mardi 23 avril 2019

Instruction à la maison: le nouvel encadrement rigide du monopole de l'Éducation contesté

Une mère de famille de la Montérégie qui fait l’école à la maison à ses deux garçons aux besoins particuliers craint de devoir les retourner à l’école à cause du nouvel encadrement proposé par le ministre de l’Éducation.

Julie Hémond, de Saint-Rémi, enseigne à ses enfants à la maison depuis deux ans et demi.

Norbert Delisle, 8 ans, a un TDAH, et Fernand Delisle, 9 ans, un syndrome de Gilles de la Tourette.


Le rythme scolaire ne leur convenait pas et leurs parents ne voulaient pas « les abandonner dans le système », résume Julie Hémond.

Depuis qu’ils sont à la maison, ils apprennent à leur manière, font différents projets et des sorties éducatives. Un suivi de leur progression est effectué plus d’une fois dans l’année.

Or, avec les nouveaux encadrements proposés par le ministère de l’Éducation Jean-François Roberge, ils devront entre autres se soumettre à des examens ministériels à partir de la 4e année du primaire.

Axé sur les examens du seul ministère, pas d'équivalence


Leur mère craint malheureusement qu’à ce stade-ci, ils échouent aux examens du ministère et soient forcés de retourner à l’école. Elle prévoit donc les retourner à l’école pour leur éviter ce stress, si rien ne change.

Sans la nouvelle loi, Julie Hémond aurait engagé un professeur titulaire vers la fin du secondaire pour s’assurer qu’ils réussissent leurs examens ministériels de secondaire 4 et 5, pour avoir leur diplôme.

Mais de les forcer si tôt à passer des examens ministériels va contraindre la mère de famille à orienter leur apprentissage en fonction des examens.

Elle dit en exemple que ses enfants connaissent l’histoire de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, du contenu appris habituellement plus tard dans un parcours scolaire.

« On retourne à ce qui ne marchait pas. C’est comme offrir à mes enfants la même chose qu’à l’école. Je suis aussi bien de les retourner là-bas (à l’école) », résume Julie Hémond.

L’Association québécoise pour l’éducation à domicile tente aussi d’amener le ministre à changer d’idée. « Là, c’est de dire qu’il faut faire exactement ce qu’on fait à l’école, et ce n’est pas la meilleure chose pour chaque enfant, individuellement », déplore Noémi Berlus, directrice de l’Association.

Selon elle, d’autres parents qui font l’école à la maison, comme Mme Hémond, craignent de devoir retourner leurs enfants à l’école ou choisiront de déménager en Ontario, où les contraintes sont moindres.

« Faciliter le suivi » et l'imposition d'un unique programme comme solution bureaucratique

Au bureau du ministre de l’Éducation, on indique que le nouveau règlement « facilitera le suivi des apprentissages ainsi que son évaluation. La grande majorité des parents qui font l’éducation à domicile avec leurs enfants s’acquittent de ces tâches avec brio », écrit Francis Bouchard, attaché de presse du ministre.

Une période de 45 jours est en cours actuellement pour que les gens transmettent leur avis au ministre sur les modifications proposées.

Belgique — Moins de cours de morale et de religion catholique, le cours de religion islamique en plein essor

Les cours de religion islamique, protestante et orthodoxe sont quant à eux de plus en plus fréquentés.

Depuis septembre 2017, les élèves de primaire et de secondaire du réseau officiel de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont obligés de suivre une heure de cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté par semaine. Pour ne pas alourdir leur horaire, il a été décidé que les cours de religion, d’une part, ou de morale, d’autre part, passeraient de deux heures par semaine à une heure par semaine.

Il a aussi été décidé que les élèves qui souhaitaient ne plus suivre de cours de morale laïque ou de religion puissent remplacer ce cours par une heure supplémentaire d’éducation à la philosophie à la citoyenneté.

