mercredi 14 avril 2010

Désintérêt croissant des femmes pour la pilule

Le magazine Elle a publié un article sur le désintérêt croissant des femmes pour la pilule. Bien que la pilule reste « le moyen de contraception le plus utilisé en France » — avec près de 60 % de femmes sous contraceptifs qui l'utilisent — un récent rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) montre qu'une « défiance croissante se fait jour ».

Selon ce rapport, « la montée des préoccupations écologiques, qui développe une aspiration à des méthodes naturelles, et la crainte des effets à long terme d'une imprégnation hormonale (...) alimentent un climat de suspicion, voire de ras-le-bol » à l'égard de la contraception orale. Pour la sociologue Nathalie Bajos, directrice de recherche à l'Inserm, ce changement est dû à l'évolution des mentalités  : alors que la pilule était perçue comme outil de libération dans les années 70, ses contraintes sont aujourd'hui plus visibles, l'enjeu de « libération » ayant disparu. Le rapport de l'IGAS va dans ce sens : « la prise quotidienne de la pilule tend à être perçue comme une contrainte (...) et une lassitude tend à s'installer avec le temps. Un rapide calcul montre que la prise de la pilule par une femme pendant la durée de sa vie féconde, de 17 à 50 ans environ, représente la gestion au quotidien de plus de 8000 comprimés. Ceux-ci doivent être absorbés trois semaines sur quatre sans aucun oubli, sans épisode de diarrhée ou de vomissements, sans décalage horaire, en respectant rigoureusement l'intervalle de temps entre deux plaquettes. On comprend, au regard de ces faits très concrets, la difficulté d'effectuer un tel parcours sans faute ».

Alors que la France est plongée dans la politique du tout-pilule depuis les années 1970, la gynécologue Elisabeth Aubény, présidente de l'Association française pour la contraception, explique que « la pilule est devenue une obligation, d'où la difficulté pour certaines femmes d'adhérer à quelque chose qui leur paraît imposé ». À l'échelle mondiale, « seules 8 % des femmes sous contraception utilisaient la pilule » en 2007, ce qui fait de la France une exception. Si Nathalie Bajos évoque une norme contraceptive en France, selon une enquête de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), 1 femme sur 5 sous pilule oublie de la prendre au moins une fois par mois. Entre autres raisons d'une prise irrégulière, comme l'évolution des modes de vie, se trouve le fait que « la pilule n'est pas un médicament comme un autre » et qu'elle suscite chez certaines femmes une attitude ambivalente : « le désir ou non de grossesse est un sentiment très complexe dans lequel la femme met en jeu énormément de choses conscientes ou inconscientes » souligne Véronique Séhier, membre de la commission contraception du mouvement français du planning familial.

Un encadré complétant l'article fait état d'une étude publiée dans le British Medical Journal selon laquelle la pilule ne présenterait pas de danger pour la santé des femmes, mais diminuerait les risques de cancers des ovaires, et du colon. La prise de pilule entrainerait, toutes classes d'âges confondues, « une diminution de mortalité de 12 % ». D'autres sources indiquent pourtant des dangers liés à la pilule (Cf. Problèmes de santé liés à la contraception orale). Le Quotidien du médecin du 14 avril 2010 indique notamment que « l'effet délétère principal de la contraception orale estroprogestative (EP) en termes de fréquence est le risque de thrombose veineuse ». Elle est donc particulièrement contre-indiquée après une phlébite.

Sources : Elle (Catherine Robin) 09/04/10 - Le Quotidien du médecin (Pr. Christian Quéreux, Dr Odile Maurice) 14/04/10, via Généthique.






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mardi 13 avril 2010

États-Unis — La fin des humanités ?

La crise économique et le chômage amènent universités et étudiants révisent leur opinion sur les diplômes en lettres et sciences humaines.

Ayant constaté une chute de ses rentrées budgétaires de 20 % de 2007 à 2009, Centerary College, établissement privé situé à Shreveport (Louisiane) a décidé d’éliminer la moitié de ses 44 matières principales. Dans les trois à quatre ans qui viennent, les matières classiques telles que le latin, l’allemand et les arts dramatiques seront supprimées. Une sérieuse volte-face depuis le jour, en 2007, où Newsweek décernait à Centenary le titre de « faculté d’art, lettres et sciences humaines la plus attrayante », vantant la large palette de matières proposées.

