samedi 13 mars 2010

Le philosophe Nestor Turcotte critique la superficialité du cours ECR

Le philosophe, théologien et politicien Nestor Turcotte critique la superficialité du cours ECR dans un récent article :

Le déplacement de l’accent mis sur ce qui est secondaire ou accidentel aux dépens de ce qui est essentiel dans le christianisme se retrouve particulièrement dans le domaine de la morale ou de l’éthique. Celle-ci, dépouillée de plus en plus de son élément de transcendance, se retrouve réduite à de bons rapports avec les hommes, à un code de convenance, à un mieux vivre-ensemble, comme on l’enseigne présentement à nos jeunes adolescents dans le nouveau cours Éthique et culture religieuse. Les règles universelles tombent. Chacun écrit ses propres règles. Ce que chacun fait est nécessairement bon puisque l’acte posé fait référence à des critères subjectifs. Et parce que l’unique commandement qui a remplacé tous les autres est celui de la tolérance, on est venu, lentement, à tolérer l’intolérable au nom de la tolérance.

Suite de l'article.






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Belgique — Enseignante musulmane peut porter son voile en classe

La Cour d’appel de Mons en Belgique a donné raison à l’enseignante musulmane de mathématique qui porte le voile en donnant ses cours. L’école publique l’avait interdit en septembre dernier alors que la jeune femme avait entamé sa carrière en 2007, sans que le voile ne pose problème.

Cette jeune femme musulmane enseignait les mathématiques et la physique dans une école communale de Charleroi (Belgique) depuis deux ans et demi, tout en portant le voile. Personne ne lui avait fait la remarque jusqu’à ce début d’année scolaire, où la direction de l’établissement la somme de retirer son voile, ce qu’elle refuse.

En référé (injonction), le tribunal avait donné raison à la Ville de Charleroi dont dépend l'école communale, au nom de la neutralité que doivent respecter les enseignants, et en se basant sur le décret neutralité de la Communauté française. Pourtant, en appel, le jugement est complètement démonté : la Cour d’appel estime en effet que ce décret ne s’applique qu’aux établissements publics de la communauté francophone de Belgique.

Or, ici, on est dans l’enseignement officiel subventionné, et le pouvoir organisateur, en l’occurrence la Ville de Charleroi, n’a pas précisé ce cas de figure dans sa réglementation. La jeune femme a donc le droit de porter le voile puisqu’il n’est pas formellement interdit. Mais les attendus de l’arrêt vont plus loin : ils précisent que le voile, au même titre que la kippa ou la croix, peut être visible mais la manière de le porter doit être empreinte de discrétion.


Extraits de journaux télévisés belges sur la chaîne publique du 11 et 12 mars 2010








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Le Cardinal Marc Ouellet critique à nouveau l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse

Lors de la Montée Ados 2010, un jeune a questionné le Cardinal Ouellet à propos du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse. À la question « Que penser du cours d’éthique et culture religieuse ? » le Cardinal a répondu aux jeunes sur place que ce cours « devrait être libre, laisser la possibilité de choisir un autre cours. ».

Le cardinal s'inquiète de la qualité du cours d'éthique et de culture religieuse. Il explique qu'il est difficile pour un enseignant qui connait peu sa religion d'en savoir beaucoup sur toutes les religions. Il s'explique mal aussi comment on peut mettre de coté les convictions personnelles en prodiguant un tel cours.

Il rappelle aux jeunes qu'ils ont servi et servent encore de cobayes, et qu'on pourra éventuellement voir les résultats de cette « expérimentation » qu'il a depuis le début dénoncée. Il invite les jeunes à avoir un véritable enseignement catholique en paroisse les soirs ou la fin de semaine, puisque les écoles publiques québécoises ne forment plus complètement les élèves du Québec conformément aux vœux de leurs parents.







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vendredi 12 mars 2010

De plus en plus d'églises vandalisées en France

Certains partisans d'une laïcité stricte aiment à parler d'un retour du religieux dans la société qu'il faudrait juguler par des balises claires. Que faire d'une tendance qui semble se dégager dans certains pays où l'on voit de plus en plus de lieux de culte et cimetières vandalisés ou recouverts d'inscriptions satanistes, anarchistes ou néonazies férocement antireligieuses ?

Le Figaro souligne le fait qu'en France les églises catholiques de plus en plus vandalisées :
Vingt-quatre lieux de cultes ont été profanés depuis le 1er janvier et les responsables religieux se mobilisent.

