samedi 8 août 2009

École québécoise : l'homoparentalité expliquée aux enfants du primaire par l'État

Article unilatéral du Journal de Québec aujourd'hui où l'on apprend que le gouvernement veut faire tomber les « tabous » de l'homoparentalité dans les écoles primaires du Québec.

Cela devient banal au Québec. Toujours plus de rééducation éducation morale et très peu de nouvelles sur un supplément de discipline et d'instruction factuelle.

L'article nous apprend donc que le Monopole de l’Éducation (MELS) a financé une trousse destinée aux enseignants du primaire de Québec et de Montréal [et les campagnes ?] sur l'homoparentalité qui aurait coûté entre 50 000 $ et 80 000 $ (le montant précis n’est pas encore disponible). Elle comprendrait des documents vidéo, des dépliants et des cahiers d’activités pour les élèves du primaire.

L'absence de trousses pour les écoles des campagnes semble donner raison à Hubert Brin, président de l’Union nationale des associations familiales française qui s'est exclamé en 2002 que « Les familles homoparentales n'existent pas. C'est un débat complètement marginal du microcosme parisien. » Un phénomène très marginal cher à nos « élites » urbaines bobos qui parvient pourtant à attirer l'attention bienveillante du Monopole de l'Éducation.

La Coalition des familles homoparentales très contente

« C’est presque un livre de recettes avec tous les ingrédients pour faire de nos écoles des écoles inclusives et plus ouvertes » a déclaré Manon Boivin de la Coalition des familles homoparentales.

La formation des enseignants viendrait à peine de commencer à Montréal, alors qu’à Québec la première séance est prévue pour le 4 septembre, même si aucune école ne s’est encore manifestée. D'où l'on suppose le petit coup de pouce du Journal de Québec pour attiser l'intérêt envers cet exercice d'« ouverture » envers les familles homoparentales. Pas d'ouverture ni de respect envers des familles croyantes ou non qui réprouvent l'homoparentalité, par contre. Au fait, qui paie pour ces « formations » ?

Aucune critique publiée

Comme à l'accoutumée sur les sujets moraux dans les médias québécois, la journaliste n'a pas jugé bon interroger des gens qui seraient opposés à ce projet gouvernemental « progressiste ». Pourtant que l'on sache beaucoup de groupes religieux s'y opposent...

Rappelons comme le signale la philosophe Sylviane Agacinski que le terme d'« homoparentalité » ne désigne pas le fait, comme veut nous le faire croire certaines associations homosexuelles, pour une personne homosexuelle d'avoir des enfants. Les homosexuels ont depuis des lustres eu des enfants, avec une personne d'un autre sexe, sans avoir besoin de se définir comme « homoparents ». La philosophe française, épouse de Lionel Jospin, poursuit : « On semble ne pas remarquer que la revendication du "mariage homosexuel" ou de l'"homoparentalité" n'a pu se formuler qu'à partir de la construction ou de la fiction de sujets de droit qui n'ont jamais existé : les "hétérosexuels". C'est en posant comme une donnée réelle cette classe illusoire de sujets que la question de l'égalité des droits entre "homosexuels et hétérosexuels" a pu se poser. Il s'agit cependant d'une fiction, car ce n'est pas la sexualité des individus qui a jamais fondé le mariage ni la parenté, mais d'abord le sexe, c'est-à-dire la distinction anthropologique des hommes et des femmes. »

Les études brandies par les associations homosexuelles

D’où les efforts constants des associations homosexuelles pour démontrer à grands renforts d’études “scientifiques” qu’un enfant peut s’épanouir au sein d’un couple homosexuel. Mais là encore, ces études sont à manier avec précaution.

Comme le révélait le magazine Valeurs Actuelles, la quasi-totalité des enquêtes réalisées sur l’évolution des enfants élevés par des couples homosexuels ne démontrent rien. Presque toutes manquent de la plus élémentaire rigueur scientifique nécessaire pour atteindre des conclusions d’un degré de validité acceptable : échantillonnage restreint (de 11 à 38 questionnaires par enquête !) ; le plus souvent membres d’associations gays militantes ; dans la plupart des cas, seuls les parents parlent au nom de leurs enfants.

Ces études consistent à interroger deux ou trois dizaines d’homosexuels militants vivant en couple sur le comportement des enfants dont ils ont la garde et à poser les mêmes questions à un groupe de contrôle (hétérosexuel), en l’occurrence des parents divorcés. L’une d’elle cite le chiffre de 24 pères gays et “non gays”, choisis pour ces derniers dans des clubs de rencontre ! Résultat : les enfants vivant dans un couple homosexuel sont réputés n’avoir pas plus de difficultés de comportement ou d’adaptation dans les deux groupes.

À la vue de ces protocoles douteux, la pédopsychiatre Caroline Eliacheff n’avait pas hésité à dénoncer en 2001 dans la revue Esprit l’instrumentalisation de l’enfant à laquelle une telle démarche pourrait donner lieu. « Enfant à qui l’on fait porter la responsabilité de valider les choix sexuels des parents en “allant bien”. Quand on sait qu’un médecin ne peut délivrer un certificat d’aptitude au sport sans avoir examiné l’enfant [s’il ne l’a pas fait, cela s’appelle un certificat de complaisance], on s’étonne de la liberté que prennent les chercheurs américains de dire quoi que ce soit à propos d’enfants qu’ils n’ont jamais vus. »

Une mise au point salutaire quand on sait que plus de 40 % de ces enfants bénéficient d’un suivi psychologique, comme l’ont démontré en Espagne Monica Fontana, Patricia Martinez et Pablo Romeu dans leur rapport sur le développement de l’enfant au sein de couples de même sexe intitulé Ce n’est pas pareil. Faible estime de soi, stress, trouble d’identité sexuelle, à ces troubles s’ajoutent une plus forte dépendance aux drogues, des dysfonctionnements dans la conduite alimentaire, des mauvais résultats scolaires et des comportements souvent problématiques en classe.

Alors reste la manipulation émotionnelle. « Ne vaut-il pas mieux qu’un enfant vive dans un couple homo que dans un orphelinat ? » Une fois encore, la réponse de la société doit être non, parce qu’il existe beaucoup de couples “hétérosexués” qui souhaitent adopter un enfant et qui n’en trouvent pas ; parce que la question n’est pas de savoir si des homosexuels peuvent être de bons éducateurs, mais si cet homme peut être père et cette femme mère de cet enfant ; parce qu’un enfant a le droit de pouvoir dire : « Je suis le fils ou la fille, adoptif ou non, de cet homme qui a désiré ma mère et de cette femme qui a désiré mon père. » Un homme ne peut être une mère, et une femme un père. Prétendre cela à un enfant, c’est lui faire violence, en l’instrumentalisant pour satisfaire des fantasmes d’adultes. Ce n’est pas le droit des homosexuels qu’il faut satisfaire, mais c’est le droit de l’enfant qu’il faut protéger.

