mercredi 5 juillet 2023

La société progressiste nous rend-elle malades ?

Alors que les taux d’infection par le COVID-19 commençaient à diminuer, des signes d’une pandémie bien plus étrange sont apparus : le COVID long et son cortège de complications à long terme. On pourrait penser que, puisque ce sont les hommes et les personnes âgées qui souffrent le plus des complications du virus, la plupart des personnes atteintes de COVID long sont des hommes âgés. Mais ce n’est pas le cas. Selon une enquête du Bureau du recensement des États-Unis, les femmes sont presque deux fois plus susceptibles que les hommes de déclarer en être atteintes, tandis que les transsexuels sont nettement plus susceptibles d’en être atteints que tous les autres groupes. Une étude allemande, quant à elle, a conclu « qu’il y a de plus en plus de preuves que les adolescentes sont particulièrement exposées à des symptômes prolongés ». 

Étant donné que le COVID a tendance à affecter les hommes plus que les femmes, pourquoi le COVID prolongé affecterait-il les femmes plus que les hommes ? Et étant donné que les complications de la COVID sont extrêmement rares chez les jeunes, pourquoi les adolescentes seraient-elles affectées de manière disproportionnée par la COVID de longue durée ? Enfin, puisqu’on ne peut pas accuser un virus de transphobie, pourquoi le long COVID affecterait-il davantage les transsexuels ? 

La réponse repose sur le fait que le long COVID n’est pas un phénomène strictement physique. Une étude portant sur près de deux millions de personnes et publiée dans la revue Nature a révélé que les personnes ayant déclaré trois symptômes ou plus de longs COVID incluaient : 4,9 % des personnes dont il a été confirmé qu’elles avaient souffert de COVID, et 4 % des personnes n’ayant aucune preuve d’avoir souffert de COVID. Ainsi, le fait de déclarer les symptômes d’une longue COVID n’est que modérément associé à une infection antérieure par la COVID. En fait, le COVID long est presque aussi bien corrélé aux troubles de l’humeur qu’au COVID lui-même. Une étude a montré que les personnes sujettes à l’anxiété et à la dépression avant l’infection par le COVID étaient 45 % plus susceptibles de développer un long COVID après l’infection, et l’étude de Nature a montré que le fait de souffrir d’anxiété et de dépression avant d’être infecté par le COVID doublait presque les chances de déclarer un long COVID.

Cela expliquerait pourquoi les femmes et les transsexuels déclarent de manière disproportionnée des COVID de longue durée : ces deux groupes démographiques ont des taux d’anxiété et de dépression particulièrement élevés.

Mais pourquoi les troubles de l’humeur augmenteraient-ils la probabilité d’une longue COVID ? Certains experts ont émis l’hypothèse que le stress pouvait affecter la réponse immunitaire à la COVID et conduire à des infections plus graves. Cependant, une étude turque n’a trouvé aucune preuve que l’anxiété ou la dépression modifie la réponse immunitaire de l’organisme au virus. L’explication la plus probable est que, comme les symptômes des troubles de l’humeur se confondent avec ceux d’une longue période de COVID, les gens confondent la détresse psychologique avec les effets secondaires d’une infection virale.

Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large. Les jeunes font état de leur désespoir et de leur détresse à un rythme sans précédent, et cette crise de la santé mentale est le symptôme d’une société qui fonctionne mal - une société qui rend les gens malades en leur inculquant le sentiment d’être malades. La tendance des gens à diagnostiquer à tort leur désespoir comme un trouble médical peut être observée bien au-delà des rapports sur les COVID à long terme. Prenons l’exemple de l’augmentation des cas de dysphorie de genre. Entre 2012 et 2022, le nombre d’adolescents orientés vers le service de développement de l’identité de genre (GIDS) du NHS (le système de la santé publique du Royaume-Uni) a augmenté de plus de 2000 %. Si cette augmentation était simplement due à la diminution de la stigmatisation des transsexuels, elle ne se limiterait pas à un seul sexe et à une seule tranche d’âge, mais elle a été presque exclusivement le fait des jeunes et des femmes biologiques.

Le groupe qui, de manière disproportionnée, se dit souffrir de dysphorie de genre — les adolescentes — semble être le même groupe démographique que celui qui, dans l’étude allemande, est considéré comme présentant un risque disproportionné de COVID à long terme. Il s’agit également du groupe qui, outre les transsexuels, est considéré comme le plus exposé aux troubles de l’humeur. Une fois de plus, il semble donc que de nombreux jeunes, en particulier des filles, confondent désarroi général avec une autre maladie.

Et ce ne sont pas seulement les cas de dysphorie de genre qui se sont multipliés chez les jeunes. Les cas de troubles dépressifs majeurs, de troubles déficitaires de l’attention, de troubles obsessionnels compulsifs, de troubles d’anxiété sociale, de troubles d’anxiété généralisée, de troubles du spectre autistique et de divers troubles de l’alimentation ont également augmenté. Il semble que les jeunes et leurs médecins considèrent les problèmes personnels comme des troubles médicaux : nous vivons une pandémie de pathologisation.

