Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Jetez un coup d’œil aux affiches du FBI montrant des personnes recherchées pour avoir pénétré dans le Capitole des États-Unis le 6 janvier 2021 : parmi les nombreux visages blancs, il y en a quelques-uns qui sont clairement latino-américains ou afro-américains. Voici quatre suspects recherchés par le FBI.
Cette diversité met en évidence l’augmentation du vote pro-Trump parmi les Latinos, les noirs et les Asiatiques en novembre par rapport à 2016 (voir graphique ci-dessous), malgré son opposition à l’immigration illégale. Oui, les électeurs de Trump sont en grande majorité des blancs (comme le sont les États-Unis pour l’instant), mais un quart à un tiers des électeurs latinos ont voté pour Trump en 2020.
L’un des organisateurs du mouvement « Stop the Steal » (Mettre fin au vol) est Ali Alexander, un partisan de Trump qui s’identifie comme noir et arabe. Le président des Proud Boys est Enrique Tarrio (en photo ci-dessous avec le maillot noir), un Latino élevé à Little Havana à Miami, il s’identifie comme afro-cubain ; lorsqu’il est arrivé à Washington pour le 6 janvier, il a été arrêté pour avoir prétendument brûlé une bannière Black Lives Matter prise dans une église noire le mois précédent. (On attend les nombreuses arrestations pour les mois d’émeutes au nom de BLM.)
Ce genre de statistiques et de faits trouble la gauche (woke ou simplement progressiste).
Pour cette gauche, il est exclu que ces minorités partagent des intérêts avec l’électorat blanc (l’immigration illégale fait pression à la baisse sur les salaires des immigrants récents peu qualifiés comme sur les salaires des « petits blancs »). Il est inconcevable que les minorités approuvent l’insistance sur la loi et l’ordre (alors que ce sont ces minorités qui pâtissent le plus de l’insécurité, pas les blancs aisés dans leurs communautés résidentielles closes et gardées). Il est inadmissible que ces minorités partagent des valeurs familiales conservatrices (patriarcales, horresco referens) avec les électeurs blancs de Trump et que les priorités extrémistes LGBTQ2SAI+ leur soient insupportables.
Non, tout cela est impensable, ces minorités ethniques doivent ne pas comprendre leurs intérêts. Elles doivent être le jouet de la suprématie sociale et idéologique des blancs. C’est « la blanchité multiraciale » comme le titre dans la photo ci-dessus le Washington Post, un organe très progressiste depuis son rachat par le magnat d'Amazon, Jeff Bezos. Cette « blanchité multiraciale » (on parle aussi de blanchitude) est en réalité un concept racialiste condescendant envers ces minorités qui osent sortir de leur réserve ethnique et s’écartent du rôle que leur assigne la gauche woke et progressiste.
un individualisme farouche, basé sur l'autonomie et l'indépendance, avec l'individu comme unité de base, qui est supposé contrôler son environnement (« on reçoit ce qu’on mérite »),
une forte orientation à la compétition et à l'envie de victoire, avec une orientation à l'action et une prise de décision majoritaire (là où les Blancs sont la majorité),
une justice basée sur le droit anglais, protégeant la propriété et les droits, où l'intention compte,
une communication polie et non intrusive, évitant le conflit et la démonstration d'émotions,
des congés basés sur les religions chrétiennes, l'« histoire blanche » et des leaders masculins,
une histoire focalisée sur l'expérience des immigrants américains issus d'Europe du Nord, avec une focalisation forte sur l'Empire britannique et une primauté des traditions occidentale (gréco-romaine) et judéo-chrétienne,
une éthique du travail protestante, où le travail est la clé du succès, il faut travailler avant de jouer et un échec est mis sur le compte d'un manque d'efforts,
un accent sur la méthode scientifique, notamment une pensée objective, rationnelle et linéaire, avec des relations de cause à effet, et un accent quantitatif,
une forte valorisation de la richesse, une identification de l'individu avec son travail, un respect de l'autorité,
une vision du temps comme une ressource et des plannings rigides, une tendance à faire des plans pour l'avenir, à chercher le progrès et à s'attendre à « des lendemains meilleurs »,
une famille à structure nucléaire avec mari, femme et 2 ou 3 enfants, un mari qui gagne l'argent et une femme au foyer, des enfants indépendants avec si possible leur propre chambre,
une esthétique basée sur la culture européenne, une beauté féminine basée sur la blondeur et la minceur, une attractivité masculine basée sur le statut économique, le pouvoir et l'intelligence,
une vision de la religion avec le christianisme comme norme et les religions non judéo-chrétiennes comme étrangères, et un refus de la déviation du concept de dieu unique.