En lieu et place, l’établissement pense proposer plusieurs cursus, des maîtrises en sciences de l’éducation ou en commerce international, par exemple. Ces filières plus proches du monde du travail sont de plus en plus appréciées, et se sont révélées d’autant plus rentables dans d’autres universités et écoles, notamment en période de récession. Un aspect que le directeur de l’université s’attache à minimiser : « Nous ne sommes pas partis à la chasse aux étudiants » explique David Rowe.

« Nous pensons que les étudiants ont besoin d’une culture générale, tant en lettres qu’en sciences, mais qu’ils ont également besoin d’une formation plus spécialisée dans un domaine précis ».

On n’en constate pas moins que la bataille entre les grosses têtes diplômées en lettre et les pragmatiques diplômés en science s’intensifie. Pour l’instant, les pragmatiques mènent, et tout particulièrement du fait de la crise et des coupes dans les budgets des étudiants comme dans celui des écoles qu’ils fréquentent. « Les étudiants veulent un diplôme qu’ils peuvent vendre » déclare Anthony P. Carnevale, directeur du Georgetown University Center on Education and the Workforce.

Selon une nouvelle étude publiée par Roger Baldwin, un professeur en sciences de l’éducation de l’université du Michigan, le nombre d’écoles spécialisées en arts, lettres et sciences humaines a été ramené de 212 en 1990 à 136 en 2009. Les sciences humaines sont les plus affectées dans les établissements au budget limité. Dans le Wisconsin, le Lutheran College a indiqué en mars dernier qu’il cesserait d’enseigner les sciences politiques, en raison d’un déficit de 3 millions de dollars. Dans les écoles et universités de recherche de premier plan, on sent également une pression en faveur de la multiplication des enseignements spécialisés. À Claremont McKenna, en Californie, on vante un nouveau cursus auxiliaire (« minor ») en économie financière, tandis qu’à l’école de commerce Fuqua de l’université de Duke, on vient d’ajouter une maîtrise en un an destiné aux diplômés en sciences humaines désireux de franchir la période de crise.

Un souci aisément compréhensible. Seuls 41 % des gens de 18 à 29 ans ont un emploi à plein temps, contre 50 % en 2006, selon une récente étude du Pew Research Center. Une étude de 2009 sur 220 000 étudiants en première année montrait que 56,5 % d’entre eux pensent qu’il est « très important » de choisir une université dont les diplômés obtiennent de bons emplois. « C’est un investissement énorme, et les étudiants doivent affronter une incertitude élevée quant aux occasions qui se présenteront à eux après l'université » explique Anne Colby, spécialiste à la Carnegie Foundation for the Advancement of Teaching.

Au-delà de l’influence d’une situation économie difficile sur les choix en matière d’éducation, la tendance à offrir des formations plus pratiques est peut-être allée trop loin. Bien que les étudiants soient nombreux à rechercher les diplômes qui mèneront directement à un emploi, l’économie évolue si rapidement qu’il est difficile de prédire ce que sera le marché du travail dans dix, vingt ou trente ans. Il n’y a pas si longtemps, les technologies vertes, les énergies renouvelables et la santé n’étaient pas les domaines en expansion qu’ils sont aujourd’hui. Cette décennie à connu une multiplication des diplômés en gestion des affaires, mais rien ne garantit que ces formations leur apporteront la meilleure préparation à l’économie du futur.

Chez les défenseurs des lettres et sciences humaines, on se soucie de voir les étudiants qui se spécialisent dans des domaines précis insuffisamment formés à la pensée critique, et à formaliser, analyser et synthétiser l’information. Les formations commerciales préparent bien à travailler en équipe ou à faire des présentations, moins à effectuer des recherches approfondies ou rédiger en dehors des traditionnels communiqués d’entreprise, mémos ou présentations PowerPoint. « À mon sens, il faut en quatrième année proposer aussi bien des enseignements en lettres et sciences humaines que des formations spécialisées », indique José Luis Santos, professeur assistant dans la division Higher Education and Organizational Change à UCLA. « Les gens doivent arriver au diplôme avec des compétences en pensée critique, les employés étant de toute façon formés sur le lieu de travail aux besoins de leur secteur d’activité. »

Dans bien des secteurs à hauts salaires, on continue d’embaucher de préférence des étudiants sortant de formations en lettres et sciences humaines, confirme Caroline Ceniza-Levine, ancienne recruteuse pour Time Inc. et coach en parcours professionnel chez SixFigureStart. Quel que soit l’établissement fréquenté, il faut toujours en être sorti avec de bonnes notes, un réseau, et avoir effectué un certain nombre de stages en entreprises en rapport avec le but recherché. « Si vous ne le saviez pas, et que vous majorez en philosophie, vous êtes mal parti » indique Ceniza-Levine. « Quand bien même vous auriez obtenu votre diplôme de philo à Harvard, vous avez intérêt à avoir passé vos étés à travailler dans une banque ».

