jeudi 18 mars 2010

Démographie — « Au Canada, il faudra qu'il y ait un premier ministre pakistanais ! »

Extrait d'un article du Figaro qui se penche sur un village « musulman » au nord de Toronto. On se demande bien ce que des chartes de laïcité empêcheront face aux faits têtus de la démographie. La grande fiction n'est-elle pas de croire qu'on peut avoir le beurre (ne pas faire d'enfants, on est moderne, on s'éclate, on importe plutôt des immigrés) et l'argent du beurre (être une minorité, pouvoir assimiler et garder son identité) ? Notons que ces mêmes concentrations mono-religieuses existent en France, notamment à Roubaix, dans la Seine-Saint-Denis sans qu'on puisse invoquer une culture officielle du multiculturalisme. Lire le dernier livre d'Éric Zemmour à ce sujet.

Début mars, une enquête de l'Institut national statistique du Canada a révélé que, dans vingt ans, les minorités visibles représenteraient 63 % de la population de Toronto. À cette idée, Naseer Ahmad jubile : « Ce pays a été fondé par les Français et les Anglais. Maintenant, il y a une troisième force, c'est nous. Au Canada, il faudra qu'il y ait un premier ministre pakistanais ! » Dans le discours du promoteur immobilier, Allah n'est jamais loin. Son regard se durcit lorsqu'il évoque « cette France qui ne comprend rien à l'islam ». Ahmad balaie la question de l'intégration : « Nous sommes très bien intégrés au Canada. Nous ne cherchons même pas à avoir notre propre école. Nos enfants vont à l'école publique. »

Cette école primaire se trouve à quelques centaines de mètres de Peace Village. La secrétaire de la Teston Village Public School explique que 80 % des élèves sont originaires de l'enclave musulmane. Les enfants s'expriment entre eux en ourdou. Beaucoup ont des difficultés en anglais. Le midi, ils mangent des pizzas halal que prépare le personnel.

Toujours pétris de politiquement correct, mais aussi d'une grande tolérance, les Canadiens anglais refusent d'émettre une opinion défavorable. « Ce sont des gens charmants, très polis et très calmes. Ils ont parfois peur de parler, car ils s'expriment très mal en anglais », explique une chauffeuse de bus. La critique vient des autres immigrants. Barry Holmes, un agent immobilier d'origine sri-lankaise, s'indigne : « Le multiculturalisme c'est bien beau, mais les gens ne se parlent pas. Ce sont toujours des rapports de forces entre communautés. Ma communauté est petite. Nous n'obtenons pas grand-chose. »



Naseer Ahmad a l'esprit ailleurs. Il montre le Peace Plazza, son centre commercial. « Il y a plusieurs restaurants halal. Je contrôle tout ici. J'ai même créé un cimetière musulman. Peace Village est une expérience unique, qui jette les bases d'autres villages. » Il balaie l'horizon, désignant une large étendue près de la mosquée : « Nous y ferons un vaste centre islamique »






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« Il faut être tenace ! » dit Sylvain Lamontagne

Extrait d'un article de la Voix de l'Est qui revient sur la progression importante du nombre de commissaires scolaires prêts à accorder une exemption au programme ECR dans la région de Sherbrooke.

« À ma première demande d’exemption, aucun commissaire ne m’avait appuyé, a rappelé [M.  Sylvain Lamontagne] le président de la CLÉ au cours d’un bref entretien téléphonique, hier. Mardi, six commissaires sur 16 m’ont soutenu. Le gros bon sens a parlé. Deux votes de plus auraient tout changé. »

Sylvain Lamontagne a déposé, il y a deux mois, une demande d’exemption au cours d’ÉCR pour ses deux filles, l’une en deuxième secondaire et l’autre en quatrième secondaire. Cette requête a été rejetée. M. Lamontagne a demandé une révision de cette décision. « Je suis passé devant le conseil de révision, jeudi dernier, raconte M. Lamontagne. Ce conseil suggérait aux commissaires de rejeter ma demande. » Suggestion qui a été votée par une majorité de commissaires lors d’une séance publique, mardi soir.

Une réponse positive des commissaires aurait obligé l’école que fréquentent les filles de M. Lamontagne à mettre à leur disposition un local où elles pourraient tuer le temps pendant les quatre cours d’ÉCR qu’elles ont par cycle de neuf jours. Depuis l’an dernier, les filles de M. Lamontagne se rendent à la salle des Chevaliers de Colomb, où des bénévoles s’occupent d’elles. « Si les commissions scolaires fournissaient un local, je suis sûr que la moitié du Québec s’en prévaudrait, avance le président de la CLE. Souvent, les deux parents travaillent et n’ont pas le temps d’aller chercher leur enfant et de s’en occuper pendant les cours d’ÉCR. »

Sylvain Lamontagne a l’intention de demander aux parents d’autres commissions scolaires de multiplier les demandes d’exemption. « Maintenant, le rapport de force est différent. Six commissaires m’ont appuyé. Les gens ne se fient plus juste au discours du Ministère, mentionne-t-il. Il faut être tenace. »






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France — Pouvoirs publics, médias et experts relativisent l'immigration et présentent ses effets sous un jour favorable

Extraits d'un entretien avec la démographe Michèle Tribalat, directrice de recherche à l’INED, publié dans L'Express à l'occasion de la sortie de son livre Les Yeux grands fermés.

