lundi 12 septembre 2011

Difficultés d'attention et d'apprentissage chez les enfants liées à la télévision

L'émission Bob l'éponge est montrée du doigt par une étude qui indique que le visionnement durant seulement neuf minutes de cette émission peut provoquer à court terme des difficultés d'attention et d'apprentissage chez les enfants de quatre ans.
De tels problèmes ont été observés dans le cadre d'une étude menée auprès de 60 enfants choisis aléatoirement et soumis à des émissions de Bob l'éponge ou Caillou, dans laquelle les images défilent moins rapidement, ou pour dessiner durant neuf minutes.

Immédiatement après cette activité, les enfants ont passé des tests de fonctions mentales. Et ceux qui avaient regardé Bob l'éponge ont eu des résultats plus faibles que les autres.

Des études antérieures avaient déjà établi un lien entre la télévision et des problèmes d'attention chez les enfants. Toutefois, cette nouvelle recherche laisse croire que des problèmes plus immédiats peuvent surgir après une courte exposition, des résultats desquels les parents devraient être au courant, selon les auteurs de l'étude.

Les dessins animés pour enfants durent en moyenne 22 minutes. Les auteurs de l'étude pensent que les dommages pourraient donc être encore plus graves en regardant la totalité d'une émission, mais admettent que plus de preuves doivent être obtenues pour le confirmer.

Les résultats devraient être interprétés avec précaution en raison du faible échantillonnage de l'étude, mais les données semblent être solides et appuyer l'idée que l'exposition aux médias représente un enjeu de santé publique, a affirmé le docteur Dimitri Christakis, spécialiste du développement des enfants à l'Hôpital pour enfants de Seattle. Il a écrit un éditorial qui accompagne l'étude publiée en ligne lundi dans la revue Pediatrics.

Le docteur Christakis est d'avis que les parents doivent prendre conscience que les émissions se déroulant à vive allure pourraient ne pas être appropriées pour des enfants en bas âge. Selon lui, l'important n'est pas seulement la durée de l'exposition, mais aussi le contenu.

L'auteur principal de l'étude, Angeline Lillard, professeure en psychologie de l'université de Virginie, a affirmé, quant à elle, que Bob l'éponge ne devrait pas être la seule émission montrée du doigt. Des problèmes similaires ont été détectés chez les enfants qui regardent des dessins animés qui défilent très vite à l'écran.

Expériences aux États-Unis et au Québec : moins de télé, moins de violence


En, 1998 Thomas Robinson, professeur de l’université Stanford, met en place dans une école de Californie un programme de 10 jours sans écran, suivi d’une consommation limitée à 7 heures par semaine. Au bout de 18 semaines, il constate une diminution de 40 % de la violence physique et de 50 % de la violence verbale. Des études montrent que si 15 % des enfants imitent ce qu’ils voient sur les écrans, la totalité se désensibilise, ce qui diminue l’empathie envers une personne qui souffre et la capacité de l’agresseur à éprouver des remords.

En 2003 Jacques Brodeur, enseignant à la retraite qui coordonne des activités d’éducation à la paix depuis 1988, lance bénévolement le « Défi 10 jours sans écran » dans une dizaine d’écoles québécoises. Plus d’une centaine d’écoles au Québec ont mené ce défi depuis sa création, une dizaine en France. Les résultats d’une étude sur la façon dont enfants, enseignants et parents ont vécu le Défi seront bientôt mis en ligne sur le site de Jacques Brodeur : www.defi-ecran-herblay.fr

Voir aussi edupax.





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Vatican — l’État doit respecter les choix des parents en éducation

En matière d’éducation, l’État a le devoir de respecter les choix des parents et d’éviter toute tentative « d’endoctrinement idéologique ». C’est ce que rappelle Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès du Bureau des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève, dans une intervention sur l’accès primaire à l’éducation, prononcée le 6 juillet dernier. « L’objectif de l’éducation est de s’étendre à la formation de la personne, à la transmission des valeurs comme le sens de la responsabilité individuelle et sociale, le travail éthique, le sens de la solidarité avec la famille humaine tout entière », a affirmé Mgr Tomasi. « Dans ce processus éducatif, l’État a le devoir de respecter les choix que les parents font pour leurs enfants et éviter des tentatives d’endoctrinement idéologique », a-t-il ajouté.

