mardi 1 juin 2010

Vous êtes enseignant et vous subissez des pressions ?

Le site de la Coalition pour la liberté en éducation (la CLÉ) semble vouloir lancer une nouvelle campagne : défendre les enseignants qui se plaignent des programmes qu'ils doivent enseigner et des pressions qu'ils pourraient subir pour les faire taire.

Extrait du site de la Coalition :
Enseignants, plaignez-vous à la CLÉ !

Vous êtes enseignant ?


  1. Vous désapprouvez le matériel que l'on vous oblige d'utiliser ?

  2. Vous avez subi des pressions de la part de votre direction ?

  3. Vous désirez vous exprimer sur les effets que produit sur les enfants le cours d'éthique et culture religieuse ou tout autre cours qui leur est imposé ?

Contactez-nous ! Votre anonymat sera préservé.

Contactez Dominique :

Par téléphone : 514-387-9452

Par courriel : plaintes@coalitioncle.com

Rappelons que, depuis l'introduction du programme d'ECR, de nombreux professeurs se plaignent de son imposition (ou au primaire font un peu ce qui leur plaît et l'enseignent peu) comme plusieurs formateurs en ECR l'ont déploré récemment (lors d'un colloque l'ACFAS et d'une conférence du « Politburo » du MELS).

En outre, la Loi sur l'instruction publique ne protège plus les professeurs qui refuseraient d'enseigner des matières qu'ils considèrent comme contraires à leurs convictions. Aucun syndicat ne soutient non plus ces professeurs (les syndicats sont « laïques », ils ne défendent « donc » plus la liberté de religion, surtout celle de la majorité historique québécoise !

Syndicalisme pro-ECR

C'est ainsi qu'en novembre 2008, la CSQ a diffusé un communiqué de presse pour défendre le cours d'éthique et de culture religieuse — quel rapport avec la mission d'un syndicat ? — mais elle n'a jamais défendu les droits perdus de ses syndiqués dans ce dossier. Pourtant cette attitude pourrait ouvrir la voie à des actions en justice contre le syndicat pour dommages pour défaut de représentation.

Le président de la CSQ, M. Réjean Parent, a fait personnellement plusieurs sorties pour défendre le cours d'ECR (au nom de la laïcité fourre-tout), mais n'a jamais considéré défendre ses syndiqués dont on avait pourtant supprimé le droit d'objection de conscience depuis l'abrogation de l'article 20 de la Loi sur l'instruction publique.

Cet article se lit aujourd'hui comme suit :
20. (Abrogé) .

1988, c. 84, a. 20; 2005, c. 20, a. 1.
Il se lisait auparavant comme suit :
Liberté de conscience.
20. L'enseignant a le droit de refuser de dispenser l'enseignement moral et religieux d'une confession pour motif de liberté de conscience.

Mesure disciplinaire.
Il ne peut se voir imposer un congédiement, une suspension ou toute autre mesure disciplinaire parce qu'il a exercé ce droit.
Il serait donc heureux que d'autres défendent les enseignants et leur liberté de conscience. On ne peut que féliciter la CLÉ, si elle s'apprête à le faire.





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Italie — Les couples « racistes » privés d’adoption

La Cour de Cassation italienne a établi aujourd’hui que les couples « racistes », opposés à l'adoption d’enfants « de couleur », ne peuvent pas adopter du tout d’enfants, selon un jugement cité par les médias italiens.

Cette décision de justice fait suite au recours d’une association de protection des enfants contre un couple de Siciliens qui voulait adopter uniquement des mineurs de type européen. En vertu du jugement de la Cour de Cassation, le magistrat du tribunal des mineurs qui examine les requêtes d’adoption « doit exclure la légitimité des limitations posées par les demandeurs en fonction de l’ethnie ».

Mais la Cour va encore plus loin et ajoute que le magistrat doit aussi se poser la question de savoir si le fait même de poser ce genre de limitations ne signifie pas tout simplement qu’il est inopportun de laisser un tel couple « raciste » adopter un enfant.

Le tribunal de Catane avait jugé le couple « apte » à l’adoption d’enfants répondant aux critères définis, mais l’association de protection avait dénoncé « une évidente discrimination raciale », suivie en cela par le parquet de la Cour de Cassation qui avait demandé l’annulation de la décision du tribunal sicilien.

