dimanche 3 mai 2009

Création d'une école catholique non subventionnée à Québec ?

Un comité de 5 personnes s’est réuni le 30 avril à Québec dans l'intention d'explorer la fondation d'une école catholique indépendante non subventionnée.

Le comité de fondation s’était déjà réuni le 25 janvier dernier pour discuter de la fondation de la future école qui portera le nom de Notre-Dame des Écoles de Québec. Le comité avait alors reçu la bénédiction du cardinal Marc Ouellet en sa cathédrale. Il a également l’appui de l’Association Notre-Dame des Écoles, fondée par le Mgr Ouellet pour promouvoir ainsi une éducation fidèle au magistère de l’Église catholique.

Interrogé sur les raisons qui ont poussé ces parents à envisager une école non subventionnée, M. Bertrand Cloutier, président du comité de fondation, a déclaré que la raison principale qui poussait ces parents à ce grand sacrifice financier était de créer un environnement où les valeurs évangéliques pouvaient être vécues et comprises par l'exemple. L'école serait ainsi le prolongement de la maison en matière d'éducation.

Pour M. Cloutier, cette initiative vise à créer un grand nombre de petites écoles à échelle humaine et à s'éloigner de la massification des écoles publiques ou privées subventionnées. À ce stade, l'ouverture de Notre-Dame des Écoles de Québec n'est pas prévue avant la rentrée 2010.

Si ces écoles se voudront plus humaines et chercheront à présenter une anthropologie digne de l'homme et de sa finalité, il ne sera pas question de compromettre la qualité d'enseignement dans les matières obligatoires.

En sus des matières obligatoires imposées par le Monopole de l'Éducation du Québec — contrairement à de nombreux autres pays démocratiques comme la France ou l'Angleterre les écoles privées non subventionnées québécoises sont tenues de suivre par le menu le programme du gouvernement — ces écoles enseigneront des cours de religion solidement ancrés dans la doctrine catholique et les quatre piliers de la catéchèse. Il faut sans doute lire ici, en filigrane, une critique de ce que sont devenues les écoles privées dites catholiques subventionnées où l'animation pastorale catholique a été remplacée par une animation spirituelle et à l'engagement communautaire qui réserve une partie congrue à une spiritualité de plus en plus diffuse devant un engagement communautaire souvent très politiquement correct.

Selon M Cloutier, qui est lui-même enseignant dans une école catholique subventionnée, il n'est pas exclu que d'autres cours s'ajoutent au programme officiel afin d'assurer aux élèves une éducation plus complète.

M. Cloutier s'est dit inspiré dans sa réflexion sur la refondation d'une école catholique par le livre Refonder l'école catholique de Jean-Daniel Nordmann publié il y a quelques années aux éditions Ad Solem.

Relativisme, déracinement et constructivisme, visiblement les critiques turlupinent les pères du cours ECR

Les critiques portées contre le programme d'éthique et de culture religieuse, tant par le MLQ, les jeunes nationalistes de l'IRQ et les membres de la CLÉ semblent faire mouche.

En effet, les pontes subventionnés par nos impôts qui nous ont pondu le cours ECR se sont réunis en décembre dernier pour le 5e forum Éthique et culture religieuse. Au centre de leurs discussions : le relativisme, la possibilité de concilier enseignement et ne pas donner de réponses, comment passer une culture en évitant le prétendu piège du « nous » opposé aux autres. On reconnaît là les critiques faites au cours d'ECR.

Visiblement, ces critiques semblent assez troubler les pontes du Monopole — dont certains sont experts ou témoins dans les procès à venir contre l'imposition du cours d'éthique et culture religieuse — qu'ils en ont fait les thèmes centraux de leur colloque subventionné :
  1. Comment être objectif et impartial sans tomber dans le relativisme ?, par M. Daniel Weinstock, de l’Université de Montréal ;
  2. Comment respecter l’identité de chacun tout en recherchant le bien commun ?, par M. Georges Leroux, de l’UQAM ;
  3. Comment enseigner sans donner de réponses ?, par M. André Lacroix, de l’Université de Sherbrooke ;
  4. Comment être un passeur culturel tout en évitant le piège du nous… et les autres ?, par Mme Marie-Paule Desaulniers ;
  5. Ethic and Religious Culture: How Does One Promote Its Relevance While Avoiding Relativism?, par M. Spencer Boudreau, de l’Université McGill.
Aucun critique dissident ne semble avoir été invité « pour favoriser la recherche commune d'une solution "correcte" dans un dialogue respectueux », pour paraphraser M. Georges Leroux.

