mardi 2 août 2011

Sondages sur l'immigration au Canada

Le prêt-à-penser progressiste veut que les Canadiens soient en faveur d'une forte immigration et que ce soit la raison pour laquelle la politique migratoire canadienne ne fasse jamais l'objet d'aucune discussion politique : tout le monde serait d'accord. Pas un tabou, mais un autre de ces « consensus ». 

(Rappelons que le gouvernement et les partisans du cours ECR très actifs dans les médias subventionnés nous ont dit que le cours ECR faisait l'objet d'un consensus social (Jean Charest dixit), alors que près d'un parent sur deux y était opposé et que 76 % des parents étaient contre son imposition !)

Une nouvelle fois, ce prétendu consensus ne semble pas être corroboré par des chiffres. La firme Abacus Data a fait un sondage en décembre 2010 sur la question et la majorité des Canadiens est plutôt contre la politique d'immigration actuelle !

Question d'Abacus Data :

Actuellement, le Canada accueille en moyenne 250.000 immigrants par an. En outre, un nombre équivalent d'étudiants et de travailleurs temporaires étrangers sont admis. Ces chiffres devraient-ils augmenter, diminuer ou rester les mêmes ? 
Les résultats :

(Taille de l'échantillon pondéré n=1361, marge d'erreur ± 2,7 %, 19 fois sur 20.)

Analyse

La moitié des Canadiens pense que le Canada devrait réduire le nombre d'immigrants dans le pays, il n'existe pas de différence statistiquement significative entre les femmes (49 %) et les hommes (51 %).

Les jeunes Canadiens (18-29 ans) étaient en faveur du statu quo (46 %), alors que les Canadiens de plus de 30 ans désirent voir l'immigration réduite (44 % parmi les 30 à 44 ans et 59 % parmi les 45 ans et plus).

Les Ontariens (54 %) et les Québécois (50 %) sont ceux qui pensent le plus qu'il faudrait réduire l'immigration au Canada alors que l'Atlantique le pense le moins (42 %) alors que 47 % des gens de l'Ouest désire voir l'immigration diminuer.

Les sondés nés au Canada sont nettement plus en faveur d'une réduction annuelle du nombre d'immigrants, d'étudiants et de travailleurs temporaires (52 %) que les répondants nés hors du Canada (35 %).

73 % veulent les étrangers avec faux papiers soient expulsés illico

Selon un autre sondage par Léger Marketing, réalisé entre le 25 et le 27 juillet montre que 73 % des sondés veulent que les fraudeurs soient immédiatement expulsés du pays, tandis que 18 % sont d'avis qu'ils devraient être autorisés à rester pendant que leur cas passe au travers du long processus d'expulsion. Neuf pour cent des répondants n'avaient pas d'opinion sur la question. Le sondage présente une marge d'erreur de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.

Les Québécois sont les plus favorables à l'expulsion, dans une proportion de 77 %. Les Ontariens sont plus susceptibles que les Québécois à permettre aux fraudeurs de rester au pays, dans une proportion de 20 % des sondés, alors que seuls 14 % des Québécois sont de cet avis.

Ce sondage a été effectué dans la foulée de l'annonce faite par Ottawa, il y a deux semaines, au sujet d'une enquête du ministère de l'Immigration qui a permis de découvrir qu'au moins 1 800 personnes auraient obtenu frauduleusement la citoyenneté canadienne.

D'abord contribuer avant de bénéficier des avantages sociaux

Lors de ce même sondage, Léger Marketing a également demandé aux Canadiens leurs opinions au sujet des immigrants et des avantages sociaux.

Quatre sondés sur cinq (79 %) estiment que les nouveaux immigrants ne devraient pas avoir droit aux mêmes avantages sociaux dès leur arrivée et qu'ils ne devraient y avoir droit qu'après avoir travaillé et contribué à l'économie canadienne pendant une certaine période.

Seuls 16 % des répondants au sondage ont déclaré que les nouveaux immigrants devraient avoir accès immédiatement aux avantages sociaux. Cinq pour cent n'avaient pas d'opinion.

C'est en Ontario et en Alberta (88 %) où les répondants sont les plus susceptibles de réclamer que les immigrants travaillent pendant un certain temps avant d'avoir droit accès aux avantages sociaux, alors que ce pourcentage est de 78 % au Québec.

Les répondants avec des études universitaires (71 %) et les personnes mariées (82 %) souhaitent également que les nouveaux immigrants travaillent avant d'obtenir des prestations, comparativement à 85 % des personnes sans études postsecondaires et aux personnes seules (70 %).

