lundi 16 mars 2015

Montréal : on ferme des centres de francisation, on en ouvre d'anglicisation

De Tania Longpré :

Ce matin, en page 3 du quotidien métro figurait une publicité pour un centre d’éducation aux adultes, afin d’attirer des élèves pour des cours que j’appelle « d’anglicisation » le concept est assez simple : calqué sur les cours de francisation du Ministère de l’Éducation : on invite les gens à s’inscrire à un cours d’anglais langue seconde, en immersion totale pour une durée de 20 à 30 h hebdomadaires, soit le même horaire que les cours de francisation offerts aux immigrants allophones. Une excellente formation... pour 90 $ la session. De l’anglicisation des immigrants financée à même les fonds publics. Légal ? Évidemment. La loi 101 ne s’appliquant pas à l’éducation des adultes, qui offre pourtant une formation de niveau secondaire.

Juste sous le titre, on mentionne « d’apporter sa carte de résidence permanente » à lire cela, personne n’est dupe : la clientèle ciblée et recherchée n’en est pas une de Québécois natifs, mais de nouveaux arrivants.

Quelques kilomètres plus loin, on a fermé il y a quelques mois les services de francisation dans deux centres d’éducation des adultes de la Commission scolaire de Montréal, soit le programme à temps plein de jour au Centre Tétreaultville, dans l’est de Montréal et le Programme de soir au Centre Saint-Paul, dans l’ouest de la ville, par manque de clientèle. Plusieurs enseignants de la relève en francisation des immigrants adultes ce sont réorientés : soit dans l’enseignement au primaire ou au préscolaire, la francisation des adultes n’étant pas un secteur d’avenir : chaque année, des classes sont fermées et les séances d’affectation du corps enseignant sont pénibles : de moins en moins de postes sont offerts en francisation des adultes, année après année. Pourtant, on ne manque pas de clientèle : dans les neuf premiers mois de 2014, 39 % de nos nouveaux arrivants ne parlaient pas français. (source : statistiques du MIDI)

La réalité, c’est que la francisation des adultes immigrants n’est pas obligatoire, alors que les enfants et les jeunes sont intégrés de par la loi 101, les adultes fréquentent volontairement (ou pas !) les classes de francisation. Certains adultes immigrants apprennent le français et l’anglais en simultané (!) et d’autres suivent des cours d’anglais lorsqu’ils terminent leur francisation. Certains ne se présentent jamais en francisation, valorisant plutôt l’anglais et d’autres ne font jamais ni l’un, ni l’autre.

Déjà en 2008, les médias nous apprenaient que Québec avait dépensé 2,1 millions pour angliciser nos immigrants francophones. Le problème est plus grand, et même s’il est tabou, il est essentiel que nous sachions comment sont intégrés linguistiquement nos immigrants, qu’ils soient francophones ou allophones.

J’en ai parlé longuement dans mon premier livre Québec cherche Québécois, publié chez Stanké en 2013 : les nouveaux arrivants ne sont pas crédules : lorsqu’ils cherchent un travail, on leur mentionne souvent qu’ils doivent parler anglais. Un nouvel arrivant est souvent motivé à apprendre une langue seconde par instrumentalisation, donc parce qu’il en a besoin, plutôt que par volonté d’intégration. Lorsque certains constatent qu’on demande l’anglais pour travailler, ils vont apprendre l’anglais : ils ont besoin de travailler. Ils ne se sentent pas nécessairement concernés par la situation de la langue française ou de sa pérennité. Ils apprendront la langue qui leur donnera un revenu, un emploi, un avenir.

[Note du carnet : or à Montréal une langue semble suffire : la première du couple « Hi ! /Bonjour ! » Nous avons connu des patrons francophones qui demandaient à tous leurs employés francophones d’être bilingues — même des manutentionnaires — pour parler anglais aux employés anglophones qui habitent à Montréal.]


[...]

Notons que ni les péquistes ni les libéraux n’ont rendu la francisation des immigrants obligatoire ni légiféré pour appliquer la loi 101 à l’éducation des adultes. Cette situation aberrante se poursuit donc depuis des années : le gouvernement finance l’anglicisation des immigrants et contribue ainsi à marginaliser la place du français au Québec.


Le Québec, qui reçoit de plus en plus d’immigrants, doit se poser plusieurs questions sur l’intégration des nouveaux arrivants, qu’elle soit linguistique, culturelle ou économique. Nous devons surtout faire en sorte que nos nouveaux arrivants puissent contribuer à la pérennité d’une société francophone. Pour cela, il faudra agir et légiférer. Je doute que certains aient le courage politique de le faire.




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France — « Une journée de la langue française sans français : un exploit !»


Chronique de Jean-Paul Brighelli :


C’est donc aujourd’hui lundi 16 mars la journée (et la semaine) de la langue française. Un naïf penserait que voilà une belle occasion de ressortir les grands magiciens des mots — La Fontaine ou Racine, Voltaire ou Raymond Queneau, parmi tant d’autres... Que nenni : ce serait exalter une France franco-française qui fait naturellement horreur à tout bon citoyen mondialisé — et politiquement correct. Le ministère [français] de l’Éducation nationale a donc réfléchi — le diable aurait pu nous en préserver. Et, via un site spécifique, il a déterminé dix mots à mettre en vedette aujourd’hui. Préparez vos mouchoirs !