Selon une analyse de l’Orela (Observatoire des religions et de la laïcité), 12,2 % des parents d’élèves de primaire et 15,3 % des parents d’élèves de secondaire ont opté pour une seconde heure d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté (EPC) pour l’année 2018-2019. L’année précédente, ces pourcentages s’établissaient à 10,9 au niveau primaire et à 12,1 % en secondaire.

Depuis qu’il est possible d’opter pour deux heures de cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté, les cours de religion catholique et de morale non confessionnelle connaissent une baisse significative de leur fréquentation, tandis que les cours de religion islamique, protestante et orthodoxe continuent de voir leur fréquentation augmenter, note l’Observatoire.

C’est le cours de morale laïque qui est le plus fortement touché par cette diminution. Ce qui est assez logique puisque le cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté est lui aussi d’inspiration « laïque ».

En Communauté flamande et en Communauté germanophone, aucune réforme de ce type n’a encore été mise en œuvre.

mardi 16 avril 2019

Histoire — Notre-Dame de Paris et Paris à la fin des années 1890 (film rare)



« L’école n’est pas adaptée à nos enfants »

Des centaines de parents de partout au Québec ont manifesté lundi devant le bureau du ministre de l’Éducation, à Chambly, pour protester contre le resserrement prévu des règles encadrant l’école à la maison.

Ces parents revendiquent haut et fort le « droit à la diversité » en éducation. Ils veulent faire reconnaître leurs efforts pour éduquer leurs enfants à leur manière, sans nécessairement suivre le rythme du programme « mur à mur » imposé par le ministère de l’Éducation du Québec.



« L’école n’est pas adaptée à nos enfants », ont dit des parents. « Nos enfants ne sont pas faits pour l’école telle qu’on la connaît », ont nuancé d’autres parents. Ils ont raconté leur choix d’éduquer un enfant à la maison : élève surdoué qui s’ennuyait en classe, enfant en difficulté qui était triste à l’école ; dans d’autres cas, des parents tiennent tout simplement à transmettre une éducation sur mesure à leurs enfants.

Les parents rencontrés lundi par Le Devoir détiennent pour la plupart un diplôme universitaire. Un des deux parents occupe un emploi assez payant pour permettre à l’autre de rester à la maison. Aucun des parents rencontrés n’a dit faire l’école à la maison pour offrir un enseignement religieux.

« Toutes les écoles se ressemblent. L’humanité a des défis énormes à relever, y a-t-il une seule approche en éducation pour préparer nos enfants au monde de demain ? », dit Matthias Doucerain, qui a interrompu son doctorat en éducation à Harvard pour faire l’école à la maison à ses quatre enfants âgés de 8 ans et moins (sa fille de 15 ans fréquente l’école secondaire).

Des règles plus draconiennes

Le père de famille s’est déplacé à Chambly pour protester contre la décision du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, de resserrer les contrôles pour les parents qui font l’école à la maison. Les examens ministériels deviendront obligatoires. Le nombre de matières à enseigner augmentera. Et les agents de suivi du ministère de l’Éducation devront rencontrer les élèves à la maison pour s’assurer qu’ils ont bel et bien suivi le programme obligatoire.

Le but est de donner les moyens à l’État d’éviter que des enfants soient privés du droit à l’éducation jusqu’à l’âge de 16 ans, a expliqué le ministre Roberge le mois dernier. Il estime que des centaines d’enfants tombent dans les failles du système, hors de l’écran radar du ministère de l’Éducation.

Le Devoir a révélé le mois dernier des lacunes dans l’encadrement de l’école à la maison : des « rencontres » entre des parents et des agents de suivi du ministère de l’Éducation se font au téléphone. Des agents sont habitués à se faire raccrocher la ligne au nez. Des projets d’apprentissage soumis par des parents tiennent parfois en une page griffonnée à la main.

Les quelque 500 parents qui ont manifesté lundi, en tout cas, clament sans hésiter qu’ils offrent une éducation exceptionnelle à leurs enfants. Ils font valoir que les nouvelles règles annoncées par le ministre leur mettent des bâtons dans les roues sans aucune raison valable.