S'assimiler à la société américaine historique et majoritaire ou adopter la méthode scientifique « occidentale » ce serait faire preuve de blanchité et être un suppôt du suprématisme blanc... Bienvenue au monde des tribus et des groupes ethniques essentialisés.
On retrouvera ci-dessous les résultats de sondages de sorties des urnes à l'élection présidentielle de 2020. On y indique le glissement du vote en faveur de Trump ou de Biden comparé aux résultats des élections de 2016. +4 pour Biden dans la première rangée signifie que Biden a amélioré le resultat d'Hillary Clinton de 4 % chez les hommes, il est cependant toujours dépassé par Trump (amélioration de +1 %) dans cette catégorie
Extraits d’un article du Soleil de Québec sur des données inédites qui confirment les études suédoises, finnoises et suisses : les enfants sont peu atteints par la Covid=19 et peu contagieux. Ces études sont parfois remises en question notamment parce que la COVID-19 ne provoque souvent aucun symptôme chez les enfants, ce qui fait qu’on les teste moins. Une bonne partie des « cas pédiatriques » auraient donc pu passer inaperçus, ce qui aurait fait conclure (erronément apparemment) à certaines études que les écoles ne sont pas des lieux de contagion significatifs.
À cet égard, cependant, la Santé publique du Québec a effectué quelques opérations de dépistage systématique dans des écoles qui permettent de contourner ce problème méthodologique. Quand il semblait y avoir une éclosion sérieuse dans un établissement, la Santé publique a souvent envoyé des équipes sur place pour tester tous les élèves de l’école, ou du moins ceux de plusieurs classes. Il peut certainement y avoir eu des enfants qui sont passés entre les mailles de ce filet — par exemple parce que leurs parents n’ont pas rempli le formulaire autorisant à tester leurs enfants —, mais cela donne quand même des statistiques qui sont largement indépendantes de la présence de symptômes, et possiblement le plus solide indicateur que l’on ait de la transmission dans les écoles.
C’est grosso modo la lecture qu’en font Mme Granvaux et Dre Quach. « Pour réussir à voir combien d’enfants ont été infectés par le cas index [NDLR : la première personne qui amène le virus dans un milieu], le seul moyen est de tester tout le monde à un moment précis », dit cette dernière.
Malheureusement, ni la Santé, ni l’Éducation, ni la plupart des directions régionales de santé publique n’ont pris soin de noter le résultat de ces dépistages systématiques, a constaté Le Soleil en frappant à toutes ces portes. C’est particulièrement dommage dans le cas de Montréal, où se trouve la majorité des cas de COVID-19, dit Dre Quach.
Mais dans les quelques cas où des chiffres (ne serait-ce que partiels) sont disponibles, le portrait qui s’en dégage est plutôt rassurant. Si la propagation était importante dans les écoles, on s’attendrait à trouver des cas en « grappes », concentrés dans les mêmes quelques classes. Mais comme le montre notre tableau ci-dessus, ces opérations de dépistage systématique n’ont généralement trouvé que des cas très uniformément répartis, à raison d’un ou deux par classe.
Il y a eu, soulignons-le, quatre classes en Outaouais où il semblait y avoir eu des véritables éclosions, soit de quatre à six cas par groupe, ce qui montre qu’il peut y avoir de la contagion à l’école. Mais dans les 15 autres classes où le CISSS de l’Outaouais a fait des dépistages systématiques, on ne trouvait qu’un cas (huit classes), deux cas (quatre classes) ou trois cas (trois classes).
Dans l’ensemble, commente Mme Grandvaux, « ces chiffres-là sont quand même rassurants » puisque sans être une preuve formelle ils suggèrent que les écoles ne sont pas des foyers d’infection, mais que la transmission qui s’y produit est plutôt le reflet de ce qui circule dans la communauté en général. Dre Quach interprète ces chiffres essentiellement de la même manière.
Frédéric Lacroix répond au texte lénifiant et anesthésiant de Mario Polèse et Pierre Fortin, « Réforme de la loi 101 : si seulement il y avait des solutions faciles », publié le 11 janvier sur le site subventionné de La Presse, entreprise libérale et fédéraliste.
