dimanche 16 avril 2023

Damnés travelos lecteurs de contes...

Extraits d'une chronique de Christian Rioux:

On raconte même que la plus célèbre drag queen du théâtre québécois lirait des livres pour enfants dans une bibliothèque perdue entre Candiac et Saint-Constant, prêchant la bonne parole aux petits sans oublier de leur dire de ne pas se bousculer dans les rangs.

Qu’est-il donc arrivé à nos drag queens ? « C’est la mode », ânonnait un animateur de radio qui ne croyait pas si bien dire. Car, le phénomène n’est pas que québécois. Il est mondial. Il n’y a pas qu’à Sainte-Catherine que les « grandes folles » se sont recyclées dans le « conte » pour enfants. Chez l’Oncle Sam, il y a longtemps que la Duchesse de Langeais a troqué les ors de la scène pour les réfectoires de garderies afin de prêcher la bonne parole genrée.  

Selon le Times, sur l’île britannique de Man, une drag queen aurait expliqué à des enfants de 11 et 12 ans qu’il y avait 73 « genres » — pas un de plus, pas un de moins — et surtout comment on pouvait prélever à une fille un bout de peau pour lui fabriquer un pénis.

Lorsqu’il s’agit d’imiter les États-Unis, la France n’est jamais en reste. On a donc vu des drag queens dans une bibliothèque près de Rennes présenter, en partenariat avec le ministère de la Culture, un spectacle intitulé Uniques en son genre. À Paris, dans le XIIIe arrondissement, près de la Butte-aux-Cailles, un atelier de lecture en a invité une comme oratrice. À Bordeaux, dans le cadre du mois de la petite enfance sur l’égalité filles-garçons, l’une d’elles a organisé un atelier de « maquillage sensoriel » pour enfants de 18 mois à 4 ans. Même chose à Toulouse, où Shanna Banana et Brandy Snap ont lu des livres dans un centre pour jeunes du quartier Saint-Cyprien.

Chaque fois, cela fait évidemment du buzz. Et la presse de s’en étonner… et d’en faire ses choux gras. Comme s’il ne coulait pas de source que ces pseudo-spectacles n’étaient finalement que de médiocres séances de rééducation destinées à propager la plate morale de la théorie du genre. L’opération ne trompe personne. À quand des strip-teaseuses et des gogo boys pour apprendre aux enfants à se brosser les dents ?

Autrefois maîtresses de la subversion qui se riaient des genres et de l’ambivalence sexuelle, voilà nos drag queens transformées en tristes commissaires de la bonne parole genrée. Voilà l’« interdit d’interdire » métamorphosé en « fais-pas-ci-fais-pas-ça… et n’oublie pas de te laver les mains ». Quelle triste fin pour celles qui furent les maîtres du quiproquo, du second degré, de l’équivoque et de l’ambiguïté. Mais il faut bien gagner sa vie…

[...]

Étrange phénomène digne d’une époque puritaine qui voit les drag queens coloniser les garderies et la presse culturelle nous faire la morale. Quand la Duchesse de Langeais se prend pour Madame Bec-Sec et Hosanna pour un pasteur de la diversité, c’est peu de dire qu’on a changé d’époque.

« Les enfants doivent être indulgents envers les grandes personnes », me direz-vous avec les mots de Saint-Exupéry. On ne saurait si bien dire. De grâce, rendons leur neutralité aux écoles et aux bibliothèques, leur innocence aux enfants et leur fantaisie aux drag queens. Le mélange des genres n’est pas toujours un succès. Quand l’art dégénère en moraline, ce n’est bon ni pour l’art ni pour la morale


Elon Musk accuse la BBC de dissimuler les effets secondaires des vaccins et affirme qu'il n'a pas davantage de haine aujourd'hui sur Twitter

Elon Musk a accordé un entretien à la BBC au début de la semaine. Il fait suite à la polémique sur l’étiquetage de Twitter qui avait décidé d’ajouter la mention « financée par le gouvernement » sous l’avatar Twitter de la BBC.

L’interview surprise d’Elon Musk a porté sur la direction de Twitter par l’entrepreneur canado-sud-africain (la mère de Elon Musk est née Haldeman le 19 avril 1948 à Regina) et sur les affirmations de partialité de la BBC.

Elon Musk a accusé la BBC de dissimuler les effets secondaires des vaccins Covid et de diffuser des informations erronées sur les masques.

