mercredi 18 mai 2011

Cours ÉCR - Une autre contestation universitaire

Lettre ouverte publiée dans la Voix de l'Est le 18 mai 2011.


Le programme d'éthique et de culture religieuse (ÉCR) a déjà été contesté par des sociologues comme Joëlle Quérin et le professeur Gary Caldwell, par un célèbre éthicien et théologien, Guy Durand, et des pédagogues comme les professeurs Norman Baillargeon, John Zucchi et Douglas Farrow. Selon une nouvelle analyse, cette fois-ci d'un point de vue philosophique, le programme ÉCR n'est pas neutre. C'est ce qu'affirme Alexandra Malenfant-Veilleux dans son mémoire de maîtrise récemment déposé à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Le cours ÉCR ferait clairement la promotion du pluralisme. L'enseignement de l'histoire québécoise, y compris ses dimensions culturelle et religieuse, devrait prédominer sur un enseignement qui fait la promotion des valeurs pluralistes, comme c'est le cas dans le cours d'éthique et de culture religieuse. Pour cette enseignante de philosophie au collège Laflèche à Trois-Rivières, le principe du pluralisme sur lequel est fondé le programme ÉCR, et duquel découleraient l'interculturalisme et le multiculturalisme, est un ensemble cohérent ficelé de principes moraux au même titre que l'humanisme ou le catholicisme qu'il vise à remplacer.

D'ailleurs, Georges Leroux, fervent défenseur du programme ÉCR, l'avait dit en conférence: «nos enfants seront meilleurs que nous parce qu'ils seront d'abord plus ouverts à la diversité religieuse et morale et plus investis dans un pluralisme normatif. Ils croiront qu'il est préférable d'être pluriel que d'être homogène». (3 mai 2007 devant les membres de la Fédération des établissements de l'enseignement privé.) Rappelons la conclusion du juge Gérard Dugré dans l'affaire de l'école Loyola qui a remporté sa cause devant les tribunaux contre le ministère de l'Éducation: «L'obligation imposée à Loyola d'enseigner la matière ÉCR de façon laïque revêt un caractère totalitaire qui équivaut, essentiellement, à l'ordre donné à Galilée par l'Inquisition de renier la cosmologie de Copernic.»

De plus, selon une grande majorité de Québécois (76 % d'après un sondage Léger marketing), le cours devrait être optionnel. Le régime pédagogique québécois ferait-il donc du zèle totalitaire en s'obstinant ainsi à banaliser la volonté de ses citoyens? Parents, allons-nous laisser l'État nous supplanter dans notre rôle d'éducateurs pour décider que nos enfants doivent désormais être «pluriel» et cette prétention que ce «pluralisme normatif des valeurs» au sein de chaque enfant serait supérieur à l'homogénéité religieuse de chaque enfant?

En conclusion, le cours ÉCR n'est pas neutre. Pas surprenant que l'enseignante Mme Malenfant-Veilleux s'ajoute à tous ceux qui déclarent que le cours ÉCR devrait être rendu optionnel. Rappelons que la Cour suprême entendra le 18 mai la cause de la famille de Drummondville qui demande l'exemption.

Patrice Gagnon
Granby




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Le Cercle sacré Wicca pour le programme ECR

Meri Fowler, fondatrice du Cercle sacré Wiccan, a déclaré à 24 Heures que le programme ECR est une bonne façon d’enseigner le Wicca aux enfants.

« Si la Cour suprême du Canada statue que la Wicca ne peut être enseignée en tant que religion, cela perpétuera le mensonge et la manipulation qui a débuté avec les Romains », de dire Mme Fowler.



On remarquera l'épée, la cape et, sur la table drapée,
le crâne et les bougies très wiccan.

Le sujet du wiccan est en effet bien au programme d'ECR, voir l'illustration ci-dessus prise par des élèves  en 2009 dans une école privée de l'Ouest de l'île de Montréal et un extrait de cahier d'activités ci-dessous qui déclare que les sorcières sont des femmes comme les autres. 

Cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée,




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Nous sommes à la Cour Suprême du Canada mercredi

Nous serons à Ottawa mercredi. Nous ferons un résumé de la journée devant le plus haut tribunal du pays.





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mardi 17 mai 2011

Le Regroupement chrétien pour le droit parental en éducation en Cour suprême

MONTRÉAL — Le 18 mai 2011 les juges de la Cour suprême du Canada entendront la cause de la famille de Drummondville qui veut exempter ses enfants du programme d'éthique et culture religieuse (ÉCR). Me Mark Phillips et Me Guy Pratte plaideront la cause de la famille. Plusieurs intervenants auront ensuite l'occasion de démontrer pourquoi ce programme cause préjudice et pourquoi son imposition brime la liberté de conscience et de religion. Parmi les intervenants, l'Association des parents catholiques du Québec (APCQ), la Ligue catholique des droits humains, Faith and Freedom Alliance et l'Association de la Communauté Copte Orthodoxe du Grand Montréal (ACCOM) se sont regroupés sous le nom de Regroupement Chrétien pour le Droit Parental en Éducation (RCDPE) pour appuyer les appelants.

Le RCDPE défendra la primauté de l'autorité parentale et le droit du parent comme premier éducateur de son enfant, en invoquant la Charte des droits et libertés de la personne du Québec (article 41), le Code civil du Québec, la Déclaration universelle des droits de l'homme (art. 12 & 26), la Convention relative aux droits de l'enfant (art. 18) et le Code de droit canonique (Canon 799). « Le rôle de l'État est de soutenir le parent dans sa tâche d'éducateur, et non de se substituer à lui » selon Me Jean-Yves Côté, avocat du RCDPE. Pour leur part, les Coptes orthodoxes « ne partagent pas l'idéologie véhiculée à travers ce programme imposé de force », selon M. Antoine Malek, président de l'ACCOM. Les Coptes ne peuvent accepter « que l'on relativise la valeur de leur foi dans une sorte de catalogue d'idéologies, ni que l'on minimise sa profondeur en la résumant à de simples rituels, tout bonnement comparatifs. »

Dre Jean Morse-Chevrier, présidente de l'APCQ, affirme que « en voulant faire de chaque élève un “pluraliste” donc un “relativiste” par le fait même, le programme ÉCR tue le véritable pluralisme. » Selon elle et selon le RCDPE « l'élève qui assimile vraiment l'enseignement du programme ÉCR adhère au relativisme, puisque ses croyances ne lui apparaissent ni plus vraies ni moins vraies que celles des autres. » Le programme ÉCR vise le vivre-ensemble, mais il entend y arriver en modifiant ou en évacuant les convictions morales et religieuses, selon le RCDPE. Le RCDPE soutient qu'il y a, de plus, immixtion dans la vie privée des enfants et de la famille, à l'encontre des droits de l'Homme, parce que le jeune est obligé de dévoiler en groupe ce qui se vit en famille, et ce qu'il ressent ou croit personnellement dans des situations présentant des « conflit de valeurs », et le soumettre à la confrontation et au jugement critique des autres. Le RCDPE est d'avis que ce programme ne devrait pas être obligatoire dans les écoles publiques du Québec.

Renseignements:

Dre Jean Morse-Chevrier : 514-276-8068 (APCQ) ou 819-661-7140 (cellulaire)

Marie Bourque, vice-présidente de l'APCQ : 514-484-0524 (résidence)

Me Jean-Yves Côté : 450-649-0117




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Evangelical Fellowship of Canada to appear before Supreme Court

OTTAWA – The Evangelical Fellowship of Canada (EFC) will be presenting oral arguments to the Supreme Court of Canada on May 18, 2011. S.L., et al. v. Commission scolaire des Chênes, et al., a case originating in Quebec, will address the issue of whether parents have the right to choose the kind of education their children will receive, particularly in regard to religious and moral instruction.

“This case will cut to the core of what freedom of religion and conscience and parental authority mean in Canada,” states Don Hutchinson, EFC Vice-President and General Legal Counsel. “Parents simply want the right to teach morality and religion from their perspective, or decide who will do so on their behalf. The right to pass on one’s religious and cultural heritage to their children is a fundamental aspect of religious freedom and parental authority in Canada.”