On chercherait donc à rassurer les Français en leur cachant les vrais chiffres de l'immigration ?

Pouvoirs publics, médias, experts n'inventent pas des chiffres, mais ils privilégient les instruments qui relativisent l'immigration et présentent ses effets sous un jour favorable ou, lorsque ce n'est pas possible, qui mettent les immigrés ou leurs descendants en position de victimes. Dans notre pays, on semble plus préoccupé par l'effet de l'information que l'on diffuse que par la réalité qu'elle recouvre. Un climat antiraciste joue, qui incite à la prudence: on cherche à éviter d'alimenter les craintes des Français et à améliorer leur opinion sur l'immigration. Dans notre époque mondialisée, l'immigration apparaît comme une fatalité. Autant la présenter sous un jour favorable.

Pourtant l'immigration est, selon de nombreux observateurs, utile à notre économie ?

C'est ce que l'on nous martèle de tous côtés, mais je n'ai pas lu beaucoup d'études traitant de la question en France. Cette insistance contraste avec le silence assourdissant qui a accueilli le rapport du CAE, silence qui montre le peu d'intérêt pour la réalité, ou tout au moins pour un diagnostic éclairé. Et les études qui sont disponibles, souvent réalisées aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, ne mettent pas en avant une augmentation décisive du produit intérieur brut [PIB] par habitant due à l'immigration. Que le PIB s'accroisse avec le nombre de travailleurs (au moins en période de croissance) n'est pas une grande nouvelle. Mais très peu semble revenir aux natifs et aux immigrés déjà présents.

Qu'en est-il des salaires ?

Les nombreuses études étrangères s'accordent généralement pour constater un effet négatif sur les plus bas salaires lorsque l'immigration est faiblement qualifiée. Les nouveaux immigrés entrent en concurrence avec les salariés peu qualifiés déjà présents, dont les immigrés, et font baisser les salaires. Une enquête britannique a testé l'effet de l'immigration récente de travailleurs des pays de l'Est, en particulier de travailleurs polonais. Ces immigrés étaient plutôt bien qualifiés mais se sont déclassés sur le marché du travail britannique et ont concurrencé les salariés les moins bien payés. En France, l'immigration n'est pas très qualifiée, un peu plus de 40 % de sans-diplôme dans le flux de 2006. Elle est, par ailleurs, très dépendante des liens familiaux tissés avec des étrangers. L'immigration familiale a changé : elle n'accompagne plus à distance, comme autrefois, le flux d'entrées de travailleurs. Elle comprend désormais des unions dites mixtes entre Français et étrangers, dans lesquelles le conjoint français est bien souvent d'origine étrangère. Ces unions ouvrent ainsi un droit à immigrer à un étranger qui vient du même pays que celui des parents de son conjoint français.

[Notons que, même au Canada où une partie de l'immigration est qualifiée, les bienfaits économiques d'une forte immigration sont remis en question par des instituts de recherche comme l'Institut Fraser pour qui l’immigration massive nuit au bien-être des Canadiens en général et les politiques d’immigration doivent être revues.]

Si l'immigration n'a que peu ou pas d'effets économiques, est-elle nécessaire pour l'équilibre démographique de la France, comme l'affirment certains de vos collègues ?

On entend effectivement souvent cet argument. Il provient d'un raisonnement purement quantitatif qui, poussé à l'extrême, nécessiterait des flux insoutenables. Tout dépend de la facilité de ces immigrés à occuper un emploi, emploi qui dépend lui-même de leur qualification. Cependant, toutes les études -souvent étrangères- concernant l'impact de l'immigration sur les finances publiques mettent l'accent sur un point : l'immigration, même qualifiée, ne pourra jamais rétablir à elle seule l'équilibre des finances publiques.

[Notons que, au Canada et selon le C.D. Howe Institute, l'immigration ne serait pas une solution miracle pour éviter une crise dans la vieillissement de la population active au pays. Voir Immigration et population vieillissante.]

[...]

Si, comme vous le dites, on reste dans le faux-semblant et le demi-mensonge, ne doit-on pas craindre une réaction violente de la population ?

Tout dépend de son degré d'irritation. Aux Pays-Bas, par exemple, nous avons assisté à l'émergence du phénomène Pim Fortuyn. On y a souvent vu une montée en puissance de l'extrême droite, alors que Paul M. Sniderman et Louk Hagendoorn [dans When Ways of Life Collide, Princeton University Press, 2007] ont montré que cela traduisait, en fait, un mécontentement surgi du cœur de la société. La réaction a touché des gens plutôt tolérants sur la question de l'immigration, qui n'avaient pas une vision négative de l'islam mais qui rejetaient certaines pratiques sociales des musulmans.





Michèle Tribalat était invitée le jeudi 18 mars 2010 sur France Culture pour débattre du coût de l’immigration.