Carlo Giovanardi, sous-secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil des ministres italien et président de la Commission pour les adoptions internationales, s’est immédiatement félicité de cette décision, qu’il a qualifiée de « correcte ».

Source : Le Figaro




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lundi 31 mai 2010

Super Pédago se mouille



Toute ressemblance avec des pédagogues français ou québécois serait purement fortuite.

Un petit mot sur la « transversalité », pour éviter que ça ne tourne à une blague hermétique entre enseignants : l’idée est que « l’apprenant » (l'élève sous la Grande Noirceur) doit expérimenter tout dans tout.

Quand il va à la piscine (pardon, quand il participe à une « action-piscine »), c’est autant pour exercer une activité motrice (nager, pourrait-on imaginer) que pour s’initier à de nouveaux mots, à lire, à calculer, à renforcer le vivre-ensemble (l'esprit d'équipe sous la Grande Noirceur) …

Marc Lebris note même dans son livre Et vos enfants ne sauront pas lire ni compter que certains inspecteurs en France voient d’un mauvais œil les « actions-piscine » qui visent explicitement à apprendre à nager !

Retrouvez Super Pédago sur Facebook et sur son carnet.



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dimanche 30 mai 2010

Crise financière du Québec — 3 100 nouveaux enseignants, 100 000 000 $ de plus

Les divers organismes de représentation syndicale du monde de l'enseignement et les comités patronaux de négociation sont parvenus à une entente de principe, dimanche, sur le nombre d'élèves dans les classes et l'intégration des jeunes en difficulté.

Cette entente prévoit une importante diminution du nombre d'élèves par groupe pour l'ensemble du primaire, ainsi que pour la 1re et la 2e secondaire.

La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et l'Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ-QPAT) ont indiqué avoir obtenu des réponses satisfaisantes aux cibles qui étaient les leurs. La FSE-CSQ et l'APEQ-QPAT qui représenteraient près de 70 000 enseignantes et enseignants de tous les secteurs d'enseignement, tant au préscolaire, au primaire et au secondaire qu'à la formation professionnelle et à l'éducation des adultes, se sont dites très heureuses des négociations.

L'élément le plus important de l'entente est la réduction du nombre d'élèves dans les classes.

Il y aura une réduction de quatre élèves par classe en secondaire I et en secondaire II de trois élèves. Au primaire, il y aura trois élèves de moins à tous les niveaux. Dans les milieux défavorisés, il ne pourra y avoir plus de 20 élèves par classe au primaire. Vingt pour cent des écoles primaires du Québec sont classés dans des milieux défavorisés.

Cette entente de principe sera soumise aux assemblées générales des syndicats affiliés d'ici la fin de juin. Précisons qu'elle prévoit à terme un investissement de plus de 200 millions de dollars récurrents pour le personnel enseignant des commissions scolaires du Québec, permettant ainsi l'embauche d'au moins 3 100 nouveaux enseignants et enseignantes.

Par ailleurs, les négociations se poursuivent pour les 30 000 enseignants de Montréal.

En outre, le « Front commun », qui représente la FSE (CSQ) et l'APEQ, poursuit ses discussions à la table centrale en ce qui concerne les salaires, la retraite et ce que ce Front commun appelle laconiquement les droits parentaux. Ne croyez pas qu'il s'agisse des droits des parents d'élèves. Non, il s'agit plutôt de mesures, supplémentaires, de conciliation famille-travail pour les enseignantes.

Québec — dépenses par élève en hausse constante

En 2007-2008, la dépense globale d’éducation par rapport au produit intérieur brut (PIB) était estimée à 7,4 % au Québec ; par comparaison, ce taux est estimé à 6,8 % dans les provinces de l’Atlantique, à 6,3 % en Ontario et à 6,1 % dans les provinces de l’Ouest. Lorsque l’on considère cet indicateur, il apparaît que l’effort financier en éducation demeure plus important au Québec que dans la moyenne des autres provinces.


Dépense globale par élève des commissions scolaires québécoises en dollars courants et en dollars constants de 2007-2008


En 2006-2007, au Québec, la dépense globale par élève à l’enseignement primaire et secondaire (10 128 $) était plus élevée que dans les provinces de l’Atlantique (8 799 $), mais moins élevée qu’en Ontario (10 301 $) et que dans les provinces de l’Ouest (11 016 $). La dépense par élève était donc moins élevée au Québec que dans la moyenne du reste du Canada. Cela s'explique principalement par le fait qu’au Québec les salaires du personnel scolaire sont moins élevés, tout comme les dépenses d’immobilisation.