Vandalisées, cambriolées et profanées… Les églises catholiques sont les cibles d'attaques répétées. Ainsi, dans la nuit du 5 au 6 mars dernier, la porte de la basilique Saint-Donatien de Nantes et les murs d'enceinte du lycée catholique éponyme ont été maculés de slogans anarchistes. On pouvait y lire « Brûle ton église », « Les curés au bûcher, les sorcières en liberté » ou « Ni Dieu ni maître ». Ces dégradations, qui ont provoqué l'ire du député maire (PS) Jean-Marc Ayrault, sont intervenues après la mise à sac de l'église voisine Saint-Clément : des inconnus y ont fait voler en éclats des chaises, brisé la main d'une statue de saint Pierre et dérobé une « station » du chemin de croix. La veille, des inconnus avaient fait irruption dans l'église de Saint-Étienne-des-Oullières (Rhône), jetant au sol des livres de prières, renversant le mobilier et brûlant une banderole arrachée d'un pilier sur l'autel. Dans la nuit du 11 au 12 février, l'église Saint-Michel de Morangis (Essonne) était à son tour pillée par des cambrioleurs, piétinant à même le sol les hosties après avoir forcé le tabernacle. Dans le même temps, deux sculptures ornant les rouleaux d'archivolte de la baie centrale de l'église Sainte-Eulalie, à Benet (Vendée) étaient vandalisées tandis que la rambarde du XVI e siècle de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (Finistère) était détruite à la masse et que l'église Saint-Bonnet de Bourges (Cher) était incendiée. Les vandales avaient empilé et enflammé des chaises dans la chapelle du Saint-Sacrement, tel un bûcher.

Un édifiant état des lieux dressé par la gendarmerie nationale, dont la zone couvre 95 % du territoire, révèle que pas moins de 184 faits de profanations ont été recensés en 2009. Les départements du Bas-Rhin, de la Somme, d'Ille-et-Vilaine, de la Gironde, du Gard et des Vosges concentrent le plus grand nombre de violations.

Porté à la connaissance du Figaro, ce bilan précise qu'une cinquantaine d'affaires, impliquant 106 vandales, ont été résolues dans la même période. Si les saccages visant les églises - mais aussi les cimetières - se maintiennent à un niveau élevé depuis une montée en puissance en 2004, avec plus de 140 cas constatés, les militaires ont remarqué des « pics » sur les douze derniers mois qui « correspondent, en partie, aux dates ou périodes symboliques célébrées par des groupuscules sataniques ou néonazis ». Ainsi, les profanateurs sont pris d'une singulière frénésie le 30 avril, date anniversaire de la fondation de l'«Église de Satan» aux États-Unis et de la mort d'Adolf Hitler. Ils se manifestent aussi davantage le 31 octobre, fête de Halloween et jour de l'an sataniste, ainsi que lors des solstices et des équinoxes. « Près de la moitié des faits ont été recensés le week-end », ajoute un gendarme, estimant par ailleurs que ce « nombre est certainement plus élevé, compte tenu de la découverte tardive de certains délits ». Rappelant que les sacrilèges recensés en zone gendarmerie touchent « principalement des cimetières ou des églises d'obédience chrétienne », les enquêteurs ont noté « cinq violations de sépultures ou de tombeau », dont deux exhumations l'année dernière.






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Commission scolaire contre la réforme du calendrier scolaire

Selon le projet de règlement soumis par la ministre Michelle Courchesne, l'année scolaire ne se calculerait plus en jours, mais en heures. Plutôt que d'avoir 180 jours d'enseignement, les écoles auraient l'obligation d'offrir entre 900 et 1000 heures de cours par an, selon un calendrier de leur choix.

La commission scolaire du Val-des-Cerfs (région de Granby) déplore que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, ne l'ait pas consultée avant de publier son projet de loi qui aurait pour effet de modifier le calendrier scolaire. Voir dépêche.

Le conseil des commissaires a adopté une résolution, hier soir, dans laquelle il témoigne de son mécontentement à la ministre. « La ministre a toujours dit que les commissions scolaires étaient des partenaires, alors qu'elle n'a pas agi du tout en partenariat », a dénoncé Guy Vincent, président de Val-des-Cerfs, au cours d'une entrevue hier après-midi.