Addendum vendredi 19 mars

Jean-Paul Gourévitch, expert international en ressources humaines, spécialiste de l’Afrique et des migrations, publie une mise à jour de sa monographie Le coût de la politique migratoire de la France. Selon lui, cette politique coûte 38,3 milliards d’euros par an soit près de 2 points de PIB.

Lire la monographie en ligne, dans un format adapté à la lecture à l’écran (format flash).

Télécharger la monographie au format Pdf.









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mercredi 17 mars 2010

Réponse reçue du cabinet du Premier ministre sur les changements au calendrier scolaire

Nous reproduisons ici sans commentaire la réponse reçue du cabinet du Premier ministre quant à l'abrogation de l'article 19 du Régime pédagogique et des changements ainsi apportés au calendrier scolaire.


Au nom du premier ministre, monsieur Jean Charest, j’accuse réception de la lettre que vous lui faisiez parvenir dernièrement concernant les modifications du Régime pédagogique.

D’abord, nous tenons à vous informer qu’il n’a jamais été question de bouleverser le calendrier scolaire afin d’obliger les jeunes à aller à l’école les jours de congés fériés et les fins de semaine.

Premièrement, les modifications proposées au Régime pédagogique ne toucheront d’aucune façon les congés fériés statutaires établis selon les normes du travail. Par conséquent, les jours fériés et chômés prévus par l’article 60 de la Loi, soit le 1er janvier; le Vendredi saint ou le lundi de Pâques; le lundi qui précède le 25 mai; le 1er juillet ou, si cette date tombe un dimanche, le 2 juillet; le 1er lundi de septembre; le deuxième lundi d'octobre; le 25 décembre, sont et demeureront des jours de congés fériés. Pour ce qui est des fins de semaine, vous devez aussi savoir que les syndicats et les parents doivent être partie prenante et en accord avec les projets éducatifs qui seraient mis sur pied dans les écoles. Les conventions collectives ont et auront toujours préséance.

Deuxièmement, il est faux de prétendre que les changements proposés le sont uniquement pour permettre l’enseignement religieux les fins de semaine dans les écoles privées juives. Toutes les écoles privées du Québec, qu’elles soient juives ou non, peuvent déjà enseigner des cours de religion en plus du cours d’éthique et culture religieuse. La priorité du gouvernement se situe dans le renforcement de l’apprentissage des matières de base de tous les élèves du Québec, dans toutes les écoles du Québec. Les modifications proposées assureront à tous les jeunes des écoles publiques et privées une solide formation en fixant un temps obligatoire d’enseignement des matières de base comme le français, l’anglais, les mathématiques et les sciences.


Espérant que ces informations puissent répondre à vos préoccupations, je vous prie d’agréer, Madame, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Marjolaine Michaud-Grimard
Responsable de la correspondance






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De plus en plus de commissaires pour accorder l'exemption au cours ECR

La Commission scolaire des Sommets (CSS) maintient sa décision de ne pas permettre l'exemption des deux filles de Marthe Morin et Sylvain Lamontagne du cours d'éthique et de culture religieuse.

Même si le résultat est le même que l'année passée : refus d'exemption, ce qui frappe est le nombre croissant de commissaires scolaires qui sont désormais disposés à sortir du chemin balisé par le Monopole de l'Éducation, de la doxa pluraliste normative (« le cours est essentiel au vivre-ensemble, il ne porte nullement atteinte à la liberté de conscience »). On voit donc de plus en plus de commissaires prêts à affirmer leur opposition au cours et à accorder l'exemption.

C'est pourquoi M. Lamontagne et Mme Morin affichaient de la satisfaction à la sortie de l'assemblée publique : un vote avait été demandé pour justifier la décision des commissaires et les commissaires s'étaient montrés nettement plus partagés qu'ils ne l'avaient prévu : dix (10) étaient favorables à la proposition de rejeter leur demande alors que six se sont prononcés contre.

« Il y avait zéro commissaire de notre bord l'an dernier et là six nous ont appuyés. On est enchanté de cet appui », a affirmé le père des deux adolescentes de 13 et 15 ans.

La Commission scolaire des Sommets avait invoqué le caractère obligatoire du cours d’éthique et de culture religieuse pour opposer un non à la demande du couple. De plus, d’après son évaluation, les parents n’ont pas démontré que leurs enfants pouvaient subir un « préjudice grave » n'accordant aucune valeur aux faits que les parents affirment que le cours va à l'encontre de leur foi et fournissent de nombreux documents d'experts allant dans leur sens.

Après un refus initial de la part de la Commission scolaire des Sommets, M. Lamontagne avait fait appel et demandé la révision de ce refus. Un comité de révision où siégeaient trois commissaires scolaires avait recommandé aux seize commissaires réunis hier de refuser à nouveau la demande d'exemption.