At issue is the Ethics and Religious Culture (ERC) program, a mandatory course which must be taught to all québécois children, from grade 1 to grade 11, whether they attend public or private schools, or are homeschooled. The course, which states its objective as the instruction of children in a manner that will promote tolerance and respect, thus equipping them to live a pluralist society, has proven to be polarizing and controversial. Its mandate, while at first appearance seeming at home in Canada’s multicultural society, actually sacrifices certain rights and values in order to advance others.

“Parents in the evangelical Christian community are split on the ERC program,” explains Faye Sonier, EFC Legal Counsel. "Some welcome the opportunity for children to learn about the contribution of religious communities to the culture of Quebec. Others are concerned that teaching young children about a variety of religions in the manner required by the course will convey to them that all religious beliefs and all moral codes are relative or of equal merit. However, most agree that parents should have the right to choose whether or not their children participate in the program. Unfortunately, all parents who have requested that their children be exempted from the classroom have been refused.”

“Parents are asking that their parental authority be affirmed so they can exempt their children from course material that is inconsistent with their sincerely held religious beliefs”, explains Hutchinson. “Provinces across Canada permit classroom exemptions, either in regulation or practice, or other forms of accommodation. Further, the province of Quebec has yet to demonstrate why this course is mandatory to ensure a peaceful and tolerant society. Canada’s longstanding tradition of education from a Judaeo-Christian foundation has bred a vibrant, multicultural nation known for its acceptance of others and tolerance for differing opinions and religious beliefs.”

“To compel tolerance is to dispense with it. Every religion is, in essence, exclusive. Compelling tolerance by state-mandated compulsory religious and moral education can only be accomplished by violating the freedom of religion and conscience of each religiously devout individual,” concludes Sonier.

A related case still in the Quebec court system involves Montreal’s Loyola High School which sought the right to teach the ERC program from a Catholic perspective. The Ministry of Education denied the school permission to do so. Justice Gérard Dugré of the Quebec Superior Court stated that the decision to impose the course on the Catholic school demonstrated “a totalitarian character essentially equivalent to Galileo’s being ordered by the Inquisition to deny Copernican universe.”

For more information about the case or to read the EFC’s written submission please visit www.theEFC.ca/SL.

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Don Hutchinson will be available for comment immediately after the hearing at the Supreme Court of Canada and throughout the course of the day.

For more information or an interview contact:
Anita Levesque
The Evangelical Fellowship of Canada
(613) 233-9868, ext. 325
MediaRelationstheEFC.ca


Update 19th of May

Court Report from the Catholic Register




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France — le pédagogisme est-il un échec ou un succès ?

Pascal Bouchard (à droite à l'écran), responsable du site Touteduc, ami de Philippe Meirieu, et Marian Balastre (à gauche), de l’APL (association des professeurs de lettres) ont débattu ce 11 mai à propos de l’école, les méthodes d’éducation, leurs changements et leurs conséquences depuis 30 ans.






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France — Les 166 000 décrocheurs doivent d’abord apprendre à maîtriser le français

Communiqué de presse de SOS Éducation

Le Ministre de l’Éducation a annoncé ce dimanche la mise en place d’un suivi personnalisé pour les décrocheurs.

La première aide à mettre en place pour ces jeunes est de leur permettre de maîtriser le français. Ces jeunes dans la majeure partie des cas vivent négativement l’école car ils ne maîtrisent ni la lecture, ni l’écriture. Cette situation les pénalise lourdement dans leur scolarité.

« Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas suivre, c’est qu’ils ne peuvent pas suivre. Ces jeunes décrochent parce qu’ils sont en situation d’échec scolaire depuis des années. Ils ne maîtrisent pas les bases et très vite ils s’ennuient à l’école car on ne leur a pas donné les moyens de pouvoir suivre » souligne Olivia Millioz, porte-parole de SOS Éducation.

