vendredi 11 septembre 2020

École Covid-19 — cours de multiculturalisme 101 prime sur le cours de sciences ?

L’historienne Catherine Ferland indique que son fils a vu récemment ses cours de sciences pures disparaitre de son horaire au profit de cours d’éthiques et de culture religieuse.

Respect des « bulles classes » oblige, les horaires d’élèves de 4e et 5e secondaire ont dû être modifiés à la dernière minute. C’est le cas pour le fils de l’historienne de Québec Catherine Ferland, dont les cours de sciences fortes ont été remplacés par des cours... d’éthique et culture religieuse. Une décision illogique pour la mère de famille, qui souligne que les groupes-classes ne sont de toute façon pas respectés pour certains cours et en dehors des classes.

Mais Catherine Ferland y voit surtout « un impact majeur » sur l’avenir, puisque sans sciences ou sans maths fortes, c’est l’admission dans plusieurs programmes aux niveaux collégial et éventuellement universitaire qui est en jeu.

Mme Ferland a dénoncé la situation sur Facebook, mardi. Elle explique que son fils « s’est fait retirer ses sciences fortes, remplacées par des cours d’éthique et culture religieuse (???) », et que « certains de ses amis ont même perdu leurs maths fortes ».

« Tout ça pour soi-disant respecter les “bulles-classes”... mais attention, leur groupe de concentration se retrouve pourtant avec des élèves du régulier (pas la même “bulle”) pour certains cours. Aucune logique et, surtout, un impact majeur sur l’avenir. On ne parle pas ici de ne pas pouvoir faire de parascolaire : sans sciences fortes, plein de programmes de cégep et d’université deviennent soudainement inaccessibles », fulminait Mme Ferland.

La colère de l’historienne n’est pas du tout dirigée contre la direction et le personnel de l’école, « qui font un boulot incroyablement difficile », a-t-elle tenu à préciser sur le réseau social, puis au cours d’un entretien avec Le Soleil, mercredi.

« C’est comme si on leur demandait d’assembler un casse-tête de 2000 morceaux, sans image de référence, auquel il manque des pièces et auquel on a ajouté quelques pièces pas rapport à la dernière minute », illustre-t-elle.

Capture d’écran de la page Facebook de Mme Ferland

Catherine Ferland a d’ailleurs préféré taire le nom de l’école (du Centre de services scolaire de la Capitale), avec qui elle est en discussion pour tenter de régler la situation.

Je sens beaucoup de bonne volonté de la part des écoles de nous trouver des solutions. Essayer de trouver la manière d’offrir ses contenus quand même plus tard à l’année au besoin ce sera après les fêtes ou peut-être même en cours d’été.

Le problème, pour l’instant, c’est surtout les ressources. Les écoles se retrouvent avec des situations impossibles à régler, avec des dizaines, des centaines d’élèves à accommoder tout d’un coup, ajoute-t-elle.

On n’a pas de réponses fermes à me donner, je vois que l’école pédale très très fort pour le moment. C’est un peu le flou total.

Circonstances inédites

Le centre de services scolaire de la Capitale explique jongler avec les horaires depuis la rentrée, rappelant que les choix de cours ont été faits en février dernier, soit avant la pandémie. Depuis, les consignes ont évolué.

Depuis juin, lors du dévoilement du Plan de la rentrée, les écoles secondaires ont élaboré des horaires et eu l’obligation de revoir certains choix de cours et d’options pour maintenir des groupes-classes stables tout en permettant une fréquentation scolaire des élèves à temps plein, explique Véronique Gingras, porte-parole du centre de services.

Les écoles analysent le parcours des élèves avec une équipe de professionnels et tentent de prendre les meilleures décisions possible dans ces circonstances inédites. Pour tout cas particulier, nous invitons le parent et l’élève à clarifier la situation directement auprès de l’école, conclut la porte-parole.



Le calvaire des profs masqués en classe: « J'ai mal à la gorge à force de parler fort et je suis essoufflée »

Après seulement une semaine d’école, certains professeurs se plaignent de maux de gorge et de fatigue, dus au port du masque. Des conditions de travail qui peuvent, selon certains spécialistes, être potentiellement dangereuses pour la santé.

« Déjà vendredi dernier, en fin de journée, j’avais un petit mal de gorge », décrit Marie Briard, professeure de psychologie à l’Institut Notre-Dame de Namur. Cette enseignante admet que le début d’année est éprouvant. « On se sent souvent à bout de souffle, même si des études tendent à prouver qu’au niveau de l’oxygénation, ça va, analyse-t-elle. C’est quand même compliqué et un peu inquiétant. Ce début d’année scolaire est un peu insécurisant dans la mesure où on se sent déjà épuisé en fin de journée ».




Cette professeure n’est pas la seule à être épuisée en début d’année. Dans cette école, beaucoup de collègues s’inquiètent. « C’est assez fatigant, car on est obligés d’élever la voix et au niveau de l’articulation, on doit faire beaucoup d’efforts pour se faire comprendre par nos élèves, considère Émilie Dorval, professeure de français à l’Institut Notre-Dame de Namur. À la fin de la journée, j’ai mal à la gorge d’avoir parlé fort ».

« On va voir dans le futur si les professeurs vont pouvoir continuer, estime Sylvie Satin, directrice de l’institut Notre-Dame de Namur. Car s’ils ont toujours mal à la gorge, si ça les irrite : qu’est-ce que cela va donner au niveau des maladies ? »

Le port du masque permanent pourrait même être dangereux et en particulier pour les enseignants qui parlent toute la journée. « De par ce forçage, [il peut y avoir] essentiellement des lésions du bord libre des cordes vocales, c’est-à-dire des polypes, des hémorragies, parfois sur la longueur des nodules, qui vont être extrêmement délétères à la voix », décrit Gauthier Desuter, laryngologue aux cliniques universitaires Saint-Luc.

Du côté syndical, la CSC Enseignement demande une réunion d’urgence avec la ministre de l’Enseignement, Caroline Désir, afin d’assouplir la règle, ou au moins, de permettre au personnel des moments d’aérations.

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En Suède, la rentrée des classes a déjà eu lieu et le coronavirus n'y a (presque) rien changé

mercredi 9 septembre 2020

Tollé autour d'un livre pour jeunes enfants qui les encourage à confesser leur racisme

À tous les jeunes dont l’imagination est libérée des imaginations de la violence d’État et de la suprématie blanche...


« Antiracist Baby » — un livre pour enfants censément conçu pour aider les parents et leurs jeunes bébés à lutter contre le racisme — suscite toutes sortes de réactions sur Internet, ainsi que sur les réseaux sociaux 

La semaine dernière, la radio publique NPR a placé le livre destiné aux enfants de 3 ans et moins parmi ses 100 livres préférés pour les jeunes lecteurs. 

 Le livre, écrit par Ibram X. Kendi, auteur à succès dans le palmarès du New York Times, est sorti en juin. Kendi aurait écrit le livre pour aider « les parents et les enfants à extirper le racisme de notre société et de nous-mêmes ». Cet exploit, selon Kendi — qui est également directeur du Centre de recherche et de politique antiraciste de l’Université américaine de Washington, DC — n’est apparemment possible qu’en élevant des bébés « antiracistes ».