M. Lamontagne s'est exprimé avec beaucoup de cœur et de conviction devant les seize commissaires réunis. Il a rappelé la position de grands spécialistes et de politiciens connus, de la sociologue Joëlle Quérin, de l'ex-ministre de l'Éducation Louis O'Neill, du théologien spécialiste en éthique et ex-enseignant universitaire Guy Durand et des ex-ministres MM. Joseph Facal et Jacques Brassard. Il a rappelé le rôle essentiel des commissaires : représenter les parents.

Il a également rappelé les échecs de l'éducation des jeunes par l'État au Québec : très haut taux de suicide et de décrochage. Comme père, M. Lamontagne a déclaré qu'il s'efforçait de transmettre des valeurs qui font grandir ses enfants de l'intérieur alors que, selon lui, le cours ÉCR mine les jeunes de l'intérieur et qu'il ne permettra pas qu'un cours comme ÉCR vienne miner ses efforts.

Un des commissaires, Stéphan Fillion, a alors demandé un vote pour déterminer si les commissaires accorderaient ou non l'exemption. Celui se fera à main levée.

Lyne Beauchamp, avocate et secrétaire générale de la Commission scolaire, présidait le vote. On a assisté à un certain cafouillage. Une des commissaires, se disant nouvelle et ayant compris après un premier vote qu'elle avait mal voté, clama haut et fort qu'elle était contre le cours ECR. Le fait que tous ne votaient pas comme l'avait recommandé la commission scolaire a semblé prendre Lyne Beauchamp au dépourvu. Il y eut un moment de flottement. Voyant que seules 10 voix refusaient l'exemption, l'avocate a hésité avant de demander s'il y avait des commissaires absents ou des abstentions — il n'en y avait pas — et enfin, apparemment surprise, des commissaires appuyant les parents. Il y en avait six.

Bien que le cours soit offert depuis plus d’un an et qu’il soit obligatoire, les deux adolescentes concernées n’ont jamais assisté à celui-ci. « En 2008, ils nous ont fait du chantage, mais mes enfants ne rentreront pas là. Ce n’est pas négociable ! », a confié Sylvain Lamontagne à La Tribune.

Le couple avait formulé une première demande par écrit et fait face à une fin de non-recevoir. Par la suite, il est revenu à la charge en demandant la révision de la décision. Il a rencontré un comité de révision la semaine dernière.

M. Lamontagne a notamment laissé entendre, durant son intervention devant les commissaires hier soir, qu’une importance démesurée est accordée au cours. « On parle de quatre périodes en neuf jours et ça alors que nos jeunes ont de la misère à compter. »

« On fonde de l’espoir sur vous, mais le lien de confiance avec le ministère de l’Éducation du Québec est brisé », a par ailleurs lancé aux commissaires M. Lamontagne, qui craint de voir la foi chrétienne de ses filles s’étioler si elles étaient forcées d’assister au cours.

Le commissaire à l’origine du vote, Stéphan Fillion, souhaite mettre la main sur une foule de documents scolaires en lien avec le cours d’éthique et de culture religieuse. « On devrait avoir à notre disposition tous les documents de la maternelle à la cinquième secondaire » afin de juger sur pièces, dit-il. S'outiller pour poser un jugement critique sur le matériel et ne plus seulement se fier au jugement de la ministre et son équipe rapprochée, c'est déjà un grand pas.






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France — Enseignants pédophiles, on n'en parle que depuis récemment

Le 4 septembre 1997, le ministère de l'Éducation nationale français diffusait une circulaire interne demandant de signaler les cas d'abus sexuels. Dans les cinq mois qui suivirent, 345 affaires furent rapportées.

Depuis lors, l'Éducation nationale ne couvre plus « ses pédophiles » : une vraie révolution culturelle qui n'est d'ailleurs pas sans risques de dérives. En 1995, Georges Bernede, alors directeur adjoint des lycées et collèges, confiait encore, pudique, à L'Express : « Lorsqu'un enseignant est soupçonné d'être à risque, la meilleure solution consiste, sans doute, à lui donner un travail administratif... Dans toutes les institutions, on répugne à ne pas régler ces problèmes en interne. » Aujourd'hui, surtout après l'affaire Dutroux, plus question de s'en tenir à des blâmes pâlots et à des mutations pour « convenances personnelles ».

Avant 1998, personne n'avait osé afficher le mot « pédophilie » dans un bulletin officiel. Ni prendre par la main les enseignants en leur expliquant noir sur blanc qu'ils devenaient complices en cas de non-signalement, clarification du Code pénal à l'appui : « L'obligation à quiconque, et donc aux enseignants [...] ayant la connaissance d'un crime ou de mauvais traitement d'informer les autorités judiciaires sous peine d'encourir une peine de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 francs d'amende. »

Depuis cette époque, les signalements se multiplient. Un accompagnateur de classe verte soupçonné d'attouchements équivoques sous les douches. Un principal qui prend les élèves pour des acteurs de films porno... Un prof de gym qui s'amourache d'une élève de cinquième (12 ans)... Un autre qui pousse loin les séances de relaxation. L'ancien maire de Chablis, ancien directeur d'école, accusé de viol.

