lundi 10 août 2009

Le Monopole de l'Éducation du Québec serre la vis aux parents-éducateurs

L'Association chrétienne des parents éducateurs du Québec révèle dans son bulletin (n° 37, printemps-été 2009) que le Monopole de l'Éducation aurait envoyer des directives aux collèges (CÉGEP) qui, en pratique, limitent l'accès de ces collèges aux seuls diplômés de l'école secondaire québécoise et défavorisent ainsi les enfants éduqués à la maison.

Extraits :

« Vers la fin mai, la responsable des admissions d'un autre collège a voulu nous informer des directives qu'elle venait de recevoir. Ces directives, bien qu'elles ne soient pas signées, proviennent apparemment du MELS. Vous trouverez en encadré ci-dessous la partie du document qui nous concerne en tant que familles qui font l'école-maison (le caractère gras fait partie du texte tel que transmis). »
Objet: les situations suivantes décrivent les cas d'élèves qui ne suivent pas un cheminement régulier :

[...]

Études à domicile

L'élève qui est soustrait de l'obligation de fréquentation scolaire en raison d'une scolarisation [Note du carnet : terme déjà chargé, scolarisation = école, pas instruction] à la maison est soumis aux mêmes règles de sanction que les autres élèves. Il doit se présenter aux épreuves ministérielles et faire évaluer ses acquis par un enseignant employé de la commission scolaire. S'il répond aux exigences d'obtention du diplôme, il recevra le diplôme du MELS. Ces élèves sont admis sur la base d'un D.E.S.

[...]
L'article de l'ACPEQ continue : « Nous voyons ici, dans la formulation « faire évaluer ses acquis par un enseignant employé de la commission scolaire », l'intention délibérée de contrôler l'évaluation. Selon ces directives, une évaluation en-dehors de ce cadre, même si elle est effectuée par des personnes compétentes, n'est pas valable bien que l'article 15 § 4 de la Loi sur l'instruction publique (L.I.P.) puisse être interprétée dans ce sens. »

Rappelons ici cet article :
15.  Est dispensé de l'obligation de fréquenter une école l'enfant qui:

[...]

  4° reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative qui, d'après une évaluation faite par la commission scolaire ou à sa demande, sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l'école.
L'intention de contrôle délibérée de la part du Monopole de toute la scolarisation est apparente dans cette demande que les élèves qui désirent entrer au cégep possèdent un D.E.S. québécois alors que, par le passé, il existait une certaine souplesse basée sur l'article 2.2 du Règlement sur le régime des études collégiales :
2.2.  Malgré les articles 2 et 2.1, un collège peut admettre à un programme d'études conduisant au diplôme d'études collégiales la personne qui possède une formation qu'il juge équivalente.

Un collège peut également admettre à un tel programme d'études la personne qui possède une formation et une expérience qu'il juge suffisantes et qui a interrompu ses études à temps plein pendant une période cumulative d'au moins 36 mois.

Le collège peut, dans le cas visé au deuxième alinéa, rendre obligatoires des activités de mise à niveau que peut déterminer le ministre.
Aujourd'hui, le Monopole de l'Éducation déclare que cet article ne s'appliquerait qu'aux étudiants hors Québec....

Préjudice sans fondement scolaire apparent

Cette interprétation restrictive est préjudiciable à toute une communauté d'étudiants québécois (à savoir, les jeunes instruits à la maison) qui, de surcroît, sont de bons candidats pour le collégial.

Il faut rappeler que rien ne vient fonder cette interprétation restrictive. Pourquoi le D.E.S. devrait-il être le seul moyen d'entrer dans un cégep québécois ? Pourquoi ce soudain manque de souplesse ? Est-ce que seul le D.E.S garantit vraiment — soyons sérieux ! — que les candidats sont aptes aux études collégiales ? Pourtant, les élèves instruits à la maison réussissent très bien les tests indépendants.

Préjudice sans fondement juridique apparent

Ces directives du Monopole de l'Éducation (car la réticence des collèges à admettre des enfants éduqués à la maison s'est bien renforcée) dépassent les bornes en essayant d'imposer son interprétation inflexible à un article de règlement pour tous les établissements collégiaux au Québec, leur enlevant ainsi un pouvoir décisionnel qui est le leur.

Québec, à nouveau, seul endroit en Amérique du Nord

Il est absolument faux — l'expérience l'a amplement prouvé — (pour ceux qui y croient encore) qu'il faille avoir le diplôme d'enseignement secondaire pour attester qu'un jeune possède les compétences requises pour réussir un programme d'études collégiales. Le Québec est d'ailleurs la seule juridiction en Amérique du Nord qui exigerait que ses jeunes souhaitant accéder aux études postsecondaires détiennent un DES (qui vaut moins qu'un High School Diploma !). En outre, la majorité des collèges et des universités sur ce même continent acceptent des candidats en fonction d'un large éventail de critères d'évaluation (portefeuille d'activités, tests normalisés, etc.)

La crispation du Monopole de l'Éducation de Québec se poursuit... tant pis pour les parents anticonformistes et trop originaux qui n'apprécient pas toutes les vertus de ses écoles et de son programme souvent médiocre.

Visiblement, il n'y a rien de plus pressant.

Suède : l'école-maison pratiquement illégale ?

En Suède, un projet de loi rendu public le 16 juin dernier ne permettrait plus l'éducation à domicile que dans des circonstances exceptionnelles, après une évaluation par les autorités gouvernementales, et à la condition que cette éducation soit « satisfaisante » par rapport à celle dispensée à l'école.

Cette permission exceptionnelle ne serait accordée qu'une année à la fois et sujette à réévaluation.

Le projet de loi stipule que l'éducation publique devrait être objective et polyvalente (aux yeux des autorités, juge et partie, voir notre cours d'éthique et de culture religieuse !) de sorte que l'éducation à la maison pour des raisons philosophiques ou religieuses ne sera plus acceptée.

Selon l'organisation laïque des parents-éducateurs suédois, Rohus, « le gouvernement suédois rend l'instruction en famille illégale, et affiche ainsi ses pires racines socialistes totalitaires. Nous avons besoin du soutien international pour montrer que la Suède, en tant que membre de la communauté démocratique internationale, ne peut pas prendre une telle décision. La Suède étant souvent considérée comme un idéal social au niveau international, il est important pour les familles suédoises qui instruisent leurs enfants de gagner cette bataille. Toute aide sera grandement appréciée. »

Les commentaires internationaux pertinents et courtois sur la nouvelle loi scolaire suédoise peuvent être envoyés à : registrator@education.ministry.se.

Plus de détails en français, en anglais et en suédois.