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« Le problème central, c'est la montée de l'islam politique, et non les signes religieux »

Marc Lebuis, éditeur du site Point de bascule, offre son analyse de la crise des accommodements et du mirage d'une solution à la crise de la « diversité » croissante par la publication d'une Charte de la laïcité.

Imprécision

En souhaitant endiguer l'expression institutionnelle du religieux, les promoteurs d'une Charte de la laïcité escamotent un problème fondamental : l'islamisme. Le problème actuel, au Québec et encore plus ailleurs, ce n'est pas la religion en général, mais bien l'islam politique, une idéologie politique rétrograde aux visées clairement expansionnistes et aux ambitions totalitaires. Le problème, ce ne sont pas « les signes religieux » ou le « retour du religieux ». Le problème central, c'est la montée de l'islam politique, l'influence de groupes islamisants sur certains partis politiques, la présence de militants islamistes dans certaines institutions publiques, l'emprise de l'islam politique sur les musulmans d'ici et l'insouciance jovialiste de nos dialoguistes patentés.

Incohérence

Une proportion significative des partisans d'une charte de la laïcité approuverait le retrait du crucifix de l'Assemblée nationale du Québec. Paradoxalement, ces laïcistes conséquents défendent ainsi une position que soutiendrait allègrement la quasi-totalité des intégristes musulmans de la province. En s'attaquant aux racines religieuses de la majorité nationale, plusieurs laïcistes promeuvent ainsi involontairement un programme allant bien souvent dans le sens des souhaits et intérêts les plus profonds de l'islam militant.

Ligne Maginot

L'approche laïque « à la française » souffre en général du syndrome de la ligne Maginot. Du sable pour les autruches. Car, en vérité, endiguer en partie l'expression de certains symboles ne court-circuite aucunement le dynamisme des mouvements politico-religieux qui s'y rattachent. Il ne suffit pas de voter des lois et d'instaurer des règles pour voir certaines valeurs et allégeances s'incarner par magie dans la réalité. Si, demain matin, les caissières de la SAAQ ne pouvaient plus porter de voile, est-ce que cela changerait quelque chose sur l'essentiel? Non. L'islam politique continuera d'endoctriner les musulmans du Québec en se passant de ses étendards. L'interdiction du voile, de la burqa, du niqab et du djilbab pourrait être jugée positive, mais cela ne réglera en aucun cas le problème de fond. Cacher le symptôme est parfois souhaitable, mais ce n'est jamais un bon remède.

Victoire à la Pyrrhus

L'islam politique n'est pas une danseuse de ballet. Si vous le frappez de la main gauche, il sera toujours debout. Si vous le frappez de la droite, il sera encore debout. Si l'on interdit le voile dans le secteur public, les islamistes en profiteront pour exacerber les sentiments victimaires des musulmans, les ghettoïser et les radicaliser encore plus. À l'inverse, si l'on n'interdit pas le voile dans le secteur public, les islamistes clameront que la pression fonctionne et qu'en s'ouvrant aux signes ostentatoires de l'islamisme, les infidèles font une fois de plus preuve de faiblesse et de couardise. Ils ouvriront ensuite de nouveaux fronts. L'islam politique n'est pas une problématique simple. Défaite et victoire sont pour lui deux tremplins distincts pour progresser. À ce phénomène, il n'y a pas de solution simple ou magique.

L'État total

La laïcité « fermée » telle que certains la conçoivent vise bien souvent à neutraliser un faux problème - le religieux en général - en instaurant un nouveau culte, soit un culte civique ou un culte de l'État, sapant ainsi les libertés individuelles classiques. Étatisation d'un nouveau pan de la vie sociale et bureaucratisation accrue du monde vécu, voilà ce qu'entraînerait en partie l'instauration d'une charte de la laïcité. À cause de quelques-uns, tous doivent payer. À cause de quelques-uns, accroissement du pouvoir de l'État sur tous. Ainsi, d'une certaine manière, l'islamisme triompherait. À cause de lui, les libertés occidentales, fondement de nos sociétés, devraient reculer.

[...]

En conclusion

Charte de la laïcité ou pas, de nombreux jeunes musulmans continueront, après les classes, d'aller à l'école coranique et dans des centres islamiques. Ils continueront de se faire dire, pour une bonne part, que leur principal devoir est de se battre pour l'islam. Ils continueront de se faire dire, pour une immense part, que les Occidentaux sont des dégénérés décadents. Ils continueront de se faire dire, tous et toutes, que rien n'est plus important que de ne pas se mélanger avec les infidèles...