Pourquoi tant de gens confondent-ils tristesse et maladie ? Il est dans la nature humaine de chercher des causes uniques à des problèmes complexes. 

Australie : il existe un lien manifeste entre l'accessibilité au logement et le taux de fécondité

Où sont passés tous les bébés ? Le taux de fécondité de l’Australie est proche de son plus bas niveau historique et certains signes indiquent qu’il va encore baisser.


C’est dans les grandes villes que la disette de nouveau-nés se fait le plus sentir. Dans la région statistique de la ville de Melbourne, le taux de fécondité a chuté à 0,66 en 2021 — soit moins d’un tiers du taux de 2,1 enfants par femme, c’est-à-dire le « niveau de remplacement » nécessaire pour assurer la stabilité de la population, sans tenir compte des migrations.
 
La baisse du taux de fécondité met en évidence les défis auxquels sont confrontées les jeunes familles.

À Sydney, les mères de moins de 35 ans sont de plus en plus rares — le recensement de 2021 a révélé que près de la moitié des femmes de la ville âgées de 30 à 34 ans n’ont jamais eu d’enfant.

Le taux de fécondité national, qui mesure le nombre moyen d’enfants qu’une femme peut escompter au cours de sa vie reproductive, a atteint son niveau le plus bas en 2020, dans le contexte des perturbations et de l’incertitude liées à la gestion de la crise du COVID-19. Une modeste reprise a eu lieu en 2021, mais la crise du coût de la vie causée par l’inflation élevée, le prix des logements et la hausse des taux d’intérêt, qui dure maintenant depuis plus d’un an, menace de l’étouffer.

Au cours des trois premiers mois de 2023, le nombre de naissances dans les maternités publiques de la Nouvelle-Galles du Sud a été le plus faible jamais enregistré depuis le début des relevés, il y a 13 ans.

Un ensemble de facteurs personnels a toujours influencé les décisions relatives à la procréation, notamment l’éducation, la carrière et la situation financière. Les conditions économiques, en particulier la stabilité du marché du travail, jouent un rôle, tout comme les normes et les attentes sociales.

Mais la baisse récente du taux de fécondité est aussi un indicateur des difficultés particulières auxquelles sont confrontés les jeunes gens : le coût élevé du logement, la baisse des salaires réels, l’insécurité de l’emploi et l’endettement des étudiants sont autant de facteurs qui ont rendu la décision d’avoir des enfants plus difficile à prendre.

Terry Rawnsley, économiste urbain chez KPMG, affirme qu’il existe un lien évident entre l’accessibilité au logement et le taux de fécondité.

« Si l’on compare Sydney, Melbourne, Brisbane et Perth, ce sont les villes où le logement est le moins cher qui ont tendance à avoir des taux de fécondité plus élevés, parce qu’il est beaucoup plus facile d’avoir plus d’enfants », explique-t-il.

Une nouvelle étude menée auprès de travailleurs de moins de 40 ans par l’initiative de recherche sur l’égalité des sexes dans la vie professionnelle de l’université de Sydney a révélé que 70 % des femmes interrogées déclaraient que le coût du logement influençait le nombre d’enfants qu’elles prévoyaient d’avoir.
 
Une autre enquête réalisée en 2022 par l’Université nationale australienne a révélé que le fait de pouvoir acheter une maison, ou une propriété de meilleure qualité, était « extrêmement important » pour les personnes qui envisagent d’avoir des enfants, en particulier pour les plus jeunes et ceux qui ont un faible niveau d’éducation.

Mais le logement n’est pas le seul élément à prendre en compte. L’accès à un emploi sûr et à des services de garde d’enfants abordables a également une influence majeure sur les décisions en matière de procréation, en particulier pour les femmes.

La menace que représenterait le changement climatique [grandement exagérée à nos yeux] est un autre facteur, en particulier pour les moins de 30 ans. L’étude de l’université de Sydney a révélé que 43 % des 18-30 ans ont déclaré que le changement climatique avait une « grande » ou une « assez grande » influence sur le nombre d’enfants qu’ils prévoient d’avoir. Chez les 31-40 ans, cette proportion est de 31 % (la proportion d’hommes et de femmes ayant cette préoccupation est à peu près égale). [Ce sacrifice sera sans effet, puisque les pays riches comme l’Australie importeront d’autant plus d’immigrants qui consommeront plus que dans leur pays d’origine.]

Il y a quelques années, le gouvernement fédéral prévoyait que l’Australie aurait un taux de fécondité à long terme de 1,9 enfant par femme, soit un peu moins que le taux de remplacement de 2,1. Mais cette prévision a depuis été ramenée à 1,62.

Udoy Saikia, expert en démographie de l’université Flinders, estime que même cette prévision plus basse pourrait s’avérer optimiste.

« Au cours des 20 à 30 prochaines années, je ne serais pas surpris que le taux de fécondité descende à 1,4 ou même 1,3, comme c’est le cas dans les pays européens », déclare-t-il.
 