L’obligation de scolarisation par l’État est-elle toujours bénéfique ?

Gatto sur la scolarisation


Extrait du livre Dumbing us Down (« Nous abrutir ») de John Taylor Gatto, professeur de l’année de l’État de New York (1991) :
« Notre système d’éducation obligatoire, invention de l’État de Massachusetts, date des années 1850. Il fut combattu – parfois les armes à la main – par près de 80 % de la population du Massachusetts, le dernier réduit de Barnstable au cap Cod ne rendit ses enfants que dans les années 1880 quand la milice occupa la région et les enfants furent conduits sous garde armée à l’école.

Considérons maintenant ce fait curieux : le bureau du Sénateur Ted Kennedy a récemment publié un communiqué indiquant que le taux d’alphabétisme au Massachusetts avant l’imposition de l’éducation obligatoire était proche de 98 % et que, par la suite, ce chiffre n’a jamais excédé récemment 91 %, niveau où il se stagne en 1990. » (p. 22 de l'édition de 2005, publiée chez New Society Publishers)
Gatto souligne également l'existence d'un lectorat important avide de lire en l'absence de toute scolarisation publique obligatoire :
« Le livre de Thomas Paine Le Sens commun (1776) se vendit à 600 000 exemplaires sur une population [totale des États-Unis] de 3 000 000 dont 20 % étaient des esclaves et 50 % des serviteurs sous contrat. Les colons américains étaient-ils des génies ? Non, la vérité est qu’apprendre à lire, écrire et compter peut se faire en aussi peu qu’une centaine d’heures pour autant que l’élève soit enthousiaste et avide d’apprendre. Le truc, c’est d’attendre que quelqu’un demande et d’alors foncer pendant que l’élève est enthousiaste. » (p. 12, édition 2005)
Ces chiffres sont corroborés par plusieurs témoignages cités dans Public Schools, Public Menace de Joe Turtel :
« En 1765, John Adams écrivait qu’« un Américain de naissance, plus particulièrement en Nouvelle-Angleterre, qui ne sait ni lire ni écrire est un phénomène aussi rare qu’une comète. » Jacob Duché, aumônier du Congrès en 1772, disait de ses compatriotes : « Presque tous savent lire. » Daniel Webster confirma que l’instruction en famille avait eu comme résultat l’alphabétisation quasi complète de la population quand il déclara « un adolescent de quinze ans, quel que soit son sexe, qui ne sait ni lire ni écrire, est très difficile à trouver. » Au début des années 1800, l’entrepreneur et économiste français Pierre Samuel du Pont de Nemours [...] vint en Amérique et se pencha sur l’éducation ici. Il découvrit que la plupart des jeunes Américains savaient lire, écrire et compter et que les Américains de tout âge pouvaient lire la Bible et le faisaient. Il évaluait que moins de 4 Américains sur 1000 ne savaient pas écrire de manière claire et lisible. »

dimanche 9 août 2009

Zemmour : « Non, l'école n'est pas faite pour enseigner la tolérance, mais des savoirs et la liberté de pensée »



Klarsfeld c. Zemmour et Naulleau chez Ruquier, le 23/II/08


Zemmour intervient à partir de la 4e minute.

Imposer la tolérance en forçant des enfants de 9 ou 10 ans de s'approprier la mémoire d'enfants juifs morts pendant la Seconde guerre mondiale, même si les parents sont contre.

« Vous vous trompez d'époque, le danger aujourd'hui n'est pas le racisme, mais la concurrence victimaire, tout le monde veut sa Shoah. »

« Non, l'école n'est pas faite pour enseigner la tolérance, mais des savoirs et la liberté de pensée [...] on réduit la Seconde Guerre mondiale à la Shoah [...] on réduit le rationnel à l'émotionnel. » (13e minute)

(Zemmour est un Français, juif d'origine berbère)

Après cette polémique, ce parrainage macabre d'enfants juifs morts ne sera pas imposé et l'affaire sera enterrée.

Les opposants au cours ECR seront-ils invités à dialoguer lors de ce colloque ?

Petite annonce gouvernementale.

À son campus de Lévis, l'Université du Québec à Rimouski sera l’hôte du Colloque Éthique et Culture religieuse subventionné et organisé par le Monopole de l'Éducation, le 27 octobre 2009.
« Ce colloque est proposé au personnel enseignant des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Cette activité d'échanges et de formation prévoit plusieurs ateliers permettant d'approfondir ses connaissances sur les plans de la culture religieuse, du dialogue et de l'éthique. Elle donnera également lieu à la diffusion d'un recueil de situations d'apprentissage et d'évaluation élaborées par les formatrices et les formateurs régionaux avec la collaboration d'enseignantes et d’enseignants. Plus précisément, cette manifestation représente une occasion unique de côtoyer des conférenciers de renom, de partager ses pratiques et d'enrichir ses compétences.

Renseignements : Louise Guay
Conseillère à la formation
UQAR - Campus de Lévis
(418) 833-8800 # 3241
1-800-463-4712 #3241
louise_guay@uqar.ca »
Les opposants au cours ECR seront-ils invités à dialoguer lors de ce colloque, plusieurs conférenciers opposés à l'imposition de ce cours pourront-ils prendre la parole afin d'enrichir ce colloque ?

Ou la pratique du dialogue ne vaut-elle que pour les élèves otages du Monopole ?

Le cours ECR « pour former des citoyens complets »

On trouvera la réponse type de la Commission scolaire des chênes reçue par plusieurs familles de la région de Drummondville récemment.


Former de citoyens complets

La Commission affirme sans sourciller que c'est afin de former des citoyens complets — à savoir leur inculquer le pluralisme normatif, une philosophie particulière — qu'elle doit refuser toutes les demandes d'exemption.

Chose cocasse : on nous dit que ce cours serait neutre et sans effet, mais que sans lui il serait impossible de faire des citoyens complets. Il doit alors bien avoir des effets importants et n'être pas si neutre que cela !

Comme le notait le philosophe Guy Béliveau [et ici] et comme l'a admis au tribunal Georges Leroux, cette conception de l'éducation est jacobine (monopole d'État des programmes, obligation pour tous, insistance sur la formation morale par l'État), peut mener au relativisme et relève de la chimère.

Les parents d'aujourd'hui sont-ils des citoyens incomplets ?

Et puis si les enfants ne sont des citoyens complets qu'à la condition qu'ils aient suivi le cours ECR (ce qui est déjà ridicule), faut-il en conclure que leurs parents qui n'ont pas suivi ce cours sont des citoyens incomplets ? Que va faire l'État pour corriger cette lacune à l'échelle du Québec ?

