lundi 8 novembre 2010

Tolérance intolérante

Prélat et théologien moraliste œuvrant notamment au sein du Conseil pontifical pour la famille, Mgr Jean Laffitte développe une thèse à la fois très claire et convaincante dont l'idée centrale ressemble à un paradoxe : la tolérance peut être intolérante.

« Une société tolérante ne peut tolérer que s'exerce en son sein un droit d'objection de conscience, car elle n'est plus en mesure d'accepter en les honorant les valeurs supérieures qui s'expriment en son sein. Elle choisit alors des valeurs consensuelles, dont certaines, infailliblement, la conduisent à la mort. »

Mgr Jean Laffitte montre que l'idéologie de la tolérance née dans la matrice du libéralisme et du relativisme est intrinsèquement violente et même totalitaire. Dès ses origines, elle vu son grand adversaire dans le christianisme et sa défense de lois supérieures (non écrites, pour Antigone, ou divines pour saint Thomas More), fondatrices de valeurs morales objectives. Cette thèse est confirmée par les contraintes de plus en plus fortes visant à empêcher les professions de santé d'exercer leur droit à l'objection de conscience en matière d'avortement : la loi française a ainsi construit progressivement un système de droit qui devait à l'origine simplement décriminaliser l'avortement, sans le légaliser, et qui finit par  non seulement légaliser cet acte mais à le rétribuer et à le protéger contre tout autre droit (l'objection de conscience des médecins, la protection de l'enfant, l'avis du père).

Mgr  Jean Laffitte
Tolérance intolérante ?
Petite histoire de l'objection de conscience
Éditions de L'Emmanuel, 58 p., 8,50 €




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J'ai moi-même dû subir le cours ECR...

Le cégépien pris à partie par l'élève de secondaire IV de Granby au sujet du cours ECR lui répond ci-dessous (pour le contexte, lire Enseignante d'ECR déguisée en curé...enfin pas dans la Voix de l'Est).

Le six novembre dernier, Alexandre Gemme, un élève de secondaire quatre à Granby, a signé une réplique à mon texte paru récemment dans La Voix de l’Est. Puisque j’ai été personnellement critiqué et qu’il s’agit d’un débat d’envergure nationale, je tiens à répondre à mon détracteur.

M. Gemme m’accuse d’être « mal informé ». Outre le fait que je suis attentivement ce dossier depuis plusieurs années, j’ai moi-même eu à subir le cours d’Éthique et culture religieuse au secondaire, au Collège Français de Longueuil. Le pédagogue, M. Michaud, affirmait catégoriquement que tous les religieux ont le même Dieu (et c’est ce qu’il fallait répondre à l’examen). Cela n’est pas simplement « être tolérant », c’est une prise de position théologique, et imposer de telles positions dépasse le mandat du gouvernement. [Note du carnet : voir extrait de manuel ECR, « Un Dieu, trois religions »]

Après le secondaire, je me suis procuré plusieurs livres traitant des diverses religions, et j’ai commencé à lire la Bible et le Coran. Je me suis vite aperçu que ce que l’on m’avait enseigné était carrément faux, ou plus précisément que les grandes religions n’ont pas toutes le même message, qu’il existe des divergences énormes entre elles, et qu’elles ne sont pas, selon leur doctrines respectives, équivalentes.

M. Gemme me fait la leçon en disant que « ce cours est loin d'être une menace à notre identité ». C’est curieux, car Fernand Ouellet, un des pères de ce cours, voit les choses de la manière inverse. Dans un article académique portant sur ce sujet, il affirmait éhontément en 2002 qu’« il faut apprendre à ébranler la suffisance identitaire » des jeunes. Très rassurant pour l’avenir de notre pays isolé sur ce continent ! Souvenons-nous qu’à Montréal, dans un cours d’ECR, l’enseignant a fait redessiner le fleurdelisé sans croix à sa classe pour le rendre « plus inclusif » !

Cet élève scande également que le cours d’ECR « n'a pas été dénoncé par tous les segments de la société ». Il n’y a pourtant rien à redire au consensus social : conservateurs et progressistes, croyants et incroyants, quasiment tous les citoyens s’accordent sur le principe selon lequel l’État n’a pas à imposer des cours de religion.

M. Gemme demande : « Avons-nous oublié de demander à notre belle jeunesse ce qu'elle en pensait ? » Je réponds que la présence d’une dizaine de groupes étudiants contre l’ECR sur Facebook démontre suffisamment bien que ce cours tendancieux ne fait pas l’unanimité auprès des jeunes.

Cet élève loue pompeusement ce cours en argumentant qu’il est basé sur « l'ouverture envers les autres cultures et façons de penser ». Cela explique sans doute pourquoi un cahier d’ECR pour le secondaire deux des éditions Lidec présente une fille en niqab en classe, avec un contexte qui laisse comprendre que cela serait tout à fait acceptable. Face à telle propagande, tout le monde conviendra que l’ouverture n’est pas toujours une vertu, et que les parents font bien de rester sur leurs gardes.


Clément Barbeau Vermet
Étudiant en Histoire et Civilisation
Cégep de Sherbrooke




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Internet comme mirage pédagogique ?

