jeudi 7 août 2025

Chute de Rome: le christianisme était-il le coupable ?



Le christianisme est-il responsable de la chute de l'Empire romain ? Telle est l’idée de Voltaire, reprise par l’historien Edward Gibbon dans son « Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain » : le christianisme aurait désintéressé les empereurs chrétiens puis les populations de la défense de l’Empire. Face au Capitole, au sommet duquel Gibbon a eu cette intuition, Michel De Jaeghere, directeur du « Figaro Hors-série », réfute cette thèse point par point.

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mercredi 6 août 2025

Une première peine adaptée aux criminels racisés au Québec (comprendre un an de moins car le coupable était noir)

Pour la première fois dans l’histoire judiciaire du Québec, une peine a été déterminée en s’appuyant sur l’analyse des facteurs systémiques, censément adaptée aux criminels racisés – surtout les Noirs. Cette démarche, qui existe déjà dans le reste du Canada, risque d’être de plus en plus utilisée dans les prochaines années.

Le cabinet du ministre québécois responsable de la Lutte contre le racisme, Christopher Skeete, a qualifié de « triste première » la prise en compte d’un rapport censément adapté aux « réalités » des criminels racisés (noirs en l'occurrence) dans la détermination d’une peine.  Bien que nous respections pleinement l’indépendance judiciaire, ce jugement soulève des questions fondamentales sur l’égalité des citoyens devant la justice. Créer deux classes de citoyens, selon leur origine, est préoccupant », a réagi le cabinet du ministre Skeete.

Dans une décision récente rendue fin juillet au palais de justice de Longueuil, la juge Magali Lepage a condamné l’accusé Frank Paris à 24 mois de prison dans une affaire de trafic de cannabis et de haschich. Ce dernier avait déjà plaidé coupable. Jusqu’ici, rien d’inhabituel, nous rassure la Presse de Montréal.



Or, pour déterminer sa peine, la juge a considéré la jurisprudence, une analyse de la preuve, une balance des facteurs [style du journaliste ! lire : a soupesé les facteurs] aggravants et atténuants… mais aussi une évaluation de l’impact de l’origine ethnique ou culturelle (EIOEC), une analyse particulière qui se penche sur le parcours personnel d’un criminel à travers la loupe des [prétendues] barrières systémiques auxquelles il a pu faire face.

Après la lecture de l’évaluation, la juge a décidé d’accepter la suggestion de [peine proposée par] la défense, presque un an plus courte que celle de la poursuite.

Il s’agit d’une première au Québec. Aucun juge québécois n’avait considéré une EIOEC dans la détermination d’une peine jusqu’au 28 juillet dernier. La décision risque donc de faire jurisprudence dans le contexte québécois. De telles procédures existent depuis 2014, ailleurs au Canada.

Qu’est-ce qu’une EIOEC ?


Une EIOEC est un rapport présentenciel [le jargon! calque de l'anglais « presentential », comprendre ici « préalable » à la sentence] d’experts qui est utilisé pour déterminer la peine d’une personne racisée – mais qui est surtout utilisé pour les personnes noires. Elle est donc déposée après qu’un accusé est reconnu coupable, mais avant que la peine soit déterminée.

Le rapport fait un examen exhaustif du parcours de l’accusé, avec une insistance sur les « réalités propres » aux personnes racisées, à la « discrimination systémique » qu’elles ont vécue et aux défis spécifiques auxquels elles sont plus exposées (plus bas taux de diplomation, plus grande proportion de familles monoparentales et de père absent, plus grand risque de vivre dans des quartiers défavorisés et criminalisés, etc.). [On ne comprend pas pourquoi les condamnés pauvres blancs ou issus de famille défavorisée n'ont pas droit aux mêmes égards... Mais bon la loi est égale pour tous... hmmm]

Pour le journal La Presse, on considère que ces facteurs, plus présents chez les Noirs, mènent plus facilement à la criminalité.

Comme tente de l’expliquer Me Valérie Black St-Laurent, avocate et directrice des opérations chez Jurigo, « l’objectif d’une EIOEC, c’est vraiment d’informer la Cour pour contextualiser le parcours de la personne qui se trouve devant elle et pour qu’elle puisse rendre une peine qui est juste » et individualisée, comme le prévoit le Code criminel.

« C’est individualisé, mais il reste que les statistiques montrent que tout le groupe des personnes noires est victime de discrimination », renchérit sans hésitation Karine Millaire, professeure adjointe à la faculté de droit de l’Université de Montréal.

« Il faut tenir compte du fait qu’il y a une surincarcération des personnes noires qui est issue du fait que notre système est aussi discriminatoire », prétend-elle.



