lundi 7 mars 2011

France — Malgré les cours d'éducation sexuelle introduit en 2001, les avortements chez les mineures augmentent

Plusieurs lobbies demandent à Québec de réintroduire les cours d'éducation sexuelle dans toutes les écoles du Québec, parmi leurs arguments : empêcher les avortements et la recrudescence des maladies comme celles dues au VPH (virus du papillome humain).

Cédant à ces groupes de pression, le gouvernement du Québec a décidé d'imposer ces cours à toutes les écoles du Québec. Imposer, car ils sont déjà optionnels au sein des différents cours (ECR, sciences) au programme.

Cours d'éducation sexuelle depuis 2001, +1 % par an d'avortements chez les mineures

En France, depuis 2001, les élèves doivent suivre chaque année trois séquences d'une heure d'éducation sexuelle de l'école primaire jusqu'au lycée. Sans que cela ait un effet sur le nombre d'avortements des adolescents, bien au contraire.

Selon les derniers chiffres, les avortements sont en hausse chez les femmes de moins de 25 ans en France. Environ 15 000 sont pratiqués tous les ans chez les mineures. Le nombre d'avortements est globalement stable en France (autour de 200 000 par an, 237 000 en 2009), le nombre d'avortements chez les mineures est en hausse (+1 % chaque année) seule classe d'âge où l'avortement augmente. Pour le professeur Israël Nisand (« pro-choix ») ces chiffres sont inacceptables, car « Ces petites [...] en sont encore meurtries dix ans plus tard ».

Solution préconisée par le professeur Nisand : encore plus de cours d'éducation sexuelle et un accès toujours plus grand à la contraception sans droit de regard des parents. Il cite le dispositif Info-Ado mis en place dans son service à Strasbourg qui permet de prescrire la pilule gratuitement et de façon confidentielle aux mineures via une feuille de Sécurité sociale anonyme. Il appelle les politiques à généraliser ce système, appuyé par la députée Bérangère Poletti qui compte, dans un rapport parlementaire prévu pour le printemps, proposer la mise en place, au niveau national, d'une contraception anonyme et gratuite pour les mineures.

Plus de cours, la solution ?

Pourtant, l'éducation sexuelle supplémentaire aura probablement peu d'effets sur bon nombre de ces jeunes adolescentes qui décrochent tôt et qui voient dans la maternité un ticket de sortie. Parmi les adolescentes concernées, elles sont dix fois plus nombreuses à avoir décroché de l'école. Or, en l'absence du rite de la scolarité qui permet de passer à l'âge adulte, la grossesse apparaît comme un moyen de quitter l'enfance. Un autre facteur joue aujourd'hui : de plus en plus de jeunes filles ont leur premier rapport sexuel dans un contexte très alcoolisé. Relativement peu conscientes de ce qu'elles font, elles sont bien incapables d'anticiper les conséquences de leur acte ou de prévoir un moyen de contraception. Les médecins sont aussi souvent confrontés à des jeunes filles qui ont volontairement déclenché une grossesse. « À la puberté, elles ne se sentent pas capables d'avoir un enfant, explique la sage-femme Florence Francillon. Alors, elles essayent de tomber enceinte pour tester leur potentiel reproductif. C'est plus un désir de grossesse qu'un désir d'enfant. »

Notons que plusieurs enquêtes tendent à prouver que les jeunes adolescents connaissent (et utilisent) déjà massivement les moyens de contraception, on est donc en droit de se demander si ces cours supplémentaires sur la contraception — prônant souvent de manière implicite une conception hédoniste de la sexualité adolescente — changeront grand-chose. C'est ainsi que dans la région méridionale française de PACA, une étude révélait en 2005 que 91 % des adolescents et jeunes adultes déclaraient avoir été sexuellement actifs au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête. 80 % d’entre eux affirmaient utiliser régulièrement un moyen de contraception lors de ces rapports. Concernant la pilule du lendemain, le fait que cette contraception dite d’urgence ne nécessitait pas l’obtention d’une ordonnance est très bien connu des jeunes de 15-24 ans : 93 % des filles et 87 % des garçons.

Plus de contraception, la solution ?