Un animateur de radio très populaire au Canada anglais comme Lowell Greene s'est également prononcé récemment contre la politique migratoire du Canada et le multiculturalisme dans un livre intitulé Mayday! Mayday! Curb Immigration. Stop multiculturalism and the bogus refugees or it’s the end of the Canada we know!


Consensus sur la « généreuse » politique migratoire du Canada ?




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mercredi 27 juillet 2011

Histoire — Pas de célébration pour le 350e anniversaire de d'Iberville



Réplique du Pélican, le navire de d'Iberville
Mise à jour 27 juillet 

Un de nos lecteurs nous a transmis cette réponse de la part de Radio-Canada qui tente d'expliquer pourquoi la société d'État (1,1 milliard de subventions par an) ne ressort pas les feuilletons D'Iberville en DVD :
« Nous désirons vous informer que la série « D'Iberville » n'est pas disponible en coffret DVD. Cela dit, cette émission ne pourrait pas être commercialisée pour le grand public sur DVD, car les droits de reproduction seraient très coûteux à libérer en raison du grand nombre de comédiens qui y participent. Nous avons toutefois transmis votre suggestion à la directrice des ventes et marketing au Service du marchandisage, qui en prendra bonne note. »
Tout cela n'est pas très clair : pourquoi les comédiens ne voudraient-ils pas toucher des revenus supplémentaires, même s'ils sont nombreux ? Est-ce à dire que la SRC ne ressort que les feuilletons intimistes à petit déploiement ? Est-ce que les autres feuilletons historiques de la SRC comme La Feuille d'Érable, Radisson, Le Courrier du Roi et Les Brûlés ne paraîtront plus jamais ? Trop cher ou trop historique, trop enraciné ?




Mario Beaulieu, président et Christian Gagnon, conseiller général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal se demande dans Le Devoir pourquoi le Québec ne célèbre pas ses héros. Les manuels scolaires du Québec ne parlent plus de d'Iberville.

C'est le propre des peuples fiers que de célébrer leurs héros et leurs victoires. C'est d'ailleurs le rôle de l'État de cultiver cette fierté en soulignant les grands anniversaires de ses plus glorieux personnages et événements. Aussi, le choix de ce qui est jugé valoir un tel effort en dit long sur la psyché de ce peuple. En 1976, les États-Unis ont souligné de façon festive et grandiose les 200 ans de leur guerre d'indépendance. En 1989, la France a célébré dans le faste le bicentenaire de la prise de la Bastille.

Mais au Québec, on ne veut surtout déranger personne ou même risquer de le faire. Ainsi en ce 20 juillet, le 350e anniversaire de naissance de Pierre Lemoyne d'Iberville n'aura fait l'objet d'aucune commémoration officielle.

D'Iberville est réputé être le plus illustre des fils de la Nouvelle-France. Ce Montréalais de naissance dirigea la conquête de la baie d'Hudson, puis chassa presque entièrement les Anglais de Terre-Neuve et du Labrador. Il fonda la Louisiane, dont il fut le premier gouverneur, puis conquit l'île anglaise de Nièves, dans les Caraïbes.

C'est de loin notre plus grand conquérant. Mais il ne faudrait surtout pas contrarier quelqu'un pouvant possiblement davantage s'identifier à ceux que d'Iberville a vaincus. Alors, tant par l'administration municipale de Montréal que par le gouvernement du Québec, ce grand anniversaire a été tu.

[...]

Se pourrait-il que les Québécois aient un complexe avec la victoire? Qu'ils aient du mal à s'identifier à des gagnants? Ou qu'ils soient trop gentils pour le faire? La question mérite d'être débattue.

Pour ses 350 ans, Pierre Lemoyne d'Iberville aurait mérité mieux que l'assourdissant silence de ce pourtant grand jour. Mais l'année de cet important anniversaire se poursuit. Souhaitons que la rentrée nous réserve des sursauts d'honneur.


Panneau qui marque la première capitale de la Louisiane (La Mobile)
fondée par d'Iberville. La Mobile est aujourd'hui en Alabama.
Radio-Canada n'a toujours pas ressorti en DVD le feuilleton D'Iberville, composé de 39 épisodes et réalisé en 1967-1968 par Radio-Canada, en collaboration avec l'Office de radiodiffusion télévision française (ORTF), Radiodiffusion-télévision belge (RTB), et la Société suisse de radiodiffusion (SSR). Ce fut une production très importante à l'époque, avec plus de 175 acteurs et une reproduction à l'échelle du Pélican.