Il rappelle que « Pour simplement assurer la stabilité du groupe francophone, il faudrait que les substitutions linguistiques des immigrants allophones soient dirigées à 90 % vers le français. Nous sommes très, très loin du compte ».
Je suis l’auteur d’un essai (Pourquoi la loi 101 est un échec) sur la question linguistique paru chez Boréal en octobre 2020. Un essai dont la lecture a été recommandée, à ma grande joie, par de nombreux journalistes et chroniqueurs bien connus (Louis Cornellier, Robert Dutrisac et Michel David du Devoir, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Antoine Robitaille du Journal de Montréal).
Or, dans un curieux texte publié par La Presse le 11 janvier (« Réforme de la loi 101 : si seulement il y avait des solutions faciles »), Mario Polèse et Pierre Fortin, sans mentionner mon nom, énoncent que « prétendre que la loi 101 est un échec est une absurdité, dans la même lignée que les énoncés de Donald Trump ». Vraiment ?
Il est difficile de ne pas voir dans cette affirmation, qui reprend le titre de mon essai, une attaque gratuite et, disons-le, tout à fait grotesque envers moi. MM. Polèse et Fortin, qui s’intéressent à la question linguistique, ne pouvaient pas ignorer l’existence de mon livre ; ils ont choisi de trumpiser non seulement le discours qu’il défend, mais moi-même, ce qui est une façon de me disqualifier moralement, de me diaboliser, de tenter de m’exclure du débat public.
Ce bas procédé est tout à fait indigne de deux professeurs « émérites ».
Du reste, il est évident que les deux professeurs n’ont pas lu cet essai, qu’ils diabolisent avec autant de légèreté. Ainsi, leur texte ne contient-il aucune réfutation de fonds contre les idées avancées dans mon essai.
S’ils l’avaient lu, ils sauraient que l’affirmation que « la loi 101 est un échec » n’est aucunement lancée à la légère. On peut juger que la loi 101 est un échec en mesurant l’atteinte des objectifs que visait le législateur, objectifs qui sont explicités dans le Livre blanc déposé par Camille Laurin en 1977.
Les objectifs majeurs étaient :
d’arrêter l’érosion annoncée du poids démographique des francophones au Québec ;
d’inciter une nette majorité des immigrants allophones à s’intégrer au groupe francophone ;
d’améliorer le statut socio-économique du français de façon à déloger l’anglais comme « langue des affaires » au Québec.
La loi 101 est venue, c’est vrai, améliorer le solde des substitutions linguistiques que les immigrants effectuent vers le français (de 10 à 55 %) et a aussi amélioré le statut socio-économique du français.
Ces améliorations, cependant, sont de trop faible ampleur pour empêcher la minorisation des francophones au Québec (le poids des francophones a ainsi chuté de 3,4 % de 2001 à 2016, ce qui est la plus importante chute jamais mesurée).
Pour simplement assurer la stabilité du groupe francophone, il faudrait que les substitutions linguistiques des immigrants allophones soient dirigées à 90 % vers le français. Nous sommes très, très loin du compte ; la chute du poids des francophones va continuer pour tout l’avenir prévisible.
Statistique Canada, un organisme fédéral que l’on ne peut probablement pas accuser de « trumpisme », prévoit que le poids démographique des francophones sera autour de 69 % au Québec en 2036. A contrario, le poids démographique des anglophones sera en augmentation. La loi 101 n’atteint aucunement son premier objectif.
Enfin, il est important de préciser que la loi 101 qui est en échec est celle qui a été façonnée par les tribunaux fédéraux, dont les jugements, un après l’autre, sont venus démolir des pans entiers, et très importants, de la loi 101 originale déposée par Camille Laurin.
Ainsi, la loi 101 actuelle a peu à voir avec celle adoptée par l’Assemblée nationale le 26 août 1977. On peut donc penser que cet échec de la loi 101 est consubstantiel à la vision individualiste des droits linguistiques qui a été imposée par les tribunaux canadiens, vision qui est l’antithèse des idées portées par la loi 101 originale, qui était largement basée sur les droits collectifs.
Le nombre d’enseignants non qualifiés continue d’augmenter dans les écoles du Québec. La pénurie de professeurs pousse les directions d’écoles à embaucher du personnel qui n’est pas légalement qualifié. Ils sont ainsi plus de 2000 dans les classes du Québec à enseigner aux enfants. Leur nombre a plus que doublé depuis cinq ans.
La pénurie d’enseignants est telle au Québec que le ministère de l’Éducation permet aux centres de services scolaires d’embaucher des professeurs qui n’ont pas le baccalauréat en enseignement et le brevet.