Noyer le poisson et le français

« Les dix mots de cette nouvelle édition invitent donc au voyage : “amalgame, bravo, cibler, grigri, inuit, kermesse, kitsch, sérendipité, wiki, zénitude”. Qu’ils viennent du flamand, de l’italien, de l’hawaïen, de l’arabe ou de l’inuktitut [esquimau], ces mots reflètent bien “l’hospitalité” de notre langue », écrivent les têtes creuses de la Rue de Grenelle. Tout est dit. Que le premier mot de la liste soit « amalgame » et qu’il vienne spécifiquement de l’arabe suffit à notre bonheur. Le français a beau être une langue latine (plus de 90 % de notre vocabulaire vient du latin, ou du grec à travers le latin — pensez au doublet hyper-super, où par une aberration sémantique le préfixe grec paraît plus grand que le préfixe latin qui est sa traduction exacte), notre sens de l’« hospitalité » nous permet d’accueillir [N. du carnet : d'assimiler en changeant la forme et le son] plein de mots immigrés.


Après l’arabe « amalgame », « bravo » vient de l’italien, « cibler » de l’alémanique, « grigri » est d’origine africaine, « inuit » déboule, comme on s’en doute, du Grand Nord et de l’inuktitut, « kermesse » (héroïque ?) est flamand, « kitsch » est allemand, « sérendipité » anglais, « wiki » hawaïen, et « zénitude » découle du japonais. On voudrait nous vendre l’Europe d’abord et le monde ensuite en un mini-lexique qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Et d’inviter les écrivains et les élèves à inventer des textes intégrant (ah, l’intégration !) le plus possible de ces mots issus de communautés diverses. C’est un projet politique avant d’être une célébration du langage hexagonal.

Noyer la France

Nous habitons notre langue. Elle est constituée de strates parfois fort anciennes, certaines bien minces (il ne reste pas grand-chose de la langue celte et, dans le gallo-romain, c’est le romain qui a prévalu largement), d’autres fort épaisses : nous parlons une langue latine, comme nous avons hérité d’une culture judéo-chrétienne teintée de latinité et d’hellénisme. Et rien d’autre. Que « chocolat » vienne de l’aztèque et « tabou » du tahitien est anecdotique — ça permet d’occuper trois minutes de classe en cours de français. Et il serait temps d’enseigner le français, d’enseigner la France, avant de s’intéresser aux « mélanges » occasionnels. Le français a une exceptionnelle faculté d’intégration (contrairement à l’anglais, qui, par exemple, respecte autant que possible les noms originels des villes, Firenze ou Beijing, dont nous n’avons aucun scrupule à faire Florence et Pékin — comme nous avons transformé Mohammed en Mahomet par métathèse — membre éminent de la nombreuse famille des métaplasmes) et s’est fixé à partir du XVIIe siècle parallèlement à un système idéologique, la monarchie absolue — si bien que les Bourbon s’installant sur le trône d’Espagne ont créé une Académie ibérique sur le modèle de l’Académie française pour imposer le castillan comme modèle unique, conformément au roi garant de cette unicité.

C’est le système de la langue qu’il faut apprendre aux enfants et aux adolescents — pas de multiples anecdotes dont la juxtaposition donne l’image d’une langue de bric et de broc, comme on veut nous faire croire que nous sommes un peuple de hasard juxtaposant trente communautés diverses et antagonistes. La France, via sa langue (mais il faudrait l’apprendre sérieusement, et non de façon impressionniste), parle d’une seule voix — et cette voix parle français. Ou du moins elle devrait. Malheur à nous si nous continuons à nous noyer dans un européanisme stérilisant et une globalisation mutilante. Malheur à nous si nous nous persuadons que nous sommes une mosaïque de « communautés » parlant, comme à Babel, des langues incompatibles. C’est à l’école que tout peut aujourd’hui recommencer — si nous consentions enfin à faire de l’école le lieu de la reconquête de la langue et de la souveraineté.




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dimanche 15 mars 2015

Angleterre — La révolution des académies et des écoles libres


Texte de Lionel Devic, président de la Fondation (française) pour l’école. Avec quelques corrections et adaptations pour le Québec.

Comme en France, notre voisin anglais a été confronté à une baisse de qualité patente de son école publique. Mais la force de Londres a été de le reconnaître sans ambages et de chercher des solutions pragmatiques. Comme les États-Unis qui admettent sans fausse honte que leur système public compte des « écoles qui échouent », le gouvernement britannique a eu le courage de reconnaître le problème et d’innover en suscitant le développement d’« académies » et d’« écoles libres » pour permettre aux enfants piégés dans des écoles publiques de piètre niveau d’aller étudier dans de bonnes écoles.


Les premières académies ont été ouvertes en septembre 2002 pour le secondaire et les quartiers ayant de mauvais résultats scolaires, avant d’être étendues à partir de 2010 à tous types d’écoles. De nombreuses écoles publiques se sont « converties » en académies. À ces académies, se sont ajoutées les écoles libres à partir de 2011. Ce sont des écoles ouvertes cette fois-ci à l’initiative des parents et non de l’État. Il y a en ce moment 4 167 académies et 251 écoles libres. Aujourd’hui, 13 % des écoles primaires et 60 % des écoles secondaires ont le statut d’académies ou d’écoles libres en Angleterre, tant le taux de conversion d’établissements publics ordinaires a été important ces dernières années.