Le prof. Georges Leroux au sujet du cours d'éthique et de culture religieuse :
« On peut s'interroger sur quelque chose qui pourrait s'apparenter à de la folie. Actuellement, personne au Québec ne mesure l'amplitude du changement et ses conséquences réelles »


L'enfant appartient à l'État

En pratique, cette possibilité pour l'État d'imposer à tous sa conception de la formation morale et philosophique sans exception ne revient-elle pas à ce que Danton (et d'autres révolutionnaires comme Le Peletier et Barère) a déclaré à plusieurs reprises : « les enfants appartiennent à la République avant d'appartenir à leurs parents » ?

Formule odieuse, mais précieuse, car elle exprime en quelques mots ce que M. Leroux ou le Monopole de l'Éducation mettent aujourd'hui cent pages à dire moins bien.

Interprétation restrictive de l'article 222

La commission scolaire ajoute des conditions non prévues par loi à l'article 222 de la Loi sur l'instruction publique (LIP). On le lui a déjà dit lors du procès de Drummondville, nulle part n'est-il écrit que les raisons doivent être « caractéristiques propres et particulières ». La commission scolaire n'explique d'ailleurs pas en quoi les raisons ne sont ni propres ni particulières et ce qu'il faudrait faire pour qu'elles le soient.

Rappel de l'article 222 de la LIP :
222. La commission scolaire s'assure de l'application du régime pédagogique établi par le gouvernement, conformément aux modalités d'application progressive établies par le ministre en vertu de l'article 459.

Exemption aux règles de sanction.

Pour des raisons humanitaires ou pour éviter un préjudice grave à un élève, la commission scolaire peut, sur demande motivée des parents d'un élève, d'un élève majeur ou d'un directeur d'école, l'exempter de l'application d'une disposition du régime pédagogique. Dans le cas d'une exemption aux règles de sanction des études visée à l'article 460, la commission scolaire doit en faire la demande au ministre.

Dérogation à une disposition.

Elle peut également, sous réserve des règles de sanction des études prévues au régime pédagogique, permettre une dérogation à une disposition du régime pédagogique pour favoriser la réalisation d'un projet pédagogique particulier applicable à un groupe d'élèves. Toutefois, une dérogation à la liste des matières ne peut être permise que dans les cas et aux conditions déterminés par règlement du ministre pris en application de l'article 457.2 ou que sur autorisation de ce dernier donnée en vertu de l'article 459.
Il faut que l'école donne le cours, mais faut-il que tous le suivent ?

S'il est vrai que les écoles publiques doivent donner les cours prévus au régime pédagogique, il n'est pas évident — contrairement à ce que laisse sous-entendre la commission scolaire — que tous les élèves doivent les suivre. Il existe non seulement la possibilité d'exempter des élèves (article 222), mais aussi de les dispenser (article 15.4) ce qui s'est déjà fait dans le passé quand le ministre Michel Pagé a offert cette possibilité aux parents qui s'opposaient à l'imposition du cours d'éducation sexuelle, cours également obligatoire à l'époque.

Pas de relativisme, vraiment ?

Relevons ici que la Commission scolaire prétend que le cours ne les soumettra pas au relativisme. Ce n'est pas vraiment l'avis de l'auteur du cahier d'activités ECR pour la secondaire IV publié chez LIDEC qui écrit dans les pages d'introduction :
« Dans le monde moderne dans lequel tu vis, tu t’es sans doute rendu compte que les systèmes de valeurs ont éclaté; que chacun a ses propres normes

[…]

Des connaissances que nous acquerrons et des discussions que nous aurons [c'est donc le résultat du cours] durant l’année scolaire surgira peut-être chez toi l’impression que le BIEN et le MAL ABSOLU n’existent pas, mais qu’il y a bien un bien et un mal relatif pour chaque INDIVIDU »
Jamais l'auteur de ce cahier ne reviendra sur cette impression pour la combattre.

Il suffit d'ailleurs de tourner à la page suivante pour remarquer le fait que le cours prétend ne pas présenter de valeurs.



La lettre ne précise pas que les élèves découvriront (peut-être) par eux-mêmes en classe lors de discussions ce qui fonde les normes (quelles normes ? le droit à l'avortement, par exemple ?) Discussions qui peuvent l'amener à renoncer aux valeurs et aux raisons données dans son milieu familial.

Enfin, « prendre conscience de la pluralité des valeurs, des conceptions et des points de vue » sans jamais dire autre chose qu'on doit les « respecter de manière absolue » (dixit Georges Leroux[1]), qu'est-ce si ce n'est un aveu voilé de relativisme ?




[1] Voir à la page 41 de l'expertise écrite de Georges Leroux déposée aux procès de Drummondville et Loyola (c'est la même) : « À ce titre, les élèves sont invités à développer des attitudes de respect absolu, de dialogue interprétatif (comprendre la signification des croyances ou de l'incroyance). »

À mettre en parallèle avec cette attitude (non neutre) demandée des élèves dans le programme, mais que l'État se garde bien de pratiquer avec les opposants au cours ECR :

« amener les élèves à participer à la vie démocratique de l’école ou de la classe [!??] et à adopter des attitudes d’ouverture sur le monde et de respect de la diversité » (primaire, p. 284).

« Manifester de l’ouverture et du respect à l’égard de ce qui est exprimé.  »

Des formes du dialogue et des conditions favorables
Indications pédagogiques
https://www7.mels.gouv.qc.ca/DC/ECR/primaire/index.php?page=form5

Respecter les personnes, oui nous sommes d'accord, mais respecter ce qui est exprimé, même l'erreur, même ce qui va à l'encontre de ce qu'on croit vrai et sacré ?

samedi 8 août 2009

École québécoise : l'homoparentalité expliquée aux enfants du primaire par l'État

Article unilatéral du Journal de Québec aujourd'hui où l'on apprend que le gouvernement veut faire tomber les « tabous » de l'homoparentalité dans les écoles primaires du Québec.

Cela devient banal au Québec. Toujours plus de rééducation éducation morale et très peu de nouvelles sur un supplément de discipline et d'instruction factuelle.

L'article nous apprend donc que le Monopole de l’Éducation (MELS) a financé une trousse destinée aux enseignants du primaire de Québec et de Montréal [et les campagnes ?] sur l'homoparentalité qui aurait coûté entre 50 000 $ et 80 000 $ (le montant précis n’est pas encore disponible). Elle comprendrait des documents vidéo, des dépliants et des cahiers d’activités pour les élèves du primaire.

