mercredi 26 janvier 2011

Confondant

Outre l’intégration des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA), celle des élèves issus de l’immigration figure aussi parmi les sujets que les commissions scolaires de la grande région de Montréal aimeraient discuter prochainement avec la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp.

Mais voilà que Mme Beauchamp n'aime pas tellement ce sujet :
« À l’échelle du Québec, le succès à l’école est à peu près identique entre Québécois de souche et communautés culturelles, toutes communautés confondues », a déclaré la ministre Line Beauchamp, jugeant qu’il était « délicat » de « cataloguer les gens ».

C'est pourtant une question cruciale quand on considère une politique migratoire responsable ou des mesures de correction des inégalités scolaires. « Tout confondre » est profondément antiscientifique.

À Montréal-Nord, la commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) présente, selon son Plan stratégique 2010- 2015, un taux de 25 % à 45 % d’élèves issus de l’immigration. Quant aux classes d’accueil, environ 5 % des élèves sur tout le territoire de la CSPI y sont inscrits, primaire et secondaire confondus – l’arabe, le créole et l’espagnol étant les langues maternelles qui s’y démarquent plus particulièrement.

Cette proportion devrait toutefois croître dans les prochaines années, puisque le nombre d’inscriptions à l’accueil ne cesse d’augmenter : 15 % annuellement, selon la CSPI.

Au secondaire, les classes d’accueil sont encore concentrés à Montréal-Nord et, de plus en plus, à Saint-Léonard. Au primaire et au préscolaire toutefois, on les retrouve partout sur le territoire de la CSPI.

Des milieux et des quartiers qui s’appauvrissent

Aux défis de l’intégration et de l’adaptation s’ajoute la question de la défavorisation progressive des familles du secteur. De 2006 à 2009 seulement, le nombre d’écoles en milieu défavorisé est passé de 17 à 26 pour les écoles primaires et de 3 à 5 au secondaire.

« Ce phénomène social s’accompagne de difficultés diverses chez les élèves issus de ces milieux », peut-on lire dans le Plan stratégique de la CSPI.

Certaines communautés culturelles gagnent nettement moins d'argent que la moyenne québécoise. Le revenu moyen des personnes d’origine haïtienne, par exemple, est de 23 044 $, selon les chiffres du dernier recensement – bien en deçà de la moyenne provinciale de 32 074 $, moyenne provinciale lui-même légèrement inférieur au revenu moyen montréalais de 32 945 $. La moitié de la communauté haïtienne gagne d’ailleurs moins que 18 303 $.

La moitié des Marocains et des Algériens gagnent mois de 16 300 $, eux qui sont pourtant nettement plus scolarisés que l’ensemble de la population. Là encore, le revenu est en moyenne de 10  000 $ moindre que celui de la province.

Par contre, le revenu moyen de la communauté russe est plus élevé que celui de l’ensemble de la population québécoise 43 080 $ contre 32 074 $.


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mardi 25 janvier 2011

Éric Zemmour sur l'anglais dès la maternelle

Écoutez l'émission (3 minutes) :



(RTL, 25 janvier 2011)






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lundi 24 janvier 2011

Anglais en maternelle : et pourquoi pas le français ?

David Desgouilles se moque de la dernière trouvaille du ministre de l'éducation français Luc Chatel : apprendre à des enfants de trois ans l'anglais. L'enseignement d'une langue étrangère dès la maternelle ne lui plaît guère. Il faudrait plutôt, estime le blogueur, se focaliser sur le français. Et comment faire avec de moins en moins de professeurs ? Le ministre de l'Éducation a trouvé la solution : les nouvelles technologies.

À vouloir être moderne, ou pire, « mainstream », on en devient ridicule. Voire davantage. La proposition de Luc Chatel de débuter l’enseignement de l’anglais dans les écoles dès l’âge de trois ans frise même la folie furieuse à tel point qu’on s’inquiète sérieusement de la santé mentale du ministre de l’Éducation nationale.
Alain Bentolila n’a d’ailleurs pas tardé à dénoncer cette dinguerie. Le linguiste a ainsi rappelé au ministre qu’on ne construisait pas une seconde langue sur les ruines de sa langue maternelle. Ce qu’un enfant de cet âge là doit savoir, c’est que chaque chose a un nom, ce qui n’est même pas forcément évident pour lui. Alors, lui raconter trop tôt qu’elle peut en avoir deux…

Déjà à l’école primaire, on avait diminué les heures de Français au profit d’autres apprentissages qui auraient pu attendre, notamment une langue étrangère. Et on en paye suffisamment le prix. Des gosses qui ne savent pas lire ni écrire à l’entrée en sixième. Que cherche le ministre ? Qu’ils ne sachent pas parler français à l’entrée au cours préparatoire ? Il est possible que de rares enfants de cet âge, vivant depuis leur naissance dans un environnement particulier comme les familles bilingues, possèdent les facultés de vivre avec deux langues. Pour tous les autres marmots, ce n’est pas seulement imbécile : c’est criminel.