Toutefois, un effondrement du taux de fécondité aura des conséquences économiques durables. La plus évidente est la diminution du nombre de jeunes travailleurs par rapport à celui des retraités, ce qui pèsera sur la capacité des gouvernements à fournir des services sociaux et de santé. Un rapport spécial de The Economist a récemment souligné que les populations plus âgées ont tendance à être moins entreprenantes et plus réfractaires au risque, ce qui menace d’entraver l’innovation et la croissance de la productivité. [La chose avait déjà été soulevée par le grand démographe français Alfred Sauvy dès les années 30…]

Les gens expriment généralement le souhait d’avoir plus d’enfants qu’ils n’en ont finalement. Une étude récente a révélé que les Australiens souhaitent avoir deux enfants en moyenne. [C’est une constante à travers le monde occidental et en Extrême-Orient, voir graphique en bas de billet.]

Cela suggère que beaucoup se contentent de moins d’enfants qu’ils ne le souhaiteraient. Les chercheurs affirment qu’un nombre croissant de jeunes travailleurs, en particulier des femmes, déclarent ne pas avoir l’intention d’avoir d’enfants. Nombre d’entre eux justifient leur choix par la pénalité liée à la maternité, c’est-à-dire la perte de revenus que subissent généralement les femmes qui ont des enfants tout au long de leur vie. D’autres souhaitent simplement tirer le meilleur parti des investissements qu’ils ont réalisés dans l’éducation.

Au cours des dernières décennies, les gouvernements ont consacré des ressources supplémentaires à l’aide aux familles qui travaillent, notamment sous la forme de congés parentaux rémunérés et de subventions à la garde d’enfants. Mais des mesures beaucoup plus radicales de soutien aux parents seront nécessaires pour éviter une nouvelle baisse du taux de fécondité.
 
Cela pourrait sembler une réponse politique évidente, étant donné les avantages économiques à long terme d’un taux de natalité plus élevé. Mais à mesure que la population australienne vieillit et que le vote gris augmente, les politiciens auront du mal à résister aux demandes des personnes âgées. Instaurer une politique nataliste en deviendra d’autant plus difficile.
 
Source : Sydney Morning Herald
 
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Seuls dans les pays en bleu la fécondité effective dépasse-t-elle le nombre d'enfants considéré comme idéal par les femmes. (Réponse à des questions telles que « Si vous en aviez les moyens, combien d'enfants vous conviendrait-il d'avoir, personnellement ? »)

 

mardi 4 juillet 2023

Driss Ghali : « Ils se sentent des Français de contrefaçon. [...] Ils disent : "À bas la France !" »

Les interventions de Driss Ghali: 
 

Driss Ghali est Marocain, il est titulaire de deux maîtrises et lauréat du Concours Général en 1997. Il a profité de sa présence au Brésil, où il est installé depuis 2011, pour suivre des cours de sciences politiques à São Paulo. Il a ainsi écrit deux romans en Portugais et plusieurs essais en langue française dont le fil conducteur est la violence.

Il a notamment publié Mon père, le Maroc et moi (2019) aux Éditions de l’Artilleur ainsi que David Galula et la théorie de la contre-insurrection (2019) .

Aujourd’hui, à chaque fois qu’il revient dans l’hexagone, il est effaré et ne comprend pas ce qu’il voit. Comment le Peuple français accepte-t-il l’américanisation aussi vulgaire de sa culture, l’ensauvagement de ses manières et une présence de l’Islam toujours plus affirmée ?

Depuis 2017, il est fondateur et gérant de "Ataliya Solutions" et "La Petite Galilée" et correspondant spécial de Causeur.fr à São Paulo.

Toute l'émission:

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Français, ouvrez-les yeux ! 

Une radiographie de la France par un immigré
par Driss GHALI
paru le 18 janvier 2023,
chez L'Artilleur,
240 pages,
ISBN : 978210011469

Il publie cette année Français, ouvrez-les yeux ! Il ne s’agit pas ici d’un énième livre sur le déclin de la France, vieille névrose qui resurgit régulièrement. Non, ce que l’auteur interroge, ce sont les raisons qui expliquent que l’abaissement du pays puisse être ainsi accepté par les Français. Pourquoi reconduisent-ils scrutin après scrutin, des responsables politiques qui organisent leur disparition, aux ordres de l’Union européenne et par le biais de l’immigration de peuplement ?

Pour Driss Ghali, il y a quelques explications. Elles sont douloureuses à accepter mais peut-être pourront-elles en aider certains à ouvrir enfin les yeux.

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France — Plus de 240 écoles dégradées lors des émeutes à ce jour

Depuis le début des émeutes en France, plus de 240 établissements scolaires ont connu des dégradations dans le pays. Dans la nuit de jeudi à vendredi, au plus fort des violences, une soixantaine d’écoles ont ainsi été incendiées, vandalisées, saccagées ou pillées. Des dégâts qui vont bouleverser le quotidien des élèves concernés. 
 

Ce sont des symboles de la République (l’État décadent de mécréants), les émeutiers savent très bien que l’État français, les contribuables moyens donc, vont simplement de nouveau reconstruire et payer les dégâts.

L’essayiste, Sabrina Medjebeur, sur CNews, au sujet d’un laxisme lié aux récentes émeutes en France : « Ils savent très bien que depuis 40 ans, s’est instauré une politique de la ville absolument laxiste, divisionniste, qui contribue à la déflagration culturelle et surtout à l’assistanat ».