Le milliardaire a accusé la chaîne de télévision de faire du deux-poids-deux-mesures après qu’un journaliste de la BBC l’a interrogé sur les discours haineux et les fausses nouvelles sur Twitter au cours d’une interview combative.

M. Musk a déclaré : « La BBC se tient-elle pour responsable de la désinformation concernant les masques et les effets secondaires des vaccins ? Et de ne pas en parler du tout ? »

« Et que dire du fait que le gouvernement britannique a fait pression sur la BBC pour qu’elle modifie sa politique éditoriale ? »

L’entrepreneur n’a pas développé ses allégations, formulées lors d’un entretien surprise avec un journaliste de la BBC dans les bureaux de Twitter à San Francisco.

J’ai dit que la BBC pouvait venir sur Twitter [Space?], puis, à ma grande surprise, un journaliste s’est présenté.

– Elon Musk (@elonmusk) 12 avril 2023
Certains des premiers reportages de la BBC sur les masques, dans lesquels des experts remettaient en cause leur efficacité, comportent désormais des clauses de non-responsabilité concernant le reportage d’origine.

L’un de ces articles, publié en mars 2020, indique qu’il était « basé sur les conseils disponibles… à l’époque ».

Le mois dernier, le Guardian a rapporté que les rédacteurs de la BBC avaient demandé aux journalistes d’éviter d’utiliser le mot « confinements » au début de la pandémie, à la demande de Downing Street. La BBC affirmait à l’époque que ses décisions étaient indépendantes sur le plan éditorial.

La BBC a refusé de commenter les affirmations de M. Musk.

M. Musk a parlé d’« effets secondaires majeurs » après son deuxième rappel, qui lui a donné l’impression d’être « en train de mourir pendant plusieurs jours ».

Au cours de l’entretien avec la BBC, M. Musk a également accusé le journaliste de mentir après avoir affirmé qu’il y avait eu une augmentation des discours haineux sur Twitter depuis son rachat par la société pour 44 milliards de dollars l’année dernière.

M. Musk a déclaré : « Je vous dis, monsieur, que vous ne savez pas de quoi vous parlez… parce que vous ne pouvez pas me donner un seul exemple de contenu haineux, pas même un seul tweet. » Peu avant le journaliste de BBC décrivait des tweets haineux « comme ayant du contenu légèrement raciste, légèrement sexiste ». Musk avait alors demandé « donc si quelque chose est légèrement sexiste, cela devrait être interdit » ? Le journaliste avait refusé de répondre.

« Vous avez prétendu que les contenus haineux étaient nombreux. C’est faux, vous avez menti ».

James Clayton, journaliste à la BBC, a défendu sa ligne de conduite en citant une organisation qui a mis en garde contre l’augmentation des messages haineux sur le site.

Des groupes militants tels que l’Anti-Defamation League et le Center for Countering Digital Hate ont affirmé qu’il y avait eu une augmentation des remarques désobligeantes à l’encontre des Noirs américains depuis que M. Musk a pris le contrôle du site, tandis que d’autres groupes militants prétendent avoir assisté à une augmentation des propos anti-LGBT.

Depuis qu’il a pris le contrôle du site, M. Musk a annulé l’interdiction de centaines de comptes qui avaient été bannis pour avoir enfreint les règles de Twitter en matière de discours haineux ou de désinformation.

M. Musk a insisté sur le fait que le nombre d’expressions de discours haineux avait diminué, déclarant au sujet de ceux qui prétendaient le contraire sans preuve : « Les gens disent toutes sortes de bêtises. »

samedi 15 avril 2023

Québec — La haine du passé et de l'effort ? (alias les participes passés fatiguent des enseignants)

Chronique d’Antoine Robitaille paru dans le Journal de Montréal.

Dans les débats au sujet du déclin de la langue française et de la culture québécoise, un verbe revient souvent : « dépoussiérer ».

Cela pose selon moi une série de problèmes. Dernier exemple, un titre dans « La Presse » d’hier : « Les profs de français veulent dépoussiérer les participes passés. »

L’article portait sur les doléances des enseignants de français, transmises au ministre de l’Éducation, Bernard Drainville.

L’idée de ne plus enseigner les exceptions de l’accord des participes passés n’est pas nouvelle. En 2019, le Journal rapportait que des experts ès langue française, comme Mario Désilets, didacticien du français, et Marie-Éva de Villers, auteure du Multidictionnaire, y étaient favorables. Peut-être faut-il en passer par là.