Cependant, il est important de préciser que ces données sont en dollars courants et ne tiennent pas compte des écarts du coût de la vie. Or, il existe des différences importantes dans le coût de la vie d’une province à l’autre et, dans l’ensemble, le coût de la vie était d’environ 10 % plus élevé ailleurs au Canada qu’au Québec, en 2006-2007.

On a également assisté ces dernières années à une diminution du nombre moyen d'élèves par enseignant. Celui-ci est passé de 15,7 en 2004-2005 à 14,6 en 2007-2008 et ce facteur a contribué significativement à l'augmentation de la dépense par élève.
Entre 2004 et 2007, on a observé une augmentation de 14 % de la dépense par élève en dollars constants.

En 2006-2007, certains facteurs sont plus coûteux dans les commissions scolaires au Québec que dans le reste du Canada tels les rapports élèves-enseignant, la formation professionnelle, les services de garde et le transport scolaire.


Rapport élèves-éducateur dans les commissions scolaires, Québec et régions du Canada


En 2007-2008, le rapport élèves-enseignant dans les commissions scolaires est estimé à 14,6 au Québec. Le rapport élèves-enseignant est obtenu en divisant le nombre d’élèves par le nombre d’enseignants des commissions scolaires. Le nombre moyen d’élèves par enseignant au Québec est passé de 16,5 en 1997-1998 à 14,6 en 2007-2008.

Le nombre moins élevé d’élèves par éducateur au Québec par rapport à l'Ontario s’explique en partie par le temps de présence en classe des enseignants qui est inférieur au Québec. Ainsi, le temps de présence en classe des enseignants québécois était de 615 heures par année au secondaire, alors que celui de leurs homologues ontariens était de 740 heures, en 2006-2007.

Sources : communiqué des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et de l'Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ-QPAT), Presse Canadienne et les Indicateurs de l'éducation — édition 2009, Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.




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Encore plus de chances de passer l'examen de français pour les futurs enseignants

Depuis la rentrée 2010, tous les étudiants en faculté d'éducation doivent se plier au même examen, le Test de certification en français écrit pour l'enseignement (TECFEE, voir description), qui vise à rehausser la maîtrise de la langue française chez ces futurs maîtres. Les étudiants doivent réussir cet examen avant leur troisième stage qui a habituellement lieu pendant la troisième année de leur baccalauréat de quatre ans.

En février, nous avions déjà rapporté que dans certains programmes, à peine 25 % des étudiants avaient obtenu la note de passage après une tentative.

Les futurs enseignants ont trois chances d'atteindre le seuil de réussite, fixé à 70 %. À l'origine, un troisième échec devait entraîner la suspension du programme pour une durée d'un an et un quatrième échec, l'expulsion définitive.

Confrontées à un taux d'échec élevé, les universités ont décidé de revoir ces sanctions. Les étudiants qui échouent après trois tentatives n'auront pas accès au stage, mais ils pourront continuer à suivre des cours dans leur programme d'études. « À l'usage, on s'est rendu compte qu'il y avait un certain nombre de problèmes », explique au Soleil Michel Laurier, doyen de la faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal. (Voir son entrevue avec Mario Dumont en février).

Un étudiant qui échoue de justesse le TECFEE pourra dorénavant faire une dernière et ultime reprise quelques mois après son troisième échec plutôt que de devoir attendre un an avant de retenter sa chance. « On voulait leur donner plus de souplesse », ajoute le doyen, qui tient à souligner que le contenu de l'examen n'a pas changé.

Désormais accorder le baccalauréat même à ceux qui échouent l'épreuve de français ?

Certaines facultés jonglent également avec l'idée d'accorder tout de même un baccalauréat en enseignement aux étudiants qui n'auront pas réussi le TECFEE. Ce diplôme ne leur donnera toutefois pas accès au brevet d'enseignement, puis­qu'ils n'auront pas complété leur stage. D'autres universités étudient la possibilité d'offrir un baccalauréat général à ceux qui arriveront à cumuler 90 crédits.

« Puisque la décision est récente, on doit étudier différents scénarios. Si des étudiants ont déjà accumulé 75 crédits, on a avantage à voir comment ils peuvent compléter un baccalauréat », indique Marcel Monette, doyen de la Faculté des sciences de l'éducation à l'Université Laval.