On leur octroie alors une tolérance d’engagement qui est valide pour un an.
Avec la pandémie, la pénurie s’est accentuée et le manque de personnel qualifié est encore plus grand dans les écoles. Selon des données du ministère de l’Éducation, il y a actuellement 2210 enseignants non qualifiés dans le réseau scolaire qui ont une tolérance d’engagement, soit une augmentation de 25 % par rapport à l’an dernier.
En fait, cette tendance à la hausse est observable depuis cinq ans. En 2015-2016, ils étaient 896. Il s’agit donc d’une augmentation de 146 % depuis ce temps.
Ce carnet considère qu’il faudrait permettre à davantage de diplômés d’enseigner sans avoir un diplôme en éducation. Des licenciés (B.A., B.Sc.) dans un domaine précis (histoire, français, sciences) devraient — légalement et non par simple tolérance — pouvoir enseigner les matières en question après une formation pédagogique courte, pas nécessairement donnée à l’université. Elle pourrait, notamment, être donnée par des réseaux d’écoles dans leur propre tradition pédagogique.
Fin d’une exception ? Le moteur démographique des États-Unis, avec 329 millions d’habitants, ralentit, faute de naissances et d’apport migratoire.
Durant longtemps, l’Amérique a constitué une exception démographique avec la France et Israël. Une forte immigration et un taux de fécondité relativement élevé y faisaient croître plus rapidement la population que dans les autres pays riches.
Mais cette situation à part touche peut être à sa fin, avec plusieurs grands États qui ont perdu leur dynamique de croissance.
Taux de natalité des États-Unis de 1800-2020 (naissances par 1000 habitants)
La population de la Californie stagne et pourrait même décroître : de nombreuses entreprises et citoyens quittent l’État, l’immigration a été limitée par Trump, la natalité atteint un bas niveau inédit. L’Illinois, qui a perdu 250 000 résidents en une décennie, enregistre un déficit démographique depuis sept années consécutives. Mais c’est à New York que la chute est la plus forte : l’État a perdu 126 000 habitants sur les six premiers mois de 2020, soit 0,65 % de sa population. La croissance de quelques États républicains comme le Texas et la Floride, notamment dans le Sud, ne compense pas ce fléchissement.
De janvier à juillet 2020, la population américaine a crû de seulement 0,35 %, soit une hausse de 1,2 million d’habitants pour un total de 329 millions. Le chiffre n’a pas été aussi faible depuis 1900. Ce phénomène est dû en partie à la chute de l’immigration, qui explique la stagnation démographique de villes comme Los Angeles, New York ou Chicago, et qui participe aussi à la baisse de la fécondité. Le taux de natalité par Américaine atteint 1,7 enfant par femme en moyenne, au plus bas depuis des décennies. Il est inférieur au taux français (1,87 en 2019), identique au britannique, mais plus haut que le canadien ou le québécois (1,5-1,6).
Indice de fécondité des États-Unis (1800-2020), enfant par femme
Nul doute que la politique migratoire restrictive de Donald Trump a accentué la tendance. Et même si l’administration Biden pourra revenir sur certaines restrictions, elle ne pourra sans doute pas les supprimer toutes, du moins à court terme.
Pour ne rien arranger, deux chercheurs de Berkeley, Joshua Goldstein et Ronald Lee, estiment que les décès dus au Covid, qui pourraient dépasser le demi-million en avril 2021, vont faire chuter de plus d’un an l’espérance de vie. De plus, les experts estiment à 340 000 le nombre de naissances qui n’auront pas lieu en 2021 en raison de la situation sanitaire et économique.
Scénario européen, canadien et québécois
Bien sûr, une partie de ces conséquences pourraient disparaître avec la fin de la pandémie. Les couples qui ont reporté leur projet d’enfant pourraient provoquer un bref baby-boom en 2022 et 2023. Tandis que la possible réouverture des frontières devrait relancer l’immigration. Pourtant, la baisse tendancielle de la démographie devrait se poursuivre ces prochaines années, « parce que l’Amérique ressemble de plus en plus à l’Europe, avec une fertilité moindre et une immigration plus contrôlée », observe le démographe Joseph Chamie.
Par ailleurs, voir sa population décroître constitue un désavantage pour chacun des États américains, dans la mesure où cela diminue son poids politique. Certains États du Midwest et du Nord-Est pourraient perdre plusieurs de leurs grands électeurs.