Il est impératif, pour l’association et ses 80 000 membres, de donner à ces jeunes une nouvelle occasion de maîtriser la langue, en passant par un apprentissage reposant sur la méthode syllabique. Cette méthode utilisée dans les cabinets d’orthophonie quand la personne éprouve des difficultés, s’avère particulièrement efficace pour reprendre les bases.

Pour les membres de SOS Éducation, cette nouvelle préoccupation du Ministre doit impérativement s’accompagner d’un plan de prévention dans toutes les écoles. Cette prévention consiste à permettre à chaque enfant de six ans d’apprendre à lire et à écrire correctement pour lui donner les moyens par la suite de suivre une scolarité normale.

Le Ministre peut y arriver en imposant la méthode syllabique au CP [première année du primaire]. La Grande-Bretagne est en train de le faire et obtient des résultats qui dépassent ses espérances notamment auprès des populations les plus défavorisées.




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samedi 14 mai 2011

Liberté religieuse, le Québec toujours sous la loupe du Département d'État américain

Pour une seconde année d'affilée, le bureau de la démocratie, des droits humains et du travail, un organe du Département d'État Américain s’inquiète de l'imposition d'un cours faite par la province du Québec aux familles et établissements qui ne désirent pas adhérer à la vision de la culture religieuse que l'État désire imposer coûte que coûte à tous les enfants du Québec.

"In April 2010 a group of Quebec parents sought permission from the Supreme Court to appeal a September 2009 Quebec Superior Court ruling that denied an exemption for their children from a mandatory ethics and religions course in the provincial education curriculum that provided an overview of world religions from a secular perspective. The parents, whose children were enrolled in the public school system, alleged that the course contravened their charter right to freedom of religion and conscience, as well as their choice of education for their children. The case remained pending at the end of the reporting period. In a separate legal challenge in June 2010, the Quebec Superior Court granted a private Catholic school in Montreal an exemption from the same course, permitting it to teach the course from a religious perspective and criticizing the province's insistence on a neutral approach to the material as "totalitarian." The Quebec provincial government confirmed that it would appeal the ruling."

Traduction libre:

« En avril 2010, un groupe de parents du Québec a demandé la permission de la Cour suprême d'en appeler d'une décision de septembre 2009 de la Cour Supérieure du Québec qui a refusé une exemption pour leurs enfants d'un cours obligatoire du programme provincial nommé éthique et de culture religieuse qui présente une vue d'ensemble des religions du monde à partir d’une perspective areligieuse ("laïque"). Les parents dont les enfants étaient inscrits dans le système scolaire public ont allégué que le cours enfreint leur liberté de religion garantie par leur charte ainsi que leur choix d'éducation pour leurs enfants. L'affaire était encore en suspens à la fin de la période considérée pour ce rapport. Dans un dossier juridique distinct, en juin 2010, la Cour supérieure du Québec a accordé à un établissement privé catholique de Montréal une exemption pour le même cours, l'autorisant à enseigner le programme d'un point de vue religieux, critiquant de surcroît l'insistance de la province à exiger une approche "neutre" sur le contenu la qualifiant de "totalitaire". »

Source de l'information (via Éthique et culture religieuse) Site du Département d'État américain
http://www.state.gov/g/drl/rls/irf/2010/148740.htm




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ECR — Mémoire de l'Alliance évangélique du Canada devant la Cour suprême

On trouvera ci-dessous le mémoire soumis par l'Alliance évangélique du Canada en soutien de son intervention devant la Cour suprême du Canada ce 18 mai 2011. Cette partie du mémoire devait tenir en dix pages.

PARTIE I: EXPOSÉ DES FAITS

1. L’Alliance évangélique du Canada («AÉC»)1 intervient dans la présente requête suite à l’ordonnance émise par l’Honorable juge Charron en date du 28 mars 2011. L’AÉC accepte l'exposé des faits soumis par les appelants.

PARTIE II: QUESTIONS EN LITIGE

2. Les questions d’intérêt public dans la présente requête sont les suivantes: est-ce le rôle de l'État de fournir une éducation religieuse ou une éducation qui cherche à inculquer une certaine vision du monde (religieuse ou non) au sujet de la religion ? Si oui, est-ce le rôle de l'État de rendre ce type d’éducation obligatoire ?