Citant le pacte international sur les Droits économiques, sociaux et culturels, il a rappelé que « les États parties au présent Pacte s’engagent à respecter la liberté des parents (…) de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics (…) et de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres conviction ». Cela inclut – a rappelé Mgr Tomasi – « le droit de formuler des jugements moraux sur des questions morales ». L’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies a aussi évoqué l’importance d’une « stricte coopération entre parents et école » pour atteindre de meilleurs résultats éducatifs. « L’État et la société civile doivent garantir une formation de haute qualité des enseignants afin qu’ils puissent voir dans leur rôle une mission spéciale et que leur service soit reconnu comme tel », a-t-il ajouté.

Source : Zenith




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Le plaisir de lire baisse chez les jeunes de 15 ans

Les Français étaient 61 % à aimer lire en 2009 contre 70 % en 2000. Les élèves de 15 ans, auxquels s’intéresse la dernière étude internationale Pisa pour l’OCDE, lisent de moins en moins par plaisir.

En moyenne, parmi les pays de l’OCDE, en 2009, 371 % des élèves affirment ne pas lire par plaisir, selon l’organisation internationale. En Autriche et au Liechtenstein, plus de la moitié des élèves de 15 ans sont dans ce cas. À l’opposé, en Albanie, au Kazakhstan, en Thaïlande et en Chine, ils déclarent lire pour le plaisir à plus de 90 %. Les jeunes Français qui étaient 70 % à aimer lire en 2000 ne sont plus que 61 % en 2009. Ce résultat est d’autant plus inquiétant que la notion de « plaisir » est associée à de meilleures performances à l’école. L’effondrement, à quelques exceptions près, est mondial. Mais pourquoi la Bulgarie ou le Kazakhstan, pays moins avancés économiquement que la France, la Grande-Bretagne ou les États-Unis, les devancent dans cette notion de « plaisir de lecture » ?

C’est une question économique, répond-on à l’OCDE, dans ces pays, souvent moins développés, le livre est encore un objet parfois difficile à se procurer. La perception de la lecture y est donc plus positive. » Lorsqu’ils sont issus de milieux socio-économiques favorisés, les élèves sont 72 % à affirmer lire quotidiennement pour le plaisir, contre 56 % lorsqu’ils sont issus de milieux défavorisés. En France, la différence des résultats entre ces deux publics peut dépasser les 20 %.

Pour Bruno Germain de l’Observatoire national de la lecture, « Le plaisir, lui, ne se décrète pas. Il ne vient qu’avec la fluidité. On ne prend du plaisir que parce que c’est devenu facile de lire, on n’a plus d’efforts à faire. C’est une conséquence. Les enseignants emmènent régulièrement les enfants à la bibliothèque, les engagent à lire mais ils ont d’abord des objectifs plus scolaires, plus techniques. Le plaisir de lire dépend aussi des parents ».

Difficile de dire en dépit de cette étude si les élèves lisent moins. Le sociologue Bernard Lahire pointe le fait que les enquêtes sur la lecture ne portent pas toujours sur la lecture sur Internet, grandissante chez les jeunes. Celle de l’OCDE s’est effectivement cantonnée à l’écrit « papier ».

Retrouver l’étude dans son intégralité : http://www.oecd.org/dataoecd/33/5/46624382.pdf

Source : Le Figaro




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Richard Martineau — Un drôle d'exercice d'ECR

Le chroniqueur Richard Martineau revient sur l'incident du voile dans une école de Jonquière dont nous parlions la semaine passée. Ce carnet n'est ni pour ni contre le voile en général (il y a des religieuses catholiques qui le portent !), mais pour que les parents — et non l'État ou les professeurs — puissent décider en toute connaissance de cause si ce genre d'exercices devrait avoir lieu ou non à l'école de leurs enfants (plutôt que toutes les écoles). Pédagogiquement, nous trouvons l'exercice inutile, car les élèves n'apprennent rien à se mettre 15 minutes un voile, si ce n'est peut-être ce que l'enseignant voudra conclure à l'avance.