Selon les scénarios du bureau du recensement américain (US Census), si le pays redevenait l’exception qu’il a longtemps été, avec de hauts niveaux d’immigration, sa population atteindrait les 447 millions en 2060. Mais s’il continuait à maîtriser l’immigration comme sous Donald Trump — avec une natalité équivalente à celle des autres pays riches — ce chiffre pourrait alors tomber à 320 millions.
L’État ferme chaque année des écoles de village par centaines. Pas rentables ! Pas aux normes ! Silence : on tue au nom de la rationalité budgétaire.
Pourtant, ces écoles sont l’archétype de l’école française, dont le modèle a été inventé précisément pour l’école de la France... rurale.
Cette école, composée d’une classe unique multi-niveaux vivant au rythme des travaux des champs, avec son maître d’école qui suit ses enfants pendant toute leur scolarité, après avoir instruit leurs propres parents avant eux... Rien à voir avec l’éducation hors-sol et anonyme des grands bahuts de cités [immigrées] !
Cette école rurale est aimée. Elle reste humaine à une époque qui l’est de moins en moins. Avec quelle tendresse ne pense-t-on pas au film « Être et avoir », qui montre l’exceptionnelle relation entre les treize élèves de l'école primaire du petit village auvergnat de Saint-Etienne-sur-Usson, âgés de 3 à 10 ans, enseignés dans leur classe unique par leur instituteur, Georges Lopez.
La bonne nouvelle, c’est que cette école rurale a un avenir, et même un avenir fou !
Contrairement aux préjugés, elle est même économique, à condition d'être gérée comme on gère une école libre ; elle permet le maintien décomplexé de méthodes traditionnelles, associées à ce qui fonctionne dans le numérique. Elle permet par sa petite taille de nourrir les enfants avec des produits sains ; elle favorise l’ancrage dans l’économie et la culture locales, ainsi que les interactions avec les hommes et les femmes du pays. Ici, l’innovation peut fonctionner en circuit court !
C’est pour cela que la Fondation Kairos organise un séminaire-action le 27 janvier prochain sur ce thème, où des élus et créateurs d’écoles de la ruralité partageront leurs bonnes pratiques, pour aider d’autres maires et entrepreneurs de l’intérêt général à faire vivre ou à ressusciter l’école de leur village !
Anne Coffinier, présidente de Créer son école - Educ'France
Le cégep de Maisonneuve à Montréal, dont plus de la moitié des étudiants sont issus de l'immigration, doit composer avec les défis du vivre-ensemble. En ce moment délicat du passage à l'âge adulte, c'est la vie ensemble, malgré tout, que nous avons filmée pendant toute une année. Réalisé par Nicolas Wadimoff et Emmanuelle Walter.
« Le collège Maisonneuve est un véritable laboratoire de ce vivre-ensemble. Et pourtant, rompant le fil d'une longue et belle histoire d'éducation progressiste, une dizaine d'étudiants tentaient en 2015 de rejoindre l'État islamique en Syrie. Un événement que personne n'avait vu venir. Depuis le collège a pris de bonnes résolutions. »
Le réseau de l’enseignement en Belgique francophone peut se diviser en trois grands réseaux :
celui organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles, connu sous le sigle de WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement),
l’enseignement officiel (organisé à un niveau inférieur : provinces, villes ou communes),
l’enseignement libre (catholique ou non, organisé par des associations).
Le Soir de ce samedi nous apprend que tous les établissements d’enseignement supérieur WBE (environ 20 000 étudiants) mais aussi de promotion sociale (environ 30 000 étudiants) vont autoriser les « signes convictionnels » dont le voile. Cinq hautes écoles (hors universités), cinq écoles supérieures des arts et 29 établissements de promotion sociale sont ainsi concernés. Ce changement interviendra pour la prochaine rentrée scolaire.
Manifestation pro-foulard à Bruxelles en juillet 2020 (remarquez la seule pancarte : en anglais)
Cette décision d’autoriser les signes religieux, dont le port du voile, (sauf exceptions, par exemple quand la sécurité pourrait être menacée ou pour des raisons d’hygiène) a été prise par le conseil d’administration de WBE qui compte des représentants de toutes les formations politiques. « J’ai été surpris », a souligné Julien Nicaise, « un consensus a très vite pu être trouvé, ainsi qu’avec l’ensemble des directions avec lesquelles nous nous sommes bien sûr concertés. »
Le foulard est déjà autorisé dans la plupart des établissements d’enseignement supérieur du réseau catholique. Côté réseau officiel (provinces, villes et commune), le même choix figurait aussi dans l’accord de majorité de la Région bruxelloise. Pas plus tard que cet été, le ministre -Président Rudi Vervoort (parti socialiste) a confirmé que ce changement serait appliqué dans toutes les écoles de promotion sociale organisées par la Cocof (la Commission communautaire française) et à l’Esac (l’École supérieure des arts du cirque). Par contre, cette option n’est pas suivie partout dans le reste du réseau officiel.