Texte de Norman Baillargeon, professeur à l'UQAM :

Je suis très loin d’être un technophobe et j’utilise au contraire beaucoup et apprécie énormément l’ordinateur, Internet, de nombreux logiciels et des tas d’innovations de l’ère numérique. Tout cela, je le reconnais, a souvent rendu ma vie et certaines des tâches que j’accomplis plus faciles. Pourtant, ce n’est pas sans un grand malaise que j’entends certaines personnes vanter les bienfaits pédagogiques qu’il faut attendre de toutes ces innovations. Je l’avoue : j’ai très souvent de sérieux doutes et de grandes réserves devant les promesses que me font tous ces technophiles.

L’expérience m’a montré que ces doutes sont sains, à la fois sur un plan pédagogique et sur un plan économique, puisque ces technologies coûtent typiquement très cher. Sans nier qu’on trouvera des avantages à certains modestes usages faits en classe de ces nouvelles technologies, je pense que bien souvent les promesses qu’on nous fait miroiter, spécialement pour l’enseignement primaire et secondaire, sont des mirages pour lesquels on dépense des sommes importantes qui seraient mieux investies ailleurs.

Mais c’est là un vaste sujet et c’est pourquoi je voudrais m’attarder ici à une seule idée, bien précise, qui est avancée par certains de ces technophiles. Je pense que si on examine cette idée de près, en particulier à la lumière de ce que nos savons en psychologie cognitive, de très sérieux bémols s’imposent.

Connaissance brute et raisonnement

Cette idée est que l’existence d’Internet comme source quasi illimitée d’informations forcerait à complètement réévaluer l’importance qui était autrefois accordée en éducation à la transmission de connaissances, de faits et d’informations. « Internet », dit en ce sens Michel Serres, « nous force à être intelligent ».

Après tout, vous expliquera-t-on, il sera toujours possible d’aller sur Internet chercher une information qui vous manque, de sorte que c’est perdre un précieux temps scolaire et pédagogique que de vouloir enseigner aux enfants des faits aisément accessibles et qui risquent, de surcroît, d’être vite périmés. Le plus sage et le plus efficace est plutôt d’apprendre aux enfants à raisonner, à synthétiser, à être créatif, à faire preuve d’esprit critique, à questionner, bref de développer chez eux ces habiletés cognitives de haut niveau qui sont celles des experts – sans oublier bien entendu celle qui consiste à chercher de l’information, notamment sur Internet.

En somme, et on invoquera ici Montaigne, une tête bien faite est le but que doit viser l’éducateur : et le moyen de faire une telle tête n’est surtout pas de la remplir de connaissances, d’informations et de « simples faits » vite périmés, mais de développer, par la pratique, ces indispensables habiletés de haut niveau que l’élève pourra ensuite utiliser dans différents contextes – c’est-à-dire transférer –, et cela tout au long de sa vie.

Donnons un exemple : dans une discussion sur la possibilité de la vie extraterrestre, qui ignore ce qu’est une planète, mais sait penser de manière critique, pourra toujours consulter Internet et lire la définition ; par contre, qui sait ce qu’est une planète mais ne sait pas penser de manière critique, celui-là ne l’apprendra pas sur Internet et ce « simple fait » qu’il connaît, outre qu’il est toujours révisable (ne vient-on d’ailleurs pas justement d’exclure Pluton du nombre des planètes ?) ne lui sera d’aucun secours.

Si ces idées sont aussi répandues, c’est qu’elles sont terriblement séductrices et à première vue plausibles. Quelle efficacité et quelle économie de temps ne promettent-elles pas au pédagogue dont le temps est si limité ! Et quelle joie de pouvoir contourner ce pénible obstacle de faits, de dates, de noms et de défi-nitions, qu’il faut péniblement apprendre, pour aussitôt accéder à la joie de com-prendre, de résoudre des problèmes et de penser par soi-même.

En me fondant sur divers écrits de E.D. Hirsch, je voudrais avancer quelques arguments qui suggèrent que ces idées sont un mirage pédagogique d’autant dangereux qu’il est séduisant.

Réfléchir, sans réservoir de connaissances, est-ce possible ?

Pour commencer, et cela semblera un formidable paradoxe, le fait est qu’il faut du savoir pour apprendre et ce n’est que parce qu’on sait déjà beaucoup qu’on peut apprendre. En établissant cela, la psychologie cognitive a confirmé ce que soupçonnait Platon. Ce point est capital. Il implique en pratique qu’une défi-nition qu’on consulte ne peut être comprise que si on connaît déjà une très grande part de ce qu’on y lira et que c’est l’expert, qui sait déjà beaucoup de choses, et non le novice, qui en apprendra plus, plus vite et mieux.

La psychologie cognitive suggère aussi pourquoi il en est ainsi. Nous accé-dons au monde via une sorte de fenêtre à travers laquelle un nombre limité d’items [sic] peut être traité. On estime en fait à sept plus ou moins deux le nombre de ces items que peut contenir ce qu’on appelle notre mémoire de travail : après quoi, nous sommes intellectuellement débordés. Cette limitation est cependant surmontée par un processus qui permet de regrouper des items pour en faire un seul. Or ce qui permet cette synthèse, ce sont justement des savoirs, de « simples faits », mémorisés et connus.