Il faut cependant rappeler que la majorité des crimes pédophiles ont pour auteurs des membres de la famille de l’enfant (inceste) ou des proches. À titre d’exemple, selon un rapport publié en 2008 par le réseau irlandais de crise sur les viols (RCNI), 50,8 % des agresseurs sont des parents, 34 % des proches (voisins, amis), et 3,4 % des figures d’autorité (prêtre, instituteur…).


Éric Zemmour : « Pédophilie et célibat des prêtres : gare aux amalgames ! »


Aux États-Unis, les prêtres mis en cause représentent 4 % de l’ensemble des prêtres en fonction au cours de ces 52 dernières années. « La vérité est que toutes les institutions s’occupant d’enfants attirent des personnes qui cherchent un contact illicite avec les mineurs : associations sportives, services sociaux et naturellement les Églises », explique Manfred Lütz, directeur de l’hôpital psychiatrique de Cologne.

Rappelons également que des enseignants sont également faussement accusés et que la simple parole d’un enfant (recueillie sans précautions particulières) suffit à déclencher le processus de signalement d’un éducateur au procureur de la République.

Sources  : L'Express et La Croix.


Voir aussi États-Unis, pédophilie et sévices sexuels parmi les enseignants.

Deux poids, deux mesures : banalisation de la pédophilie d'un artiste engagé par des journalistes québécois des Gros Médias.





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mardi 16 mars 2010

Mme Courchesne de plus en plus isolée

Selon le Journal de Montréal, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne est de plus en plus isolée.

Plus les jours passent, moins la ministre de l'Éducation semble avoir d'amis. Depuis qu'elle a fait publier dans la Gazette officielle un projet de règlement visant à chambouler le calendrier scolaire, Michelle Courchesne est plongée dans une controverse qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Elle a d'abord affirmé qu'elle souhaitait permettre aux écoles d'ouvrir leurs portes la fin de semaine, sous prétexte que cela pourrait les aider à lutter plus efficacement contre le décrochage. Or, personne dans le réseau de l'éducation ne lui avait demandé un tel changement, qui a été rendu public en catimini et qui a pris tout le monde par surprise. Les syndicats d'enseignants, qui sont en train de renégocier leurs conventions collectives, ne l'ont pas trouvée drôle. Il a fallu près d'une semaine avant que la ministre avoue finalement que cette modification permettait « aussi » de régulariser la situation d'une poignée d'écoles juives illégales, qui auraient ainsi le loisir d'ouvrir leurs portes le dimanche…

D'autres effets pervers

En grattant un peu, les directeurs d'école du Québec ont découvert d'autres effets pervers de ce fameux projet de règlement. La ministre souhaite notamment imposer un nombre d'heures obligatoires pour l'enseignement des « matières de base ». À l'heure actuelle, ce temps d'enseignement n'est fourni qu'à titre « indicatif. » Cela donne aux écoles la « marge de manœuvre nécessaire » pour offrir des programmes axés sur des matières complémentaires. [Nous avons même appris de professeurs d'ECR désolés que cela pouvait servir à ne pas donner le cours ECR dans les faits.]

On n'a qu'à penser aux programmes d'études inter nationales, de sports-études ou d'arts-études qui se multiplient depuis quelques années. Mais selon les trois associations représentant l'ensemble des directeurs d'école du Québec, le projet de la ministre mènera à la disparition pure et simple de ces programmes. Rien de moins. Comme si cela ne suffisait pas, des changements qu'elle souhaite implanter à l'éducation des adultes pourraient faire augmenter le décrochage. La Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement craint en effet que des jeunes raccrocheurs tentés par un retour aux études abandonnent encore plus, si on les oblige à aller en classe le week-end.

Toute une rebuffade

Dans un geste rarement vu, les commissions scolaires, les cadres, les directeurs d'école et les parents du Québec ont demandé unanimement à Michelle Courchesne de reporter son règlement. On saura bientôt si elle les a entendus. Hier, son attachée de presse a assuré qu'elle « analysera tous les avis » qui lui seront acheminés d'ici la fin de la période de consultation prenant fin vendredi. En coulisse, toutefois, bien des observateurs se demandent pourquoi elle ne les a pas consultés plus tôt. Ça aurait évité tout un gâchis, estiment-ils.








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lundi 15 mars 2010

L’«interculturalisme», ce fantôme

Joseph Facal revient dans un billet sur les différences entre multiculturalisme et interculturalisme.
[D]ans La Presse du 11 juin 2008, le professeur Daniel Weinstock notait que le rapport Bouchard-Taylor était « un argument massue » contre le projet souverainiste, que son interculturalisme était « somme toute assez canadien » et qu’il fallait avoir une «vision caricaturale» du multiculturalisme pour s’imaginer qu’il y avait de grandes différences entre les deux.

J’apprécie la franchise. Posons tout de même respectueusement la question : pourquoi le chat est-il aujourd’hui rebaptisé félin domestique ?

Ces gens se disent aujourd’hui inquiets de la tournure que prend le débat public. Inquiets de quoi au juste ?

Les gouvernements québécois et canadien et les tribunaux sont pourtant de leur côté. Inquiets de trois universitaires et de deux chroniqueurs ?