Et même si ce qui manquerait aux mineures c'était l'information sur la contraception, il n'est pas certain que cette information ferait baisser le nombre d'avortements parmi celles-ci.

C'est ainsi qu'en Espagne, les chiffres du Ministère de la Santé démontrent clairement que la pilule du lendemain n'a en rien réduit le nombre des avortements. (Ajoutons que certains critiques de la pilule du lendemain la considèrent en elle-même comme un médicament abortif.)

Une étude, diffusée sur le site internet espagnol Forum Libertas analyse ce qui s’est passé en Espagne dès l’introduction du médicament. En l’an 2000, l’année précédant son introduction, le nombre d’avortements s’élevait à 60 000. En 2005, pas moins de 506 000 pilules du lendemain ont été administrées, mais le nombre des avortements enregistrés cette année-là a augmenté jusqu’à 91 000.

Et si, justement, la connaissance de l'existence de plus de moyens de contraception augmentait le sentiment de sécurité, l'insouciance chez les adolescents et menait à une plus grande prise de risques et à plus d'avortements ?

Augmentation des cancers dus au VPH, même en Suède

Quant au VPH, s'il existe un vaccin sûr en quoi de longs cours sur la sexualité changeraient-ils grand-chose ? Québec prétend qu'il s'agit d'ailleurs « une importante percée médicale pour la santé des femmes », oubliant que le VPH touche de plus en plus les hommes...

La fellation et le cunnilingus ont pris le pas ces dernières années sur le tabac comme déclencheurs de cancers de la bouche et de la gorge aux États-Unis, surtout chez les jeunes, rapportent des médecins américains. Le responsable de ce phénomène serait le virus du papillome humain (VPH).

Celui-ci est connu pour engendrer de nombreuses infections transmissibles sexuellement et constitue la première cause du cancer du col de l'utérus chez la femme.

Aux États-Unis, les personnes infectées par le VPH courent 32 fois plus de risques de souffrir d'un cancer oropharyngé que le reste de la population. En comparaison, le risque pour les fumeurs est 3 fois plus élevé, a affirmé Maura Gillison, professeure de médecine à l'Université d'Ohio, lors de l'assemblée annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS), à Washington.

Alors qu'il faut plus de 26 partenaires sexuels pour tripler le risque d'infection au VPH par une relation vaginale, il suffit de six partenaires pour une relation orale.

En Suède, pays où il existe aussi des cours d'éducation sexuelle depuis de nombreuses décennies, le VPH représente 90 % des tumeurs oropharyngées alors qu'il ne représentait que 23 % dans les années 1970. Le nombre est plus bas, aux États-Unis où il n'existe aucun cours d'éducation sexuelle obligatoire, où ce taux orbite autour de 80 %. Est-ce que les cours d'éducation sexuelle permettent vraiment de prévenir les infections au VPH ?






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Retour du vouvoiement à l'école québécoise


Fini la décontraction, l'égalitarisme issus de la « Révolution tranquille », les « petits zamis » vont devoir vouvoyer les institutrices, enseignantes animatrices de classe.




Réflexions réticulaires sur le sujet

Vouvoiement à la française ou tutoiement à la québécoise ?

À tu et à toi




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Grande-Bretagne — bientôt le rationnement électrique « intelligent » ?

Le chef du réseau électrique britannique déclare que l’ère de l’électricité en permanence touche à sa fin.

Les familles devraient s’habituer à utiliser l’électricité quand elle sera disponible, plutôt qu’en permanence, a déclaré Steve Holliday, directeur général de National Grid, à l'antenne de la BBC 4.

M. Holliday se voyait questionné sur comment le pays pourrait garder les lumières allumées, quand il se reposerait plus sur les éoliennes, et quand les approvisionnements en gaz baisseraient. L’électricité fournie par les éoliennes doit être multipliée par six d’ici à 2020, mais les critiques se plaignent qu’elles ne produisent que lorsqu'il vente assez.