Trousse alternative qui ne plaira ni aux associations homosexuelles ni au Monopole de l'Éducation

Nous suggérons donc au journaliste peu curieux qui ne trouve personne pour critiquer cette trousse sur l'homoparentalité, la lecture de L'Homoparentalité en question — et l'enfant dans tout ça  de Béatrice Bourges paru en 2008 aux Éditions du Rocher. Il s'agit d'une trousse alternative qui, jamais, ne sera subventionnée par le Monopole de l'Éducation et donc nos impôts.

« Mieux vaut être adopté par un couple homosexuel que vivre dans un orphelinat. »

« Le plus important, c’est l’amour »

« Mieux vaut être éduqué par deux homosexuels qui s’aiment que déchiré par deux hétérosexuels qui se détestent »….

Questions brûlantes de notre société en quête de sens, centrée sur l’affectif, débordante de « bon cœur », d'« ouverture » et d'« inclusion ». Tous ces sentiments positifs qui habitent bon nombre de jeunes et moins jeunes, justifient très souvent une acceptation quasi-illimitée de toutes les situations familiales possibles.

Mais, selon Béatrice Bourges, les bons sentiments ne suffisent pas pour justifier certaines situations. Un petit coup d’œil sur de simples chiffres permet souvent de se rendre compte de la réalité des choses.

Béatrice Bourges a réuni et synthétisé dans ce livre des réponses claires à ces questions, réponses souvent éludées ou passées sous silence dans notre société.

L'auteur réussit également à se défaire totalement de toute fougue partisane, ce qui est essentiel, car on ne peut accepter des arguments mêmes sensés s’ils sont posés de manière agressive.

L’on sent tout au long du livre, de la part de l’auteur, un vrai respect pour toute personne, hétérosexuelle ou homosexuelle, autant que pour l’enfant dont on a trop souvent oublié, à force d’en faire l’objet de revendications, qu’il était lui aussi une personne ! Car ne l'oublions pas s'il y a « discrimination », elle touche d'abord les enfants puisque des adultes décident arbitrairement que certains ont droit à un père et à une mère quand d'autres en sont privés.

Un plus : selon une technique lumineusement pédagogique, un résumé succinct en fin de chaque chapitre nous aide à nous remémorer les arguments dont nous venons de prendre connaissance.

Les études scientifiques sur les effets négatifs de l'homoparentalité existent

Sur l'homoparentalité, les études existent et sont nombreuses, elles sont simplement tabous au Québec. La liste ici a été établie par le collectif espagnol anti-lobby homosexuel qui s'est constitué pour affronter les projets néfastes, selon elle, du gouvernement socialiste de Zapapatero sur ce plan.

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire

« À la maison, je m'ennuie ! À la garderie, je suis content ! »
Affiche soviétique des années 30
Le gouvernement britannique a dépensé au cours des sept dernières années 21 milliards de livres (45 milliards de dollars canadiens) sur son programme SureStart (« Départ assuré »), un programme de garderies (maternelles) gratuites pour tous les enfants de trois ans et plus en Angleterre.

D’après une étude de 6 ans réalisée par l’université de Durham et portant sur 35 000 enfants, ce programme n’a eu aucun effet sur les compétences et le niveau de développement des enfants quand ils sont testés à leur entrée à l’école primaire.

Ces résultats confirment l’évaluation du programme SureStart effectuée en 2005; celle-ci n’avait également trouvé aucune amélioration globale chez les enfants des milieux défavorisés qui constituaient les cibles de ce programme à son origine. Depuis 2004, tous les enfants de 3 et 4 ans peuvent s’inscrire dans ce programme d’éducation gratuite destinée à la petite enfance.

Rappelons que des études antérieures ont démontré des désavantages notables liés à une garde trop précoce des enfants d'âge préscolaire. C'est ainsi que le Bureau national de recherche économique, un organisme renommé de recherche des États-Unis, a récemment publié ce qui est l'étude la plus complète et la plus récente sur le système de garderie du Québec. Dans leur résumé, les professeurs d'économie Michael Baker, Jonathan Gruber et Kevin Milligan écrivent que l'introduction de ce programme a eu des conséquences négatives autant sur les parents que sur les enfants:
« [N]ous avons découvert des preuves frappantes que les enfants ont subi des détériorations dans un éventail d'aspects comportementaux et liés à la santé, allant de l'agression aux aptitudes motrices et sociales en passant par la maladie. Notre analyse suggère aussi que le nouveau programme de garderie a mené à des pratiques parentales plus hostiles et moins cohérentes ainsi qu'à une détérioration de la santé parentale et des relations parentales. »

mardi 4 août 2009

Grand concours estival de slogans anti-ECR

Pendant cet été, nous lançons un grand concours de slogans anti-ECR assez courts pour être imprimés sur un tee-shirt, un maillot ou un débardeur.

Pour le devant, le texte doit être très court et tenir dans le losange jaune prévu (voir les photos ci-dessous) tout en étant lisible. Pour le dos du maillot, le texte ne peut pas faire plus de cinq lignes, à nouveau il doit être bien visible.

1er prix : deux (2) maillots avec votre slogan dont vous pourrez choisir la taille et le modèle.

2nd prix : un (1) maillot avec votre slogan dont vous pourrez choisir la taille et le modèle.

Pour participer, laissez vos suggestions dans les commentaires ou écrivez-nous à pouruneecolelibre<arrobe>gmail.com.

À titre d'exemple, voici quelques slogans imprimés sur des tee-shirts de taille moyenne et petite. Les maillots sont 100 % coton et de marque American Apparel.









Large gamme de modèles (tee-shirt avec poche, à manches longues, débardeur, etc.) et tailles.

« Extirper l'hérésie et le blasphème » ?

Nous parlons souvent ici de religion, de religion d'État même quand on aborde le programme gouvernemental obligatoire d'éthique et de culture religieuse — David Mascré et Georges Leroux paraphrasant Tocqueville en ont aussi parlé lors du procès de Drummondville.

Voici que, dans le même ordre d'idée, un ancien candidat du Nouveau parti démocratique (NPD), un professeur de droit de l'Université Western Ontario, Robert Ivan Martin, s’insurge contre une inquisition moderne, une police de la pensée dont la mission serait d'extirper l'hérésie et le blasphème au Canada. Il dénonce dans le même souffle ces caprices qui deviennent aujourd’hui des droits de l'Homme, ces droits que les gens croient avoir de ne plus être froissés par autrui.

De quoi s'agit-il ?