La vérité est qu’ils sont surtout désarçonnés de voir que le peuple s’obstine à ne pas penser comme eux.






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Toujours moins de choix : plus de religion dans les écoles même privées pour le PQ

La Presse canadienne rapporte que, pour le Parti québécois (PQ), il ne devrait donc plus y avoir d'enseignement religieux dans les écoles privées subventionnées.

Dans un entretien à La Presse canadienne, en marge d'un colloque du parti sur la création de richesse, la fin de semaine dernière, il a plaidé pour une école laïque, qu'elle soit publique ou privée. On ne voit pas le rapport avec la création de richesse, au passage.

« L'école devrait être essentiellement un lieu de connaissances ou de compétences. La religion, si elle est présente, devrait être à l'extérieur, très clairement à l'extérieur du corpus d'enseignement, donc du régime pédagogique. Cela est ma première certitude », a-t-il commenté. De quel régime pédagogique M. Curzi veut-il parler ? Les cours confessionnels de religion ne sont pas inclus dans le régime pédagogique québécois... Mais peut-être M. Curzi veut-il parler du cours ECR qui lui est bien imposé à toutes les écoles ?

À l'heure actuelle, le ministère de l'Éducation finance près de 300 écoles primaires et secondaires privées, qui accueillent quelque 125 000 jeunes. La plupart sont officiellement confessionnelles. La majeure partie (60 %) de leur financement est assumée par l'État, qui leur verse au total environ un demi-milliard de $ annuellement.

Or, « est-ce que l'État a à intervenir là? Je ne le crois pas », a ajouté le député de Borduas, qui dit « plaider fermement pour la laïcité de l'État ».

On ne voit pas trop le rapport sauf à adopter une définition de la laïcité comme une opposition à la religion, car ces cours de religion ne sont même pas financés par l'État ! Rappelons que c'est la raison — ou le prétexte comme on voudra — pour laquelle l'État ne paie que 60 % des frais de ces écoles qui doivent appliquer fidèlement le régime pédagogique décidé par le Monopole de l'Éducation. Les 40 % de frais qui ne sont pas couverts par l'État correspondent aux coûts encourus notamment par l'enseignement de matières facultatives comme la religion.

M. Curzi juge que Québec devrait poursuivre sur sa lancée et appliquer aux écoles primaires et secondaires privées subventionnées le même traitement qu'aux services de garde.

La semaine dernière, le ministre de la Famille, Tony Tomassi, annonçait que désormais la religion ne pourrait plus faire partie du programme éducatif des services de garde subventionnés.

Ceux qui ne se conformeront pas à cette directive s'exposent à perdre leur financement public.

« Je ne crois pas que l'école doit être le lieu d'un enseignement religieux », a-t-il ajouté, en faisant de ce principe une question de cohérence quant à l'affirmation du caractère laïque du Québec et de ses institutions publiques.

Ce type d'apprentissage devrait donc être réservé à la sphère de la vie privée, a-t-il plaidé, et non en milieu scolaire : « Dans le fond, la logique est juste là. » Il n'aura pas échappé à M. Curzi qu'il parlait d'écoles privées. Est-il en train de dire que les écoles privées ne font plus partie de la sphère privée ?

On peut donc sans problème, selon lui, tout à fait appliquer ce principe de laïcité au réseau scolaire privé, « tout en respectant le droit de gens ou des communautés à pratiquer leur religion », reconnu dans les Chartes.






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Le « scandale des garderies religieuses »

Plusieurs lecteurs de ce carnet nous ont demandé ce que nous pensions du « scandale des garderies religieuses ».

Rappelons les faits :

Le lundi 8 mars, les médias québécois révélaient que des associations dont l'objectif déclaré est de faire la promotion de la religion juive ou musulmane reçoivent des subventions de plusieurs centaines de milliers de dollars.

La garderie Beth Rivkah, que dirige le rabbin ultraorthodoxe Yosef Minkowitz à Montréal, aurait ainsi reçu une subvention gouvernementale totale de 1,3 million de dollars l'an dernier. La page internet de la garderie précisait que sa mission était : « Apprendre la Torah, c'est vivre la Torah. Toutes nos activités journalières sont pénétrées de l'esprit de la Torah et de la tradition juive, exposant ainsi l'enfant vers un riche mélange d'études juives et laïques. » Cette page a été supprimée, mais Google l'a conservée dans son antémémoire.

L'autre cas exposé par l'agence de presse canadienne est celui de la garderie privée Oasis Bout'Chou, gérée par l'Association islamique des projets charitables, qui offre 80 places à 7 $ à Laval. L'Association indique dans le registraire des entreprises que son but est de « propager l'enseignement islamique parmi les musulmans et les non-musulmans ». En entrevue à Radio-Canada, un porte-parole de la garderie Oasis Bout'Chou, Bassam Derbas, a expliqué que le service de garde n'enseigne pas l'islam à proprement dit, mais qu'il propage les valeurs de l'islam sans que l'on ne sache exactement en pratique ce que distinguo signifie pour de jeunes enfants. La garderie subventionnée Maïmonide offre pour sa part une « initiation aux rituels juifs séfarades ». « Tout en développant leur attachement à l'État d'Israël, les enfants vivent au rythme d'un calendrier religieux extrêmement riche et diversifié », indique son site Internet.

