lundi 7 septembre 2009

ÉCR — Un dur revers pour notre culture

Maxime Schinck
Tribune libre de Vigile

Pour plusieurs, la Révolution tranquille a amorcé l’irréversible déclin du catholicisme au sein de la société québécoise. Tranquillement, l’État coupa les liens qui le rattachaient à l’Église et reprit à sa charge les fonctions, telles que l’éducation, qui étaient jusqu’alors occupées par elle. Plus tard, l’État récupéra les certificats de naissance et ultimement déconfessionnalisa les commissions scolaires.

Il y a un an, on mit un terme à la liberté de choix entre un cours de religion chrétienne, catholique ou protestante, et un cours de morale pour imposer un cours unique à tous : le cours d’Éthique et de culture religieuse. Les parents, catholiques, athées ou autres, qui le contestaient viennent d’être déboutés en cour. Il n’y a donc plus de moyens légaux de se soustraire à ce cours – à moins bien sûr qu’un tribunal de niveau supérieur n’en juge autrement…

Depuis 1960, il est largement accepté que l’ancienne définition de l’identité canadienne-française, française ET catholique, n’est plus applicable. Rappelons-nous que le chanoine Groulx disait à une autre époque que « nous serons catholiques ou ne serons rien » ! Depuis les années 60, il est tout à fait normal d’être Québécois et athée ou bien encore d’être un Québécois d’une autre confession que le christianisme.

L’identité catholique en est-elle réduite pour autant qu’à des groupuscules sectaires ? Difficile de le croire, considérant que la majorité des parents continuait d’envoyer leurs enfants dans les cours d’Enseignement moral et religieux catholiques, lorsque c’était encore possible. N’oublions pas qu’il y a encore plus de 80 % des Québécois qui se disent catholiques, qu’ils soient pratiquants ou non.

Bien entendu, vous ne croiserez plus un Québécois dans la rue qui vous dirait « Bonjour. Je suis un catholique » comme d’autres pourraient dire « Bonjour. Je suis un musulman » ou « Bonjour. Je suis un juif hassidim ». L’identité catholique des Québécois a été relayée – pour le mieux – au second plan, laissant toute la place à l’identité nationale centrée sur la langue française. Cette identité chrétienne n’a donc plus la même importance qu’il y a 50 ans, mais elle existe toujours, faisant des soubresauts de temps en temps dans l’actualité.

Les Québécois ne mourront pas s’ils ne sont plus catholiques, mais ce serait malheureux qu’ils perdent inutilement une partie de leur identité. En ce sens, j’encourage les parents qui ont porté la cause du cours d’Éthique et culture religieuse devant la Cour supérieure à continuer le combat auprès de la Cour d’appel. La liberté de conscience et de religion, garantie dans tout pays démocratique et libéral, ne saurait pleinement exister sans une liberté de choix en ce qui concerne l’enseignement religieux dans nos écoles.

dimanche 6 septembre 2009

Gilles Routhier : la Pâques de l'Église, les Pères de l'Église ont bien été à l'école païenne...

[mis à jour et complété]

Quelques déclarations pour mieux connaître Gilles Routhier seul théologien que le juge Dubois cite dans son jugement alors qu'il ignore deux théologiens et un philosophe qui s'opposent à l'imposition. Pourquoi ?

Parce que, selon le juge Dubois, [53] « cet expert n'est pas lié de quelque façon au programme ECR » et « son expertise est très neutre », c'est tout. On ne comprend pas le « lié » pour les quatre experts de la famille Lavallée, être opposé est-ce être lié ? Cela les exclut d'office évidemment.

Mais peut-être le juge voulait-il dire qu'il s'agit du seul expert du gouvernement qui ne soit pas lié de façon évidente à l'élaboration et à la promotion du cours ECR, car Georges Leroux a écrit un livre en faveur du cours, a participé à son élaboration, Gérard Bouchard a recommandé énergiquement le cours, Jacques Pettigrew du MELS a également participé à son élaboration.

Rappelons que « l'abbé Routhier » comme l'appelle le juge Dubois, s'est entêté pendant deux jours à prétendre à tort que la Congrégation pour l'éducation catholique n'avait rien à dire dans ce dossier, que cette congrégation s'intéressait aux séminaires, pas à l'enseignement de la religion dans les écoles publiques. Il a fallu lui faire lire publiquement l'inverse écrit en toutes lettres dans la description officielle de ladite Congrégation. Embarrassant pour un « expert » qui, bien sûr, confronté à son erreur, noya le poisson dans son style doucereux alors qu'il reculait périlleusement et à répétition de l'estrade où il se tenait.