Contre les examens imposés sans équivalence

« Mon fils de six ans devrait être médicamenté s’il allait à l’école. Il fonctionne très bien sans médicament à la maison », dit Éveline Benoit, de Drummondville. Son fils a un diagnostic de douance hétérogène. Il apprend plus vite à la maison qu’à l’école.

Comme presque tous les parents interrogés, la mère refuse que son enfant suive les examens du ministère, qui sont une source de stress inutile, selon elle. Sans évoquer le contexte spécifique de l’école à la maison, le Conseil supérieur de l’éducation a remis en question les examens ministériels (et les bulletins chiffrés traditionnels) : les enseignants font du « bourrage de crâne » dans le seul but de faire réussir les élèves dans une course aux bonnes notes. Certains parents sont du même avis.

« Les examens du ministère ne mesurent pas la culture ou l’intelligence des enfants. Ils évaluent la capacité à se conformer au calendrier scolaire », dit un père de famille.

« On apprend les mêmes choses [que l’école] à nos enfants, mais pas nécessairement dans le même ordre que le programme du ministère. Le [moment] peut être mauvais avec les examens du ministère », dit une mère, se présentant comme Audrey, qui fait l’école à quatre de ses cinq enfants (le petit dernier a un an).

Le projet de loi 144, adopté l’an dernier par le gouvernement Couillard, avait déjà resserré l’encadrement de l’école à la maison, notent les parents. Les nouvelles règles proposées par le ministre violent carrément le droit des parents à éduquer leurs enfants comme ils l’entendent, selon eux.

« Avec le nouveau règlement, la maison devient carrément un local de l’école publique. Le ministre détruit l’esprit de l’école à la maison », dit Dominique Rousseau, qui est venu porter une boîte de matériel scolaire au bureau du ministre Roberge.

Le ministre est sorti pour discuter quelques minutes avec le père de famille. Il a aussi rencontré trois émissaires des manifestants. M. Rousseau dit souhaiter que le ministre revienne sur sa décision de resserrer les règles pour les parents qui font l’école à la maison.

lundi 15 avril 2019

Zemmour : « Les médias sont les curés d'aujourd'hui... et ils s'étonnent que les gens se détournent d'eux »




Notons que Zemmour a déjà dit par ailleurs que les juges sont en quelque sorte les archiprêtres de notre société progressiste : Depuis 1905, le crucifix a quitté les salles d’audience, mais la « prêtrise judiciaire » est restée.

Citations égrenées, paraphrasées par Zemmour au cours de cet entretien

En parlant de la Révolution française : « Jamais sans doute il n’exista de nation plus aisée à tromper, ni plus difficile à détromper, ni plus puissante pour tromper les autres. » (Joseph de Maistre)

Sur l’immigration : « À partir d’un certain nombre, la quantité devient une qualité » (traditionnellement attribuée à Engels, lui-même l’aurait pris à Hegel dans Science de la Logique)

Sur l’islam et le fait qu’il néantise l’autre : « Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. » (Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques)

Sur les immigrants et les difficultés d’intégration : « Tout est moral dans les individus, mais tout est physique dans les masses. […] Chacun est libre individuellement, parce qu’il n’a individuellement affaire qu’à lui même, ou à des forces égales aux siennes. Mais dès qu’il entre dans un ensemble, il cesse d’être libre. » (Benjamin Constant)

Il ne faut pas être croyant pour faire partie d’une civilisation religieuse : « La nature d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion. » (André Malraux)

Notre civilisation moderne : « Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. » (G. K. Chesterton)

Rôle des Germains qui virilisent le christianisme médiéval, sans citation précise (Oswald Spengler, Déclin de l’Occident)

Sur la fausseté des valeurs modernes devenues folles qui menacent notre société : « À chaque fois qu’une théorie est en contradiction avec le salut d’une société, c’est que la théorie est fausse car la société est la valeur suprême. » (Alphonse de Lamartine, Histoire des Girondins)

« Ceux qui se sauveraient comme personnes privées se damnent parfois comme personnes publiques » (Richelieu) [Ainsi, le prince qui redoute de trancher et laisse les intérêts individuels ou ceux des groupes de pression se réguler par le simple jeu des rapports de forces sauverait peut-être son âme s’il était un simple particulier. Mais dès lors que l’intéressé appartient à l’élite dirigeante, il doit être pleinement « dans sa charge », gouverner fermement, sinon il est sûr de se damner.]