M. Holliday a déclaré au programme Today de Radio 4 que les gens allaient devoir changer leur comportement. « Nous continuons de penser que ça doit être là, et que ça doit nous donner du courant quand nous en avons besoin. À l'avenir, ça sera beaucoup plus intelligent que ça. »

« Nous allons devoir changer notre comportement et consommer l’électricité quand elle est disponible et, quand elle est disponible, à bon marché. »


Éolienne explose par grand vent au Danemark

M. Holliday s’exprimait à l’approche de son discours de mardi soir devant l’Académie royale des ingénieurs, dans lequel il a prévenu que le gouvernement « se tournerait vers les communautés et les particuliers pour qu’ils prennent l’électricité entre leurs propres mains. »

Source




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dimanche 6 mars 2011

Pourquoi autant de garderies dites « illégales » ?

Les listes d'attente s'allongent dans les services de garde à 7 $ 50 $ (coût réel) du Québec. Et les 15 000 places supplémentaires promises par Québec aux dernières élections tardent à se concrétiser.

Entre 2007 et 2009, le nombre moyen d'enfants inscrits sur la liste d'attente de chaque Centre de la petite enfance (CPE) est passé de 435 à 620, selon le dernier rapport annuel Situation des centres de la petite enfance, des garderies et de la garde en milieu familial du ministère de la Famille et des Aînés.

Selon La Presse, et avec son style inégalable, « Québec débusque de plus en plus de garderies illégales. Au cours des cinq dernières années, ses inspecteurs ont pris en défaut 479 établissements qui accueillaient plus de six enfants sans avoir de permis ».

Le nombre de « délinquants démasqués » augmenterait d'année en année. Le ministère de la Famille aurait découvert deux fois plus de « garderies clandestines » l'année dernière que trois ans auparavant : 120 en 2009-2010 contre 62 en 2006-2007. D'avril à décembre derniers — les statistiques les plus récentes &mdash,; « il en a débusqué 103. Il s'agit aussi bien de garderies qui se trouvaient dans des maisons privées que dans des locaux commerciaux » de rapporter le quotidien libéral de Montréal.

Pour Tommy Chouinard, le journaliste de La Presse, les propriétaires de garderies dites illégales sont « des gens sans scrupules ». N'est-ce pas un peu excessif, pourquoi offrir un service réclamé par des parents seraient-ils des gens sans scrupule ? Vaut-il mieux laisser poireauter des gens pendant 3 ans sur des listes d’attente ?

Ce qui est frappant dans ces chiffres, autant la pénurie que le marché noir né de l'étatisation des services de garde à l'enfance, c'est précisément que dans la grande presse personne ne semble se demander si ce ne sont pas des effets naturels, inhérents, de cette étatisation.

À ce sujet, L'Antagoniste s'interroge sur la manière dont « a réagi notre bon gouvernement devant cette pénurie ? »


« À la maison, je m'ennuie ! À la garderie, je suis content ! »
Affiche soviétique des années 30
Pour ce site libertarien, « En adoptant la méthode soviétique soit en fermant 479 garderies illégales et en triplant le nombre d’inspecteurs pour faire la chasse aux garderies qui osent opérer sans avoir obtenu la permission du gouvernement ! Rappelons que selon la loi, toute garderie avec plus de 6 places, même si elle n’est pas subventionnée, se doit d’avoir un permis du gouvernement. [...] Durant la prohibition, l’intervention du gouvernement a créé un marché noir de l’alcool. Qui aurait cru que, quelques décennies plus tard, les politiciens allaient être assez stupides pour répéter le même schème, mais en remplaçant l’alcool par des… garderies !»




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Réaction contre l'imposition de l'année bilingue aux jeunes écoliers francophones québécois

Pour Christian Dufour, politologue à l'ENAP,
« La décision du premier ministre Jean Charest de bilinguiser intégralement la 6e année de l'école primaire francophone à la grandeur du Québec — cinq mois en français et cinq mois en anglais — résulte de la conjonction de deux facteurs.

Tout d'abord, il existe une soif évidente d'anglais, tout particulièrement dans ces régions massivement francophones où les anglophones sont absents, y compris la ville de Québec.