Enfin, lorsque nos habiletés cognitives supérieures peuvent se mettre en œuvre parce que des savoirs préalables existent et ont permis de surmonter les limitations de notre mémoire de travail, ces habiletés sont spécifiques à un domaine du savoir. Ce qui signifie qu’elles ne seront transférables que dans la mesure où, là où on les transpose, ces savoirs qu’on possède soient pertinents.

Ces trois séries d’arguments convergent et ils sont décisifs contre l’idée qu’il existerait des capacités intellectuelles transversales de haut niveau qu’on pourrait exercer et développer pour elles-mêmes. Les experts sont toujours sa-vants et leur expertise, qui dépend de leur savoir, est spécifique à un domaine donné.

Considérez la célèbre expérience... (suite dans le PDF ci-dessous)


Texte au complet




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Belgique — l'école libre Schola Nova

Fondée en 1995, Schola Nova est une école privée non subventionnée, située près de Bruxelles en Belgique.

L'école organise un enseignement primaire et secondaire, destiné aux élèves de 6 à 18 ans.
Le programme qui fait le succès et la réputation de l'école depuis quinze ans est celui des humanités classiques gréco-latines. Ce moyen privilégié d'accès à la culture occidentale a fait ses preuves pendant des siècles.

Selon le site de l'école, son but est de former des jeunes compétents, capables de s'exprimer dans plusieurs langues et de raisonner tant avec le cœur qu'avec l'esprit, ayant une ouverture sur le monde et sur les autres cultures grâce à leur connaissance approfondie de leurs racines et des Anciens.

SSchola Nova est une école privée internationale ne dépendant donc pas de l’État. Elle est basée sur l’article 24 de la constitution belge, garantissant la liberté d'enseignement. Le statut légal des écoles privées est celui de l’enseignement à domicile.

Chaque professeur est maître de sa pédagogie. L’école n’est ni catholique ni anti-catholique. Les élèves reçoivent un cours d’histoire des religions dans le cadre d’un cours de latin parlé ; la question de la foi et de la pratique religieuse est laissée aux parents.

L'école insiste sur le fait que le professeur doit être respecté et valorisé.

Il est intéressant de noter que les élèves de l'école peuvent choisir le diplôme qui couronne leurs études secondaires (en réalité sans doute collégiales pour le Québec quand on sait que le bac français équivaut à un DEC québécois) :

Nombre d'élèves ayant étudié jusqu'en fin du secondaire belge à Schola Nova : 35.

Ces élèves ont réussi entre 15 et 18 ans l'un des examens mentionnés ci-dessous leur permettant de poursuivre leurs études dans les orientations de leur choix.
Soit :

  • l'examen du jury central supérieur général organisé par la Communauté française de Belgique (CESS) (28 % des élèves) ;
  • l'examen d'admission aux études supérieures organisé par les universités (UCL, ULB, ULg ou St Louis) (69 % des élèves) ;
  • l'examen du Baccalauréat International (IB) après deux années de préparation (3 %).

Jusqu’à présent, tous les élèves ayant terminé leurs études à Schola Nova ont réussi l’une ou l’autre épreuve et ont commencé leurs études supérieures à l’âge habituel ou même avant.

Nombre d'anciens élèves ayant déjà terminé leurs études supérieures : 12
Diplômes obtenus : Philologies classique & romane, ingénieur en gestion, bio-ingénieur, ingénieur industriel, licence ou maîtrise en droit, traduction et interprétation (ISTI et Marie Haps), premier prix, maîtrise en musique (conservatoire royal).




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Enseignante d'ECR déguisée en curé...enfin pas dans la Voix de l'Est

La Voix de l'Est a publié deux lettres « spontanées » d'écoliers de Granby (secondaires IV et V) qui défendent le cours ECR. Ce journal de Granby a également consacré un article à une enseignante ECR, Mme Bergeron, professeur de ces deux écoliers.

Un de cet élève de Mme Bergeron s'en prend au cégépien dont nous avions publié ici la lettre. Visiblement, la critique de ce jeune étudiant a porté et le fait qu'il soit jeune et ait pu assister en tant qu'élève au cours ECR et ne pas l'apprécier a piqué à vif certains.

Le cours ECR nous apprend le bien et le mal, sans jamais être jugé...

Une des élèves anonymes de l'enseignante de Granby dit que sa professeur Claire Bergeron « nous donne tellement d'exemples de ce qui n'est pas bien. » Alexandra Courtemanche dans sa lettre publiée dans la Voix de l'Est dit la même chose : « On apprend ce qui est bien ou mal, à s'exprimer librement en disant ce que l'on pense sans jamais être jugé car nous avons tous notre vision du monde. »

On ne sait plus très bien que croire. D'une part, comment est-ce que la professeur peut être neutre comme le programme gouvernemental lui enjoint de l'être et parler du bien et du mal de manière concrète ? En fonction de quelles valeurs, de quelle vision du monde ? L'avortement est-il bien ou mal   ? L'euthanasie ? L'homosexualité ? La liste peut être très longue : le divorce, la polygamie, l'infidélité sexuelle, les manipulations génétiques, l'hédonisme, la sexualité précoce, l'athéisme ?