« Une politique ne doit pas être jugée à l’aune de ses victimes, mais à l’aune des maux qu’elle épargne » (Joseph de Maistre), maxime chère à de Gaulle

« Quand les hommes cesseront-ils de faire la guerre ? Quand les femmes cesseront d’aimer les vainqueurs. » (Martin van Creveld)

Au sujet de la France qui se fait coloniser : « Pour être colonisé, il faut être colonisable. » (Sedar Senghor)

« Tout cela finira par une partition » (François Hollande, Un Président ne devrait pas dire cela), Zemmour croit plutôt à la sécession qu'à la partition.



Canada — la légalisation du cannabis a accru le nombre de consommateurs

Six mois après la légalisation de la marijuana au Canada, les premières données et des entretiens avec des exploitants démontrent qu’un grand nombre de Canadiens se sont initiés à cette drogue douce. Près de 14 % des consommateurs de cannabis interrogés par Statistique Canada de mi-novembre à mi-décembre ont reconnu avoir fumé du cannabis pour la première fois au cours des trois mois précédents. Cette période se situe à cheval de la nouvelle loi fédérale légalisant ce produit, mais le pourcentage de nouveaux utilisateurs a nettement augmenté par rapport aux trimestres précédents, où ils oscillaient de 4,7 à 7,8 %.

L’agence a constaté que les nouveaux consommateurs couvraient tous les groupes d’âge. Cependant, chez les personnes âgées de 24 à 35 ans, la consommation a légèrement diminué au fur et à mesure que l’on s’avançait dans cette période, tandis qu’elle a augmenté dans toutes les catégories d’âge supérieures à 35 ans. La légalisation a attiré un tout nouveau segment de personnes qui préfèrent utiliser du cannabis légal et qui sont disposées à en payer davantage, a souligné Jennifer Lee, principale partenaire responsable de la gestion du secteur du cannabis pour le cabinet de conseil Deloitte.

« Le contrôle gouvernemental amène une toute nouvelle cohorte sur le marché. Ils auraient pu l’essayer sur le marché noir. Ils ont simplement choisi de ne pas le faire, car ils voulaient être certains qu’il s’agissait d’un produit sûr. » Apparemment, le fait que le produit était illégal et donc un frein à la consommation ne traverse pas l’esprit des experts ? Dès qu’il est légal, cela ne peut plus être si grave, si dangereux d’en consommer tant sur le plan de la santé que sur le plan judiciaire...


Mme Lee a ajouté que ses recherches avaient démontré que les personnes de plus de 55 ans étaient les plus attirées par ce marché, car elles avaient déjà consommé de la marijuana, il y a plusieurs années, et pouvaient se permettre de payer davantage pour de la drogue légale. Selon Cindi Phelps, qui dirige la boutique Tamarak Cannabis à Kimberley, en Colombie-Britannique, environ 15 à 20 % de ses clients renouent avec la marijuana après en avoir fumé pour la première fois, il y a plusieurs décennies ou n’en ont encore jamais consommé. « Ils élevaient leurs enfants, ils avaient leur famille.