Joue également une idéologie du bilinguisme intolérante qui, indépendamment de la réalité québécoise et des contraintes de notre environnement nord-américain, veut imposer une nouvelle norme: désormais tous les Québécois doivent être bilingues par principe sous peine de ne pas être mondialisés, modernes et ouverts. Ne parler que le français devient la marque d'un statut inférieur. »
L'anglais, ouverture sur le « monde »

Notons au passage, que c'est exactement le discours de Gérard Deltell, chef de l'ADQ, qui désire « intensifi[er] l'enseignement de l'anglais afin que la prochaine génération soit fière de nos institutions francophones, mais bilingue et plus ouverte sur le monde. » Comme si l'anglais ouvrait sur le monde africain plus que le français, le monde hispanique plus que l'espagnol. Comme si les traductions n'existaient pas, comme si la connaissance intensifiée de l'anglais n'ouvrait pas surtout sur le monde anglo-saxon et non le monde tout court. Monde anglo-saxon dans lequel le Québec baigne pourtant déjà. Et puis comment être fier des « institutions francophones » si le signal donné c'est que l'anglais est la langue qui ouvre sur le monde, la connaissance, l'emploi ? On attend d'ailleurs de l'ADQ son plan pour renforcer la position du français au Québec. Mais là, silence radio. L'ADQ montre bien par là qu'il est un parti surtout ancré autour de Québec où l'anglais n'est en rien une menace immédiate au fait français.

Mesure excessive, manque de souplesse

Pour M. Dufour,
« une mesure excessive à sa face même, incompatible à terme avec le maintien de la claire prédominance du français sans exclusion de l'anglais au Québec. En effet, on veut imposer la 6e année bilingue aux jeunes du Saguenay et de Québec, mais également à Gatineau et dans le West Island, où vivent beaucoup de jeunes francophones souvent déjà bilingues et pour qui le défi linguistique est avant tout de vivre en français.

Il y a également ces écoles de l'île de Montréal où les jeunes issus de l'immigration apprennent tant bien que mal le français faute d'un nombre suffisant de francophones de langue maternelle, sans compter toutes ces parties de la grande région métropolitaine où l'apprentissage de l'anglais se fait tout naturellement au contact des anglophones. Vouloir bilinguiser la 6e année dans ces milieux est aberrant. »
Bilinguisme généralisé d'État, aucune mesure pour le français ?

Pour le politologue de l'ENAP,« M. Charest donne suite à la proposition de l'aile jeunesse du Parti libéral à laquelle il s'était opposé il y a deux ans, alors qu'il avait insisté sur le fait qu'il fallait avant tout protéger le français. » Mais, de s'indigner M. Dufour, où sont donc les mesures pour un meilleur enseignement du français — « un problème nettement plus grave que celui de l'anglais — alors que le gouvernement du Québec se lance dans une opération totalement inédite de promotion systémique de l'anglais ? »

« La bilinguisation intégrale de la 6e année rend compte d'une tendance de fond qui ne porte pas le Québec vers l'excellence mais nourrit la médiocrité d'une société tentée par l'abdication de ce qu'elle est.  » de conclure l'essayiste Dufour.

Complicité du PQ

Comme le souligne également M. Dufour, l'élément nouveau dans cette lutte linguistique, c'est « la complicité de ces souverainistes qui veulent nous faire croire qu'ils seront en mesure d'imposer le cégep en français à des adultes de 18 ans quand ils ne sont même pas capables de préserver l'enseignement en français à des enfants de 11 ans. »

Ce n'est pas étonnant. Le PQ n'a plus aucune structure philosophique, d'appareil intellectuel qui lui permette de contester le point de vue antinationaliste du PLQ.  Comme dans le cas du cours d'éthique et de culture religieuse, c'est de moins en moins l'identité du Québec, son caractère historique français, qui semble intéresser le PQ, mais c'est la volonté de « s'ouvrir sur le monde », le combat contre les éléments conservateurs dans la société québécoise et la lutte pour la « laïcité » (entendre le laïcisme le plus souvent) qui semblent mobiliser les ardeurs des apparatchiks du PQ.

« Et si l'anglais était une menace ? »

Si une langue étrangère (pas uniquement l'anglais bien sûr) peut être un enrichissement personnel (comme le développement de n'importe quelle autre compétence), c'est nettement moins vrai pour une société dans son ensemble. Rappelons que l'usage des langues dans une société se ramène nettement plus à un jeu à somme nulle qu'à un « enrichissement » irénique  de ladite société : plus on donne de place à une langue (à l'école, au travail, dans la famille, sur les frontons et panneaux) moins on en donne à une autre.