Le financement des garderies à 7 $ provient à 82 % du gouvernement du Québec. Le contenu éducatif qu'elles offrent doit respecter un programme éducatif approuvé par le ministère. Eh, oui ! Tout est contrôlé de manière centralisée par le Monopole étatique. Un programme dont les intentions sont claires selon Jean Robitaille, président de l'Association québécoise des CPE (AQCPE), qui rappelle le principe « d'inclusion » auquel ce programme fait référence. Le préambule du programme éducatif des services de garde du Québec indique que ce programme vise à « aider [les enfants] à s'intégrer harmonieusement à la société québécoise en les initiant aux valeurs qui y sont privilégiées : respect de soi [?], des autres et de l'environnement [?], résolution pacifique des conflits, égalité entre les sexes et entre les personnes, acceptation des différences [hmmm], partage et solidarité ».

Mardi matin, le ministre Tomassi déclarait ne voir aucun problème dans le fait que des services de garde financés avec l'argent des contribuables enseignent les rudiments de l'islam, du judaïsme ou du catholicisme aux enfants qui les fréquentent.

« Un service de garde, c'est le prolongement de la vie familiale. Nécessairement, les parents [...] se tournent vers des services de garde qui [...] adoptent les mêmes valeurs qu'ils ont », avait-il déclaré sur les ondes du Réseau de l'information.

Nous sommes assez d'accord avec cela, nous pensons que la cohérence — et les conventions internationales — commandent de considérer également l'école comme un prolongement de la vie familiale, plutôt que de l'inféoder au Monopole de l'Éducation et ses préjugés pédagogiques ou idéologiques.

Radio-Canada a fait grand bruit de cette affaire et demandait « innocemment » sur son site si « cela est réglementaire, à une époque où les écoles, elles, sont déconfessionnalisées ? »

Soumis à une forte pression médiatique et du PQ, mercredi M. Tomassi déclarait que, à l'heure actuelle, les garderies qui offrent de l'enseignement religieux n'agissent pas de façon illégale. Elles sont cependant obligées de respecter le programme éducatif du ministère de la Famille, a-t-il précisé.

Selon le ministre Tomassi, une vingtaine de services de garde de la province seraient touchés par cette mesure. Cela inclurait le Centre de la petite enfance (CPE) Beth Rivkah, fréquenté par la communauté juive de Montréal, mais pas la garderie privée Oasis Bout'Chou, que gère l'Association islamique des projets charitables à Laval.

Comme nous l'avions mentionné la semaine passée, le financement des garderies à 7 $ provient à 82 % du gouvernement du Québec, chaque place quotidienne coûtant donc en réalité 50 $. Des garderies privées non subventionnées font la promotion de leur préférence religieuse en indiquant qu'à défaut de payer 7 $, les parents peuvent obtenir l'équivalent en obtenant le crédit d'impôt offert par Québec.

Mérites d’un (autre) ministre-girouette

La dernière déclaration du ministre Tomassi sous la pression des médias et lobbies laïcistes – y a-t-il d’ailleurs une distance quelconque des médias dans ce débat ? – a au moins eu le mérite de faire comprendre à tous les parents que l’État n’accepte pas que les garderies publiques transmettent leurs valeurs, car enfin dans le cas de la garderie juive les parents sont prévenus et le milieu culturel de ces parents est juif homogène. La question des subventions est en quelque sorte un artifice : des garderies privées confessionnelles sont indirectement subventionnées par des crédits d'impôt.

Autre mérite de cette affaire : montrer que, sur le plan des convictions et la doctrine, le PLQ et le PQ sont aujourd’hui tout aussi étatistes l’un que l’autre dans ce dossier. Dans le cas du PLQ on notera qu’il cède de plus en plus facilement aux premiers cris d’orfraie des laïcistes fort bien relayés par les médias.

« À la maison, je m'ennuie ! À la garderie, je suis content ! »
Affiche soviétique des années 30


Les garderies d’État sont-elles vraiment neutres ?

Il faut aussi se demander s’il est possible de prétendre que des garderies qui doivent appliquer un programme donné prônant des valeurs particulières à forte connotation « humaniste » et « laïque » moderne peuvent être neutres, ne fût-ce qu’en termes philosophiques. Pour un croyant, chasser la spiritualité c’est déjà un acte partisan. Interdire la transmission de ses valeurs à ses enfants pendant de longues heures de garde, ce n’est pas un acte neutre pour ces parents qui y voient plutôt une éducation à l’agnosticisme.

Sortir l’État des garderies

Dans ce débat, il faut à nouveau se demander pourquoi le Québec s’est doté d’un réseau extrêmement coûteux de garderies d’État ?