Le livre décrit neuf étapes grâce auxquelles les parents peuvent éduquer un enfant moral et en quête d’inclusivité. Le livre garantit que si les parents suivent les règles étape par étape, cela contribuera à « améliorer l’équité, comme ouvrir les yeux sur toutes les couleurs de peau et célébrer toutes nos différences ». Il faut bien comprendre que, pour les diversitaires, l’équité n’est pas l’égalité devant la loi ou l’égalité des chances, mais l’égalité des résultats, voire mieux, pour toutes les minorités à la mode (Lire Jordan Peterson sur le sujet).

Il est hors de question pour Kendi de créer un monde insensible aux couleurs de peau, un monde où les enfants n’y prêtent pas attention. Il faut, au contraire, insister sur les différences de peau.

Ces étapes comprennent la dénonciation du racisme quand on y est confronté et la confession du racisme inhérent aux très jeunes enfants. Le graphisme du livre s’apparente à celui de dessins animés sympathiques, représentant des manifestants avec des panneaux sur lesquels sont écrits « Black Lives Matter » [La vie des noirs compte] et « Equity now! » [égalité des résultats, de suite].

Le livre s’ouvre sur le passage suivant : « Un bébé ne naît pas antiraciste. On élève un bébé antiraciste pour transformer la société. » Ailleurs, on lit : « Rien ne dérange plus le racisme que lorsque nous confessons les idées racistes que nous exprimons parfois. »

Le livre touche également au privilège. « Certaines personnes obtiennent plus, tandis que d’autres en reçoivent moins... parce que les politiques ne garantissent pas toujours l’égalité d’accès », poursuit le livre.

Un critique sur Amazon écrit : « Ce livre est un tissu d’inepties et ne fait que ressasser une dichotomie simpliste selon laquelle tout le monde est soit un “raciste ou non-raciste”, s’adressant à nouveau au marché des blancs progressistes radicaux, ces wokes [“éveillés”] adeptes de la flagellation qui gobent ces absurdités dans l’espoir d’une rédemption. Un simple tas d’idioties qui cherche à endoctriner les nourrissons dans la même inepte idéologie “woke”. »

vendredi 4 septembre 2020

En Suède, la rentrée des classes a déjà eu lieu et le coronavirus n'y a (presque) rien changé

Le port du masque n’est même pas recommandé et les écoles peuvent décider d’instaurer partiellement l’enseignement à distance.

Le métro à Stockholm (Suède), le 21 août 2020, la semaine de la rentrée scolaire.

Cela fait déjà deux semaines que la rentrée scolaire a commencé en Suède, de façon quasi normale. Le royaume nordique s’était déjà distingué au début de l’épidémie de coronavirus en choisissant de ne pas confiner sa population et en ne fermant que ses lycées et universités. Et en Suède, que ce soit dans la rue ou à l’école, le masque n’est absolument pas obligatoire, ni même recommandé.

Exemple à l’école internationale de Stockholm, qui compte 650 élèves, du primaire à la terminale [fin cégep]. Chacun ici garde ses distances tant qu’il peut. On se lave les mains fréquemment, les horaires de cantine ont été aménagés, mais pas de masque à l’horizon. Et ça n’affole pas du tout la directrice, Karin Henrekso : « Si un élève arrive avec un masque — on en a deux ou trois pour tout l’établissement — c’est OK. Et si un prof veut porter un masque — personne ne le fait — c’est aussi OK. La ville de Stockholm recommande seulement de maintenir les distances entre nous. »

La rentrée est donc complètement normale pour les écoles et les collèges [écoles secondaires jusqu’à 15 ans] : ces établissements n’ont même jamais fermé. Là où les choses ont changé, c’est au lycée [16 à 18 ans]. Lycéens et étudiants étaient tous passés à l’enseignement à distance en mars, parce qu’ils empruntent beaucoup les transports en commun. Aujourd’hui, ils sont revenus, avec cependant quelques contraintes comme le précise Karin Henrekso : « La ville a recommandé de réduire le nombre de lycéens présents de 20 %. Donc on a décidé de faire passer certaines classes une semaine sur deux en enseignement à distance. »

L’enseignement en Suède est très décentralisé et c’est chaque lycée qui s’organise. Une proportion de cours à distance est recommandée, mais c’est l’enseignement en présentiel qui doit être la règle.

La Suède a été touchée par le coronavirus, mais le taux de mortalité y est inférieur à celui du Québec et de la Belgique, bien que supérieur à la France. 


 

Concernant les écoles, la Suède a toujours affirmé qu’elles n’étaient pas le principal vecteur de l’épidémie. Et cela semble confirmé par plusieurs études qui montrent que les enseignants ne sont pas plus infectés que le reste de la population. Concernant l’épidémie en général, il y a aussi une approche différente. En France et au Québec, les médias s’inquiètent tous les jours de la hausse du nombre de contaminations. En Suède, on s’intéresse plutôt au nombre de morts, aux admissions à l’hôpital, et on constate que pour l’instant, de ce côté-là, les chiffres sont très bas, et ce depuis plusieurs semaines.


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 Covid-19 — La Suède est-elle un contre-exemple ?

Suède et Suisse — Enfants peu à risques et peu contagieux


 

Fin des Dix Petits Nègres

La vague Black Lives Matter n'en finit pas de tout emporter. Après le retrait du catalogue de HBO Max d' Autant en emporte le vent , après la déprogrammation de la série de type télé-réalité Cops aux États-Unis, de la série comique Little Britain et d'un épisode de Fawlty Towers (l'Hôtel en folie), une sitcom culte créée par John Cleese des Monty Python, en Angleterre, c'est le chef-d'œuvre d'Agatha Christie, Dix Petits Nègres , qui est aujourd'hui déboulonné. 

La décision a été prise par James Prichard, l'arrière-petit-fils de la romancière anglaise. « Nous ne devons plus utiliser des termes qui risquent de blesser : voilà le comportement à adopter en 2020 » , s'est-il justifié. Le livre s'appellera donc désormais Ils étaient dix et sa traduction a été “révisée” : les mots “nègre” ont été biffés et “l'île du Nègre”, où est tendu le fameux piège aux dix personnages convoqués, devient “l'île du Soldat”… [Le mot « nègre », cité 74 fois dans la version originale du récit, n’apparaît plus du tout dans la nouvelle édition traduite par Gérard de Chergé. On ne sait pas comment la comptine qui parle de dix petits nègres a été modifiée... Dans la version américaine, ils étaient d'abord devenus des Indiens : « Ten little Indian boys went out to dine;». Avant de devenir des soldats... ]

« Il y a quelques mois encore, on était des milliers à rire de bon cœur des incultes qui s' indignaient de ce titre. Désormais, l'inculture triomphe et règne », a tweeté Raphaël Enthoven. Tout est dit.  

Source : Valeurs actuelles

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jeudi 3 septembre 2020

Est-il trop tard pour que votre enfant soit instruit à la maison ?