Les « académies », ces écoles publiques indépendantes

Les académies sont des écoles publiques indépendantes financées directement par l’État qui échappent aux instances locales habituelles de contrôle du système éducatif anglais. Elles donnent plus de libertés aux directeurs et professeurs dans l’espoir de promouvoir la diversification (et l’innovation) de l’offre scolaire globale afin d’en améliorer la qualité.

Elles reçoivent le même financement que les écoles publiques ordinaires. Ce qui fait la différence c’est que l’école gère et décide de l’emploi de 100 % de son budget alors que les écoles ordinaires n’en gèrent librement qu’une partie, l’autre étant répartie par l’autorité scolaire locale. Les écoles situées dans des zones aux résultats académiques préoccupants sont confiées à de « parrains », groupes de personnes responsables de l’amélioration des résultats de l’école. Il peut s’agir d’universités, d’organisations caritatives, d’organisations religieuses, d’écoles indépendantes (privées). Plus récemment, certaines académies ayant un niveau de réussite exceptionnel ont pris la responsabilité, en tant que parrains, de sortir de l’échec d’autres écoles publiques.

Leurs obligations

Elles doivent accepter tous les élèves qui se présentent, gratuitement, et respecter le même cadre réglementaire en matière d’accueil des élèves que les autres écoles publiques. Elles doivent adhérer à une « fiducie d’académies », qui négocie les accords financiers avec l’État et est garant de leur respect ; leurs parrains ne sont pas autorisés à bénéficier pécuniairement de leur implication dans l’école. Leur budget est plus étroitement scruté par l’État : « les académies sont assujetties à un solide régime de responsabilisation  », contrepartie logique de la plus grande liberté dont elles jouissent.

Leurs libertés

Par rapport aux écoles publiques ordinaires gérées par l’autorité scolaire locale, les académies jouissent de trois libertés fondamentales : liberté de programme (« liberté d’offrir le programme d’études »), lequel doit rester large et équilibré ; liberté de recrutement et rémunération du personnel, au besoin en dehors du vivier des « statuts d’enseignant qualifié » ; et liberté de fixer la durée de l’année scolaire.

Leurs performances

L’amélioration de niveau est incontestable pour les académies issues d’écoles publiques de faible performance scolaire. Ainsi, en moyenne, selon le ministère, une académie ouverte depuis trois ans enregistre une augmentation de 12 % des résultats de ses élèves au GCSE (l’équivalent de notre diplôme de brevet, mais passé en seconde [D.E.S. au Québec]). Un effet positif d’entraînement sur les écoles publiques locales a pu aussi être constaté puisque les écoles publiques ordinaires ont progressé de 6 %. L’institut national d’évaluation (OFSTED) a établi que 27 % des écoles primaires et 16 % des collèges convertis en académies ont des résultats excellents contre seulement 12 % des écoles primaires publiques et 10 % des collèges publics ordinaires. La Westminster Academy (à Londres), avec ses 90 % d’élèves issus de l’immigration et ses 50 % d’enfants éligibles aux repas gratuits, a su obtenir 69 % de bons résultats aux GSCE contre seulement 46 % en 2011 avant leur conversion.

L’école a été classée par l’OFSTED parmi les écoles « excellentes ». Ce serait la priorité accordée à la qualité du personnel et l’implication des parrains qui seraient responsables de tels progrès.

Avec les écoles libres, place aux parents

Toute personne ou groupe de personnes ayant une vision éducative forte et un plan éducatif précis, apportant la preuve d’une demande importante de la part des parents pour une telle éducation, présentant des finances saines et une aptitude à lancer rapidement une nouvelle école peut déposer son dossier auprès du ministère de l’Éducation. Les écoles libres peuvent être installées dans d’anciennes écoles ou dans des locaux reconvertis à cet effet. Les initiateurs d’écoles libres peuvent être des associations ou fondations, des universités, des entreprises, des groupes éducatifs, des professeurs visionnaires, des parents motivés. Les écoles libres sont majoritairement implantées dans les quartiers les plus pauvres de villes comme Bradford, Birmingham. 72 % des écoles ont été ouvertes pour pallier une surpopulation dans les écoles publiques ordinaires ; 24 % des écoles libres sont confessionnelles (ce qui est moins que dans le réseau des écoles publiques ordinaires existantes, qui peuvent être confessionnelles au Royaume-Uni). Ces écoles ont le droit de réserver 50 % de leurs places aux enfants de leur confession.

Si le projet est approuvé par le ministère, les financements nécessaires pour acheter, construire ou louer et équiper l’école sont intégralement apportés par l’État. Les coûts d’investissement sont de 40 % plus bas que ceux supportés pour une école ordinaire. Une fois l’école lancée, elle reçoit la même somme par élève que celle reçue par les écoles publiques ordinaires avoisinantes. L’idée fondamentale est de miser sur la société civile et les meilleurs professeurs ou directeurs pour régénérer le système. Les écoles sont gérées par des « fiducies de bienfaisance indépendantes » dont les membres travaillent pro bono. Les responsables politiques ou responsables administratifs en sont exclus. Elles jouissent des mêmes libertés scolaires et de recrutement et de gestion de leurs équipes que les académies. De même, elles ne peuvent générer de bénéfice qui ne soit pas réinvesti dans l’école. Leurs différences résident dans leur aptitude à impliquer davantage les parents, d’une part, et à tirer davantage profit des capacités d’innovation et de l’énergie de la société civile, d’autre part. Cent douze nouvelles écoles libres sont en cours de préparation.