Les commissions canadiennes des droits de la personne

Il s'agit des onze commissions canadiennes des droits de la personne instituée par la Loi canadienne sur les droits de la personne. C'est l'article 13.(1) de celle-ci qui attire toutes les foudres des critiques.
13. (1) Constitue un acte discriminatoire le fait, pour une personne ou un groupe de personnes agissant d’un commun accord, d’utiliser ou de faire utiliser un téléphone de façon répétée en recourant ou en faisant recourir aux services d’une entreprise de télécommunication relevant de la compétence du Parlement pour aborder ou faire aborder des questions susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris des personnes appartenant à un groupe identifiable sur la base des critères énoncés à l’article 3.
Il est important de noter qu'il ne s'agit pas de punir des propos haineux ici, mais la possibilité que des propos puissent être interprétés par un quidam de telle sorte qu'il conçoive un certain mépris envers un groupe fondé sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial, la situation de famille, l’état de personne graciée ou la déficience.

Protéger le droit des minorités de ne pas être froissées par la majorité ?

La formulation du critère « susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris » peut s'interpréter de manière très lâche. C'est ainsi que le Canadian Islamic Congress s'est plaint en décembre 2007 auprès de trois commissions (Ontario, Colombie-Britannique et fédérale) de 18 articles publiés dans le Maclean's de janvier 2005 à juillet 2007 que le Canadian Islamic Congress considérait comme profondément islamophobe. Parmi les 18 articles incriminés s'en trouvait un intitulé « Pourquoi l'avenir appartient à l'islam ».

Dans un article de la Presse, le journaliste Mario Roy écrivait à ce sujet :
« L’extrait de America Alone publié par Maclean’s est en effet largement factuel. Il se propose essentiellement de démontrer que la société occidentale s’effrite et que « l’avenir appartient à l’islam » d’un point de vue surtout démographique, mais aussi politique, psychologique et moral. C’est une démonstration qui a de célèbres précédents : en 1976, dans La Chute finale, l’historien et sociologue Emmanuel Todd avait par exemple prédit, 15 ans avant le fait et uniquement à partir de données démographiques, l’effondrement de la société soviétique. Bref, ceux qui ont lu l’intégralité d'America Alone savent que Mark Steyn est, à tort ou à raison, capable d’envolées beaucoup plus audacieuses. »

« Mais surtout, son exposé est un instantané - pris au grand-angulaire - de la réalité, dont on ne voit pas pourquoi il serait censuré dans une société qui aime se dire libre de paroles et ouverte aux idées ».
Et pourtant, il fut traîné à grands frais devant trois commissions pour se justifier de cet article.

La sélectivité des commissions des droits de la personne est également mise en cause. C'est ainsi qu'en décembre 2008, la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) a rejeté une plainte pour propagande haineuse déposée par Marc Lebuis, éditeur de Point de bascule, contre un imam salafiste montréalais qui estime que les homosexuels et les juifs sèment le désordre sur la Terre et qui relie l’impudeur des femmes non-musulmanes au viol, au sida, à l’éclatement des familles et à la délinquance.

Raisons invoquées par la CCDP pour rejeter la plainde de M. Lebuis ? La majorité des références dans le livre de l'iman salafiste concernent les infidèles, les mécréantes ou les femmes de l’Occident. Il s’agirait de catégories de personnes « très générales et diversifiées » qui ne constituent pas « un groupe identifiable » au sens de la loi. La Commission a reconnu, toutefois, que certains passages des écrits de M. Al-Hayiti visent des groupes identifiables tels que les homosexuels, les lesbiennes, les chrétiens, les juifs et les femmes non-musulmanes. Mais l’organisme fédéral a juge que ces passages précis « ne semblent pas promouvoir la haine ni le mépris ».

Citons la teneur de ces passages (pour plus de détail voir ici) :
  1. Les homosexuels et les lesbiennes doivent « être exterminés », que les sodomites doivent être « décapités ».
  2. Les infidèles (non musulmans) « vivent généralement comme des bêtes » « ils sont des gens pervers, qui adorent la perversité » « qu’ils sont nos ennemis » et « que leurs enfants sont les plus pervers ». Les infidèles veulent « exploiter sexuellement les femmes » et « l’une des pires ignorances ou injustices » pour les musulmans est de considérer les infidèles comme leurs égaux.
  3. Le Christianisme est « est une religion de mensonges » responsable « de la perversité, de la corruption et de l’adultère » dans le monde occidental.
  4. Les juifs « répandent la corruption et le désordre sur la terre ».
  5. Les hommes sont « supérieurs » aux femmes « parce que leur intelligence et leur mémoire sont plus complets[sic] ».
  6. Dans les pays musulmans, les musulmans doivent « humilier et punir » les chrétiens, les juifs, les hindous, les bouddhistes, les athées; ils doivent les obliger à se convertir à l’islam ou « être tués », etc.
L’éditeur de Point de bascule, un site Internet qui dénonce les dérives idéologiques des islamistes, n’en revient tout simplement pas. Selon lui, la décision de la CCDP démontre l’incohérence des commissions fédérales et provinciales chargées de réprimer le discours haineux. « Si vous faites partie d’une minorité, vous pouvez en toute impunité tenir un discours haineux et méprisant envers la majorité. Les normes de tolérance, de respect et de civilité applicables à la majorité ne s’appliquent pas à vous. Si vous faites partie d’une minorité religieuse, vous pouvez en toute impunité propager une idéologie suprématiste et prôner l’extermination d’autres minorités, et même de la majorité, si c’est la doctrine de votre religion », affirme Marc Lebuis.

Mais pas de discours blessant de la part de la majorité

Il en alla tout différemment dans le cas du révérend Boissoin et du père de Valk. En février 2007, le père de Valk éditeur de Catholic Insight (3 500 abonnés) reçut une lettre de la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP). L'enquêtrice Sandy Kozak l'informait que son magazine « était mis en examen pour textes haineux » envers des homosexuels. Le crime du père de Valk : avoir défendu l’enseignement de l’Église sur le mariage au cours du débat sur le mariage homosexuel au Canada, en citant largement la Bible, le catéchisme de l’Église catholique, et les encycliques du Pape Jean-Paul II. Dans d'autres articles, le père de Valk s'opposait au programme des activistes homosexuels en matières sociales, mais, selon le prêtre catholique, « sans s'attaquer aux personnes ».

Un an plus tard, Catholic Insight avait déjà payé 6 000 $ en frais juridiques pour préparer sa défense contre cette plainte pour « textes haineux » sans encore connaître la date de sa comparution devant la Commission. Mais là ne s'arrêtent pas les frais. De Valk a déclaré à la Ligue catholique pour les droits de l’homme que son collaborateur, Tony Gosnach, et lui-même consacrent un « temps énorme » à ce dossier depuis le dépôt de la plainte. « Nous passons sans doute trois jours par semaine, à deux, à nous tenir au courant de ce qui se passe sur ce dossier ».

Si l'iman salafiste ne s'est pas vu poursuivi pour ses propos vigoureux contre les homosexuels, ce ne fut pas le cas d'un conseil des Chevaliers de Colomb qui, en 2005, s'est vu imposer une amende de plus de 1 000 $ par la Commission des droits de la personne de Colombie-Britannique pour leur refus de louer leur salle à un couple de lesbiennes pour leur cérémonie de mariage.