[...]

Selon Point de Bascule...

1) L'État devrait déclarer que l'islamisme, hard et soft, est une doctrine politique antidémocratique et totalitaire. Le système d'éducation, quant à lui, devrait relayer à tous et toutes cette vérité élémentaire.

2) Les acteurs publics et médiatiques qui relativisent le phénomène islamiste devraient recevoir le même traitement que s'ils faisaient l'apologie de la malaria.

3) Les politiques d'immigration devraient être réformées de manière à minimiser autant qu'humainement possible la quantité de musulmans fondamentalistes au Québec.






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mardi 9 mars 2010

Suisse — L'école publique genevoise introduira l'étude des grands textes, de Karl Marx au Coran

Dès la rentrée scolaire 2011, l'école publique du canton de Genève en Suisse introduira l'enseignement des « grands textes fondateurs » constitutifs de traditions, croyances et modes de pensée, religieux ou non.

Des extraits de la Bible, du Coran, mais aussi de l'Odyssée, de Montaigne, de Marx ou encore de la Déclaration universelle des droits de l'homme seront abordés selon une approche historique, culturelle et comparative. Ce programme sera dispensé dans l'école obligatoire (principalement au Cycle d'orientation, c'est-à-dire de 12 à 15 ans), dans diverses disciplines : éducation citoyenne, sciences humaines, français.


Alors que, dans certains cantons suisses, la tendance est de transformer l'enseignement biblique en cours d'histoire des religions, l'école publique genevoise (dépourvue d'enseignement biblique) offrira une alternative à la partie « éthique et culture religieuse » proposée, mais pas imposée, par le Plan d'étude romand (un programme commun à tous les cantons francophones). Genève suit ainsi le choix du Grand Conseil de Genève, le parlement local, qui, en 2006, avait clairement rejeté l'introduction d'un cours spécifique sur le fait religieux. Le parlement privilégiait un renforcement de cet enseignement dans les divers disciplines où la question était déjà évoquée, afin de permettre aux élèves d'appréhender le monde qui les entoure dans le sens du vivre ensemble. Des formations continues sur les religions ont été proposées aux enseignants qui, à en croire le Département de l'instruction publique (DIP), ont eu beaucoup de succès.

Le nouveau programme collera à la vision d'une « laïcité engagée », précise le secrétaire général adjoint du DIP, Patrick Hess : « Il respectera la séparation de l'État et des Églises consacrée dans la Constitution genevoise et le principe d'un enseignement laïque, tout en prenant en considération la très grande diversité culturelle des élèves dans notre canton. » On notera que si l'Église n'a plus son mot à dire dans l'école publique, il n'est pas certain que l'État n'intervienne pas dans la question de la religion par le biais de la formation au fait religieux et philosophiques.

Visée idéologique : lutter contre « l'ethnocentrisme »

« Il ne s'agira ni d'un cours d'éthique ni de leçons de morale, ajoute M Hess. Cette approche des grands textes évitera tout ethnocentrisme et toute limitation aux monothéismes. L'objectif est de permettre aux élèves de comprendre les valeurs fondatrices d'une communauté en leur apprenant à mieux identifier les références et les valeurs véhiculées par ces textes; les aider à mieux comprendre qu'une bonne partie de leurs camarades ne se réfèrent pas à la même culture, à découvrir et accepter, par exemple, que tout le monde n'a pas la même réponse aux questions sur l'origine de la vie, sur la mort, etc. »


Le programme est en cours d'élaboration au sein du DIP. Un groupe consultatif, notamment formé d'experts en sciences des religions et de membres du groupe citoyen « culture religieuse et humaniste à l'école laïque », à l'origine du lobbying pour un cours sur le fait religieux, aurait également été mis en place afin recueillir « l'avis de représentants de la société civile. »






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samedi 6 mars 2010

France — violences scolaires

Le chroniqueur Ivan Rioufol du Figaro se penche sur la violence scolaire dans un article du 17 février 2010.