L’école à distance à distinguer de l’instruction à domicile

Si l’état de santé de votre enfant le met à risque de développer des complications s’il contracte la COVID-19, vous pouvez demander qu’il suive ses cours à la maison. Les réseaux public et privé ont développé des services à distance. Vous pouvez aussi formuler une telle requête si une personne de votre famille immédiate est vulnérable. Vous devez alors présenter un billet médical à la direction d’école de votre enfant.

L’instruction à domicile ou l’école à la maison

Dans le cas où votre enfant et les membres de votre famille sont en bonne santé, votre enfant n’aura pas droit à l’enseignement à distance. Vous pouvez alors opter pour une scolarisation à la maison. Et il n’est pas trop tard pour le faire dès septembre.

« L’école à la maison est disponible en tout temps. Le parent peut retirer son enfant à n’importe quel moment de l’année », mentionne la présidente de l’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED), Marine Dumond.

Au moins 8 304 enfants seront scolarisés à la maison au cours de l’année 2020-2021, selon des données obtenues par Radio-Canada. Au mois de mars 2020, avant que la pandémie de COVID-19 soit déclarée, ils étaient 5 964.

Comment faire ?

Si vous choisissez de faire l’école à la maison, vous devez présenter un avis écrit au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et à votre centre de services scolaire pour les informer que votre enfant poursuivra ses apprentissages à domicile. L’avis doit être envoyé dans les dix jours suivant le départ de votre enfant de son école. Si votre enfant fréquente un établissement privé, avisez aussi la direction de l’école.

Par la suite, vous devez présenter un projet d’apprentissage à la Direction de l’enseignement à la maison du ministère et à votre centre de services scolaire dans les 30 jours suivant la fin de la fréquentation scolaire de votre enfant.

Ce document doit présenter l’approche éducative que vous préconisez, le programme d’études et les activités prévues. Vous indiquez également les organisations qui vous épauleront dans l’enseignement à la maison et les modalités d’évaluation.

Frais déjà payés et pénalités

Si vous avez déjà payé des frais à l’école publique de votre quartier, vous recevrez un remboursement pour les services qui n’ont pas été rendus. « Ceci peut cependant varier selon le moment où le parent avise l’école de sa décision », mentionne le ministère de l’Éducation dans un échange de courriels, en précisant que chaque situation sera évaluée au cas par cas.

Dans le cas d’une école privée, vous devez assumer les frais « au prorata du nombre de jours que les services ont été offerts », indique la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP). « On ne facture pas de frais pour les jours, les semaines ou les mois au cours desquels l’enfant n’est pas scolarisé dans l’un de nos établissements », précise son président, David Bowles.

Toutefois, les droits d’inscription à une école privée — environ 50 $ — ne sont pas remboursables puisqu’il s’agit de frais administratifs imposés pour ouvrir le dossier de l’enfant. Il en est de même pour les frais d’environ 200 $ demandés à l’automne pour réserver une place à l’enfant au sein de l’école pour l’année suivante.

Quant à la possibilité que des pénalités soient exigées, M. Bowles avance que « ce n’est pas une pratique habituelle. Mais tous nos établissements sont indépendants. »

Réfléchissez-y bien !

Avant d’opter pour l’école à la maison, vous devez réfléchir à l’engagement que cela requiert. « On prend la responsabilité [de l’éducation de son enfant], insiste Marine Dumond. On ne délègue plus rien. Il faut chercher des ressources et il faut s’organiser. »

La présidente de l’AQED prévient les parents qui choisissent cette voie de ne pas faire l’erreur d’essayer d’être des enseignants. Ils sont plutôt des parents éducateurs, selon elle. « [Les enfants] ne veulent pas voir leurs parents comme des enseignants, dit-elle. C’est un apprentissage que les parents doivent faire. Ils vont devoir procéder par essais et erreurs. »

L’AQED vous propose plutôt de « sortir des normes » et de recourir à des méthodes alternatives d’enseignement, notamment par le biais de jeux, de lecture, d’activités muséales, etc.

Votre centre de services scolaire peut de son côté vous fournir des manuels scolaires et didactiques, en plus de vous donner accès à une bibliothèque, à des laboratoires, et même à des installations sportives, selon les disponibilités de ces espaces.

Autre association qui aide les parents éducateurs : la HSLDA et l’ACPEQ. Vous faites l’école-maison pour la toute première fois ? et Pour débuter, L’école-maison, c’est quoi au juste ?.

Source

L'égalité, un fantasme français — psychanalyse et aveux d'un brillant sujet libéral

Recension d'Éric Zemmour du livre L'égalité, un fantasme français de Michel Rosen qui vient de paraître aux éditions Tallandier. Un réquisitoire écrit par un ancien inspecteur des finances contre l’égalitarisme à la française qui tourne à la charge contre l’État.

 

Et soudain on comprend tout. On comprend pourquoi l’auteur ne craint pas de venir après les glorieux ancêtres comme Tocqueville, Taine, jusqu’à Alain Peyrefitte. On comprend pourquoi son livre ressemble à un ouvrage des années 1980, en pleine vague libérale, les mêmes thèmes, les mêmes grilles de lecture, les mêmes références, les mêmes exemples, les mêmes idées, les mêmes recettes, suppression du statut de la fonction publique ou smic régional. 
 
Le même plaidoyer pour «la «mondialisation heureuse», le libre-échange, la concurrence. La même admiration pour «l’économie sociale de marché» à l’allemande et l’université à l’américaine. La même préférence donnée à la « mobilité sociale » sur l’égalité, à l’individu sur la société. Le même éloge de «l’équité», à la place de «l’égalité», qui n’avait pourtant pas porté chance à Édouard Balladur en 1995. On comprend pourquoi sa dénonciation du fantasme égalitaire tourne très vite à la dénonciation de l’État. On comprend pourquoi cette impression de déjà lu cent fois, sous les plumes d’Olivennes, Minc, Baverez, etc., bref, tout ce que la nomenklatura française compte de plumes fécondes et de contempteurs du «mal français». On comprend cette avalanche de chiffres qui fait ressembler certaines pages à un rapport de l’Inspection générale des finances : l’auteur en sort !

Le lecteur est arrivé dans les dernières pages du livre, à la postface joliment intitulée «Pavane pour l’énarque défunt», et l’auteur lui avoue tout : Michel de Rosen a 69 ans, il fut élève de l’ENA en 1974, sorti en 1976 (promotion Guernica). Il sera directeur de cabinet d’Alain Madelin dans le gouvernement Chirac de 1986. Fils d’immigré russe, il a rêvé de servir l’État et la France, mais «le maximalisme étatiste du programme commun (…) m’a fait quitter le métier auquel je m’étais préparé avec enthousiasme ».

On le croit volontiers même si on a envie de lui faire remarquer que le maximalisme étatiste a duré deux petites années avant le «virage libéral et européen» de Mitterrand et des socialistes. Deux ans seulement! Mais notre auteur se défend avec conviction et même émotion. Le réquisitoire tourne au plaidoyer. Le plaidoyer à la psychanalyse. Le brillant inspecteur des finances a «pantouflé», a gagné beaucoup d’argent dans le privé, a même travaillé pour les Américains.