Postes Canada ne prévoit aucun timbre pour commémorer le 350e anniversaire de naissance de d'Iberville. La société d'État a décidé de commémorer : Carrie Best (?), Fergie Jenkins (?), Daphne Odjig (?), Ginette Reno et d'autres chanteurs et enfin de très nombreux signes du zodiaque...


Par contre, chaque année dans le Mississippi, à Ocean Springs, on célèbre l'arrivée de d'Iberville et la fondation de Fort Maurepas.





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Vatican — l’État a le devoir de respecter les choix des parents en éducation

En matière d’éducation, l’État a le devoir de respecter les choix des parents et d’éviter toute tentative « d’endoctrinement idéologique ». C’est ce que rappelle Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès du Bureau des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève, dans une intervention sur l’accès primaire à l’éducation, prononcée le 6 juillet dernier. « L’objectif de l’éducation est de s’étendre à la formation de la personne, à la transmission des valeurs comme le sens de la responsabilité individuelle et sociale, le travail éthique, le sens de la solidarité avec la famille humaine tout entière », a affirmé Mgr Tomasi. « Dans ce processus éducatif, l’État a le devoir de respecter les choix que les parents font pour leurs enfants et éviter des tentatives d’endoctrinement idéologique », a-t-il ajouté.

Citant le pacte international sur les Droits économiques, sociaux et culturels, il a rappelé que « les États parties au présent Pacte s'engagent à respecter la liberté des parents (…) de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics (…) et de faire assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres conviction  ». Cela inclut – a rappelé Mgr Tomasi – « le droit de formuler des jugements moraux sur des questions morales ». L’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies a aussi évoqué l’importance d’une « stricte coopération entre parents et école » pour atteindre de meilleurs résultats éducatifs. « L’État et la société civile doivent garantir une formation de haute qualité des enseignants afin qu’ils puissent voir dans leur rôle une mission spéciale et que leur service soit reconnu comme tel », a-t-il ajouté.

Source : Zenith

dimanche 24 juillet 2011

Californie — Le programme scolaire devra intégrer « la contribution des homosexuels et transsexuels » à l'histoire américaine

Mise à jour, lundi 25 juillet

Le Pacific Justice Institute a lancé une campagne pour que l'État de Californie tienne un référendum sur cette obligation d'inclure « la contribution de la communauté gay, lesbienne et transsexuelle à l'histoire américaine » dans les manuels californiens. Pour qu'un référendum soit tenu, les partisans de cette initiative doivent réunir 500.000 signatures en un peu moins de trois mois.





Une loi promulguée jeudi par le gouverneur démocrate de l'État Jerry Brown oblige désormais à ce que l'enseignement dispensé dans les écoles californiennes intègre « la contribution de la communauté gay, lesbienne et transsexuelle à l'histoire américaine ». Cette contribution devra faire partie du cours de « sciences » sociales.

La Californie, État en faillite chronique, est le premier État américain à légiférer en ce sens. La loi, défendue par le sénateur démocrate Mark Leno, avait été votée en avril dernier par le Congrès californien. Une loi similaire avait déjà été votée en 2006 mais le gouverneur de l'époque, Arnold Schwarzenegger, y avait opposé son veto.

Le sénateur Leno s'est félicité dans un communiqué de la promulgation de sa loi. « Aujourd'hui, nous écrivons une page de l'histoire de la Californie, en garantissant que nos livres scolaires n'excluront plus les contributions des gays américains », écrit le seul sénateur américain ouvertement homosexuel.

Le président de la chambre basse, le démocrate John Pérez, a cité devant l'assemblée deux exemples de personnages importants dans l'« histoire homo ». L'un est Friedrich von Steuben, un conseiller militaire de George Washington. L'autre étant le mathématicien britannique Alan Turing qui a participé au déchiffrement de la machine Enigma allemande et un des fondateurs de l'informatique. Aucun des deux n'était Américain.

Notons que tous les historiens ne s'accordent pas pour dire que von Steuben était homosexuel, bien qu'il ait été accusé de pédérastie en Europe, peut-être par malveillance. L'historien Paul Lockhart dans The Drillmaster Of Valley Forge (Smithsonian Books, 2008) écrit :
 "There is little to prove one or the other. Steuben enjoyed the company of women, in social settings at least, but like many soldiers of his day he spent nearly all of this time in the exclusively male society of the army. Whether Steuben was homosexual or heterosexual, or asexual, for that matter, may never be known with any certainty. But his inability to let down his guard suggests that he may have been incapable of forming an intimate romantic bond with anyone, male or female." (pages 203-204)
En outre, Lockhart relate cet incident
"Stueben once dropped a miniature portrait of a beautiful young woman. His personal assistant asked him about her identity, and the Baron choked up. 'She was a matchless woman,' he finally managed to say, but would speak no further about her."
On n'est donc sûr de rien en la matière. Qu'enseignera-t-on aux écoliers californiens ? Que von Steuben était « homo », « pédéraste » ou simplement un bon instructeur militaire prussien, mais un personnage toutefois secondaire ?