Ces « profs » qui se lamentent parce qu'ils n'arrivent plus à se faire respecter des « gosses » sont les victimes d'un système égalitariste qu'ils ont pour la plupart cautionné. C'est bien l'Education nationale, bastion de la gauche défendu par la majorité des syndicats d'enseignants, qui a avalisé depuis quarante ans les réformes (conduites aussi par la droite suiviste) ayant abouti à vider l'autorité des maîtres [Note du carnet : au Québec, le maître est devenu un animateur d'élèves d'« auto-s'apprennant-auto-s'évaluant ». Ne pas rire !], à ringardiser la discipline et à placer l'élève au centre d'un dispositif dévalorisant le savoir. Ce sont ces organisations progressistes qui, dans le même temps, ont applaudi la démentielle politique d'immigration consistant, depuis trente ans, à faire venir massivement des populations nouvelles sans se préoccuper de leur intégration. L'effondrement du système éducatif, miné par l'illettrisme et la violence, est le résultat de ces politiques irréfléchies qui valaient, à ceux qui les dénonçaient, d'être traités de réactionnaires...

« Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes », a écrit Bossuet. On en voit l'illustration, avec l'affolement du monde éducatif qui a poussé le gouvernement [français], mardi, à convoquer des « états généraux de la sécurité à l'école ». Encore faudrait-il que les vrais problèmes, liés à la perte d'autorité des enseignants et au rejet de l'école par certains jeunes issus « de la diversité », soient posés. Ce mercredi, dans Le Figaro, Eric Debarbieux, président de l'observatoire international de la violence à l'école, fait remarquer : « Dans certaines des pires favelas du Brésil, la violence qui domine le quartier n'entre pas dans l'école. L'école est protégée par les parents qui y sont très actifs. En France, on perçoit trop souvent les familles comme des adversaires de l'école ». Pourquoi?

Parlons clair : la violence scolaire est celle des « quartiers difficiles », comme l'a rappelé Jean-François Copé, ce matin sur Europe 1. C'est là que des familles, de culture musulmane, en viennent à se désolidariser du système scolaire à qui elles ont confié leurs enfants, selon un processus de rejet d'une insertion qu'a bien décrit Malika Sorel, intellectuelle d'origine maghrébine, dans Le puzzle de l'intégration. Elle y écrit : « Ces parents sentent très vite que c'est par l'intermédiaire de l'école de la République que risque de s'opérer la transformation de leurs enfants. C'est la raison pour laquelle ils nourrissent envers elle une grande suspicion ». Le rejet de l'école est, pour beaucoup, le rejet d'un modèle de société.






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« Plaidoyer pour notre culture publique commune »

Le texte qui suit, intitulé Plaidoyer pour notre culture publique commune, a été transmis à divers journaux, dont le Devoir et la Presse. Aucun n’a jugé pertinent de le publier.


PLAIDOYER

Ce plaidoyer se fonde sur une position fondamentale : la société québécoise telle que nous la connaissons mérite de durer en tant que bien commun. Nous parlons donc d’un acquis qui existe dans l’espace et le temps. Il ne s’agit nullement d’une utopie que nous souhaiterions inventer ou construire, mais d’une civilisation qui existe, la nôtre. Nous jouissons de bonnes institutions et d’une culture publique commune trop souvent méprisées par nos élites, mais grâce auxquelles nous avons survécu et progressé jusqu’à aujourd’hui.

Quelle est cette culture qui nous a soutenus et nourris ? La réponse, pour nous évidente, est qu’il s’agit de la tradition culturelle gréco-latine et judéo-chrétienne telle qu’héritée de l’Europe et modulée par quatre cents ans d’expérience en Amérique du Nord, et en particulier au Québec. Cette tradition, nous devons continuer à la vivre, à la nourrir, à la protéger et finalement à la transmettre aux nouveaux venus dans nos communautés : nos enfants et ceux qui choisissent librement de se joindre à nous, c’est-à-dire les immigrants.

« Au Québec, affirment les auteurs du Manifeste pour un Québec pluraliste, l'État élabore les normes collectives indépendamment des groupes religieux ou de conviction. Il exerce sa neutralité en s'abstenant de favoriser ou de gêner, directement ou indirectement, une religion ou une conception séculière de l'existence, dans les limites du bien commun. » En réalité, notre tradition occidentale, qui est à la fois religieuse et séculière, n’a pas été inventée par l’État : c’est au contraire cette tradition qui est le ressort principal de la notion de bien commun telle que nous la connaissons, c’est elle qui a informé l’État de la nature du bien commun, c’est elle qui a engendré les principes et les institutions à la source de nos droits et libertés, c’est elle qui inspire notre sens de la dignité et de la justice sociale, c’est aussi elle qui nous a apporté les valeurs de discipline et de travail à l’origine de notre prospérité. Tous ces biens, si précieux, nous pouvons les comparer aux fruits d’un arbre plein de vigueur. Que nous cessions un jour de préserver et de nourrir ses racines et il ne donnera plus de fruits. N’oublions pas que cet arbre est le produit d’au moins cinq mille ans d’efforts, de créativité, de souffrance, de sagesse accumulée et de courage. Au fond, nos intellectuels et nos professeurs proposent de remplacer un arbre vivant par des conceptions abstraites nées de cerveaux aussi intempérants qu’imprudents.