Conclusion

Réformer un système éducatif est généralement un processus très long, ce qui est dissuasif pour les responsables politiques toujours soucieux de récolter eux-mêmes les fruits politiques de leurs initiatives. Réformer l’Éducation nationale française, qui est le 6e plus grand employeur au monde (!), paraît, à bien des égards, impossible. Et les réformes successives décidées et mises en œuvre d’en haut passent de plus en plus mal. Or, la force de la réforme scolaire anglaise est justement sa rapidité de déploiement et de résultat. C’est un avantage que nos responsables politiques pourraient prendre en considération. De surcroît, les écoles libres ont un effet d’entraînement positif sur les écoles ordinaires (ce que reconnaissent 72 % des directeurs d’écoles publiques ordinaires interrogés) et ne leur « prennent pas d’argent » puisqu’elles sont, comme elles, financées au prorata du nombre d’enfants scolarisés.

Note du carnet : lire aussi ce billet

Angleterre — école chrétienne menacée de fermeture parce qu'elle n'a pas invité d'imam (et l’infiltration d’écoles à Birmingham par des groupes islamistes.)

vendredi 13 mars 2015

ECR — Décision de la Cour suprême dans le dossier de l'école Loyola attendue jeudi


La Cour suprême du Canada annonce que jugement dans l'affaire Loyola High School c. Procureur général du Québec sera rendu le jeudi 19 mars 2015, à 9 h 45 HAE.


Plus de détails à suivre.

Voir aussi nos billets sur cette affaire




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dimanche 8 mars 2015

Belgique — Les filières universitaires à éviter pour trouver un emploi


Des filières universitaires font le plein malgré des perspectives d’emploi très incertaines, quand d’autres tentent vainement d’attirer des jeunes. C’est le cas de la filière Information et Communication, qui conduit au métier de journalisme. Les universités belges diplôment annuellement 200 journalistes et les hautes écoles, près de 450. Au total, il y aurait quelque 500 candidats par an sur le marché des médias. À en croire l’association des journalistes professionnels de Belgique, c’est trop, beaucoup trop, eu égard aux débouchés : à peine une trentaine de postes libres par an. Résultat : la branche est l’une des plus encombrées et a la plus faible qualité d’insertion.

Un déséquilibre entre filières

Dans ses tableaux, le Conseil des recteurs dresse chaque année un portrait chiffré de la population étudiante. Ainsi, par rapport aux années 1990-1991, les effectifs à l’université ont progressé de plus de 50 %. Un niveau jamais atteint. Le hic : ils augmentent surtout en sciences humaines, qui représentent plus de 60 % des étudiants. À Mons par exemple, on enregistre, d’une année à l’autre, une croissance de 25 %. Comme à l’Université catholique de Louvain, où les inscriptions, cette année, ont bondi de 27 % en histoire de l’art. Au total, rien que pour les sciences humaines, il y aurait 47 000 étudiants. Alors que les filières scientifiques stagnent. Ainsi il y a quinze ans, on y comptait 24 % des inscriptions, contre 20 % il y a cinq ans. Les chiffres à notre disposition ne permettent pas de ventiler les inscriptions selon le sexe des étudiants.

Quel boulot peut-on décrocher avec une maîtrise en sciences politiques ou en psychologie ? Impossible de répondre à ces questions très concrètes. L’agence pour l’emploi wallonne (Forem) publie des enquêtes par catégorie de diplôme. Il étudie ainsi le parcours des jeunes diplômés trois ans après leur sortie de l’enseignement supérieur. Le diplôme qui permet la meilleure insertion professionnelle est le bac (3 ans d’études à l’université ou dans de hautes écoles). Après trois ans, les bacheliers ont un taux d’insertion professionnelle de 93 % tandis que chez les porteurs d’une maîtrise (5 ans à l’université uniquement), il s’élève à 87 %. En d’autres termes, les premiers connaissent un taux de chômage de 7 %, les seconds, de 13 %. « Les bacheliers ont un meilleur taux d’insertion, car ils effectuent des stages en entreprise et ce faisant, ils se créent un réseau. Or, à l’université, les stages restent trop rares dans la plupart des filières », explique Jean-François Marchal, chargé des études au Forem.

Mais l’institut wallon est incapable de fournir des informations précises sur le taux de chômage selon les filières d’études, ou sur l’adéquation entre le diplôme obtenu et le travail occupé. Les sociologues, les gestionnaires culturels, les chimistes occupent-ils, eux, un boulot qui correspond à leur diplôme ? « Les jeunes demandeurs d’emploi qui se présentent chez nous sont ceux qui font le plein dans les filières universitaires : les diplômés en droit, en psycho, en communication ou encore en kiné [chiropraxie]. Les autres ne passent pas par chez nous, car ils sont recrutés par d’autres canaux », signale Jean-François Marchal.