Valérie Lesage dans Le Soleil le rappelle dans un article intitulé « Et si l'anglais était une menace ? » :

« Si vous avez l'impression qu'on entend de moins en moins de chansons francophones sur certaines radios commerciales, ce n'est peut-être pas juste une impression mais un fait. Et il est drôlement temps qu'un coup de barre soit donné pour remettre en valeur la chanson d'expression française.

La semaine dernière, l'émission J.E. soulevait le problème dans un de ses reportages. Une étude de l'ADISQ menée en 2008 montre que des stations de radio de Corus et d'Astral Media se servent abondamment des montages anglophones, ce qui diminue la portée des quotas de musique francophone, établis par le CRTC à 55 % aux heures de grande écoute et à 65 % dans une semaine de diffusion. En liant trois pièces anglophones, desquelles seulement quelques secondes sont supprimées, les radios calculent qu'un montage vaut une chanson... qui dure en moyenne 11 minutes 11 secondes. »
Il existe un temps limité d'antenne, de jours de classe, plus l'État en donne à l'anglais en imposant celui-ci, moins il en donne au français.





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vendredi 4 mars 2011

Canada — se préoccuper plus du niveau record d'immigration

Le Centre pour une réforme des politiques d’immigration – CRPI s'inquiète vivement du niveau record d'immigration. Le 13 février, le ministre de l'Immigration Jason Kenney a annoncé que le Canada a reçu plus de 280 000 résidents permanents l'an dernier — un niveau jamais vu depuis plus de 50 ans et atteint qu'une seule fois au cours du siècle passé. En outre, en 2010, nous avons accepté plus de 182 000 travailleurs étrangers temporaires et 96 000 étudiants étrangers, dont la majorité va probablement essayer de rester en permanence.

Pourtant, sur le total de 558 000 nouveaux arrivants, seuls 48 815 étaient des travailleurs qualifiés selon les critères fédéraux. C'est sans doute la raison majeure pour que la performance économique des immigrants récents soit de loin inférieure à celle des immigrants antérieurs ou de ceux nés au Canada. Une étude qui sera publiée prochainement par deux membres du conseil consultatif du CRPI, Herbert Grubel et Patrick Grady, va montrer que le coût pour les contribuables canadiens de la faiblesse des revenus, du taux de chômage plus élevé et du taux de pauvreté plus élevé chez les immigrants récents dépasse largement les 15 milliards $ par an.

Il est clair que l'immigration de masse augmente la taille globale de la population, mais sans améliorer le niveau de vie des Canadiens en général. Les effets négatifs de l'immigration de masse sur la qualité de vie de ceux qui vivent dans les grandes villes sont particulièrement lourds en raison de pressions sur les services de soins de santé, les établissements d'enseignement, l'environnement et l'augmentation de la congestion. Un des plus grands experts au Canada sur l'immigration et le marché du travail, le professeur émérite Alan G. Green de l'Université Queen's, a fait remarquer que la politique actuelle d'utiliser les immigrants pour résoudre les problèmes économiques n'est plus valable, que nous avons suffisamment d'établissements d'enseignement pour répondre aux besoins du Canada en travailleurs qualifiés et que l'importation de ces personnes constitue un substitut pour l'éducation des travailleurs domestiques.

Malgré tout cela, le Canada continue à accepter le plus grand nombre d'immigrants légaux par habitant au monde – mais sans véritable justification pour ce faire. Jason Kenney a fait preuve de responsabilité en tentant de régler certains des problèmes de trafic de personnes et ceux reliés au programme en vertu duquel les parents et grands-parents peuvent être amenés au Canada. Il est maintenant temps pour lui de porter son attention sur les niveaux trop élevés d'immigration et de travailleurs étrangers temporaires.

Bien que la plupart des Canadiens soient bien disposés envers les nouveaux arrivants, ils sont de plus en plus préoccupés par leur nombre croissant, en particulier dans les grandes villes, et les coûts et problèmes d'intégration que cela occasionne. Tant que les Canadiens n'exigeront pas que le gouvernement réduise l'apport à des niveaux beaucoup plus modestes, ils ne devraient pas s'attendre à ce que la situation change.