D'autre part, comment un élève peut-il apprendre le bien et le mal de son professeur sans que jamais ses propos d'élève ne soient jugés tout en admettant que tout se valle (« car nous avons tous notre vision du monde ») ? C'est la quadrature du cercle. Ou peut-être simplement des propos quelque peu contradictoires appris en classe et régurgités pour la galerie...

« La lutte contre l'homophobie »

Alexandre Gemme dit fièrement que les jeunes adolescents débattent « chaque jour » de sujets comme « le suicide assisté » ou « encore l'homophobie ». Quand on sait ce que cache dans les programmes scolaires le slogan gouvernemental de « lutte contre l'homophobie » (la normalisation de l'homosexualité comme choix légitime et égal à l'hétérosexualité), il y a fort à parier à la lumière du vocabulaire intégré par l'élève (« homophobie » et non « homosexualité ») que le cours fut partisan et tenta bien de légitimer l'homosexualité et non pas seulement de limiter, par exemple, les brimades contre les jeunes garçons efféminés.

Halloween et la prêtrise des femmes

La Voix de l'Est trace un portrait complaisant et modéré de l'enseignante d'Alexandre. Ses « élèves [...] disent apprécier beaucoup le cours ».

Pourtant, sous le couvert de l'anonymat, une personne nous a déclaré ne pas avoir été heureuse de voir cette enseignante « neutre » se déguiser en curé lors de l'Halloween pour ensuite se lancer devant sa classe captive dans un sermon sur pourquoi les femmes devraient pouvoir devenir prêtres... On peut faire mieux en termes de neutralité...

« Notre belle jeunesse », « nos enfants », « au nom de tous et chacun », « obligatoire »

Il y a quelque chose de missionnaire dans le ton des lettres des élèves. Sur un ton désinvolte, des jeunes de 15 ou 16 ans apostrophent leurs aînés et répètent ce qu'ils ont appris en classe : «  L'ouverture d'esprit, ça vous dit quelque chose ? »

On s'étonne aussi de lire un très jeune adolescent parler « de laisser une planète propre à nos enfants » alors qu'il vient à peine peut-être de quitter cette enfance et puis d'évoquer  « notre belle jeunesse ». Ce sont là des tournures que l'on associe plus à un adulte (cet élève serait-il atteint de psittacisme et reproduit-il les paroles de son enseignante ?) ou à un jeune bien peu modeste (pourquoi les gens qui pensent comme lui formeraient-ils « notre » belle jeunesse ?)

Alexandra Courtemanche pour sa part affirme « Je suis pour ce cours et je resterai toujours en faveur. » Au-delà de la formulation étrange (rester en faveur sans « de » signifie « continuer à plaire »), on admirera l'assurance de la jeune fille, sa foi. Comment peut-elle affirmer ce qu'elle pensera dans 20 ou 30 ans quand elle réfléchira avec plus de détachement au cours qu'elle a été obligée de suivre ?

Alexandra dit aussi parler « au nom de tous et chacun ». (On dira plus correctement en français « tout un chacun ».) Il est vrai que certains détracteurs du cours reprochent à ce programme de promouvoir l'esprit grégaire. Dès le primaire, les élèves participent en effet à des exercices de délibération où ils doivent examiner des questions éthiques « pour arriver à une décision commune ». C'est une critique que l'on fait aussi à toute la réforme pédagogique qui privilégie nettement le travail d'équipe au travail individuel (tout en affirmant vouloir développer l'autonomie éthique des élèves). Alexandra n'a sans doute jamais parlé avecles enfants de M. Alec Saint-Jean qui devaient subir les sarcasmes de toute une classe unanime. Comment savoir vraiment ce que pensent les élèves muets dans la classe d'Alexandra ? Oseraient-ils vraiment contredire publiquement leur professeur qui décide de leurs notes alors qu'ils n'ont entendu qu'un son de cloche de la part d'une personne en autorité ? N'est-il pas plus sage qu'Alexandra parle d'abord en son nom avant de s'arroger l'opinion des absents dans ce débat ?

Sûr d'elle-même, Alexandra n'hésite pas à déclarer que le cours doit être obligatoire. Voilà une jeune étudiante tolérante comme les zélotes du programme ECR les aiment bien : elle ne peut admettre de choix en la matière.

Invitation acceptée, mais qu'en dira la direction ?

Alexandre Gemme qui n'a sans doute jamais suivi d'autres cours de formation morale et religieuse à l'école et probablement jamais lu le programme officiel ECR (il est illisible) n'hésite pas à dire sur un ton impatient : « Alors aux adultes qui n'ont jamais suivi ce cours et qui s'obstinent quand même à dire qu'il vise à nous convertir à d'autres religions, j'aimerais les inviter à ne venir passer ne serait-ce qu'un cours de Mme Bergeron et à réfléchir à tout ce que j'ai écrit. »

On appréciera l'humilité du ton.