La base a parlé : motion rejetée à 95 % au 2e Forum jeunesse de l’archidiocèse de Québec

L’archidiocèse de Québec tenait son 2e Forum jeunesse en fin de semaine.

La Commission permanente de la jeunesse, l’équipe de pastorale jeunesse et des vocations du diocèse de Québec ainsi que le Centre Québec IXTHUS, qui fermera bientôt ses portes, organisaient l’événement.

Radio Ville-Marie avait pu mettre la main sur la liste des propositions ayant reçu le plus grand nombre de votes, parmi lesquelles en 5e position celle-ci qui avait trait à l'éducation :
« Que l'Église catholique de Québec, au premier chef son Archevêque, tout en prônant une laïcité ouverte, appuie sans équivoque les visées principales du cours d'éthique et culture religieuse qui sont de préparer les élèves à vivre dans une société pluraliste et de développer chez eux le respect de la différence. »
Selon nos informations, la motion a été rejetée ce dimanche par 95 % des votants.

Voyons si Radio Ville-Marie parlera maintenant de cette défaite cuisante pour les gens qui se disent catholiques et pro-ECR après avoir fait leur publicité.


Écrire courtoisement à Radio Ville-Marie
auditoire@radiovm.com

vendredi 1 mai 2009

« Libre choix », la chanson de la CLÉ

Mme Isabelle Maréchal avait déjà joué un court extrait de cette chanson lors de sa dernière émission dominicale. Nous avons réussi à mettre la main sur la chanson au complet.


Faites connaître la chanson, écoutez-la sur votre baladeur, faites-la diffuser sur une radio locale : télécharger le MP3.

mercredi 29 avril 2009

« Vous avez dit consensus, M. Charest ? »


Lettre ouverte publiée dans la Tribune de Sherbrooke de ce mercredi (p. 19) :

M. Jean Charest,

Samedi dernier, à propos de la marche des parents qui revendiquent le droit de choisir pour leurs enfants, dans le cadre du cours Éthique et culture religieuse, vous avez dit : « Alors à mes yeux à moi, c'est le bon choix et j'ai la conviction que c'est également le reflet d'un consensus parmi la population ».

Comment pouvez-vous parler de consensus lorsque tous les sondages démontrent que la majorité demande le choix ? Vous tenez compte des sondages pour déclencher des élections, mais pas lorsqu'il s'agit du respect des droits des parents de choisir les valeurs qu'ils veulent transmettre à leurs enfants. Je ne crois pas que les parents désirent tous transmettre vos convictions à leurs enfants. Nous, les parents du Québec, toutes origines et confessionnalités confondues, sommes fiers de nos ancêtres et de nos valeurs et c'est à nous de choisir […]

Jacques Joly, Sherbrooke

Proportion des pages consacrées aux différentes cultures religieuses dans deux manuels d'ECR du 1er cycle primaire

Selon le recensement de 2001, plus de 83 % de la population au Québec est catholique et plus de 90 % est chrétienne.





ReligionConfessionPourcentage
Catholique83,40 %
Protestant4,70 %
Orthodoxe1,40 %
Autre chrétien0,80 %
Total chrétiens90,30 %
Total musulmans1,50 %
Total juifs1,30 %
Total bouddhistes0,60 %
Total hindous0,30 %
Total sikhs0,10 %
Sans affiliation religieuse5,80 %
Spiritualité autochtone (n = 735 en 2001 !)0,01 %

Source : Statistiques Canada, recensement 2001.

Comme nous l’avions déjà fait remarquer, le Monopole de l’Éducation ne se gêne pas pour mentionner publiquement qu’un tel manuel de mathématiques ou de français ne représente pas assez de minorités visibles ou que les femmes n’y sont pas représentées selon les goûts des bureaucrates responsables de ce genre de besogne.

Il nous est donc paru légitime de voir dans quelle mesure les différentes religions du Québec sont représentées dans les deux manuels approuvés à cette date par le MELS pour le 1er cycle du primaire. Il s’agit des manuels Mélodie A et B publiés chez Modulo en 2008.