La tradition de la culture générale a peut-être tendance à disparaître dans le pays, mais dans les établissements de premier plan comme Harvard, Swarthmore, Middlebury et Williams, on reste fidèle à cet idéal. Dans ces écoles d’élite, on n’a pas modifié les programmes pour ajouter des cursus spécialisés. Grâce à leur budget généreux, ça n’a pas été nécessaire. Lorsque la situation économique se sera améliorée, il se pourrait paradoxalement que leurs étudiants soient les mieux armés. Les études en lettres et en sciences humaines sont peut-être considérées comme trop théoriques et passées de mode, mais elles apprennent aux étudiants à penser large — suffisamment pour voir au-delà de ce qu’on leur a enseigné, et à s’adapter au marché du travail.

Source : Newsweek (traduction originale de David Korn remaniée)






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Le cours Éthique et culture religieuse : transmission des connaissances ou endoctrinement ?

Le cours Éthique et culture religieuse : transmission des connaissances ou endoctrinement ?

Conférence de Joëlle Quérin

Le jeudi 15 avril 2010 à 19 h

Le cours éthique et culture religieuse (ÉCR) est au cœur d’une controverse politique et médiatique. Plusieurs lui reprochent d’avoir été improvisé à la hâte pour correspondre à certaines exigences politiques ou ministérielles. Joëlle Quérin nous démontrera que le cours ÉCR a été préparé depuis plusieurs années dans les différentes instances de l’État québécois et vise explicitement la transformation radicale de la société québécoise en la reprogrammant à partir du logiciel idéologique du multiculturalisme.

Joëlle Quérin poursuit un doctorat en sociologie à l’Université du Québec à Montréal et est l’auteure de plusieurs articles sur la question du multiculturalisme et des accommodements raisonnables au Québec. À titre de chercheure associée à l’Institut de recherche sur le Québec (IRQ), elle a produit une étude sur le cours Éthique et culture religieuse (ÉCR).

Après la conférence, il y aura une période de questions et d’interventions.

Lieu : Maison Ludger-Duvernay
82, rue Sherbrooke Ouest à Montréal

L’entrée est libre

RENSEIGNEMENTS SUPPLÉMENTAIRES
514-843-8851






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lundi 12 avril 2010

Calendrier scolaire : autre rebuffade pour la ministre de l’Éducation

Après le tollé suscité par d’éventuels changements au calendrier scolaire la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, essuie un autre revers. Le Conseil supérieur de l’Éducation dans un avis publié aujourd'hui ne recommande pas la modification du Régime pédagogique de l’éducation préscolaire primaire et secondaire. Cette modification aurait, entre autres, permis de remplacer le nombre de jours de classe prévus au calendrier scolaire par un nombre d'heures, et ainsi annuler l'interdiction d'enseigner les samedis et les dimanches.

Selon la ministre Courchesne, ce Projet de règlement modifiant le Régime pédagogique visait d'abord à accorder une plus grande marge de manœuvre aux écoles, et leur permettre de mieux atteindre les objectifs de réussite scolaire. On appris par la suite que ce projet devait surtout accommoder des écoles privées juives orthodoxes de Montréal, en leur permettant de continuer à faire une large place à l'enseignement religieux tout en les obligeant à se conformer à la loi.

« Aux yeux du Conseil, plusieurs des modifications du projet de règlement soulèvent aussi des interrogations quant à leur pertinence au regard du soutien à la réussite et à la persévérance scolaires, à leur cohérence avec d’autres dispositifs ainsi qu’à leur faisabilité », a soutenu le Conseil dans son avis.

Le 3 février dernier, la ministre de l'Éducation avait déposé en catimini son projet de règlement que nous avions révélé ici preuves à l'appui, ce qui avait provoqué l’ire des enseignants, des regroupements de parents et des associations et fédérations du milieu scolaire. À la mi-février, une motion demandant le retrait du projet de règlement, déposée par le Parti québécois et l'ADQ à l’Assemblée nationale, avait été battue.

