307 2449,14
29/12/2020 31 2844 2511,57
30/12/2020 29 2794 2555
31/12/2020 13 2529 2556,43
01/01/2021 22 2736 2591,14
02/01/2021 16 2392 2551,43
03/01/2021 19 2154 2559,71
04/01/2021 19 2540 2603,14
05/01/2021 17 2580 2603,29
06/01/2021 4 2877 2547,86
07/01/2021 7 2839 2529
08/01/2021 10 2749 2419,57
09/01/2021 15 2005 2364
10/01/2021 11 2030 2243
11/01/2021 14 1779 2120
12/01/2021 19 2189 1988,14
13/01/2021 15 2019 1976,43
14/01/2021 19 1966 1902
15/01/2021 17 1819 1765,29
16/01/2021 15 1923
17/01/2021 19 1501
18/01/2021 16 820


 
On voit que la moyenne mobile de 7 jours (avec plusieurs jours de recul) a atteint un plateau depuis le 1er janvier et que le nombre quotidien de cas est en baisse depuis le 6 janvier.


Article du 15 janvier

Le 5 janvier 2021, un sondage de la firme Léger nous apprenait que 46 % des Québécois disaient avoir rendu visite à leurs proches pendant les Fêtes de fin d’année.

Rappelons que les rassemblements pendant la période des Fêtes étaient interdits sauf pour les personnes seules qui, elles, pouvaient visiter les membres d’une autre bulle familiale et cette bulle devra toujours être la même durant cette période de « coconnage », soit du 17 décembre 2020 au 10 janvier 2021 inclusivement.

Le même mardi 5 janvier, Caroline St-Hilaire avec Benoit Dutrizac sur QUB radio (à 5 min) rappelait que ces gens n’avaient pas respecté les règles et que « ça commence à faire beaucoup de monde, beaucoup de petites tricheries, on les voit les conséquences aujourd’hui, elles sont claires. »

Les symptômes se développent en moyenne de 5 à 7 jours après la contamination, mais peuvent aller de 2 à 12 jours. Il faut, en outre, trois ou quatre jours pour récolter tous les chiffres à travers la province. (Site québec. ca/santé)

Or que voit-on ? Aucune hausse des cas, un plateau et même une baisse depuis quelques jours.

En chiffres : 


  Date de
déclaration
du cas  
  Par lien
épidé­mio­lo­gique  
En
laboratoire
  Moyenne mobile (7 jours)  
17/12/2020 29 2302 2047,71
18/12/2020 23 2110 2079,29
19/12/2020 8 2058 2132,86
20/12/2020 23 1954 2148,71
21/12/2020 11 2106 2162,29
22/12/2020 22 2148 2184,71
23/12/2020 11 2236 2190,14
24/12/2020 7 2419 2216,57
25/12/2020 8 2282 2245,14
26/12/2020 16 2088 2345,57
27/12/2020 14 2148 2428,43
28/12/2020 9 2308 2445
29/12/2020 31 2842 2511,71
30/12/2020 31 2796 2555,29
31/12/2020 12 2530 2557
01/01/2021 22 2735 2591,86
02/01/2021 16 2393 2552,43
03/01/2021 18 2156 2560,86
04/01/2021 20 2541 2600,14
05/01/2021 17 2580 2599,71
06/01/2021 5 2881 2543,57
07/01/2021 8 2809 2524,86
08/01/2021 9 2745 2414,71
09/01/2021 16 2000 2354
10/01/2021 8 2035 2128,43
11/01/2021 19 1771
12/01/2021 23 2149
13/01/2021 14 1293

On voit que la moyenne mobile de 7 jours (avec plusieurs jours de recul) a atteint un plateau depuis le 1er janvier et que le nombre quotidien de cas est en baisse depuis le 6 janvier.

Il semble donc, en prenant en compte la période d’incubation du virus et de l’apparition des symptômes, n’avoir eu aucune hausse de cas significative depuis Noël et le Nouvel An, on a plutôt atteint un plateau, voire une lente baisse. Ceci intervient avant l’entrée en vigueur du couvre-feu le samedi 9 janvier à 20 heures ; ses effets n’apparaîtront dans les statistiques que dans quelques jours.

Pourquoi ? Alors que « ça commence à faire beaucoup de monde [qui ne respectent pas les consignes], beaucoup de petites tricheries, on les voit les conséquences aujourd’hui, elles sont claires », comme le déclarait Caroline Saint-Hilaire ?