Mais Routhier est-il vraiment neutre dans ce dossier ? Il s'est pourtant exprimé contre les cours de religion catholique dans les écoles publiques... Pour Routhier, il faut que l'Église vive sa Pâques, une école païenne ce n'est pas si grave, dit-il en substance, Saint Augustin et Tertullien y ont bien été...

Écoutez Gilles Routhier, le théologien embauché par la Procureure générale du Québec contre les parents catholiques de Drummondville, parler il y a quelques semaines, le jeudi saint, de la mort de l'Église et de l'éducation catholique à laquelle il ne faut pas s'accrocher.

Quelques extraits, les intertitres sont de nous :
Animateur : L'Église doit donc mourir à quelque chose selon vous.

Gilles Routhier : [...] Il n'y a pas de mort douce et bien sûr cela effraie. [...] Le corps ecclésial est appelé à une autre vie. [...]

Animateur : Si on regarde les agissements de Benoît XVI, on constate plutôt le contraire, on constate un raffermissement de ce qu'était l'Église traditionnellement qui cherche à se faire autour de la personne du Pape.

Gilles Routhier : Oui, et là, je ne veux pas entrer dans l'actualité chaude ou proche parce que l'on regarde les choses dans la longue durée et d'un point de vue historique, ce n'est pas en trois ans, ni même en dix, que la figure de l'Église est restructurée et transformée. Et j'allais dire, on est dans ce processus-là depuis une quarantaine d'années et on n'en est pas sorti. Cependant plutôt que de freiner des quatre fers, il doit y avoir un consentement.

Euh. L'Église, par exemple, au Québec, est habituée à être une Église qui avait un certain statut social, un certain nombre de privilèges, qui avait une position enviable. Et qu'est-ce que c'est suivre le Christ dans sa kénose[1] ? C'est consentir et pas simplement subir une défaite après l'autre au plan social, au plan du statut social, mais c'est consentir à l'abaissement. Et cela qu'est-ce que ça veut dire suivre le Christ dans sa kénose, ça veut également dire ne pas revendiquer pour soi des privilèges, ne pas revendiquer pour nous un statut comme groupe chrétien, mais de savoir que nous serons le plus près de notre Seigneur et que nous adopterons sa conduite si nous entrons dans la kénose.

Vous savez on prêche beaucoup le mystère pascal aux chrétiens qui viennent endeuillés ou qui viennent pour un baptême. Mais vous savez le mystère pascal n'est pas uniquement pour les chrétiens pris individuellement, mais aussi pour l'Église.

[...]

L'Église doit consentir à une mort

Et même dans ses institutions, l'Église doit consentir à une mort. De toute manière, il y a des choses qui vont mourir, mais l'on peut mourir simplement en résistant et en ne croyant pas que, au-delà de cette mort, il y a une vie qui nous est promise ou on peut mourir en consentant, sachant et en ayant confiance en ce Dieu qui donne la vie.

[...]

Mais l ne faut pas rêver à une Église triomphante, qui a du pouvoir ou à une Église qui a un statut social, cela est contraire à la suite du Christ. Nous sommes proches de lui, nous sommes en communion avec lui lorsque nous entrons dans la kénose.

Animateur — Si on veut identifier certains éléments, si on regarde l'Église du Québec, est-ce que cela veut dire, par exemple, accepter que les cours de religion ne seront plus jamais comme ils ont déjà été, est-ce que cela peut vouloir dire également que cela veut dire que les bâtiments, les églises ne seront plus pleins comme ils l'ont déjà été ? Est-ce que cela fait partie de la mort dont vous parlez ? C'est cela cette Pâques qui est appelée à vivre l'Église comme institution ?

Gilles Routhier — De toute manière, pour les deux exemples que vous avez donnés, les cours de religion ne seront plus jamais ce qu'ils ont été et l'Église peut vivre même si on ne connaît plus cette situation.

Les Pères de l'Église ont bien été à l'école païenne

Écoutez, avant le VIIIe siècle et que l'Église n'ait pris en charge le régime scolaire, si l'on veut, ou les institutions d'enseignement, cela n'existait pas. Écoutez, tous les grands saints qu'on magnifie, les Pères de l'Église, ont été à l'école païenne. Qu'est-ce qu'ils ont pas appris à l'école ce n'est pas la religion chrétienne, ils ont appris à lire les auteurs païens et qui avaient des cosmologies, des visions du monde et qui donnaient le sens à notre vie et à notre monde, non pas à partie des Écritures saintes, mais à partir des textes païens. Et cela a quand même créé des saints.

[...]

De vouloir s'accrocher à cela [les cours de religion comme avant], comme si le sort de l'Église était lié à cela, c'est probablement faire fausse route.
L'Église présente par ses enfants non accompagnés à l'école primaire...