Il sait que sous le général de Gaulle on l’aurait qualifié de «traître». Il sait surtout que l’argumentaire libéral et mondialisateur des années 1980 a pris du plomb dans l’aile. Que l’exemple catastrophique d’incompétence de l’État toujours donné (le plan Calcul) peut être contrebalancé par l’incompétence privée qui coûte cher à la France (rachats des grands groupes français par des étrangers, Lafarge, Alstom, Alcatel, etc.). Avec intelligence, Rosen « lâche » volontiers le «ruissellement» des riches vers les pauvres, qui fut pourtant le principal thème de campagne des libéraux pendant trente ans. Mais il s’accroche encore à sa défense du libre-échange comme moteur de la croissance, alors qu’un de nos plus grands économistes, Maurice Allais (un libéral pourtant), a démontré il y a bien longtemps la concomitance entre l’ouverture au monde de l’Europe et de la France et la baisse de la croissance, la montée du chômage, et celle souvent explosive des inégalités au sein des pays, qu’ils soient riches ou pauvres.

Le problème n’est pas l’État français et l’obsession égalitaire française, mais la mondialisation du bas (l’immigration) et la mondialisation du haut (l’internationalisation des élites françaises), qui détruisent le pacte social français » et font s’écrouler le pays sur lui-même
Mais l’équanimité nous oblige à reconnaître que beaucoup d’arguments de notre auteur touchent fort juste. Sa charge contre les égalitaristes fous et leur icône Piketty frappe fort. Les chiffres de prélèvements obligatoires, de dépenses publiques, de prestations sociales, qu’il a l’habileté de donner en pourcentages mais aussi en absolus, font froid dans le dos. Nos « records » mondiaux en ce domaine nous emballent moins que ceux dans les stades. Nous comprenons très bien que le « haut niveau de prélèvements obligatoires vient du haut niveau de dépenses publiques»; et que le haut niveau de dépenses publiques vient du haut niveau de dépenses sociales. Et que le haut niveau de dépenses sociales vient du haut niveau de prestations sociales. En clair, des allocations diverses et variées qu’on verse aux individus (40 milliards d’aides au logement!) au lieu d’investir dans l’hôpital et la recherche. Ce qui fait que face au Covid, l’Allemagne et d’autres pays s’en sont mieux sortis que nous, avec (beaucoup) moins de dépenses sociales ! On comprend même – grâce soit rendue à notre inspecteur des finances défroqué - que notre État-providence réduit bien les inégalités de revenus mais ne favorise pas du tout la mobilité sociale, tandis que les impôts écrasants découragent les riches (qui fuient à l’étranger) et exaspèrent les classes moyennes (qui occupent les ronds-points en gilet jaune).

Dans une page étonnante, parce qu’elle contredit l’ensemble de la thèse antiétatiste, Michel de Rosen reconnaît que la lourdeur insupportable de la machine redistributrice française et les blocages de l’«ascenseur social», comme disait son ancien patron, Alain Madelin, peuvent être expliqués par trois raisons majeures : « Une immigration de niveau socio-économique bas avec de faibles capacités d’assimilation à la culture française (…), un phénomène simultané de mondialisation des classes privilégiées dont le lien avec les territoires s’édulcore (études à l’étranger) (…). Et (l’essor) des technologies de l’information et de télécommunication qui se sont substituées à un très grand nombre de métiers. » Bref, le problème n’est pas l’État français et l’obsession égalitaire française, mais la mondialisation du bas (l’immigration) et la mondialisation du haut (l’internationalisation des élites françaises), qui détruisent le pacte social français et font s’écrouler le pays sur lui-même.

Rosen regarde en face la question avec moult précautions oratoires mais non sans courage : il propose la suppression du droit du sol, l’instauration d’une préférence nationale (sans oser dire le mot) pour les prestations sociales de solidarité, mais aussi une franche sélection à l’entrée des universités françaises. Exactement ce que devait faire et que n’a pas fait le gouvernement Chirac de 1986 qu’il a servi. La psychanalyse est devenue confession. Et faute avouée est à moitié pardonnée.


 
L’ÉGALITÉ UN FANTASME FRANÇAIS 
par Michel de Rosen, 
paru le 27 août 2020, 
aux éditions Tallandier, 
à Paris, 
277 pp., 
ISBN-13 : 979-1021042841 
18,90 euros.
39,85 $ canadiens.

lundi 31 août 2020

Histoire — Qui était John A. MacDonald ?


Brochure spéciale de la Poste et de la Monnaie
La Monnaie royale canadienne vient de dévoiler [en 2015] une nouvelle pièce de deux dollars à l’effigie de John A. MacDonald alors que Postes Canada émettait un timbre en son honneur. Mais qui était cet homme politique ?

John Alexander Macdonald (11 janvier 1815 — 6 juin 1891) fut le premier Premier ministre du Canada (1867-1873, 1878-1891). Il est considéré comme l’un des Pères fondateurs du Canada, voire comme le père de la nation canadienne. Figure dominante du paysage politique canadien, sa carrière s’étendit sur près d’un demi-siècle. Macdonald resta Premier ministre durant 19 ans, une durée excédée seulement par William Lyon Mackenzie King.

Macdonald est né au Royaume-Uni avant d’émigrer avec sa famille à l’âge de 5 ans à Kingston dans la colonie britannique du Haut-Canada (actuel sud de l’Ontario). Il apprit le métier d’avocat avec un juriste local et se mit à son compte, et ce, même avant de devenir membre du Barreau.

En mars 1844, plusieurs hommes d’affaires lui demandèrent de se porter candidat pour le parti conservateur de Kingston. Macdonald suivit la coutume à l'époque de fournir de larges quantités d’alcool aux électeurs. Le vote à bulletin secret n’était encore en place et Macdonald battit son opposant, Anthony Manahan, par 275 « cris » contre 42 lorsque les deux jours d’élection se terminèrent le 15 octobre 1844.

Macdonald fut désigné pour devenir le 1er Premier ministre de la jeune confédération née en 1867. Il y resta jusqu’en 1873, lorsqu’il démissionna à la suite du scandale du Pacifique.

De passage à Kingston, considérée comme la ville d’origine du politicien conservateur, le Premier ministre Stephen Harper a vanté cet « homme ordinaire ». « Sans lui, le Canada tel qu’on le connaît n’existerait tout simplement pas », a ajouté le Premier ministre.

Les commémorations seront nombreuses au cours des prochains mois, elle suscite des réactions moins qu’enthousiastes dans certains cercles.

La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal a ainsi lancé récemment un site Web consacré au Premier ministre. La société souhaite présenter le « côté sombre » de celui qui fut le premier chef de gouvernement de la fédération canadienne, de 1867 à 1873 et de 1878 à 1891, évoquant le sort consacré à Louis Riel, aux Sino-Canadiens ou aux Canadiens français sous son gouvernement M. Harper a salué la vision de John A. Macdonald, tout en reconnaissant son alcoolisme. Il a toutefois tu les prises de position racistes et francophobes de son prédécesseur, déplore la SSJB, notant que le Premier ministre « demeure insensible aux nombreuses protestations de citoyens dont les communautés ont été victimes du suprématisme anglo-saxon de Macdonald ».