À l'Université du Québec à Chicoutimi, on se montre assez favorable à ces modifications. « Je ne suis pas sûre que la mesure de suspension était favorable aux étudiants. Il ne faut pas non plus que ces étudiants développent une perception négative à l'égard du français. Ils n'ont pas été habitués à des pressions de ce type-là dans notre système d'éducation !», affirme Carole Fisher, responsable du centre d'aide en français pour les étudiants en enseignement. Les pauvres choux !




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samedi 29 mai 2010

Éthique — la discrimination est-elle un droit ?

Tiré du carnet de Nicomaque, le blog de philo d'un prof de philo (quelques changements typographiques et grammaticaux) :

Question politiquement incorrecte... Généralement, il n'y a pas de débat là-dessus. En France, la Halde se charge de poursuivre au tribunal toute personne soupçonnée de discrimination. Pourtant, aux États-Unis, la question fait l'objet d'un débat.

Rand Paul, nouvelle star du Tea Party et fils du sénateur Ron Paul, s'est prononcé en faveur de la suppression d'une disposition du Civil Rights Act de 1964. Cette disposition interdit la discrimination fondée sur la race, la couleur, la religion, le sexe ou l'origine nationale à l'entrée des restaurants, hôtels, théâtres cantines, et autres lieux publics. Crise de nerfs de la gauche américaine qui a demandé des poursuites et des excuses publiques.

Finalement Rand Paul sa tenté de clarifier sa position : « Laissez-moi préciser ma pensée : je soutiens le Civil Rights Act parce que je suis d'accord, comme une écrasante majorité, avec l'esprit de la loi, qui était de mettre fin à la discrimination dans la sphère publique et de mettre un terme à l'odieuse pratique de la ségrégation. Mais dans le même temps, a-t-il ajouté, je défends le droit de propriété, la libre entreprise et la liberté d'expression. »



En résumé : M. Paul a affirmé dans un entretien avec Rachel Maddow sur MSNBC mercredi soir qu'il soutenait les articles de la Loi sur les droits civils concernant les lieux publics, mais qu'il était sceptique s'agissant de son application à l'entreprise privée. Interrogé par Mme Maddow sur le fait de savoir si une entreprise privée a le droit de refuser de servir les Noirs, M. Paul a répondu, « Oui. » Ceci n'a rien à voir avec le racisme mais concerne le rôle de l'État. Un gouvernement n'a pas à interdire à un propriétaire de choisir ses clients ou à l'obliger de s'associer avec telle ou telle catégorie. Ce n'est pas son rôle.



Sur Fox News, jeudi dernier, on pouvait assister à un débat contradictoire sur le sujet entre deux animateurs de la chaine conservatrice : John Stossel et Megyn Kelly. En plus d'être une adorable poupée barbie, Megyn Kelly est diplômée en droit et en sciences politiques, spécialiste des questions juridiques (bio ici). Kelly joue l'avocate du gouvernement et Stossel, comme à son habitude, défend une position strictement libertarienne.

Dans ce débat, Megyn tente d'assimiler la discrimination au meurtre. Et elle argumente : doit-on empêcher la police de réprimer le crime sous prétexte de libre marché ou de propriété privée ? Stossel lui réplique que la discrimination n'a rien à voir avec le meurtre mais avec le choix individuel. Quand on choisit un ami ou un mari, on fait de la discrimination. Que ce choix soit critiquable ne justifie pas la coercition et la menace. Dans une société libre, chacun doit être libre de s'associer avec qui il veut, et tout commerçant doit être libre de servir qui il veut.

Selon Stossel, animateur de la même chaine, « si une entreprise privée veut dire « nous ne voulons pas de journalistes blondes ou d'animateurs moustachus », cela devrait être son droit. Allons-nous dire à l'association des étudiants noirs qu'elle doit accepter des personnes de race blanche, ou à l'association gay de softball qu'elle doit inclure des hétéros ? Le racisme est mauvais. Mais je ne fais pas confiance à l'État de décider quel type de discrimination est acceptable. »

Un commentaire amusant, sur un blogue : « Doit-on forcer un restaurateur noir à servir des membres du KKK ? D'après les gauchistes (« liberals »), oui. Les gauchistes sont-ils pro-KKK ?