Pour Turing, son « indécence manifeste et [sa] perversion sexuelle » était bien connue puisqu'elle fut l'objet d'un procès très médiatisé en 1952. À l'issue de celui-ci, le tribunal lui donna le choix entre l'incarcération et une castration chimique, réduisant sa libido. Il choisit ce dernier traitement. En 1954, il mourut d'un empoisonnement au cyanure. Une enquête conclut au suicide.

Ceci étant dit la contribution de Turing n'est en rien cachée des étudiants en informatique et du chiffrement. Le concept de la machine de Turing est enseigné dans toutes les universités. Nulle conspiration du silence.

Pourquoi faudrait-il que l'importance d'un chef d'État, d'un inventeur, d'un savant, d'un découvreur soit désormais subordonnée à son orientation sexuelle ? Quel quota dans les manuels californiens pour les homosexuels, les transsexuels, les transgenres ?

Faut-il espérer qu'il y ait eu des puritains transgenres ou homosexuels sur le Mayflower pour que l'épisode ne soit pas réduit à sa plus simple expression dans des manuels californiens qui doivent déjà faire place à la contribution des femmes, des syndicats et des minorités 
ethniques ? Quel aspect transgenre, transsexuel, bisexuel ou homosexuel ignoré de la Guerre de Sécession a-t-on omis d'enseigner dans les écoles californiennes ?


Épisode de la guerre de Sécession digne des nouveaux manuels californiens ?

La nouvelle loi (la Californie est un des États les plus réglementés des États-Unis) a déchaîné l'imagination des polémistes, des commentateurs politiques et des comiques. Mark Steyn a ainsi commenté que la seule façon pour le président sudiste Jefferson Davis d'encore apparaître dans les manuels californiens serait sans doute de rappeler l'épisode de sa fuite, déguisé comme une femme, comme un haut fait transgenre.


samedi 23 juillet 2011

France — laboratoire d'idées socialiste contre la politique familiale française, en faveur d'une politique plus québécoise

Terra Nova, le laboratoire d'idées proche du Parti socialiste français, veut s’attaquer à la politique familiale à la française. Sous couvert d’égalitarisme social, la fondation met à mal les mesures visant à développer la natalité considérée comme importante pour assurer le renouvellement des générations et même favoriser une certaine croissance économique.

Plus grande étatisation de la garde des tout-petits

Terra Nova avait déjà fait parler d'elle en soupçonnant les ouvriers d'être devenus réactionnaires et de voter Front national. Dans sa dernière étude, on peut se demander s’il fait confiance aux familles et  aime que les Français fassent des enfants. Dans son rapport, le laboratoire d'idées de gauche propose une série de mesures politiques. Dans une première partie, la fondation propose notamment de créer un « service public de la petite enfance », similaire au programme ruineux, inéquitable et discriminatoire des garderies québécoises dites à 7 $ (en réalité plus proche de 50 $ quand on considère les subventions), afin de s’occuper des enfants en moins de trois ans.

Fin de la politique familiale universelle, place à une politique sociale sélective

Terra Nova propose également de remettre en cause le fondement de la politique familiale à la française. Cette dernière, n’a pas seulement pour objectif de réduire les inégalités entre riches et pauvres mais aussi et même surtout d’inciter les gens à faire des enfants, pour faire face au vieillissement de la population. C’est pour cette raison que les allocations familiales ne sont soumises à aucune condition de ressources, contrairement au Québec ! Qu’on soit riche ou pauvre, le pouvoir d’achat doit être maintenu malgré l’agrandissement de la famille. Le Québec pour sa part favorise la naissance d'enfants nés dans des familles pauvres.