Diplômés des filières artistiques et philosophiques les plus mal lotis

« Selon la filière suivie, tous les diplômes n’ont pas la même valeur sur le marché de l’emploi et ne constituent plus une garantie absolue de protection contre les situations de chômage », précise-t-on chez Actiris, qui scrute également la situation des jeunes un an après leur sortie. En 2011, les bacheliers artistiques présentaient le taux de sortie du chômage le plus faible (55 %). Parmi les titulaires d’une maîtrise, les plus mal lotis étaient les philosophes (taux de sortie de 44,2 %) et les historiens de l’art (55,6 %).

Source : Le Vif/L’Express

Voir aussi

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Les céréales du matin en question


Le bol de céréales s’est imposé dans les foyers depuis plus de 30 ans comme l’aliment sain et équilibré à consommer chaque matin pour amorcer la journée. Sain et équilibré ? Pas vraiment selon ce reportage.







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jeudi 5 mars 2015

Ontario — Ex-sous-ministre de l’Éducation plaide coupable à accusations de pornographie juvénile


Un ancien sous-ministre de l’Éducation en Ontario a plaidé coupable mardi à trois des sept accusations de pornographie juvénile déposées contre lui.

Benjamin Levin, 63 ans, ancien professeur à l’Université de Toronto et membre de l’équipe de transition de la Première ministre Kathleen Wynne, a reconnu sa culpabilité à une accusation d’avoir conseillé un adulte à agresser sexuellement un enfant, à un chef de possession de pornographie juvénile et à un chef pour avoir écrit de la littérature pornographique juvénile.

Les accusations avaient été déposées en juillet 2013 à la suite d’une enquête policière en Nouvelle-Zélande et en Ontario.

Détails sordides

Ben Levin arrive au tribunal
en compagnie de son avocat, Clayton Ruby.
Me Ruby veut interdire les diplômés en droit
de Trinity Western de pratiquer le droit.
Benjamin Levin aimait à fréquenter un salon de discussion en ligne consacré à l’inceste pour conseiller les mères célibataires sur la façon d’agresser sexuellement leurs filles pour son plaisir à lui et celles de ces mères. Site où son profil indiquait en regard de sa sexualité : « aucun tabou ».

Le 12 août 2012, l’agent détective Janelle Blackadar de la police de Toronto est allée sur le site en se faisant passer pour une mère célibataire sexuellement soumise et intéressée à sexualiser ses enfants. Levin l’a encouragée à entreprendre des attouchements sur ses deux filles et lui a dit qu’il avait fait la même chose avec ses trois filles à lui alors qu’elles n’avaient encore que 12 ans. L’avocat de M. Levin a plaidé qu’il ne s’agissait là que de paroles en l’air et qu’il n’y avait aucune preuve que Levin avait sexuellement agressé ses filles et qu’il n’est donc pas accusé à ce titre.

En décembre 2012, Levin était également en ligne, mais cette fois avec Angela Johnson, une enquêtrice de London (Ontario) qui se faisait passer pour une mère célibataire de trois enfants. Levin lui a également dit qu’il avait eu des relations sexuelles avec ses propres filles. « Cela me manque beaucoup », a-t-il écrit en ligne, « mais nous avons vécu là de nombreuses années merveilleuses ».

« M. Levin a également déclaré qu’il espérait que ses filles “partageraient” leurs propres enfants (ses petits-enfants) avec lui et sa femme », a déclaré le procureur de la Couronne Allison Dellandrea en lisant une déclaration commune.

L’éducateur de renom avait déclaré à la « mère » de London qu’il aimerait les « b.... r » toutes les trois (ses trois enfants) devant toi et avec ton aide... vont-ils se soumettre ou aurais-je besoin de les attacher ? » Quand on lui a répondu qu’il devrait s’y prendre doucement, Levin promit : « pas de correction ni de douleur en échange de ton aide et de tes encouragements. »

Ah, « Les Ontariens et le sexe » comme dirait la grande chroniqueuse du Journal de Montréal, Sophie Durocher. Plus de détails très crus dans The Star (en anglais).

Question sur son implication dans l’établissement des programmes scolaires

Comme on le sait, de nombreux parents s’opposent au nouveau programme d’éducation sexuelle en Ontario qui introduit des notions considérées comme prématurées pour ceux-ci. Il promeut une certaine promiscuité et la théorie du genre (la fluidité des identités sexuelles, simples constructions sociales). La question que de nombreuses personnes se posent en Ontario est de savoir si Benjamin Levin a participé à l’élaboration de ce programme.

Premier essai d’imposer un nouveau programme d’éducation sexuelle

En 2010, le gouvernement libéral de Dalton McGuinty présenta un nouveau programme d’éducation sexuelle très proche du programme de 2015. Devant le tollé soulevé par des parents et des groupes religieux, le gouvernement avait fait marche arrière. Un an avant les élections de 2011, les libéraux tentaient alors d’obtenir un troisième mandat consécutif. Après 7 ans au pouvoir, avec l’imposition, non sans heurts, de la taxe de vente harmonisée, les troupes de Dalton McGuinty avaient alors renoncé à mener cette bataille. Les libéraux seront réélus.

Benjamin Levin a occupé le poste de sous-ministre de l’Éducation de l’Ontario de 2004 à 2007 et de nouveau de 2008 à 2009. À cette époque, dans une lettre d’information publiée en 2009, M. Levin ne cachait pas que, en tant que sous-ministre, il était « responsable de [...] tout ce qu’ils font » et de la « mise en œuvre » du « nouveau » programme.