Mais ce n’est pas fini. Lorsque le journaliste qui l’interroge lui demande comment peut-on apprendre l’anglais à de si jeunes enfants sans embaucher des milliers d’enseignants ou d’assistants de langue supplémentaires, alors qu’on en est plutôt à la suppression de postes à la hache, Chatel répond qu’il a la solution : les nouvelles technologies ! Ben voyons. Le gosse qui parle à peine ses trois cent ou quatre cent mots français va construire son propre savoir anglophone avec Dieu l’ordinateur. Et Oui-Oui Chatel va débarquer avec sa petite voiture jaune pour admirer ces futurs polyglottes ?

Anglais en maternelle: et pourquoi pas le Français ?

Oui-Oui ? Ne serait-ce pas plutôt Dora l’exploratrice ? Cette dernière, personnage principal d’un dessin animé, tente chaque matin d’apprendre quelques mots d’anglais aux jeunes enfants qui sont déjà devant leur télévision. Lesquels, le plus souvent, s’en fichent royalement. Jules Ferry avait ses hussards noirs ; Chatel se prend pour Dora l’exploratrice. Les temps changent.




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vendredi 21 janvier 2011

Un enseignement de la sexualité dès la maternelle

Québec prépare un retour de l’enseignement de la sexualité dans les écoles, et dès la maternelle. Une approche qui rappelle ce qui existe depuis très longtemps en Suède et qui fait rêver bien des sexologues et des fonctionnaires de l'éducation québécois.

Entre l’enseignement des mathématiques et celui du français, les enfants suédois âgés de 7 à 10 ans apprennent ce que sont la masturbation, les menstruations et la contraception, apprend-on en visionnant la série documentaire Le Sexe autour du monde.

En 1955, le gouvernement suédois a fait de l’éducation sexuelle une matière obligatoire dans les écoles. Concrètement, cela signifie que de 10 à 13 ans, les jeunes apprennent ce que sont l’homosexualité, l’exhibitionnisme, la pédophilie et les MTS – maladies transmises sexuellement. De 13 à 16 ans, les adolescents étudient les rôles sexuels, les caresses, les positions, l’avortement. Et finalement, au collégial, l'État leur enseigne le désir, l’amour, l’orientation sexuelle.

Le Monopole de l'Éducation du Québec ne prétend pas aller aussi loin que la Suède et l’Angleterre, qui intégrera cette année des cours d’éducation sexuelle à ses écoles pour les jeunes de 5 à 16 ans. Chez nous, on parle plutôt « d’activités de formation ».

Pour l’instant, on ignore quelle forme prendra exactement cette formation et si elle sera obligatoire. La ministre refuse de promettre que toutes les ficelles seront attachées pour la rentrée scolaire 2011. Prudent, Dave Leclerc, attaché de presse de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, s’est contenté de dire que cet enseignement se fera progressivement et le plus rapidement possible.

Des experts, pas de parents

Un groupe de travail restreint composé de sexologues issus des milieux de l’éducation et de la santé élabore actuellement le contenu de cette formation sur la sexualité qui sera ajoutée aux cours existants.

Nous n'avons aucune indication que des associations de parents aient été consultées. Notons que le plus souvent les cours de sexualité sont l'occasion de parler de la « jouissance » qu'il ne faut pas éviter (avec parfois explication de jouets sexuels en classe par une propriétaire de sex shop ontarien) ou de la légitimation de l'homosexualité, plutôt que des aspects biologiques et scientifiques ou de la dimension morale dans une optique conforme aux valeurs parentales.

Malgré l'éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède

[Les images ont été censurées par nos soins]
« Sex på kartan » (Sexe à la carte) est l’intitulé évocateur du nouveau film d’éducation sexuelle qui sera dorénavant utilisé dans tous les lycées en Suède.

Un dessin animé se déroulant dans une salle de classe dans laquelle un personnage adulte apparaît comme par magie pour faire découvrir aux enfants certaines pratiques sexuelles représentées sur une carte géographique.



Une autre séquence du film montre une des élèves en plein ébat avec son camarade de classe d’origine africaine (il faut sacrifier à la « modernité »).