L’avis du Conseil supérieur de l’Éducation a tenu compte « d’études documentaires et de consultations menées auprès d'acteurs de l'éducation engagés directement sur le terrain » de rappeler le Conseil. La ministre n'est pas tenue de suivre l'avis du Conseil.

L'avis du Conseil supérieur de l'Éducation (164 pages, PDF) ne mentionne pas les mots juifs ou orthodoxes, cependant il aborde d'autres aspects de la modification du Régime pédagogique comme l'entrée progressive au préscolaire (l'État réglemente encore plus et plus tôt la prise en charge des enfants).






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dimanche 11 avril 2010

Le « mythe » de la Révolution tranquille

Article du Droit de Gatineau sur la Révolution tranquille.

S'il devait résumer la Révolution tranquille en un seul mot, Gilles Paquet, professeur émérite de gestion à l'Université d'Ottawa, choisirait « mythe ».

Dans le cadre d'une série de conférences présentées à la Grande Bibliothèque de Montréal sous le thème La Révolution tranquille, 50 ans d'héritages, M. Paquet abordera demain l'empreinte qu'a laissée cette époque dans les domaines de l'éducation, de la santé et de la culture.

Après un demi-siècle, le professeur Paquet estime qu'il faut « remettre les pendules à l'heure ». « Il y a une sorte de mythologie qui s'est créée au début, croit-il. [...] On a attribué trop facilement au volontarisme politique et aux bureaucrates des choses qui étaient enclenchées mécaniquement par le baby-boom. »

Les changements dans le système d'éducation issus de la Révolution tranquille sont parmi les facteurs qui expliquent, aux yeux de M. Paquet, le fort taux de décrochage au Québec. « Ce n'est pas parce que nos enfants ici sont plus fous qu'ailleurs. »

« Le problème, quand l'État prend le contrôle de quoi que ce soit, c'est qu'il veut centraliser. Le cours d'éthique et de culture religieuse est un cas patent d'une religion d'État qui va être enseignée partout. »

La Grande Noirceur et les fruits de la Révolution tranquille dans un cahier d'activité ECR

Page 56 — cahier-manuel d'éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re  secondaire des éditions La Pensée (autres pages ici)



Le conférencier se réjouit toutefois de la présence d'écoles privées au Québec, « Si on n'avait pas eu Daniel Johnson père, qui a continué à financer les écoles privées, on serait dans un merdier encore plus grand, croit M. Paquet. C'est la concurrence entre les deux systèmes qui nous sauve. »

En matière de soins de santé, Gilles Paquet affirme que la gratuité des services publics et l'absence de services privés ont été néfastes. « Si la suite royale du Château Laurier était gratuite, on aurait des files d'attente sans fin, image-t-il. Le pire, c'est qu'on a aussi rendu quasiment tabou le recours au privé. »

L'imposition d'une nouvelle contribution en santé, récemment annoncée par le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, se veut d'après M. Paquet « une approche bien timide » pour remédier aux problèmes du système.

De tout cela a découlé une « culture du bénéficiaire », selon le professeur. « On est tellement habitué d'avoir des acquis sociaux qu'on en devient dépendant. »

Une « fabulation »

L'image qui reste de la Révolution tranquille est donc beaucoup plus belle qu'elle ne devrait l'être, croit Gilles Paquet. « On vit dans le rêve, c'est une fabulation qui nous a véritablement fait plaisir, on s'est dit qu'on avait vécu une période extraordinaire. »

Il estime que l'Outaouais, de par sa proximité avec l'Ontario, était toutefois un peu à l'écart des autres régions du Québec. « L'Outaouais n'a jamais été embarqué aussi pleinement dans la mythologie et la fabulation, parce qu'on pouvait comparer avec ce qui se passait à côté tous les jours. »

Voir aussi :

Héritage de la Révolution tranquille : lent déclin démographique du Québec ?


Révolution tranquille : Entre imaginaire et réalité économique et sociale





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samedi 10 avril 2010

La famille décomposée mais festive dans la publicité


Publicité de Renault (France)






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Élèves indisciplinés, violents : supprimer les allocations aux familles monoparentales ?