Face à la désaffection pour le français dans les jeunes générations, le réflexe est souvent de dire que notre langue est trop « complexe ». D’où l’engouement pour la simplification, un des avatars du « dépoussiérage ».

Il y a quelques années, la réforme de l’orthographe devait être embrassée au plus vite. Le passage d’« oignon » à « ognon », la suppression d’accents circonflexes (connaître, etc.), promettait de rendre le français illico irrésistible. Cela a-t-il fonctionné ? Qu’importe, on remet ça avec les participes passés.

Le coupable

 
Le « passé », la « poussière », justement, voici ce qui dérange, aujourd’hui : « Quand un élève me dit : “Madame, je ne comprends pas pourquoi on l’accorde comme ça”, la seule réponse que je lui donne est que des gens ont décidé des règles il y a 400 ans », témoignait une enseignante, dans « La Presse ».

Permettre de ne plus accorder « en genre et en nombre le participe passé employé avec avoir lorsque le complément direct est placé avant le verbe » va-t-il vraiment freiner le déclin du français ?

J’en doute. [Ce n’est pas la simplicité qui fait l’attrait d’une langue, mais son utilité, son poids économique, son prestige. Le français a été la langue de l’Europe cultivée au Grand Siècle grâce à la puissance démographique, culturelle, économique et militaire de la France, pas parce qu'il aurait été plus simple à l'époque. (En fait avec les vérificateurs d'orthographe c'est peut-être bien l'inverse.) Le latin qui n’est pas une langue particulièrement facile a conquis l’Europe… Ceci dit des complications inutiles dans l'orthographe ou la grammaire pourraient être éliminées, par exemple des lettres muettes irrégulières non étymologiques. Le participe passé avec avoir, par contre, se fait parfois entendre : les règles que j'ai apprises...] 

Il me semble que les sources profondes du déclin sont ailleurs. D’abord dans l’ubiquité et l’omnipotence des applications et plateformes numériques américaines ou anglophones, entre autres.

Mais aussi dans notre passion excessive pour le « dépoussiérage ». En mars, les ministres Drainville et Lacombe (Culture) se sont rendus dans une école pour échanger sur le français. Les élèves, paraît-il, ont accueilli favorablement l’idée de « recourir à des livres, des chansons et des films québécois pour l’apprentissage du français ». Oh joie ! Mais plusieurs jeunes auraient « insisté pour que les œuvres proposées soient contemporaines ». Le ministre Mathieu Lacombe s’est déclaré « sensible à ça ».

Notre époque a décidé qu’elle n’avait rien à apprendre du passé, sur lequel elle pose un regard méprisant : il s’agit pour elle d’une « grande noirceur », la seule altérité peut-être qui mérite une attitude de fermeture.

Pourtant, « étant donné que le monde est vieux, toujours plus vieux que [les élèves], le fait d’apprendre est inévitablement tourné vers le passé », soulignait la philosophe Hannah Arendt.

Dans le monde d’aujourd’hui, les adultes, les ministres, sont semble-t-il, prêts à céder à l’approche client (« c’est ce que les jeunes veulent »), jeter la culture avec le porte-poussière. Le contraire, s’intéresser au passé, aux œuvres qu’il nous a léguées, pourrait pourtant donner un sens riche aux apprentissages et développer l’esprit critique face à notre époque.

Devrait-on simplifier l’accord des participes passés dans la langue française ? C’est une question que soulève l’association des professeur. e. s [sic !] de français.

La question a initialement été scrutée par le Conseil international de la langue française qui propose une réforme afin de diminuer le temps qu’on y consacre en classe. L’AQPF appuie cette réforme et souhaite en profiter pour moderniser la langue française.


« En ce moment il existe un très grand nombre de règles de participe passé ainsi que d’exceptions », explique Alexandra Pharand, professeure de français et vice-présidente aux communications de l’AQPF.

Présentement, le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde en genre et en nombre avec le pronom ou le nom noyau du groupe nominal qui occupe la fonction de complément direct si ce dernier est placé avant le verbe.

S’il n’y a pas de complément direct ou s’il est placé après le verbe, le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir ne s’accorde pas.

« Avec la réforme, on ne se poserait plus cette question », affirme Mme Pharand. « Avec l’auxiliaire avoir, ça resterait invariable. »

Le français a-t-il besoin d’être dépoussiéré ?