Présenté comme une mise à jour des cours d’éducation sexuelle, la première en 25 ans, le film entend répondre à « une baisse de l’éducation sexuelle des jeunes ces dernières années » et une recrudescence des maladies vénériennes et des grossesses chez les adolescents, selon Annamaria Dahlöf, chef de projet à la télévision publique suédoise.

Le film s’affranchit de toute pudeur, puisque le dessin animé représente visuellement les parties génitales des deux genres et parle à différentes reprises de « bites » et « chattes ».

Dix pour cent des enfants n'assistent pas à ces cours en Suède

Mais selon les récentes études menées par l’Université de Stockholm, tous les élèves ne suivent pas la formation sexuelle gouvernementale. Dix pour cents des enfants ne se rendraient pas en cours sur la sexualité, la plupart avec l'appui de leurs parents ou sous pression de la part de leur famille. Les filles, souvent issues de l'immigration, sont les plus sujettes à s'absenter.

Le parti libéral suèdois propose donc de rendre les cours d’éducation sexuelle obligatoire, en parlant « du droit » de tous d'y assister, tout en conservant la possibilité de séparer, par exemple, garçons et filles, en cas de sujets sensibles.

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Danemark — Imposition de l'éducation sexuelle pour « des raisons de santé publique » (historique)





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Danemark — Imposition de l'éducation sexuelle (historique)

Dans l'affaire Kjeldsen et autres c. Danemark en 1976. Les familles danoises requérantes de l’époque s’opposaient pour des raisons religieuses à l’éducation sexuelle obligatoire que le Danemark avait imposée dès l’école primaire publique. La Cour européenne avait à l’époque débouté les parents argüant que le programme d’éducation sexuelle était scientifique, exempt d’endoctrinement et fondé sur une volonté de santé publique à savoir limiter les grossesses précoces.

Citons quelques extraits de cet arrêt cité par des juges espagnols lors de procès portant sur l'imposition du cours d'Éducation à la citoyenneté :
« En particulier, la seconde phrase de l'article 2 du Protocole no 1 n'empêche pas les États de diffuser par l'enseignement ou l'éducation des informations ou connaissances ayant, directement ou non, un caractère religieux ou philosophique. Elle n'autorise pas même les parents à s'opposer à l'intégration de pareil enseignement ou éducation dans le programme scolaire, sans quoi tout enseignement institutionnalisé courrait le risque de se révéler impraticable (Kjeldsen, Busk Madsen et Pedersen, p. 26, § 53).

h) La seconde phrase de l'article 2 du Protocole no 1 implique en revanche que l'État, en s'acquittant des fonctions assumées par lui en matière d'éducation et d'enseignement, veille à ce que les informations ou connaissances figurant au programme soient diffusées de manière objective, critique et pluraliste. Elle lui interdit de poursuivre un but d'endoctrinement qui puisse être considéré comme ne respectant pas les convictions religieuses et philosophiques des parents. Là se place la limite à ne pas dépasser (ibidem). »

[…]

« Au demeurant, l’État danois réserve une importante ressource aux parents qui, au nom de leur foi ou de leurs opinions, désirent soustraire leurs enfants à l’éducation sexuelle intégrée : il les laisse libres soit de les confier à des écoles privées astreintes à des obligations moins strictes et, du reste, fortement subventionnées par lui (paragraphes 15, 18 et 34 ci-dessus), soit de les instruire ou faire instruire à domicile, sauf à subir les sacrifices et inconvénients indéniables qu’entraîne le recours à l’une de ces solutions de rechange. »
Le juge dissident Verdross s’opposera en 1976 à cette décision qui ne répondait pas, selon lui, à l’accusation de discrimination pour raisons religieuses en ces termes :
« D’autre part, on ne peut pas méconnaître que l’instruction dans une école privée, même subventionnée par l’État, et l’enseignement à domicile entraînent toujours pour les parents des sacrifices matériels. Si donc les requérants n’avaient pas la faculté de faire dispenser leurs enfants de suivre les cours en question [à l’école publique], il existerait à leur détriment une discrimination non justifiée, interdite par l’article 14 de la Convention [européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales], par rapport aux parents dont les convictions religieuses et morales sont conformes à celles du législateur danois. »



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Six immigrants sur dix appartenant à la catégorie des gens d’affaires quittent rapidement le Québec

Un récent rapport interne du ministère fédéral de l'Immigration suggère que plus de six immigrants sur dix appartenant à la très convoitée catégorie des gens d'affaires qui avaient déclaré le Québec comme leur destination au début des années 2000 ont rapidement fui vers d'autres provinces, en prenant l'argent de leurs investissements et le potentiel d'entrepreneurs avec eux. Les grands gagnants ? L'Ontario, l'Alberta et la Colombie-Britannique. La Colombie-Britannique a bénéficié d'un gain net de 22 pour cent du nombre d'immigrants d'affaires immigrants, en raison de la migration des autres provinces. L'Ontario a enregistré un gain de 14,5 pour cent tandis que l'Alberta a vu une progression de 9,5 pour cent.


