mardi 23 mars 2010

Parents allemands demandent l’asile au Canada

Le Globe and Mail de ce lundi rapporte l’histoire de parents allemands qui se sont d’abord cachés de l’administration allemande, sont passés par le Danemark pour fuir l’Allemagne et qui, désormais, demandent l’asile politique au Canada. Et cela, simplement, pour pouvoir éduquer librement leurs propres enfants à la maison.

Cette famille allemande devait passer ce mardi devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié en Alberta afin de demander l’asile au Canada.

« Il est très rare de demander la protection contre l’Allemagne, un pays démocratique reconnu dans le monde pour la protection de ses citoyens. Mais pas dans ce cas-ci » de déclarer l’avocat de la famille, Mme Jean Munn.

Selon ces parents, ils seraient persécutés en Allemagne pour la simple raison qu’ils éduquent leurs enfants à la maison conformément à une loi allemande qui interdit toute éducation à la maison à quelques rares exceptions près. Les parents qui contreviennent à cette loi sont passibles de lourdes amendes, d’emprisonnement et de la saisie de leurs enfants par l’État.

Bien que nombre de parents allemands qui éduquent leurs enfants à la maison le fassent pour des raisons religieuses, selon Me Munn, ces parents qui ne désirent pas être nommés veulent instruire leurs enfants à la maison pour des raisons de conscience et le bien-être médical de leurs deux fils adolescents. Leurs deux enfants, nés quatre mois avant terme, souffrent de plusieurs complications médicales. Un des enfants souffre de difficultés pulmonaires et est sujet aux infections. L’autre serait très doué, mais souffre de la maladie de Lyme qui peut causer de l’arthrite chronique et d’autres symptômes neurologiques.

La mère des deux enfants a déclaré que sa fille aînée est allée à l’école en Allemagne, mais que l’indiscipline des élèves et les règles laxistes laissaient beaucoup à désirer.

Le gouvernement allemand a envoyé les deux garçons dans une école pour enfants handicapés, mais les parents considéraient qu’ils n’y recevaient pas la meilleure éducation et c’est pourquoi ils décidèrent de les instruire à la maison.

À la suite d’une lutte acharnée contre les autorités allemandes, celles-ci permirent à la famille d’instruire leurs enfants à la maison en 2006 avec l’aide d’une enseignante approuvée par l’État. À la fin de l'année scolaire, l’enseignante informa les parents qu’elle ne serait plus disponible l’année suivante et, selon la mère, elle conseilla à la famille de quitter l’Allemagne. Deux jours plus tard, la police s’est présentée à la maison du couple avec une lettre recommandée de la part des autorités pour les informer qu’ils devaient inscrire leurs deux enfants dans une école l’année suivante ou que les deux enfants leur seraient retirés.

Après s’être cachés pendant trois mois en Allemagne, les parents allemands et leurs enfants sont passés au Danemark où ils sont rentrés en contact avec la Home School Legal Defense Association (HSDLA) qui les a aidés à venir au Canada en avril 2007.

La première loi allemande à interdire l’éducation à la maison a été promulguée en 1938 par le régime hitlérien. Cette loi conservée après la défaite de l’Allemagne en 1945 a récemment été confirmée par les tribunaux. En 2006, le plus haut tribunal criminel du pays avait déclaré que le gouvernement pouvait saisir les enfants des parents qui tentaient d’éduquer leurs propres enfants à la maison pour des raisons de conscience. La Cour européenne des Droits de l'homme a également confirmé cette loi en affirmant que l'Allemagne avait le droit d'exiger l'inscription dans des écoles contrôlées par l'État (Konrad et autres c. Allemagne, affaire n° 35504/03, 11 septembre 2006).

Voir aussi : Juge américain accorde le statut de réfugiés politiques à des parents-éducateurs persécutés en Allemagne.






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samedi 20 mars 2010

Québec — « [re]Faire des élèves des perroquets »

Patrice Potvin, professeur-chercheur en didactique des sciences à l'UQAM, progressiste dans l'âme, a participé à une des étapes de validation des travaux relatifs aux programmes de formation du secondaire.
« Les fonctionnaires du MELS ont ces derniers temps travaillé sur une « commande » émanant du bureau de la Ministre les contraignant à produire ce qu’ils appellent la « Progression des apprentissages ». Ce document avait été annoncé initialement comme étant un outil permettant aux enseignants de mieux cerner les moments (la Ministre a même parlé récemment d’une progression « mois après mois » très réductrice et contraignante pour les enseignants) où ils doivent aborder les contenus et de savoir également jusqu’où ces contenus devaient être approfondis. Il était également présenté comme un moyen de réhabiliter la place des connaissances dans l’enseignement, ce qui n’est peut-être pas, a priori, une si mauvaise idée, étant donné l’état de confusion assez avancé dans lequel les enseignants sont plongés depuis quelques années. »
Pour M. Potvin, à la lecture des objectifs, ce nouvel outil constituerait une formidable régression qui simplifierait à outrance la transmission de connaissances et des compétences qui dépassent la simple restitution de faits.
« [...]