Concrètement, ça s’articule comment ?

Dans le cas de Frank Paris, le rapport rappelle qu’il a grandi sans son père et que la monoparentalité est beaucoup plus importante chez les Noirs du Canada que chez d’autres groupes. L’EIOEC soulève également son enfance à Côte-des-Neiges, à Montréal, un « quartier défavorisé caractérisé par la pauvreté et le crime », et où « il y avait du profilage racial ».

Sans faire de diagnostic, les autrices du rapport arguent aussi pour que soit considérée « la possibilité de syndrome post-traumatique (TSPT) » associé au « traumatisme intergénérationnel de l’esclavage » en Nouvelle-Écosse – d’où vient sa mère – dans l’appréciation du parcours de vie de M. Paris, et donc dans sa peine.

La Nouvelle-Écosse compte une population noire historique issue de l’esclavage [aboli il y a près de deux siècles]. Même s’il est né au Québec, les visites fréquentes de M. Paris dans la famille de sa mère « ont forgé une expérience d’homme noir diverse, enracinée dans les églises noires » de cette province, peut-on lire dans le rapport.

Le rapport relève aussi des moments précis de discrimination raciale subis par l’accusé, notamment lorsqu’il a été erronément détenu dans un centre pour migrants parce qu’on le croyait jamaïcain, malgré sa citoyenneté canadienne.

Dans sa décision, la juge écrit qu’après la lecture de l’EIOEC, « la Cour a décidé de réduire la sentence qui devrait être de 35 mois à une sentence de 24 mois », comme le voulait la défense – une peine déjà purgée en détention préventive. Elle a aussi ajouté une probation de trois ans.

« Nous devons apprendre. Nous devons nous adapter », écrit la juge Lepage.

Est-ce que cette démarche est aussi utilisée pour d’autres groupes ?

Oui. Le fondement même des EIOEC repose sur ce qui est fait avec les délinquants autochtones depuis plus d’un quart de siècle.

En 1999, l’arrêt R. c. Gladue de la Cour suprême du Canada énonce que les juges doivent considérer les « facteurs systémiques » distinctifs des Autochtones, notamment l’impact de la colonisation, lors de la détermination de la peine. C’est le début des rapports Gladue, qui jouent un rôle semblable à celui des EIOEC.

Dans sa décision, la juge Lepage a tenu à souligner que la démarche qui a mené à la peine réduite de M. Paris est « réminiscente des sentences adaptées aux besoins et enjeux » des Autochtones.

Il existe cependant une distinction entre ces procédures. Les juges ont l’obligation de considérer les rapports Gladue ; les mettre de côté constituerait une erreur de droit. Les EIOEC, elles, ne sont ni obligatoires ni codifiées. Elles sont plutôt traitées comme des opinions d’experts, au même titre que le serait une évaluation psychiatrique ou une analyse balistique.

Karine Millaire souligne que les Autochtones et les Noirs partagent des caractéristiques fondamentales. Historiquement, ce sont les deux groupes qui ont subi de l’esclavage au pays [euh, on y reviendra mais les autochtones étaient aussi esclavagistes et jusqu'au XIXe siècle en Colombie-Britannique!]. De manière plus contemporaine, ce sont les groupes ayant les plus importants enjeux de surincarcération – attribuables à la discrimination, selon la Cour suprême.

N’existe-t-il pas déjà des rapports présentenciels [préalables à la sentence] ?

Oui. « Même pour des personnes qui ne sont ni racisées ni autochtones, des rapports présentenciels (RPS) sont remplis tous les jours » pour permettre à la Cour d’avoir un portrait plus global des personnes devant elle, explique Me Black St-Laurent. On y évalue évidemment les agissements de l’accusé, mais aussi le « milieu sociodémographique dans lequel il évolue, le type d’emploi qu’il occupe », son entourage, son parcours, etc.

Or, « les RPS ne viennent souvent pas contextualiser les aspects systémiques et les enjeux institutionnels, et sont donc incomplets », argue Me Black St-Laurent. D’où la nécessité du processus formalisé de l’EIOEC, selon elle.

« Il faut défaire le mythe que ce sont des processus différents. Toute personne qui est condamnée pour sa détermination de la peine a ce droit de présenter tous les facteurs pertinents dans la prise en compte de son contexte. On ne se retrouve pas à créer un régime qui est hors-la-loi pour les personnes noires », allègue  Karine Millaire.

« Ultimement, c’est le même pouvoir discrétionnaire du juge de tenir compte de la situation de la personne. Mais la situation est que, si on est racisé, on fait partie d’un groupe qui vit du racisme systémique. » [par définition circulaire dirait-on, racisme systémique dont les effets seraient séculaires voir l'invocation à l'esclavage en Nouvelle-Écosse]. 