La politique fiscale française actuelle a de quoi faire rêver les parents québécois. Les revenus sont taxés non à titre personnel, mais sur une base familiale. Tous les revenus de la famille sont regroupés puis divisés par le quotient familial. Celui permet d’ajouter des parts et de faire diminuer son revenu imposable en fonction du nombre d’enfants à charge. Chaque adulte dans la famille compte pour une part, les deux premiers enfants à charge pour une demi-part et chaque enfant à charge supplémentaire pour une autre part entière. Une fois le revenu familial divisé en autant de parts que permis, chaque part est imposée selon un même barème. Exemple : on divise les revenus d'un célibataire ou divorcé sans enfants et sans personnes à charge par 1 (sa part d'adulte). Un couple marié sans enfants : 2 parts, avec 2 personnes à charge : 3 parts, avec 3 personnes à charge : 4 parts, avec 4 personnes à charge : 5 parts. Le père peut par exemple être le seul à travailler et très bien gagner sa vie avec quatre enfants, sa famille paiera 5 fois l'impôt d'un célibataire gagnant 5 fois moins ce qui, étant donné la nature « progressive » de l'impôt qui impose très peu (ou pas) les revenus modestes et très fortement les revenus importants est très avantageux. Nettement plus avantageux pour les familles qui paient l'impôt que la fiscalité québécoise.

Mais voilà, Terra Nova souhaite mettre fin au quotient familial pour le remplacer par un crédit ou une réduction d’impôt, comme au Québec ! Certes, cette mesure profitera désormais aux ménages non imposables et l’avantage sera augmenté à partir de trois enfants. Mais la fondation reconnaît que « touchant beaucoup plus de ménages, (la mesure) conduit, pour un même montant global, à distribuer un montant par enfant bien plus faible qu’une réduction d’impôt » (page 58). Bref, on transformerait une mesure à visée nataliste universaliste en un politique sociale, comme au Québec.

Pire, le rapport propose carrément de remettre en cause les majorations de pensions pour les parents de plus de trois enfants, encore une politique qu'ignore le Québec. La raison de ces majorations se trouvait dans la volonté de venir en aide aux parents de famille nombreuse dont le nombre d'enfants a souvent un impact négatif sur l'avancement ou même la carrière au complet (les femmes restant par exemple à la maison).

L'institut de réflexion1 socialiste juge ces pensions majorées « particulièrement critiquables » (page 65). Le rapport affirme que ces majorations « relèvent plus d’une logique de récompense que de compensation des charges ou d’incitation ». [??] Pour lutter contre cette infamie pour un socialiste nouveau, le rapport propose donc la suppression progressive de ces majorations pour les nouveaux retraités ainsi que le gel et la prise en compte de ces dernières dans le calcul de l’impôt sur le revenu des actuels retraités.

Il n’est jamais venu à l’idée du rapporteur qu’élever une famille nombreuse représente non seulement un coût financier lorsque les enfants sont encore à charge mais aussi un obstacle dans la carrière (congés maternité, difficultés à rester tard au travail...), donc pour le niveau du salaire et in fine de la retraite. Sans compter que l'on peut considérer qu'élever une grande famille représente un véritable travail autrement plus usant que bon nombre d'emplois de fonctionnaire.

La fondation admet toutefois que les charges pour un enfant de 14 ans sont plus élevées que pour un enfant de trois ans, ne serait-ce que pour la scolarité. Pour remédier à cela, Terra Nova propose une « prestation complémentaire » pour ces enfants, mais « sous conditions de ressources ». Transformant à nouveau une politique familiale universelle en une politique sociale qui favorisera les pauvres avec enfants et punira, en comparaison, les familles aisées qui ont autant d'enfants.

Politique antinataliste

La visée antinataliste des propositions des penseurs socialistes est confirmée aux pages 60 et 61 de leur rapport. En effet, la fondation précise que l’aide apportée aux familles face au « coût » d’un enfant « ne signifie pas que l’État encourage la constitution de familles nombreuses. Les fratries nombreuses semblent avoir un effet assez défavorable sur la scolarité des enfants et leur trajectoire sociale, particulièrement en ce qui concerne les filles » (page 60). Les cerveaux bobos ne semblent pas considérer que ces résultats se concentrent dans les familles nombreuses pauvres et immigrées.

Le rapport concède qu'« Il incombe évidemment aux parents de décider le nombre d’enfants qu’ils désirent. » Mais il ajoute ensuite que « La puissance publique, à travers les services départementaux de protection maternelle et infantile (PMI) notamment, intervient pour aider les femmes qui subissent des grossesses non désirées. On pourrait également imaginer que les PMI aient une action de sensibilisation auprès des parents sur les difficultés en terme d’éducation et des vies professionnelles des mères que peut provoquer le choix d’avoir un 4ème enfant ou davantage » (page 61). Notons au passage le nom orwellien d'un service de « protection infantile » qui recommande l'avortement et donc l'élimination d'enfants. Étrange protection pour ces enfants à naître.

Est-ce une façon subtile de dire que les mères qui seraient enceintes d'un quatrième enfant seraient incitées à avorter ?