Les colonnes Chr., Mus., Juif, Hin., Bou. et Aut. représentent dans l’ordre les pages qui traitent d’un aspect de la culture religieuse chrétienne, musulmane, judaïque, hindoue, bouddhiste et autochtone, respectivement. L’unité mentionnée est la partie de page ; une page entière vaut 1, une dizaine de lignes compte pour 0,5 page. Parfois, le thème est commun entre plusieurs religions, c’est surtout le cas entre la tradition juive et chrétienne pour tout ce qui est de l’histoire vétérotestamentaire, on a alors attribué ces mêmes pages aux différentes traditions correspondantes.

De nombreuses pages n’ont pas de contenu religieux. C'est ainsi que les pp. 36 et 37 sont consacrées à l’anniversaire de M. Gus, le chien de la famille québécoise « de souche »; le gentil canin de cette famille moderne aura droit à un gâteau d'anniversaire et Mélodie, la petite fille de la famille en question, lui adressera à cette occasion une lettre !

ManuelPageThèmeChr.Mus.JuifHin.Bou.Aut.
A9-10Baptême2




A11Naissance autochtone




1
A12Naissance

0,50,5

A13Naissance
0,5

0,5
A14Symboles0,20,20,20,20,2
A15Père Noël?




A16Noël/Aïd el Fitr0,50,5



A17-19Noël3




A30-32Noé2,512,5


A33-34Origine du monde




2
B5Action de grâce1




B6-7Souccote

2


B8Micmac




1
B24-25Annonciation2




B26Maya



1
B27Révélation de Mahomet
1



B40-41Origine des saisons




2
B42-44Pâques / Pâque2,5
2,5


B45-46Jésus, un homme2




Total en pages15,73,27,70,71,76
Nombre de pages à contenu religieux : 30
Pages en pourcentage (*)52,3 %10,7 %25,7 %2,3 %5,2 %20,0 %
Religion dans population (2001)90,3 %1,5 %1,3 %0,3 %0,6 %0,01 %

(*) Total fait plus de 100 % puisque certaines pages traitent de deux traditions en même temps (p. ex. Pâque/Pâques).

Fascination pour la spiritualité autochtone

Récit de la création amérindienne

L'ancien ministre Jacques Brassard :« Les Québécois, un peuple en perdition »

L'ancien ministre de Affaires intergouvernementales du Québec, Jacques Brassard, qui avait déjà dénoncé le détournement du changement légitime des structures scolaires en commissions linguistiques pour évincer les cours de religion, revient sur le cours d'éthique et de culture religieuse dans les colonnes du Quotidien de Chicoutimi.
«
Je ne puis m'empêcher de commenter de nouveau le cours Éthique et Culture religieuse, imposé à toutes les écoles du Québec, publiques et privées...

J'y reviens, parce que les pouvoirs publics, la bureaucratie et les intellos progressistes, font preuve d'un mépris offensant. Ils font preuve d'une arrogance prétentieuse à l'endroit des parents, qui résistent à la transformation de l'école québécoise en un laboratoire de détraquement identitaire et de lessivage multiculturel. « Onze années, écrit Charles-Philippe Courtois, de conditionnement idéologique aux enfants québécois. »

Droits

Tous ces parents, qui se dressent de partout au Québec, sont indignés parce qu'on leur a enlevé un droit fondamental, pourtant inscrit dans la Charte des droits, celui d'avoir le choix, pour leurs enfants, au sein de l'école, entre un enseignement religieux et un enseignement moral.

La classe politique et la technocratie de l'éléphantesque ministère de l'Éducation ne cessaient pourtant de leur garantir le caractère inaltérable des droits enchâssés dans les Chartes. Mais, un beau jour de 2005, tout d'un coup, en catimini, le Parlement a effacé le droit au libre choix en matière de religion. Volatilisé ! On comprend l'irritation et la colère des parents d'avoir été ainsi dupés et mystifiés. On le serait à moins !

Enseignement catholique

Quatre-vingts pour cent des parents souhaitaient le maintien du libre choix. Et, ils choisissaient, en très grande majorité, pour leurs enfants, l'enseignement religieux chrétien.

Vous connaissez l'argument pour discréditer ce choix massif : la majorité ne pratiquait pas! Et alors ? Si, même en ne fréquentant pas l'église, les parents optaient, malgré tout, pour l'enseignement catholique, c'était sans doute qu'ils avaient la conviction (où l'intuition) que l'héritage judéo-chrétien constituait à leurs yeux une dimension majeure de notre identité nationale et qu'il était impérieux d'en assurer la passation à leur progéniture.