Le 6 mars 2009, Levin a écrit et signé une note de service où il disait prendre en charge le programme scolaire de l’Ontario. Il y déclarait, « Je vous écris pour faire le point sur l’avancement de notre secteur... je prends le poste de sous-ministre adjoint précédemment détenu par George Zegarac [...]  La division dirigée auparavant par George Zegarac sera rebaptisée “apprentissage et programme scolaire”. Cette division aura pour responsabilité l’établissement du programme scolaire ainsi que de l’éducation spéciale, y compris des écoles provinciales. »

Le 6 avril 2009, Levin écrivit une note où il nota : « Aujourd’hui, le ministère a publié son nouveau document “Stratégie ontarienne d’équité et d’éducation inclusive”. [...] Cette stratégie provinciale est une priorité pour notre ministre de l’Éducation Kathleen Wynne et moi. »

Le 24 juin 2009, Levin écrivit que le « document “Comment tirer parti de la diversité : Stratégie ontarienne d’équité et d’éducation inclusive” présente une vision d’un système d’éducation équitable et inclusive ». Benjamin Levin démissionne à la fin 2009. Dans un entretien avec l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario (OISE, l’ancienne école normale de l’Ontario) reproduit dans l’édition de l’hiver 2009 de son bulletin, Levin déclara : « J’étais le sous-ministre de l’éducation. À ce titre, j’étais le fonctionnaire en chef. J’étais responsable du fonctionnement du ministère de l’éducation et de tout ce qu’ils font. J’ai été amené à mettre en œuvre la nouvelle politique de l’éducation ».

Ces documents établissent bien la participation de Benjamin Levin dans l’établissement du programme scolaire de 2010. Il en était responsable.

Deuxième essai d’imposer un nouveau programme d’éducation sexuelle

Après la démission de Dalton McGuinty, Kathleen Wynne a été élue chef du parti libéral et Première ministre de l’Ontario en février 2013. Elle est la première Première ministre ouvertement lesbienne de l’Ontario. Ancienne ministre de l’Éducation de 2006 à 2010, elle a décidé en 2014 d’imposer un nouveau programme d’éducation sexuelle à toutes les écoles de la province. Le programme qui devrait être imposé 2015 est en substance le même que celui de 2010.

Implication de Lévin dans le programme scolaire de 2015

Lorsque Levin a été arrêté en 2013, la ministre de l’Éducation, Liz Sandals, a publié un communiqué où elle affirmait « que la collaboration récente du Dr Levin avec le ministère se bornait à des projets de recherche sous contrat et à des invitations à titre de conférencier en sa qualité de professeur à l’OISE » (école normale ontarienne/institut de formation d’enseignants). Les courriels dévoilés hier tendent à démontrer que cette présentation des faits est fausse. Benjamin Levin a non seulement été invité à des retraites de haut niveau avec de hauts fonctionnaires, mais on lui a demandé son avis sur les documents confidentiels liés à politique éducative de l’Ontario, avant même que le ministre de l’Éducation ne les eût approuvés. Levin entretenait également une amitié personnelle avec George Zegarac, l’actuel sous-ministre de l’Éducation, il l’a rencontré pour boire des pots ensemble et l’a invité à un match de baseball des Blue Jays.

De gauche à droite, Benjamin Levin, Justin Trudeau et Kathleen Wynne au défilé de la « fierté » homosexuelle à Toronto le 30 juin 2013

Faits saillants sélectionnés parmi les 47 pages de courriels :

— le 31 mai 2012, Ben Levin offre ses services de « mentorat » à George Zegarac (l’actuel sous-ministre de l’Éducation).

— le 4 juillet 4 2012, Zegarac invite Levin à assister à une retraite avec « l’équipe de direction » du ministère le 8 août 2012. Tous les sous-ministres adjoints du Ministère y seront. Ben Levin ne peut s’y rendre le 8. Le ministère déplace la réunion d’une semaine pour que Levin puisse s’y rendre.

— les 5, 17, 18 octobre 2012, Zegarac envoie à Levin une présentation PowerPoint confidentielle sur le plan quinquennal du ministère, avant qu’elle ne soit approuvée par le ministre.

— le 18 octobre 2012, la réponse de Levin à cette présentation est complètement caviardée (tous les détails de cette réponse ont été noircis par le gouvernement dans la version rendue publique).

— le 31 octobre 2012, commentaires de Levin à Zegarac, parmi ceux-ci « la sécurité/le bien-être ne sont pas des aspects ou des choses que nous aimerions apprendre ou développer, n’est-ce pas ? »

— 18 novembre 2012, courriel de Zegarac à Levin au sujet du programme. Zegarac écrit : « La discussion portera en grande partie sur votre document. Le bureau du conseil des ministres a largement réécrit la présentation pour adopter le format de la Santé et d’autres. Conversation sera des plus importantes. »

— le 4 mars 2013, Zegarac invite Levin à un tête-à-tête.

— le 20 mars 2013, Zegarac invite Levin à se rencontrer au bar « The Foxes Den » (« Au repaire des renards »/« À la tanière des renards »).

— 25 avril 2013, Levin organise un atelier d’une journée avec 400 directeurs et surintendants, et rédige un rapport à ce sujet à Zegarac, il en envoie une copie à Howie Bender, chef de cabinet du ministre Liz Sandals.

— 18 juin 2013, Levin invite Zegarac à une rencontre des Blue Jays, Zegarac accepte.