Source : La Presse

Laïcisme — Défendre la signification « profonde et commune » du parvis d'une basilique en y interdisant les prières catholiques ?

Au Québec, le christianisme se trouve entre le marteau et l’enclume, entre le laïcisme et l’islam, je ne saurais dire lequel est le marteau et lequel est l’enclume, mais cela n’a pas une grande importance, le christianisme est coincé entre les deux.

Tout récemment, dimanche dernier en fait, une manifestation contre les prières de rues islamiques a eu lieu devant la Basilique Notre-Dame de Montréal, son message cependant, ne s’arrêtait pas aux seules prières de rues islamiques, il demandait au gouvernement l’interdiction de toute prière publique...

En effet, lors de cette manifestation, la militante laïque d’origine iranienne, Mandana Javan, déclarait devant la foule d’une centaine de personnes que « Depuis plusieurs mois, ce lieu emblématique devient le théâtre de prosélyte ostentatoire, sans égard pour la signification profonde et commune de cet espace », avant d’appeler plus loin le gouvernement à interdire la prière sur la place publique, rapporte Le Devoir.

L’événement a attiré divers groupes et individus, tel que Nouvelle Alliance ou La Meute, on pouvait voir dans la foule un homme qui tenait une pancarte disant « Le Québec restera chrétien ». On comprend que ce qui unissait ces gens (malgré les dissociations d’usage, mises en avant par certains) c’était la défense du symbole que représente la basilique et la Place d’Armes au milieu de laquelle est sise la magnifique statue de Paul Chomedey de Maisonneuve, un symbole fort du Québec, face aux provocations des prières islamiques qui ont fréquemment lieu devant le vénérable bâtiment.

On comprend aisément le motif, mais le remède proposé est-il le bon ?

On voit mal comment on peut défendre la signification « profonde et commune » de ce lieu en bannissant de la place publique, en même temps que l’islam, ce qui en fait partie.

En effet, c’est ce catholicisme prosélyte (oh ! le vilain adjectif que j’emploie...) qui a présidé à la fondation de Montréal, alors Ville-Marie, une ville qui devait être le tremplin de l’évangélisation des Autochtones en Amérique du Nord. Oui, c’est dans le but de fonder une ville missionnaire que Paul Chomedey de Maisonneuve a été envoyé.

Or, vous ne pouvez pas défendre la signification « profonde et commune » d’un lieu aussi emblématique en prétendant entraver par la bande ce même catholicisme prosélytique. C’est une position intenable. Quid des processions de la Fête-Dieu, des chemins de croix du Vendredi Saint et des pèlerinages ?

Qu’on me pardonne, d’ailleurs, de souligner que ce n’est pas en empêchant les musulmans de prier dans la rue que vous allez empêcher la propagation de l’islam. Ce n’est pas en empêchant la manifestation d’un symptôme que vous allez en empêcher la cause.

Du reste, le motif invoqué par le gouvernement pour envisager d’interdire la prière publique, « On ne souhaite pas voir des prières dans les rues », est très peu élevé pour une interdiction aussi large : le peuple ne le souhaite pas ; les gens en ont assez — depuis quand est-ce qu’on fait des lois sur de simples sentiments ? Qu’on revienne avec des raisons plus sérieuses et avec des solutions qui visent précisément leur objectif et on pourra en parler sérieusement. La politique actuelle semble malheureusement ne devoir être menée qu’à l'aune des sentiments, ce qui ne présage rien de bon dans bien des domaines.

Chine — L'année dernière, il y avait 12 millions d'élèves de maternelle de moins qu'en 2021


Il y a moins de trois ans, Mme Jiang rangeait des jouets et chantait des comptines comme éducatrice dans une crèche à Pékin. Elle se souvient que les parents frappaient à la porte pour inscrire leurs enfants. Cela est devenu de plus en plus rare, jusqu'à ce que Mme Jiang se retrouve l'année dernière à distribuer des prospectus pour la crèche pendant ses pauses déjeuner. Elle a compris que l'avenir était scellé. En mai dernier, Mme Jiang a décidé de se tourner vers un secteur offrant de meilleures perspectives de croissance : les maisons de retraite. « Il est plus facile de s'occuper de personnes âgées que de jeunes enfants », estime-t-elle. Et ses compétences en matière de loisirs créatifs et de jeux lui sont très utiles.