L'État aurait-il dû décourager les parents Dion dès leur 4e enfant ?

Terra Nova préconise donc l’idée que la croissance et le progrès social d'un pays est en lien avec son niveau de la natalité. Certes, l’indice de fécondité en France est un des plus élevés d’Europe (2 enfants par femme), mais il demeure faible face aux défis à relever : financement des retraites, de la dépendance, renouvellement de la main-d'oeuvre, croissance économique… L’apport de l’immigration est loin d’être une solution miracle à ces problèmes, mais elle constitue bien un avantage électoral pour le parti socialiste qui y trouve un électorat fidèle une fois naturalisé. Par dogmatisme, la fondation Terra Nova attaque donc un atout majeur de la France, sa politique familiale universelle pour adopter une politique  plus sociale ciblée, plus proche de celle du Québec dont l'indice de fécondité est sensiblement inférieur.

Voir aussi

Suisse — référendum pour une justice fiscale envers toutes les familles



[1] Le dictionnaire franglais-français propose comme néologisme pour think-tank d'autres mots comme boîte à idées, pensoir, réflexoir, cogitarium, cogitoir, phosphoroir, vivier d'idées, société de pensée, athénon et réseau pensant bien sûr composé de roseaux pensants pascaliens.

vendredi 22 juillet 2011

Raël et les écologistes d'accord : quatre enfants, c'est mal !

La naissance du dernier enfant du joueur de soccer, David Beckham, n'enchante pas tout le monde. Et surtout pas une poignée de militants écologistes, qui pointe du doigt les parents et leur reproche d'être de mauvais modèles « écologiquement irresponsables ».

La naissance du quatrième enfant du couple Victoria et David Beckham a relancé chez les militants écologistes la polémique au sujet des familles nombreuses et de leur impact environnemental, comme l'explique un article du journal de gauche The Guardian.

« Le couple Beckham, et d'autres comme le maire de Londres Boris Johnson, sont de très mauvais modèles avec leurs familles nombreuses », de déclarer Simon Ross, directeur de l'Optimum Population Trust. « L'Angleterre est l'un des pays les plus densément peuplés au monde, et qui a la plus forte croissance en termes de population en Europe. Dans 15 ans, nous serons 10 millions de personnes supplémentaires. » M. Ross oublie de préciser que cette augmentation est principalement due à une immigration massive (environ 500.000 immigrants par an !) et aux enfants de ces immigrés nés en Grande-Bretagne. Si un demi-million d'étrangers s'établissent chaque année en Grande-Bretagne, près de 350.000 Grands-Bretons émigrent pour leur part pendant la même période. (Source : Statistics UK)

Simon Ross appelle le gouvernement à lutter contre le taux de naissances élevé au Royaume-Uni en ne donnant des prestations sociales que pour les deux premiers enfants. « Il faudrait envoyer un signal clair disant que le gouvernement va soutenir les familles "durables"[sic] », a-t-il dit. « Les taux de grossesses accidentelles sont très élevés. Nous devons changer notre discours pour que les gens comprennent qu'un ou deux enfants c'est bien, mais trois ou quatre, c'est tout simplement égoïste. »

Application en France

Pour des raisons historiques liées au traumatisme des guerres perdues (1870, 1939-1945) ou gagnées de peu (1914-1918) et à une perte d'influence dans le monde face à des puissances à la démographie plus dynamique, la France a mis en place, depuis des décennies, une politique nataliste et familiale avantageuse. Elle est cependant sans cesse rognée par les gouvernements qu'ils soient de gauche ou de la « droite classique ».



Dernier exemple donné par un gouvernement censément de « droite » : la réforme du supplément familial de traitement (SFT) qui va fortement revaloriser les primes familiales versées aux fonctionnaires n'ayant qu'un enfant. Pour ceux qui en ont plus, c'est une tout  autre affaire... Il passera de 2,29 € à une trentaine d'euros pour les parents d'un seul enfant. En contrepartie, les parents de deux enfants ou plus sont perdants ! Le supplément familial était bas pour les premiers enfants, car une mesure nataliste est inutile pour le premier enfant, la grande majorité des couples en ayant un. La logique voulait donc qu'on aidât les couples à avoir les suivants et surtout le troisième qui permet d'assurer le remplacement des générations.