3. À cet égard, il faut aussi se demander si, au sein de la société canadienne, des citoyens possédant diverses croyances sincères et exclusives peuvent effectivement coexister dans la sphère publique, et, plus particulièrement, dans le système d’instruction publique.


PARTIE III: ARGUMENT

A. Dans la société canadienne, est-ce que les individus qui ont diverses croyances sincères et exclusives peuvent effectivement coexister dans la sphère publique, y compris dans le système d'instruction publique ?

4. Le programme d’Éthique et de culture religieuse (« ECR ») prétend enseigner l’éthique et la religion d’une façon non religieuse2. Cependant, les notions du « non-religieux » et de la « laïcité » sont souvent mal comprises ou mal appliquées. Dans Chamberlain c. Surrey School District No. 363, cette cour a constaté que l’usage quotidien du mot « laïcité » au sens du «non religieux » est erroné. Spécifiquement, le juge Gonthier a déclaré (laquelle déclaration fut approuvée par la juge en chef McLachlin et le juge Le Bel) :
À mon avis, le juge Saunders a commis une erreur en présumant que le terme « laïque » signifiait en réalité « non religieux ». Ce n’est pas le cas puisque rien dans la Charte, dans la théorie politique ou démocratique ou dans le pluralisme bien compris n’exige, lorsque des questions d’intérêt public sont en cause, que les positions morales fondées sur l’athéisme l’emportent sur les positions morales fondées sur des croyances religieuses. Je souligne que le préambule même de la Charte précise que «...le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit ». Selon le raisonnement du juge Saunders, l’opinion morale qui traduit une croyance fondée sur une religion ne doit pas s’exprimer sur la place publique, alors qu’elle devient publiquement acceptable si elle n’est pas ainsi fondée. Le problème que pose une telle interprétation est que chacun a des « convictions » ou des « croyances », que celles-ci prennent leur source dans l’athéisme, l’agnosticisme ou la religion. Il est donc erroné de considérer que le terme « laïque » relève du domaine de la « non-croyance ». Cela étant, pourquoi alors les personnes ayant des convictions religieuses devraient-elles être pénalisées ou exclues ? Ce faisant, on dénaturerait les principes du libéralisme d’une manière qui fragiliserait la notion de pluralisme. L’essentiel est que des personnes peuvent être en désaccord sur des questions importantes et qu’un tel désaccord, lorsqu’il ne met pas en péril la vie en société, doit pouvoir être accommodé au cœur du pluralisme moderne4. [soulignement ajouté]

vendredi 13 mai 2011

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Plus de 13 ans après leur création, les Centres de la petite enfance (CPE) n'ont toujours pas atteint un de leurs objectifs déclarés : l'améliorer des performances scolaires des enfants. C'est en effet ce que déplore un chercheur qui dresse un dur portrait des garderies dites à 7 $. (Le coût quotidien d'une place de CPE est en réalité proche de 50 $ quand on ajoute les subventions gouvernementales.)

« Si ce n'est pas un échec, c'est, à tout le moins, un demi-échec. Quand les CPE ont été créés, on promettait qu'ils favoriseraient le développement des enfants pour qu'ils performent mieux à l'école, par la suite. Ce n'est jamais arrivé », déplore Pierre Lefebvre dans les colonnes du Journal de Montréal, professeur au Département de sciences économiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Ce dernier a brossé un portrait très négatif des « garderies à 7 $ », lors de la présentation de son étude sur les « enfants des CPE », hier, au congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS, anciennement l'Association canadienne française pour l'avancement des sciences).

En comparant les résultats de jeunes Québécois et Canadiens âgés de moins de cinq ans à différents tests réalisés entre 1994 et 2006, le chercheur est arrivé à la conclusion que la politique familiale de Québec n'avait nullement amélioré leurs scores de développement cognitif.