Entre 2017 et 2022, le taux de fécondité total de la Chine, c'est-à-dire le nombre de naissances par femme, est passé de 1,8 à 1 [1,2 selon la Banque mondiale]. Ce chiffre est bien inférieur au taux de remplacement de 2,1, qui permet de maintenir la population à un niveau stable. Afin de stimuler les naissances, la Chine vient d'annoncer des subventions de 3 600 yuans (500 dollars) par an pour chaque enfant de moins de trois ans. Mais cette chute a déjà des répercussions sur les crèches. De 2021 à 2024, le nombre d'élèves dans les écoles maternelles est passé de 48 millions à 36 millions, selon les données officielles. Environ 42 000 des 295 000 écoles maternelles ont fermé leurs portes, et 360 000 des 3,2 millions d'enseignants du préscolaire ont quitté leur emploi.

Il y a toutefois une lueur d'espoir pour ceux qui ont su s'adapter. Alors que le nombre d'enfants âgés de trois à six ans fréquentant les crèches en Chine passera de 49 millions à 35 millions au cours des cinq prochaines années, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus passera de 211 millions à 256 millions pendant cette même période, selon les projections de l'ONU, et continuera d'augmenter. La Chine a cruellement besoin de plus de personnel pour s'occuper d'eux. En 2021, elle ne comptait qu'un demi-million de travailleurs sociaux certifiés, selon le Quotidien du Peuple, organe officiel du Parti communiste chinois.

 Cela représente seulement 0,27 travailleur social pour 100 personnes âgées de 65 ans et plus, un chiffre extrêmement bas. (La même année, le chiffre moyen pour l'OCDE, un club regroupant principalement des pays riches, était de 5,7.) Les universités ont également lancé des diplômes en soins aux personnes âgées pour aider. La première promotion d'étudiants a obtenu son diplôme l'année dernière, apparemment très demandé.

Tout cela a motivé une certaine Mme Wu à ouvrir sa propre maison de retraite dans le Jiangxi en 2023, après avoir travaillé pendant des années dans des crèches. Elle compte neuf résidents qui paient 2 600 yuans (360 dollars) par mois pour y séjourner. Selon elle, les perspectives pour le secteur des soins sont prometteuses. À l'heure actuelle, les personnes vivant dans des maisons de retraite ont plusieurs enfants, mais celles nées dans les années 70 et 80 n'ont pour la plupart qu'un seul enfant, ce qui signifie qu'elles auront moins de personnes pour s'occuper d'elles lorsqu'elles vieilliront. Mme Wu reçoit presque tous les jours des demandes de renseignements de la part de clients potentiels. Elle en a également reçu quelques-unes de la part d'éducateurs de crèche qui souhaitent suivre son exemple.

Le gouvernement apprécie les établissements « à usage mixte » où jeunes et personnes âgées sont pris en charge. L'année dernière, à Chongqing, dans le centre de la Chine, par exemple, un étage vide d'une crèche a été transformé en « centre de soins pour personnes âgées », selon un rapport local. Il disposait d'installations pour le sport (tables de ping-pong) et les arts (tables de calligraphie), et lorsque les éducateurs de la crèche étaient libres, ils enseignaient aux personnes âgées. Un journal publié par la Commission nationale pour le développement et la réforme, le principal organisme de planification économique de Chine, a appelé les gouvernements locaux à accorder des subventions et des avantages fiscaux à ce type de projets. Et les personnes âgées apprécient la compagnie des jeunes ; certains grands-parents déposent même leurs petits-enfants à la crèche avant de se rendre à leur étage.

mardi 5 août 2025

Royaume-Uni : compter sur les migrants pour stimuler l'activité économique pose de « sérieux problèmes » selon Commission

La commission des dépenses de du Bureau pour la responsabilité budgétaire a déclaré que le fait que le Royaume-Uni compte sur les migrants pour stimuler l'activité économique et redresser les finances publiques posait de « sérieux problèmes ».

Scène de rue à White Chapel

Un taux d'immigration élevé n'est peut-être pas toujours bon pour les relations entre les communautés si un grand nombre de nouveaux arrivants s'installent dans un même quartier, mais il contribue au moins à stimuler le PIB en fournissant une source de travailleurs enthousiastes que les employeurs ont du mal à trouver en Grande-Bretagne. Voilà qui résume le point de vue de certains économistes, mais qui vient d'être rejeté en bloc par une voix importante : David Miles, qui siège au comité de du Bureau de la responsabilité budgétaire (OBR). Il écrit qu'il est erroné de penser que la Grande-Bretagne peut résoudre ses problèmes économiques en ouvrant ses portes aux travailleurs étrangers.