Cinq ans auparavant, la Commission ontarienne des droits avait imposé une amende de 5 000 $ à l’imprimeur protestant Scott Brookie pour son refus d’imprimer du papier à lettres sur le thème de l’homosexualité. Le Tribunal des droits de la personne de la Saskatchewan a condamné Hugh Owans à des milliers de dollars d’amende pour avoir cité des versets de la Bible dans une lettre adressée au journal local. Et le maire Diane Haskett à London, en Ontario, a reçu une amende de 10 000 $ plus les intérêts pour avoir refusé de proclamer une journée de la fierté gaie.

En 2002, la Comission des droits de la personne de la Saskatchewan avait obligé le Star Phoenix de Saskatoon et Hugh Owens à payer chacun 1 500 $ à trois plaignants pour avoir publié trois publicités qui citaient des versets bibliques condamnant l'homosexualité. Cette décision a été infirmée par une cour d'appel, mais quatre ans plus tard.

Il y a quelques mois, un pasteur chrétien, le révérend Stephen Boissoin a été condamné à vie à ne pouvoir exprimer quoi que ce soit de « désobligeant » contre les homosexuels. Rien de « haineux », ni même quelque chose défini par la loi comme de l’« incitation à la haine ». Simplement une critique négative. Un pasteur ne peut donc plus prêcher de sermons sur la sexualité.

Les commissions des droits de la personne : un simulacre de justice

Non seulement les critères de sélection des commissions des droits de l'homme sont-ils à géométrie variable selon le groupe de plaignants et le groupe visé, mais les règles de procédure et la structure des commissions pour les droits de la personne ne respectent pas les règles traditionnelles de procédure équitable :
  1. des tiers étrangers aux présumés délits peuvent malgré tout se joindre à la requête et se plaindre.
  2. Les commissions ont parfois permis aux plaignants d'accéder aux dossiers de celles-ci et de diriger les travaux d'enquête.
  3. La vérité n'est pas une défense.
  4. Les accusés ne peuvent pas toujours confronter leurs accusateurs.
  5. Les normes habituelles pour s'assurer de la validité d'une preuve n'ont pas cours.
  6. La preuve par ouï-dire est permise.
  7. Le gouvernement finance les accusateurs, l'accusé doit se défendre à ses propres frais.
  8. Les accusateurs ne peuvent être condamnés aux dépens s'ils perdent.
(Critiques exposées par le National Post dans l'article « A bit late for introspection » le 19 juin 2008.)

Il n'est pas étonnant avec de telles règles de procédure que la CCDP soit très efficace : en 32 années d'existence, pas une personne inculpée n'a été reconnue innocente. Même Mark Steyn et Maclean's ne furent pas innocentés. Après un grand battage publicitaire au Canada autour de cette affaire, la Commission canadienne a rejeté la plainte après avoir statué qu'il n'était pas nécessaire de demander au Tribunal d'instruire l'affaire.

Maclean's et Steyn ont été traînés devant deux autres commissions, pour les mêmes articles et par les mêmes étudiants, celles de la Colombie-Britannique et de l'Ontario, dont le cadre d'intervention prend modèle sur leur cousine fédérale. Ces deux derniers recours ont été également rejetés après une mobilisation très coûteuse d'une batterie d'avocats et de fonctionnaires. Tout cela pour un article qui n'était pas haineux, mais rigoureux et factuel, certes tout en étant polémique et sans doute offensant pour d'aucuns.

Pas innocenté, mais relaxé parce que célèbre ?

La commission ontarienne a déclaré qu'elle refusait d'accepter la requête parce que le Code du droit de la personne de l'Ontario « n’accord[e] pas à la Commission la compétence juridique pour traiter du contenu des articles du magazine par la procédure de traitement des plaintes ». Dans sa déclaration, la commission en a profité pour condamner moralement Maclean's et Mark Steyn parce qu'« elle dispose d'un droit plus étendu d'exprimer son opinion au sujet des questions qui sont portées à son attention et qui ont des répercussions dans l’optique des droits de la personne. »

La Commission ontarienne après avoir dit qu'elle regrettait de ne pouvoir poursuivre et restreindre la liberté d'expression de Maclean's et de Mark Steyn a invoquer un sacro-saint « dialogue » désormais mis à toutes les sauces : « Il s'agira notamment d’assumer [pour la Commission] un rôle de leadership qui favorisera un débat et un dialogue constructif entre les individus et les organismes intéressés par les questions soulevées par l’islamophobie dans les médias et les moyens par lesquels la Commission, les médias et d’autres peuvent commencer à les résoudre.» Il y a fort à parier que, comme c'est souvent le cas quand un organisme gouvernemental parle de « dialogue », celui-ci serait unidirectionnel et s'apparenterait plus à un ensemble de sermons qu'à un échange d'idées qui puissent faire changer d'idées les bureaucrates.

La Commission poursuivait en se disant « préoccupée par le fait que depuis septembre 2001, les attitudes islamophobiques sont de plus en plus répandues dans la société et que les musulmans sont de plus en plus la cible d'intolérance, y compris un manque de volonté d'envisager un accommodement pour certaines de leurs croyances et pratiques religieuses.

Malheureusement, l'article du Maclean's et d'autres comme lui illustrent bien cela. En décrivant les musulmans comme partageant tous les mêmes caractéristiques négatives, y compris d’être une menace pour « l’Occident », cette expression explicite d'islamophobie perpétue davantage et favorise les préjugés envers les musulmans et d'autres groupes. Une illustration extrême de ceci est une discussion sur un blogue, concernant l'article qui a été porté à l'attention de la Commission qui, entre autres choses, exigeait le massacre, la déportation ou la conversion des musulmans canadiens.»

Et voilà, l'exemple extrême est l'interprétation faite par un blogue qui n'a aucun rapport avec Maclean's et Mark Steyn et c'est pourquoi il fallait inculper ces deux derniers. Peut-on se plaindre auprès de la Commission canadienne pour la logique ?

À l'issue du rejet des recours intentés contre lui et Maclean's, Steyn a critiqué les commissions des droits de la personne au Canada en ces termes « Ils n'ont pas aimé la pression qui accompagnait cette affaire. La vie de ces commissions était bien tranquille : ils châtiaient allègrement des personnes insignifiantes dont nul n'avait jamais entendu parler, tout en accumulant une jurisprudence farfelue qui renversait les principes de notre droit traditionnel et personne ne s'en inquiétait. Dès que ces commissions furent sous les feux de la rampe dans l'affaire Maclean's, leurs simulacres de juge se sont précipités vers la sortie. »

Ezra Levant — Le processus est la punition


Le 11 janvier 2008, Ezra Levant, éditeur d'un magazine d'actualité conservateur, le Western Standard, a subi un interrogatoire de 90 minutes par un représentant du gouvernement albertain. Son crime ? Avoir reproduit les caricatures danoises de Mahomet pour illustrer un article d'actualité. Il fut accusé de « discrimination » et convoqué devant la « Commission des droits de l'homme » de l'Alberta pour être interrogé.