« Ainsi, une prof d’éthique et de culture religieuse de Jonquière a décidé de faire porter le voile à ses étudiantes afin qu’elles expérimentent ce que ça fait d’être regardées par les autres quand on porte un hijab.

Cette approche particulière a fait grimper plusieurs personnes dans les rideaux.

Ça va peut-être vous surprendre, mais personnellement, je suis pour ce genre d’exercice.

Mais à deux conditions.


L’OUVERTURE POUR TOUS

Première condition : par souci d’équité, les étudiantes voilées devraient aussi se prêter à ce genre d’exercice et enlever leur voile pendant quelques minutes afin de savoir « comment on se sent » quand on ne porte pas de hijab.

(Après tout, l’ouverture aux autres est une voie à double sens. Ce n’est pas seulement aux non musulmans de s’ouvrir à l’Islam, c’est aussi aux musulmans de s’ouvrir aux autres cultures, non ? Pourquoi la prof ne demanderait pas aux étudiants musulmans de porter une kippa, par exemple ?)

Et deuxième condition : afin d’encourager les étudiantes à pousser leur réflexion plus loin, cet exercice devrait être accompagné d’une lecture de textes choisis.

Je propose les écrits suivants.

UN SYMBOLE D’ASSERVISSEMENT

Taslima Nasreen, écrivaine bangladaise : « Le hidjab islamiste est un uniforme intégriste, comme le furent par le passé la chemise brune ou noire… »

Azar Majedi, présidente pour l’Organisation pour la libération des femmes en Iran : « Je suis contre le voile, qui est l’outil et le symbole de l’oppression et de l’asservissement de la femme. Le voile est devenu la bannière du mouvement islamique.

« Je me bats contre le voile et dénonce sa nature. De plus, je suis pour l’interdiction du port du voile par les mineurs. Je pense qu’aucune fillette ne doit être obligée de porter le voile. Le voile limite le développement physique et intellectuel d’un enfant et doit être interdit. »

Irshad Manji, journaliste canadienne musulmane : « Je ne crois pas que les femmes portent le voile par choix. Une semaine avant l'entrée en vigueur de la loi sur la laïcité en France, un grand sondage demandait aux femmes musulmanes de France si elles appuyaient l'interdiction de porter le hijab à l'école. Et à la surprise générale, la majorité des femmes ont dit oui.

« Pourquoi ? Pas parce qu'elles s'opposent à l'islam ou au Coran. Mais parce qu'elles s'opposent à la violence, à l'intimidation et au harcèlement des hommes de leur communauté si elles ne le portent pas… »

UN MORCEAU DE TISSU

Mario Bernier, le directeur de l’école où l’enseignante de Jonquière travaille, affirme qu’il ne comprend pas pourquoi cet exercice a choqué certaines personnes puisque que « le voile n’est qu’un petit morceau de tissu ».

Monsieur Bernier devrait lire les propos de Michèle Vaniès, présidente du groupe Regards de femmes :

« Le voile a été inventé par les tenants de l’Islam politique pour montrer leur capacité d’occuper les espaces et les esprits.

« Ce n’est pas un bout de tissu quelconque. Des femmes qui refusent de le porter sont fouettées, égorgées, lapidées. Dès que les intégristes prennent le pouvoir dans un pays, leur première mesure est de voiler les femmes... »

N’est-ce pas le rôle de l’école de développer le sens CRITIQUE, monsieur Bernier ?
»




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L'école de son choix et le bon scolaire


Vous avez peut-être la chance d’avoir à faire à des maîtres dignes de ce nom : attentifs, patients, compétents, et prêts à vous rencontrer pour parler de vos enfants. Ils exercent un vrai sacerdoce car ils ont des élèves difficiles, et le niveau moyen de l’éducation a diminué. Leur mérite n’est pas toujours reconnu par l’administration, les inspections sont rares et superficielles, et l’avancement se fait surtout à l’ancienneté.