Ailleurs, M. Gilles Routhier a écrit :
« À titre d'exemple, certains voudraient bien aujourd'hui que l'Église catholique puisse être encore institutionnellement présente dans les écoles publiques, mais on n'a pas encore réfléchi à ce que cela pourrait signifier d'y être présente « par ses enfants », à travers les chrétiens, et, surtout, on n'a pas prévu d'accompagner les chrétiens qui y vivent au quotidien. J'ai bien peur, au final, que l'on se soit trompé de combat ou que l'on soit en retard d'une guerre alors que des chrétiens d'autres traditions ont bien compris quelle forme pouvait prendre le témoignage rendu à l'Évangile dans une société comme la nôtre. »
(Penser l'avenir de l'Église, Fides, 2008, p. 105)
On se demande bien de quels chrétiens d'autres traditions, M. Routhier veut parler. Les évangéliques des États-Unis qui vivent dans un pays ayant un rapport totalement différent au christianisme ? Les évangéliques du Québec qui retirent leurs enfants des écoles publiques contrairement aux vœux de l'« abbé Routhier » ? Les coptes du Québec qui veulent créer leur propre école privée ? Les Arméniens et les Grecs qui ont déjà les leurs ? Ou M. Routhier veut-il parler des confessions moribondes comme les luthériens et les épiscopaliens qui ne sont en rien un exemple de réussite de transmission ? On croit rêver. D'ailleurs, même parmi les catholiques, le Père Michel Gitton devait avouer que, parmi les traditionnalistes, « la transmission de la foi aux jeunes générations y a souvent mieux réussi qu’ailleurs, malgré les trésors de pédagogie déployés dans les parcours de la catéchèse officielle. »

À la lumière de ces déclarations de M. Gilles Routhier, on comprend mieux que celui-ci ne veuille pas défendre les parents catholiques qui ne veulent pas du cours d'éthique et de culture religieuse et qui refusent ainsi, selon lui, une forme d'abaissement christique.

Ce n'est évidemment pas du tout ce que prêche l'Église catholique de Rome qui cherche, au contraire, à s'assurer autant que faire se peut que des cours de religion soient maintenus et donnés aux enfants.

Enfin, pourquoi l'abaissement des parents par la perte du droit d'éviter ce qui les choquent au niveau religieux doit-il être défendu par M. Gilles Routhier ? Il a même décrit leur attitude au tribunal de Drummondville comme « de la bouderie »... Vivre la Pâque est-ce participer à l'abaissement de l'autre ? Cette volonté à imposer la « kénose » à autrui est-elle vraiment compatible avec la charité, M. Routhier ?

[1] Kénose — abaissement, anéantissement du grec κένωσις kénōsis, littéralement « évidement », voir cénotaphe qui signifie à l'origine tombeau (-taphe) vide (céno-).

samedi 5 septembre 2009

Garderies québécoises : un enfant sur 6 déprimé ou anxieux

Le Devoir relate que les résultats d'une étude internationale faite auprès de petits québécois.

La petite enfance n'est pas faite que de jeux et d'insouciance. Pour certains bouts de chou, elle est même synonyme de grandes inquiétudes. Une vaste étude internationale réalisée au Québec montre en effet qu'un enfant sur sept souffre de hauts niveaux de dépression et d'anxiété avant même de mettre le pied à la petite école, une fragilité qui va grandissant pour certains.

Publiée dans le dernier Journal of Child Psychology and Psychiatry, cette étude a permis de suivre étroitement 1759 petits Québécois de leur naissance jusqu'à cinq ans. Au final, pas moins de 15 % ont montré des niveaux atypiques de dépression et d'anxiété. Au quotidien, cela se traduit par un enfant «qui se sent triste la plupart du temps», qui est manifestement «tendu, anxieux», souvent même apeuré, et qui «a du mal à ressentir du plaisir avec les autres», explique son auteure principale, la Dr Sylvana Côté.

Lire également Maternelle publique et obligatoire sans effet sur les résultats au primaire

Supplément ECR : Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes

Revenons quelque peu sur ce fameux cahier d'exercices d'éthique et de culture religieuse où Mme David apparaît dans un grand médaillon.

Regardons quelques-unes des affirmations et priorités mentionnées dans celui-ci.

L'équité salariale

Un des thèmes récurrent est l'équité salariale que Mme David cite comme un grande réussite du mouvement féministe (p. 199, reproduite en fin de billet) et que le cahier identifie comme encore inexistante sur le terrain (p.197, également reproduite).

Les lecteurs trouveront donc peut-être intéressante la vidéo ci-dessous qui démonte l'idée reçue selon laquelle l'ascension professionnelle des femmes est due au mouvement féministe. Bien entendu, le cahier d'éthique en question ne remet pas du tout en cause cette idée reçue.