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Québec — taux de natalité baisse, coûts de la politique dite familiale augmentent sans cesse

Le nombre des naissances a diminué en 2010 par rapport à 2009. Alors qu'en 2009 88 600 enfants avaient vu le jour au Québec, 88 300 y sont nés en 2010.

La population du Québec en 2010 étant estimée à 7 907 375, le taux de natalité en 2010 devrait être de 11,16 ‰ (c'est-à-dire 11,16 naissances par 1000 habitants) alors qu'il était de 11,3 ‰ en 2009. Cette diminution s'explique non seulement par cette faible baisse des naissances, mais aussi par l'augmentation de la population due principalement à l'immigration et, dans une moindre mesure, à l'accroissement naturel de la population. Pour une cinquième année de suite, le nombre de décès a augmenté au Québec pour atteindre 58 400 en 2010, alors qu'en 2009 le chiffre était de 57  200.


À titre de comparaisons, en 2009, les taux de natalité étaient de 7,64 ‰ pour le Japon, 14,00 ‰ pour la Chine, 12,57 ‰ pour la France, 13,83 ‰ pour les États-Unis, 27,62 ‰ pour le Pakistan et 42,63 ‰ pour le Congo Kinshasa d'après le CIA World Factbook.

Cette baisse de la natalité confirme l'essoufflement déjà observé l'année passée de ce que les médias ont nommé — à tort — le « mini-baby-boom ».

Le graphique ci-dessous permet de mieux apprécier l'évolution de la natalité québécoise et de mettre en perspective le prétendu « baby-boom » que nous vivrions selon certains chroniqueurs. Le « baby-boom » de l'après-guerre pendant lequel le nombre d'enfants par femme était d'environ quatre enfants y est indiqué par la mention « pic de natalité ».

Évolution de la natalité au Québec de 1900 à 2010

Le taux de natalité n'est pas la meilleure mesure de la vitalité démographique puisque l'espérance de vie influe sur ce taux : une population nombreuse de femmes âgées qui n'a plus d'enfants déprime le taux de natalité. L'indice synthétique de fécondité est une meilleure mesure puisqu'il permet d'établir le nombre moyen d'enfants par femme. Ces chiffres ne seront pas disponibles avant quelques mois.

Investissements croissants dont le rendement diminue ?

La croissance démographique du Québec semble donc s'essouffler alors que des sommes considérables et sans cesse croissantes sont investies dans sa politique « familiale » non universelle qui consiste principalement à encourager les mères à retourner au travail par le biais de garderies fortement subventionnées (7 $ par jour payés par les parents, 44,91  $/enfant par jour de subventions dans les CPE) et des aides directes aux familles pauvres ou monoparentales. Il ne s'agit pas à proprement parler de mesures natalistes universelles. En 2009, les services éducatifs à l’enfance représentaient une aide d’un peu plus de 2,4 milliards de dollars, à laquelle il fallait ajouter le crédit d’impôt remboursable pour frais de garde qui permettait de verser 194 millions de dollars aux familles utilisant la garde à tarif régulier.

Entre 2003 et 2009, l’aide financière accordée aux familles par le gouvernement du Québec a augmenté de plus de 58 %. Cette aide financière comprend l'aide à la garde des enfants (2,6 milliards [source, page 33]), le régime québécois d’assurance parentale (1,2 milliard), l'allocation de soutien aux enfants plus généreuse pour les familles monoparentales ou pauvres (2,2 milliards) et la prime au travail (255 millions). Pendant cette période, le taux de natalité a augmenté de 14,8 % et le taux de fécondité de 16,7 %.


Rappelons que le programme d'allocation universelle à la naissance avait coûté de 1989 à 1996 1,406 milliard de dollars pour toute cette période soit environ 240 millions de nos dollars de 2011 par an. La fécondité était alors passée de 1,415 enfant par femme en 1988 à 1,611 en 1996, soit une augmentation moyenne de 13,8 %. L'abolition par le Parti québécois de ce programme en 1997 et l'instauration des garderies dites à 5 $ a été suivie d'un abaissement de la fécondité ; l'indice synthétique de fécondité avait alors atteint en 2002 1,475 enfant par femme. Il faut noter que l'économie n'a enregistré aucun recul pendant toute la période de 1997 à 2008, celle-ci ne peut donc expliquer la baisse de la natalité de 1997 à 2002.