D’autres parents n’ont pas cette chance, et sont confrontés à un corps enseignant peu motivé. Comme chaque année, cette rentrée scolaire se fait sous le signe du manque de titulaires et du recours à des remplaçants, et de l’entrée en fonction d’enseignants qui ne sont faits ni pour enseigner ni pour éduquer et sont surtout attachés aux privilèges de la fonction publique. Où sont les « hussards de la République » ?

La gestion du personnel par des rectorats et un ministère lointains débouche sur le désordre et l’arbitraire.

Vous trouveriez normal que le mérite soit reconnu, et que les nominations et affectations d’enseignants tiennent compte de leur qualité. Un vrai changement consisterait donc à accepter la mobilité volontaire du personnel, en droit de rechercher un poste dans un établissement de son choix, les établissements ayant à leur tour la possibilité de recruter librement une équipe cohérente et motivée. La rémunération pourrait également varier, la règle de l’ancienneté étant corrigée par des primes variables selon les établissements et les individus. Enfin, il devrait être possible de recruter des enseignants en dehors de la fonction publique : des emplois contractuels de maîtres se multiplieraient dans l’enseignement, tandis que le nombre de fonctionnaires serait appelé à diminuer. Une concurrence entre maîtres viendrait ainsi compléter la concurrence entre établissements.

Le choix pour tous : les bons scolaires

Il n’y a pas de concurrence entre établissements, ni de liberté de choix des familles s’il n’y a pas de financement approprié.

Aujourd’hui tous les établissements du primaire, du secondaire et du supérieur dépendent des fonds publics : Etat, régions, communes. Cet argent est payé avec vos impôts : au total environ 70 milliards d’euros ; le budget de l’Education Nationale est le premier poste de dépenses de l’Etat représentant plus de 20 % du total. Comme il y a 12 millions d’enfants scolarisés, chacun d’entre eux dispose théoriquement de 6.000 euros par an, soit 500 euros par mois. Avez-vous l’impression d’en avoir pour votre argent ?

Déresponsabilité par la gratuité

Le paradoxe est qu’aujourd’hui l’école est « gratuite » (c'est-à-dire subventionnée par l’impôt) pour des familles aisées qui pourraient payer. Mais la gratuité n’est pas une garantie de qualité, puisque tous les établissements sont également dotés. Parallèlement les familles modestes n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants dans des établissements de qualité qui coûteraient peut-être plus cher.

En fait le choix des familles n’est responsable que lorsqu’elles payent elles-mêmes les études de leurs enfants. Différemment, elles considèrent les études comme un « droit social » et se dispensent de tout contrôle, tout en déplorant la mauvaise qualité des prestations.

Il est vrai que beaucoup de familles ne pourraient offrir à leurs enfants l’école de leur choix. À ce moment, rien n’empêche qu’un bon scolaire leur soit attribué (par exemple d’une valeur de 500 euros par mois, correspondant à la moyenne nationale du coût scolaire), le bon étant remis à l’établissement de leur préférence. Ce bon, financé par l’impôt, marquerait ainsi la solidarité de tous les contribuables avec ceux qui sont dans le besoin.

Jacques Garello

Source : Libres

Voir aussi de Jacques Garello cet article (à la page 5) où il aborde la concurrence des pédagogies, la fin du monopole des programmes scolaires par l'État.




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samedi 10 septembre 2011

France — le droit imprescriptible à la licence : l’Université est devenue un village Potemkine

Pierre Jourde, écrivain, professeur d’université et critique littéraire dénonce la réforme de la licence (le baccalauréat au Québec) et la volonté de donner un diplôme à tous les étudiants, quel qu’en soit le prix.