 L'un des arguments fréquemment avancés en faveur de l'ouverture des frontières à l'immigration est qu'elle contribue à résoudre le problème du vieillissement de la population, car les travailleurs immigrés ont tendance à être jeunes. Pourtant, selon les calculs de Miles, même si chaque migrant arrivant en Grande-Bretagne était âgé de 24 ans, le pays devrait en accepter 20 millions au cours des 40 prochaines années afin de préserver l'équilibre démographique actuel. Et, bien sûr, comme il le dit, « les jeunes d'aujourd'hui sont les vieux de demain ».

Au terme de ces 40 ans, les migrants qui arrivent aujourd'hui à l'âge de 24 ans seront proches de l'âge de la retraite. Ils seront sur le point de faire valoir leurs droits à la retraite. Tout ce que vous auriez obtenu en leur ouvrant les portes, c'est de créer une nouvelle vague de population comme celle des baby-boomers qui prennent actuellement leur retraite et contribuent ainsi à gonfler la population britannique en âge de ne pas travailler.
En outre, tous les arrivants ne sont pas âgés de 24 ans. Ceux qui viennent travailler en Grande-Bretagne sont souvent accompagnés de personnes à charge qui ne travaillent pas. Même ceux qui travaillent consomment les services publics, contribuant ainsi à accroître la pression sur des écoles, des hôpitaux et des logements déjà surchargés. Selon M. Miles, il serait bien plus avantageux sur le plan budgétaire d'investir dans le retour à l'emploi d'une plus grande partie de la population britannique en âge de travailler.

Jusqu'à récemment, le lobby anti-migration était accusé par certains d'être analphabète sur le plan économique. Pourtant, l'OBR calcule aujourd'hui qu'un migrant à bas salaire - en supposant qu'il reste en Grande-Bretagne - finira par coûter 1,55 million de livres au contribuable britannique, car les pensions et les prestations qui lui sont versées l'emportent sur les impôts qu'il paie au cours de sa vie.

Même un migrant percevant le salaire britannique moyen finira par coûter 405 000 livres nettes. Comme nous l'avons vu dans le budget de l'automne dernier et dans la révision des dépenses en mars, les prévisions de l'OBR sont cruciales pour la réflexion du ministre des Finances - Rachel Reeves adapte ses politiques fiscales et de dépenses aux prévisions des marges de manœuvre et des pertes fiscales. Maintenant que l'OBR semble s'éloigner de la vision de l'immigration de masse comme moyen de stimuler l'économie, on peut penser qu'elle aura un effet marqué sur la politique migratoire du gouvernement.

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L'immigration, le remède imaginaire

Croissance du PIB réel par habitant (2015-2024) : Canada à l'avant-dernière place des pays de l'OCDE (« malgré » une immigration record) 

La chimère de la lutte du vieillissement de la population par l'immigration de masse

Canada — L'immigration ne rajeunira pas de manière significative la population active de demain

Au rythme actuel (mai 2023) sous Trudeau et Legault : 12 millions d'habitants à Montréal et 5 à Québec en 2100

lundi 4 août 2025

Ce que Trump apprend à Harvard

À Harvard, vous pouvez étudier la négociation. Comme il s'agit de Harvard, il existe en fait tout un programme universitaire consacré à cet art. Les principes sont simples. Comprenez vos alternatives – que se passe-t-il si vous vous battez plutôt que de faire des compromis – et vos intérêts à long terme. Comme nous sommes dans l'Amérique de Donald Trump, Harvard elle-même fait désormais l'objet d'une étude de cas.

Le gouvernement a cherché à revoir certains cours dispensés à Harvard, M. Trump ayant fait pression pour que l'université embauche moins de « gauchistes idiots » et sanctionne les manifestants pro-palestiniens. Lorsque l'université a refusé, son administration a gelé des subventions fédérales pour la recherche d'une valeur de 3 milliards de dollars et a tenté de l'empêcher d'inscrire des étudiants étrangers.

Harvard a riposté et a poursuivi le gouvernement à deux reprises. Ses nombreux partisans ont bruyamment soutenu cette résistance. Sept professeurs sur dix ayant participé à un sondage réalisé par le Crimson, un journal étudiant, ont déclaré que l'université ne devrait pas accepter un accord. Pourtant, il semble probable que Harvard cédera, à l'instar de l'université Brown et de Columbia ; selon certaines informations, elle devrait payer jusqu'à 500 millions de dollars.