Emprunter pour payer les garderies, frais des ententes de la fin 2010

Le gouvernement québécois a emprunté 219 millions $ en 2009 (dernière année disponible pour les chiffres du vérificateur général) pour financer les services de garde à l’enfance et leurs immobilisations. Ces emprunts augmentent de façon constante depuis 2006.

En outre, le régime de retraite des employés des CPE et des garderies privées conventionnées accusait un déficit de 66,7 millions $ au 31 décembre 2009. Il s’agit d’une promesse de paiements futurs que le gouvernement devra un jour honorer. Soit en puisant dans les poches de contribuables, soit en haussant le tarif des garderies.

Pire : ces chiffres n’incluent pas les coûts de l’entente collective des quelque 10 000 éducatrices en milieu familial nouvellement syndiquées par la CSN et la CSQ à la fin 2010. Selon les estimations, cette convention collective coûtera au bas mot 200 à 300 millions $ supplémentaires à l’État, dès 2011.

Perte de libertés

Rappelons enfin que la « politique familiale » étatiste du Québec s'accompagne d'une perte de liberté et de choix des parents. C'est ainsi qu'on interdit désormais tout acte religieux ou explication d'un fait religieux dans les garderies subventionnées, alors que si les parents recevaient directement des allocations de garderie (ou étaient moins imposés) égales aux subventions perçues par les garderies ils pourraient plus facilement choisir des garderies religieuses ou non, selon leur préférence.





Voir aussi

Les garderies à 7 $, une aubaine ?

Garderies au Québec : les coûts multipliés par huit en 13 ans


Garderies à 50 $, nouvelle promesse du PQ au coût de 1,5 milliard de $.

Les garderies ruineuses et non universelles (elles avantagent les femmes qui retournent travailler, pas les autres) du Québec augmentent-elles la natalité, font-elles des enfants mieux préparés ?

Une étude de Cambridge conclut que les enfants de cinq ans sont trop jeunes pour commencer l’école.





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mercredi 2 mars 2011

Bock-Côté : Immigration, un tabou explose

Billet de Mathieu Bock-Côté sur le livre Le Remède imaginaire.

« L’immigration est un sujet piégé au Québec. Il suffit que vous exprimiez quelques réserves sur la hausse systématique des volumes d’immigration, pour qu’immédiatement, on vous prête les pires intentions, en plus de vous présenter comme un demeuré.

Ce tabou risque de se fissurer dans les prochaines semaines. Depuis hier, on trouve en librairie un ouvrage Le remède imaginaire, pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec, publié chez Boréal et écrit par Benoit Dubreuil et Guillaume Marois. Ce livre vient bouleverser le débat sur l’immigration.

La thèse est aussi simple que provocante : contrairement à ce que répète le discours officiel depuis quelques années, « économiquement et démographiquement, le Québec n’a pas besoin d’immigration » (p. 307). L’immigration n’aurait pas un effet significatif sur l’économie. Elle ne pourrait non plus rajeunir véritablement la population.

Campagne pro-immigration du gouvernement québécois (décembre 2009)

Toujours selon Le Remède imaginaire, pour améliorer les performances économiques des immigrants, on pourrait envisager de resserrer les critères d’admission. Cependant, tout resserrement des critères impliquera une baisse du nombre d’immigrants admis annuellement.

Dubreuil et Marois ne plaident évidemment pas pour l’immigration zéro, ni possible ni souhaitable. Ils nous invitent toutefois à dédramatiser une réduction éventuelle des volumes d’immigration. « Toujours plus » ne saurait être un slogan valable dans ce domaine.

Il faut en convenir, leur démonstration est convaincante, en plus d’être fondée sur une littérature scientifique abondante, multipliant les comparaisons entre le Québec et les autres sociétés occidentales. Les auteurs s’appuient sur des sources aussi variées impressionnantes.