« L’idée généreuse qui préside à cette réforme est que tout le monde devrait avoir un diplôme. Certes. Mais cette formule est susceptible de deux interprétations.

Soit on comprend qu’il s’agit de faire en sorte de donner à tout le monde un niveau honnête justifiant l’obtention d’un diplôme.

Soit on comprend qu’il s’agit de bidouiller les diplômes de manière à ce que tout le monde les obtienne, quel que soit son niveau, son travail et son savoir.

Depuis des années, c’est la seconde solution qui est adoptée, en laissant croire, bien entendu, que c’est la même chose que la première. Mais cette fois-ci, on dépasse tout. Le mur de la démagogie et de la connerie réunies vient d’être allègrement enfoncé par le ministre et l’UNEF. L’UNEF [syndicat étudiant] myope, pour ne pas dire aveugle, convaincu que défendre les étudiants, c’est faire en sorte qu’ils obtiennent tous des diplômes en peau de lapin, sans voir que cela conduit à achever l’université, désormais considérée comme une usine bonne à occuper le chômeur en le berçant d’illusions. Les choses sérieuses auront lieu ailleurs.

Jusqu’à présent, malgré toutes les facilités possibles, il fallait quand même une moyenne générale pour passer d’une année sur l’autre. Désormais, c’est fini. Voilà résolu le grave problème de l’échec en première année. Il suffisait d’y penser.

Vous êtes étudiants en première année de Lettres, mettons. Vous avez eu deux ou trois de moyenne à peu près dans toutes les matières ? Peu importe. Il vous suffira d’un petit quelque chose, mettons un 15 en initiation à l’informatique (tout le monde a 17) et en « découverte du système éducatif » (vous pondez un petit rapport de quatre pages et vous avez forcément au-dessus de 14), voire en sport, pour passer en deuxième année. Là, rebelote pour passer en troisième année. Jusque-là, tout cela n’a pas exigé trop d’efforts de votre part. Problème : à la fin de la troisième année, votre moyenne générale est tout de même quasi nulle. Les matières littéraires vous ont plombé.

Qu’à cela ne tienne : Si vous avez réussi à obtenir la moyenne dans la moitié des enseignements, quand bien même vous auriez des 4 partout ailleurs, vous avez la licence. Et vous serez titulaire d’une licence de lettres avec du sport, de l’informatique rudimentaire et toutes sortes d’options rigolotes. D’UNE LICENCE DE LETTRES. Vous avez donc le droit de vous inscrire au master [maîtrise au Québec], puis à vous présenter aux concours. Vous échouez ? Peu importe. L’éducation nationale a besoin de vacataires mal payés et sous-diplômés (les titulaires diplômés coûtent cher). Vous voilà prof. de Lettres. Le tour est joué. Merci UNEF, merci M. le Ministre. Voilà une réforme adoptée par un ministre de droite et un syndicat paraît-il de gauche. Inutile de dire que si la droite s’est efficacement employée, depuis l’élection de Sarkozy, à démolir l’université, il n’y a aucun recours à attendre de la gauche sur ce sujet.

Personnellement, en tant qu’universitaire, j’estime que la coupe à n’importe quoi est pleine et que, cette fois, on se paie ma tête ouvertement. On me demande de présider à une pure mascarade, de faire semblant d’enseigner pour faire semblant de délivrer des diplômes ayant un contenu, alors qu’il ne s’agit que de faire du chiffre. L’université est définitivement devenue un village Potemkine, un faux-semblant général où le savoir n’a plus aucune importance. S’il ne s’agit que de balancer des 18 à la pelle, si c’est cela qu’on me demande, aucun problème, ils vont pleuvoir. Mais qu’on ne me demande pas en plus de m’intéresser à la guignolade.

P.J.
»

Source : Nouvel Obs


Voir aussi

Mark Steyn dans After America sur l'éducation américaine

La bulle universitaire aux États-Unis va-t-elle crever ?

Inflation des notes dans les universités nord-américaines ?