Une hypothèse pourrait être que les gens qui ont accueilli leur famille ou des amis (les 46 % qui l’avouent, peut-être plus dans les faits) ont en fait reçu des gens proches avec qui ils avaient déjà eu de nombreux contacts. Ils formaient déjà en quelque sorte une bulle élargie qui n’a pas accéléré la diffusion du virus. Au contraire, la période des Fêtes en limitant les autres contacts, notamment professionnels, les gens prenant congé, pourraient expliquer la lente décrue observée pour l’instant.

 
Voir aussi

Un rassemblement de six (6) personnes dans une résidence de Gatineau a donné lieu à une intervention policière qui a rapidement dégénéré, dans la soirée du 31 décembre, et un homme a même été arrêté. Appelé à s’expliquer, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a reconnu être intervenu jeudi soir, vers 23h10, dans une résidence de la rue Le Baron, après la plainte d’un citoyen. «L’approche préconisée était préventive. Les agents ont sollicité leur collaboration pour mettre fin au rassemblement, mais ils ont eu une fin de non-recevoir», a commenté le lieutenant Éric Simard.


L’Université de Leicester prévoit remplacer la littérature médiévale par des modules sur la race et la diversité

Les autorités de l’Université de Leicester ont demandé que les textes classiques du Moyen Âge, notamment Les Contes de Canterbury et Beowulf, mais aussi la littérature arthurienne ou les sagas islandaises, soient retirés des programmes de littérature anglaise au profit d’un « programme décolonisé ».

Si ces mesures sont mises en œuvre, toutes les œuvres littéraires antérieures à 1500 seront abandonnées, et même de grands auteurs classiques postérieurs au Moyen Âge comme Milton ou John Donne sont menacés. « Une sélection de modules sur la race, l’ethnicité, la sexualité et la diversité » serait introduite à la place de ces cours de littérature.

Geoffrey Chaucer tel qu’il apparaît dans le manuscrit d’Ellesmere du début du XVe siècle des Contes de Canterbury.

L’Université de Leicester ne dément pas la purge des programmes, mais seulement le fait que la littérature médiévale serait annulée « parce que trop blanche »…

Selon le Sydney Morning Herald, les professeurs auraient été informés que, « pour faciliter le changement, la direction prévoyait d’arrêter tous les cours d’anglais, de mettre fin à la littérature médiévale et de réduire l’offre de la littérature du début de l’époque moderne » (XVIe et XVIIe siècles).

Malgré la place de Chaucer comme « père de la littérature anglaise », il ne sera plus enseigné si les plans actuels se concrétisent.

La faculté mettrait fin à l’enseignement des textes essentiels au développement de la langue anglaise, y compris le poème épique du Moyen Âge Beowulf, ainsi que Sire Gauvain et le chevalier vert.

Le Morte d’Arthur de Sir Thomas Malory, les sagas vikings et toutes les œuvres écrites avant 1500 seraient également supprimées du programme.

Selon des universitaires concernés, les coupes aux modules des premiers textes modernes pourraient voir l’élimination de textes tels que Le Paradis perdu de John Milton.

L’Université de Leicester a déclaré qu’elle continuerait à enseigner l’œuvre de William Shakespeare datant pourtant de la même époque.

Le personnel a été alerté du changement et des licenciements potentiels, 60 emplois menacés.

Selon le Telegraph, la direction de l’université a déclaré que cette initiative visait à « fournir des modules que les étudiants attendent d’un diplôme d’anglais ». Et le président et vice-chancelier, le professeur Nishan Canagarajah, a déclaré que ces transformations étaient nécessaires pour que l’université « soit compétitive au niveau mondial ». Les universitaires qui enseignent les matières bientôt supprimées craignent déjà pour leur emploi.

Les universités sont soumises à une pression considérable pour modifier leurs programmes. En 2019, les Étudiants de l'Université de Sheffield avait publié une vidéo (ci-dessous) présentant la « décolonisation » du programme. La vidéo dépeint le monde universitaire comme un « espace dominé par les blancs ». Elle suggère que de grands écrivains comme Chaucer ou Shelley ne sont inscrits au programme que parce qu’ils « s’intègrent dans une culture universitaire affectée par les mêmes préjugés raciaux que nous constatons dans le reste de la société ».

« Décolonisation » du programme à partir de la 3e minute. Dans le vidéo on parle de BME students, il s’agit d’étudiants noirs et d’autres minorités ethniques (Black and minority ethnic students).

En juin, la vice-chancelière de l’Université d’Oxford, Louise Richardson, a annoncé son intention de « décoloniser » les diplômes en sciences et mathématiques d’Oxford. Les cours devront couvrir des questions telles que « la race » ou « l’empire ».