Extraits du site de la SSJB :

MacDonald l’orangiste contre les francophones

«
Louis Riel n’est pas encore né lorsqu’en 1840, le jeune Macdonald, 25 ans, devient membre de la loge orangiste de Kingston. Tout au long de sa carrière politique, cette adhésion aux intransigeantes positions anti-catholiques et anti-Canadiens français de l’Ordre d’Orange ne le quittera jamais.

Drapeau des orangistes
La Loyal Orange Association of Canada a été fondée en 1830 à Brockville (Ontario). C’est là même que s’est tenue en 1990 une séance publique et très médiatisée de piétinement du drapeau québécois, en opposition à l’instauration de la loi-cadre du gouvernement de David Peterson sur les services en français dans cette province. Vers 1920, le nombre de loges orangistes en activité au Canada a atteint des sommets, au point de constituer la majorité des loges de tout l’Empire britannique.

La Loyal Orange Association of Canada a été fondée en 1830 à Brockville (Ontario). là même où s’est tenue en 1990 une séance publique et très médiatisée de piétinement du drapeau québécois.
En 1857, Macdonald devient Premier ministre de la colonie du Canada-Uni, formée du Haut-Canada (Ontario) et du Bas-Canada (Québec) fusionnés de force pour minoriser les Canadiens français en vertu des recommandations de rapport Durham. Macdonald s’entend comme larrons en foire avec son confrère conservateur Charles Tupper qui, en 1864, vient d’être élu Premier ministre de Nouvelle-Écosse. Dès son arrivée en poste, Tupper fait voter la loi portant son nom qui abolit les écoles catholiques françaises dans la colonie, dans le but d’assimiler les Acadiens. Après la Confédération de 1867, Charles Tupper deviendra un lieutenant important de John A. Macdonald devenu Premier ministre du Canada.

L’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 protégeait les écoles anglo-protestantes du Québec, mais n’en faisait pas autant pour les écoles catholiques françaises hors Québec. Les orangistes des autres provinces, motivés par leur haine de ceux qu’ils appelaient avec mépris les papistes, étaient résolus à éradiquer le mal à la source. Après la Nouvelle-Écosse, ils abolirent les écoles françaises au Nouveau-Brunswick en 1871. Les Acadiens demandèrent aussitôt au Premier ministre Macdonald d’intervenir, ce qu’il refusa de faire, prétextant qu’il s’agissait d’une juridiction provinciale. Pourtant, entre 1867 et 1896, le gouvernement fédéral exerça 65 fois contre des lois provinciales son pouvoir de désaveu, fondé sur l’article 90 de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (ledevoir.com) pour des questions autrement moins fondamentales que les droits scolaires des Canadiens français. De retour au pouvoir en 1873, Macdonald afficha la même indifférence complice face aux Canadiens français de l’Île-du-Prince-Édouard dont les écoles avaient été abolies l’année précédente.

Il en fit de même au moment de l’abolition des écoles franco-manitobaines en 1890, même si le Conseil privé de Londres lui suggéra de voter une loi réparatrice. La raison en est toute simple : l’uniformisation anglo-protestante de la population canadienne a toujours fait partie des objectifs politiques orangistes de John A. Macdonald. Entrepris sous son règne, le saccage des écoles françaises du Canada s’est poursuivi après la mort de Macdonald, en Alberta et aux Territoires du Nord-Ouest en 1892, en Saskatchewan en 1902 et en Ontario en 1912.
 
British « fair-play » ? Manifestation de francophones contre le Règlement XVII
(interdiction des écoles francophones en Ontario)



C’est bien vainement que les Franco-Ontariens ont fait appel au « British Fairplay » pour récupérer le droit à l’enseignement en français aboli par le Règlement 17 de 1912.

De son vivant, Macdonald a été indifférent à l’abolition des droits scolaires des Canadiens français de Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard et du Manitoba.
Outre l’interdiction de l’enseignement en français, les gouvernements de Macdonald et de ses successeurs appliquèrent une politique de colonisation très sélective de l’Ouest canadien, en y distribuant à des anglo-protestants des terres et des subventions, une manne dont les Québécois en mal de terres à cultiver étaient rigoureusement exclus. De vastes campagnes de recrutement de colons anglo-saxons furent menées au Royaume-Uni, notamment par Charles Tupper, très influent allié conservateur de Macdonald. Encore dans les années 1920, le prix subventionné du billet de transport entre Londres et Winnipeg était de 22 $ (250 $ en dollars de 2015) tandis qu’un Québécois devait payer 43.48 $ (495 $ en dollars de 2015) pour son billet de train Montréal-Winnipeg. Durement frappés par la pauvreté, ces derniers choisirent donc l’exil aux États-Unis plutôt que vers l’Ouest canadien. Il en résulte que lors du recensement américain de 1980, les 13 millions de personnes qui se sont déclarées d’origine française constituaient le cinquième groupe ethnique aux États-Unis, juste avant les Italiens. L’historien franco-américain Gerard J. Brault indique que « de nombreux Franco-Américains ont également des ancêtres acadiens, mais la vaste majorité est d’origine québécoise. Leur émigration aux États-Unis s’est principalement produite entre 1870 et 1930, culminant dans les années 1880 », ce qui correspond aux années de pouvoir de Macdonald.
 
Manifestation d'écoliers francophones contre le Règlement XVII
(interdiction des écoles francophones en Ontario)


Il y a donc environ deux fois plus de Québécois d’origine aux États-Unis qu’au Québec. Ajoutons-y les 7 millions de francophones au Québec et le million de francophones hors Québec. Si le Canada de John A. Macdonald avait permis aux Québécois de coloniser l’Ouest canadien plutôt que de s’exiler aux États-Unis, on peut donc supposer qu’au moins 21 millions de Canadiens auraient aujourd’hui le français pour langue maternelle. La population totale canadienne actuelle étant d’environ 35 millions d’habitants, c’est un pays en majorité francophone qu’aurait bien pu être le Canada. En lieu et place, les Manitobains, majoritairement francophones qu’ils étaient lorsqu’ils ont joint la « Confédération », sont aujourd’hui moins de 2 % à parler la langue de Riel à la maison.

Macdonald était opposé à la démocratie, qu’il considérait comme « la tyrannie des masses »

[...]

[L]e tout jeune Canada ne possède pas d’aristocratie héréditaire, comme la noblesse anglaise, Macdonald souhaite la création d’une aristocratie canadienne sur le modèle de celle de la mère patrie britannique. C’est au sénat que Macdonald rêve d’établir cette aristocratie non élue ayant préséance sur la chambre des députés et donc, sur « la tyrannie des masses ». À la conférence de Québec, Macdonald déclare même : « Nous devrions avoir un gouvernement fort et stable sous lequel nos libertés constitutionnelles seraient assurées, contrairement à une démocratie, et qui serait à même de protéger la minorité grâce à un gouvernement central puissant ». Et Macdonald identifie clairement cette minorité menacée : « Nous devons protéger les intérêts des minorités, et les riches sont toujours moins nombreux que les pauvres. » Ce sont donc les intérêts des grandes fortunes privées que Macdonald veut protéger contre cette fameuse « tyrannie des masses », soit le suffrage universel, qu’il considère comme « un des plus grands maux qui puissent frapper le pays ».