Il s'agit d'un entretien avec le professeur Thomas Sowell qui a enseigné l'économie, l'histoire intellectuelle et les politiques sociales aux universités Cornell, d'UCLA et d'Amherst. Il est aujourd'hui associé principal à la Hoover Institution.



« Les femmes gagnent toujours 70 % du salaire des hommes »

Le cahier « Françoise David » ressort tous les poncifs du prêt-à-penser féministe en matière salariale :
« Les femmes n'ont toujours pas obtenu l'équité salariale dans les faits. Elles ne gagnent toujours en moyenne que 70 % du salaire des hommes.

[...]

En 2001, 61 % des employés au salaire minimum étaient des femmes. »
Présentée ainsi, cette situation choquera le désir de justice de nombreux élèves. Mais les faits sont tronqués par ce cahier (et Radio-Canada ce même jour qui reprend les mêmes genres de statistiques aux États-Unis : « les statistiques gouvernementales démontrent que les femmes américaines ne gagnent encore en moyenne que 80 % de la paye de leurs homologues masculins travaillant autant. »).

Complétons donc cette présentation tronquée en reproduisant ici quelques extraits d'un article du New York Times sur la question par Warren Farrell publié le 5 septembre 2005.

« Rien ne dérange plus les femmes qui travaillent que les statistiques souvent mentionnées lors de la fête du Travail qui montre qu’elles ne reçoivent que 76 cents pour chaque dollar qu’un homme gagne à travail égal. S’il s’agissait d’un portrait complet, la chose devrait tous nous déranger; comme beaucoup d’autres hommes, j’ai deux filles et ma femme est employée.

[…]

Je me suis dit peut-être que les patrons sous-évaluent les femmes. Mais j’ai découvert qu’en 2000 les femmes sans patrons, elles sont indépendantes, gagnaient 49 % de ce que les patrons indépendants mâles gagnent. Pourquoi ? Quand le Rochester Institute of Technology a effectué une étude sur les propriétaires d’entreprises détenant un MBA d’une école commerciale prestigieuse, les auteurs ont découvert que l’argent était la principale motivation de 29 % des femmes alors que c’était le cas de 76 % des hommes. Les femmes valorisaient l’autonomie, la souplesse (des semaines de 25 à 35 heures et un emploi près du foyer), l’épanouissement et la sécurité.

Après des années de recherche, j’ai identifié 25 différences dans les choix de vie et de carrière entre les hommes et les femmes. Toutes font en sorte que les hommes gagnent plus d’argent, mais que les femmes bénéficient d’une meilleure vie.

Gagner beaucoup d’argent est une question de compromis. Les hommes choisissent de travailler de plus longues heures (les femmes travaillent plus à la maison), occupent des professions plus dangereuses, plus sales et travaillent plus souvent à l’air libre.

La différence de rémunération se résume-t-elle à des choix différents effectués par les hommes et les femmes ? Pas tout à fait. Le fait d’être parent intervient aussi. Les femmes qui ne se sont jamais mariées et qui n’ont pas eu d’enfant gagnent 117 % de leurs homologues mâles sans enfant (à même niveau d’éducation, d’heures travaillées et même âge). Leurs décisions ressemblent plus à celles des hommes mariés, alors que les décisions des hommes restés célibataires ressemblent plus à celles des femmes en général (des carrières artistiques, pas de travail en fin de semaine, etc.)

[…]

Mais est-ce que les femmes ne gagnent pas moins d’argent pour un même travail ? Oui et non. Le Bureau de la statistique du travail considère en bloc tous les médecins. Pourtant les hommes ont plus de chance d’être chirurgiens (plutôt que des généralistes), travaillent plus souvent à leur propre compte pendant à la fois plus d’heures et à des heures moins prévisibles, et cela pendant plus d’années. Bref, ce « même travail » n’est pas le même.

[…]

Comparer les hommes et les femmes avec les « mêmes professions » revient donc à comparer des pommes et des poires. Toutefois, quand les 25 choix de carrière sont les mêmes, la bonne nouvelle pour les femmes c’est qu’alors les femmes gagnent plus que les hommes.

[…]

Il existe 80 professions dans lesquelles les femmes sont mieux rémunérées que les hommes : analyste financier, orthophoniste, radiologiste, bibliothécaire, projectionniste, technicien des sciences biologiques. Les ingénieures commerciales gagnent 143 % de ce que gagnent leurs homologues masculins, les statisticiennes font 135 %.

Je veux que mes filles sachent que les gens qui travaillent 44 heures par semaine touchent, en moyenne, deux fois plus que ceux qui travaillent 34 heures et que les pharmaciennes gagnent aujourd’hui presque autant d’argent que les médecins.