Étrangement, Alexandra Courtemanche dit a peu près la même chose dans les mêmes termes. Pure coïncidence à n'en pas douter. La lettre signée du nom de cette jeune fille affirme ainsi : « Les élèves ne sont pas influencés par le simple fait d'apprendre la culture religieuse des gens [...] Je vous l'écris pour vous faire comprendre qu'on [qui?] en a assez d'entendre critiquer notre [?] cours, lorsque vous n'avez jamais mis un seul pied dans nos classes pour y assister. Alors je vous invite à faire des démarches, allez assister à un cours ECR. »

D'une part, de nombreux parents ne craignent pas tant que leurs enfants se convertissent, par exemple, au judaïsme parce qu'ils apprendront quelques faits sur cette religion, mais plutôt que, par l'étude de 6 ou 7 religions toutes présentées superficiellement et comme d'une égale valeur pendant 11 ans, ils en viennent à considérer que ces religions se valent toutes, ce qui peut mener, notamment, à un syncrétisme religieux à la Hans Küng ou un relativisme agnostique. C'était, après tout, le but visé par Jean-Pierre Proulx quand il a proposé ce cours à la page 90 de son fameux rapport : « d’initier l’élève aux différentes cultures et aux différentes religions et de les présenter comme des manifestations de l’esprit créateur humain, tout aussi légitimes que la sienne ».

D'autre part, nous avons appris qu'un de nos lecteurs a accepté l'invitation du jeune Alexandre Gemme et de la jeune Alexandra Courtemanche et a demandé à pouvoir assister à plusieurs cours de Mme Bergeron et d'autres professeur d'éthique. Nous attendons de savoir si les directions des écoles concernées sont prêtes à accepter qu'un adulte soit enfin éduqué correctement par « notre belle jeunesse » si sûre d'elle-même.



Mise à jour

Notre lecteur nous informe qu'après de multiples tentatives pour joindre l'enseignante d'ECR, Claire Bergeron, pour accepter l'invitation des élèves à ce qu'un adulte opposé à « leur » cours y assiste. Mme Bergeron a refusé que ce monsieur y participe prétextant une vague opposition des parents. Selon ce lecteur outré : « dans le journal, cette professeur se donne le beau rôle, fait tancer les adultes qui n'apprécient pas ce cours par ses élèves influençables et obéissants, puis elle refuse l'invitation en privé. Est-ce là un comportement digne ? »

dimanche 7 novembre 2010

Lacunes importantes en français chez les étudiants des cégeps et des universités

Alors que l'ADQ pense que la priorité en éducation au Québec serait que l'État fasse de tous les jeunes Québécois des bilingues (anglais-français), les difficultés des étudiants en français causent bien des maux de tête aux profs de sciences humaines, tant au cégep qu'à l'université. À un point tel qu'ils ont décidé de se regrouper pour échanger leurs bons coups, en espérant ainsi renforcer la maîtrise de la langue chez leurs étudiants.

« Les profs de cégep et d'université en sciences humaines nous ont dit que leur principal problème, c'est que les élèves ont des difficultés à lire et à écrire. C'est un cri du cœur qui est ressorti des tables de concertation. Et comme prof de sociologie ou d'histoire, les profs ne se sentent pas outillés pour répondre à ces lacunes importantes », affirme Érick Falardeau, professeur en sciences de l'éducation à l'Université Laval.

Pour remédier à la situation, le réseau Fernand-Dumont a été créé tout récemment grâce à une subvention d'un demi-million de dollars provenant du ministère de l'Éducation. Ce projet-pilote est une initiative commune du Collège François-Xavier-Garbeau, du Cégep de Sainte-Foy et de l'Université Laval.

« Les étudiants ont des lacunes très importantes, autant en lecture qu'en écriture. Et on ne parle pas ici de ne pas mettre de S au pluriel. On parle d'organisation textuelle, de difficulté à lire des textes universitaires, de manipuler des concepts. Il y a tout un vocabulaire que les étudiants ne maîtrisent pas quand ils arrivent au cégep », affirme-t-il, tout en précisant que les profs d'université sont aux prises avec les mêmes problèmes.

Le français donne du fil à retordre aux cégépiens. Les étudiants sont de plus en plus nombreux à devoir s'inscrire à un cours de mise à niveau lors de leur entrée au collège. En 10 ans, leur nombre a bondi de 46 %.

Selon les données du ministère de l'Éducation, obtenues par Le Soleil grâce à la Loi sur l'accès à l'information, 9502 cégépiens étaient inscrits à un cours de rattrapage en français en 2000-2001 à la session d'automne, d'hiver ou d'été. Dix ans plus tard, ce nombre grimpe à 13 964 étudiants en 2009-2010.

À partir de 2008-2009, les cégeps ont ouvert un peu plus grandes leurs portes en acceptant des élèves qui n'avaient pas tout à fait complété leur diplôme d'études secondaires, rappelle-t-elle.

Davantage d'élèves plus faibles ont forcément été admis. Dans la région de Montréal, les cégeps accueillent aussi de plus en plus d'étudiants allophones, qui peuvent avoir des difficultés en français.

Mais une certitude demeure : les exigences des cégeps n'ont pas augmenté au fil des ans, indique Mme Tessier.



Source
Le Soleil




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ECR — Marie s'est fait violer, elle a inventé l'histoire du Saint-Esprit, Joseph a gobé son histoire


Addendum du 6/XI/2010 :

Un article de la Tribune de Sherbrooke (non disponible en ligne) de ce vendredi 5 novembre nous apprend que la Commission scolaire des Sommets a fait un suivi de cette affaire.