Politique ruineuse qui élimine les autres choix

« Avec sa politique universelle d'éducation et de soins à la petite enfance, le gouvernement souhaitait réduire les disparités entre les enfants, explique Pierre Lefebvre. Ça n'a pas été du tout le cas. Pourtant, énormément d'argent a été mis dans les services de garde. La preuve, c'est qu'on y investira plus de 2,4 milliards de dollars en 2010-2012. » Notons que la politique est universelle pour autant qu'il y ait de la place de garderies (ce qui n'est pas le cas) et que les parents préfèrent que des fonctionnaires gardent leurs enfants plutôt qu'eux-mêmes ou des membres de leur famille.

Selon M. Lefebvre, les CPE ne parviennent pas à des résultats probants, en dépit de l'importance des sommes investies, pour des raisons inhérentes aux centres de la petite enfance.

« Il y a un sérieux problème de qualité. J'irais même jusqu'à dire que la qualité est très basse, dans les garderies, que ce soit au niveau de la formation du personnel ou, encore, des interactions entre les éducatrices et les enfants », affirme-t-il. Pour ce carnet cela n'a rien d'étonnant : les garderies sont un moyen bon marché de garder beaucoup d'enfants, pas d'offrir la même attention qu'une mère donnerait à un ou deux de ses enfants en bas âge.

Ce n'est pas la première étude qui met en doute les bénéfices pédagogiques supposés des garderies. C'est ainsi qu'une étude de l’Université de Cambridge portant sur l’éducation à l’école primaire recommande que la scolarisation formelle des enfants ne commence qu’à l’âge de six ans, c’est-à-dire un an plus tard que la norme actuelle au Royaume-Uni.

Cette étude de 608 pages, la « Cambridge Primary Review », basée sur 28 enquêtes et 1052 observations écrites par 14 auteurs, 66 consultants en recherche et un conseil consultatif, affirme qu’il n’y a aucune preuve que l’enseignement formel ait bénéficié aux jeunes enfants, et que d’introduire des enfants à l’âge de cinq dans la structure et la discipline d’une salle de classe pourrait même être nocif. Le rapport de l’Université Cambridge corrobore une étude précédente, rendue publique en 2007 par le Curriculum, Evaluation and Management Center (CEM) de l’Université Durham, et présentée à la conférence de l’Association européenne pour l’apprentissage et l’Instruction (EARLI).

L’étude Durham avait trouvé qu’en dépit des grands changements advenus ces quinze dernières années dans l'éducation préscolaire au Royaume-Uni, le développement et les compétences des enfants au début de leur scolarisation ne diffèrent pas aujourd'hui de ce qu'ils étaient avant l'introduction du programme de la petite enfance.

Ces résultats confirment l’évaluation du programme SureStart effectuée en 2005; celle-ci n’avait également trouvé aucune amélioration globale chez les enfants des milieux défavorisés qui constituaient les cibles de ce programme à son origine.

Cet échec pédagogique ne serait pas le seul fait du Québec ou du Royaume-Uni. En effet, pour Jonas Himmelstrand, auteur et fondateur de l'Institut Mireja, le système de garderie universel en Suède forme des enfants moins instruits. La Suède a mis en place un système de garderies universel en 1975. Or, depuis le début des années 90, on observe une baisse de la Suède dans les classements scolaires internationaux, une augmentation des conséquences négatives pour les enfants et les adolescents tant dans le domaine de la santé et que du comportement.

Échec social : troubles comportementaux et problèmes de santé

Selon une étude de l'Université de Montréal publiée en 2009, près de 15 % des Québécois de moins de 6 ans souffrent de degrés atypiques de dépression (pas nécessairement majeure) et d'anxiété.

Les bambins sont particulièrement vulnérables lorsqu'ils se voient séparés de la personne qui prenait soin d'eux, notait une pédopsychiatre interrogée par La Presse de Montréal sur ce sujet.

Les enfants issus de familles nanties ou de la classe moyenne sont trois fois plus susceptibles d'être touchés par la dépression que ceux de milieux défavorisés.

La psychologue et chercheuse Lise Bergeron est arrivée à cette conclusion surprenante au terme de l'Enquête sur la santé mentale des jeunes Québécois. Des chercheurs new-yorkais ont observé le même phénomène.