Lorsque nous nous interrogeons sur nos valeurs, il faut répondre fermement que ce sont celles de la tradition gréco-latine et judéo-chrétienne telles que vécues chez nous depuis quatre cents ans et, ailleurs en Occident, depuis deux mille ans. Les auteurs de ce manifeste ont d’ailleurs tort de nier qu’il existe au Québec « une majorité silencieuse qui n'aurait jamais renié ses valeurs traditionnelles, représentant notre véritable identité ». Pour au moins une génération encore, ce sera le cas. Il n’est pas nécessaire, comme écrivent en se moquant nos auteurs, de pratiquer une sorte de « symbiose mystique » pour parvenir « à déceler le contenu véritable des valeurs de cette majorité ». Ces valeurs font partie de la culture publique commune qui alimente, parfois inconsciemment, les paroles et les gestes de la majorité de nos concitoyens. Autrement, nous n’aurions pu agir collectivement pour édifier et maintenir cette société distincte, certes, mais occidentale, puisqu’il n’y a point de société sans culture publique commune.

Ces valeurs, issues de la civilisation occidentale, ont contribué à l’érection d’une société suffisamment prospère, libre et accueillante pour recevoir les immigrants et partager avec eux les bienfaits de cette culture. À ces gens venus d’ailleurs, il incombe de connaître et d’accueillir cette riche tradition, non seulement pour eux, mais pour les immigrants qui viendront dans l’avenir, afin que ceux-ci bénéficient à leur tour des mêmes bienfaits.

Respecter nos lois et nos chartes ne suffit pas pour être pleinement intégré à notre communauté nationale. Il faut en outre avoir été initié à la tradition gréco-latine et judéo-chrétienne, que ce soit au sein de sa famille, à l’église ou à l’école. Ainsi peut-on devenir un membre actif et responsable de notre société. Ainsi est-on capable de tracer des limites lorsqu’il le faut, en refusant par exemple l’euthanasie, le voile intégral ou la polygamie. Ce vaste corpus occidental, une fois intériorisé, nous permet d’exercer une pensée critique, et l’on peut dire que la possibilité même de critiquer la tradition qui nous a formés est l’un de ses bienfaits les plus inestimables.

Il est vrai, comme l’écrivent les auteurs du manifeste, que nos « droits et libertés » sont davantage qu’un « ensemble désincarné de normes », que celles-ci soient énoncées dans une charte ou dans un autre catalogue mis en circulation par l’État. Mais où s’incarnent-ils, ces droits et ces libertés, sinon dans une tradition toujours vivante, tradition qui est, pour nous en Occident, plus transcendante que les agissements d’autorités temporelles faiseuses et défaiseuses de chartes ? En effet, on le sait, nos gouvernements ne se gênent pas pour modifier les chartes selon leur bon plaisir ! [Clin d'œil à la Charte des droits et libertés de la personne québécoise dont l'article 41 a été modifié pour imposer le cours d'éthique et de culture religieuse.]

Nous tenons de cette tradition notre liberté de conscience et de religion, les droits inviolables des parents quant à l’éducation de leurs enfants, l’ensemble de nos libertés municipales et scolaires, ainsi que les franchises, droits et privilèges des villages, des villes, des régions, sans parler de l’institution même de la société civile : c’est au nom de cette tradition que nous condamnons sans appel le cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse, un cours qui viole nos droits et libertés. Non seulement ne faut-il plus enseigner ce cours à l’école primaire et le rendre facultatif au secondaire, il faut plus généralement remettre l’école à la société civile et insister pour que le niveau secondaire offre des cours d’histoire et de littérature dans lesquels le canon occidental et l’expérience québécoise qui en est un surgeon seront mis en évidence. Toutes les écoles, laïques ou confessionnelles, doivent par conséquent prodiguer un enseignement tenant compte de la tradition occidentale, toutes doivent respecter un programme éducatif minimal incluant l’histoire et les littératures américaines et européennes. [Note du carnet : nous sommes moins sûrs qu'il faille imposer à tous un programme unique, même s'il a notre préférence. Si la diversité « culturelle » est un problème, il est préférable d'éviter de l'accroître par une immigration « diverse  » importante plutôt que de limiter le choix et la liberté des Québécois.]

