vendredi 25 juin 2010

Mère juive : Loyola, une école multiculturelle qui ne méritait pas cet acharnement bureaucratique

Letter to the editor published in The Gazette of Montreal today.

Loyola doesn't deserve this

Re: "A victory for religious freedom" (Editorial, June 22).

My son was the only Jewish boy to attend Loyola during the years he insisted on being with his Italian and Irish buddies through high school. Fearful he might be indoctrinated with Catholicism, I watched closely over the passing terms. Besides exempting him from any religious dogma, the priests continually made positive references about the Old Testament.

At graduation, the band played the Hava Nagilla right along with Danny Boy and O Sole Mio. How ironic that a school conducting itself with so respectfully should be subjected to this continual legal onslaught.

Myra Curtis Cote St. Luc




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ECR — Au royaume de la confusion

Christian Rioux du Devoir revient sur le cours d'éthique et de culture religieuse et les examens de fin d'année de ce cours donnés par quelques professeurs. Christian Rioux nous semble une des rares voix sensées et conservatrices au Devoir sur ce sujet.
«Est-ce que l'être humain peut se réincarner après la mort?» Cette question n'a pas été posée dans une réunion secrète d'une vague secte ésotérique. Elle n'est ni le fruit de l'esprit égaré d'un adorateur de la flamme violette ni sortie d'un petit catéchisme de bouddhisme tibétain. Croyez-le ou non, elle a été formulée afin d'évaluer le niveau des élèves qui ont suivi le cours d'éthique et de culture religieuse du Québec. Voilà ce que nous révélait la semaine dernière une série d'articles du Devoir faisant notamment le bilan de ce nouveau cours.
Des examinateurs, qu'on imagine être parmi les esprits les mieux formés en la matière, ont donc jugé bon de demander aux élèves si la réincarnation, un concept par ailleurs étranger à la culture occidentale, était possible. 
Pour être complet, il faut dire qu'il s'agit là de choix personnels aux écoles en question, d'autres professeurs d'ECR pourraient avoir choisi d'autres questions ou activités. Il n'y a pas d'examen uniforme en ECR.
Ils n'ont pas demandé comment les religions orientales ou animistes considéraient la réincarnation. Ils n'ont pas voulu savoir si la réincarnation avait sa place dans les grandes religions monothéistes ou quelle forme elle prenait dans les légendes amérindiennes. Ces questions auraient permis d'évaluer les connaissances des élèves. Mais on sait que l'évaluation des connaissances répugne aux nouveaux programmes. Ne reculant devant rien, ces examinateurs ont donc purement et simplement demandé aux élèves si la réincarnation avait un sens. On imagine que, la prochaine fois, ils leur demanderont si l'Immaculée Conception est possible, si les miracles sont avérés et, pourquoi pas, si Dieu existe!
Cet exemple est loin d'être isolé. Dans d'autres écoles, on a demandé à des élèves du primaire de décliner publiquement leurs croyances sans égard pour ceux qui n'en avaient pas ou qui ne savaient pas. On a aussi demandé à des élèves du secondaire d'inventer de toutes pièces une religion, ridiculisant du coup ce qui relève d'un héritage millénaire digne du plus grand respect. Passons sur ces enseignants qui ont proposé de redessiner le fleurdelisé sans la croix pour le rendre plus «inclusif». Sans parler de la part congrue, sinon inexistante, faite aux philosophies athées et agnostiques. Est-il besoin d'autres exemples pour comprendre que le cours ECR ouvre la porte toute grande à la violation de la liberté de conscience des élèves et des familles?
Il n'est donc pas surprenant que le juge Gérard Dugré ait statué cette semaine que l'obligation de dispenser ce cours violait la liberté du collège Loyola, qui est un collège catholique. En cela, le juge n'a pas tort. Pourtant, son jugement est loin de clarifier véritablement les choses. Le juge Dugré ajoute en effet à la confusion lorsqu'il reproche à l'État d'imposer une perspective laïque aux écoles confessionnelles. 
Il y a une contradiction entre perspective laïque et école confessionnelle... Si une école est confessionnelle ce n'est justement pas pour être laïque !
Une étude plus serrée lui aurait permis de découvrir que le cours ECR est tout sauf laïque. En effet, sa philosophie générale viole littéralement les droits des non-croyants en accordant un statut particulier aux religions, rejetant dans les limbes toutes les autres formes de spiritualité. Pour ses concepteurs, les religions ont « le monopole du sens », pour reprendre les mots de l'écrivain Régis Debray. Mais le cours viole aussi les droits des croyants dans la mesure où il prêche ouvertement un relativisme culturel inacceptable. Selon les concepteurs du cours ECR, toutes les religions se valent. La conclusion logique, c'est qu'il n'y a donc pas de vérité révélée, mais plusieurs vérités toutes équivalentes. Les croyants ont toutes les raisons d'être choqués.
Un cours respectant strictement la laïcité s'abstiendrait de traiter des croyances personnelles. Afin de s'en assurer, il n'aborderait les religions que dans le cadre de disciplines bien établies, comme l'histoire, la géographie, les arts ou la littérature. Jamais les croyances personnelles ne seraient ainsi mises en cause. 
Peut-être. Il faudrait voir comment cela se ferait. On peut déjà, grâce à la liberté de l'institutrice au primaire et des compétences transversales, mêler l'histoire et l'ECR, parler de toutes les religions comme d'égales valeurs, revenir sans cesse sur les autochtones en histoire et en français, parler à répétition de l'écologie lors de cours de sciences, aborder la réincarnation quand on parle des autochtones en histoire, etc. Cela se fait déjà dans certaines écoles. 
Faute de distinguer la laïcité du relativisme culturel, le jugement Dugré se trompe à un autre titre. Il erre même complètement lorsqu'il affirme qu'une école privée confessionnelle subventionnée par l'État devrait avoir le droit de faire prévaloir sa vision religieuse dans toutes les matières. 
Et les écoles non subventionnées qui doivent quand même donner le cours d'ECR ?
Ce faisant, le juge met la table pour les créationnistes qui demanderont des modifications aux cours de sciences. Il déroule le tapis rouge aux intégristes musulmans qui ne voudront pas que l'on parle d'Israël en histoire ni que leurs enfants soient exposés à des nus impressionnistes. 
La décision du juge Dugré ne porte que sur le cours ECR, un programme de transmission de valeurs. Les nus impressionnistes font-ils vraiment partie d'une éducation de base qu'il faille imposer à des enfants juifs orthodoxes par exemple ?
Ceux qui croient qu'il suffit d'un simple accommodement avec le collège Loyola ne comprennent pas dans quel engrenage infernal ils nous entraînent.