Éric Zemmour et Nicolas Domenach sur l'autorité des professeurs et des parents — Ça se dispute, I>Télé, 9 avril 2010






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jeudi 8 avril 2010

Faible fécondité qui stagne, immigration massive : le Grand Montréal s'anglicise rapidement

Les francophones représentaient 59,9 % des résidents de l’île de Montréal en 1986, alors qu’ils ne sont plus que 48,8 % en 2006.

Ce n'est pas sorcier : il est difficile de travailler à Montréal sans connaître l'anglais, les Québécois ont une faible fécondité, l'immigration est massive à Montréal, immigration qui n'a pas le même attachement familial et identitaire au français que les Québécois de souche.

La fécondité des Québécois est très faible (1,73 enfant par femme en 2009 en faible diminution par rapport à 2008), mais les francophones Montréalais ont une fécondité (1,2 enfant par femme en 2001, les dernières données disponibles) ont une fécondité non seulement inférieure aux allophones (environ 1,76), mais également inférieure aux anglophones (plus de 1,47).

L'immigration a un poids énorme à Montréal. En 2006, 87 % des immigrants étaient établis dans la région métropolitaine de recensement de Montréal dont la très grande majorité, soit 75 %, vivait sur l’île de Montréal. Le nombre d’immigrés ne cesse de croître. Eric Charest et Marie-Thérèse Chicha de l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) estiment qu’en 2017, 21,7 % de la population de la région Montréal sera née à l’extérieur du Canada. Statistique Canada prévoit que ce pourcentage s’établira à 31 % en 2031.




Idée iconoclaste : la Révolution tranquille, sa libération des institutions comme le mariage, et sa dépendance sur l'État providence plutôt que la famille (les enfants hypothétiques des autres plutôt que les siens) ont marqué un déclin accéléré, non seulement économique du Québec (voir Révolution tranquille : Entre imaginaire et réalité), mais aussi du français ?

Commerce, rue Stanley à Montréal


Le rapport de Pierre Curzi (85 pages, PDF).

Lire aussi de Mathieu Bock-Côté : La bruxellisation de Montréal 
« Il y en a encore pour se dire surpris de la régression du français à Montréal. Les chiffres présentés par Pierre Curzi sont pourtant connus depuis un bon moment. À tout le moins, personne ne pourra prétendre ne pas avoir entendu l'alarme. Le point de non-retour est fixé : en 2016, Montréal sera majoritairement anglaise.


Hard Rock Cafe, rue Crescent à Montréal


Le Parti libéral s'est contenté de reprendre le refrain du politiquement correct avec une mise en garde contre la paranoïa identitaire. D'autres crieront probablement à l'alarmisme, surtout chez les praticiens d'une certaine démographie faisant pour neutraliser statistiquement la réalité de la régression du français en reconstruisant idéologiquement sans cesse les catégories permettant d'évaluer son état de santé.

Mais les faits sont têtus. Nous assistons effectivement à la désaffiliation progressive de la métropole par rapport à la société québécoise. Montréal comme Bruxelles accuse de plus en plus son contraste identitaire, linguistique et démographique avec la société dont elle est la métropole. On pourrait parler d'une bruxellisation de Montréal.

Panneau publicitaire près de la rue Sainte-Catherine, Montréal
Conséquence de cela: on demande moins aux immigrants de s’intégrer au Québec français qu’à une métropole multiculturelle qui n’exige plus d’aucune manière de prendre le pli identitaire de la majorité historique québécoise. Comment le demander, d’ailleurs, dans la mesure où cette dernière est de plus en plus une « minorité audible » dans la métropole ?

L’identité québécoise trouve sa base démographique en régression à Montréal. Sans surprise, le français n’est plus la langue qui s’impose, mais celle qu’on tolère. Et qu’on tolérera de moins en moins, d’autant plus que les francophones les plus en vue sont les premiers à consentir à cette forme de bilinguisme faussement cosmopolite qui masque bien mal la disparition du français comme langue d’intégration sociale.

Il n’est plus rare d’entendre, dans la jeune génération, une nouvelle forme de « parler bilingue » à la Justin Trudeau où l’anglais et le français s’enchevêtrent dans un jargon détestable sauf pour ceux qui font du bricolage identitaire un idéal émancipateur.