On apprend que celle-ci aurait dit au père outré par le comportement du professeur que celui-ci « était un personnage coloré » et qu'il serait apparemment surveillé à l'avenir. Quid de l'enseignante d'ECR adepte des sciences occultes de l'année passée ? Elle aussi est très colorée ?

M. Alec Saint-Jean a décidé de retirer sa fille de ce cours. La direction force la jeune fille à quitter le terrain de son école plutôt que de l'accueillir dans une pièce surveillée. Son père déplore ce manque de coopération qui complique singulièrement la vie de sa fille. Selon M. Saint-Jean, « on traite souvent mieux les animaux ». Notons que ledit enseignant « coloré » est également le professeur de français de la fille de M. Saint-Jean et que cet  enseignant a bien fait comprendre à cette fille qu'il l'avait à l'œil.

Ne craignant pas le ridicule, le directeur général de la Commission scolaire des Sommets où ces incidents se sont produits, M. Provencher, n'a pas hésité à déclarer que « la posture neutre [entendre souvent relativiste] des enseignants face au contenu a calmé les inquiétudes des parents. » Cela alors même qu'on venait de lui rappeler le manque de neutralité patent de deux de ses enseignants.

Rappelons que la Commission scolaire des Sommets a décidé de décourager tous les parents de contester ce cours en refusant toute exemption depuis plus de deux ans. Quant au contenu, il est très variable allant des excès dénoncés par M. Alec Saint-Jean à quelques classes relativement honnêtes assez proches de l'ancien cours de morale laïque progressiste en passant souvent par l'insignifiant verbiage politiquement correct à la mode. Notons enfin que de nombreux professeurs font de la résistance, surtout au primaire, et n'enseignent pas vraiment le cours ECR ou le donnent à leur façon en tentant de guider les enfants dans le sens de leurs valeurs (pas une posture neutre, ni nécessairement les valeurs des parents).

La commission scolaire des Sommets de Magog, dans un précédent refus d'accorder des exemptions au cours ECR, avait déclaré qu'elle n'avait jamais reçu de plainte officielle concernant le cours ECR et qu'un préjudice grave qui pourrait servir de base à une exemption, c'est par exemple lorsqu'un parent apporte un certificat médical.

C'est devant une salle où de nombreux parents de la commission scolaire devaient rester debout par manque de places assises qu'un père de trois enfants, Alec St-Jean de Melbourne en Estrie, a profité de la période des questions, en début de séance, pour se plaindre de situations qui auraient été vécues par ses filles dans le controversé cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) et ainsi répondre à la première remarque des commissaires lors de la réunion précédente de juin 2010 : l'absence de plaintes à l'encontre du cours ECR.

Un père de trois enfants, Alec St-Jean, a... (La Tribune, Jean-François Gagnon)
M. Alec Saint-Jean, un des plaignants

Qui croit en Dieu ? Longs ricanements.

M. St-Jean a d'abord relaté le fait qu'une enseignante avait demandé, en septembre 2008, aux élèves de la classe d'une de ses filles alors en secondaire IV de lever la main s'ils étaient croyants. Avec deux autres camarades de classe, l'adolescente s'est alors manifestée.

« Le professeur avait ri longuement de ça. Et, parce que c'était une personne en autorité, les autres jeunes avaient ricané par la suite. Le soir, ma fille est arrivée les yeux pleins d'eau », a-t-il révélé. Sa fille lui aurait alors dit qu'elle n'était plus capable d'aller à ce cours.

Selon lui, sa fille a été « ébranlée dans sa foi à ce moment » et cela a eu des conséquences sur elle par la suite, puisque ses croyances avaient été la « source de sa souffrance ».

Selon M. St-Jean, l'enseignante a bien fait comprendre à sa classe que les « sciences » occultes avaient ses faveurs.

On remarquera l'épée, la cape et, sur la table drapée,
le crâne et les bougies très wiccan.

Le sujet du wiccan est bien au programme d'ECR, voir l'illustration ci-dessus prise par des élèves  en 2009 dans une école privée de l'Ouest de l'île de Montréal et un extrait de cahier d'activités ci-dessous.

Cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée,

Marie violée, Joseph dupe et masturbations dans la douche

M. Saint-Jean a ensuite relaté un deuxième incident, avec une autre de ses filles. Ce deuxième incident se serait produit le 17 septembre 2010 à l'école secondaire du Tournesol à Windsor.

« Son professeur a dit que Marie s'était fait violer et qu'elle avait caché ce fait à Joseph en disant qu'elle était tombée enceinte du Saint-Esprit. Joseph aurait cru Marie. » La discussion se serait poursuivie pendant 30 minutes sur ce genre de considérations portant sur les "légendes" de la religion chrétienne.

« Dans notre famille, nous sommes croyants et ce simple fait est venu ébranler sa croyance et l'a complètement révoltée. Dans toute cette histoire, j'aimerais qu'on puisse exempter le cours d'éthique et de culture religieuse à nos enfants. Après tout, je n'envoie pas mes enfants à l'école pour les faire souffrir et je ne veux pas les voir revenir les yeux pleins d'eau. »

Ensuite, après cette diatribe contre le christianisme, l'enseignant a commencé une discussion avec un des élèves sur le thème de la masturbation matinale dans sa douche...