Traditionnellement, ceux qui exprimaient des réserves envers l’impact de l’immigration le faisaient pour des raisons culturelles, identitaires. Dubreuil et Marois n’avancent pas sur ce terrain. Mais chose certaine, Le Remède imaginaire reformulera profondément les termes du débat public.

Le politologue français Pierre-André Taguieff a appelé « immigrationnisme » l’idéologie selon laquelle l’immigration était nécessaire et nécessairement bonne. Cette idéologie risque de sortir amochée du débat qui accompagnera ce livre.

En jaune, la pyramide des âges réelle du Québec en 2006 (avec immigration réelle).
La ligne noire représente la pyramide des âges du Québec sans immigration pendant les 40 dernières années.

Le débat public vient de s’élargir. Une discussion rationnelle sur nos seuils d’immigration peut s’ouvrir. L’objectif : les adapter à nos capacités réelles d’intégration. Cette discussion oxygénera la démocratie en mettant de côté la rectitude politique.

Sur Cyberpresse, André Pratte[1] a posé la question suivante à propos de ce livre : si « l’immigration n’entraîne pas de bienfaits économiques et démographiques, et si […] elle provoque une diminution de la place du français et une brisure entre Montréal et le reste de la province, pourquoi voudrait-on l’encourager ? ».

C’est une excellente question. Je me la pose aussi. »




[1] Cet extrait ne se trouve pas dans l'éditorial d'André Pratte. Sur son carnet, en revanche, l'éditorialiste de la Presse cite bien cette question, mais c'est pour résumer la thèse des auteurs et pour s'en plaindre. Rappelons aussi que les auteurs du Remède imaginaire n'hésitent pas à dire que l'immigration profite politiquement au parti libéral. On comprend mieux le chagrin de M. Pratte qui n'a jamais caché son parti-pris libéral et fédéraliste sur le plan politique.

Voir aussi :

Entretien d'un des coauteurs du Remède imaginaire chez Dumont (vidéo, V Télé).





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Gérald Larose : réunir toutes les heures d'anglais du primaire en une demi-année d'anglais en 6e primaire

Pour Gérald Larose, il est plus efficace de concentrer toutes les heures d'anglais du primaire en une demi-année d'anglais en 6e primaire.

Mais il n'est pas question de garder de l'anglais dans les autres années du primaire ni en garderie.



Pour l'ancien syndicaliste, il ne s'agit pas de tourner le dos à l'anglais, mais d'être plus efficace et de faire en sorte, par ailleurs, que les Québécois puissent travailler en français au Québec. Gérald Larose ne précise pas comment cela se réaliserait en rendant plus de francophones « bilingues fonctionnels ».

Voir aussi

Réactions critiques à l'imposition du bilinguisme dans toutes les écoles francophones du Québec à la fin du primaire

L'ADQ pour que l'État impose plus d'anglais dès la première année du primaire, qu'en dit un linguiste ?





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Grande-Bretagne — Parents conservateurs interdits d'adoption

Un couple de Britanniques, très religieux, vient de se voir refuser l'adoption d'un enfant en raison de son opposition à l'homosexualité, une « avancée » dans ce pays.

Le couple de Britanniques, qui a déjà recueilli plusieurs enfants dans le passé, s'est vu refuser cette fois les droits de garde d'un jeune après avoir affirmé à un travailleur social chargé de leur évaluation qu'ils ne pouvaient pas affirmer que l'homosexualité était « acceptable ».

Le couple, pentecôtiste, a porté sa cause devant un juge, affirmant qu'ils avaient été discriminés sur la base de leur religion. Selon le juge que les lois protégeant un enfant inconnu d'une discrimination potentielle basée sur l'orientation sexuelle devaient avoir préséance sur celles protégeant la liberté de religion de parents qui ont déjà fait la preuve de leurs qualités.

Ce cas, qui serait le premier du genre au pays, pourrait servir d'exemple dans plusieurs autres causes impliquant le respect du droit d'exercer sa religion.

Voir aussi :

Canada — La pédophilie : une orientation sexuelle comme l'hétérosexualité pour des experts (ou l'homosexualité).

Source : La Presse






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