Le rapport, obtenu en vertu de la Loi sur accès à l'information par l'avocat spécialisé en immigration de Vancouver Richard Kurland, remet en question la croyance largement répandue au Québec selon laquelle les nouveaux arrivants seront à la base de la majeure partie du dynamisme économique de la province à l'avenir. La théorie, promue par les cercles politiques et à tous les niveaux de gouvernement, suppose un afflux massif d'immigrants d'affaires, un terme générique qui regroupe les investisseurs, les entrepreneurs et les travailleurs indépendants qui sont admis au Canada sur la base de la richesse qu'ils pourraient produire (les immigrants investisseurs au Canada doivent être prêts à dépenser plus de 800 000 $ dans ce pays, et leur valeur nette de leurs avoirs doit être supérieure à 1,6 million de dollars ; les entrepreneurs doivent avoir une valeur nette de plus de 300 000 dollars et deux ans d'expérience en affaires).

Curieusement, les nouveaux arrivants au Québec des autres catégories (indépendants, ceux accueillis en vertu du regroupement familial, réfugiés) ne papillonnent pas autant : le taux de rétention global des immigrants au Québec est de 79 pour cent, taux qui, bien que loin derrière l'Ontario à 91 pour cent, est cependant bien meilleur que celui de la Saskatchewan à 48 pour cent ou du Canada Atlantique à 43 %.

Source : Maclean's




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France — Crise des vocations dans l'enseignement




Éric Zemmour — Concours d'enseignants : ça ne se bouscule pas
21 janvier 2011 sur RTL




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jeudi 20 janvier 2011

Jugement ECR — Gilles Routhier, l'expert du juge Dubois en action

Comment on le sait, dans l'affaire du procès intenté par des parents de Drummondville contre leur commission scolaire pour avoir refusé d'accorder à deux de leurs enfants une exemption au cours ECR, le juge Dubois n'a mentionné dans son jugement qu'un seul témoin expert, l'abbé Gilles Routhier.

Disons-le tout de suite son témoignage nous apparaît peu pertinent, puisqu'il est de nature très générale, ne parle pas du cours ECR et il est en partie contredit par celui de Louis O'Neill. Ce qu'omet de mentionner le juge Dubois. Gilles Routhier déclarait au sujet du programme ECR dans un article du Canadian Catholic News : « there is debate about whether the course content is relativistic. » Relativisme qui est condamné de manière nette par l'Église, mais dont il s'est bien gardé de parler devant le juge Dubois.

Guy Durand, théologien renommé présent au procès de Drummondville, résumait ainsi l'argumentation de Gilles Routhier dans une lettre publiée dans la Voix de l'Est :
« Plus largement, l'interprétation de la position officielle de l'Église catholique par le théologien Gilles Routhier auquel se réfère le juge frise la malhonnêteté. À preuve, le document publié en mai 2009 par le cardinal Zénon Grocholewsi, président de la Congrégation pour l'éducation de la foi, qui rappelle longuement l'enseignement de Rome: responsabilité première des parents sur l'éducation de leurs enfants, avec droit à une aide complémentaire de l'école; préférence pour l'école catholique qui permet «d'éviter des tensions et des fractures dans le projet éducatif» parents/enfants; différence et complémentarité entre catéchèse et enseignement religieux scolaire; droit des parents dans l'école non confessionnelle à un enseignement religieux conforme à leurs convictions.

Si le pape Jean-Paul II reconnaissait l'importance de la connaissance des religions, rien ne permet de conclure - au contraire - que cela devait se faire à un tout jeune âge et encore moins dans la perspective du programme actuel. Ces dernières années, cela se faisait déjà à la fin du secondaire. »

Voulant récuser l'avis de la Congrégation pour l'éducation de la foi sur le cours ECR et les cours qui se disent « neutres » qui peuvent être « source de confusion, ou inciter au relativisme ou à l'indifférentisme », l'expert Gilles Routhier avait imprudemment déclaré au procès :

mercredi 19 janvier 2011

Pierre St-Germain sur l'intégration des élèves en difficulté et la réforme scolaire

L'intégration des élèves en difficulté avec Pierre St-Germain, président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE).