Ceux qui demandent la « décolonisation » du programme prétendent élargir l’horizon des étudiants. Mais la suppression d’innombrables textes classiques du programme ne fera que creuser un trou béant dans les connaissances des étudiants…

Sources : The Telegraph/, Sydney Morning Herald, Daily Mail, Observatoire du décolonialisme.


Suppression de l'ancien français du concours de professeur de français (collège et lycée)

On annonce la suppression de l’épreuve d’ancien français au CAPES. Le CAPES est le Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré. Ce diplôme professionnel du ministère français de l’Éducation nationale français permet de devenir professeur au sein d’un lycée général ou d’un collège.

L’École des lettres s’insurge contre cette suppression. La France rejoint-elle le niveau de la formation en français des enseignants québécois ? (Les futurs enseignants [québécois] utilisent Facebook pour se passer les questions aux tests de français, Épreuve de français pour enseignants [québécois] — « démission calamiteuse » et Échec massif des futurs enseignants [québécois] au test de français).

Comment apprendre la langue aux élèves si l’on ignore son évolution ?

Le dernier coup en date vise le CAPES de lettres modernes, par la suppression annoncée de l’épreuve d’ancien français qui, rappelons-le, avait déjà fusionné avec celle de grammaire il y a une dizaine d’années. Quel mépris pour la formation du futur prof de français ! Quel mépris pour notre patrimoine littéraire et culturel ! Quel mépris pour l’histoire de notre langue, son vocabulaire, sa syntaxe ! Il faut être bien ignare ou, surtout, bien indifférent à la qualité disciplinaire des enseignants pour priver les candidats d’une épreuve clé dans la constitution d’une culture grammaticale.

Ce souci de l’apprentissage de la langue, qui se manifeste dans tous les textes officiels, comment se manifestera-t-il si les études de langue et littérature du Moyen Âge sont marginalisées à l’université et ignorées aux concours de recrutement ? Comment expliquer aux élèves que « copain » et « compagnon » sont un même mot au cas sujet et au cas régime, tout comme « sire » et « seigneur », ou encore « on » et « homme » ? Comment expliquer pourquoi le pluriel de « cheval » est « chevaux », le féminin de « sauf » est « sauve », pourquoi « chétif » et « captif » ont la même origine, tout comme « ausculter » et « écouter », et tous les doublets du français ? Pourquoi certaines voyelles prennent un accent circonflexe (hôpital/hospitalité), pourquoi la terminaison de l’imparfait a été en « — oit » avant d’être en « — ait », pourquoi certains verbes conjugués sont formés sur deux radicaux (je sais/nous savons) ? Comment imaginer qu’un prof de français n’ait pas fourni la preuve de connaissances minimales concernant la formation de la langue française et son évolution ?!

Un recul dans la formation des professeurs

Certes, l’épreuve n’a jamais été facile, mais sa préparation a toujours été nécessaire. Espérer attirer des jeunes vers l’enseignement en supprimant des épreuves qui font peur est pitoyable. Tous les profs qui ont suivi ces cours, même s’ils n’ont pas brillé au concours, se sont véritablement initiés aux mécanismes de l’évolution phonétique, morphologique ou syntaxique du français. Ils ont reçu les bases d’une compréhension possible de tous les phénomènes linguistiques qui ont transformé le latin en français. La suppression de l’ancien français n’est pas un pas en avant dans la formation du professeur, c’est un recul, une régression, une décadence.

Le Roman de Renart (manuscrit du XIVe siècle). C’est du nom propre d’un avocat de Paris que l’auteur voulait moquer, Renart (du germanique Reinhardt [conseil-fort]), que provient le nom commun renard en français. Il a remplacé le mot goupil (du latin vulpes) dans la langue française. L’italien a gardé volpo.

 Pensons à l’invention de cette science de l’ancien français au XIXe siècle, pensons à ce qu’elle symbolisait de réappropriation de notre histoire et de notre culture, pensons aux progrès qu’elle permit de réaliser dans la connaissance de cinq siècles de littérature, pensons aux grands médiévistes dont l’université française peut s’enorgueillir, et pensons aux intérêts mesquins d’un concours qui se réforme sans bruit et sans gloire : il y a de quoi être amer, de quoi rallier tous ceux qui protestent, interpellent et se mobilisent pour que la formation des enseignants reste à la hauteur des ambitions fixées par une République éprise d’éducation. Le fameux « niveau des élèves », si cher à la société, ne montera jamais si, dans le même temps, le niveau des enseignants diminue.

Le Moyen Âge, si longtemps associé aux temps gothiques, aux temps barbares, en disparaissant du CAPES, signe véritablement le retour des temps obscurs.