L’AQPF a rencontré le ministre de l’Éducation Bernard Drainville la semaine dernière à ce sujet. Selon sa vice-présidente Alexandra Pharand, il est grand temps de moderniser la langue française.

« Pour que cette langue reste en vie et évolue, elle doit s’actualiser », estime-t-elle. « Les différentes règles de participe passé sont figées dans le temps et elles sont basées sur des règles d’accord qui ont été déterminées au quinzième ou seizième siècle. » 


vendredi 14 avril 2023

L'essor démographique de l'Afrique subsaharienne ralentirait



Le taux de natalité en Afrique diminuerait beaucoup plus rapidement que prévu. Même si la croissance demeure importante, cette évolution pourrait avoir un impact considérable sur la population totale de l’Afrique d’ici à 2100. Selon certains économistes optimistes, cette chute pourrait également donner un coup de fouet au développement économique du continent. « Nous avons sous-estimé ce qui se passe en termes de changement de fécondité en Afrique », a déclaré José Rimon II, de l’université Johns Hopkins interrogé par The Economist.

Les projections démographiques de l’ONU sont considérées comme les plus fiables. Son dernier rapport, publié l’année dernière, contenait des estimations pour l’Afrique subsaharienne nettement inférieures à celles d’il y a dix ans. Pour le Nigeria, qui compte la plus grande population d’Afrique avec environ 213 millions d’habitants, l’ONU a réduit ses prévisions pour 2060 de plus de 100 millions d’habitants (pour atteindre environ 429 millions). En 2100, le pays devrait compter environ 550 millions d’habitants, soit un total de 350 millions de moins que prévu il y a dix ans.

Pourtant, même les dernières projections de l’ONU pourraient ne pas suivre la baisse rapide des taux de fécondité (le nombre moyen d’enfants par femme) que révèlent certaines études récentes. La plus remarquable concerne le Nigeria, où une enquête financée par l’ONU en 2021 a révélé que le taux de fécondité était passé de 5,8 à 4,6 en cinq ans. Ce chiffre semble être globalement confirmé par une autre étude, cette fois soutenue par USAID, l’agence d’aide américaine, qui a trouvé un taux de fécondité de 4,8 en 2021, en baisse par rapport à 6,1 en 2010. « Quelque chose est en train de se passer », estime Argentina Matavel, du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP).

Si ces résultats sont exacts, ils suggèrent que les taux de natalité diminuent à un rythme similaire à celui de certaines parties de l’Asie, lorsque cette région a vu ses propres taux de croissance démographique ralentir fortement dans le cadre d’un processus souvent connu sous le nom de « transition démographique ».

Une tendance similaire semble se dessiner dans certaines parties du Sahel, où les taux de fécondité sont encore parmi les plus élevés d’Afrique, et dans les régions côtières de l’Afrique de l’ouest. Au Mali, par exemple, le taux de fécondité est passé de 6,3 à 5,7 en six ans. Au Sénégal, le taux de 3,9 en 2021 équivaut à un bébé de moins par femme qu’il y a un peu plus de dix ans. Il en va de même en Gambie, où le taux a chuté de 5,6 en 2013 à 4,4 en 2020, et au Ghana, où il est passé de 4,2 à 3,8 en seulement trois ans.

Ces baisses rapprochent l’Afrique de l’Ouest des taux de fécondité plus faibles observés dans une grande partie de l’Afrique australe.



Les démographes sont partagés quant à l’interprétation à donner à ces enquêtes récentes, d’autant plus que les données qu’elles produisent peuvent être brouillées. « Lorsque l’on constate une chute brutale de la fécondité, le point de départ est que quelque chose cloche dans les données », de déclarer Tom Moultrie, de l’université du Cap. Certains soulignent que les réponses aux enquêtes menées en Afrique sur la taille souhaitée des familles ont peu diminué (les Africaines veulent toujours autant d’enfants), bien que toutes les enquêtes récentes ne posent pas cette question. 

jeudi 13 avril 2023

Décadanse, Libération piège à c... ?, nouveau livre de Patrick Buisson

Dans son précédent livre, La fin d’un monde, Patrick Buisson désirait convaincre que « c’était mieux avant ».