»







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samedi 29 août 2020

Centre pour les libertés constitutionnelles demande aux gouvernements de justifier les contraintes à nos libertés

Extraits d’un texte de l’avocat John Carpay, B.A. en science politique à l’Université Laval à Québec, et LL.B. de l’Université de Calgary, président du Centre de justice pour les libertés constitutionnelles (JCCF.ca) sur la constitutionnalité des mesures qui ont accompagné et suivi l’épidémie de coronavirus de cette année.


Jerry Dunham est décédé parce que son opération « élective » (non urgente) a été annulée.

Jerry n’a pas pu avoir un rendez-vous pour sa chirurgie en raison du confinement ordonné par le gouvernement dans le cadre de la COVID-19 parce qu’on avait décidé celle-ci « non essentielle ». M. Dunham a subi une crise cardiaque et est décédé à l’hôpital le 7 juin 2020, juste avant la Fête des Pères.

Il avait 46 ans et laisse dans le deuil deux filles, âgées de six et neuf ans.

En avril dernier, le Centre de justice a demandé au Premier ministre Trudeau, aux Premiers ministres du Canada et aux 14 médecins en chef combien de Canadiens mourraient ou subiraient un préjudice en raison des mesures de confinement décrétées. Vous pouvez consulter ces lettres sur JCCF.ca [Lettre circonstanciée à M. Legault, réponse vague et polie dans sa forme d’un directeur adjoint du ministère de la Santé, M. André Dontigny].

Nous y avons posé des questions à nos gouvernements sur :

  • les décès dus à des chirurgies annulées ; 
  • les décès dus au manque de rendez-vous pour des chirurgies médicalement nécessaires ;
  • les décès dus à l’absence de soins médicaux nécessaires ou parce que les patients ont eu peur de chercher des soins ; 
  • les décès par suicides, alcoolisme et surdoses de drogue ; 
  • les problèmes de santé résultant du stress, de l’anxiété et de la dépression ; 
  • l’augmentation des maladies mentales, des troubles psychiatriques et de la violence familiale ; 
  • les millions de Canadiens plongés dans le chômage, la pauvreté et le désespoir ; 
  • l’augmentation massive de la dette qui devra être remboursée par nos enfants et petits-enfants ; et, 
  • une économie paralysée qui ne sera bientôt plus en mesure de payer des soins de santé adéquats pour les Canadiens. 
  • [Ajoutons : l’absence d’école devant des maîtres et avec des amis pour ceux qui le désiraient, alors que la Suède n’a pas fermé ses écoles sans augmentation de la contagion par rapport à la Finlande voisine qui avait confiné ses écoliers pendant deux mois.]

Il ne suffit pas que les politiciens prétendent sans plus que les mesures de déconfinement ont sauvé « des milliers de vies ».

La Charte canadienne des droits et libertés exige spécifiquement que le gouvernement justifie tout décret, loi, politique ou règlement qui viole l’une de nos libertés de la Charte de se déplacer, de voyager, de s’associer, de se réunir et de pratiquer un culte religieux.

La Charte oblige les politiciens à démontrer que les mesures de confinement ordonnées par le gouvernement ont en fait sauvé plus de personnes qu’elles n’en ont tuées. [Et. à notre avis, que des restrictions de liberté moins draconiennes ne peuvent pas aboutir au même résultat, voire à de meilleurs résultats, voir la Suède.]

Personne ne remet en question le fait que les gouvernements peuvent et doivent prendre des mesures décisives lors d’urgences de santé publique, allant même jusqu’à imposer des restrictions raisonnables et temporaires aux libertés que la Charte garantit.

Mais le gouvernement doit démontrer que ses mesures de confinement qui enfreignent la Charte font plus de bien que de mal.

Malheureusement, nos dirigeants politiques semblent fixés uniquement sur les avantages perçus du confinement, tout en ignorant les terribles dommages et coûts qui en résultent.

Nos politiciens ne semblent pas avoir l’intention de lancer une enquête complète sur les différents coûts et dommages que les mesures de confinement du COVID-19 ont infligés aux personnes âgées, aux pauvres, aux chômeurs et aux autres citoyens vulnérables [et aux écoliers privés de classe].

Nos dirigeants élus ne semblent pas plus avoir réfléchi sérieusement à la façon dont une économie paralysée et endettée sera en mesure de payer les soins de santé à l’avenir.

Pour aider à faire la lumière sur ces problèmes, nous utilisons notre site Web pour permettre aux Canadiens de partager leurs histoires de confinement de la COVID-19. Nous avons reçu des récits profondément tragiques de familles et de professionnels de la santé sur les torts causés aux personnes handicapées, aux personnes âgées et à d’autres personnes vulnérables du fait des mesures de confinement.

Dianna S., de l’île de Vancouver, a écrit sur le fait qu’elle ne pouvait pas voir son mari, qui vit dans une maison de soins et souffre de la maladie d’Alzheimer. Dianna lui a été cachée pendant des mois de suite et n’a pu être avec lui pendant les derniers jours de sa vie.


 

 

Un professionnel des soins des pieds qui travaille avec des personnes âgées a été « horrifié » par l’état physique et mental dans lequel elle a retrouvé ses clients après avoir finalement pu les revoir après des mois de confinement. Il a décrit ce qu’il a vu comme de la violence envers les personnes âgées. Et il a dit que beaucoup d’entre elles auraient de loin préféré risquer attraper la COVID-19 plutôt que d’être isolées pendant des mois sans fin.

Cinq personnes âgées de cette maison de soins sont décédées de causes autres que le COVID-19. Elles sont mortes sans voir leurs proches.

En plus de nuire à notre santé et à notre bien-être, les confinements semblent libérer un côté sombre de la nature humaine.

À Calgary (Alberta) la police a donné une amende de 1 200 $ à un pasteur qui nourrissait des sans-abri et des gens affamés dans le centre-ville. À Oakville (Ontario), un père a été condamné à une amende de 880 $ pour avoir amené ses trois fils faire du patin à roues alignées. À Ottawa (Ontario), un adolescent a été condamné à une amende de 880 $ pour avoir joué seul au basketball.

À Nipawin, l’Autorité de la Santé de la Saskatchewan a menacé une église et ses membres de lourdes amendes s’ils tenaient un office de Pâques au volant, au cours duquel les fidèles resteraient à l’intérieur de leur propre voiture garée, sur le stationnement de l’église, avec les fenêtres fermées. Le Centre de justice a envoyé à cette autorité sanitaire une mise en demeure (visible sur JCCF.ca) et cette autorité est revenue sur sa décision.

En effet, le Centre de justice informe activement les Canadiens des restrictions gouvernementales à nos libertés et prend des mesures pour défendre les citoyens contre les contraventions et amendes scandaleuses et injustifiées.

 


Nous avons envoyé des mises en demeure à des foyers de soins de longue durée [EHPAD en France, CHSLD au Québec] et aux gouvernements provinciaux qui continuent d’isoler les personnes âgées dans des hospices en interdisant les visites des membres de la famille. Nous allons poursuivre le gouvernement de l’Ontario devant les tribunaux pour mauvais traitements envers les aînés et nous préparons actuellement les documents judiciaires.