Caroline Proulx : globalement d'accord (avec Raël et ces écologistes)


Caroline Proulx se trompe :
  • Il n'y a pas de surnatalité en Grande-Bretagne (seul 1,94 enfant/femme). Mais le pays subit une importante immigration de femmes jeunes venant de pays à forte natalité qui contribue pour une bonne part dans les chiffres des naissances. En 2009, 24,7 % des naissances en Grande-Bretagne étaient le fait de mères nées à l'extérieur du Royaume-Uni, alors que ce taux n'était que de 16,5 % en 2001 et 19,5 % en 2004. (Source: Statistics UK)
  • La politique familiale québécoise n'est pas un franc succès : la fécondité au Québec est en baisse depuis deux ans au Québec alors que les coûts de la politique familiale explosent et cette fécondité (1,70 enfant par femme en 2010) n'est pas sensiblement supérieure à celle du reste du Canada (1,68 en 2008) qui n'a pas mis en œuvre une telle politique ruineuse et inéquitable. Deux ans de baisse et les choses ne s'annoncent guère mieux pour 2011. En effet, le nombre de naissances au Québec pour les 4 premiers mois de 2011 (28 050) est également inférieur à celui pour la même période en 2010 (28 150), alors que la population du Québec a légèrement augmenté grâce à l'immigration internationale (le nombre de femmes fécondes a donc crû). En outre, on nous annonçait il y a un peu plus d'un an un nouveau mini-baby-boom grâce au programme gratuit de fécondation in vitro, alors qu'il s'agit d'une opération extrêmement coûteuse (10 à 15 000 $ par traitement) qui occasionne la naissance d'un grand nombre de prématurés. Aucune trace de ce mini-baby-boom pour l'instant. Rappelons qu’au Québec, où la moyenne des femmes accouchent pour la première fois à 28 ans, le report de la grossesse est l’une des principales causes d’infertilité. Est-il responsable d’encourager les femmes à ignorer le signal d’alarme de leur horloge biologique ? La meilleure façon de prévenir l’infertilité, c’est d’enfanter quand on est encore jeune (plutôt que d'avorter diront certains).  
  • En revanche, le nombre de décès au Québec a fortement augmenté passant de 19.800 pour les 4 premiers mois de 2010 à 21.600 pour la même période en 2011.

Canal Savoir et le programme ECR : « Arguments contre une propagande »

Canal Savoir va diffuser une conférence de Marie-Michelle Poisson, présidente du Mouvement Laïque Québécois portant sur le programme ECR.


L'émission s'intitule « Programme éthique et culture religieuse (ÉCR) – Arguments contre une propagande ».

Cette émission sera diffusée à plusieurs reprises :

Le lundi 25 juillet 2011       à 05 h 00
Le jeudi 28 juillet 2011       à 09 h 00
Le samedi 30 juillet 2011    à 08 h 00
Le lundi 22 août 2011        à 05 h 00

L'émission la semaine suivante portera sur les « Défis et espoirs d'un enseignant d'ÉCR ». Où François Couillard, enseignant en ÉCR pour la Commission Scolaire des Premières-Seigneuries, fera part de son opinion et de son sentiment sur le programme de socialisation et de morale imposé par l'État à tous les élèves du Québec.

À notre connaissance, aucun porte-parole de la CLÉ, de l'Association des parents catholiques du Québec, du collège Loyola, des Coptes du Grand-Montréal, des témoins experts qui ont défendu la demande d'exemption au cours devant les tribunaux n'a été contacté par le Canal Savoir sur cette série consacrée au programme ECR. Voir les argumentaires présentés à la Cour suprême contre l'imposition du programme ECR : celui du regroupement Regroupement chrétien pour le droit parental en éducation, du directeur de Loyola et des parents drummondvillois. Le programme ECR en Cour suprême du Canada, relation de l'audience.





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jeudi 21 juillet 2011

Les autocollants « Danger ECR »



Rappel estival : le collectif étudiant Dialoguons autour du programme ECR! met toujours à disposition des jeunes le matériel nécessaire à des autocollants qui permettent d'engager le dialogue et l'échange sur la nature du programme gouvernemental obligatoire d'éthique et de culture religieuse.


Voir leur site.





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mercredi 20 juillet 2011

Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, et la déconfessionnalisation des écoles au Québec

Entretien de Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique à Rome, à l'antenne de Radio Galilée.

Mgr Jean-Louis Bruguès parle de sa vie et aborde sa vision de l’Éducation catholique, y compris la déconfessionnalisation des écoles publiques du Québec et, sans le nommer spécifiquement, du cours d'éthique et de culture religieuse.

L'entretien dure une heure, la partie sur l'éducation au Québec commence à la 38e minute.