Il était intéressant de noter l'attitude des commissaires scolaires pendant ces plaintes. Un de ces personnages affichait clairement sa désinvolture et un désintérêt total pour ce parent qu'il est censé représenter : jambes croisées, il jouait d'un cure-dent tout en regardant en l'air.

Qu'est-ce qu'un préjudice grave pour un commissaire ?

On se rappellera qu'en juin dernier, une des mères qui demandaient l'exemption du cours ECR devant ces commissaires  avait demandé : « Je ne sais pas ce que ça prend pour qu'ils jugent que des préjudices sont causés. Mon enfant est rebellé en ce moment ».

En effet, le fils de Mme Meunier refuse catégoriquement « de venir à l'église et de parler ou de voir les personnes de l'église qu'il connaît depuis qu'il est petit, en plus de se mettre à désobéir de différentes autres façons ». Depuis quand ? Depuis qu'il a fait un projet en ECR sur le thème « les parents peuvent-ils obliger leurs enfants à aller à la messe » ! Voir la mise en contexte de ce projet !

Habituellement, les commissaires scolaires s'abstiennent de dire ce qui constitue pour eux « un préjudice grave » et se bornent à répéter qu'ils ne « sont pas convaincus » par les arguments des parents,  sans offrir aucune justification. Sans doute ces commissaires ne veulent-ils pas dire que, pour eux, ébranler les convictions des adolescents n'est en rien un préjudice grave. Aveu explicite qui serait, bien sûr, inacceptable pour des parents croyants par exemple.

Le mieux qu'avait pu obtenir M. Sylvain Lamontagne, un autre parent de la commission,  était qu'on pourrait sans doute parler de préjudice grave si les parents pouvaient fournir un mot d'un médecin.

Le mot d'un médecin, d'une psychologue, d'un théologien, d'un ex-ministre, d'un prêtre...

Sylvain Lamontagne, s'est donc déplacé avec non pas le billet d'un seul docteur, mais de sept notables :

La démocratie scolaire en action

Rien n'y fit, la décision était déjà prise.  La décision des commissaires fut donc lue solennellement devant le micro de RDI. Décision qui sous un jargon pseudo-juridique (moult « considérant » creux et des « pouvoir confié » à la commission scolaire plutôt que « conféré ») n'expliquait pas pourquoi les commissaires n'étaient pas « convaincus », ni d'ailleurs comment ils pourraient jamais l'être. Un vote s'ensuivit, heureusement trois commissaires votèrent contre cette décision qui ignoraient — une fois de plus — les documents et témoignages apportés par les parents.

Réactions

Le porte-parole des parents, Sylvain Lamontagne, a dénoncé cette décision désinvolte de la part des commissaires scolaires. Il s'est également élevé contre les propos des enseignants des filles de M. Saint-Jean, car ils ébranlent les croyances de plusieurs enfants ce qui dévastent leurs parents. M. Lamontagne a annoncé d'autres mesures pour ne pas enterrer cette affaire et appeler les parents à plus de vigilance. Plusieurs parents rassemblés à l'extérieur de la salle des commissaires ont également invoqué la possibilité de faire campagne lors des prochaines élections scolaires pour s'assurer que des commissaires à l'écoute des parents soient désormais élus.

De son côté, la direction de la Commission scolaire des Sommets affirme qu'un suivi sera effectué concernant la plainte qui a été déposée. Il est fort probable qu'on aura droit à un simple blâme à l'endroit des deux professeurs à qui on dira sans doute simplement que c'est pas bien et qu'il ne faut pas recommencer ou quelque autre mesure lénifiante destinée à enterrer localement l'affaire.

Voir aussi :

Cours d'ECR : les enseignants « marchent sur des œufs »

Après « Youpi, ma religion ! », « Ma religion de rêve »

Table ronde sur le matériel pédagogique ECR

Cahier ECR : « je suis un garçon, une fille, je ne sais pas encore »

Formateur de formateurs en ECR à L'ACFAS : beaucoup de résistances, faible réceptivité, obstacles




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samedi 6 novembre 2010

Traitement du SIDA  : les pistes de la thérapie génique

Des chercheurs genevois veulent développer un traitement inspiré d’une mutation protectrice apparue chez les ancêtres des Vikings.

Une seule personne aurait été guérie du sida par la médecine. Bien sûr, les trithérapies permettent aujourd’hui à de nombreux patients de vivre avec le virus. Mais dans ce cas sans précédent, le patient a « pratiquement éliminé le virus », selon Karl-Heinz Krause, directeur du Laboratoire de thérapie cellulaire expérimentale des Hôpitaux cantonaux universitaires de Genève (HUG). Il n’est plus sous traitement, et le VIH semble avoir disparu de son organisme. La thérapie, appliquée en Allemagne en 2007, a été inspirée par l’observation d’un phénomène particulier: celui des individus dont l’organisme résiste naturellement au virus.