Dans ce nouvel ouvrage, intitulé Décadanse, il persiste en démontrant cette fois que le sacré est éclipsé et les mœurs traditionnelles totalement bouleversées. Avec l’apparition de l’hédonisme comme religion, il dénonce le culte de soi et du corps qui impose une nouvelle échelle des valeurs et de nouveaux comportements.

Cette société de consommation, qui est l’aboutissement des Trente glorieuses, remet en cause des siècles de morale dite traditionnelle, chrétienne, puis laïque. L’abondance commerciale impose une mentalité nouvelle fondée sur la dépense et le recours au crédit.

La cible de ce nouveau « capitalisme de la séduction » est en premier lieu les nouvelles classes moyennes, à qui la publicité apprend à consommer des signes et à considérer que l’épanouissement personnel passe par la jouissance des choses, laquelle, en dernière instance, s’identifie à la jouissance érotique : consommer, c’est faire l’amour.

Ce fut un temps déraisonnable : Serge Gainsbourg inventait la « décadanse », Tony Duvert réclamait la majorité sexuelle pour les enfants de six ans et Ménie Grégoire s’obstinait à vouloir faire des ménagères des machines à produire des orgasmes en rafales. Longtemps pourtant, la révolution sexuelle des années soixante-dix a été présentée comme le temps des merveilles.

Un nouveau marché a triomphé : celui du corps. Une nouvelle religion s’impose : l’hédonisme, soit le culte de l’ego qui impose une nouvelle échelle de valeurs, de nouveaux comportements, et remet en cause rien moins que des siècles de morale chrétienne puis laïque.

La crise de la reproduction de la vie s’accompagne d’une crise de la reproduction des grands systèmes qui lui donnaient un sens.

Et si les grandes lois soi-disant émancipatrices n’avaient été qu’un marché de dupes marquant à la fois l’abolition du patriarcat et le triomphe de la phallocratie ?

La révolte individualiste au nom de l’hédonisme aboutit à un monde délié, où les liaisons protectrices n’existent plus, où la prise en charge de la société par l’État va de pair avec la marchandisation des solidarités naturelles.

Après La Fin d’un monde, Patrick Buisson poursuit son œuvre de déconstruction de la modernité et montre en quoi les peuples ont été trahis par les élites au nom d’une illusoire libération des mœurs.

Décadanse
par Patrick Buisson
publié chez Albin Michel,
à Paris,
le 12 avril 2023,
528 pp,
ISBN-10 : 2 226 435 190
ISBN-13 : 978-2226435194

 Recension de Guillaume Perrault parue dans le Figaro Histoire

Les procureurs de la France de jadis sont légion, ses avocats plus rares. Des mœurs de la société traditionnelle, qui a disparu par étapes depuis l’après-guerre, Patrick Buisson se fait l’intransigeant défenseur dans son nouvel ouvrage, Décadanse (Albin Michel). Poursuivant le travail entrepris avec La Fin d’un monde, il soutient une thèse radicalement antipathique aux modernes, la supériorité du passé français sur son présent, et instruit dans ce volume le procès de la révolution des mœurs advenue lors des années 1960 et 1970. Tel un ténor du barreau chargé d’un dossier désespéré, l’auteur a choisi, pour son apologie des règles morales d’antan, une stratégie de rupture, s’attachant à ruiner les convictions les plus largement répandues chez nos contemporains. Il s’efforce de démontrer que tous les bouleversements d’ordinaire célébrés comme des progrès (avènement de la société de consommation, changement radical de la condition féminine) se payent de régressions désastreuses, qu’on se garde de relater et qui annoncent une catastrophe. Le titre du livre est d’ailleurs une référence provocatrice à une chanson de Serge Gainsbourg bien connue des baby-boomers, interprétée par le chanteur ainsi que Jane Birkin en 1971, et emblématique du climat licencieux de l’époque.

Ontario — Une députée de gauche dépose un projet de loi pour protéger les "événement travelos"

Une politicienne de l’Ontario propose de délimiter des zones entières de villes canadiennes dans lesquelles faire des « remarques offensantes » à l’encontre de la communauté homosexuelle serait un crime.

Le projet de loi « Keeping 2SLGBTQI+ Communities Safe Act », déposé à Queen’s Park (le parlement provincial) la semaine dernière par la députée néo-démocrate Kristyn Wong-Tam, permettrait au gouvernement de l’Ontario de délimiter des « zones de sécurité pour les communautés 2SLGBTQI+ » dans lesquelles la plupart des formes de dissidence publique seraient criminalisées.