Les contribuables albertains auraient payé plus de 500 000 % pour cette enquête qui a mobilisé pendant près de 900 jours près de quinze (15) bureaucrates à la Commission des droits de la personne de l'Alberta alors qu'Ezra Levant et son magazine déboursèrent 100 000 $.

Comme Ezra Levant l'a dit, le processus est la punition du système : il est long, très coûteux, l'inculpé paie toujours de sa poche même s'il est innocent, l'accusateur ne débourse pas un sou, les règles de droit traditionnel ne s'appliquent pas, même si ce que l'accusé a déclaré est vrai, il peut quand même être reconnu coupable.

M. Levant, dont le magazine a fait faillite à la suite de la publication de ces caricatures, raconte ses mésaventures — et celles de compagnons d'infortune — aux mains des commissions sur les droits de la personne dans son dernier ouvrage Shakedown.

Richard Warman, accusateur professionnel et ex-employé de la CCDP


Il faut ici encore parler de Richard Warman, l'accusateur professionnel de la CCDP.



Tactique préférée de Richard Warman : se faire passer sur Internet pour un raciste pour ensuite accuser le site qui affiche ses commentaires de raciste.

Au début de 2008, cet ancien employé de la CCDP s'en est allé à la recherche de connexions sans fil ouvertes à Ottawa pour qu'il puisse poster des commentaires racistes, sous différents pseudonymes, sur des sites prétendument racistes pour ensuite porter plainte auprès du CCDP et accuser le propriétaire de ces sites d'être un raciste ! Chaque fois que Warman s'est adressé à la CCDP, il a gagné et a encaissé de coquettes sommes en dommages et intérêts. Jolie arnaque. Entretemps, la pauvre poire qui avait laissé sa connexion ouverte a vu son nom mentionné en plein tribunal, puis dans les journaux, comme étant l'auteur des commentaires racistes.

Pour en savoir plus sur Richard Warman, lire le site qui lui est consacré.


La Commission canadienne des droits de la personne dit vouloir se réformer

Les commissions des droits de l'homme semblent être allées trop loin. Elles ont trouvé devant elles des journalistes de talent comme Ezra Levant et Mark Steyn et le plus grand magazine d'actualité du Canada. Depuis lors, les critiques à leur égard ne cessent au Canada anglais (le Québec, havre du correctivisme politique béat ne s'intéresse pas à cette question).

En 2008, la CCDP a demandé au professeur de droit de l'Université de Windsor Richard Moon de préparer un rapport sur le mandat de la CCDP et de l'article 13 de la Loi sur les droits de l'homme. En novembre 2008, Moon a publié son rapport dans lequel il recommande que l'article 13 soit abrogé de sorte que les poursuites pour discours haineux ne soient plus que du ressort du droit criminel où les règles de droit sont garanties.

Selon Moon, « l'utilisation de la censure par le gouvernement doit se limiter à une catégorie très restreinte d'opinions extrémistes qui menacent, recommandent ou justifient la violence contre les membres d'un groupe identifiable. »

À la suite du dépôt du rapport Moon, la commissaire (Mark Steyn écrit « Commissar » à la soviétique) en chef de la Commission canadienne des droits de la personne, Jennifer Lynch, s'est dite prête à modifier l'application de l'article 13.1, mais s'est opposée à son abrogation et a soumis son propre rapport où elle recommande de préciser juridiquement ce que constitue un texte haineux sur internet et de ne plus condamner systématiquement l'accusé (même innocent) aux dépens.

Dans un article du Globe and Mail le 12 juin, Mme Lynch déclarait qu'elle avait déposé son rapport afin d'alimenter un « débat équilibré ». Le même jour, la chaîne de télévision CTV l'avait invitée à débattre avec Ezra levant au sujet des commissions des droits de la personne sur Powerplay, une émission très suivie. Que fit Mme Lynch ? Elle refusa de dialoguer avec M. Levant, puis tenta de le faire désinviter. Quand cela ne marcha pas, elle envoya un de ses mignons (un M. Dufresne) avec des consignes strictes&nbsp: parler à la même émission, avant M. Levant, et ne pas débattre avec lui. Voilà, un dialogue équilibré.

Kathy Shaidle résume ce « débat » de la sorte : « Le censeur officiel du Canada essaie de censurer un débat télévisé sur la censure. »

(Voir l'Émission Powerplay en question ici.)

Comme on l'a vu au début de ce billet, une commission parlementaire fédérale se penche actuellement sur l'article 13.1 de la Loi canadienne sur les droits de la personne. Faut-il l'abolir comme plusieurs le recommandent ?

Ce n'est évidemment pas l'opinion de Jennifer Lynch. Celle-ci a réagi violemment à ces critiques lors de la conférence (15 juin 2009) de CASHRA, l’Association des institutions de défense des droits de la personne.

Le National Post a publié un article de près d'une page qui reproduit des extraits de son allocution et la dissèque.

Mme Lynch accuse « Les critiques du système de droits de l'homme de manipuler l'information et représenter sous un faux jour le travail des commissions pour promouvoir leur point de vue, c'est-à-dire que les commissions et les tribunaux des droits de l'homme ne servent plus à rien .»

Comme le National Post le souligne, « dire que ces commissions ont fait leur temps et ne remplissent plus leur mission originelle est un argument parfaitement légitime. Il est clair que Mme Lynch n'est pas d'accord, mais elle ne jugera pas de la chose en dernière instance. Mais on peut la pardonner de le penser. En effet, la CCDP est habituellement à la fois enquêteur, procureur et juge quand elle traite les plaintes contre le racisme et les propos haineux. En outre, la Commission décide ce qui constitue la haine imprimée ou parlée. Il n'est dès lors pas étonnant que Mme Lynch ne comprenne pas pourquoi elle devrait tolérer ceux qui veulent mettre fin aux commissions des droits de la personne. Dans son travail quotidien, elle peut se débarrasser de ceux qui ne sont pas d'accord avec elle en définissant leurs propos comme haineux, alors pourquoi ne pourrait-elle pas le faire dans un débat public sur les droits des citoyens et ceux qui devraient les protéger ? »

À Ottawa, la commission parlementaire continue à se pencher sur les commissions des droits de la personne au Canada.

Témoignage de M. Langtry du CCDP et de M. Borovoy de l'Association canadienne des libertés civiles

Voir aussi Faut-il continuer à réprimer les propos qui peuvent exposer à la haine ou au mépris, des « pré-crimes » ?

lundi 3 août 2009

Grande-Bretagne — des dizaines de milliers de familles sous caméras de surveillance

Le Daily Express de Grande-Bretagne nous apprend que le secrétaire d’État aux enfants (« Children’s Secretary », le terme est aussi bizarre en anglais qu’en français) prévoit mettre sous caméras de surveillance, dans leur propre maison, 24 heures sur 24, 20 000 familles à problèmes.