L'absence de trousses pour les écoles des campagnes semble donner raison à Hubert Brin, président de l’Union nationale des associations familiales française qui s'est exclamé en 2002 que « Les familles homoparentales n'existent pas. C'est un débat complètement marginal du microcosme parisien. » Un phénomène très marginal cher à nos « élites » urbaines bobos qui parvient pourtant à attirer l'attention bienveillante du Monopole de l'Éducation.

La Coalition des familles homoparentales très contente

« C’est presque un livre de recettes avec tous les ingrédients pour faire de nos écoles des écoles inclusives et plus ouvertes » a déclaré Manon Boivin de la Coalition des familles homoparentales.

La formation des enseignants viendrait à peine de commencer à Montréal, alors qu’à Québec la première séance est prévue pour le 4 septembre, même si aucune école ne s’est encore manifestée. D'où l'on suppose le petit coup de pouce du Journal de Québec pour attiser l'intérêt envers cet exercice d'« ouverture » envers les familles homoparentales. Pas d'ouverture ni de respect envers des familles croyantes ou non qui réprouvent l'homoparentalité, par contre. Au fait, qui paie pour ces « formations » ?

Aucune critique publiée

Comme à l'accoutumée sur les sujets moraux dans les médias québécois, la journaliste n'a pas jugé bon interroger des gens qui seraient opposés à ce projet gouvernemental « progressiste ». Pourtant que l'on sache beaucoup de groupes religieux s'y opposent...

Rappelons comme le signale la philosophe Sylviane Agacinski que le terme d'« homoparentalité » ne désigne pas le fait, comme veut nous le faire croire certaines associations homosexuelles, pour une personne homosexuelle d'avoir des enfants. Les homosexuels ont depuis des lustres eu des enfants, avec une personne d'un autre sexe, sans avoir besoin de se définir comme « homoparents ». La philosophe française, épouse de Lionel Jospin, poursuit : « On semble ne pas remarquer que la revendication du "mariage homosexuel" ou de l'"homoparentalité" n'a pu se formuler qu'à partir de la construction ou de la fiction de sujets de droit qui n'ont jamais existé : les "hétérosexuels". C'est en posant comme une donnée réelle cette classe illusoire de sujets que la question de l'égalité des droits entre "homosexuels et hétérosexuels" a pu se poser. Il s'agit cependant d'une fiction, car ce n'est pas la sexualité des individus qui a jamais fondé le mariage ni la parenté, mais d'abord le sexe, c'est-à-dire la distinction anthropologique des hommes et des femmes. »

Les études brandies par les associations homosexuelles

D’où les efforts constants des associations homosexuelles pour démontrer à grands renforts d’études “scientifiques” qu’un enfant peut s’épanouir au sein d’un couple homosexuel. Mais là encore, ces études sont à manier avec précaution.

Comme le révélait le magazine Valeurs Actuelles, la quasi-totalité des enquêtes réalisées sur l’évolution des enfants élevés par des couples homosexuels ne démontrent rien. Presque toutes manquent de la plus élémentaire rigueur scientifique nécessaire pour atteindre des conclusions d’un degré de validité acceptable : échantillonnage restreint (de 11 à 38 questionnaires par enquête !) ; le plus souvent membres d’associations gays militantes ; dans la plupart des cas, seuls les parents parlent au nom de leurs enfants.

Ces études consistent à interroger deux ou trois dizaines d’homosexuels militants vivant en couple sur le comportement des enfants dont ils ont la garde et à poser les mêmes questions à un groupe de contrôle (hétérosexuel), en l’occurrence des parents divorcés. L’une d’elle cite le chiffre de 24 pères gays et “non gays”, choisis pour ces derniers dans des clubs de rencontre ! Résultat : les enfants vivant dans un couple homosexuel sont réputés n’avoir pas plus de difficultés de comportement ou d’adaptation dans les deux groupes.

À la vue de ces protocoles douteux, la pédopsychiatre Caroline Eliacheff n’avait pas hésité à dénoncer en 2001 dans la revue Esprit l’instrumentalisation de l’enfant à laquelle une telle démarche pourrait donner lieu. « Enfant à qui l’on fait porter la responsabilité de valider les choix sexuels des parents en “allant bien”. Quand on sait qu’un médecin ne peut délivrer un certificat d’aptitude au sport sans avoir examiné l’enfant [s’il ne l’a pas fait, cela s’appelle un certificat de complaisance], on s’étonne de la liberté que prennent les chercheurs américains de dire quoi que ce soit à propos d’enfants qu’ils n’ont jamais vus. »

Une mise au point salutaire quand on sait que plus de 40 % de ces enfants bénéficient d’un suivi psychologique, comme l’ont démontré en Espagne Monica Fontana, Patricia Martinez et Pablo Romeu dans leur rapport sur le développement de l’enfant au sein de couples de même sexe intitulé Ce n’est pas pareil. Faible estime de soi, stress, trouble d’identité sexuelle, à ces troubles s’ajoutent une plus forte dépendance aux drogues, des dysfonctionnements dans la conduite alimentaire, des mauvais résultats scolaires et des comportements souvent problématiques en classe.

Alors reste la manipulation émotionnelle. « Ne vaut-il pas mieux qu’un enfant vive dans un couple homo que dans un orphelinat ? » Une fois encore, la réponse de la société doit être non, parce qu’il existe beaucoup de couples “hétérosexués” qui souhaitent adopter un enfant et qui n’en trouvent pas ; parce que la question n’est pas de savoir si des homosexuels peuvent être de bons éducateurs, mais si cet homme peut être père et cette femme mère de cet enfant ; parce qu’un enfant a le droit de pouvoir dire : « Je suis le fils ou la fille, adoptif ou non, de cet homme qui a désiré ma mère et de cette femme qui a désiré mon père. » Un homme ne peut être une mère, et une femme un père. Prétendre cela à un enfant, c’est lui faire violence, en l’instrumentalisant pour satisfaire des fantasmes d’adultes. Ce n’est pas le droit des homosexuels qu’il faut satisfaire, mais c’est le droit de l’enfant qu’il faut protéger.

Trousse alternative qui ne plaira ni aux associations homosexuelles ni au Monopole de l'Éducation

Nous suggérons donc au journaliste peu curieux qui ne trouve personne pour critiquer cette trousse sur l'homoparentalité, la lecture de L'Homoparentalité en question — et l'enfant dans tout ça  de Béatrice Bourges paru en 2008 aux Éditions du Rocher. Il s'agit d'une trousse alternative qui, jamais, ne sera subventionnée par le Monopole de l'Éducation et donc nos impôts.

« Mieux vaut être adopté par un couple homosexuel que vivre dans un orphelinat. »

« Le plus important, c’est l’amour »

« Mieux vaut être éduqué par deux homosexuels qui s’aiment que déchiré par deux hétérosexuels qui se détestent »….