Chose certaine, sans une métropole moderne assurant une forme d’universalité francophone en Amérique, nous assisterons à la provincialiation de la société québécoise. D’ailleurs, les souverainistes devraient s’inquiéter de la dénationalisation de Montréal. »

Groove Jeans, sur Sainte-Catherine à Montréal








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Une association de pédiatres américains contre la promotion de l’homosexualité au collège

L’association de médecins pédiatriques américains, American College of Pediatricians (ACP) vient d’envoyer une lettre aux directeurs des écoles secondaires pour leur demander de ne pas faire enseigner aux jeunes dont ils ont la charge qu’il faut simplement accepter le fait qu’ils sont homosexuels s’ils éprouvent une attraction homosexuelle. Aux États-Unis comme en France, en effet, le dénominateur commun de « l’éducation sexuelle » est la déculpabilisation  : il s’agit de faire respecter à tout prix toutes les tendances qui se présentent à l’adolescence et encourager les jeunes à trouver leur orientation personnelle sans remise en question et sans jugement de valeur.

Les pédiatres américains estiment que cette manière de procéder encourage des jeunes qui sont temporairement dans une phase de confusion à propos de leur propre identité à s’installer dans une homosexualité qu’ils auraient probablement rejetée s’ils n’avaient pas été poussés à l’accepter.

Lire la suite

Voir aussi

Un plan de lutte contre l'homophobie méprisant pour la population

Cahier ECR : « Beaucoup de travail à faire aux groupes religieux pour accepter les homosexuels »

Lutte à « l'hétérosexisme » : manque de modestie constitutionnelle du gouvernement québécois








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mercredi 7 avril 2010

Cérémonie, prière, danse sacrées dans une école laïque publique

Nous avions déjà droit à la Journée de la Terre. Samedi 27 mars, nous avions la nouvelle Heure de la Terre. Il s’agit d’un évènement mondial écologiste annuel, créé en 2007 par le WWF (World Wide Fund for Nature, le Fond mondial pour la nature), qui consiste à couper les lumières et débrancher les appareils électriques non essentiels pendant une heure.

À cette occasion, l’école Wilfrid-Léger de Waterloo, dans les Cantons-de-l'Est, en collaboration avec l'Atelier 19 et la maison des jeunes l’Exit (voir l’annonce) organisait une manifestation « artistique et communautaire ». Cette manifestation « par la magie du conte, la profondeur d'un rituel amérindien et la création d'un cercle de lumière » permettrait, selon les organisateurs, de poser « un geste significatif pour votre communauté et le reste de la planète ».

Nous avons donc envoyé un reporter qui pourrait témoigner de cette manifestation organisée par une école publique et laïque dans ses locaux.

Des jeunes élèves à l’accueil, aux tambours

Dès la porte principale de l’établissement, on est accueilli par une série de jeunes élèves de l’école Wilfrid-Léger grimés en vert. Un d’entre eux, un placier, écarte un grand rideau et découvre la « place centrale » de l’école. Au centre, un tapis oriental entouré de branches de sapin, devant quelques tatamis où viendront s’asseoir les jeunes enfants. Enfin aux quatre coins de cette scène des peintures trônent sur leur chevalet. Un énorme capteur de rêves pend au plafond. Au fond de la pièce, une dizaine de jeunes sous la conduite de leur chef battent du tambour. La pièce baigne dans une lumière verte. Une soixantaine de personnes sont assises, plusieurs arborent dans leurs cheveux gris un bandeau indien.




La manifestation va bientôt commencer. On invite les enfants à s’asseoir au centre. Environ quinze jeunes enfants prennent place sur les tatamis. On tamise les lumières. Les tambours entonnent différents chants. Voilà le rythme à quatre temps de la Terre, quatre temps pour les quatre éléments fondamentaux : terre, eau, feu et air. Ensuite un rythme plus rapide, celui de l’Homme. La pièce est envahie de ces résonnances viscérales, parfois assourdissantes même. Le public est invité à applaudir. Il applaudit.

Une jeune fille, élève de l’école Wilfrid-Léger, s’avance. Elle fait partie du Comité vert de l’école. Le comité est formé d’élèves qui « ont la protection de l’environnement à cœur ». La jeune écologiste annonce que la réunion est organisée par trois organismes : l’Atelier 19, la Maison des jeunes locale et l’école Wilfrid-Léger.



Maude Arsenault de l’Atelier 19 s’avance. Elle remercie l’école et ses jeunes. Elle annonce le programme et décrit l’Heure de la Terre : « C’est le plus grand rassemblement environnemental dans l’Histoire ».  Mme Arsenault rappelle qu’en 2010 le Canada sera l’hôte du G20 et que nous sommes réunis pour faire comprendre à nos dirigeants que l’environnement est important pour nous.