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vendredi 28 mai 2010

Écoles privées épinglées au sujet du cours ECR

Pour une école libre a eu accès au rapport annuel de la commission consultative de l’enseignement privé rendu public en février 2010. On y retrouve les recommandations (ou non) de renouvellement de permis d’enseignement qui venait à échéance.

Voici une liste des établissements qui officiellement ne se conforment pas au programme d’éthique et culture religieuse.

Quatre remarques :
  1. Cette liste ne comprend pas tous les établissements (on n’y retrouve pas le collège Loyola, par exemple, qui n’enseigne pas le programme) car leur permis n’arrivait pas nécessairement à échéance cette année.

  2. L’inspection ne se penche que sur des aspects formels : les enseignants ont-ils suivi la formation ECR, le programme est-il sur la grille d’étude, sur le bulletin, les élèves sont-ils évalués, le matériel didactique est-il approuvé ou non ?

  3. Même l’école qui satisfait tous ces aspects formels peut très bien ne pas enseigner le programme ECR : nous connaissons deux écoles privées cette année qui ont vu leur permis renouvelé alors qu’en pratique elle ne donne pas le cours ECR, même si leur personnel a suivi la formation au programme ECR. Au primaire, la transversalité des matières et la liberté pédagogique des titulaires permettent facilement de ne pas enseigner le programme ECR comme plusieurs formateurs en ECR l'ont déploré récemment (lors d'un colloque l'ACFAS et d'une conférence du « Politburo » du MELS).

  4. Même l’école qui satisfait tous ces aspects formels peut très bien enseigner le programme ECR « à sa manière ». Comme la journaliste du Devoir qui s’était rendue « incognito » sous le prétexte d'y inscrire des enfants a pu le constater pour une des écoles évangéliques — l’Église-école Académie chrétienne Logos — qui a vu son permis renouvelé jusqu’à la fin de l’année scolaire 2010-2011 : « Pomela Thompson, la femme du révérend qui tient l'établissement, a avoué être en négociation constante avec le ministère. Si elle cède sur certains points, pas question d'enseigner le cours Éthique et culture religieuse en y faisant la promotion d'autre chose que la foi chrétienne. »
Académie Beth Esther (juive, Montréal)

« Les disciplines prévues au régime pédagogique sont enseignées, à l’exception du cours d’éthique et de culture religieuse. »


Académie culturelle de Laval (islamique, Laval)
« Dès la prochaine rentrée scolaire, il suivra une formation sur le cours Éthique et culture religieuse. »


Académie Kells (3 écoles à Montréal, Westmount)

« Ainsi, le cours d’éthique et de culture religieuse en est absent au 2e et au 3e cycle du primaire. Ainsi, la Commission estime que le programme d’éthique et de culture religieuse devrait être enseigné de façon distincte, et non intégré à d’autres disciplines. »


Académie Laurentienne (Val Morin)

« Par ailleurs, des corrections devront être apportées à certains aspects de son organisation pédagogique : deux disciplines artistiques devront être enseignées au primaire ainsi que le cours d’éthique et de culture religieuse. »

Même les bulletins doivent être uniformes et évalués selon l’approche par compétences dans les écoles privées du Québec :

« En ce qui concerne les bulletins, l’établissement contrevient à plusieurs prescriptions du régime pédagogique : notamment, toutes les disciplines prévues au régime pédagogique doivent être évaluées ; le libellé dans les termes usuels des compétences doit être utilisé ainsi que les pondérations établies par le Ministère. »


Académie Lavalloise (Laval)

« [l'école doit] respecter les orientations du programme d’éthique et de culture religieuse »


École Al-Houda (Dollard-des-Ormeaux, islamique)

« le directeur pédagogique [est le] seul à avoir participé au plan de formation en éthique et culture religieuse. »

L'école n'a pas vu son permis renouvelé, mais ce manque de formation du personnel enseignant n'en est pas apparemment la cause.


École communautaire Belz (Montréal, juive)

« Les enseignants n’ont reçu aucune formation particulière pour offrir le cours d’éthique et de culture religieuse, puisque les parents ont refusé d’y inscrire leurs enfants, et cette discipline n’est donc pas offerte. »


École privée Kinderville (Candiac, bilingue non subventionnée)

« Au 1er cycle du primaire, le programme d’éthique et culture religieuse n’est pas enseigné. »


École Sogut (Montréal, turque)

« soulignons, par ailleurs, que le bulletin proposé au secondaire n’utilise pas les formulations des compétences disciplinaires dans les termes usuels et que le programme d’éthique et de culture religieuse en est absent. »


L’École arménienne Sourp Hagop (Montréal, arménienne)

« Le programme d’éthique et culture religieuse n’est pas enseigné comme prévu ».