Elles seront surveillées pour s’assurer que les enfants vont à l’école, se couchent à l’heure et mangent des repas équilibrés.

Des agents de sécurité effectueront également des rondes pour inspecter les maisons. Les parents recevront des conseils pour combattre la dépendance à l’alcool et aux drogues.

Environ 2000 familles ont été soumises à ces Projets d’intervention familiale jusqu’à ce jour.

Mais les ministres britanniques veulent élargir l’opération et cibler 20.000 autres familles pendant les deux prochaines années. Chaque famille coûte entre 5.000 et 20.000 £, la facture totale pouvant donc s’élever à 400 millions de livres soit plus de 720 millions de dollars canadiens.

Demande d'exemption au cours d'ECR (2009-2010)

Formulaire d'exemption au cours d'ECR pour l'école publique pendant l'année scolaire 2009-2010. Cliquez sur l'image.



Vous pouvez modifier la demande d'exemption à votre guise en modifiant le fichier MS Word.

Pour l'école privée, [PDF] [MS Word] .

Pour l'école publique en anglais, [PDF] [MS Word] .

Et l'école privée en anglais, [PDF] [MS Word].

dimanche 2 août 2009

Manifestation « spontanée » de vivre-ensembleMC métissé, la ministre de l'Immigration passait par là par hasard

MM. Bouchard et Taylor peuvent être fiers. Montréal suit « spontanément » les recommandations de leur rapport très officiel en matière de relation multiculturelle. Car ne voilà-t-il pas, comme nous l'apprenait les médias, que des « réunions dansantes improvisées — flash mob en anglais — se multiplient depuis la mort subite du "roi de la pop" » (à la une du Devoir !) et le 27 juillet c'était le tour de Montréal. Une centaine de personnes se sont réunies pour danser Beat it! de Michael Jackson. Le Devoir, le 29 juillet, soulignera la composition « métissée » de la troupe de danseurs.

Rappel des deux recommandations du rapport Bouchard-Taylor qui visent à promouvoir le multiculturalisme :
« D1   Que l'État entreprenne une vigoureuse campagne afin de promouvoir l'interculturalisme au sein de notre société, afin qu'il soit davantage connu.

[...]

D3   Que l'État encourage sous toutes sortes de formes les contacts interculturels comme moyens de réduire les stéréotypes et de favoriser la participation et l'intégration à la société québécoise. »
Le tout d'une excellente pédagogie pour les jeunes Québécois, associant métissage, fête, immigration et réjouissance prétendument populaire. On pourra en parler en classe comme d'un exemple de cette merveilleuse courtepointe québécoise métissée qui se construit grâce au dialogue et à la tolérance.

Le thème de la courtepointe métissée est récurrent dans les manuels CEC du primaire. Selon les auteurs, « des morceaux de courtepointe [parsemés dans le texte des manuels] nous rappellent que la diversité permet de faire un tout harmonieux »

Selon le communiqué des organisateurs, « L'hommage dansé a été répété à quatre reprises durant l'après-midi. Les quatre mini-performances d'une durée d'une minute quarante (1 minute 40) ont eu lieu à différents endroits. Les danseurs ont fait un arrêt à la Place des Arts, au parc Square Victoria, à la Place Jacques-Cartier et sur les Champs-de-Mars. »

On en a donc beaucoup parlé et Radio-Canada a joué son rôle machinal de caisse de résonance du métissage heureux. Étrangement les médias n'ont quasiment pas parlé de la réalité de certains quartiers ethniquement mixtes : la fuite des Québécois de souche et la lente constitution de ghettos. Il faut dire que là aussi la police montréalaise adopte des solutions « fun » pour se rapprocher des jeunes des communautés ethniques, comme cette voiture couverte de graffiti.

 


Mais voilà, il y a un hic avec cette belle manifestation multiculturelle spontanée et fort bien organisée qui a même produit un communiqué remis aux médias. Dès le 27, plusieurs carnetiers comme Fagstein et Julien Cayer se sont demandé ce qu'il y a de spontané lorsqu'une troupe de danse est présente, les médias sont avertis, la ministre québécoise de l'Immigration et des Communautés culturelles, James (ci-contre) effectue une visite « surprise », se trémousse sur la musique de Jackson ! Une surprise annoncée est-elle vraiment une surprise ? Notons aussi quelle ministre était présente, pas celle de la culture, mais bien celle de l'immigration et des minorités ethniques.

Mais là ne s'arrête pas la « supercherie », comme le signale le carnetier Carl Bergeron, « le même Devoir, tout penaud, nous apprenait le lendemain que ledit “événement” avait été planifié par trois agences de communication et n’avait rien d’improvisé. Il était douteux, en effet, que la ministre de l’Immigration pût se trouver par hasard au cœur d’un “flash mob”, organisé comme par hasard par des jeunes des “minorités visibles”, et auquel participera comme par hasard un policier noir du SPVM, accessoirement doué pour le breakdancing de rue — tous ces hasards se recoupant comme par hasard. »

Est-ce que ces agences de communication ont fait ce travail gratuitement ? Si ce n'est le cas, qui les a payées ? D'après Sylvain Grand’Maison, « [e]n fouillant sur le site FaceBook de l’événement et sur le web, on découvre qu’une troupe de danse métissée aurait été engagée, que le Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) a été mis à profit, que Solotech assurait la sonorisation, que Location Jean Légaré fournissait les véhicules de transport, qu’on avait aussi recruté des vidéastes et photographes officiels, que le Ministère de l’Immigration aurait possiblement [il serait bon de savoir si c'est le cas] commandité l’événement et que 3 firmes de communications ont participé au battage médiatique dont Papyrus communications et Style communications. C’est un peu gros. »



Notez que cette vidéo « spontanée » est de Tourisme Montréal (si on en croit la chaîne YouTube qui l'héberge). Tourisme Montréal qui semble axer sa communication vers l'aspect « fun », lesbien, gay, travelo, épicurien, multiculturel et métissé de Montréal.