Sondage sur les émeutes (sondage Elabe/BFMTV):

  • 93% des Français condamnent les violences contre les bâtiments publics
  • 89% condamnent également les violences contre les forces de l'ordre
  • Pour 9 Français sur 10, la mort de Nahel n'est qu'un prétexte pour "casser"
  • La cause principale de cette crise : le manque d'autorité parentale, manque de sévérité de la Justice

 

 Militantes (surtout des femmes...) d'extrême gauche empêchent la tenue des procès des émeutiers:

 

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« La numérisation de l’école a des impacts désastreux sur les enfants et l’environnement »

Dans une tribune (reproduite ci-dessous), plusieurs associations dénoncent le bilan catastrophique de l’école numérique, tant sur les élèves que sur le plan écologique, mis en lumière par un rapport du Conseil Supérieur des Programmes (CSP), commandé par le ministre de l’Éducation nationale.

D’ores et déjà, un peu partout en France on distribue des tablettes aux écoliers dès l’âge de trois ans. Depuis 2015 l’école numérique se déploie au rythme des collectivités locales, et il s’agit à terme pour le ministère de l’Éducation de l’imposer à tous les élèves de France, de la maternelle au lycée. Dans les communes, départements et régions, aucune concertation n’a lieu en amont, ni des enseignants, ni des parents d’élèves. Et bien que souvent présentés comme « expérimentaux », la pertinence de ces changements d’usages imposés n’est jamais évaluée, ni par les collectivités ni par l’Éducation nationale. Pourquoi ? Les impacts pourtant, sur nos enfants comme sur notre environnement, sont tout bonnement alarmants.

Même au plus haut de l’institution, la mutation numérique interroge. Sur commande du ministre, le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) a rendu en juin dernier un avis sur « la contribution du numérique à la transmission des savoirs ». Il est frappant de constater que le dernier tiers de ce rapport, s’appuyant sur des centaines d’études scientifiques, enquêtes et auditions, remet explicitement en question la numérisation de l’école. Il recense même tous les éléments d’une catastrophe en cours.
Bilan humain négatif

Sur le plan pédagogique, ce rapport explore les incidences sur les apprentissages scolaires. Il retire des enquêtes nationales et internationales que l’utilisation très importante des appareils numériques à l’école provoque une baisse des résultats, diminue la réflexion, la mobilité globale, la motricité fine, l’imagination, la sensibilité, qu’elle peut ouvrir la porte à l’illettrisme, et qu’elle amplifie les inégalités sociales en matière d’éducation. Il défend l’usage de l’imprimé, l’interaction humaine, la lecture à haute voix et les méthodes pédagogiques éprouvées. Il invite à « privilégier dans l’environnement pédagogique la relation humaine et la réalité à la dématérialisation et au virtuel ».

Pour ce qui concerne la santé, le rapport égrène une longue liste de troubles causés par la surexposition aux écrans, qui vont des troubles de la vue, de l’attention, du sommeil, de la mémoire, du langage, du comportement, à la passivité intellectuelle et à la perte de capacités fonctionnelles, jusqu’à des pathologies graves d’ordre psychologique et psychiatrique (isolement social, symptômes dépressifs et anxieux, troubles de la croissance). Il est attesté que l’usage actuel et croissant des écrans est nuisible au développement physique, psychique et cognitif des enfants.

Sur le plan des relations humaines, il est question de troubles de la sociabilité et du contrôle des émotions, de brouillage des frontières entre les sphères privée et scolaire, d’appauvrissement des relations intrafamiliales. Le rapport du CSP juge par ailleurs que l’irruption du numérique dans la sphère éducative met en péril le projet pédagogique et anthropologique de l’école : l’apprentissage et l’assimilation des connaissances ainsi que l’accès aux savoirs et l’indépendance intellectuelle qui en découlent.
Bilan écologique désastreux

Reste l’impact environnemental et énergétique. On estime qu’un ordinateur portable de 2 kg mobilise 600 kg de matières premières, 22 kg de produits chimiques, 240 kg de combustibles et 1,5 tonne d’eau. Alors que les sécheresses se multiplient, les usines de puces électroniques comme celles de Crolles en Isère consommeront bientôt 336 litres d’eau par seconde, et les centres de données où sont stockées les données en croissance exponentielle nécessiteraient en 2030, rien qu’en France, l’équivalent de la production électrique de 3 à 4 réacteurs nucléaires. Si les alertes sur le climat, l’océan, la biodiversité, la pollution et l’effondrement du vivant se succèdent à un rythme effréné et avec une gravité croissante, le « catastrophisme » est définitivement du côté de ceux qui choisissent la surdité et l’inaction. « Avec notre appétit sans limites pour une croissance économique incontrôlée et inégale, l’humanité est devenue une arme d’extinction massive », déclarait en décembre 2022, lors de la COP sur la biodiversité à Montréal, le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres, appelant à rompre avec ce qu’il appelle un « pacte de suicide collectif ».