Conséquence du profond changement démographique que connaît la Belgique ?
Manifestants rassemblés sous la bannière « #HijabisFightBack Protest » à Bruxelles en juillet 2020
Pierre Conesa, agrégé d’histoire et ancien élève de l’ENA, enseignant à Sciences-Po et écrit régulièrement dans Le Monde diplomatique.
Récemment, il publiait Hollywar, sous-titré Hollywood, arme de propagande massive. Pour Conesa, Hollywood est une usine à rêves, mais aussi une formidable machine à créer des méchants. À chaque époque sa cible. D’abord incarné par le Noir, représenté comme un illettré, un paresseux obsédé par la femme blanche, l’ennemi a ensuite pris les traits de l’Indien, sauvage et agressif, puis du Chinois cruel, du basané — bandit mexicain, gras et transpirant, ou trafiquant colombien —, du nazi ou du communiste… Plus récemment, lors de la deuxième guerre du Golfe [en fait bien avant, voir « The » Revenant, Hollywood et le Canadien français qui donne plusieurs exemples de caricatures sans rapport avec la guerre du Golfe] c’est le « Frenchie » qui a cristallisé la rancœur des États-Unis, avant qu’il soit remplacé par l’Arabo-Irano-terroristo-musulman.
Pour mener l’enquête, l’auteur a passé au crible plus de trois mille films, le plus souvent des objets cinématographiques de consommation courante, ceux qui forgent l’opinion publique bien plus que les chefs-d’œuvre. De manière implacable, il démontre comment Hollywood, en jouant de la confusion entre fiction et réalité, cinéma et géopolitique, est devenu une arme de propagande massive, capable de transformer les ennemis des États-Unis en menaces planétaires.
Ci-dessous la recension de cet ouvrage par Éric Zemmour.
Vous êtes confortablement installé dans un fauteuil rouge ; vous grignotez distraitement un paquet de maïs soufflés ; un film défile devant vos yeux ébaubis ; vous l’ignorez, mais vous faites de la politique. Vous croyez que le cinéma est une usine à rêves, quand elle est d’abord une fabrique d’idéologies ; vous croyez qu’on vous raconte une histoire, alors qu’on vous endoctrine. Vous êtes persuadé que seuls les régimes totalitaires du XXe siècle, nazi et communiste, ont utilisé le cinéma comme machine de propagande ; vous avez retenu les noms de Leni Riefenstahl ou Eisenstein ; vous ne vous êtes pas aperçu que les démocraties, française ou américaine, sont elles aussi très douées ; et que la meilleure machine de cinéma du monde, Hollywood, est aussi logiquement une arme de propagande massive qui dépasse tout ce qu’on a vu dans l’histoire.
Cette dimension idéologique du cinéma en général, et de Hollywood en particulier, est au cœur du livre de Pierre Conesa. Ce cinéphile amateur et géopoliticien professionnel ne cache pas son admiration pour les grands cinéastes américains. Cela ne l’a pas empêché de se plonger dans le fond de sauce de Hollywood, tous ces films de série B ou Z, qui ont souvent plus de succès public que les chefs-d’œuvre. Il en est ressorti avec une grille de lecture passionnante qui montre que le cinéma américain a forgé l’identité nationale des États-Unis.
Hollywood a été pour les Américains ce que l’État, l’Église et la littérature furent pour l’édification du roman national français : à la fois machine à raconter une histoire glorieuse de la nation et à désigner un ennemi. Conesa s’attarde surtout sur ce dernier rôle. Il passe en revue les « ennemis » de l’intérieur : l’Indien, le Noir, le Jaune, le Mexicain. Il démontre que Hollywood les a affublés de stéréotypes infamants dès l’invention du cinéma, même lorsque celui-ci était muet. Il rappelle la formule célèbre de Roland Barthes : « Le stéréotype est un fait politique, la figure majeure de l’idéologie. » Le grand juriste allemand Carl Schmitt nous a appris que le propre de la politique est de « désigner l’ennemi ». Hollywood fait d’abord et avant tout de la politique.