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Québec veut fermer une école juive trop religieuse

Radio Canada rapporte que « Québec menace de fermer l'Académie Yéchiva Toras Moché, une école de la communauté hassidique satmar de Montréal, parce qu'elle refuse d'enseigner plusieurs matières prévues au programme d'éducation. [Note du carnet : y compris le cours d'éthique et de culture religieuse.]

L'école, qui existe depuis les années 50 [depuis 1952], ne détient toujours pas de permis. Radio-Canada révélait l'an dernier qu'elle offre un enseignement presque exclusivement religieux à quelque 200 garçons, en contravention de la Loi sur l'instruction publique [Note à Radio-Canada : c'est une école privée, il s'agit plutôt du régime pédagogique et de la Loi sur l'enseignement privé]. »

Dans la requête déposée au tribunal par le Monopole de l'Éducation, on peut lire que des inspections effectuées en 2008 ont révélé de sérieuses lacunes.

« Parmi les matières qui doivent obligatoirement [pléonasme] figurer à la liste [...], seules les matières obligatoires langue d'enseignement et mathématique sont enseignées », peut-on lire dans le document.

Outre l'enseignement des matières obligatoires, le ministère déplorait le matériel pédagogique inadéquat et le nombre insuffisant d'enseignants qualifiés. C'est-à-dire des professeurs qualifiés du Québec (ou de l'extérieur et dont les diplômes sont considérés comme équivalents), or les Satmars ne fréquentent pas les facultés des « sciences de l'éducation » du Québec et ils n'acceptent pas d’enseignants provenant de l’extérieur de la communauté.

L'école refuse d'augmenter le nombre d'heures consacrées aux matières séculaires, affirmant que la charge de travail serait trop élevée. De plus, malgré le fait que le cours d’Éthique et de culture religieuse soit obligatoire depuis septembre 2008, l’établissement n’a pas l’intention de l’offrir. Par ailleurs, le calendrier scolaire, même s’il respecte le nombre de jours prescrits, n’accorde pas dix des treize congés dictés au régime pédagogique.

L'affaire sera probablement entendue en justice en octobre 2010. La direction de l'école a précisé qu'ils contesteront l'injonction en justice.





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France — Les écoles hors contrat se développent sans contrainte

Extraits d'un article de La Croix d'hier.


De nouvelles écoles sont créées un peu partout en France, à l'écart de l'éducation nationale, et sont souvent très peu contrôlées par l'État. [Note du carnet : un appel de la part de La Croix a plus d'uniformité et de contrôles ?]

Implanté à Bessay-sur-Allier, bourg de 1 500 habitants, le Cours Saint-Jean-Bosco accueille 21 élèves, de la grande section de maternelle au CM2 [5e année du primaire], réunis en trois classes. Cette école privée a été fondée il y a quelques années par un groupe de parents estimant que pas plus les établissements publics que les établissements catholiques sous contrat d'association avec l'État n'offraient de liberté de choix, s'agissant des méthodes pédagogiques et éducatives.

Ici, le travail en petits groupes offre « davantage de souplesse » et permet de porter aux élèves « une attention de tous les instants », assure Anne-Françoise de Solere, la directrice. On a opté pour la méthode syllabique d'apprentissage de la lecture, un temps bannie par l'éducation nationale, et on pratique abondamment l'analyse grammaticale. De même, plutôt que de fonctionner par cycles, on préfère « faire chaque jour un peu de chaque matière, en misant sur les vertus de la répétition ».

Si ces familles ont choisi de créer leur propre école, c'est aussi, souligne Anne-Françoise de Solere, qu'elles souhaitent « une continuité, sur le plan des valeurs, entre la maison et l'école ». Dans l'établissement sous contrat où elle enseignait précédemment, à peine deux professeurs sur dix étaient catholiques. « Je me sentais seule », confie-t-elle. Au Cours Saint-Jean-Bosco, au contraire, tout le monde, enseignants comme élèves, prend part à la prière du matin...