Il existe des individus auxquels il manque les deux allèles (c’est-à-dire les deux versions) du gène codant pour le CCR5. Et ces derniers ont 95 % de chances de plus que les autres individus de ne pas contracter le VIH en cas d’exposition. Ceux à qui il ne manque qu’un seul allèle – cas dits hétérozygotes – sont également mieux protégés, mais dans une moindre mesure. Dans l’ensemble, si ces personnes sont malgré tout infectées, elles semblent échapper au développement de la maladie.

Cette mutation du CCR5 est particulièrement fréquente dans cinq pays, à savoir: la Suède, la Finlande, la Biélorussie, l’Estonie et la Lituanie. On y trouve en effet 25 % d’homozygotes (à qui les deux allèles font défaut) et 3 à 4% d’hétérozygotes, contre pratiquement 0 % dans l’ouest et le sud de l’Afrique ou au Japon, par exemple.

« Selon une hypothèse émise en 1998 dans la revue Human Molecular Genetics, la mutation aurait eu lieu la première fois chez un individu appartenant à une population nordique ancêtre des Vikings, il y a environ 5000 ans, et se serait ensuite répandue dans le monde. Voilà pourquoi on la trouve à des degrés divers dans toutes les régions où les Vikings ont mis pied », dit Karl-Heinz Krause. Cela expliquerait également pourquoi ce sont dans les pays du Nord que l’on trouve le plus grand nombre de survivants à long terme du sida.

La Déséducation ou le cri du cœur d'un enseignant


Mario Dumont reçoit l'enseignant et créateur de La Déséducation, Mathieu Côté-Desjardins.



Prologue de La Déséducation.



Épisode 1 — Comment fabrique-t-on les enseignants ? Y aurait-il quelques failles dans la ligne de montage ? Après combien de temps devra-t-on les retourner pour bris ou défectuosité ?


Pour tout commentaire, allez sur www.ladeseducation.ca

Plus de détails.




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vendredi 5 novembre 2010

Les enfants dont la mère reste à la maison ont de meilleurs résultats à l'école

Une métaétude réalisée par le Macalaster College au Minnesota et l'Université de Californie à partir de 69 enquêtes menées dans le monde entier depuis les années 1960 révèle que les enfants ont tendance à moins bien réussir à l'école si leur mère retourne au travail moins d'un an après leur naissance.

La recherche tendait à affirmer jusqu'ici que la garde non maternelle de l'enfant — quoiqu'ayant un impact négatif sur son bien-être émotionnel et pour son comportement — avait néanmoins des aspects positifs quant au développement cognitif.

La métaétude citée par le Daily Mail de Londres contredit cette affirmation et montre en même temps que les résultats varient selon la classe sociale et la structure familiale.

Ainsi, les enfants de classes moyenne et supérieure qui vivent avec leurs deux parents ont même, en moyenne, de moins bons résultats scolaires que leurs congénères de même classe sociale si leur mère retourne au travail dans les trois ans après leur naissance.

Explication des chercheurs : « C'est parce qu'au sein des familles les plus fortunées, les avantages économiques d'une mère qui travaille ne compense pas les effets négatifs d'une moindre attention et d'une moindre surveillance maternelles, et le risque associé à des garderies de piètre qualité. »

L'étude assure à l'inverse que le retour au travail des femmes au sein de ménages pauvres ou mères célibataires après un an tend à aider leurs enfants grâce aux revenus supplémentaires apportés et un moindre stress, mais qu'idéalement il faudrait que le retour au travail n'intervienne pas avant un an après la naissance…

On apprend aussi que plus la durée de travail est importante, plus les résultats des enfants seront affectés.

Il faut noter que cette étude a été commandée par une association de bienfaisance dont l'objectif est de faciliter l'accès à de bons services de garde après une année pleine de congé rémunéré pour la mère après une naissance.

Aussi la conclusion de l'étude, malgré les faits qui précèdent, est que le travail des mères pendant les jeunes années de leur enfant « n'est pas habituellement associé avec de moins bons résultats ultérieurs ou des problèmes de comportement », ce qui paraît pour le moins contradictoire…

Militer pour la garde des enfants par leur propre mère n'est pas politiquement correct, certes, et l'association Daycare Trust ayant pour but justement de faciliter le retour de mères au travail, fût-ce au bout d'une période plus longue, ne semble donc pas vouloir aller dans cette direction.

L'industrie de la garde d'enfants et ceux qui veulent réduire au minimum l'absence de la mère du bureau qui la libèrerait diront que cette étude prouve que des services de garde de bonne qualité et un an de congé parental rémunéré suffisent à assurer que les enfants ne souffrent pas d'effets pervers si leurs mères retournent au travail au cours des trois premières années.

Mais ce que cette métaétude semble démontrer en réalité, c'est que le nombre élevé de mères célibataires et le stress qui l'accompagne tendent à faire tellement baisser le niveau général de la garde des enfants que même les garderies parviennent à compenser chez ces enfants l'absence de leur mère monoparentale tout au long de de la journée.

Cette étude n'indique en rien que les « enfants vont bien » dans notre société qui dévalue la maternité, elle confirme plutôt l'effet négatif des familles monoparentales sur la scolarité des enfants qui en font partie.




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