Ce n’est qu’en cessant de nous concentrer sur la discrimination contre les femmes que nous pouvons découvrir ces occasions ouvertes aux femmes. »

Autres faits passés sous silence

Le chômage frappe désormais plus les hommes : « L'emploi a chuté de 111 000 dans le principal groupe d'âge actif (soit les adultes âgés de 25 à 54 ans), et près des deux tiers de ce recul sont survenus chez les hommes. »

http://www.statcan.gc.ca/subjects-sujets/labour-travail/lfs-epa/lfs-epa-fra.htm

« Du milieu des années 1970 à la fin des années 1980, le taux de chômage chez
les hommes était habituellement inférieur à celui des femmes. Depuis 1990,
toutefois, cette tendance s'est inversée, et le taux de chômage des femmes
est demeuré inférieur à celui des hommes. En 2007, le taux de chômage des
femmes était de 5,6 %, et celui des hommes, de 6,4 %. »

http://www4.hrsdc.gc.ca/.3ndic.1t.4r@-fra.jsp?iid=16

On observe le même phénomène aux États-Unis et plus particulièrement depuis le début de la crise économique :

la crise touche d'abord les hommes


Mise à jour septembre 2009 : plus de femmes que d'hommes sur le marché du travail

Une analyse réalisée par les travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) révèle qu'il y a plus de femmes que d'hommes sur le marché du travail au Canada.

Cette conclusion est tirée de l'examen des données d'une étude de Statistique Canada réalisée annuellement sur la syndicalisation.

Ainsi, au cours de la première moitié de 2009 (du 1er janvier au 30 juin), le nombre de femmes employées a été supérieur de 160 000 en comparaison aux hommes (7,123 millions de Canadiennes contre 6,963 millions de Canadiens).

Même en incluant les périodes des deux Guerres mondiales, c'est la première fois au pays que le nombre de femmes qui occupent un emploi surpasse celui des hommes. L'enrôlement sous les drapeaux de ces derniers avait en effet conduit de nombreuses femmes à prendre leur place au travail, mais jamais elle n'y furent majoritaires.




La situation des femmes vue par des féministes
(page 197 du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)

Françoise David dit merci aux éditions de la pensée (suite)
(page 199 du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)

vendredi 4 septembre 2009

COLLOQUE ANNUEL – Fondation Agapè

Le dimanche 13 septembre 2009

Au Centre Jean-Paul-Régimbal, 200 boul. Robert,

salle Régimbal, Granby


8 h 00 — Messe à la salle Régimbal au 200 boul. Robert, Granby.

Père René Larochelle o.s.b. St-Benoît du Lac.

8 h 45 — Inscription.

9 h 00 — Docteur Normand Rainville, président. Mot de bienvenue.

9 h 15 — Docteur Michel Copti, neurologue. « Le chaînon manquant. »

9 h 45 — Docteur Antonio Tongue, radiologiste. « Qui suis-je ? »

10 h 15 — Pause

10 h 30 — Père René Larochelle o.s.b. St-Benoît du Lac. « Le discernement spirituel. »

11 h 30 — M. Robert Guay, intervenant. « Les dangers de l’occultisme : nouveautés. »

12 h 00 — Dîner

13 h 00 — Mme Marie-Josée Croteau, sociologue de la santé et présidente de la Coalition pour la Liberté en Éducation (CLÉ). « Le yoga, la méditation (transcendantale) et le qi gong. Oppositions face à leur entrée dans les écoles. »

13 h 45 — M. Yves Casgrain, agent de pastorale et ancien directeur de la recherche d’Info-Secte. « Les écoles Waldorf de Rudolf Steiner. » Ces écoles controversées s’installent dans le réseau public.

14 h 30 — M. Martin Aubut, auteur de deux livres et conférencier. « La trahison tranquille. Analyse du système d’éducation québécois depuis 1964. »

15 h 15 — Pause

15 h 30 — Me Jean-Yves Côté, avocat. « Recours judiciaire et exemption du cours d’éthique et de culture religieuse. »

15 h 45 — M. Bertrand Cloutier, professeur. « Fondation d’une école et d’un réseau d’écoles catholiques de Notre-Dame des Écoles. »

16 h 00 — M. Réjean Lévesque, policier retraité, président des « Amis de la vie » et conférencier « Le suicide au Québec. » Message d’espoir pour la vie.

16 h 45 — M. André Venne, ingénieur retraité « Séquelles méconnues du traumatisme post-avortement. »

17 h 00 — Souper

19 h 00 — Table ronde avec tous les conférenciers de la journée ainsi que M. Lucien Nicole, psychologue retraité et Céline Meunier, intervenante.

Entrée : Contribution libre de 20 $ ou plus avec reçu d’impôt si désiré.