Avec de telles propositions, ils donneront bientôt des arguments à ceux qui veulent interdire à l'État de subventionner les écoles religieuses. Pourtant, même dans un pays aussi laïque que la France, l'État soutient les écoles privées. Mais il le fait en échange du respect strict des programmes nationaux, programmes qui, contrairement au cours ECR, respectent intégralement la liberté de religion et plus généralement la liberté de conscience.

Ceux qui se demandaient vers quel abîme de confusion nous entraîne la laïcité prétendument « ouverte » trouveront dans cet exemple une illustration éclatante. 
La véritable laïcité « ouverte » aurait consisté à offrir le choix de la formation morale ou religieuse aux parents : un cours de religion, un cours de morale ou un cours d'ECR s'il est populaire, mais au choix.
Loin d'apaiser les tensions, la prétendue tolérance du cours ECR ne fait que les attiser. Et la saga ne fait que commencer.




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La génération du « baby-boom »

 


À ce sujet, alors que le gouvernement semble décider à lancer un mouvement vers la légalisation de l'euthanasie (on va certainement nous dire qu'il existe un « large consensus social » sur ce sujet), notons le lancement d'un mouvement appelé Vivre dans la dignité qui prône une fin de vie digne et des soins palliatifs de qualité.


Plusieurs vidéos sont disponibles sur le site, la première avec Dr Marc Beauchamp aborde la question de savoir si les médecins sont pour l'euthanasie et ce qu'il faut penser de récents sondages qui iraient dans ce sens.






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Le jugement Loyola


Cliquez ici pour un accès au jugement complet dans une fenêtre séparée (HTML).


Lire le texte du jugement avec annexe (PDF de 91 pages)


jeudi 24 juin 2010

Accommodements raisonnables : pourquoi les catholiques n'y auraient pas droit ?

Le journaliste d'enquête Normand Lester est en faveur de l'abolition du cours ECR.