L’usage inconsidéré du numérique est une injonction qui n’est plus tenable : ce n’est pas un confort, c’est un conformisme et une paresse dont les effets sont dévastateurs. La pollution numérique, après avoir doublé celle du trafic aérien, est en train de rattraper celle du trafic routier mondial. Concernant les déchets, quelqu’un s’est-il demandé, dans les bureaux du ministère de l’Éducation nationale, dans quelle poubelle se retrouvent les centaines de terminaux déjà distribués ? Quels élus des collectivités locales se le demandent lorsqu’ils votent les dotations en tablettes de leurs collèges et écoles ?

À tous les élus des collectivités territoriales, à qui l’État force la main pour qu’ils votent de nouveaux plans de numérisation de l’école, rappelons le jugement cinglant qu’a formulé le Conseil Supérieur des Programmes : regrettant l’absence d’évaluation des expérimentations déjà engagées, celui-ci déplore qu’on ait pu « privilégier des logiques économiques ou clientélistes à défaut d’objectifs pédagogiques définis », et recommande de « ne pas considérer l’Éducation nationale comme un marché ouvert aux stratégies commerciales des acteurs commerciaux et notamment des géants du numérique ».

À l’heure où déferle l’« intelligence artificielle » et alors que nous avons déjà passé de trop nombreux points de non-retour en termes environnementaux, le véritable défi n’est autre que préserver l’indépendance de l’Homme face à la machine. Pour qui entend défendre la démocratie, existe-t-il plus nécessaire urgence que cultiver l’intelligence bien humaine des futurs citoyens ? Et pour qui se soucie des conditions d’habitabilité de notre planète, plus nécessaire urgence que s’opposer à la surenchère de la destruction ?

Tribune collective parue dans Marianne

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lundi 3 juillet 2023

Fin de la discrimination raciale à l'université aux États-Unis : les effets seront contrastés

La suppression du principe de discrimination censément positive, qui prenait en considération l’appartenance raciale ou ethnique d’un étudiant comme facteur dans le processus d’admission à l’enseignement supérieur, affectera diversement la sphère universitaire aux États-Unis. Les plus prestigieuses universités américaines, regroupées sous le vocable Ivy League, devraient connaître des bouleversements sensibles, eu égard aux facilités accordées aux étudiants faisant partie de minorités ethniques et raciales.

Pour une majorité de candidats à l’enseignement universitaire, cependant, ce choc constitutionnel ne devrait pas changer grand-chose. Ainsi que le note le juge Roberts, de la Cour suprême, « trois universités américaines sur cinq ne prennent pas en considération le critère racial dans leur décision relative aux admissions. Et plusieurs États, y compris les plus peuplés (Californie, Floride, Michigan), ont interdit purement et simplement les admissions fondées sur le critère racial. » C’est le cas, notamment, de l’université de Californie à Berkeley (campus de San Francisco), où seuls 20 % des étudiants sont « caucasiens » (blancs). Mais, à y regarder de plus près, le bilan est mitigé : les jeunes Latinos, qui constituent 55 % des effectifs dans l’enseignement public secondaire, ne représentent que 19 % des étudiants sur le campus.

Collèges universitaires (cursus de 2 ans) : quasi toutes les candidatures déjà acceptées
 
La dernière étude exhaustive consacrée à la question du processus d’admission aux États-Unis remonte à 2019. L’institut Pew Research Center analysait alors les statistiques les plus complètes réalisées en 2017. Surprise : l’enquête révélait que les collèges universitaires (community colleges, cursus de deux ans) et les universités publiques approuvaient presque toutes les candidatures reçues, sans pondération de quelque paramètre ethnique ou racial.  
 
Pour les autres collèges universitaires et la masse des universités privées, hors de l’Ivy League, plus de la moitié des dossiers reçoivent un avis favorable, ne tenant aucun cas des critères incriminés. Parmi les collèges universitaires offrant un cursus long de quatre ans, un peu moins de la moitié tient compte de ces critères. Un quart d’entre eux y accorde une importance réellement significative, voire décisive. Or, ces institutions, comme le note The New York Times, sont fréquentées par des millions d’étudiants. Ces chiffres sont à comparer avec les plus célèbres noms, tels que Stanford, Harvard, Yale, Northwestern, où le taux d’admission plafonne à 4,7 %, 5,2 %, 6,9 % et 9,2 %.

Exception : discrimination positive dans l’armée permise par la Cour suprême
 
Dans une note de bas de page de l’avis majoritaire rédigé par le Juge en chef John Roberts, la Cour a précisé que cette décision radicale ne s’appliquerait pas aux cinq écoles militaires financées par le gouvernement fédéral, telles que les prestigieuses académies de West Point (armée de terre) dans l’État de New York, et d’Annapolis (Marine), dans le Maryland qui ont usé depuis longtemps de la discrimination raciale pour la sélection de leurs cadets. La note précise que ces établissements n’étaient pas concernés par les deux affaires portées devant la Cour, qui visaient l’Université de Harvard et l’Université de Caroline du Nord.