Visite d'un bar de travelos Gay Pride Caméra web dans le village gay
Évidemment, cette vision hédoniste de la vie à Montréal se heurte à une réalité souvent passée sous silence. C'est ainsi que l'étude internationale réalisée par le magazine Monocle sur les villes du monde où il est le plus agréable de vivre a vu Montréal se classer 19e sur 25, reculant de trois places par rapport à l'année dernière, les résultats de la métropole québécoise sont plombés par le nombre de meurtres et de cambriolages.

samedi 1 août 2009

Critique laïque (Le Devoir) à la lecture de manuels ECR

Christian Rioux a lu quelques manuels et cahiers d'éthique et de culture religieuse, c'est bien. Mieux, M. Rioux ne produit pas l'article apologétique obligatoire au Devoir dès qu'on parle d'ECR. Ce fut encore le (comique) cas quand Louis Cornellier revint sur le cours d'ECR au détour d'une recension d'un livre sur la figure aujourd'hui mythifiée (il est pour le métissage !) du coureur des bois pour placer sa petite pique : « Les coureurs des bois n'auraient pas eu peur du cours d'ECR. » Remarque assez cocasse quand on se rappelle que ces trappeurs étaient souvent rebelles et libertaires et qu'il est fort douteux qu'ils eussent apprécié l'imposition d'un cours unique par un monopole étatique.

M. Rioux a déjà analysé avec originalité et bon sens les nouveaux manuels d'histoire. Nous reproduisons ci-dessous son article avec quelques commentaires de notre part.

Le créationnisme à l'école ?

Le titre du Devoir nous a fait sourire. En effet, dans le cadre du procès de Drummondville, lors des interrogatoires hors cour, un des avocats du Monopole de l'Éducation s'est exclamé que si les parents pouvaient choisir la formation spirituelle de leurs enfants plutôt que de se voir imposer le cours gouvernemental ECR, on en viendrait à enseigner le créationnisme dans les écoles publiques. Ce à quoi l'avocat des parents a répondu que c'était justement le cas dans les manuels approuvés d'ECR en citant le cas de plusieurs récits créationnistes dont celui du Grand Lièvre.


Grand Lièvre, créateur du monde, dans le matériel didactique de Modulo et CEC
Cliquez sur une vignette pour voir le détail
Activité 2e primaireCasse-tête Grand Lièvre CECGuide CEC de l'animatriceManuel enfant, 3 e primaire Modulo
J'ai toujours eu un faible pour les manuels scolaires. Quand j'étais sur les bancs de l'école, je conservais les miens avec soin et refusais de m'en séparer à la fin de l'année. Quand les professeurs étaient ennuyants, ce qui arrive dans les meilleures écoles, je me perdais dans leurs pages, conscient que des trésors inestimables s'y cachaient.

Les manuels étaient alors essentiellement des ouvrages de référence. À cette époque, les pédagogues n'avaient pas encore tout envahi. Je ne sais pas si je prendrais le même plaisir aujourd'hui, moi qui ai horreur des mises en situation et de toute cette pédagogie qui juge les enfants trop stupides pour comprendre quelque chose tant qu'ils ne l'ont pas rencontré dans leur vie quotidienne. Cette glorification du « vécu » n'est rien d'autre qu'une forme de mépris.

Récemment, j'ai eu la chance de feuilleter quelques manuels du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse. Je recommande cet exercice à tous ceux que ce nouveau cours inquiète. Certains y trouveront matière à se rassurer. D'autres à s'inquiéter encore plus.
C'est également ce que nous pensons : ce cours divise, le libre choix s'impose donc.
J'ai d'abord eu le sentiment de retrouver les bons vieux cours de morale d'une autre époque. La trame n'est guère différente. On y décline tous les poncifs de ce qu'il faut faire ou ne pas faire pour vivre en société, être gentil avec son prochain, aimer sa grand-mère, sa matante et son chien. Les manuels regorgent de bonnes âmes qui aident le pauvre monde, militent dans des ONG, plantent des arbres et font du recyclage. Partout transpire la nouvelle morale des prêtres laïcs de l'État québécois. Celle que l'on retrouve d'ailleurs dans toutes les matières.
Oui, ce correctivisme moral, écologique et politique est omniprésent, mais le cours ne prône pas grand-chose comme valeurs si ce n'est la « tolérance » envers les minorités (immigrants, autochtones,...) et l'écologie fortement associée aux amérindiens, il laisse les enfants découvrir des valeurs communes dès le primaire (cette punition est-elle juste ? discutez-en.) Le programme et les manuels ne proposent rien au niveau moral quand il s'agit de considérer des sujets plus controversés et pour lesquels les religions proposent des conduites. Il suffit de penser à l'avortement, au clonage, à l'euthanasie, aux drogues, l'homosexualité, ou l'infidélité. Tout devient légitime là. Les Béatitudes chrétiennes sont traitées dans le même chapitre que l'usage des drogues (ERPI), sans que les unes ne soient préférées aux autres.
Heureusement, ces manuels contiennent une foule de renseignements sur les traditions religieuses les plus diverses. J'ai même cru deviner que certains éditeurs tentaient ainsi de combler de leur mieux le vide laissé par les nouveaux programmes en matière de culture générale. Ceux qui auront le courage de passer par-dessus le moralisme sirupeux qui transpire à chaque page trouveront probablement le moyen d'y apprendre quelque chose.
C'est vrai pour les deux manuels approuvés au secondaire (CEC et Grand Duc), nettement moins pour les manuels du primaire ou les cahiers du secondaire souvent mal faits et très partiaux.

Il demeure ensuite tout le problème lié au fait que les manuels présentent toutes ces religions et même des contes animaliers (le Réveillon des souris suit sans transition la Nativité) sur le même pied. Plusieurs parents s'inquiètent aussi de la présentation chronologique (voir manuel Grand Duc, secondaire IV) des religions qui aboutit sur les mouvements contemporains, à savoir l'athéisme et les sectes, comme s'il s'agissait d'une évolution inéluctable, sans présenter la réponse des grandes religions à ces mouvements contemporains.
Toutes choses qu'il aurait pourtant été préférable d'offrir dans un cadre plus neutre et plus riche culturellement, celui de véritables cours d'histoire, de littérature et de géographie humaine donnés par des enseignants formés dans ces disciplines.
Exact, c'est ce qui se fait en France, mais il y a alors nettement plus de faits et moins d'appels à une tolérance gnangnan et de rectitude politique. En outre, ces faits religieux (parler de l'islam et du christianisme lors d'un chapitre sur les croisades, parler du récit de Job avant d'analyser le fameux poème de Victor Hugo) sont nettement plus ancrés dans la réalité française puisqu'on parle principalement de l'histoire française et de la littérature française. Exit (pour les puristes exeunt) les longs développements sur les spiritualités autochtones, les spiritualités extrême-orientales et les wiccans.

Partie du sommaire du livre d'histoire de Hachette de 2de (secondaire IV à V) du programme français, bordé d'un liseré bleu ce qui traite du christianisme, vert pour l'islam, certains sujets mixtes (Espagne mozarabe, comparaison mosquée et église).