Visiblement, Benjamin Levin avait bien ses entrées au Ministère de l’Éducation ontarien et en était un personnage influent quant à la politique éducative en Ontario.

Biographie de Benjamin Levin

Levin est titulaire d’un B. A. (avec distinction) de l’Université du Manitoba, d’une maîtrise en éducation de l’Université Harvard et d’un doctorat de l’OISE, ainsi que d’un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa.

Au Manitoba, Benjamin Levin a d’abord été sous-ministre de l’Enseignement supérieur et de sous-ministre de l’Éducation, de la Formation et de la Jeunesse de 1999 à 2002. Il a ensuite occupé le poste de sous-ministre de l’Éducation de l’Ontario de 2004 à 2007 et de nouveau de 2008 à 2009. À cette époque, le ministère de l’Éducation de l’Ontario a élaboré un nouveau programme d’éducation sexuelle.



Source : Journal de Montréal, Toronto Sun, The Rebel, les courriels de Benjamin Levin




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mercredi 4 mars 2015

Missouri — Juge déclare que le financement du Socle commun est anticonstitutionnel

L’administration Obama tente d’imposer à tous les États de la fédération américaine un programme scolaire commun controversé, le socle commun (Common Core).

Un juge du Missouri a décidé mardi que le soutien financier réclamé par l’État fédéral aux différents États américains pour réaliser l’évaluation de ce Socle commun était anticonstitutionnel. Cela signifie que l’État du Missouri a désormais interdit la participation au Smarter Balanced Assessment Consortium, cet élément clé du Common Core imposé récemment à certains États grâce au financement qu’ils ont eux-mêmes apporté !

La plainte avait été déposée l’année dernière par un groupe de contribuables désireux de maintenir l’État de droit, sauvegarder les fonds publics et arrêter la mise en place du Socle commun.

Le juge Daniel R. Green leur a fait droit en ordonnant à l’État du Missouri de cesser immédiatement tout engagement financier dans ce test.


Sans l’avis du Congrès, l’imposition du Socle commun est anticonstitutionnelle


Le juge a noté que le Congrès n’avait jamais approuvé la mise en place de ce programme financé par les États pour répondre aux désirs du ministère de l’« Éducation nationale » de l’administration Obama. Il a donc décidé que la participation financière du Missouri à ce test fédéral était anticonstitutionnelle, mais également hors-la-loi « selon les lois fédérales et des États ».

L’un des parents plaignants, Anne Gassel, a déclaré : « Selon les rapports publics, les services éducatifs de l’État du Missouri avaient prévu d’envoyer des millions de dollars du contribuable pour soutenir le “Smarter Balanced consortium” en 2015 et financer l’implantation du Socle commun dans de nombreux autres États. Ces transferts de fonds sont illégaux selon la Constitution des États-Unis, les statuts fédéraux et la loi du Missouri. »

Un autre parent plaignant, Gretchen Logue, a déclaré : « Nous espérons que tous les États qui participent à l’un de ces tests se rendront compte qu’aucun engagement juridiquement contraignant ne les engage à participer à ces activités illégales et que ces programmes sont légalement nuls et non avenus. »


Le juge interdit au Missouri de financer le programme fédéral, le Missouri s’incline


Les législateurs du Missouri semblent avoir reçu le message : « La chambre va agir immédiatement pour supprimer tout financement de ce programme de notre budget, dans le but de mettre un terme à notre engagement qui est en claire violation des Constitutions fédérales et étatiques », a déclaré le porte-parole de la chambre du Missouri, le républicain John Diehl.

« Les habitants du Missouri ont exprimé clairement qu’ils refusaient le Socle commun et qu’ils ne voulaient pas qu’un centime de leurs impôts serve à financer ces programmes fédéraux. Nous continuerons donc à concentrer nos efforts pour développer des programmes dans notre État du Missouri, qui serviront mieux les besoins des plus jeunes », a-t-il conclu.

Imposition aux enfants instruits à la maison ?

Un conseil scolaire du New Jersey a annoncé aux familles qui pratiquent l’école à la maison que leur programme devrait se conformer au socle commun (Common Core). L’avocat principal de la HSLDA, Scott Woodruff, a répondu au nom de la famille, en faisant valoir que les lois sur la scolarisation à domicile de l’État ne disent rien de tel.

Rejet du Socle commun 

Ce programme fédéral d’éducation pourtant rejeté par 60 % des parents et 54 % des professeurs.




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Belgique francophone — Les parents devront bientôt justifier la scolarisation à domicile

Le ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, Joëlle Milquet (cdH « humaniste », ancienne démocratie « chrétienne »), s’inquiète de voir augmenter le nombre d’enfants scolarisés à domicile en Belgique francophone : il est passé de 538 en 2009-2010 à 878 en 2014-2015, plus 40 % en six ans. Trop ! Aux yeux des pouvoirs publics wallons, l’instruction à domicile est suspecte dès lors qu’elle ne répond pas à des nécessités pratiques ou médicales. Mme Milquet a annoncé la parution prochaine d’un décret « pour que l’enseignement à domicile soit obligatoirement justifié ». Il appartiendra donc à l’État d’accepter, ou non, qu’une famille choisisse d’instruire ses enfants à la maison, et ce en fonction des motifs invoqués : cela constitue une ingérence évidente dans le droit des parents de choisir le mode d’éducation de leurs enfants.