Questions brûlantes de notre société en quête de sens, centrée sur l’affectif, débordante de « bon cœur », d'« ouverture » et d'« inclusion ». Tous ces sentiments positifs qui habitent bon nombre de jeunes et moins jeunes, justifient très souvent une acceptation quasi-illimitée de toutes les situations familiales possibles.

Mais, selon Béatrice Bourges, les bons sentiments ne suffisent pas pour justifier certaines situations. Un petit coup d’œil sur de simples chiffres permet souvent de se rendre compte de la réalité des choses.

Béatrice Bourges a réuni et synthétisé dans ce livre des réponses claires à ces questions, réponses souvent éludées ou passées sous silence dans notre société.

L'auteur réussit également à se défaire totalement de toute fougue partisane, ce qui est essentiel, car on ne peut accepter des arguments mêmes sensés s’ils sont posés de manière agressive.

L’on sent tout au long du livre, de la part de l’auteur, un vrai respect pour toute personne, hétérosexuelle ou homosexuelle, autant que pour l’enfant dont on a trop souvent oublié, à force d’en faire l’objet de revendications, qu’il était lui aussi une personne ! Car ne l'oublions pas s'il y a « discrimination », elle touche d'abord les enfants puisque des adultes décident arbitrairement que certains ont droit à un père et à une mère quand d'autres en sont privés.

Un plus : selon une technique lumineusement pédagogique, un résumé succinct en fin de chaque chapitre nous aide à nous remémorer les arguments dont nous venons de prendre connaissance.

Les études scientifiques sur les effets négatifs de l'homoparentalité existent

Sur l'homoparentalité, les études existent et sont nombreuses, elles sont simplement tabous au Québec. La liste ici a été établie par le collectif espagnol anti-lobby homosexuel qui s'est constitué pour affronter les projets néfastes, selon elle, du gouvernement socialiste de Zapapatero sur ce plan.

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire

« À la maison, je m'ennuie ! À la garderie, je suis content ! »
Affiche soviétique des années 30
Le gouvernement britannique a dépensé au cours des sept dernières années 21 milliards de livres (45 milliards de dollars canadiens) sur son programme SureStart (« Départ assuré »), un programme de garderies (maternelles) gratuites pour tous les enfants de trois ans et plus en Angleterre.

D’après une étude de 6 ans réalisée par l’université de Durham et portant sur 35 000 enfants, ce programme n’a eu aucun effet sur les compétences et le niveau de développement des enfants quand ils sont testés à leur entrée à l’école primaire.

Ces résultats confirment l’évaluation du programme SureStart effectuée en 2005; celle-ci n’avait également trouvé aucune amélioration globale chez les enfants des milieux défavorisés qui constituaient les cibles de ce programme à son origine. Depuis 2004, tous les enfants de 3 et 4 ans peuvent s’inscrire dans ce programme d’éducation gratuite destinée à la petite enfance.

Rappelons que des études antérieures ont démontré des désavantages notables liés à une garde trop précoce des enfants d'âge préscolaire. C'est ainsi que le Bureau national de recherche économique, un organisme renommé de recherche des États-Unis, a récemment publié ce qui est l'étude la plus complète et la plus récente sur le système de garderie du Québec. Dans leur résumé, les professeurs d'économie Michael Baker, Jonathan Gruber et Kevin Milligan écrivent que l'introduction de ce programme a eu des conséquences négatives autant sur les parents que sur les enfants:
« [N]ous avons découvert des preuves frappantes que les enfants ont subi des détériorations dans un éventail d'aspects comportementaux et liés à la santé, allant de l'agression aux aptitudes motrices et sociales en passant par la maladie. Notre analyse suggère aussi que le nouveau programme de garderie a mené à des pratiques parentales plus hostiles et moins cohérentes ainsi qu'à une détérioration de la santé parentale et des relations parentales. »

mardi 4 août 2009

Grand concours estival de slogans anti-ECR

Pendant cet été, nous lançons un grand concours de slogans anti-ECR assez courts pour être imprimés sur un tee-shirt, un maillot ou un débardeur.

Pour le devant, le texte doit être très court et tenir dans le losange jaune prévu (voir les photos ci-dessous) tout en étant lisible. Pour le dos du maillot, le texte ne peut pas faire plus de cinq lignes, à nouveau il doit être bien visible.

1er prix : deux (2) maillots avec votre slogan dont vous pourrez choisir la taille et le modèle.

2nd prix : un (1) maillot avec votre slogan dont vous pourrez choisir la taille et le modèle.

Pour participer, laissez vos suggestions dans les commentaires ou écrivez-nous à pouruneecolelibre<arrobe>gmail.com.

À titre d'exemple, voici quelques slogans imprimés sur des tee-shirts de taille moyenne et petite. Les maillots sont 100 % coton et de marque American Apparel.









Large gamme de modèles (tee-shirt avec poche, à manches longues, débardeur, etc.) et tailles.

« Extirper l'hérésie et le blasphème » ?

Nous parlons souvent ici de religion, de religion d'État même quand on aborde le programme gouvernemental obligatoire d'éthique et de culture religieuse — David Mascré et Georges Leroux paraphrasant Tocqueville en ont aussi parlé lors du procès de Drummondville.

Voici que, dans le même ordre d'idée, un ancien candidat du Nouveau parti démocratique (NPD), un professeur de droit de l'Université Western Ontario, Robert Ivan Martin, s’insurge contre une inquisition moderne, une police de la pensée dont la mission serait d'extirper l'hérésie et le blasphème au Canada. Il dénonce dans le même souffle ces caprices qui deviennent aujourd’hui des droits de l'Homme, ces droits que les gens croient avoir de ne plus être froissés par autrui.

De quoi s'agit-il ?

Les commissions canadiennes des droits de la personne

Il s'agit des onze commissions canadiennes des droits de la personne instituée par la Loi canadienne sur les droits de la personne. C'est l'article 13.(1) de celle-ci qui attire toutes les foudres des critiques.
13. (1) Constitue un acte discriminatoire le fait, pour une personne ou un groupe de personnes agissant d’un commun accord, d’utiliser ou de faire utiliser un téléphone de façon répétée en recourant ou en faisant recourir aux services d’une entreprise de télécommunication relevant de la compétence du Parlement pour aborder ou faire aborder des questions susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris des personnes appartenant à un groupe identifiable sur la base des critères énoncés à l’article 3.
Il est important de noter qu'il ne s'agit pas de punir des propos haineux ici, mais la possibilité que des propos puissent être interprétés par un quidam de telle sorte qu'il conçoive un certain mépris envers un groupe fondé sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial, la situation de famille, l’état de personne graciée ou la déficience.