Examinons les options qui s'offrent à Harvard. Le recours en justice a d'abord été couronné de succès : un juge a suspendu l'interdiction d'admettre des étudiants étrangers. Harvard a bénéficié d'une audience favorable dans le cadre de son procès visant à rétablir le financement public. Cependant, l'université sait qu'elle ne peut pas compter sur la Cour suprême, dont la majorité est conservatrice. Parallèlement, les dommages potentiels causés par la campagne de M. Trump semblent à la fois graves et existentiels. La perte des fonds fédéraux transformerait Harvard, qui passerait d'une université de recherche de classe mondiale à une université dépendante des frais de scolarité. Ces fonds représentent 11 % du budget de fonctionnement et la quasi-totalité des fonds discrétionnaires disponibles pour la recherche. Pour s'en passer tout en maintenant le niveau actuel des dépenses, l'université devrait puiser dans sa dotation de 53 milliards de dollars à raison d'environ 2 % par an. Cela est possible pendant un certain temps, mais cela éroderait les revenus futurs et une grande partie de cette dotation est de toute façon soumise à des restrictions imposées par les donateurs.

Harvard a déjà gelé certaines embauches et licencié du personnel de recherche. D'autres difficultés sont à prévoir. Le fisc américain (IRS) envisage de révoquer le statut d'exonération fiscale de Harvard. Elise Stefanik, membre républicaine du Congrès, a suggéré que l'université s'était rendue coupable de fraude boursière lorsqu'elle a émis une obligation en avril et omis dans un premier temps d'informer les investisseurs des exigences du gouvernement. Elle souhaite que la SEC (Securities and Exchange Commission) mène une enquête. Le département de la Sécurité intérieure a demandé des informations sur les étudiants étrangers qui ont participé à des manifestations en faveur de la Palestine.

Les anciens élèves, les professeurs et les étudiants se disent fiers du président de Harvard, Alan Garber, qui résiste au chantage de M. Trump. Pourtant, de plus en plus de professeurs réclament un accord, en particulier dans les domaines de la médecine et des sciences, car ce sont eux qui ont le plus à perdre. Steven Pinker, professeur de psychologie, a plaidé en faveur d'une « sortie qui préserve la dignité » : M. Trump est peut-être « dictatorial », mais « la résistance doit être stratégique, et non suicidaire ».

Un accord similaire à celui de Brown ne serait pas si difficile à accepter. Pour récupérer ses fonds fédéraux, cette université versera 50 millions de dollars à des organisations de développement de la main-d'œuvre. Le modèle le plus probable est celui conclu avec Columbia, qui a versé 200 millions de dollars au gouvernement. La plupart de ses fonds fédéraux, d'une valeur de 1,3 milliard de dollars, ont été rétablis et les enquêtes sur les violations présumées des droits civils ont été closes. Vu de l'extérieur, le prix payé par Columbia semble arbitraire, car aucune explication n'a été donnée sur la manière dont il a été calculé.

Columbia a également accepté de démanteler ses initiatives discriminatoires diversitaires (DEI) et d'embaucher des professeurs spécialisés dans Israël et le judaïsme, entre autres concessions. Un contrôleur externe veillera au respect de ces mesures. Claire Shipman, présidente par intérim de l'université, a déclaré que Columbia n'avait pas accepté de diktats sur ce qu'il fallait enseigner ou sur les personnes à embaucher et à admettre.

C'est peut-être vrai, mais l'accord ressemble fort tout de même à une extorsion. M. Trump a contourné la procédure légale par laquelle le gouvernement peut annuler des fonds. Selon la loi, l'administration doit organiser une audience et soumettre un rapport au Congrès au moins 30 jours avant que la suppression des fonds ne prenne effet. Rien de tout cela n'a été fait. Bien sûr, les accords bilatéraux coercitifs sont le métier de M. Trump : il en a conclu avec des cabinets d'avocats et des partenaires commerciaux.

Harvard a apporté des changements sur le campus qui pourraient être qualifiés de concessions dans le cadre d'un éventuel accord. Certains semblent effectivement destinés à apaiser M. Trump. Depuis janvier, l'université a adopté la définition de l'antisémitisme préconisée par le gouvernement, mis fin à son partenariat avec l'université de Birzeit en Cisjordanie, destitué la direction du Centre d'études sur le Moyen-Orient et suspendu le Comité de solidarité avec la Palestine, un groupe d'étudiants de premier cycle. Les bureaux DEI ont été renommés et leurs sites web ont été nettoyés.

Le manque de diversité idéologique à Harvard ne sera pas résolu par décret. En 2023, un sondage Crimson a révélé que moins de 3 % des professeurs se considéraient comme conservateurs. Aujourd'hui, l'université envisagerait de créer un centre de réflexion conservateur similaire à la Hoover Institution de Stanford. Sur le campus, il semble que trop d'étudiants ne soient pas armés pour faire face à des opinions qui remettent en question les leurs, explique Edward Hall, professeur de philosophie.