Écoutez :


Rappelons que Jean-Louis Bruguès o.p., ancien évêque d’Angers, est un des auteurs d'une note signée également par le cardinal Zenon Grocholewski qui rappelle les exigences de la liberté de conscience et de religion à l’école. Cette lettre qui ressemble à un rappel à l'ordre, répond aux difficultés posées par la confusion entre catéchèse et enseignement du fait religieux, mais aussi par les législations toujours aussi fréquentes imposant une « forme unique d’éducation », niant ou « relativisant » la dimension religieuse de l’homme.

Le message de la congrégation s’articulait autour des points suivants :

  1. Les enfants ont le droit d’avoir une éducation religieuse.
  2. Les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants.
  3. La société civile doit aider les parents à choisir librement l’école de leurs enfants.
  4. L’enseignement de la religion, complémentaire de la catéchèse, ne peut être un enseignement au rabais.
  5. L’enseignement de la religion doit être catholique dans les établissements catholiques.
  6. Les évêques doivent veiller à donner à leurs fidèles l’accès à des écoles catholiques.

Cette note n'a pas pu être déposée au dossier de l'affaire S.L. c. Commission scolaire des Chênes, le procureur du Québec s'y opposant, le témoin gouvernemental, l'abbé Routhier, prétendra d'ailleurs à tort que cette note provenait d'une congrégation qui n'avait pas comme charge les cours de religion dans les écoles publiques. Cette note put toutefois être déposée lors du procès du collège Loyola.




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mardi 19 juillet 2011

Le Québec reçoit-il trop d'immigrants ? L'immigration profite-t-elle au PLQ ?

Les souverainistes doivent absolument remettre en question la politique du gouvernement péléquiste d'accueillir 200 000 nouveaux immigrants au Québec d'ici 2015, affirme le député indépendant Pierre Curzi.

Selon l'ancien député péquiste, cette cible trop élevée et difficilement soutenable. En entrevue avec Le Soleil de Québec, l'ancien acteur a affirmé que trop de tabous entourent cette question. Il estime que trop de personnes craignent de l'aborder de peur d'apparaître « politiquement incorrectes » ou de passer pour fermées aux immigrants.

Pierre Curzi a déjà exprimé son malaise lorsqu'il était au Parti québécois, mais c'était alors à huis clos, dans le secret des réunions du caucus. Il plaidait pour une baisse du nombre d'immigrants.  « Actuellement, dit l'élu indépendant, on accueille des gens chez nous sans leur offrir toutes les possibilités de s'intégrer rapidement à notre société. Je trouve ça assez grave. » Car on retrouve un taux de chômage « extrêmement élevé de 30 % » chez les nouveaux arrivants.

Ce niveau d'immigration inquiète le député de Borduas pour la pérennité du fait français au Québec. Notons au passage que M. Curzi semble limiter la culture québécoise qu'à un trait distinct : le français, même pas un certain occidentalisme, une tradition philosophique et religieuse particulière qui ne serait pas nécessairement partagé par des immigrants. Il note que « le statut de plus en plus bilingue et multiculturel de Montréal ne crée pas des conditions favorables à leur intégration à la majorité francophone ». Pierre Curzi songe aussi à l'aspect politique et à la souveraineté du Québec. Il affirme que la venue de 200 000 immigrants de plus en quatre ans n'est pas de nature à aider la cause. « Si l'intégration n'est pas réussie, et dans la mesure où la francisation est incertaine, ça ne va pas favoriser une adhésion à un projet comme l'indépendance » souligne-t-il.


Comme de nombreux économistes, l'ancien député du PQ se demande également quel est « l'apport économique » véritable d'une telle immigration massive. « C'est sûr que plus des gens arrivent, plus ça augmente le PIB. En même temps, ça augmente le nombre de services » à prester, et « donc les coûts » sociaux comme les indemnités chômage, l'éducation gratuite, les soins médicaux gratuits et la participation aux autres besoins d'investissement lorsque la population croît. L'argument parfois avancé de « la rentabilité économique est discutable ». En cela, le nouveau député indépendant s'appuie sur Le remède imaginaire, de Benoît Dubreuil et Guillaume Marois, récemment publié.

Silence radio au PQ, le sujet est tabou

Le Parti québécois évite religieusement de parler du nombre d'immigrants qu'entend accueillir le Québec de 2012 à 2015. Il semble qu'il s'agisse pour le parti de gauche que dirige Mme Marois d'un véritable tabou. « Dès qu'on parle de ça, on apparaît tout de suite xénophobes », déplore M. Curzi. Une étiquette qu'il rejette. Il trouve néanmoins capital de « parler du nombre » d'immigrants admis au Québec.

On notera l'absence de tout plan nataliste pour rétablir la démographie québécoise.




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