Protéger le droit des minorités de ne pas être froissées par la majorité ?

La formulation du critère « susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris » peut s'interpréter de manière très lâche. C'est ainsi que le Canadian Islamic Congress s'est plaint en décembre 2007 auprès de trois commissions (Ontario, Colombie-Britannique et fédérale) de 18 articles publiés dans le Maclean's de janvier 2005 à juillet 2007 que le Canadian Islamic Congress considérait comme profondément islamophobe. Parmi les 18 articles incriminés s'en trouvait un intitulé « Pourquoi l'avenir appartient à l'islam ».

Dans un article de la Presse, le journaliste Mario Roy écrivait à ce sujet :
« L’extrait de America Alone publié par Maclean’s est en effet largement factuel. Il se propose essentiellement de démontrer que la société occidentale s’effrite et que « l’avenir appartient à l’islam » d’un point de vue surtout démographique, mais aussi politique, psychologique et moral. C’est une démonstration qui a de célèbres précédents : en 1976, dans La Chute finale, l’historien et sociologue Emmanuel Todd avait par exemple prédit, 15 ans avant le fait et uniquement à partir de données démographiques, l’effondrement de la société soviétique. Bref, ceux qui ont lu l’intégralité d'America Alone savent que Mark Steyn est, à tort ou à raison, capable d’envolées beaucoup plus audacieuses. »

« Mais surtout, son exposé est un instantané - pris au grand-angulaire - de la réalité, dont on ne voit pas pourquoi il serait censuré dans une société qui aime se dire libre de paroles et ouverte aux idées ».
Et pourtant, il fut traîné à grands frais devant trois commissions pour se justifier de cet article.

La sélectivité des commissions des droits de la personne est également mise en cause. C'est ainsi qu'en décembre 2008, la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) a rejeté une plainte pour propagande haineuse déposée par Marc Lebuis, éditeur de Point de bascule, contre un imam salafiste montréalais qui estime que les homosexuels et les juifs sèment le désordre sur la Terre et qui relie l’impudeur des femmes non-musulmanes au viol, au sida, à l’éclatement des familles et à la délinquance.

Raisons invoquées par la CCDP pour rejeter la plainde de M. Lebuis ? La majorité des références dans le livre de l'iman salafiste concernent les infidèles, les mécréantes ou les femmes de l’Occident. Il s’agirait de catégories de personnes « très générales et diversifiées » qui ne constituent pas « un groupe identifiable » au sens de la loi. La Commission a reconnu, toutefois, que certains passages des écrits de M. Al-Hayiti visent des groupes identifiables tels que les homosexuels, les lesbiennes, les chrétiens, les juifs et les femmes non-musulmanes. Mais l’organisme fédéral a juge que ces passages précis « ne semblent pas promouvoir la haine ni le mépris ».

Citons la teneur de ces passages (pour plus de détail voir ici) :
  1. Les homosexuels et les lesbiennes doivent « être exterminés », que les sodomites doivent être « décapités ».
  2. Les infidèles (non musulmans) « vivent généralement comme des bêtes » « ils sont des gens pervers, qui adorent la perversité » « qu’ils sont nos ennemis » et « que leurs enfants sont les plus pervers ». Les infidèles veulent « exploiter sexuellement les femmes » et « l’une des pires ignorances ou injustices » pour les musulmans est de considérer les infidèles comme leurs égaux.
  3. Le Christianisme est « est une religion de mensonges » responsable « de la perversité, de la corruption et de l’adultère » dans le monde occidental.
  4. Les juifs « répandent la corruption et le désordre sur la terre ».
  5. Les hommes sont « supérieurs » aux femmes « parce que leur intelligence et leur mémoire sont plus complets[sic] ».
  6. Dans les pays musulmans, les musulmans doivent « humilier et punir » les chrétiens, les juifs, les hindous, les bouddhistes, les athées; ils doivent les obliger à se convertir à l’islam ou « être tués », etc.
L’éditeur de Point de bascule, un site Internet qui dénonce les dérives idéologiques des islamistes, n’en revient tout simplement pas. Selon lui, la décision de la CCDP démontre l’incohérence des commissions fédérales et provinciales chargées de réprimer le discours haineux. « Si vous faites partie d’une minorité, vous pouvez en toute impunité tenir un discours haineux et méprisant envers la majorité. Les normes de tolérance, de respect et de civilité applicables à la majorité ne s’appliquent pas à vous. Si vous faites partie d’une minorité religieuse, vous pouvez en toute impunité propager une idéologie suprématiste et prôner l’extermination d’autres minorités, et même de la majorité, si c’est la doctrine de votre religion », affirme Marc Lebuis.

Mais pas de discours blessant de la part de la majorité

Il en alla tout différemment dans le cas du révérend Boissoin et du père de Valk. En février 2007, le père de Valk éditeur de Catholic Insight (3 500 abonnés) reçut une lettre de la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP). L'enquêtrice Sandy Kozak l'informait que son magazine « était mis en examen pour textes haineux » envers des homosexuels. Le crime du père de Valk : avoir défendu l’enseignement de l’Église sur le mariage au cours du débat sur le mariage homosexuel au Canada, en citant largement la Bible, le catéchisme de l’Église catholique, et les encycliques du Pape Jean-Paul II. Dans d'autres articles, le père de Valk s'opposait au programme des activistes homosexuels en matières sociales, mais, selon le prêtre catholique, « sans s'attaquer aux personnes ».

Un an plus tard, Catholic Insight avait déjà payé 6 000 $ en frais juridiques pour préparer sa défense contre cette plainte pour « textes haineux » sans encore connaître la date de sa comparution devant la Commission. Mais là ne s'arrêtent pas les frais. De Valk a déclaré à la Ligue catholique pour les droits de l’homme que son collaborateur, Tony Gosnach, et lui-même consacrent un « temps énorme » à ce dossier depuis le dépôt de la plainte. « Nous passons sans doute trois jours par semaine, à deux, à nous tenir au courant de ce qui se passe sur ce dossier ».

Si l'iman salafiste ne s'est pas vu poursuivi pour ses propos vigoureux contre les homosexuels, ce ne fut pas le cas d'un conseil des Chevaliers de Colomb qui, en 2005, s'est vu imposer une amende de plus de 1 000 $ par la Commission des droits de la personne de Colombie-Britannique pour leur refus de louer leur salle à un couple de lesbiennes pour leur cérémonie de mariage.