Source : The Economist



jeudi 31 juillet 2025

Émission de CO2 par pays

Asie en pleine industrialisation, Occident en déclin économique relatif.




Tout nouvel immigrant au Canada (ne provenant pas des États-Unis) augmente les émissions de CO2 planétaires puisqu'il en consommait nettement moins dans son pays d'origine.

mercredi 30 juillet 2025

Éloïse Boies — Vers l'effondrement des médias de grand chemin ?

Entretien avec Éloïse Boies de la chaîne « Élo veut savoir » sur sa poursuite contre YouTube, son parcours l'ayant mené à fonder son média alternatif, le consensus médiatique actuel, les accusations de complotisme et l'avenir des médias de masse au Québec.

Pour rejoindre le recours collectif contre Google et Facebook, allez sur ce site des avocats.

Une de ses émissions récentes: 

lundi 28 juillet 2025

Immigration et opinion publique : le cas de 5 pays européens.

En Allemagne, les sondages les plus récents montrent une progression constante du refus d'accueillir des réfugiés : en janvier 2025, 68% des Allemands souhaitent en accueillir moins, contre 20% en 2014.
 

En Espagne, récemment confrontée à des flux venant d'Afrique, l’opinion publique rejette largement la politique d'immigration actuelle. 73 % des Espagnols estiment qu’elle est trop importante dans leur pays, y compris une majorité des électeurs de la gauche traditionnelle.
 

En Italie peu d'enquêtes sont réalisées, mais on constate via un sondage international que 69 % des Italiens considèrent les immigrés comme un fardeau.

Par ailleurs, 56 % estiment que l’immigration a eu un impact négatif sur le pays, le plus fort taux en Europe.

Les Britanniques sont aussi très critiques de la gestion actuelle.

49% estiment que l'immigration au cours des 10 dernières années a été plutôt mauvaise pour le pays.

L'immigration est redevenue l'enjeu n°1 pour les Britanniques, comme à l'époque du Brexit.


La France ne fait pas exception à ce malaise face à l'immigration : un sondage CSA de janvier 2025 indique que 65 % considèrent que la France est « submergée par l’immigration ».

Confirmé par une enquête Cevipof : 63 % pensent qu’il y a trop d’immigrés.

Ce rejet de l'immigration n'est pas nouveau, il ne date pas de la crise des réfugiés ou de la forte hausse des entrées en Europe.

Dès le printemps 1992, dans un @EurobarometerEU, une majorité d'Européens estimaient qu'il y avait trop d'extra-Européens dans leur pays.


dimanche 27 juillet 2025

Et soudain, l'hystérie autour du changement climatique a disparu

Seuls 4 % des Canadiens considèrent le changement climatique comme notre principal problème. Mais beaucoup d'entre eux sont des militants purs et durs prêts à bloquer des projets.

Joe Oliver, ancien ministre des Ressources naturelles et des Finances du gouvernement Harper, a été incité par l'actualité à écrire l'article ci-dessous dans le National Post. 

Au cours des derniers mois, l'inquiétude du public concernant le changement climatique a consi­dé­ra­blement diminué, remplacée par un nouvel enthousiasme pour l'exploitation des vastes réserves de pétrole et de gaz du Canada [et potentiellement du Québec, mais il refuse d'explorer...]. Le gouvernement fédéral subit désormais une pression politique croissante pour accélérer la construction de pipelines vers les côtes, qui apporteront croissance économique, emplois, sécurité énergétique et financement pour les programmes sociaux ou allégements fiscaux.

Qu'est-ce qui a provoqué ce revirement radical de l'opinion publique ? Et le gouvernement tiendra-t-il ses promesses ?

Le Premier ministre Mark Carney a longtemps défendu le catastrophisme climatique et l'engagement envers la neutralité carbone, tant dans ses différentes fonctions sur la scène internationale que dans son livre Value(s), publié en 2021. Cependant, après son entrée en politique, il s'est rallié aux énergies fossiles, et les médias traditionnels l'ont suivi dans un abandon vertigineux de leur obsession pour la menace existentielle que le réchauffement climatique ferait peser sur l'humanité. La question de savoir si la transformation de Carney relève de l'opportunisme politique conjoncturel ou d'une reconnaissance tardive de la réalité économique et scientifique est désormais déterminante pour les perspectives économiques du Canada.   