L'étranger qui découvrira le Québec en feuilletant ces manuels en sortira pourtant avec une étrange image de ce que nous sommes. Il sera convaincu que les populations issues de l'immigration récente représentent près de la moitié de la population. Pas une illustration, pas une photo où le « politbureau » (c'est ainsi que certains éditeurs surnomment les responsables des manuels au MEQ) n'ait imposé sa vision multiculturelle du Québec. Impossible, à travers ces images étriquées, de deviner que les Québécois dits de souche forment encore 80 % de la population québécoise.
Exemple d'avis du Bureau d'autorisation du matériel didactique sur un manuel de physique :
« SCIENCES PHYSIQUES 214 - ENVIRONNEMENT PHYSIQUE

Initiation à l'étude scientifique de l'environnement (3e édition)

Note : La manière de représenter l'ensemble des personnages féminins et ceux rattachés aux diverses minorités est inadéquate.»
Le Québec semble s'y résumer à une multitude de groupes ethniques qui coexistent les uns à côté des autres. On ne se surprendra pas que certaines écoles aient proposé aux élèves de redessiner le drapeau québécois pour le rendre plus multiculturel. Dans ce Québec imaginaire, tout le monde semble aussi avoir une religion. D'ailleurs, un chapitre du site Web de l'éditeur Lidec destiné aux élèves de la première année du secondaire s'intitule « Youpi ma religion à moi ! » Bien malin qui devinera que le Québec est l'une des sociétés les plus sécularisées d'Occident où les églises sont vides, quand elles n'ont pas été transformées en condos.
Intéressant ce point de vue, une personne religieuse réagit évidemment de manière totalement différente à cette activité quasi sacrilège pour lui.
La « mort de Dieu » proclamée depuis deux siècles par tous les philosophes ne semble pas avoir effleuré l'esprit des concepteurs de ce programme. Les agnostiques et les athées sont évidemment les grands perdants de cette opération. Ils n'ont d'ailleurs droit qu'à quelques rares paragraphes, avec de petites photos de Marx ou de Camus.
Oui, les athées peuvent être peu satisfaits. Voir aussi « So many religions ! Yeah ! »
Les sections consacrées aux récits de la création du monde sont parmi les plus riches et les mieux documentées. Sauf que l'angle essentiellement religieux et «tolérant» du programme force les auteurs à fuir comme la peste les théories scientifiques de la création.
M. Rioux a dû surtout consulter les quatre manuels CEC du primaire, c'est nettement moins vrai au secondaire (mais il n'y a que deux manuels approuvés) et dans les manuels Modulo du primaire.

Le Big Bang dans le manuel de 3e primaire de Modulo
Cliquez sur les vignettes pour les agrandir
Notons que c'est un prêtre belge, professeur à l'U.C.L. et diplômé du M.I.T., Georges Lemaître, qui est à l'origine de la théorie du Big Bang (mais non de son nom), il y voyait un parallèle avec le « Que la lumière soit » de la Genèse.

Voir aussi cet enregistrement pris sur le vif dans une école, trente élèves et un professeur y « dialoguent » autour des récits de la création du monde et rient parfois de certains de ceux-ci.


Rassurons M. Rioux, le « dessein intelligent » n'est qu'un créationnisme déguisé, manuel Tête-à-tête, Éditions Grand Duc, secondaire IV, p. 187, approuvé début 2009.

Le manuel de quatrième année intitulé Autour de nous (CEC) consacre plusieurs pages aux légendes égyptiennes, vikings, africaines et mêmes unalit (une tribu inuit). Mais il ne contient pas un mot sur Darwin ! Les auteurs poussent la naïveté jusqu'à demander à des élèves de neuf ans comment, selon eux, ont été créés les premiers êtres. Tout cela après avoir soigneusement évité de mentionner que la science avait elle aussi tenté, tant bien que mal, de répondre à la question. On pourra bien rire des créationnistes américains après cela! Le pape lui-même a pourtant affirmé que « la théorie de l'évolution est plus qu'une hypothèse ».

De toute façon, la tolérance n'impose-t-elle pas de « se montrer respectueux des autres et de leurs différences, quelles qu'elles soient »? C'est ce qu'affirme en toutes lettres le manuel Faire escale, aux éditions Lapensée. Vous avez bien lu : « quelles qu'elles soient » ! Il est difficile d'être plus clair. Faut-il en conclure que seuls les intolérants dénoncent la burqa, le créationnisme, la polygamie et l'excision ?
M. Rioux a raison de s'insurger de ce « quelles qu'elles soient » dans les domaines qui lui tiennent à cœur, il ne lui reste plus qu'à comprendre que le traitement des religions toutes considérées comme bonnes et tout aussi légitimes les unes que les autres offusque les parents croyants de la même manière. Encore un petit effort.

Prière d'une agnostique envoyée au Devoir

Prière d'une agnostique envoyée au Devoir :
Il paraît redoutable et périlleux, après avoir lu la chronique du 31 juillet de Christian Rioux [voir le billet précédent], de laisser ses enfants suivre le nouveau cours d'éthique et culture religieuse. Les pauvres chéris, tout en étant surprotégés dans leur intégrité physique, seront, semble-t-il, soumis, en plus de tous les brassages publicitaires qu'ils subissent dès le plus bas âge, à une mise à l'épreuve quasi surhumaine de leur liberté de penser. Si même le ministère de l'Éducation s'ingénie à prendre part au lavage de cerveau des futurs citoyens, une violence sans effusion de sang ni ecchymoses, on n'aura bientôt plus qu'à se mettre à prier et à implorer je ne sais quel saint pour s'éviter le pire.

France Marcotte, Montréal

jeudi 30 juillet 2009

Les parents voudraient avoir leur mot à dire...

Aveu intéressant de la part de l'inénarrable journaliste laïciste Jean-Philippe Pineault, sur le site des journalistes en grève du Journal de Montréal, Rue Frontenac :
« Des parents d'élèves et le ministère de l'Éducation se livrent à une bataille judiciaire depuis la mise en place du nouveau cours obligatoire d'éthique et de culture religieuse. Ce cours, qui met en relief les grandes religions de la planète au cours de l'histoire, a soulevé l'ire de certains parents qui veulent avoir leur mot à dire sur l'enseignement moral et religieux transmis à leur progéniture.

Auparavant, les parents avaient le choix entre les programmes d'enseignement moral et catholique et protestant. »
Voilà qui, au moins, a le mérite de la franchise : les parents n'ont plus leur mot à dire sur l'enseignement moral et religieux transmis à leur progéniture à l'école.

On passera sur les imprécisions dont est coutumier ce folliculaire : un collège privé s'est également opposé à cette imposition par le Monopole de l'Éducation, enfin le cours ne fait pas que mettre en relief les grandes religions de la planète au cours de l'histoire. En effet, il sélectionne ces religions (certaines sont minuscules comme les spiritualités autochtones), ordonne leur fréquence d'étude, les analyses sous un aspect superficiel, décrète que toutes sont légitimes, prône l'ouverture et le respect des opinions d'autrui en éthique et donc ne présente pas de valeurs au-delà d'une vague tolérance, ce qui lui a valu d'être qualifié de relativiste ou de subjectiviste.