Cinq ans auparavant, la Commission ontarienne des droits avait imposé une amende de 5 000 $ à l’imprimeur protestant Scott Brookie pour son refus d’imprimer du papier à lettres sur le thème de l’homosexualité. Le Tribunal des droits de la personne de la Saskatchewan a condamné Hugh Owans à des milliers de dollars d’amende pour avoir cité des versets de la Bible dans une lettre adressée au journal local. Et le maire Diane Haskett à London, en Ontario, a reçu une amende de 10 000 $ plus les intérêts pour avoir refusé de proclamer une journée de la fierté gaie.

En 2002, la Comission des droits de la personne de la Saskatchewan avait obligé le Star Phoenix de Saskatoon et Hugh Owens à payer chacun 1 500 $ à trois plaignants pour avoir publié trois publicités qui citaient des versets bibliques condamnant l'homosexualité. Cette décision a été infirmée par une cour d'appel, mais quatre ans plus tard.

Il y a quelques mois, un pasteur chrétien, le révérend Stephen Boissoin a été condamné à vie à ne pouvoir exprimer quoi que ce soit de « désobligeant » contre les homosexuels. Rien de « haineux », ni même quelque chose défini par la loi comme de l’« incitation à la haine ». Simplement une critique négative. Un pasteur ne peut donc plus prêcher de sermons sur la sexualité.

Les commissions des droits de la personne : un simulacre de justice

Non seulement les critères de sélection des commissions des droits de l'homme sont-ils à géométrie variable selon le groupe de plaignants et le groupe visé, mais les règles de procédure et la structure des commissions pour les droits de la personne ne respectent pas les règles traditionnelles de procédure équitable :
  1. des tiers étrangers aux présumés délits peuvent malgré tout se joindre à la requête et se plaindre.
  2. Les commissions ont parfois permis aux plaignants d'accéder aux dossiers de celles-ci et de diriger les travaux d'enquête.
  3. La vérité n'est pas une défense.
  4. Les accusés ne peuvent pas toujours confronter leurs accusateurs.
  5. Les normes habituelles pour s'assurer de la validité d'une preuve n'ont pas cours.
  6. La preuve par ouï-dire est permise.
  7. Le gouvernement finance les accusateurs, l'accusé doit se défendre à ses propres frais.
  8. Les accusateurs ne peuvent être condamnés aux dépens s'ils perdent.
(Critiques exposées par le National Post dans l'article « A bit late for introspection » le 19 juin 2008.)

Il n'est pas étonnant avec de telles règles de procédure que la CCDP soit très efficace : en 32 années d'existence, pas une personne inculpée n'a été reconnue innocente. Même Mark Steyn et Maclean's ne furent pas innocentés. Après un grand battage publicitaire au Canada autour de cette affaire, la Commission canadienne a rejeté la plainte après avoir statué qu'il n'était pas nécessaire de demander au Tribunal d'instruire l'affaire.

Maclean's et Steyn ont été traînés devant deux autres commissions, pour les mêmes articles et par les mêmes étudiants, celles de la Colombie-Britannique et de l'Ontario, dont le cadre d'intervention prend modèle sur leur cousine fédérale. Ces deux derniers recours ont été également rejetés après une mobilisation très coûteuse d'une batterie d'avocats et de fonctionnaires. Tout cela pour un article qui n'était pas haineux, mais rigoureux et factuel, certes tout en étant polémique et sans doute offensant pour d'aucuns.

Pas innocenté, mais relaxé parce que célèbre ?

La commission ontarienne a déclaré qu'elle refusait d'accepter la requête parce que le Code du droit de la personne de l'Ontario « n’accord[e] pas à la Commission la compétence juridique pour traiter du contenu des articles du magazine par la procédure de traitement des plaintes ». Dans sa déclaration, la commission en a profité pour condamner moralement Maclean's et Mark Steyn parce qu'« elle dispose d'un droit plus étendu d'exprimer son opinion au sujet des questions qui sont portées à son attention et qui ont des répercussions dans l’optique des droits de la personne. »

La Commission ontarienne après avoir dit qu'elle regrettait de ne pouvoir poursuivre et restreindre la liberté d'expression de Maclean's et de Mark Steyn a invoquer un sacro-saint « dialogue » désormais mis à toutes les sauces : « Il s'agira notamment d’assumer [pour la Commission] un rôle de leadership qui favorisera un débat et un dialogue constructif entre les individus et les organismes intéressés par les questions soulevées par l’islamophobie dans les médias et les moyens par lesquels la Commission, les médias et d’autres peuvent commencer à les résoudre.» Il y a fort à parier que, comme c'est souvent le cas quand un organisme gouvernemental parle de « dialogue », celui-ci serait unidirectionnel et s'apparenterait plus à un ensemble de sermons qu'à un échange d'idées qui puissent faire changer d'idées les bureaucrates.

La Commission poursuivait en se disant « préoccupée par le fait que depuis septembre 2001, les attitudes islamophobiques sont de plus en plus répandues dans la société et que les musulmans sont de plus en plus la cible d'intolérance, y compris un manque de volonté d'envisager un accommodement pour certaines de leurs croyances et pratiques religieuses.

Malheureusement, l'article du Maclean's et d'autres comme lui illustrent bien cela. En décrivant les musulmans comme partageant tous les mêmes caractéristiques négatives, y compris d’être une menace pour « l’Occident », cette expression explicite d'islamophobie perpétue davantage et favorise les préjugés envers les musulmans et d'autres groupes. Une illustration extrême de ceci est une discussion sur un blogue, concernant l'article qui a été porté à l'attention de la Commission qui, entre autres choses, exigeait le massacre, la déportation ou la conversion des musulmans canadiens.»

Et voilà, l'exemple extrême est l'interprétation faite par un blogue qui n'a aucun rapport avec Maclean's et Mark Steyn et c'est pourquoi il fallait inculper ces deux derniers. Peut-on se plaindre auprès de la Commission canadienne pour la logique ?

À l'issue du rejet des recours intentés contre lui et Maclean's, Steyn a critiqué les commissions des droits de la personne au Canada en ces termes « Ils n'ont pas aimé la pression qui accompagnait cette affaire. La vie de ces commissions était bien tranquille : ils châtiaient allègrement des personnes insignifiantes dont nul n'avait jamais entendu parler, tout en accumulant une jurisprudence farfelue qui renversait les principes de notre droit traditionnel et personne ne s'en inquiétait. Dès que ces commissions furent sous les feux de la rampe dans l'affaire Maclean's, leurs simulacres de juge se sont précipités vers la sortie. »

Ezra Levant — Le processus est la punition


Le 11 janvier 2008, Ezra Levant, éditeur d'un magazine d'actualité conservateur, le Western Standard, a subi un interrogatoire de 90 minutes par un représentant du gouvernement albertain. Son crime ? Avoir reproduit les caricatures danoises de Mahomet pour illustrer un article d'actualité. Il fut accusé de « discrimination » et convoqué devant la « Commission des droits de l'homme » de l'Alberta pour être interrogé.