Nous représentons des Canadiens comme Pat Tipper et Cory Teichroew, qui ont chacun reçu une amende de 1 200 $ pour avoir participé à un rassemblement pacifique à l’Assemblée législative de l’Alberta — en dépit du fait qu’ils respectaient la distanciation sociale prescrite.

Je ne me souviens pas que le Premier ministre Trudeau, ou qui que ce soit d’autre, ait reçu des amendes pour ne pas avoir respecté ; a distance sociale en assistant aux manifestations Black Lives Matter. Mais je m’éloigne du sujet...

Nous avons lancé une contestation judiciaire des lois dangereuses et autoritaires adoptées récemment en Alberta : les projets de loi 10 et 24.

Ces lois contournent la démocratie en donnant aux ministres du Cabinet le pouvoir de rédiger de nouvelles lois à la volée, sans aucune supervision par les députés de l’Assemblée législative. L’Alberta a également étendu des pouvoirs d’urgence draconiens sans limites dans le temps, alors même que l’urgence de santé publique a singulièrement diminué.

Le Centre de la justice examine également la législation d’autres provinces. Nous sommes prêts à poursuivre les gouvernements devant les tribunaux pour protéger nos libertés et nos droits démocratiques contre les lois injustes.

La lumière du soleil est le meilleur désinfectant.

Les problèmes créés par le gouvernement ne peuvent être réglés que lorsque les Canadiens voient le tort qu’ils leur causent.

En ces temps difficiles et dangereux, il est important pour les Canadiens d’avoir une organisation comme le Centre de justice pour protéger leurs libertés. Si nous ne repoussons pas la portée excessive du gouvernement et ne tenons pas les politiciens responsables de la Charte, cela ne fera qu’encourager les dérives autoritaires à l’avenir.

 

Traduction de la lettre envoyée au Premier ministre Legault

Centre de justice
pour les libertés constitutionnelles

         14 avril 2020

Hon. François Legault

Premier ministre du Québec
Édifice Honoré-Mercier, 3e etage
835, boul. René-Lévesque Est
Québec (Québec) G1A 1B4


Cher Premier ministre Legault,

Envoyé par courriel et courrier

J’écris pour me renseigner sur les risques que les mesures gouvernementales actuelles de lutte contre la COVID-19 (p. ex. Distanciation sociale et isolement ; fermeture de notre économie ; annulation et fermeture de nombreux services de santé sur lesquels les Québécois comptent) font peser sur la santé et la vie des Québécois.

Comme vous le savez, la Charte canadienne des droits et libertés fait de la liberté sa priorité. La Charte vise à empêcher les gouvernements de porter atteinte aux libertés fondamentales des Canadiens et n’autorise les violations que dans des circonstances exceptionnelles et uniquement dans la mesure où un gouvernement peut démontrer que ses actions sont « manifestement justifiées dans une société libre et démocratique ». Une fois que les citoyens sont en mesure de démontrer que leurs droits ont été violés, il incombe au gouvernement de justifier sa violation de ces droits. Ce fardeau incombe au gouvernement, pas aux citoyens. Ce fardeau est censé être un lourd fardeau par la Charte.

Votre gouvernement, ainsi que d’autres gouvernements partout au Canada, violent la liberté des Canadiens de se déplacer, de voyager, de s’associer, de se réunir pacifiquement et de pratiquer leur religion.

Les temples, mosquées, synagogues et églises ont été jugés non essentiels, tout comme les écoles.

Les droits de la Charte des Québécois à la liberté et à la sécurité de la personne ont également été compromis.

Votre gouvernement prétend sauver des vies pour justifier des mesures gouvernementales qui violent gravement les droits et libertés de la Charte. Il s’agit d’un objectif louable qui justifie potentiellement de violer les libertés fondamentales des citoyens, au moins pour une période limitée et spécifiée. En même temps, tout en reconnaissant la légitimité de l’objectif d’un gouvernement, les tribunaux procèdent également à un exercice de mise en balance, pesant à la fois les préjudices et les avantages de l’action gouvernementale.

J’espère que vous personnellement, et le gouvernement du Québec dans son ensemble, avez sérieusement considéré le nombre de vies qui seront perdues en raison de l’isolement social et de la dévastation économique que les mesures de votre gouvernement contre le COVID-19 infligent. Québécois.

Je demande votre réponse franche et détaillée aux questions suivantes :

1. Combien de suicides devraient avoir lieu au Québec en raison du fait que le gouvernement du Québec a fermé une grande partie de notre économie, forçant des centaines de milliers, voire des millions, de Québécois au chômage, au sous-emploi, à la faillite et à la pauvreté ?

2. Selon vous, combien de Québécois mourront à cause de la montée de l’alcoolisme, des autres dépendances et des surdoses de drogue que les mises à pied, le chômage et l’isolement social associé entraîneront, alors que le confinement se prolonge pendant des semaines, voire des mois ?

3. Selon vous, combien de conjoints au Québec seront maltraités ou tués alors que les couples restent confinés chez eux, souvent sans emploi, sans argent et sans leur soutien social habituel ?

4. Combien d’enfants seront placés en famille d’accueil en raison de la violence conjugale ou de la perte de la capacité de leurs parents de subvenir à leurs besoins, ou les deux ?

5. Selon les projections, combien de Québécois tomberont malades ou mourront parce que le gouvernement les a forcés au chômage et à la pauvreté, ou a contraint leur entreprise familiale à la faillite ?

6. Combien d’aînés du Québec devraient tomber malades ou mourir parce qu’ils ne reçoivent plus de visiteurs réguliers, ce qui fait que personne ne remarque des changements (p. ex. perte ou gain de poids ; changement de couleur de peau ; autres maux), de sorte que personne n’emmène ces aînés malades à leur médecin de famille pour un examen ?

7. Combien de Québécois devraient mourir parce que les organismes de bienfaisance qui s’occupent des citoyens les plus faibles et les plus vulnérables ne sont pas autorisés à faire leur travail, ou parce que les dons sur lesquels ces organismes sans but lucratif comptent ont diminué ou disparu ?

8. Selon les projections, combien de Québécois mourront du cancer ou d’autres maladies et affections parce que leur chirurgie élective, leurs tests ou divers traitements ont été annulés en raison de l’accent mis sur la lutte contre le COVID-19 ?

9. Selon les projections, combien de Québécois souffriront du manque d’accès aux fournisseurs de soins de santé secondaires sur lesquels ils comptent régulièrement, comme les physiothérapeutes, les massothérapeutes, les optométristes, les chiropraticiens, les ostéopathes et les dentistes ?

10. Combien de Québécois devraient mourir ou subir un préjudice grave parce qu’ils croient (à juste titre ou à tort) qu’ils ne peuvent pas aller voir leur médecin ou qu’ils ne peuvent pas se présenter aux urgences à l’hôpital ?

11. Combien d’enfants au Québec, confinés chez eux alors que les écoles et les terrains de jeux sont fermés et que les activités sportives sont fermées, devraient développer le diabète ou d’autres problèmes de santé chroniques ?

12. Combien de Québécois développeront des troubles psychiatriques causés par les gouvernements ayant effectivement éliminé l’interaction sociale dans les restaurants, les pubs, les églises, les installations récréatives et les centres communautaires ?