Où est le scandale ? Qu'y a-t-il de rétrograde et d'anachronique de vouloir que l'école serve de relais à la transmission, aux jeunes générations, du patrimoine culturel et éthico-religieux de la nation? C'est ce que font tous les peuples de la Terre qui veulent que se perpétue leur identité à travers les âges.

Objectifs honorables

Ce cours obligatoire d'Éthique et de Culture religieuse est une espèce de fricassée multi-religieuse (six religions entrent dans la recette) que l'on fait ingurgiter à des enfants dans le but manifeste de relativiser l'héritage judéo-chrétien de la nation québécoise. En fait, officiellement, les objectifs du cours, selon ses concepteurs, consistent à promouvoir le dialogue inter-culturel et la tolérance, ce que les intellos technocrates appellent le « vivre-ensemble ». Mais, ce qu'il y a derrière ces objectifs honorables, c'est la conviction que, pour établir le dialogue avec d'autres communautés (encouragées, elles, à conserver leurs identités), il faut amoindrir, dévaluer et rabougrir, la substance identitaire du peuple québécois.

C'est comme si, pour être tolérant à l'égard d'un autre différent de soi, il fallait à tout prix anéantir sa personnalité. Et c'est comme si, également, la tolérance et le respect d'autrui ne faisaient pas partie du patrimoine des valeurs judéo-chrétiennes.


Prière de Pilip, le Micmac

(Illustration du manuel d'ECR Mélodie, publié par Modulo, destiné au 1er cycle du primaire, manuel B, p. 8)



Exemple

J'illustre mon propos... La « spiritualité autochtone » est l'une des six religions du cours. Selon le recensement de 2001, il n'y a que 0,01% de la population québécoise qui la pratique. Et, pourtant, [notre note : « souvent près de »] 20 % des pages des manuels approuvés sont consacrés à cette « spiritualité » [en réalité ces spiritualités autochtones, au pluriel]. On se demande bien pourquoi.

(Une autre prière amérindienne à la Terre-Mère, illustration du manuel d'ECR Près de moi, publié par les éditions CEC, destiné à la 2de année du premier cycle du primaire, manuel B, p. 60)



Extrait du [d'un] manuel : « Pilip, le Micmac, fait sa prière et remercie la Terre, notre Mère, et aussi l'Esprit des Plantes et des Animaux. » Et voici l'exercice recommandé : « Que pourrais-tu faire pour prendre soin de la Terre ? » Manifestement, il y a là un effort, sans commune mesure avec l'importance du nombre de pratiquants de la « spiritualité » indienne, pour imposer l'écologisme comme nouvelle religion universelle. Pour les technocrates et les intellos qui ont concocté ce cours, il semble évident, considérant que les diverses religions divisent le monde et entravent le « vivre-ensemble », qu'il faille les remplacer toutes par une nouvelle religion planétaire, selon laquelle la Terre Mère, martyrisée par les méchants humains, doit être sauvée par un étatisme, éclairé certes, mais contraignant et punitif.

(Suite d'une autre prière amérindienne à la Terre-Mère, illustration du manuel d'ECR Près de moi, publié par les éditions CEC, destiné à la 2de année du premier cycle du primaire, manuel B, p. 61)


Langue nationale

Le multiculturalisme, une idéologie qui prône le maintien de la pluralité d'identités dans la société, imprègne tout le système scolaire. Quand je vois le précieux dépôt des valeurs judéo-chrétiennes (patrimoine fondamental de la civilisation occidentale) être réduit à la portion congrue, dans nos écoles, par le biais d'un cours bric-à-brac de culture religieuse...

Quand je mesure l'ignorance insondable de notre propre histoire chez les jeunes Québécois...

Quand je prends acte que la défense de notre langue nationale est de plus en plus molasse...

Je ne puis m'empêcher de penser qu'en se coupant de ses racines et de son patrimoine identitaire, le peuple québécois est un peuple en perdition.
»

mardi 28 avril 2009

Réal Gaudreault : « Quelles consultations ? » « Quel consensus ? »

Capsule 23 — réactions à la marche de Drummondville



Samedi dernier avait lieu à Drummondville une marche qui réunissait des parents mécontents de se voir privés de leurs droits parentaux en matière de morale, d’éthique et de conscience religieuse. Mais voilà que le premier ministre M. Jean Charest affirme au bulletin de nouvelles de fin de soirée que le cours ÉCR fait consensus au sein de la population. Quel consensus M. Charest ?
Sondage Léger Marketing d'octobre 2008, plus les parents sont jeunes, plus ils sont en faveur de la liberté de choix en éducation morale et religieuse.