M. St-Germain dénonce également la réforme scolaire que le Monopole de l'Éducation a vendu aux parents il y dix ans. Pour lui, les compétences demeurent au cœur des programmes scolaires alors que les connaissances ne sont  toujours qu'accessoires quoi que dise la Ministre et malgré des changements comestiques sur le plan des bulletins. Pour M. St-Germain, on continue de mentir aux parents.

Écoutez l'émission (26 minutes) :








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mardi 18 janvier 2011

Controverse autour d'un article sur l'éducation « à la chinoise »

En affirmant que l'éducation des enfants avec des préceptes « à la chinoise » fondés sur l'interdit et l'élitisme est supérieure au « laxisme » occidental, une mère de famille sino-américaine a déclenché une avalanche de débats sur l'Internet des deux côtés du Pacifique.

Dans son ouvrage Battle Hymn of the Tiger Mother (Chant de guerre d'une mère-tigre), Amy Chua, qui enseigne le droit à la prestigieuse université américaine de Yale, n'y va pas avec le dos de la cuillère pour louer les vertus de la coercition, qu'elle oppose au « mon enfant, fais de ton mieux » en vogue dans les familles occidentales qui ne peut selon elle déboucher que sur la médiocrité.


Une éducation très stricte

Un plaidoyer avant tout pro domo : cette fille d'immigrants chinois, qui ont quitté les Philippines pour s'installer aux États-Unis, a subi dans sa jeunesse une discipline éducative très stricte, qu'elle a reproduite sur ses filles, qui ressemblent aux enfants modèles de la comtesse de Ségur.

« De nombreux parents se demandent comment les parents chinois s'y prennent pour élever des enfants qui réussissent de façon stéréotypée. Ils se demandent ce que font ces parents pour engendrer autant de génies en maths et de prodiges en musique », écrit Amy Chua. « Et bien je peux leur répondre, car je l'ai fait », poursuit-elle sans s'embarrasser d'une quelconque modestie, en posant en exemple sa propre famille, selon des extraits de son livre récemment publiés par le Wall Street Journal.

De nombreux interdits

Amy Chua relève le paradoxe suivant : quand deux mères américaines sur trois estiment qu'insister sur la réussite scolaire n'est pas bon pour les enfants, « près de 0 % » des mères chinoises le croient. Et d'énumérer les choses que ses deux filles, Sophia et Louisa, n'ont jamais eu le droit de faire : découcher, avoir une soirée pyjama avec des copines, jouer dans une pièce de théâtre à l'école, se plaindre de ne pas jouer dans une pièce de théâtre, avoir une camarade de jeux, regarder la télévision, s'amuser à l'ordinateur, ne pas jouer du piano ou du violon, choisir elles-mêmes une activité de loisir.

« Il est totalement inenvisageable, raconte Amy Chua, que mes deux filles obtiennent un jour une note inférieure à la meilleure note sauf en théâtre et en gymnastique, et qu'elles jouent d'un instrument autre que le violon ou le piano, pour lesquels elles sont astreintes de suivre des cours. Sophia a d'ailleurs joué adolescente sur la célèbre scène du Carnegie Hall. »

La Sino-américaine relate aussi combien elle a choqué les invités d'un dîner quand elle a raconté avoir traité l'une de ses filles de « déchet », une apostrophe visant selon elle à obtenir « le meilleur » de sa progéniture.


Vidéo en anglais sur certaines mères asiatiques aux États-Unis.


Des réactions outrées

Les extraits du livre d'Amy Chua, propagés par les réseaux sociaux dont Twitter, ont fait des vagues et suscité des réactions outrées. La mère a été comparée à un « monstre » ou un à « tyran », des internautes lui promettant une rébellion inéluctable de ses filles. Les journaux ne précisent pas de quelles origines venaient ces promesses et outrages. Amy Chua a dit avoir reçu des menaces de mort par courriel. Une communauté d'opposants aux thèses de Amy Chua sur la « supériorité des mères chinoises » - qui ne sont pas forcément de nationalité ou d'origine chinoise selon l'auteur - s'est constituée sur Facebook.

En Chine, où la polémique n'a pas pris cette ampleur, le livre pourrait bien trouver un écho, estime Lao Kaisheng, de l'Université normale de Pékin. La politique draconienne de l'enfant unique y a engendré plus de 90 millions d'enfants uniques, souvent appelés « petits empereurs », car très gâtés, mais l'ouverture et la croissance de l'économie génère une concurrence croissante, explique-t-il. « Par le passé, les parents toléraient mieux les mauvaises notes scolaires », constate Lao Kaisheng.




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