Au cours des quatre dernières décennies, le plaidoyer incessant des milieux scientifiques subventionnés, des médias et des faiseurs d'opinion a fait du réchauffement climatique, puis du changement climatique [et enfin du dérèglement] une opinion consensuelle. Tout écart par rapport à la doxa mettait en péril la réputation et la carrière des scientifiques et des universitaires, qui risquaient de perdre leur financement, voire leur emploi. Il n'est donc pas surprenant qu'en 2022, 73 % des Canadiens estimaient que nous étions confrontés à une urgence climatique. Mais aujourd'hui, selon un récent sondage Léger, seuls 4 % des Canadiens considèrent le changement climatique comme le problème numéro un auquel leur pays est confronté. [Andrew Enns, vice-président exécutif chez Léger, explique que les enjeux économiques dominent désormais les priorités citoyennes. Les relations commerciales et les tensions avec les États-Unis arrivent en tête (20 %), suivies de près par l’inflation (18 %), le logement (11 %), l’état général de l’économie (10 %), les soins de santé (9 %) et l’immigration (6 %).

Les droits de douane choquants imposés par le président Donald Trump et ses propos sur la création d'un 51e État ont détourné l'attention des Canadiens du changement climatique. Il en va de même pour les coûts exorbitants des politiques écologiques, la prise de conscience croissante que rien de ce que fait le Canada ne peut avoir un impact mesurable sur les températures mondiales, et le fait que les politiques écologiques n'ont pas été adoptées dans de nombreux pays ou sont devenues politiquement toxiques dans ceux où elles l'ont été. Malgré les billions (les milliers de milliards en français) de dollars dépensés à l'échelle mondiale pour réduire les émissions, les hydrocarbures représentent toujours plus de 80 % de l'énergie primaire mondiale. Selon McKinsey, atteindre la neutralité carbone à l'échelle mondiale d'ici 2050 coûterait aux pays occidentaux entre 275 et 550 billions (275 000 et 550 000 milliards) de dollars, un coût prohibitif. Cela rend cet objectif politiquement intenable.

Andy Kessler, chroniqueur au Wall Street Journal, a récemment fait valoir que les politiques écologiques sont en grande partie responsables de la chute du PIB européen, qui est passé d'un niveau équivalent à celui des États-Unis en 2008 à seulement deux tiers de celui-ci aujourd'hui. La flambée des prix de l'énergie a entraîné une désindustrialisation, aggravant les effets des impôts élevés et des dépenses sociales, des réglementations intrusives et d'une main-d'œuvre protégée. Le Canada a également connu une décennie perdue pour des raisons similaires : une croissance de seulement 0,5 % du PIB réel par habitant, contre 20,7 % aux États-Unis. [Un autre élément fut l'immigration massive de gens moins bien payés ou moins productifs que la moyenne, ce qui mécaniquement fait baisser le PIB par habitant.]

Enfin, peut-être le public est-il enfin devenu sceptique face aux prophéties sans fin annonçant des catastrophes imminentes : les ours polaires « en voie de disparition » ont presque triplé au cours des 50 dernières années ; des centaines d'îles du Pacifique ont vu leur superficie augmenter ; les décès dus à des conditions météorologiques extrêmes ont diminué de 99 % au cours des 100 dernières années ; neuf fois plus de personnes meurent du froid que de la chaleur ; etc. Le petit âge glaciaire a pris fin à la fin du XIXe siècle avec une hausse progressive des températures — sinon, nous serions toujours dans une période glaciaire. Pourtant, il y a seulement 14 mois, Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, déclarait encore que nous n'avions que deux ans pour sauver la planète.

Les futurs psychologues, économistes et historiens examineront le phénomène de l'hystérie climatique collective du début du XXIe siècle, ce qui l'a provoqué, ce qui y a mis fin (si tant est qu'il ait pris fin) et les dégâts qu'il a causés. Une chose est presque certaine : personne n'admettra sa culpabilité pour les énormes dommages infligés au Canada et à d'autres économies. Bien que le public soit passé à autre chose, un groupe de militants climatiques purs et durs est prêt à exploiter tous les obstacles juridiques et réglementaires au développement des ressources au Canada. Le gouvernement fédéral devra utiliser tous ses pouvoirs législatifs et exécutifs pour mener à bien les nouveaux projets énergétiques qu'il dit favoriser. Ce n'est qu'alors que les Canadiens sauront si Mark Carney a vraiment changé ses convictions profondes.
 
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Les journalistes du Washinton Post ont récemment cité une nouvelle étude sur les températures à la surface de la Terre au cours des 485 millions d’années écoulées. En 2023, la température moyenne de la Terre atteindra 14,98 °C, bien en deçà de la moyenne de 36 °C relevée par l’étude il y a environ 100 millions d’années. La tendance montre que les températures de la Terre baissent depuis 50 millions d’années...