Le Loyola High School est une école privée catholique. Les parents y envoient leurs enfants pour qu'ils soient éduqués dans un environnement religieux. Un juge de la Cour supérieure du Québec a décidé que l'institution avait le droit de donner le cours d'éthique et de culture religieuse (ÉCR) dans une perspective catholique. Normal non ? Pas au Québec. Le premier ministre Jean Charest, avec l'appui du PQ et de Québec Solitaire, a annoncé que le gouvernement allait en appeler du jugement. Tout cela va sans doute se rendre en Cour suprême. Il me semble que c'est là un accommodement raisonnable. Est-ce qu'au Québec c'est réservé aux juifs et aux musulmans ? On le dirait. Même si la pratique du catholicisme est en chute libre, les catholiques constituent encore la religion de l'immense majorité de la population. C'est sans doute pourquoi les pédagogues socioconstructivistes qui contrôlent le projet éducatif du ministère de l'Éducation ont le catholicisme dans leur mire. Les valeurs qu'il véhicule sont un des éléments centraux de l'identité québécoise que ces idéologues veulent détruire. Le cours d'Éthique et de culture religieuse (ÉCR) cible directement cette religion. L'ancien ministre péquiste, Jacques Brassard, considère avec raison que ce cours est une horreur : « C'est une macédoine indescriptible qui oblige des enfants de six ans à fréquenter au moins six religions. Jésus, Allah, Bouddha, Vichnou, Ganesh, Jéhovah et le Grand Manitou, c'est toute une ribambelle de dieux qui vont se bousculer dans le cerveau des tout-petits. L'effet recherché de ce cafouillis divin, c'est de relativiser (cela s'appelle le relativisme éthique) l'héritage judéo-chrétien des Québécois. » D'ailleurs, les auteurs du cours ne s'en cachent pas.

[...]

L'objectif du cours est de détruire la culture identitaire dominante du Québec pour reconstruire un homme nouveau, multiculturel et politiquement correct. Ces pédagogues néo-maoïstes ont imposé leur idéologie socioconstructiviste délirante avec la complicité des deux principaux partis politiques québécois. Les libéraux comme les péquistes sont directement responsables du lessivage de cerveaux qu'ont impose depuis 2008 à toute une génération d'enfants québécois. Ce cours est un produit du multiculturalisme trudeauiste et « Canadian » vomit par une majorité de Québécois. Plutôt que le défendre jusqu'en Cour suprême, le gouvernement du Québec devrait tout simplement le retirer du programme.




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Jugement Loyola — silence des évêques catholiques du Québec

Les évêques catholiques du Québec n'ont toujours pas réagi publiquement au jugement « Loyola ».

En sont-ils contents ? Sont-ils heureux qu'ils permettent aux institutions catholiques de présenter le cours ECR dans une perspective catholique et de mieux respecter ainsi le droit canonique de l'Église catholique ? Encouragent-ils les établissements catholiques privés à suivre la voie tracée par le collège Loyola ? Il y a certainement des parents catholiques qui aimeraient le savoir...

Extraits du droit canonique:

  • LIVRE III LA FONCTION D'ENSEIGNEMENT DE L'ÉGLISE
        • TITRE III L'ÉDUCATION CATHOLIQUE (Cann. 793 - 821)
          • CHAPITRE I LES ÉCOLES

CHAPITRE I
LES ÉCOLES

Can. 796 — § 1. Parmi les moyens d'éducation, les fidèles attacheront une grande importance aux écoles qui sont en effet l'aide principale des parents dans leur tâche d'éducateurs.          
        § 2. Les parents doivent coopérer étroitement avec les maîtres d'école auxquels ils confient leurs enfants pour leur éducation; quant aux maîtres, dans l'accomplissement de leurs fonctions, ils collaboreront étroitement avec les parents et les écouteront volontiers; des associations ou des rencontres de parents seront instituées et elles seront tenues en grande estime.

Can. 797 Il faut que les parents jouissent d'une véritable liberté dans le choix des écoles; c'est pourquoi les fidèles doivent veiller à ce que la société civile reconnaisse cette liberté aux parents et, en observant la justice distributive, la garantisse même par des subsides.

Can. 798 Les parents confieront leurs enfants aux écoles où est donnée une éducation catholique; s'ils ne peuvent le faire, ils sont tenus par l'obligaion de veiller à ce qu'il soit pourvu en dehors de l'école à l'éducation catholique qui leur est due.