Un peu partout en France, des projets de ce type voient le jour. Difficile, cependant, de mesurer avec précision le phénomène. « Plutôt stable », avance-t-on au ministère de l'éducation sans donner de chiffres. « En progrès », assure-t-on à la Fondation pour l'école. « On compte - de la maternelle au baccalauréat - une quinzaine d'établissements hors contrat supplémentaires par an ; 460 écoles accueillent aujourd'hui un peu plus de 46 000 élèves », précise Anne Coffinier, la présidente de cette fondation reconnue d'utilité publique et qui œuvre en faveur du développement d'établissements « réellement indépendants ».

Pour voir le jour, ces écoles s'appuient sur la notion de liberté d'éducation : en France, l'instruction est obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans, mais les parents peuvent scolariser leur enfant dans l'établissement de leur choix, voire se charger eux-mêmes de transmettre les connaissances. « En matière de création d'écoles privées, la tradition française est extrêmement libérale », estime Bernard Toulemonde, inspecteur général honoraire. De fait, il suffit de procéder à une déclaration d'ouverture auprès du préfet, des autorités académiques et du procureur de la République, qui, le cas échéant, ont un mois pour s'opposer à la création de l'établissement. Le déclarant doit aussi indiquer, plans à l'appui, dans quels locaux ce dernier sera installé. Le maire, lui aussi, peut s'opposer au lancement de l'école, mais uniquement s'il juge les lieux non conformes en termes d'hygiène, de bonnes mœurs ou de sécurité publique. Pour le reste, souligne Bernard Toulemonde, « les contrôles interviennent a posteriori ».

« Effectués à l'initiative des inspecteurs d'académie, ils visent à garantir le droit de l'enfant à l'instruction, précise-t-on au ministère de l'éducation. Il s'agit notamment de s'assurer, en accord avec la loi d'orientation sur l'école de 2005, que les élèves maîtrisent en fin de collège le socle commun de connaissances. » D'autres contrôles s'attachent à vérifier la bonne conduite et la moralité des établissements, notamment l'absence de lien avec des groupes sectaires [Qu'est-ce qu'une secte ?]. Mais, comme le reconnaît un proche du ministre, ils ne sont pas réguliers. « Les inspections interviennent surtout lorsque l'établissement sollicite un contrat d'association avec l'État ou bien lorsqu'il y a plainte ou soupçon de dérive. »

[...]

Les partisans des écoles hors contrat préfèrent, eux, s'attarder sur « la grande diversité » de ces établissements. Certains attendent tout simplement d'avoir plus de cinq ans d'existence - le minimum requis - pour solliciter un accord d'association avec l'État. D'autres font clairement le choix de rester indépendants, souvent pour pouvoir transmettre des valeurs religieuses. « C'est le cas notamment de parents membres de nouvelles congrégations religieuses comme l'Emmanuel », note Anne Coffinier.

Pareille logique est à l'œuvre aussi dans la communauté juive. « La plupart de nos écoles sont sous contrat », explique Patrick Petit-Ohayon, directeur de l'action scolaire au sein du Fonds social juif unifié. « En plus des heures prévues pour chaque matière dans le programme de l'Education nationale, les élèves suivent, selon les niveaux, 4 à 8 heures d'enseignements juifs en plus. Mais certaines écoles fondées par des courants très orthodoxes préfèrent rester hors contrat et aller plus loin, en réduisant les enseignements généraux pour consacrer la moitié du temps de cours à des enseignements juifs, essentiellement l'apprentissage de l'hébreu et l'étude de textes de la Torah et du Talmud. Les parents font alors le choix de donner dans un premier temps à leurs enfants une culture majoritairement juive pour qu'ils puissent ensuite aborder la culture française et occidentale avec des éléments identitaires forts. »

D'autres écoles, elles, se construisent autour d'une pédagogie spécifique (Freinet, Montessori, etc.), parfois pour mieux prendre en compte les enfants surdoués ou ceux qui présentent des phobies scolaires. Il peut s'agir aussi de transmettre une langue et une culture, avec un enseignement bilingue. Cette diversité des écoles hors contrat se reflète aussi dans le montant des frais d'inscription, qui, d'après Anne Coffinier, s'échelonnent « de 70 € [90 $] par mois dans certaines écoles parentales à 1 000 € [1300 $] par mois dans certaines "boîtes à bac" ».

[...]




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jeudi 27 mai 2010

Super Pédago entend sourdre l’émergence des cultures nouvelles


Toute ressemblance avec des pédagogues français ou québécois serait purement fortuite.

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