Les contribuables albertains auraient payé plus de 500 000 % pour cette enquête qui a mobilisé pendant près de 900 jours près de quinze (15) bureaucrates à la Commission des droits de la personne de l'Alberta alors qu'Ezra Levant et son magazine déboursèrent 100 000 $.

Comme Ezra Levant l'a dit, le processus est la punition du système : il est long, très coûteux, l'inculpé paie toujours de sa poche même s'il est innocent, l'accusateur ne débourse pas un sou, les règles de droit traditionnel ne s'appliquent pas, même si ce que l'accusé a déclaré est vrai, il peut quand même être reconnu coupable.

M. Levant, dont le magazine a fait faillite à la suite de la publication de ces caricatures, raconte ses mésaventures — et celles de compagnons d'infortune — aux mains des commissions sur les droits de la personne dans son dernier ouvrage Shakedown.

Richard Warman, accusateur professionnel et ex-employé de la CCDP


Il faut ici encore parler de Richard Warman, l'accusateur professionnel de la CCDP.



Tactique préférée de Richard Warman : se faire passer sur Internet pour un raciste pour ensuite accuser le site qui affiche ses commentaires de raciste.

Au début de 2008, cet ancien employé de la CCDP s'en est allé à la recherche de connexions sans fil ouvertes à Ottawa pour qu'il puisse poster des commentaires racistes, sous différents pseudonymes, sur des sites prétendument racistes pour ensuite porter plainte auprès du CCDP et accuser le propriétaire de ces sites d'être un raciste ! Chaque fois que Warman s'est adressé à la CCDP, il a gagné et a encaissé de coquettes sommes en dommages et intérêts. Jolie arnaque. Entretemps, la pauvre poire qui avait laissé sa connexion ouverte a vu son nom mentionné en plein tribunal, puis dans les journaux, comme étant l'auteur des commentaires racistes.

Pour en savoir plus sur Richard Warman, lire le site qui lui est consacré.


La Commission canadienne des droits de la personne dit vouloir se réformer

Les commissions des droits de l'homme semblent être allées trop loin. Elles ont trouvé devant elles des journalistes de talent comme Ezra Levant et Mark Steyn et le plus grand magazine d'actualité du Canada. Depuis lors, les critiques à leur égard ne cessent au Canada anglais (le Québec, havre du correctivisme politique béat ne s'intéresse pas à cette question).

En 2008, la CCDP a demandé au professeur de droit de l'Université de Windsor Richard Moon de préparer un rapport sur le mandat de la CCDP et de l'article 13 de la Loi sur les droits de l'homme. En novembre 2008, Moon a publié son rapport dans lequel il recommande que l'article 13 soit abrogé de sorte que les poursuites pour discours haineux ne soient plus que du ressort du droit criminel où les règles de droit sont garanties.

Selon Moon, « l'utilisation de la censure par le gouvernement doit se limiter à une catégorie très restreinte d'opinions extrémistes qui menacent, recommandent ou justifient la violence contre les membres d'un groupe identifiable. »

À la suite du dépôt du rapport Moon, la commissaire (Mark Steyn écrit « Commissar » à la soviétique) en chef de la Commission canadienne des droits de la personne, Jennifer Lynch, s'est dite prête à modifier l'application de l'article 13.1, mais s'est opposée à son abrogation et a soumis son propre rapport où elle recommande de préciser juridiquement ce que constitue un texte haineux sur internet et de ne plus condamner systématiquement l'accusé (même innocent) aux dépens.

Dans un article du Globe and Mail le 12 juin, Mme Lynch déclarait qu'elle avait déposé son rapport afin d'alimenter un « débat équilibré ». Le même jour, la chaîne de télévision CTV l'avait invitée à débattre avec Ezra levant au sujet des commissions des droits de la personne sur Powerplay, une émission très suivie. Que fit Mme Lynch ? Elle refusa de dialoguer avec M. Levant, puis tenta de le faire désinviter. Quand cela ne marcha pas, elle envoya un de ses mignons (un M. Dufresne) avec des consignes strictes&nbsp: parler à la même émission, avant M. Levant, et ne pas débattre avec lui. Voilà, un dialogue équilibré.

Kathy Shaidle résume ce « débat » de la sorte : « Le censeur officiel du Canada essaie de censurer un débat télévisé sur la censure. »

(Voir l'Émission Powerplay en question ici.)

Comme on l'a vu au début de ce billet, une commission parlementaire fédérale se penche actuellement sur l'article 13.1 de la Loi canadienne sur les droits de la personne. Faut-il l'abolir comme plusieurs le recommandent ?

Ce n'est évidemment pas l'opinion de Jennifer Lynch. Celle-ci a réagi violemment à ces critiques lors de la conférence (15 juin 2009) de CASHRA, l’Association des institutions de défense des droits de la personne.

Le National Post a publié un article de près d'une page qui reproduit des extraits de son allocution et la dissèque.

Mme Lynch accuse « Les critiques du système de droits de l'homme de manipuler l'information et représenter sous un faux jour le travail des commissions pour promouvoir leur point de vue, c'est-à-dire que les commissions et les tribunaux des droits de l'homme ne servent plus à rien .»

Comme le National Post le souligne, « dire que ces commissions ont fait leur temps et ne remplissent plus leur mission originelle est un argument parfaitement légitime. Il est clair que Mme Lynch n'est pas d'accord, mais elle ne jugera pas de la chose en dernière instance. Mais on peut la pardonner de le penser. En effet, la CCDP est habituellement à la fois enquêteur, procureur et juge quand elle traite les plaintes contre le racisme et les propos haineux. En outre, la Commission décide ce qui constitue la haine imprimée ou parlée. Il n'est dès lors pas étonnant que Mme Lynch ne comprenne pas pourquoi elle devrait tolérer ceux qui veulent mettre fin aux commissions des droits de la personne. Dans son travail quotidien, elle peut se débarrasser de ceux qui ne sont pas d'accord avec elle en définissant leurs propos comme haineux, alors pourquoi ne pourrait-elle pas le faire dans un débat public sur les droits des citoyens et ceux qui devraient les protéger ? »

À Ottawa, la commission parlementaire continue à se pencher sur les commissions des droits de la personne au Canada.

Témoignage de M. Langtry du CCDP et de M. Borovoy de l'Association canadienne des libertés civiles

Voir aussi Faut-il continuer à réprimer les propos qui peuvent exposer à la haine ou au mépris, des « pré-crimes » ?