Les francophones bientôt minoritaires à Montréal, légère baisse des francophones dans l'ensemble du Québec

Le nombre de personnes s'exprimant en français à la maison pourrait passer sous la barre des 50 % d'ici une vingtaine d'années sur l'île de Montréal, s'il faut en croire les conclusions d'une des cinq études présentées vendredi par l'Office québécois de la langue française (OQLF).

Seul le nombre d'allophones augmentera au cours de cette période. Leur proportion au sein de la population passera de 20,6 % à 29,5 %, selon un scénario de croissance démographique moyenne. Ce n'est guère étonnant quand on considère le très fort taux d'immigration légale au Québec : près de 50.000 immigrants par an.

Dans l'ensemble du Québec, le poids démographique des francophones devrait baisser au cours des 20 prochaines années pour s'établir à 77,9 %, alors qu'il se situait en 2006 à 79 %. Celui des anglophones devrait diminuer légèrement pour s'établir à 10,1 %.

Les allophones seront les seuls à connaître une hausse, passant de 11,4 % à 12,1 %.


On se console comme on peut

Ces chiffres n'inquiètent pas Louise Marchand, directrice de l'OQLF, qui note qu'une plus forte proportion d'allophones opte aujourd'hui pour le français comme langue d'usage.

Le rapport indique notamment que les allophones ayant adopté le français dans leur vie quotidienne, au détriment de leur langue maternelle, l'ont fait dans une proportion de 51 % à partir de 2006, alors que ce nombre n'était que de 39 % en 1996.

Or, 51 % ce n'est pas assez pour maintenir le niveau des francophones à Montréal (54 %), ni même bien sûr des francophones au Québec (79 %) alors que la croissance démographique a justement lieu à Montréal !





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vendredi 9 septembre 2011

ÉCR — Une enseignante fait expérimenter le voile à ses élèves

Le directeur de l’école polyvalente de Jonquière, Mario Bernier, a indiqué au Journal de Québec qu’il appuyait l’approche pédagogique de l’enseignante de son école qui a décidé de faire porter le voile à ses élèves, dans le cadre du cours d’éthique et de culture religieuse.

Si l’initiative de l’enseignante de 5e secondaire, France Gagnon, n’a pas soulevé de tollé chez les élèves ou les parents, l’exercice de quelques minutes a suscité maintes réactions dans la province.

« Des médias n’ont pas arrêté de m’appeler vendredi, a fait savoir le directeur. Quand on touche à la religion au Québec, ça suscite beaucoup de réactions, surtout depuis la commission Bouchard-Taylor, mais là, je ne pensais pas que ça créerait un tel tumulte. Il y a un genre de panique médiatique. »

M. Bernier a également mentionné que l’enseignante ne voulait dorénavant plus parler aux médias. « C’est sûr qu’elle est très nerveuse. Elle ne pensait pas que ça allait devenir aussi gros. »

Pas d’objection

Même si « certains », selon le Journal de Québec, ont contesté la technique utilisée par Mme Gagnon pour animer son cours, le directeur a indiqué que l’objectif de la démarche ne cachait aucune mauvaise intention. « Il a été proposé, d’une façon volontaire, que les élèves portent un petit voile pendant quelques minutes pour qu’ils aient la perception par rapport à une différenciation. »

L’enseignante aurait réalisé l’exercice avec deux groupes durant environ 15 minutes. Les garçons ont également participé.

Mme Gagnon a envoyé une lettre aux parents avant de faire l’exercice et aucun d’entre eux ne s’y est opposé. Malheureusement, le Journal de Québec ne reproduit pas cette lettre.

Beaucoup de dérapages pour le MLQ 

« On a toujours été contre. On appréhende beaucoup de dérapages, étant donné que le sujet de la religion, en soi, c’est très délicat. Une situation comme celle de cette enseignante ne fait que confirmer nos appréhensions », a affirmé Marie-Michelle Poisson, présidente du Mouvement laïque québécois (MLQ).