« Aucune des juridictions inférieures n’a abordé la question du bien-fondé des systèmes d’admission fondés sur la race dans ce contexte », peut-on lire dans la note de bas de page 30 de la décision. « Cet avis n’aborde pas non plus la question, compte tenu des intérêts potentiellement distincts que peuvent présenter les académies militaires. La Cour cite également l’amicus curiae déposé par le gouvernement fédéral dans cette affaire, qui a fait valoir que la discrimination positive “favorise des intérêts impérieux dans les académies militaires de notre pays”.
 
Sur le principe, bien plus de candidats de couleur fréquentent aujourd’hui ces institutions d’élite qu’au début du XXe siècle. Ils constituent 36 % des effectifs à West Point (dont 13 % de cadets noirs), une hausse sensible depuis 2000, lorsqu’ils n’étaient que 20 %. Dans le même intervalle, la proportion a bondi de 19 % à 37 % à l’Académie navale d’Annapolis, en bordure de Washington DC. L’armée de l’air et les garde-côtes affichent sensiblement les mêmes proportions dans leurs académies respectives du Colorado et du Connecticut.

Le Pentagone affichait, jusqu’ici, l’ambition de former de futurs officiers proportionnellement représentatifs de la diversité existant dans la société américaine. Une trentaine de généraux et d’amiraux à la retraite avaient récemment pris la plume pour tenter d’infléchir les neuf sages de la Cour suprême. La prise en compte de l’aspect ethnique et racial “est un élément crucial dans le tissage d’un lien de confiance avec notre client (sic), qui est le peuple américain, insiste le général Robert L. Caslen, ex-directeur de West Point de 2013 à 2018. Cela rend votre organisation bien plus forte, en lui offrant plus d’outils, plus de talents, et ne contribue aucunement à baisser les niveaux.”

Repli sur la discrimination “positive” en fonction des facteurs économiques ?

Pour toutes ces écoles prestigieuses — civiles ou militaires —, qu’il s’agisse de Harvard ou de West Point, de nouvelles pistes seront mises à l’étude pour compenser une perte de diversité raciale et ethnique. D’un côté, la perte de diversité devrait inciter les plus conservatrices à sabrer dans leurs départements d’études latines et noires, à mesure que se vident les promotions. De l’autre, une des pistes reviendrait à considérer les facteurs économiques, axés sur un meilleur accès aux bourses et avantages pratiques (coût de l’hébergement, alimentation sur le campus) pour les personnes originaires de milieux plus démunis. À ce jeu, les universités les plus concernées devraient rivaliser d’inventivité dans les années à venir.

Le 3 juillet 1608, Samuel de Champlain choisissait le site de Québec pour y établir un comptoir

Il y a 415 ans aujourd'hui, le 3 juillet 1608, Samuel de Champlain choisissait le site de Québec pour y établir un comptoir avec les Amérindiens.

Ce comptoir est devenu un petit bourg, puis une grande ville et une magnifique capitale.



En ce même jour, le 3 juillet, mais en 987, Hugues Capet fut couronné et sacré roi de France à Noyon.

La couronne, de nouveau soumise à l’élection, ne pouvait échapper à Hugues Capet, qui possédait sur la Loire et sur la Seine, deux places fortes capables d’arrêter les pirates Danois, et d’assurer ainsi la tranquillité du royaume.

Hugues Capet est le fondateur de la dynastie capétienne. Les Capétiens accède donc en 987 au trône de France lors de l'élection d'Hugues Capet. Ses descendants règnent sur la France sans interruption jusqu'en 1792 (avec la branche directe jusqu'en 1328 puis les branches cadettes des Valois jusqu'en 1589 et des Bourbons), puis à nouveau de 1814 à 1830 avec une interruption pendant les Cent-Jours en 1815.



dimanche 2 juillet 2023

Les banlieues sont gorgées d’allocations sociales et de privilèges

Éric Zemmour était l’invité de Punchline sur CNEWS samedi 1er juillet 2023.

Éric Zemmour demande une répression féroce contre les émeutiers pour rétablir l’ordre et la paix. Il demande également l’arrêt total de l’immigration qui ne fait que nourrir les rangs des émeutiers qui pillent et ravagent la France.

Éric Zemmour accuse aussi Jean-Luc Mélenchon, LFI et la gauche d’avoir favorisé cette situation de sécession dans les banlieues en flattant cet électorat.
 
Pour finir, Éric Zemmour a rappelé tout son soutien aux policiers qui luttent pour maintenir l’ordre dans ces quartiers malgré la lâcheté de leurs dirigeants.
 

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Étude — L’immigration de masse aurait appauvri les Canadiens (PIB/habitant)

Coûts de l’immigration : collèges seront ouverts de 8 h à 18 h dans les banlieues immigrées

Immigration — Forte crise du logement en Australie, comme au Canada

Malgré une immigration record : stagnation, voire baisse, du PIB/habitant au Canada en 2022 (et 2023 selon les prévisions)

Coïncidence — Immigration : Le Québec fracasse un record, loyers records à Montréal, pénurie et surcharge de travail à l’école 

France — Nul djihadiste n’est sorti d’une école libre, mais les écoles catholiques et Montessori davantage contrôlées

 

 

 

 

France — Émeutiers parfaitement intégrés, ils pratiquent la dictée

Ces tagueurs issus de la richesse multiculturelle des banlieues sont pleinement assimilés à la culture française : ils font une dictée en plein air, cet exercice essentiellement et typiquement français.

samedi 1 juillet 2023

États-Unis — La Cour suprême continue sa révolution conservatrice

Après avoir décrété jeudi inconstitutionnelle la pratique de la discrimination positive dans les universités, les juges ont annoncé vendredi, pour le dernier jour de leur session annuelle, de nouveaux arrêts qui restreignent la portée de lois votées par les démocrates.