« C'est parmi les Québécois âgés de 25 à 34 ans que l'on retrouve la plus forte proportion de personnes en accord avec le fait que les parents aient le choix entre les deux types d'enseignement (80 %). Cette proportion se situe entre 66 % et 73 % pour les personnes de plus de 35 ans. »

Capsule 24 — conforme aux lois ?



Selon le premier ministre Jean Charest, le cours ÉCR est conforme aux lois québécoises. Évidemment, affirme Réal Gaudreault, rien n’est illégal pour celui qui détient le pouvoir d’ajuster les lois au gré de ses fantaisies. Pourtant, des lois sont transgressées toutes les fois que les Commissions scolaires refusent les demandes d’exemption. En effet, le gouvernement du Québec viole l’Article 13,3 du Pacte des Nations Unies sur l’Éducation en imposant le cours ÉCR.

[Personnellement, nous ne sommes pas si sûrs que le programme ECR soit réellement conforme aux lois et chartes canadiennes actuelles.]

Berlin : « Une bonne instruction religieuse est un bienfait pour la société »

Extrait de la déclaration de l’archevêque catholique Georg cardinal Sterzinsky à la suite de l’échec du référendum d’initiative populaire en faveur du libre choix entre l’éthique et la religion tenu le 26 avril 2009 à Berlin.

« Même si nous n’avons pas remporté le référendum, celui-ci a fait bouger les choses. Je remercie l'association Pro Reli et son président, le docteur Christoph Lehmann, qui ont permis que la religion et l’instruction religieuse fassent l’objet d’un large débat public. Je remercie aussi les notables dont le nombre se compte par milliers, ceux des églises, des fédérations et d'autres regroupements qui sont allés témoigner sur la place publique de leur conviction en faveur d’un libre choix entre l’éthique et la religion.

Je ne nierai pas que je suis déçu. Nous n’avons pas réussi à réveiller suffisamment d’intérêt autour de la religion et de l’instruction religieuse. Nous essayerons à nouveau à l’avenir d'assurer à l'instruction religieuse la place qui lui revient de droit, car une bonne instruction religieuse est un bienfait pour toute la société et pas uniquement pour ceux qui la reçoivent.

Ce résultat ne nous fera pas croire que la religion est purement du domaine privé. En tant qu’Église, pour l’amour de Dieu, nous continuerons à être présents à Berlin pour les gens qui y habitent : dans nos municipalités, par notre organisation Caritas et dans nos écoles. L'Église reste publique ! »


Intérêt croissant pour l'école privée

Extrait de la déclaration de l’évêque luthérien Dr. Wolfgang Huber au sujet des résultats du référendum :

« Je remercie tous ceux qui au cours ces dernières semaines et ces derniers mois se sont impliqués en faveur du référendum. Pour ce qui est des résultats de la consultation, je suis déçu. L'initiative Pro Reli n'a malheureusement pas atteint son objectif. Mais elle a réussi à porter sur la place publique un débat important. On a débattu publiquement de l'importance sociale de la religion et donc de l’instruction religieuse.

Comme les résultats par arrondissement le confirment, Berlin demeure une ville divisée. Nous devons tous nous atteler à surmonter cette division. Il faut poursuivre toutes les possibilités d’échange et de coopération. Ce n’est que lorsqu’on aura défini sur une base solide comment l’instruction religieuse et l’éthique seront enseignées ensemble [dans le cours d'éthique] que le slogan [des Pro Ethik opposés aux Pro Reli] : « L’éthique et la religion, nous faisons les deux » aura un sens.

Nous continuerons à soutenir l’importance d’une instruction religieuse autonome et de qualité. L’intérêt pour les écoles privées continuera de croître. L’implication soutenue des parents, des élèves et des enseignants démontre un intérêt croissant dans une formation scolaire de haute qualité marquée par des valeurs communautaires. »

lundi 27 avril 2009

Belgique — le niveau des élèves issus de l'immigration est nettement moins bon que celui des autochtones

Le niveau scolaire des élèves issus de l'immigration est nettement moins bon que celui des autochtones, et ce tant en Communauté française (Bruxelles + Wallonie) qu'en Flandre.