Les « remarques offensantes » seraient interdites, même par écrit. Il en va de même pour la distribution de tracts, ainsi que pour tout rassemblement considéré comme « favorisant les objectifs de l’homophobie et de la transphobie ».

Toute infraction serait passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 25 000 dollars et d’une condamnation en vertu de l’article du Code pénal relatif au « tapage dans un lieu public ou à proximité ».

Bien que le projet de loi stipule que les zones existeront pendant une « période déterminée », aucune limite de temps n’est précisée. Les zones se composent d’une zone tampon de 100 mètres de part et d’autre d’une propriété précise. En fonction de la taille du lieu en question, cela pourrait représenter une surface équivalente à plusieurs hectares.
 
La députée Wong-Tam entourée des travelos Scarlett Bobo et Crystal Quartz lors de la conférence présentant ce projet de loi.


Lors d’une conférence de presse organisée cette semaine et à laquelle participaient les travelos Scarlett Bobo et Crystal Quartz, Marit Stiles, chef du NPD de l’Ontario, a déclaré que la loi était nécessaire pour freiner une « dangereuse tendance à la hausse » des « crimes haineux » contre les « drag-queens ».

Le projet de loi intervient dans un contexte de recrudescence l’activisme des travestis, en particulier ceux qui sont commercialisés spécifiquement à l’intention des enfants.

La semaine dernière, un « camp de travestis » pour enfants financé par le gouvernement du Canada à Vancouver a été critiqué dans un gazouillis viral par le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier. « Des camps endoctrinant des enfants de sept ans à l’idéologie du genre et à la confusion sexuelle sont maintenant encouragés et subventionnés par tous les niveaux de gouvernement », a-t-il écrit.

Au début du mois de mars, une « heure du conte drag queen » organisée à la bibliothèque publique de Nelson (Colombie-Britannique) a été annulée à la suite de ce que les bibliothécaires ont qualifié de « menaces et de tactiques d’intimidation » à l’encontre du personnel.

En décembre, 14 personnes se sont présentées pour protester contre une heure du conte drag queen à la bibliothèque publique de Brockville (Ontario), et la police locale a déclaré qu’une « vague menace » avait été signalée après l’événement, ce qui a entraîné une recherche d’explosifs sur les lieux, mais aucun n’a été trouvé.

Le 17 mars, 10 manifestants ont été dénombrés à l’extérieur d’un « d’une lecture de contes par un travelo » à Midland (Ontario). La veille, une manifestation organisée pour s’opposer à d’un événement semblable à Woodstock (Ontario) a été dépassée par le nombre de contre-manifestants.

La seule arrestation à ce jour semble provenir de Calgary où, en février, un habitant de la ville, Derek Reimer, s’est introduit dans une bibliothèque locale à l’occasion d’un événement de travestis intitulé « Reading with Royalty [Lecture avec Leurs Majestés… excusez du peu] » et a crié des slogans aux participants jusqu’à l’arrivée de la police.

Le projet de loi de Mme Wong-Tam a été déposé devant une assemblée législative dominée par le gouvernement majoritaire du Premier ministre progressiste-conservateur Doug Ford. Il est donc peu probable qu’elle aboutisse.

Cependant, le projet de loi ontarien est la deuxième fois au cours des dernières semaines qu’un politicien canadien propose d’interdire les manifestations autour des événements de drague.

Une proposition de règlement rédigée le mois dernier par le conseil municipal de Calgary interdirait toute « manifestation spécifique » dans un rayon de 100 mètres autour des bibliothèques et des centres de loisirs de la ville.

Pour ce qui est de ce qu’implique une « protestation spécifique », le projet de règlement la définit comme une « objection ou une désapprobation à l’égard d’une idée ou d’une action liée à la race, aux croyances religieuses, à la couleur, au sexe, à l’identité sexuelle, à l’expression sexuelle, au handicap physique, au handicap mental, à l’âge, à l’ascendance, au lieu d’origine, à l’état matrimonial, à la source de revenus, à la situation familiale ou à l’orientation sexuelle ».