Il arrive d’ailleurs à notre auteur de se contredire quand il nous dit que « Hollywood ne raisonne qu’en fonction des résultats commerciaux d’un film ». En fait, Conesa tombe — pour une fois — dans le panneau de notre machine de propagande. L’intérêt économique et commercial est l’argument habituel de ces grands féodaux ploutocratiques. Ils ne feraient que suivre la volonté des spectateurs, comme s’ils se soumettaient à une démocratie consumériste. Ils font mine de ne pas savoir qu’au cinéma aussi l’offre crée la demande et que les patrons de Hollywood façonnent un esprit public devant lequel ils font semblant de s’incliner. Ainsi Conesa nous rappelle-t-il que, pendant les années 1930, Hollywood fut d’une discrétion de violette vis-à-vis de Hitler. Notre auteur nous explique que « Hollywood ne veut pas perdre le marché allemand totalement contrôlé par Goebbels ». Il oublie seulement que les élites américaines, hormis le président Roosevelt et les cinéastes juifs, sont alors favorables à l’Allemagne, qu’elles ont soutenue financièrement et médiatiquement depuis les années 1920, contre une France présentée comme militariste et revancharde. En 1940, Charlie Chaplin sonne avec Le Dictateur l’entrée en guerre de l’Amérique et de Hollywood.
Puis vint le temps des ennemis communistes, soviétiques, avant les terroristes arabes ou le « Frenchie » pacifiste.
En 1996, on apprenait que la CIA « collaborerait désormais ouvertement aux productions de Hollywood, à titre strictement consultatif ». Au moins, les choses étaient désormais assumées : Hollywood était l’annexe officielle de la centrale d’espionnage américaine.
La machine de propagande hollywoodienne ne s’arrête jamais et inonde le monde entier. Ceux qui résistent sont traités de protectionnistes et de chauvins. Pourtant, « le cinéma américain occupe 80 % à 95 % de l’espace dans les pays européens. Les films français, deuxièmes sur les marchés occidentaux, ne réalisent pas 4 % de la part de marché chez leurs voisins européens (…). Le déficit de la balance commerciale [dans le domaine cinématographique] entre les EU et l’Europe était de 3 milliards d’euros en 1993 ; il est de 9 milliards d’euros aujourd’hui. En France même (le seul pays d’Europe qui impose un système de quotas nationaux), la part du cinéma américain est de 60 %. Le ministre de la Culture de Corée du Sud comparait “Hollywood à un dinosaure qui tue l’écosystème” ». Pendant qu’ils inondent le monde, les Américains défendent farouchement leur pré carré en exigeant l’« américanisation » des films étrangers : reprenant la trame des scénarios, ils arrangent tout à leur sauce, avec des acteurs, des dialogues et une ambiance « made in USA ».
Une logique coloniale implacable. Une logique qui entraîne de légitimes révoltes décolonisatrices du côté des Chinois, des Indiens (Bollywood), voire des Coréens du Sud ou du monde musulman (Halalywood). De quoi conforter des Français longtemps isolés et brocardés dans cette résistance. [Voir Cinéma — le marché chinois a dépassé le nord-américain, la part d’Hollywood s’effondre en Chine]
Si Pierre Conesa avait écrit son livre il y a vingt ans, il n’y aurait rien eu à ajouter. Mais, entre-temps, l’émergence des séries et du fameux Netflix a bouleversé la donne. Bien sûr, la logique de consommation a changé, la salle a été négligée pour le salon. Mais ce n’est pas tout. La machine de propagande a changé de cible. Les anciens ennemis sont devenus les chouchous. La « diversité » a remplacé l’américanité. Des experts « woke » peuplent les comités d’éthique et les équipes de scénaristes de Hollywood. Il s’agit de vanter les charmes trop longtemps méconnus des Noirs, des femmes, des homosexuels. Tout est renversé : l’homme blanc hétérosexuel devient l’ennemi à abattre. John Wayne est dénoncé comme raciste et misogyne.Autant en emporte le vent est censuré. Clint Eastwood devient un cinéaste anticonformiste parce qu’il fait l’éloge de la classe ouvrière blanche. Hollywood a retourné son arme de guerre contre ces classes populaires américaines qui ont la mauvaise idée de voter Trump, ces « déplorables » qu’avait méprisés Hillary Clinton. C’est un funeste présage pour eux.