Can. 799 — Les fidèles s'efforceront d'obtenir que, dans la société civile, les lois qui régissent la formation des jeunes assurent, dans les écoles elles-mêmes, leur éducation religieuse et morale selon la conscience des parents.


Can. 800 — § 1. L'Église a le droit de fonder et de diriger des écoles de toute discipline, genre et degré.
        § 2. Les fidèles encourageront les écoles catholiques en contribuant selon leurs possibilités à les fonder et à les soutenir.

Can. 801 — Les instituts religieux qui ont l'éducation pour mission propre, en maintenant fidèlement cette mission, se dévoueront activement à l'éducation catholique, y pourvoyant même par leurs écoles fondées avec le consentement de l'Évêque diocésain.

Can. 802 § 1. S'il n'y a pas d'école où est donnée une éducation imprégnée d'esprit chrétien, il appartient à l'Évêque diocésain de veiller à ce qu'il en soit fondé.
        § 2. Là où cela est opportun, l'Évêque diocésain veillera à  ce que soient fondées aussi des écoles professionnelles et techniques, et d'autres qui seraient requises par des besoins particuliers.



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École privée qui n'a pas demandé d'exemption pour le cours ECR, mais fait comme Loyola ?

Le Nouvelliste de Trois-Rivières rapporte que l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) n'aurait jamais empêché le Collège Marie-de-l'Incarnation (CMI), fondé il y a 312 ans, de poursuivre sa mission qui s'inspire des valeurs des Ursulines. Le collège n'a pas demandé d'exemption au programme ECR.

On peut cependant se demander si cette satisfaction rapportée ne serait pas due à une mise en œuvre particulière de ce nouveau programme.

Michel Boucher, directeur du collège, explique que l'application obligatoire du nouveau programme est assurée. Il confirme toutefois que de l'enseignement religieux catholique est dispensé à l'intérieur de la formation ECR : « C'est intégré l'un dans l'autre ».

Or cela n'était pas permis (voir Georges Leroux au procès) avant le jugement Dugré !

« Les gens qui sont ici partagent notre projet catholique », soutient le directeur ; mais il rappelle que le collège offre le programme ECR. « Nous, on le teinte de ce qu'on est, une école à vocation catholique ». C'est exactement ce que Loyola demandait à pouvoir faire.

D'ailleurs, il semble qu'il y ait d'autres malentendus entre ce que fait cette institution et ce que le Monopole de l'Éducation considère comme permis. C'est ainsi que la responsable des relations avec la presse du MELS, Ahissia Ahua, affirme que « Les écoles privées ne peuvent pas faire ce genre d'enseignement pendant les heures de classe où elles doivent enseigner les matières obligatoires du Régime pédagogique. »

Ahissia Ahua précise qu'il est possible de proposer de l'enseignement religieux en dehors des heures de classe, comme activité parascolaire ou dans le cadre de programmes complémentaires qui incluent le service d'animation spirituelle et d'engagement communautaire.

« Je suis un peu surpris. J'ai toujours compris que les écoles privées, qui sont presque toutes confessionnelles, avaient l'opportunité de maintenir ce qu'elles ont toujours été », commente M. Boucher avant de souligner que le programme d'initiation aux sacrements est également offert aux élèves du primaire du CMI, à l'intérieur toujours de la grille horaire.

On comprend qu'en adoptant de la sorte le cours ECR et en le combinant avec le cours d'instruction religieuse pour le teinter de catholicisme, cette institution n'ait pas fait de bruit. Il semble bien qu'elle faisait, sans demander la permission au MELS, ce que Loyola s'était vu refuser de la part de ce même Ministère.





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Les écoles privées francophones sont serviles

Lettre ouverte de Louis Dion envoyée à la Presse. L'auteur est directeur général d'un établissement privé à la retraite.
« Il est étonnant de voir les anglo-catholiques mener un combat qui ne semble pas intéresser les écoles privées francophones. Si la Fédération des établissements privés a mené quelque action pour empêcher l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) aux écoles privées, rien n'en a transpiré dans les médias. 
Cette fédération a poussé la docilité jusqu'à encourager les établissements à n'accorder aucune exemption !
En réponse aux propos de la Coalition pour la liberté en éducation, la Fédération des établissements d'enseignement privé rappelle qu'elle a encouragé ses écoles à donner le cours d'éthique et de culture religieuse.