Hommage aux quatre directions de la Roue de médecine

Alors que l’année passée, lors de cérémonie pour la Journée de la Terre à Granby, l’animatrice avait ouvert la réunion par une prière aux quatre animaux totémiques, aux quatre éléments et aux quatre directions, cette année-ci elle insiste sur la dimension « artistique » de la cérémonie : on allume d’abord une chandelle entourée de quatre animaux totémiques, puis on passe en revue quatre « œuvres » artistiques qui étrangement ont les attributs associés aux quatre directions amérindiennes.

Réincarnation libératoire

Vient ensuite, la même conteuse, Michèle Rousseau, qui comme lors des cérémonies de la Journée de la Terre narra avec un talent certain un autre conte autochtone. Cette année-ci il s’agit de la souris qui à force de curiosité et de sacrifices devient « Souris-qui-bondit » puis enfin un aigle… L’histoire est emplie d’animaux aux pouvoirs magiques, bison et loup qui servent de guides vers les montagnes sacrées et le Lac de Grande médecine. Comme lors de son intervention à la Journée de la Terre dans son conte de la « femme chamane », Michèle Rousseau insista sur l’importance de la réincarnation et de la métempsychose. Pour elle, c’était visiblement ce qui comptait le plus dans son conte, car cette croyance serait libératrice : « Vous savez les enfants, on n’est jamais mort pour toujours. Quand on est mort, ce n’est pas pour toujours. On se transforme. On ne revient pas comme on était avant, mais on se transforme. C’est vraiment très intéressant de découvrir ça. Ça donne confiance. » La souris qui bondit se transforme finalement en aigle et de conclure la conteuse « Vous savez ce sont les autochtones qui savent nous faire comprendre ce que c’est que de devenir aigle. »

Applaudissements.

Prière sacrée

Samania, habillée d’une robe indienne en cuir à franges, et d’une paire de lunettes rectangulaires qui lui cernent les yeux de noir et de blanc, s’avance. Elle se dit amérindienne et d’un métissage du plus bel aloi : par sa mère elle serait un mélange d’Agnier (Mohawk) et d’Odjibway et par son père un quart abénaquis et un quart micmac.

Elle demande aux enfants-rois de s’approcher et de former un cercle sacré : « Je vais demander aux enfants de se lever et de venir avec moi. On va se donner la main. Chez nous les Amérindiens, les enfants sont nos maîtres… » « Je demanderais aux gens, s’ils veulent bien se lever debout… On va faire un petit cercle sacré juste autour »… « Je demanderais à mon groupe de chant (de venir). « On va faire une prière ensemble. » « On va donner la main aux enfants. On fait juste un cercle ».

Puis dans cette école laïque, vient la prière en cette Heure de la Terre : « Alors ce qu’on va faire, on va faire un cercle de prière. C’est un chant. Ça s’appelle « Wa wé wa wé o ». « Vous allez tous répéter avec nous. C’est une prière sacrée. » Alors, tous chantent « Wa wé waaaaaaa wa wé wa we ooooooo »… Le chant répétitif est entonné par l’assemblée pendant près de deux minutes.



Une fois la prière terminée, Maude Arsenault annonce que nous allons procéder à la cérémonie de purification et qu’ensuite nous réaliserons « une œuvre d’art collective ».



Heure de la Terre, école Wilfrid-Léger, le 27 mars 2010.


Feu sacré, cercle sacré, prière au Grand Esprit

Samania demande alors à l’assistance de former un serpent : « On va faire la danse du serpent ; quand on va sortir, tout le monde va se tenir la main. » On va aller à l’extérieur « allumer le feu sacré. »

En file indienne, parents et écoliers sortent pour aller sur le terrain de sport de l’école au centre duquel brûle un feu de camp. Une fille armée d’un grelot qu'elle secoue fortement clôt la longue file et invite à ne pas couper le serpent. « C’est très important ! » Un serpent à sornettes apparemment.