Réservation repas : Au (450) 372-5125 ou reception<arrobe>trinitaires.com le plus tôt possible, maximum 3 jours à l’avance (10 $ repas). Vous pouvez apporter votre dîner.

Quebec Coalition Demands Respect for Rights of Parents to Decide Education of Their Children

Notes Judges decision on school relativism course based on faulty understanding of Catholicism


September 4, 2009 (LifeSiteNews.com) - Quebec's Coalition pour la Liberté en Education (CLE) has expressed their shock over the Monday court ruling in Drummondville that shut down parents' attempts to have their children exempted from the province's recently imposed school program in relativism, 'Ethics and Religious Culture' (ERC).

Questioning the legal basis of the ruling, CLE president Marie-Josée Croteau criticized the judge for basing his decision on the teachings of the Catholic Church. "We are surprised and indignant," she said. "This decision is based on an interpretation of the Catholic religion, so we demand respect for the rights of all citizens, believers and atheists."

"The courts are qualified to rule on the sincerity of the religious or philosophical belief of the plaintiff," said CLE spokesman Richard Décarie. "The State is not capable to act as an arbiter of religions and will not become so."

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Réaction du MLQ — Pour la laïcité scolaire et… judiciaire

Le printemps dernier le Mouvement laïque québécois réclamait de toute urgence une charte de la laïcité afin de garantir que les institutions publiques puissent fonctionner en toute indépendance des religions. L’étrange jugement rendu cette semaine par le juge Jean-Guy Dubois de la cours Supérieure du Québec dans le cas des parents catholiques demandant l’exemption du cours d’Éthique et culture religieuse (ECR) pour leurs enfants nous oblige à réclamer cette fois rien de moins que la laïcité des tribunaux !

À la lecture de ce jugement nous constatons que le juge justifie sa décision en fonction de l’autorité du pape Jean-Paul II ou de l’assemblée des évêques sans référer ni à la loi ni aux articles des chartes des droits cités dans la requête.

Essentiellement le juge conclut que le cours ECR n’est pas discriminatoire car il ne contrevient pas à la doctrine catholique. Les plaignants étaient catholiques, certes, mais ce faisant le juge décrète de facto que les catholiques n’ont pas droit à la dissidence envers leur Église. À la limite on pourrait dire, en caricaturant à peine, que la logique qui prévaut dans ce jugement permettrait de débouter une femme catholique victime de discrimination sexiste sous prétexte que le traitement inégalitaire dont elle est victime est conforme à la doctrine catholique.

Que vaudraient de tels arguments si les plaignants étaient adeptes d’une autre religion ou tout simplement athées ? L’autorité du pape et des évêques ne seraient d’aucune valeur et le juge n’aurait jamais osé y référer. Ce jugement anachronique sera sans doute cité dans les classes de droit comme le parfait exemple de ce qu’un tribunal véritablement laïque devrait absolument proscrire.

Les avis des autorités religieuses ne sont pas des fondements juridiques solides et aucun juge ne devrait avoir le droit d’y référer. Un cas aussi aberrant que celui-ci nous autorise à affirmer que le respect du principe de laïcité dans l’administration de la justice est garant de rigueur et d’équité et ce même (et peut-être surtout) pour les croyants.

Ceci dit, il était tout à fait prévisible selon nous que les contenus de « culture religieuse » du nouveau programme ECR suscitent de tels débordements juridiques. Deux autres jugements sur ce même sujet sont attendus cet automne qui prêteront sans doute à d’autres controverses. Voilà pourquoi le Mouvement laïque québécois préconise, pour couper court à cette saga juridique qui semble désormais inévitable, d’abolir le volet de « culture religieuse » du cours ECR.

Marie-Michelle Poisson,
présidente du Mouvement laïque québécois

Bêlements de Panurge au groupe Gesca

Se fondant sur la prétention infondée allègrement répandue hier dans la Presse que la mère demandait à ce que ses enfants ignorent ce qu'étaient les autres religions, Brigitte Breton du Soleil, qui n'a pas assisté au procès de Drummondville et qui sans doute n'a pas lu les milliers de pages du dossier, se prononce doctement par ouï-dire :
« (Québec) Des parents catholiques ont échoué dans leur tentative d'exempter leurs enfants du cours Éthique et culture religieuse. Un jugement vient confirmer la pertinence d'une telle formation dans les écoles québécoises. Sans l'enseignement reçu en classe, des jeunes seraient tenus dans l'ignorance parce que leurs parents craignent qu'ils ne tournent le dos à leur religion s'ils connaissent l'existence d'autres. »
À la lecture de cette interprétation biaisée et superficielle des griefs des parents, doit-on s'étonner si les gens n'achètent plus les journaux ?