Voir aussi
 
 
Nageuse étoile agressée par des activistes trans dont un homme vétu d'une robe (vidéo)
 
 

mercredi 12 avril 2023

Emballement démographique : pour le dernier trimestre 2022, 39.173 immigrants au Québec, plus de décès que de naissances





L’accroissement naturel correspond à la variation de l’effectif d’une population entre deux dates résultant de la différence entre le nombre des naissances et celui des décès. Il serait négatif pour le dernier trimestre de 2022 (-1400, soit 1400 décès de plus que de naissances au Québec, Statistiques Québec estime ce déficit pour sa part à 1500 personnes). Le Québec n’a connu depuis 2007 que 4 trimestres quand le nombre de décès a dépassé le nombre de naissances, tous concentrés ces quelques dernières années. Le dernier trimestre de 2022 est celui avec le plus grand déficit.

 

Canada — La fonction publique fédérale a augmenté de 30 % en deux ans

Chronique de Mario Dumont paru samedi 8 avril dans le Journal de Québec. Notons que la gabegie existe également au Québec, c'est ainsi que, dans la Santé, le Québec a presque trois fois plus d’employés non soignants que la Suède, malgré une population un peu inférieure

Si en 2019 Justin Trudeau (ci-contre) avait convoqué la presse pour annoncer qu’il souhaitait augmenter la fonction publique fédérale de 30 % en deux ans, tous auraient trouvé la chose absurde. On aurait crié à la mauvaise gestion, on aurait dénoncé cette explosion de dépenses.

Vous savez quoi ? Il l’a fait et personne ne s’en offusque. En fait, peu de gens s’en sont même rendu compte. Pour le savoir, il fallait être attentif à un rapport rigoureux déposé cette semaine par le directeur parlementaire du budget à Ottawa.

Les constats y sont cinglants. Le coût de fonctionnement de l’État au Canada a bel et bien augmenté de 32,5 % entre 2019 et 2021. La fonction publique fédérale et les contrats de sous-traitance ont coûté 116 milliards en 2021-2022 par rapport à 87,5 G$ en 2019-2020. Presque 30 G$ de plus.

Soyons clair : on n’inclut pas dans cette somme les versements d’aide à la population. Ce rapport du directeur du budget se limite strictement aux dépenses de fonctionnement de l’État, à la bureaucratie. Combien nous coûte la fonction publique fédérale ? Combien de fonctionnaires y travaillent ?

Obésité étatique

De ce point de vue, la hausse observée est impensable. La pandémie en explique une partie. Or une fois la pandémie terminée, tout porte à croire que le temporaire va devenir permanent. Tout porte à croire que les embauches faites au nom de l’urgence pandémique sont en train de devenir des accroissements permanents de la taille de l’État.

Le plus renversant, c’est que durant ces mois ou la taille de l’administration publique canadienne engraissait à vue d’œil, on n’a jamais vu autant de problèmes d’efficacité dans l’offre de services. Dois-je rappeler à nos mémoires la crise des passeports ?

Des problèmes d’engorgement du même genre sont observés à l’assurance-emploi. À l’immigration, les délais sont devenus tout simplement ridicules. La machine est plus grosse et coûte plus cher, mais les résultats sont loin d’être au rendez-vous !

Incompétence

Lorsqu’on lit le rapport du directeur parlementaire du budget, et qu’on fait le parallèle avec ce qui se passe sur le terrain, une conclusion s’impose. Le Canada est foutument mal géré. Une entreprise privée aussi mal gérée s’en irait à l’abattoir.

Évidemment, Justin Trudeau ne peut pas voir à tout. Ce n’est pas lui qui procède aux embauches dans les ministères. Il porte néanmoins la responsabilité suivante : il se fout des dépenses et puisqu’il est le grand patron, son état d’esprit finit par se refléter dans l’ensemble de l’Administration.

Au nom de tous les contribuables frustrés, je répète ma rengaine. Lorsqu’un gouvernement réduit les dépenses de l’État, même d’un tout petit pourcentage, il crée tout un boucan. Débats dans les médias, manifestations bruyantes, on traitera l’affaire comme un geste radical.

Pourtant lorsqu’il s’agit d’augmentations de la taille de l’État, 10 %, 20 % ou même 30 %, jamais la chose ne sera traitée comme étant du radicalisme... Ce biais inconscient finit par récompenser la mauvaise gestion.

mardi 11 avril 2023

Progrès et ouverture d'esprit — Des élèves en laisse comme des chats ou des chiens

Ce qui semble être un petit jeu entre élèves, gagnerait en popularité dans certaines écoles de l'Outaouais, notamment à l'école polyvalente Nicolas-Gatineau.