13. Combien de Québécois se voient actuellement refuser leur droit religieux au culte et à la messe, à l’église, à la synagogue, à la mosquée ou au temple pendant que le confinement se poursuit ?

14. Votre personnel ou vous-même avez-vous étudié l’une de ces questions ci-dessus ?

15. Dans l’affirmative à la question précédente, avez-vous créé des modèles, des estimations ou des projections concernant l’une ou l’ensemble de ces causes de maladie, de préjudice et de décès ?

16. Dans l’affirmative à la question précédente, je demande des copies de ces modèles, estimations et projections.

Si je ne reçois aucune réponse à cette lettre, je considérerai que cela signifie que vous et votre personnel avez omis de calculer et de prendre en compte les graves conséquences négatives du confinement que vous avez imposé, et qu’aucune recherche significative n’a été faite sur les questions cruciales soulevées dans cette lettre.

Je suis dans l’attente de votre réponse.
John Carpay, B.A., LLB.
Président
Centre de justice pour les libertés constitutionnelles


Mise à jour 4 septembre

Alors que Québec souhaitait faire fondre au cours de l’été le retard pris dans les opérations en raison de la COVID-19, c’est plutôt le contraire qui s’est passé : le nombre d’opérations retardées au Québec ne cesse d’augmenter et dépasse maintenant 92 000.

Liens connexes liés au JCCF.ca 

Colombie-Britannique — université annule conférence sur les violences antifa après menaces de violences par antifa (2020)

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Québec — Gouvernement revient sur volonté d'étendre le réseau bilingue (cégep de Vaudreuil)

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur indique qu’il ne peut « fournir de réponse favorable pour le moment » au projet de cégep bilingue [fin du lycée] à Vaudreuil-Dorion.

Le gouvernement Legault ferme la porte au projet de cégep bilingue à Vaudreuil-Dorion. Québec vient d’entreprendre une vaste révision de l’offre de service dans tous les cégeps du Grand Montréal.

Dans une lettre transmise le 23 juin aux trois cégeps partenaires du projet de campus bilingue, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) indique qu’il ne peut « fournir de réponse favorable pour le moment ».

Nos sources indiquent que le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, est sensible aux inquiétudes des groupes qui craignent l’anglicisation du Québec par l’enseignement supérieur. Le ministre a lancé une consultation pour prendre le pouls du milieu des cégeps, qui s’inquiète de la force d’attraction des collèges anglophones dans l’île de Montréal.

Le ministre prépare un plan d’action pour renforcer la Charte de la langue française, mais il est trop tôt pour déterminer si l’enseignement supérieur fera partie de sa stratégie, indique-t-on.

Le MEES, en tout cas, a entrepris de réviser les « devis scolaires » (le nombre de places et de ressources offertes en fonction de la demande) de tous les cégeps de la grande région de Montréal, ainsi que ceux de Valleyfield et de Saint-Hyacinthe.

« L’ensemble des places disponibles ainsi que la répartition de celles-ci font partie des travaux qui ont lieu conjointement avec le réseau. […] Les places qui pourraient être accordées à un nouveau centre d’études [notamment proposé à Vaudreuil-Dorion] font également partie de ces travaux », confirme le MEES.

« À la lumière de ces travaux, un projet révisé pourra être considéré », ajoute le ministère.

Urgence de construire

La Fédération des cégeps est d’accord avec cette vaste révision qui permettra « d’avoir une vue d’ensemble » du financement et des programmes à accorder à chaque établissement. « Il est normal de faire cet exercice global, mais ce qui nous inquiète, c’est la rapidité [ou non] de cet exercice-là », dit Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération.

« On voit la croissance démographique dans la grande région de Montréal, y compris à Vaudreuil-Dorion. Les écoles primaires et secondaires de Montréal manquent d’espace. Il faut s’assurer de répondre dès maintenant aux besoins d’espace dans les cégeps aussi. C’est long d’avoir des constructions », ajoute-t-il.

Le besoin d’un cégep à Vaudreuil-Dorion ne fait aucun doute, rappelle la Fédération. La région connaît un véritable boum démographique. Le nombre de jeunes de 15 à 19 ans augmentera de 17 % d’ici 2026. Un hôpital de 2200 employés est dans les plans — le réseau de la santé invite déjà les cégeps à se préparer à former ces milliers d’employés.

Le projet de campus bilingue à Vaudreuil-Dorion est porté par deux cégeps francophones (Valleyfield et Gérald-Godin) et par le cégep anglais John-Abbott. Le Devoir a révélé en mars dernier que ce « centre d’études collégiales » accueillerait environ 1000 étudiants. Aucun diplôme ne serait bilingue. Onze programmes seraient en français et quatre en anglais.

Les trois cégeps anglais de l’île de Montréal (John-Abbott, Dawson et Vanier) débordent littéralement, tandis que les établissements français ont encore de la place dans leurs locaux. Fait à noter, les anglophones sont désormais minoritaires au sein des cégeps anglais — aux dernières nouvelles, ils représentaient 41,5 % de l’effectif. L’explosion de la fréquentation des cégeps de langue anglaise est due aux allophones et aux francophones. [Pourquoi la loi 101 n’est-elle pas appliquée au cégep qui n’est que la fin du secondaire (lycée, gymnase) en Europe ? Rappelons que plus les élèves étudient en français plus ils emploieront le français au travail et donc dans la vie.]

Un recul salutaire

Maxime Laporte, président du Mouvement Québec français (MQF), se réjouit du pas de recul pris par le gouvernement Legault sur la question des cégeps bilingues. « Enfin, un peu de bon sens ! » dit-il au Devoir.

« On sent une volonté, du moins une reconnaissance du problème, comme on le voit dans l’opinion publique », ajoute-t-il. Pour ce défenseur de la langue française, l’enseignement supérieur est « le plus grand vecteur d’anglicisation au Québec, assurément dans la région de Montréal ».

Le MQF estime que la seule façon de freiner l’attrait des collèges anglais est d’appliquer la loi 101 dans les cégeps. Le lent déclin des cégeps français se poursuivra si on n’oblige pas les francophones à étudier au collégial dans leur langue, croit Maxime Laporte. Aucun parti à l’Assemblée nationale ne soutient cette position.

La Fédération des cégeps s’oppose catégoriquement à l’idée d’élargir la loi 101 au collégial. Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération, est convaincu que le gouvernement ne prendra pas cette voie, qui serait fort probablement contestée devant les tribunaux, selon lui.

Le chercheur indépendant Frédéric Lacroix déplore que les prévisions démographiques du MEES passent sous silence l’attrait indéniable des établissements anglophones. C’est pour cela que le ministère a erré dans le passé avec ses prévisions qui anticipaient une baisse d’effectif dans les cégeps anglais.

« Le modèle de prévisions d’effectifs au collégial du MEES fait partie de l’armature du déni de ce qui se passe au collégial ; c’est essentiellement un dispositif destiné à empêcher la prise de conscience de l’effondrement en cours des inscriptions relatives dans les cégeps français, chose qui est le résultat de la dynamique linguistique, variable qui est soigneusement ignorée par le modèle du MEES », écrit-il dans une déclaration transmise au Devoir.

Source

Voir aussi

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