La Cour suprême (bâtie en 1935)

Par six contre trois, la majorité conservatrice de la Cour suprême s’est prononcée en faveur de la liberté religieuse contre les droits des homosexuels, estimant qu’une artiste graphique chrétienne avait parfaitement le droit de refuser de créer des sites internet de mariage pour des couples de même sexe, en dépit d’une loi censément antidiscriminatoire de l’État du Colorado
 
Une autre décision a donné raison à un postier chrétien qui refusait de travailler le dimanche.

Dans une autre décision, la Cour a bloqué le plan de l’administration Biden visant à annuler une partie des dettes des étudiants aux revenus modestes, l’une des promesses de campagne du président
 
Ces arrêts viennent parachever la deuxième année de session de la Cour la plus conservatrice qu’aient eue les États-Unis depuis un siècle.

Après ce revers, Joe Biden a annoncé vendredi « un nouveau plan » pour alléger la dette étudiante. « Je sais qu’il y a des millions d’Américains qui se sentent déçus, découragés, et même un peu en colère, à cause de l’arrêt pris par la Cour aujourd’hui sur la dette étudiante, et je dois admettre que moi aussi », a-t-il déclaré.
 
Depuis le coup de tonnerre de l’annulation de l’arrêt Roe c. Wade en juin 2022, qui avait mis fin à la garantie constitutionnelle de l’avortement (l’avortement peut être permis au niveau des États de la fédération), la Cour suprême a poursuivi son démantèlement de pans entiers de l’édifice juridique progressiste américain mis en place depuis les années 1970.

Animée par la doctrine de l’originalisme, consistant à privilégier une lecture littérale de la Constitution américaine, texte rédigé à la fin du XVIII
e siècle, la majorité des six juges conservateurs rejette l’approche progressiste consistant à faire évoluer le droit avec la société. Rappelons quand, dans l’arrêt Roe c. Wade de 1973, les juges progressistes non « littéralistes » avaient justifié le droit à l’avortement en invoquant le XIVe amendement à la Constitution des États-Unis, ratifié en 1868 vise à protéger le droit des anciens esclaves afro-américains émancipés par le Treizième amendement de la Constitution des États-Unis, en particulier dans les États du sud. Il garantit la citoyenneté à toute personne née aux États-Unis et affirme la nécessité de garantir l’égale protection de tous ceux qui se trouvent sur son territoire. Du droit à la « liberté » protégée par la clause de procédure régulière (Due Process Clause), découlait un droit à la vie privée. Cette conception large de la liberté et ce droit à la vie privée servit de base à l’arrêt Roe c. Wade (1973). Cette inventivité des juges progressistes confirmait cette opinion de Giraudoux selon qui « Le droit est la plus puissante des écoles de l’imagination. Jamais poète n’a interprété la nature aussi librement qu’un juriste la réalité. »

Inefficacité de la discrimination raciale à l’université, l’hypocrisie des partisans de celle-ci

Il est faux de prétendre que la discrimination raciale améliore sensiblement la condition des plus défavorisés. En réalité, les étudiants noirs et latinos admis par ce biais appartiennent souvent déjà aux classes supérieures. Il s’agit donc en l’espèce d’un conflit entre élites pour le partage des avantages sociaux que confère l’accès aux meilleures universités plus que d’une véritable question sociale d’égalité d’accès à l’éducation.

Cette politique discriminatoire, lancée dans les années 1960 par Lyndon Johnson, reposait sur l’idée que, si la fin de la ségrégation dans les États du Sud donnait en principe aux Afro-Américains les mêmes droits, leur plein exercice n’était pas possible au regard des inégalités matérielles et éducatives accumulées qui les plaçaient dans une forme de concurrence déloyale avec leurs concitoyens blancs.  Ces mesures étaient donc censées être temporaires, mais qu’elles sont pourtant progressivement devenues une caractéristique permanente des conditions d’admission à certains établissements d’éducation supérieure. La persistance des écarts scolaires entre les groupes de population (nous nous sommes laissés dire que race était un mot tabou) démontre bien leur inefficacité.

Il semble que cette discrimination positive ne touche pas le bon public ou le fait à un âge où les inégalités éducatives se sont déjà fossilisées dans des retards de niveau durables et difficiles à résorber. Effet pervers : en rendant l’accès à l’université plus difficile pour les élèves blancs de niveau équivalent, cette politique a incité leurs parents, en moyenne plus riches, à consacrer davantage de ressources aux niveaux primaire et secondaire afin de maintenir leur place dans cet environnement devenu plus compétitif. Dans cette course qui commence aujourd’hui dès le plus jeune âge, et où l’anticipation, l’éducation et les ressources des parents jouent un rôle primordial, la faillite croissante de l’école publique fait que les jeunes élèves défavorisés de toutes races (y compris les Blancs pauvres) partent désormais avec des chances fortement amoindries par rapport aux années 60.