Est-ce pour limiter le choix des parents en faussant le marché grâce à des subventions massives (42 $ par jour et par enfant) en faveur de ses garderies « laïques » ? Non seulement c’est au désavantage des garderies privées (les parents doivent d’abord y débourser l’argent avant d’être remboursés par des crédits d’impôt), mais aussi d’autres modes de garde plus traditionnels, notamment, par la femme au foyer honnie par les milieux qui se prétendent « progressistes » au Québec.

On sait qu’il s’agit d’un choix idéologique : il s’agit de récompenser les femmes qui retournent au bureau ou à l’atelier, de défavoriser les femmes qui restent au foyer. Il faut se rappeler de la forte opposition de la part de politiciennes féministes aux allocations universelles également accessibles aux femmes qui désirent élever leurs enfants à la maison. En 1982, Claire Bonenfant, présidente du Conseil du statut de la femme nommée par René Lévesque, avait demandé, au sujet d’une politique avec de timides conséquences natalistes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? » La démographie, le bien de l'enfant, la transmission de valeurs n’avaient aucune importance, seule la « justice sociale » importait. Michel David dans le Devoir de ce samedi ne disait rien d’autre en ne parlant que des merveilleuses « possibilités de promotion socioéconomique qu'offrait la disponibilité de services de garde abordables » tout en ignorant l’iniquité même du système.



Aujourd’hui, on prétend que les garderies à 50 $ contribueraient à la hausse de la démographie. Or rien n’est moins sûr : on ne cesse de construire des garderies, mais la natalité s’essouffle et le reste du Canada pourtant dépourvu de garderies subventionnées à 82 % a également connu une augmentation de sa fécondité.

Il existe de nombreuses solutions nettement plus justes et sans doute moins coûteuses que la création d’un énorme réseau de garderies d’État toutes « laïques ». Une solution simple consisterait à considérablement diminuer les impôts des familles et les laisser décider la forme de garde de leurs enfants : dans une garderie, à la maison par leur mère, par des tiers. Mais, comme on le sait, les partisans de la laïcité militante, comme ceux de l'interculturalisme, ne sont pas férus de liberté.

C'est toujours la même bataille pour qui élèvera vraiment les enfants : les parents ou l'État. Il est évident qu’actuellement deux partis, le PLQ et le PQ, pensent que l’État prime et que les parents n’ont plus grand-chose à dire à l’école et, semble-t-il, dans les garderies.

La « diversité » est-elle un bienfait, oui ou non ?

Il y a malheureusement fort à craindre que l’on assiste à une nouvelle crispation sur ce dossier. Selon une étude publiée cette semaine, en 2031 un Montréalais sur trois sera issu d'une minorité visible. Un « formidable défi d'intégration » comme l'écrivait le journaliste du Devoir Michel David ce samedi.

On risque donc d’assister à une répétition de ce qui s’est passé avec le cours d’éthique et de culture religieuse, mais cette fois au niveau des garderies : une forte demande de laïcisme, d’idéologie « ouverte », « interculturelle » et progressiste pour tous, d’étatisation, moins de choix pour le parent québécois de base, le tout pour mieux gérer la « diversité ». La liberté des parents passant par pertes et profits.

Or, il faudrait savoir : cette diversité ethnico-religieuse est-elle une richesse pour le Québec, oui ou non ? Si c’est le cas, pourquoi cette diversité présenterait-elle un « formidable défi d’intégration » qui commencerait dès la garderie ? Pourquoi priver de choix en éducation les Québécois pour accueillir cette richesse que serait la diversité ?

La sourde angoisse de la diversité comme moteur du laïcisme

Si la diversité pose un problème, pourquoi continuer à augmenter celle-ci et accroître le « formidable défi d’intégration » en haussant les quotas d’immigration ? De toute façon, les gens comme Michel David pensent-ils vraiment intégrer les juifs ultraorthodoxes grâce à des garderies laïques ? À quoi pensent-ils intégrer les musulmans qui arrivent de plus en plus nombreux ? Ces musulmans s’intègreront-ils mieux qu’en France grâce à des garderies « laïques » qui existent aussi en France ? Pourquoi alors qu'ils représenteront un poids de plus en plus important de la population montréalaise ? Ou s’agira-t-il à nouveau de culpabiliser les Québécois de souche, de les « intégrer » au multiculturalisme – pardon l’interculturalisme ! – en les privant de choix ?

Les laïcistes n'utilisent-ils pas en quelque sorte l'immigration et la sourde angoisse qu'elle engendre — pardon le formidable défi qu'elle représente ! — pour imposer leur vision étatiste, de plus en plus centralisée, de l'éducation pluraliste et laïque et cela désormais dès la garderie ? Il est coutumier d'accuser les partis d'extrême droite de surfer sur les peurs de l'électorat, on peut se demander si les laïcistes et les multiinterculturalistes ne font pas de même au Québec pour imposer partout, les uns une laïcité stricte, les autres leur programme « pluraliste », mais à chaque fois sans réel débat. Peu importe si, de la sorte, ils briment la liberté des Québécois qui ne partagent pas les préjugés pédagogiques ou philosophiques qu'on cherche à imposer à leurs enfants.






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