Les parents sommés de se justifier

Lors d’un entretien sur RTL, Joëlle Milquet  a désigné les parents qui ne devraient pas, selon elle, avoir le droit le choix de l’école à la maison, au contraire de ceux qui y ont recours pour des motifs « objectivables » : médicaux comme peuvent l’être le handicap ou la phobie de l’école, ou relatifs à un projet familial comme un tour du monde. Ou encore des enfants qui participent à des concours internationaux de musique, ou qui mènent une carrière sportive. « D’autres le font en se disant : “Je ferai mieux que l’école moi-même”, pour des raisons pédagogiques, ou pour des raisons parfois religieuses, ou pour d’autres, et donc il y a des motifs qui sont évidemment moins acceptables que d’autres », explique le ministre.


Scolarisation à domicile : des choix « objectivables »

Tout ce qui n’est pas dicté par des circonstances extérieures, tout ce qui relève simplement du choix des parents, est donc considéré d’emblée comme inacceptable.

La motivation religieuse de la scolarisation à domicile est à la hausse, selon Joëlle Marquet. Elle nomme sans la nommer – rejet de toute « discrimination » oblige – la proportion croissante de jeunes filles musulmanes retirées de l’école : « Ça peut être lié au port du voile, ça peut être lié à d’autres choses. » La montée de l’islam est évidemment en cause. Et comme en France, la seule réponse publique que l’on y apporte est celle de la « laïcité » maçonnique – une laïcité qui est parfaitement armée pour s’en prendre aux droits des parents professant d’autres religions.

Dès lors que les pouvoirs publics en Wallonie-Bruxelles s’arrogeront le droit de définir limitativement les justifications à la scolarisation à domicile, les chrétiens et les catholiques se trouveront dans la même situation que les musulmans… Et sur ce plan, la volonté du ministre est claire : retirer son enfant du système scolaire obligatoire « ne pourra plus se faire que par exception objectivée que l’on mettra dans le décret »…

Belgique : les motivations religieuses ou pédagogiques ne justifieront plus l’école à la maison

Mais on notera que la motivation religieuse de la scolarisation à domicile n’est pas la seule qui agite le ministre : il y a aussi le rejet de pratiques pédagogiques considérées néfastes par l’État, juge et partie. Et c’est peut-être là que le totalitarisme se manifeste de la manière la plus nette. Comme la France, la Belgique francophone connaît un problème d’illettrisme parmi ses jeunes – 800.000 scolarisés au total. Mêmes causes, mêmes effets : les méthodes globales font des dégâts identiques partout, qu’il s’agisse de l’apprentissage de la lecture ou d’autres disciplines.

Bien des parents font le choix de déscolariser leurs enfants pour leur assurer un enseignement digne de ce nom : qui ouvre leur intelligence et leur apprenne à penser. La traque des parents réfractaires au système s’annonce.

Elle s’était mise en place en Belgique flamande, malgré l’affirmation de la liberté parentale par la Constitution, dès 2003, date à laquelle les parents ont été obligés de déclarer la scolarisation à domicile et à signer une déclaration de conformité avec des objectifs inspirés par la Charte de l’ONU pour les droits de l’enfant. Elle se poursuit aujourd’hui avec la mainmise effective des pouvoirs publics sur l’enfance et la possibilité d’obliger des parents à scolariser leurs enfants dans le système scolaire agréé par les autorités.

Cette crispation de l’État est une tendance lourde en Europe, particulièrement avancée dans des pays comme l’Allemagne ou la Suède où des affaires de saisie et de placement d’enfants à qui leurs parents faisaient l’école à la maison ont défrayé la chronique. En France, les parents conservent le choix de scolariser à domicile, mais sont soumis à des déclarations obligatoires et à des contrôles de plus en plus serrés, et ils ne peuvent plus mutualiser leur démarche avec d’autres familles.




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Québec — Plus petit nombre de naissances depuis 7 ans


D’après les prévisions de l’Institut de la Statistique du Québec publié ce mercredi, le nombre de naissances au Québec est tombé à 87 700 alors que la population du Québec continue de croître principalement grâce à une forte immigration. Il s’agit du plus bas chiffre depuis 2007. Entretemps, le nombre de décès a atteint un nouveau sommet dans l’histoire du Québec : 63 000 personnes sont décédées l’année passée.


20072008200920102011201220132014
Nais­sances84 45387 86588 89188 43688 61888 70088 60087 700
Décès56 74857 14958 04358 84159 53960 80060 80063 000
Pop­ulation 7 692 736 7 761 504 7 843 475 7 929 365 8 007 656 8 084 754 8 153 971 8 214 672
Taux de natalité10,97 ‰11,32 ‰11,33 ‰11,15 ‰11,06 ‰10,97 ‰10,86 ‰10,79 ‰


Le taux de natalité en 2014 devrait donc atteindre en 10,79 ‰ (soit 10,79 naissances pour 1000 habitants), le plus bas taux depuis 2005. En 1990, le taux de natalité était près de 30 % plus haut à 14 naissances pour 1000 habitants.




Voir aussi

Québec — L’immigration, ou plus précisément la « diversité », sera vue comme une fin en soi

Québec — Chute de la fécondité pour une cinquième année de suite (en 2013)

Immigration au Québec comparée au reste de l'Amérique du Nord