Une fois les participants assemblés autour des flammes, Samania annonce qu’il s’agit d’une « cérémonie sacrée alors nous allons faire le cercle de purification. » Elle présente Jacques et Jane « les gardiens du tambour sacré… qui a 300 ans ». « Les chasseurs ont fait de la chasse spirituelle, justement aux bisons. Les peaux qui sont dessus sont de la peau du bison. »

Suit une longue litanie de « sacré » : « Ce soir on va faire une cérémonie sacrée », « Sylvie, c’est la gardienne du tabac sacré. », « Renée gardienne de la sauge, une herbe sacrée. »

Samania continue : « Danielle est avec moi et va faire la moitié du cercle avec moi pour pouvoir purifier les gens...», elle fait appel à cinq femmes ou jeunes filles de l’assistance. Elle répète son laïus de l’enfant-maître et l’adulte-élève dans la société autochtone. « La cérémonie vient de commencer, moi je vais sortir à l’extérieur du cercle pour faire l’offrande au Grand Esprit avec ma coquille. » Elle présente aux gens le coquillage de mer avec la sauge. « La sauge c’est pour vous purifier. » Alors quand… on fait l’offrande aux quatre directions…c’est qu’on demande au Grand Esprit, que la fumée… les gens qui sont ici ce soir, qui se réunissent ensemble, que nos prières se réunissent et qu’ils demandent au Grand Esprit qu’elles soient exaucées. »

Moment de silence. Nouvelle prière. L’officiante invite les gens à crier « WAO ». Un grand « WAO » retentit. On prie pour la Terre et on demande pardon pour ceux qui n’en prennent pas soin.

L’office continue. La célébrante saupoudre le feu de sauge, demande le silence total. La prêtresse met le feu à la sauge dans son coquillage, elle s’encense de fumée sacrée.



Interruption de la cérémonie sacrée

Puis soudain, l’officiante s’interrompt : « Je viens d’avoir une information, on m’a demandé de ne pas faire le cercle au complet parce que… Où est-ce qu’elle est Maude ? » Francine Charland de l’Atelier 19 intervient : « Ce qu’on aimerait c’est si c’était possible que votre cérémonie de purification puisse être avec ceux qui sont dans le premier cercle, parce qu’après on va avoir à faire les cercles de lumières… et on sait qu’il y a peut-être des gens ici qui sont réticents quand même à ce qui se passe. C’est quand même nouveau. Ça appartient à votre culture amérindienne. Pour nous, ce serait de respecter les gens qui sont autour ».

Visiblement, cette cérémonie sacrée met mal à l’aise des personnes dans l’assistance comme l'avoue Mme Charland.



Cérémonie de purification des âmes par le Grand Esprit

Nonobstant cette intervention, le rituel de purification commence : l’officiante amérindienne se déplace d’une personne à l’autre en présentant le coquillage de sauge sacrée et les gens éventent la fumée sacrée autour du visage. La cérémonie dure 15 minutes. Les organisateurs allument ensuite des chandelles dans des boîtes de conserve, les disposent par terre pour former le cercle sacré de lumière.

Où Radio-Canada persécute l'auteur

Ayant déjà assisté à la même cérémonie des lumières l’année passée, votre reporter retourne à sa voiture. La route est encore longue. Il s’assied dans sa voiture, allume la radio et tombe sur Jacques Languirand, le gourou octogénaire du Nouvel Âge qui officie encore sur la chaîne d’État. Au menu, Le cinquième accord toltèque écrit par le fils d'une guérisseuse du Mexique et petit-fils d'un chamane. On n’y échappe décidément pas. Bienvenu à ce Québec laïque en pâmoison devant tout ce qui est amérindien et empreint d’une vague spiritualité écolo-nouvel-âgeuse.

Laïcité très variable

Rappelons que l’année passée un cégep de Sherbrooke avait tout fait pour empêcher un créationniste de parler à des étudiants après les heures de classe. Ici une école publique laïque et une maison des jeunes participent à une cérémonie au cours de laquelle on explique la dimension spirituelle d’« œuvres » d’inspiration autochtone, un grand capteur de rêves couronne l’auditoire, des tambours égrènent des sons répétitifs autochtones, on allume une chandelle ornée de quatre animaux totémiques, on insiste sur la réincarnation en la qualifiant de chose « très intéressante » à découvrir et dont la prise de conscience est libératoire, on participe à des prières où le sacré se bouscule : cercle, coquillage, sauge, tabac, tambour, feu, tout est sacré. On y prie même pour les pécheurs qui ne prennent pas soin de la Terre. Un office complet, et pas un mot de protestation de la part des professeurs ou de la direction de l’école. Non, on aide plutôt l’Atelier 19 qui n’en est pas à son premier office du genre à monter l’événement « artistique et communautaire ».

Voir aussi : Nos ancêtres, les Amérindiens







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