C'est le constat d'une étude de sociologues de l'Université libre de Bruxelles (ULB). L'étude se fonde sur les résultats de la dernière enquête (2006) Pisa de l'OCDE qui mesure certaines performances scolaires des élèves de 15 ans dans 57 pays.

« Aucun autre pays industrialisé ne présente un fossé aussi grand entre les élèves issus de l'immigration et les autres, et les résultats obtenus par les élèves d'origine étrangère sont parmi les plus faibles du monde développé », selon l'étude bruxelloise.

En mathématiques, les jeunes francophones obtiennent un résultat de 510 points aux tests Pisa (dont la moyenne est 500) mais les jeunes d'origine immigrée n'obtiennent que 444 (2e génération) et 406 (primoarrivants), ce qui est catastrophique, selon les chercheurs.

Par ailleurs, pour les mathématiques, 18 % des élèves autochtones, 36 % des immigrés de 2e génération et 53 % des primoarrivants n'atteignent pas un niveau 2 sur l'échelle Pisa allant de 0 à 6, niveau 2 considéré comme le seuil minimal de compétences requis pour s'insérer dans le vie professionnelle.

Parmi les causes de cette situation, les sociologues pointent la langue parlée à la maison (surtout en Flandre) et le niveau socio-économique des parents. Plus celui-ci augmente, plus les résultats des élèves sont bons, or les immigrés appartiennent plus souvent aux classes sociales moins aisées.

Enfin, au niveau institutionnel, la Belgique connaît une ségrégation scolaire extrêmement marquée, tant au niveau francophone que néerlandophone, constatent encore les chercheurs.

Commentaires sur cette étude

S'il est vrai que les immigrés réussissent mal en Belgique, d'une part, de nombreux pays à forte immigration non sélectionnée par un système de points connaissent le même problème et, d'autre part, les résultats des Belges sont globalement bons, la courbe des résultats est plus aplatie que celle de pays comme la France ou le Canada : plus de très bons élèves en Belgique mais aussi plus de mauvais élèves, moins d'élèves moyens que des pays comme le Canada. Est-ce vraiment une mauvaise chose pour un pays au niveau scientifique et économique ?

Notons que la France qui connaît également une forte immigration non sélectionnée a vu ses résultats en mathématiques diminuer fortement entre l'étude PISA 2006 et la précédente : moins de 15 points essentiellement en raison de la forte baisse des résultats enregistrée au niveau de la tranche inférieure de la distribution des performances.

Pourcentage d’élèves à chaque niveau de compétence sur l’échelle de culture mathématique
 Sous le niveau 1 (très bas)Niveau 1 (bas)Niveau 2Niveau 3Niveau 4Niveau 5Niveau 6 (très haut)
Belgique 7,1 %10,2 %17,0 %21,4 %21,9 %16,0 %6,4 %
Canada 2,8 %8,0 %18,6 %27,5 %25,1 %13,6 %4,4 %
France 8,4 %13,9 %21,4 %24,2 %19,6 %9,9 %2,6 %


Pour ce qui est de la singularité de la Belgique, et la forte corrélation au milieu socio-économique, elles sont loin d'être établies, comme l'indique la note de présentation de l'OCDE pour le PISA 2006 :

« Parmi les pays dont une large proportion de la population d'élèves de 15 ans est d'origine étrangère, les élèves de la première génération (élèves nés hors du pays où ils ont subi l'évaluation et dont les parents sont nés à l'étranger) accusent, en moyenne, un retard de 58 points par rapport à leurs camarades autochtones, soit un écart considérable quand on sait que 38 points sont approximativement équivalents à une année scolaire de différence en moyenne, pour les pays de l'OCDE.

Le retard des élèves immigrés de la première génération en termes de performances va de 22 points au Canada et en Croatie à 77 à 95 points, pour la fourchette haute, en Allemagne, en Suède, au Danemark, en Autriche et en Suisse. À l'inverse, les élèves immigrés de la première génération enregistrent des performances identiques à celles de leurs camarades autochtones en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Irlande, en Serbie, en Israël, à Macao (Chine) et dans la Fédération de Russie. Et l'écart observé entre élèves immigrés et élèves autochtones persiste dans une large mesure, même lorsque l'on tient compte des autres facteurs socio-économiques. »

Rappelons que, selon la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mme Valérie Pécresse, la France se classerait mal dans les classements comme ceux du PISA à cause d'un très fort taux d'immigration, contrairement à la Finlande qui est un pays très « fermé ».