Les Québécois sont « ouverts à la diversité » et ont su appliquer un « authentique vivre-ensemble » depuis longtemps. Il est scandaleux que des fonctionnaires et des universitaires au service de l’État veuillent leur faire la leçon, eux qui n’ont pas la décence de s’identifier haut et fort à une tradition dont ils auraient dû être les plus fermes défenseurs. Les véritables gardiens des valeurs québécoises ne se trouvent ni dans les universités, ni dans les ministères du gouvernement du Québec, mais dans la société civile, où des citoyens ordinaires, des pères et mères de familles, transmettent à leurs enfants, envers et contre tous, des coutumes, des valeurs, des principes qu’aucune charte ne saurait résumer sans trahir : cette tradition vivante, inscrite dans le cœur et dans la chair autant que dans l’esprit de milliers de gens simples et bons, restera, nous le craignons, toujours inaccessible à nos spécialistes de l’ingratitude laïque et obligatoire.

Jacques Brassard, Alma

Gary Caldwell, Sainte-Edwidge

Richard Décarie, Montréal

Patrick Dionne, Montréal

Jean Renaud, Québec






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France — L'étrange univers des classes préparatoires aux grandes écoles

Selon le ministère de l'Éducation nationale français, une grande école est un établissement public d’enseignement supérieur qui recrute ses élèves par concours et assure des formations de haut niveau. Les premières ont été créées par l'État au milieu du XVIIIe siècle, dans le but de fournir les cadres techniques et militaires des grands corps de l'État : Armée, Mines, Eaux et forêts, Administration centrale, Ponts et chaussées, Agriculture, Ports et arsenaux et Science vétérinaire. Ces grandes écoles sont souvent considérées comme des universités d'élite. La tutelle d’une grande école est assurée par un ministère qui n'est pas obligatoirement l’Éducation nationale. On citera par exemple l’École polytechnique sous la tutelle du ministère de la Défense, l’École nationale du génie rural, des eaux et des forêts sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de la Forêt.

Les classes préparatoires aux grandes écoles sont des filières d'enseignement supérieur situées généralement dans les lycées. Communément appelées classes prépas ou prépas et pour la plupart publiques, elles sélectionnent sur dossier et recommandations après le baccalauréat et préparent théoriquement en 2 ans, mais souvent en 3, les étudiants aux concours d'admission de certaines écoles de commerce, de certaines écoles d'ingénieurs, des écoles normales supérieures, de l'École nationale des chartes et des écoles d'actuariat. 79 000 étudiants étaient inscrits en classes préparatoires aux grandes écoles durant l'année universitaire 2008-2009.

Aujourd’hui 10 % des lycéens français qui viennent d’avoir le baccalauréat (D.E.C. québécois) intègrent une classe préparatoire, dite « prépa ». Il existe trois catégories de classes préparatoires aux grandes écoles : économiques et commerciales, littéraires et scientifiques.

Parcours d’excellence pour réussir les concours prestigieux des grandes écoles françaises, mais parfois aussi la peur de l’université et de l’échec. Pendant deux ou trois ans, ces jeunes vont devoir mettre leur vie entre parenthèse pour se consacrer exclusivement au travail. De moins en moins de loisirs et de temps libre, des nuits blanches, des fins de semaine « à bûcher », c’est le quotidien des étudiants de prépas, un des moyens pour espérer réussir le concours d’une grande école.



Comment justifier ce système unique au monde ? Comment fabrique-t-on des bêtes à concours ? Le jeu en vaut-il la chandelle ? Pendant un an, une équipe de journalistes a suivi deux classes prépas dans le prestigieux lycée Lakanal en banlieue parisienne : une première année scientifique dont les élèves espèrent passer dans la classe supérieure et une deuxième année littéraire qui espère réussir les concours. Une année d’espoir, de désillusion, de réussite aussi.






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