Rappelons que cette légende du droit à l'ignorance invoquée par la mère se base sur cette affirmation du jeune professeur Sébastien Lebel-Grenier :
« Ce que les parents demandaient c'était le droit à l'ignorance, le droit de protéger les enfants quant à l'existence des autres religions. »
C'est une caricature de la position des parents :
  1. Bien évidemment, l'existence de religion ne pose pas problème, ce savant professeur voulait sans doute dire le contenu de ces autres religions. À moins qu'il n'ait, bien sûr, été mal cité...
  2. La mère a surtout insisté à la barre sur le fait que toutes les religions étaient présentées comme d'une égale valeur (c'est inhérent au programme qui appelle au respect absolu de ces religions, dixit Leroux).
  3. La mère s'offusquait également que tout soit narré au primaire à la manière d'un conte, autant les récits bibliques, autochtones (la légende du Grand Lièvre) que des fables (le Noël des souris).
  4. Si la mère ne voyait pas pourquoi son enfant de 7 ans devait apprendre des détails sur l'islam, c'est qu'elle considérait que cela pouvait facilement s'apprendre plus tard et qu'il n'y avait pas besoin de 11 ans de renforcement pour enseigner quelques faits simples car les connaissances transmises au primaire sont rudimentaires, mais il s'agit surtout d'inculquer le pluralisme normatif : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.
  5. Pour ce qui est de l'éthique, la mère, après discussion avec son aîné, a décidé de ne pas envoyer son fils à ce cours à cause de discussions « libres » sur la sexualité que son fils de 15 ans à l'époque avait trouvé déplacées et contraires à la pudeur et à ses convictions catholiques sur le sujet. Bonjour la pression des pairs !

Qui parle d'ignorance ? Il s'agit plutôt de ne pas soumettre à une manière relativiste (ou pluraliste, mais en pratique il y a souvent peu de différences) d'aborder cette réalité. Manière et fréquence décidées par l'État.





Éthique et culture religieuse: un jugement inadéquat

Lettre ouverte du théologien Guy Durand sur le jugement de Drummondville.
À lire le jugement de l'Honorable Jean-Guy Dubois dans le procès de Drummondville, on peut conclure que la demande d'exemption du parent demandeur est peu fondée.

C'est oublier que le juge s'en est tenu aux témoignages de la mère et du jeune ainsi que d'un seul expert, en écartant tout ce qu'ont expliqué les experts de la partie demanderesse.

Or, on peut très bien prouver que le programme, par sa structure même, par sa façon de présenter les religions (de manière éclatée et sans cohérence, sur le même pied que les mythes et les contes pour enfants), par sa philosophie sous-jacente (relativisme ou pluralisme normatif) , a un effet déstructurant sur le jeune.

L'élève du primaire, en particulier, n'a pas la maturité suffisante pour intégrer fructueusement ce qu'on lui présente et demande de faire.

À un autre point de vue, on accepte des exemptions pour motif religieux au cours de musique, de gymnastique, d'art plastique à la simple demande des parents, sans faire d'inquisition. Pourquoi un régime différent ici?

La demande d'exemption ne provient d'ailleurs pas que de catholiques.

Des adeptes d'autres groupes peuvent la demander. Par exemple, des Juifs pour qui il est interdit de prononcer le nom de Dieu, et encore mois celui des autres dieux.

Pour eux, cela est aussi important que de porter le kirpan ou de faire une souccah sur le balcon.

Sur la position de l'épiscopat du Québec, quand on connaît la position du cardinal Ouellet, il est difficile de penser que les évêques sont unanimes.

De plus, depuis les États généraux de l'Éducation en 1995-96, ils ont répété, dix fois plutôt qu'une, qu'il faillait respecter le choix des parents et qu'eux-mêmes tenaient à des options d'enseignement religieux d'ordre confessionnel.

Ce n'est que de guerre lasse, en 2008 qu'il se sont ralliés à la décision du gouvernement, écrivant trois fois dans leur courte Déclaration publique du 17 mars que la décision gouvernementale était prise, sous-entendant que cela ne donnait plus rien de s'opposer.

Plus largement, l'interprétation de la position officielle de l'Église catholique par le théologien Gilles Routhier auquel se réfère le juge frise la malhonnêteté.

À preuve, le document publié en mai 2009 par le cardinal Zénon Grocholewsi, président de la Congrégation pour l'éducation de la foi, qui rappelle longuement l'enseignement de Rome: responsabilité première des parents sur l'éducation de leurs enfants, avec droit à une aide complémentaire de l'école; préférence pour l'école catholique qui permet «d'éviter des tensions et des fractures dans le projet éducatif» parents/enfants; différence et complémentarité entre catéchèse et enseignement religieux scolaire; droit des parents dans l'école non confessionnelle à un enseignement religieux conforme à leurs convictions.