« Nous avons incité nos établissements à offrir ce cours et nous nous sommes engagés dans une démarche de formation assez soutenue. [...] De mémoire, je vous dirais que très peu d'établissements ont reçu des demandes d'exemption, mais nous ce qu'on leur avait indiqué, c'est que, normalement, ils devaient refuser les demandes d'exemption », souligne le directeur des communications de la fédération, Auguste Servant.

(Radio-Canada, le jeudi 25 février 2010 à 14 h 54)
Si on se réfère à certains reportages montrant l'enthousiasme de certains établissements privés dans l'implantation de la réforme, je ne serais pas surpris que la plupart des écoles privées francophones aient implanté ce cours d'ECR avec leur obéissance habituelle face aux ordonnances du ministère de l'Éducation.
Les établissements qui ne donnent pas le cours ECR tel qu'édicté par le Monopole de l'Éducation — et nous en connaissons plusieurs — n'ont aucune raison financière à se faire connaître.
Pourtant, l'école privée francophone a toujours dispensé l'enseignement religieux catholique, certaines n'offrant même pas de possibilité d'exemption. C'est d'ailleurs cette longue tradition qui, à mon avis, a permis au réseau privé québécois francophone de durer et qui, jusqu'à un certain point, justifie sa pertinence. Pourquoi la société subventionnerait-elle des écoles privées qui ne se distinguent en rien des écoles publiques sinon dans le fait d'appliquer mieux qu'elles les diktats des réformes ?

Les écoles publiques brillent dans l'internationalisme, le multiculturalisme et l'écologie. Il n'y a donc pas dans ces avenues de caractère spécifique digne des écoles privées. Les écoles privées francophones, au Québec, n'ont d'avenir que si elles continuent de s'inscrire dans la tradition catholique qui inspira leurs fondateurs. En France, pays de la laïcité absolue, les écoles privées n'existent que parce qu'elles sont catholiques.

Le réseau des écoles privées francophones subventionnées ne veut pas d'affrontement avec le ministère. Il se fait obéissant et servile, croyant ainsi n'être jamais remis en question. Pourtant, plus les écoles privées subventionnées ressembleront aux écoles publiques, moins elles seront pertinentes. »




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mercredi 23 juin 2010

Deuxième journée du procès de Loyola : Gérard Lévesque et Douglas Farrow

La journée du mardi 9 juin 2009 a commencé par le témoignage de l'expert philosophe Gérard Lévesque.

Le mandat que les avocats de Loyola avaient confié à M. Lévesque consistait à vérifier la compatibilité du programme d'éthique et de culture religieuse (ECR) avec l'enseignement catholique.

M. Lévesque a procédé à l'analyse du programme ÉCR sur la version approuvée du programme. Pour éviter que ses considérations ne soient trop abstraites ou paraissent gratuites, il les a abondamment illustrées en se référant a huit (8) des cahiers ou manuels ÉCR.

La question de l'approbation de ces manuels et cahiers a fait l'objet de questionnement. M. Lévesque a dit ne pas savoir vraiment si ceux-ci avaient déjà été en tout ou en partie approuvés, mais il sait qu'ils sont utilisés en classe. En outre, il a dit n'attacher que peu d'importance à cette question d'approbation car il juge que ces manuels tout à fait conformes au contenu prévu par le programme et à l'esprit du programme. M. Lévesque a ajouté que, si des manuels ECR étaient substantiellement différents, ils ne pourraient être approuvés, car ils ne seraient alors pas conformes au programme.


Combien de minutes doivent séparer le cours ECR du cours d'instruction religieuse ?

Petite anecdote amusante tirée du procès Loyola c. Monopole de l'éducation, lors du troisième jour du procès, le mercredi 10 juin 2009.

Lors de son contre-interrogatoire, le témoin gouvernemental, Georges Leroux, insiste pour dire qu'une école comme Loyola a toute la liberté de contredire ou corriger la neutralité du cours d'ECR dans un cours de religion, mais jamais dans le cours même d'ECR.

Me Phillips, avocat du collège, lui demande alors combien de minutes devaient séparer les cours d'ÉCR et le cours de religion...

Le professeur Leroux a répondu qu'il fallait laisser aux jeunes le temps de faire la réflexion voulue par le programme ÉCR...





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