Un pouvoir considérable

Des démocrates ont dénoncé cette cour conservatrice comme un gouvernement de juges, qui impose de façon antidémocratique leur idéologie au pays tout entier. Ils ont pourtant plutôt tendance à simplement remettre les décisions aux États fédérés et à limiter les décisions de juges progressistes non élus qui les ont précédés. 

Depuis, la nomination de trois juges conservateurs par Donald Trump, nombre record pendant un seul mandat présidentiel, a nourri de nouvelles critiques. Ont été dénoncées notamment les manœuvres du chef de la majorité républicaine de l’époque au Sénat, Mitch McConnell. Celui-ci avait refusé pendant la dernière année du mandat d’Obama d’auditionner son candidat à la Cour suprême, Merrick Garland, permettant à Trump de nommer l’année suivante à la place son propre candidat, Neil Gorsuch. La nomination de Brett Kavanaugh, sur fond de scandale lié à une ancienne affaire d’agression sexuelle, puis celle d’Amy Coney Barrett, quelques semaines avant l’élection présidentielle en 2020, ont permis aux républicains d’établir une solide majorité, et d’obtenir la Cour la plus conservatrice depuis près d’un siècle.

Si l’originalisme prévaut à la Cour suprême américaine, c’est la doctrine de « l’“arbre vivant” qui s’est imposée au Canada depuis 1982. Elle consiste à considérer la constitution comme un document vivant, donc libre de toutes les inventions ou projections progressistes. Notons que Justin Trudeau va bientôt nommer son 6e juge à la Cour suprême à Ottawa sur 9. Le double de Trump donc. Voir Histoire — Abolir la Cour suprême du Canada… dès 1879.

Tentative de délégitimation des juges conservateurs par la gauche

Des affaires mettant en cause la probité de certains juges sont venues alimenter la défiance des démocrates à l’égard de la Cour. En avril dernier, L’ONG américaine à tendance de gauche Propublica a mis en cause le juge Clarence Thomas pour avoir accepté des voyages de luxe à travers le monde de la part d’un milliardaire proche du Parti républicain, Harlan Crow, notamment à bord d’un yacht et d’un jet privé. Thomas aurait aussi bénéficié d’autres largesses de la part de ce riche bienfaiteur, notamment le paiement des frais de scolarité dans un internat privé de son petit-neveu, que le juge élève comme son fils. Harlan Crow aurait aussi acheté plusieurs maisons à Savannah, en Géorgie, et notamment celle où vivait la mère du juge Thomas.

Puis le juge Samuel Alito a aussi été mis en cause pour avoir été invité à une luxueuse expédition de pêche au saumon en Alaska par un riche gestionnaire de fonds de pension, Paul Singer. Le même fonds de pension aurait par la suite bénéficié d’un jugement favorable de la part de la Cour suprême.

Ces révélations ont conduit le Sénat à demander l’adoption de nouvelles normes éthiques au sein de la Cour suprême. Mais la Cour, forte de son statut constitutionnel de troisième pouvoir, indépendant de l’exécutif et du législatif, s’est jusqu’à présent montrée réticente à se laisser dicter ses règles.

‘Il ne s’agit pas d’une Cour normale’, a commenté jeudi le président Joe Biden, après l’annonce de l’arrêt contre la discrimination positive. Pourtant, Biden a jusqu’à présent résisté aux demandes de réformes venues de son propre camp. L’une d’elles consisterait à augmenter le nombre de juges, qui n’est pas fixé par la Constitution. Cette mesure avait déjà été envisagée, mais jamais appliquée dans les années 1930 par Franklin Roosevelt, frustré par une Cour conservatrice.

‘Ils peuvent faire beaucoup de dégâts, a reconnu Biden, mais je pense que si nous essayons d’élargir la Cour, nous allons la politiser peut-être pour toujours d’une manière qui n’est pas saine.’ ‘C’est peut-être optimiste, mais je pense que certains membres de la Cour commencent à se rendre compte que leur légitimité est remise en question comme cela n’a jamais été le cas auparavant.’

Les récents sondages indiquent que sept Américains sur dix considèrent que la Cour est politisée.

Mais, aussi conservatrice soit-elle, la Cour suprême a aussi régulièrement surpris ses critiques en rendant à plusieurs reprises des arrêts qui n’étaient pas forcément alignés sur les positions du Parti républicain. Elle avait notamment refusé de se saisir des plaintes déposées pour fraude par Trump et ses alliés pendant la crise constitutionnelle qu’ils avaient déclenchée après l’élection de 2020.

Plus récemment, la Cour a reconnu des droits en faveur des Indiens, a obligé à tracer des circonscriptions favorables aux électeurs noirs, et a autorisé la vente de pilules abortives. L’une de ses décisions les plus significatives a été le rejet de la théorie juridique de l’indépendance des législatures des États américains, défendue par les partisans de Donald Trump, qui accorde une autonomie quasi totale aux États lors des élections. 
 
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