Rappelons que des études antérieures ont démontré des désavantages notables liés à une garde trop précoce des enfants d'âge préscolaire. C'est ainsi que le Bureau national de recherche économique, un organisme renommé de recherche des États-Unis, avait publié en 2005 parmi une des études les plus complètes sur le système de garderie du Québec. Dans leur résumé, les professeurs d'économie Michael Baker, Jonathan Gruber et Kevin Milligan écrivent que l'introduction de ce programme a eu des conséquences négatives autant sur les parents que sur les enfants :
« [N]ous avons découvert des preuves frappantes que les enfants ont subi des détériorations dans un éventail d'aspects comportementaux et liés à la santé, allant de l'agression aux aptitudes motrices et sociales en passant par la maladie. Notre analyse suggère aussi que le nouveau programme de garderie a mené à des pratiques parentales plus hostiles et moins cohérentes ainsi qu'à une détérioration de la santé parentale et des relations parentales. »
Impact très incertain sur la natalité

Certains prétendent que les garderies d'État ont participé du très léger rebond démographique du Québec baptisé « mini-baby-boom ». Or plusieurs faits militent contre cette interprétation : d'une part, le reste du Canada a également connu une certaine augmentation de la natalité sans ce programme ruineux (il était de 1,68 enfant par femme au Canada en 2008, contre 1,70 au Québec en 2010) qui ne récompense que les femmes qui retournent au travail, d'autre part, malgré des coûts toujours croissants le taux de fécondité des femmes québécoises a diminué ces deux dernières années.

Encourager les mères à travailler, les décourager d'adopter un modèle « rétrograde »

La politique familiale instaurée par les péquistes aurait toutefois l'effet d'encourager (ou de forcer puisque les allocations universelles permettant un autre choix ont été supprimées) le travail des femmes. On peut d'ailleurs se demander si ce n'est pas là le véritable but de cette politique qui devait remplacer la politique de l'allocation à la naissance qui elle était universelle et coûtait nettement moins cher (près de 10 fois moins cher) pour une hausse semblable de la natalité observée récemment au Québec.

La ministre de la Famille et de l'Enfance de l'époque, Nicole Léger (PQ), avait alors qualifié ce programme « d'échec lamentable ». Le diagnostic peu nuancé de la ministre Léger s'expliquait sans doute par des réticences fréquentes exprimées par le Conseil de la femme à toute politique nataliste efficace. En 1982, Claire Bonenfant, la très féministe présidente du Conseil de la Femme, s'était interrogée, au sujet d'une politique avec de timides conséquences natalistes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? »

Les CPE devaient donc d'abord s'assurer que les femmes ne retournent pas aux berceaux et aux fourneaux, mais qu'elles travaillent. Il est d'ailleurs étonnant qu'un parti nationaliste et socialiste ait trouvé là une priorité pour un peuple très minoritaire. On comprend mieux que certains employeurs s'en soient réjouis : ils avaient accès à une main d'oeuvre supplémentaire exerçant probablement une pression à la baisse sur les salaires subventionnée pour ce faire par l'État.

« Les chiffres le démontrent clairement, signale le professeur Lefebvre. Le taux de participation de la main-d'œuvre a grimpé de 55 %, en 1994, à 74 %, en 2006. On ne remarque pas une prog ression aussi rapide en Ontario. »

Toutefois, ces avancées viennent avec leur lot d'inconvénients, rappelle M. Lefebvre. «Les enfants arrivent très tôt à la garderie et y passent énormément de temps. C'est intensif et pas nécessairement recommandé, dans le cas des jeunes enfants», précise le chercheur.

Le système des CPE nécessite une «rénovation» en profondeur, croit Pierre Lefebvre. «Dans l'opinion publique, on trouve généralement formidable la politique familiale du gouvernement, car elle permet à plusieurs femmes de travailler à temps complet. Dans les faits, les résultats ne sont pas là, au niveau du développement des enfants. Au mieux, la politique n'a pas d'effet sur eux et, au pire, de légers effets négatifs. »


Voir aussi 

Une juge force des parents à socialiser leurs enfants dans une garderie d'État





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