Aujourd’hui, ils sont à la retraite et aimeraient bien essayer de nouveau, a-t-elle raconté. Comme c’est légal, ils ne craignent plus de se faire arrêter pour ça. » Les nouveaux consommateurs demandent souvent du cannabidiol, également appelé CBD, un extrait non psychoactif utilisé pour traiter la douleur et l’anxiété, a dit Mike Babins, propriétaire d’Evergreen Cannabis à Vancouver. « Ils viennent ici en disant qu’ils n’ont aucune envie de se défoncer et qu’ils veulent juste du CBD. On leur demande ce qui ne va pas avec le fait d’être défoncé. Sont-ils influencés par ces vieux films de propagande et croient-ils qu’ils vont se prendre pour des oiseaux et sauter par la fenêtre en voyant de jolies couleurs ? » Il semble que M. Babins confondent l'effet d'autres drogues et cela conseille des clients en toute légalité maintenant...!? Les clients de M. Babins lui ont dit qu’ils attendaient que la consommation de la marijuana devienne légale et qu’ils en avaient assez de boire trop d’alcool en soirée. « Ils boivent une bouteille de vin après le souper au lieu d’un verre de vin pendant le repas. Beaucoup disent mal réagir au stress. »

Source



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Le Canada va être « cool » : des psychiatres craignent l'impact de la légalisation du cannabis

La fumée de cannabis contient sept fois plus de goudrons et de monoxyde de carbone (CO) que celle du tabac, selon un test d’un magazine français de consommateurs, qui calcule que « 3 joints = 1 paquet de cigarettes ».

Le mensuel 60 millions de consommateurs de l’Institut national de la consommation (INC), publié en avril 2006, s’est servi d’une machine à fumer pour faire ce test dont le but était de comparer les teneurs en nicotine, goudrons, monoxyde de carbone, benzène et toluène dans les fumées principales de joints de cannabis et de tabac.

dimanche 14 avril 2019

« Crois ou meurs ! », la Révolution française


« Crois ou meurs ! Voilà l’anathème que prononcent les esprits ardents au nom de la liberté ! »


Ainsi s’exprime le journaliste Jacques Mallet du Pan dans le Mercure de France du 16 octobre 1789, dès le début de la Révolution. Voilà qui s’inscrit en faux contre la thèse, solidement ancrée aujourd’hui, de deux révolutions : une bonne, celle des droits de l’homme, qui aurait dérapé pour aboutir à une mauvaise, celle de la Terreur.

Historien, ancien Directeur de recherche au C.N.R.S., Claude Quétel est spécialiste de l’histoire de l’enfermement et de la psychiatrie. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont une Histoire de la folie (2012), une Histoire véritable de la Bastille (2013), ou encore le Larousse de la Seconde Guerre mondiale (2007) et Les femmes dans la guerre 1939-1945 (2006).

Et si la Révolution tout entière avait été un immense, un désolant gâchis, et ce dès les premiers jours ? Et si ce qui a été longtemps présenté comme le soulèvement de tout un peuple n’avait été qu’une folie meurtrière et inutile, une guerre civile dont l’enjeu mémoriel divise toujours les Français ?

Chaque grande nation, quel que soit son régime, déroule les hauts faits de son roman national. La Révolution française, tournant majeur de notre histoire, en est l’exemple le plus criant. « Crois ou meurs ! Voilà l’anathème que prononcent les esprits ardents au nom de la liberté ! » Ainsi s’indigne le journaliste Jacques Mallet du Pan dans le Mercure de France du 16 octobre 1789, tout au début de la Révolution.

Longtemps, celle-ci a été présentée et enseignée comme une histoire édifiante de bout en bout, retentissant de ses grandes dates, de ses grands hommes. Et puis le temps est venu de distinguer une bonne révolution, celle des droits de l’Homme, qui aurait « dérapé » pour aboutir à une mauvaise, celle de la Terreur. On en est encore là aujourd’hui, et l’on voit même des historiens de la Révolution relativiser la Terreur.

Eh bien voici l’heure de reprendre l’enquête en se demandant si ce ne fut pas la Révolution tout entière qui fut un immense, un désolant dérapage, et ce dès les premiers jours, dès les élections aux États généraux confisquées par l’intelligentsia, dès l’Assemblée Constituante, toujours considérée comme exemplaire, en proie à l’intimidation du public dans les tribunes ? Que fut-elle en réalité cette Révolution exemplaire, insoupçonnable ?

Ce livre n’a qu’une ambition, mais elle est grande : en faire le récit circonstancié, presque au jour le jour, en revisitant les événements, en décryptant le dessous des cartes, en se libérant de l’historiquement correct. Il s’adresse à tous ceux qui souhaitent qu’on leur raconte une autre histoire, la vraie.