Si le pape Jean-Paul II reconnaissait l'importance de la connaissance des religions, rien ne permet de conclure – au contraire – que cela devait se faire à un tout jeune âge et encore moins dans la perspective du Programme actuel.

Ces dernières années, cela se faisait déjà à la fin du secondaire.

Enfin, sur le plan socio-politique, même si le Programme demande d'accorder la prédominance à la religion chrétienne qui a marqué l'histoire du Québec et constitue une part de son identité, son contenu et sa structuration rendent cet objectif irréalisable.

S'il est une culture commune que le programme propose, c'est plutôt le multiculturalisme à la Trudeau.

Guy Durand,
Dunham

Démontrer les préjudices ?

Lettre ouverte de Gérard Lévesque, philosophe, envoyée au Devoir et publiée ce 4 septembre 2009.
Marie-Andrée Chouinard a raison d'indiquer dans son éditorial du 3 septembre que le préjudice grave découlant du cours Éthique et culture religieuse est à « démontrer » et qu'il ne l'a pas été [note du carnet: pour le juge] dans cette cause plaidée par des parents de Drummondville, dont le jugement fut rendu cette semaine. À mon avis, il n'a peut-être même pas suffisamment été montré ou étalé par le témoignage d'une mère de famille et son fils.

Il faut comprendre cependant que cette mère n'avait aucunement l'expérience d'une salle d'audience intimidante, qu'elle n'a pas de formation particulière à cette fin et qu'elle devait s'exprimer sous le poids d'une forte pression tant publique que privée, dans une matière de première importance en soi et pour elle. Était-ce trop demander que d'attendre d'elle plus qu'un témoignage faisant part avec sincérité de ses inquiétudes et de quelques perceptions sommaires?

Quoi qu'il en soit, il est généralement admis qu'il y a deux manières de juger des choses, applicables à tout programme scolaire et révélatrices de ses préjudices. On peut se référer à la nature de la chose comme telle, à ses caractéristiques essentielles. Ou l'on peut observer ses effets à l'usage. Ces deux démarches peuvent être utilisées de façon complémentaire, bien que ce ne soit pas toujours nécessaire.

La démarche la plus fondamentale est celle relative à la nature foncière. C'est cette nature qui est la cause ultime des effets, même dans le cas où le préjudice dépend du mauvais usage qu'on en fait : il n'y aurait pas d'homicide si l'arme qu'on utilise n'avait pas en soi le pouvoir de tuer. C'est pourquoi le fait de se fonder sur l'essence des choses ou encore sur des principes qui en découlent est considéré en matière de logique comme le point de départ d'une « démonstration », prise au sens strict, par opposition à la simple induction qui réside dans l'observation des faits, mais ne rend pas compte de leur explication.

Il n'est donc pas nécessaire de connaître par exemple les méfaits d'un Vincent Lacroix pour savoir que la fraude est par nature un obstacle à la santé des échanges économiques. Aussi, dans la mesure où la nature du cours Éthique et culture religieuse indique qu'il comporte des risques de préjudices importants et que ces risques peuvent être « démontrés » avec au moins une certaine vraisemblance à partir des contenus et procédés essentiels de ce cours, même si notre esprit n'atteint pas le plus haut degré de certitude, la prudence commande d'éviter de l'expérimenter et de faire de nos jeunes élèves des cobayes et des victimes.

Voici quelques questions qui me semblent situer la réflexion du côté des contenus et procédés essentiels audit programme. De telles réflexions s'imposent, car on ne peut pas se contenter de l'emballage et se limiter dans l'abstrait à de pieux énoncés, par exemple sur le « vivre-ensemble ».

Est-il normal qu'un tel programme fasse fi ou escamote ce qui fait le cœur des grandes religions, dont les finalités spirituelles et les idéaux moraux, pour se concentrer sur les aspects accessoires que sont les rites, les symboles religieux, les objets ou lieux de culte ? Est-il souhaitable que ce cours expose dès l'âge de six ans les jeunes élèves à une diversité de conceptions et de pratiques éthiques et religieuses en les laissant à eux-mêmes, dans le doute quant à la manière de penser et aux choix à faire ? Est-il acceptable que l'école, plutôt que de soutenir la responsabilité éducative des parents, vienne s'y substituer et y faire obstacle par le fait que l'État s'autorise à déterminer, contrairement à la séparation de l'Église et de l'État, ce qu'il y a lieu de faire en une matière aussi intime que les croyances ?

Si vous répondez non à l'une ou l'autre de ces questions, vous avez en main de quoi démontrer la pertinence de prendre du recul à l'égard dudit programme.

Gérard Lévesque
Lévis