Hollywar, Hollywood, arme de propagande massive, par Pierre Conesa, chez Robert Laffont, à Paris, publié en 2018, 224 pages, ISBN-13 : 978-2221217221
Il existe un film hollywoodien sur l’expédition de Lewis et Clark (1804-1806). Il s’agit d’Horizons lointains tourné en 1955 avec Charlton Heston (un an avant sa participation dans la superproduction Les Dix Commandements). Le film tend à évacuer quasiment totalement le rôle des Français dans l’expédition
et mythifie celui de Sacagawea. Toussaint Charbonneau dans la vie réelle était l’époux de Sacagawea et le père de leur jeune fils pendant l’expédition. Dans le long métrage, il n’apparaît que, brièvement au demeurant, comme une brute sale, grassouillette, cupide, fourbe et mal embouchée qui réclame sa propriété, Sacagawea. Mais elle n’a d’yeux que pour le beau Charlton Heston, l’officier américain Clark qui lui conte fleurette et la séduit par ses discours et sa tendresse civilisés. Clark
est l’auteur du journal de l’expédition. Celle-ci comptait effectivement l’Indienne Sacajawea (également nommée la « Femme-oiseau »). Elle servit d’interprète et guida à certains moments les explorateurs. Mais, à l’inverse de sa situation dans le film où elle
tombe amoureuse de Clark, elle fut accompagnée durant tout le voyage par le trappeur « canadien » Toussaint Charbonneau qu’elle avait épousé avant le départ et dont elle avait un jeune enfant. Charbonneau, contrairement à sa description dans Lointains Horizons, était loin d’être antipathique, même s’il n’était pas sans défauts évidents.
Clark ne mentionne à aucun moment dans son journal la moindre amourette.
Clark et Sacageawa ne pouvaient d’ailleurs se parler en toute intimité puisque pour lui parler Clark devait passer par François Labiche qui comprenait l’anglais. Labiche traduisait ensuite en français pour Charbonneau qui ne parlait pas anglais et qui traduisait à son tour en meunitarri (gros ventre) à sa femme… Labiche n’est pas le seul absent du film, on ne voit pas plus le métis George Drouillard,
qualifié de meilleur chasseur de l’équipée par Lewis. Cette mythification de Sacageawa (dont on sait peu de choses en réalité) et cette dépréciation du rôle des Français ne sont pas le seul fait de ce film, on le retrouve également dans plusieurs romans qui traitent de cette expédition. Voir Anti‑French Sentiment in Lewis and Clark Expedition Fiction.
Dans Les Tuniques écarlatesréalisé par Cecil B. DeMille et sorti en 1940. (1940), Dan Duroc et Jacques Corbeau, deux métis, tentent de pousser
leur peuple à une nouvelle rébellion, plusieurs années après
l'écrasement d'une première révolte conduite par Louis Riel. Louis Riel est réfugié aux États-Unis. Tous les bons rôles sont attribués à
des anglo-saxons droits, beaux, généreux et courageux. Le mauvais rôle
est un certain Corbeau métis fourbe et rebelle. Louis Riel est lui
évanescent et victime de ce Corbeau au teint bistre.
Ajoutons à ces caricatures, l'exemple plus récent du feuilleton Frontière (2016-2018)
dont le seul Canadien-français est un minable trappeur amoral. Il s'agit de Jean-Marc Rivard, au prénom anachronique acr il est quasi inexistant avant 1930. Un seul voyageur français même si l’action
se passe en partie à Montréal et met en scène des
coureurs des bois qui sont tous des Anglo-saxons... Bien évidemment, les
autochtones sont loin d'être tous caricatures (il y a des idiots vindicatifs, mais les femmes y sont fortes et sages). D'ailleurs, toutes les femmes y ont une place très moderne, sans doute anachronique,
la tenancière de la taverne de Fort James tient ainsi la dragée haute
aux hommes de la Compagnie de la Baie d'Hudson, il faut dire qu'elle
porte la culotte et non une robe.
Maintenant,
il faudrait que le Québec et la France fassent des films qui valorisent
leur histoire, plutôt que de se pâmer devant les « chefs d’œuvre » de
Xavier Dolan (sinon gare à la crise de nerfs du génie) ou la dernier four mettant en scène Omar Sy (son Arsène loupé non vient à l'esprit, 2/5 sur Allociné). Il
ne faut pas toujours blâmer Hollywood de mal faire le boulot qu'aucun
cinéaste francophone ne fait plus.