Crois ou meurs !
Histoire incorrecte de la Révolution française
de Claude Quétel,
paru chez Tallandier,
à Paris,
le 28 mars 2019,
507 pages.
ISBN-13 : 979-1021025721

Mathieu Bock-Côté à Sud Radio



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Une école de Barcelone retire 200 contes pour enfants considérés comme « toxiques »

L’école Tàber de Barcelone, qui relève de la Generalitat de Catalogne, a décidé de revoir le catalogue des livres pour enfants de sa bibliothèque. Après avoir analysé les livres destinés aux enfants de moins de six ans, l’école a décidé de se débarrasser de 200 titres considérés comme « toxiques » parce qu’ils reproduisaient des schémas sexistes, ce qui représente 30 % du fonds. Dans 60 % des cas, le problème est moins grave, alors que 10 % seulement ont été écrits qui respectent le « genre ». D’autres centres cherchent également à acquérir des livres plus « égalitaires ».



Saint Georges est le patron de l’Aragon, de Valence, des Baléares et de la Catalogne. La tradition veut que, chaque année le 23 avril, on offre une rose, et depuis les années 1920, un livre.

On approche de la Saint George [Sant Jordi en catalan], journée idéale quand les garderies et les écoles racontent sa légende ou quand les parents se mettront à la cherche d’une histoire pour leurs enfants. Un coup d’œil au vaste catalogue d’histoires sur ce héros qui terrassa le dragon révèle que la plupart des titres reprennent les stéréotypes selon lesquels le personnage masculin est le héros courageux qui doit sauver la princesse craintive. Mais, nous révèle El Païs (journal de gauche branchée), on commence pourtant à trouver sur le marché des titres « alternatifs » tels que Sainte Jordina (par Inès Macpherson, aux éditions La Galera) ou La révolte de Sainte Jordina (par Lyona et David Fernandez, aux éditions Amsterdam), où la jeune fille est l’héroïne et où, en passant, le dragon n’est pas obligé de mourir...




La légende de Sant Jordi fait partie des contes bannis de l’école Tàber, tout comme la Belle au bois dormant ou le Petit chaperon rouge, selon la télévision locale Betevé. Cependant, Anna Tutzó, l’une des mères de la commission chargée de réviser le catalogue, préfère ne pas donner la liste complète  des titres bannis, car elle considère qu’il est plus important de se concentrer sur le problème sous-jacent, qui dépasse les récits traditionnels. « En outre, ces livres ne représentent qu’une minorité, cela affecte également les livres pour apprendre l’alphabet, les couleurs ou les bonnes manières. La société évolue et est plus soucieuse de la question du genre, mais cela ne se voit pas dans les contes », a-t-elle déclaré.

Rappelons que le Québec a un Bureau d’approbation du matériel didactique dont une des fonctions est de lutter contre les stéréotypes sexuels. En voici les critères d’approbation socioculturels :
  • une juste représentation (25 p.100) des personnages des groupes minoritaires ;
  • des rapports égalitaires entre les personnages des deux sexes ;
  • une représentation diversifiée et non stéréotypée des caractéristiques personnelles ou sociales ;
  • une interaction des personnages de groupes minoritaires dans des situations de la vie courante ;
  • une rédaction non sexiste des textes.


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Les vieux Disney : les déconstructeurs progressistes sont des fanatiques

Le Petit Chaperon rouge serait trop sexiste

France : Le ministère n’approuve pas les manuels. « Seul le régime de Vichy s’est permis cela. »

samedi 13 avril 2019

Les vieux Disney : les déconstructeurs progressistes sont des fanatiques

Billet de Mathieu Bock-Côté :

Quiconque s’intéresse au mouvement des idées à notre époque est obligé de constater que nous sommes les témoins, en même temps que les victimes, d’une grande purge culturelle, comme s’il fallait purifier notre existence et la délivrer du mal. Le monde intellectuel, ou plus exactement, ses élites intellectuelles et médiatiques sont engagées dans un grand mouvement de déconstruction culturelle et sociale qu’elles assimilent à la lutte contre les préjugés qui pollueraient notre culture et pousseraient à la reproduction de structures sociales inégalitaires en plus de contribuer à l’exclusion des minorités. Pour que le paradis diversitaire advienne, pour qu’un nouveau monde arraché à l’ancien puisse enfin naître, il faudrait aller jusqu’au bout de la déconstruction.