Des garçons et des filles se feraient promener à l'intérieur de l'école avec une laisse au cou, comme s'ils étaient des chats ou des chiens, ou encore d'autres types d'animaux.

Plusieurs parents ont confirmé à l'animateur Michel Langevin que cette pratique existait et qu'elle serait même tolérée si l'on en croit ces parents, par des enseignants et des surveillants de l'école.

Le phénomène de la laisse aurait aussi été observé dans des écoles de l'est Ontarien.

Source

Mythe — la « taxe rose » sur les produits n'existerait pas (Étude aux É-U)

Selon une étude, le concept de « taxe rose », selon lequel les produits féminins coûteraient plus cher que les produits masculins, est en fait un mythe.

Pour un produit équivalent, le produit féminin sera même légèrement moins coûteux dans la majorité des cas.

Il est vrai que les entreprises facturent davantage les produits de soins personnels qu’elles commercialisent auprès des femmes que les hommes. Mais ces produits se différencient par de meilleurs ingrédients.  

Il est plus rare que les entreprises ciblent réellement les produits contenant les mêmes ingrédients de base pour les hommes et les femmes. Et dans ces cas, ils facturent à peu près le même prix. 

À l’aide d’un ensemble de données nationales sur les ventes dans les épiceries, les magasins de proximité, les pharmacies et les grandes surfaces, l’étude montre que cette différenciation permet de maintenir des écarts de prix importants entre les produits pour hommes et les produits pour femmes fabriqués par le même fabricant. Cependant, en comparant des produits pour hommes et pour femmes ayant des ingrédients similaires, l’étude ne trouve pas de preuves d’une prime systématique pour les produits pour femmes : les différences de prix sont faibles et la variante pour femmes est moins chère dans trois catégories sur cinq.


Les résultats de cette étude suggèrent que le Pink Tax Repeal Act (Loi sur l’abrogation de la taxe rose) proposé devant le Congrès et une législation similaire adoptée à New York et en Californie sont peu susceptibles d’avoir un impact réel sur les consommateurs ou les entreprises. Cette législation, comme celle que vient d’adopter l’État de Californie, exigeant des prix identiques pour des articles de sexe différent, sera au mieux inutile et, plus probablement, aggravera la situation en augmentant les coûts bureaucratiques et forcera éventuellement certains magasins à ne plus offrir certains produits.

Ces résultats contrastent avec les études précédentes sur la taxe rose qui ont analysé un ensemble plus restreint de produits et de magasins et n’ont pas réussi à évaluer la similitude des formulations de produits, ce qui les a amenés à conclure qu’une taxe rose existait dans la catégorie des soins personnels.

La preuve de l’existence : un rapport de la ville de New York

La preuve que tout le monde cite pour la taxe rose est un rapport de consommateurs de la ville de New York. Mais ce rapport n’a échantillonné qu’un petit nombre de produits dans trois pharmacies. Il est possible que la sélection ait été biaisée. De plus, de nombreuses paires de produits (un pour homme, l’autre pour femme) n’étaient pas identiques.

Il semble qu’il y ait une discrimination par les prix au sens économique du terme (faire payer plus si le sexe est un marqueur d’une plus grande volonté de payer). Simplement, cela se traduit parfois par des prix plus élevés pour les hommes et parfois pour les femmes. Il ne s’agit donc pas d’une « discrimination » au sens où on l’entend généralement.

Si vous achetez consciencieusement le produit « genré » moins cher et presque identique dans chaque catégorie, vous n’économiserez cependant que 1 %.

Si vous êtes prêt à remplacer les produits par des produits de genre différent avec des ingrédients différents, vous pourriez économiser 20 %. Chose qui n’augmentera pas nécessairement le bien-être, car la qualité peut être différente.

Il est vrai qu’il ne s’agit que d’une étude, mais l’article semble convaincant, il ne s’agit en fait que d’une compilation et d’un calcul de moyenne. La « preuve » en faveur de l’existence de la taxe rose toujours citée est moins convaincante : c’est le rapport très médiocre de la ville de New York.

Il semble qu’il existerait bien une véritable taxe rose, mais elle est imposée par des bureaucrates et des politiciens : il s’agit des droits de douane américains qui semblent frapper les femmes de manière disproportionnée (en grande partie à cause des droits de douane sur le prêt-à-porter). Les politiciens pourraient corriger le tir et remettre en cause leurs décisions passées.