« Le voile, c’est la pratique la plus controversée chez les musulmans. Ça prendrait un cours complet pour l’expliquer. C’est ça le problème, les enseignants ont beaucoup de matière à voir et on risque de prendre des raccourcis. Il faudrait l’enseigner dans un cours où on a la possibilité de faire toutes les nuances, comme dans un cours d’histoire par exemple. »

Selon Mme Poisson, le fait de réduire la religion à un aspect culturel en l’enseignant dans un cours de culture religieuse est fort discutable. « Ça donne lieu à toutes sortes de caricatures », ajoute-t-elle.

Les enseignants laissés à eux-mêmes pour la CLÉ

Quant à Richard Décarie, de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ), il partage le même avis. « Ça vient montrer que les enseignants sont laissés à eux-mêmes. Ils font ce qu’ils veulent. On n’est pas surpris de voir ça », a-t-il laissé entendre.


Voile dégradant pour la femme ?

Interrogé sur le débat que suscite le voile pour l’image de la femme, M.  Bernier a indiqué que l’exercice ne devait pas être interprété de cette manière et visait plutôt à permettre aux élèves de comprendre comment les gens perçoivent cette situation. On peut cependant douter que 15 minutes avec un voile sur la tête permettent de comprendre quoi que ce soit si ce n'est ce que l'enseignante voudra faire ressortir de cet exercice insolite pour les élèves, plus particulièrement on voit mal comment les élèves pourraient vraiment se mettre à la place de gens pour qui le voile fait partie de la vie de tous les jours par exemple.

« On doit développer des enfants avec un esprit critique qui sont capables de se positionner. L’algèbre, ça vient des Arabes. Va-t-on arrêter d’enseigner les mathématiques puisqu’on fêtera les dix ans des attentats du 11 septembre, dimanche ? C’est un peu ça. Le voile, c’était un petit morceau de tissu et ça a duré quelques minutes. »

Et voilà à quoi se résume le cours d'éthique et de culture religieuse ? Des approximations (les Arabes ne sont pas tous musulmans), de la mièvrerie multiculturaliste, des amalgames ? Quel rapport entre le voile, musulman donc, et les mathématiques ? Comme si on ne pouvait pas accepter des éléments scientifiques d'autres civilisations tout en réprouvant ou non des éléments religieux ou culturels de ces mêmes civilisations ! C'est cela développer l'esprit critique ?

L'algèbre « vient des Arabes » !?

Rappel : si le mot algèbre est d'origine arabe, la chose algébrique « ne vient pas des Arabes » encore moins « les mathématiques » dont l'algèbre n'est qu'une branche. Le grand algébriste El-Khwarizmi Mouhammed ibn Moussa était d'origine persane et non arabe. Ces travaux étaient eux-mêmes inspirés de ceux de l'Indien Brahmagoupta et de mathématiciens grecs comme Diophante.

Le Grec Diophante d'Alexandrie (vers 200/214 - vers 284/298), au IIIe siècle de l'ère chrétienne, fut le premier à pratiquer l'algèbre en introduisant le concept d'inconnue en tant que nombre, et à ce titre peut être considéré comme « le père » de l'algèbre.

Notons enfin que c'est à François Viète (1540-1603) que l'on doit l'idée de noter les inconnues numériques à l'aide de lettres. Son livre phare Isagoge marque en 1591 le début de la révolution algébrique qui, poursuivie par Thomas Harriot, William Oughtred, Albert Girard et René Descartes, fondera les notations de l'algèbre contemporaine.

Bref, les « Arabes » (en fait la civilisation arabo-musulmane dont beaucoup de savants ne sont ni arabes ni musulmans comme les nombreux médecins syriaques de la Bagdad abbasside) forment un chaînon de l'invention de l'algèbre, mais on ne peut en rien dire que « l'algèbre vient des Arabes » et encore moins « les mathématiques ».

Voir aussi sur cette affaire

Comment on a traité les parents à Jonquière par Myriam Ségal, journaliste dans la région






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