Cette logique folle se manifeste dans tous les domaines de l’existence, même les plus improbables. On a pu le constater encore une fois il y a une dizaine de jours dans la presse européenne qui rapportait la publication d’une étude universitaire britannique dénonçant... les dessins animés de Walt Disney ! Blanche neige, La Belle et la Bête, Aladdin et Le Roi Lion sont notamment ciblés. Sans surprise, on les accuse... de racisme !


Car y a-t-il une seule œuvre aujourd’hui qu’on ne trouve pas moyen d’accuser de racisme ? Ce terme dont la définition ne cesse de s’étendre ne veut à peu près plus rien dire. On accuse aussi ces films de sexisme, La Belle et la Bête, apparemment, poussant même... à la violence conjugale ! Les œuvres plus récentes de Disney, toutefois, feraient la promotion de bonnes valeurs et on pourrait les recommander aux enfants. Fiou ! En d’autres mots, il faudrait considérer ces œuvres comme autant d’instruments de propagande devant faire la promotion de la vision recommandée de la société, sans quoi on aura la tentation de les proscrire. Comment ne pas constater que les savants à l’origine de ces études sont en fait des idéologues militants ?


Ne nous contentons pas d’en rire. Ces idées progressent. Il s’agit chaque fois de purger tel ou tel pan de notre culture en l’accusant d’être contaminé par un passé honteux. Rien ne sera épargné. Nos déconstructeurs sont des fanatiques. Mais on aurait envie de demander aux idéologues qui veulent tout bruler du passé de nous laisser vivre et de cesser d’aborder le monde avec la perspective d’un enquêteur maniaque, toujours convaincu de dévoiler une chanson démoniaque derrière une berceuse, un agresseur derrière un homme qui complimente une femme et un raciste derrière celui qui aime son pays.



Note du carnet

Blanche-Neige, par exemple, renverrait à l’idée « qu’une femme seule ne peut jamais être heureuse, » explique au Sun Victoria Cann, professeur à l’université d’Est-Anglie et une des deux autrices de l’étude. Elle affirme que son seul rôle utile est de « cuisiner et nettoyer » pour des nains qui n’attireront jamais son attention. Siffler en travaillant, quelle idée saugrenue alors qu’on peut sauver la planète en faisant « grève » la mine grognonne.  « Les nains ont pourtant une personnalité et un travail. Mais comme ils ne sont pas grands et attractifs, Blanche-Neige ne les considère pas comme des amoureux potentiels. »




La nouvelle icône acceptable pour la jeunesse, plus sévère, moins riante et moins optimiste...


« La Belle et la Bête » s’attire également les foudres des chercheuses militantes. Pour elles, le film représente un cas classique du syndrome de Stockholm, lorsqu’un otage développe de la sympathie pour son geôlier. « L’histoire donne l’impression qu’une femme peut changer son partenaire violent si elle persévère suffisamment longtemps », poursuit Mme Cann. À la fin, la Bête se transforme en bel homme blanc aux cheveux blonds. Quelle horreur, un homme blanc nordique ! Pouah ! Cela donne l’impression que sa beauté l’empêche d’être en colère ou menaçant. »





Avertissement

La vidéo suivante pourrait grandement vexer, blesser, horripiler et, dans les cas les plus intenses, causer l’apoplexie chez les militantes féministes. Il s’agit d’une vision archaïque et patriarcale de l’amour d’une jeune fille qui s’abaisse à considérer l’homme aimé comme un prince. Vision rétrograde que nous ne saurions cautionner.