Premièrement, parce que la manière dont on présente les contenus nous renvoie vingt ans en arrière. On colle tout simplement un verbe à une connaissance. Exemple : « Nommer les différents groupes sanguins ». Cette façon de faire, pourtant abandonnée dans la plupart des pays du monde, pourrait encore se justifier par le choix de revenir aux anciens programmes, mais le véritable problème, c’est que les seuls verbes autorisés sont d’un niveau d’exigence médiocre : « nommer, identifier, associer, définir, choisir, reconnaître, etc. » Il s’agit ici uniquement d’apprentissages de très bas niveau qui ne présentent que la vertu de pouvoir être vérifiées facilement avec un test « papier-crayon » et pour lesquels le cours magistral suffit à les faire « apprendre ». Le document se suffit donc de faire de nos enfants des perroquets. Exit la réflexion ! Nivellement par le bas total.

[...]

Deuxièmement, le document est dangereux parce qu’il contredit explicitement les programmes de formation malgré la prétention qu’il a de les compléter. Par exemple, il ne fait aucune mention des compétences, les fonctionnaires ayant été explicitement interdits de les évoquer, alors que les programmes les présentent comme très importantes, bien que non exclusives. Confusion. De plus, il suggère que les connaissances doivent précéder chronologiquement leur mobilisation, ce qui est contraire aux nouveaux programmes où il est indiqué que les connaissances et leur utilisation doivent être abordées en concomitance. Confusion encore. Il est clair depuis longtemps que la Ministre souhaite revenir à ce qu’elle appelle l’« essentiel » (comme si les enseignants l’avaient oublié), mais les effets de son document ne seront pas ceux escomptés : en envoyant aux enseignants de tels messages contradictoires à répétition, elle alimente la confusion quant aux cibles que les enseignants doivent atteindre dans leur pratique.

Que l’on soit pour ou contre la réforme, on peut donc facilement anticiper les effets de cette dés-information et de ce recul sur les enseignants : simplification du travail de l’enseignant à des répétitions techniques, démotivation, perte de sens, ingrédients privilégiés du décrochage enseignant. Un phénomène qui n’a pas vraiment besoin d’être alimenté actuellement, puis-je ajouter.

Ce document ressemble de plus en plus à un testament que la Ministre semble vouloir laisser derrière elle (sans consulter, comme d’habitude) et qui est à l’image de toute sa contribution au monde de l’éducation… Qu’elle n’a jamais très bien compris d’ailleurs et qu’elle admet avoir hâte de quitter. Le plus vite possible s’il vous plaît… »






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L'idéal scolaire français : de l'utopie à l'entropie

L'École domine le débat politique français depuis deux cents ans. Longtemps perçue comme un instrument d'émancipation sociale et politique, elle connaît, depuis la massification des études secondaires et supérieures commencée durant la seconde moitié du XXe siècle, une crise qui souligne les contradictions existant entre sa fonction de reproduction des élites méritocratiques et le projet humaniste égalitaire dont elle se réclame, et, au-delà, les contradictions internes à l'idéal démocratique du peuple français.

L'École doit-elle rester le socle d'une république méritocratique instituant plus de justice dans les inégalités, ou devenir la matrice d'une société égalitaire ? Doit-elle avant tout transmettre le savoir de manière peu ou prou magistrale et impositive ou ouvrir des voies d'accès, diversifiées suivant les publics et les individus, à la connaissance ? Les hommes, égaux en dignité, sont-ils tous capables d'accéder au registre supérieur du savoir élaboré ? L'égalité de dignité et de raison implique-t-elle l'égalité devant le savoir ? Jusqu'à quel point la correction des inégalités sociales et culturelles par l'École s'accorde-t-elle avec la fonction de promotion individuelle (impliquant de tirer parti des inégalités) que l'on attend d'elle ? Ces questions, posées de façon cruciale par l'unification du système éducatif et l'accès de tous les jeunes aux études secondaires, voire supérieures, les Français ont voulu les éluder.

D'intérêts opposés, les parents et les syndicats d'enseignants ont imposé au pouvoir politique la passivité devant la submersion démographique des enseignants secondaire et supérieur, le statu quo, le refus de choisir entre une orientation méritocratique repensée et une option privilégiant la recherche de l'accès de tous à la connaissance au moyen d'une pédagogie différenciée et d'accompagnement. Les uns et les autres ont concouru à rendre impossible la nécessaire réforme de l'institution scolaire et à un immobilisme qui a contraint à un enseignement de masse une institution conçue pour un public restreint et homogène. Notre système éducatif, dès lors privé de tout projet cohérent, de toute politique clairement définie, s'efforçant de tenir la balance entre des exigences contradictoires, incapable de canaliser les flux de sa population d'élèves et d'étudiants, est devenue une organisation gigantesque, contradictoire dans ses initiatives et ses directives, ingérable, productrice d'effets pervers et autres dysfonctionnements, et plus que jamais incapable de corriger les inégalités sociales. Les professeurs du secondaire ont eu une lourde responsabilité dans ce marasme. Représentants d'une conception aristocratique du savoir remontant à l'antiquité classique, et héritiers d'une tradition corporative apparue dès le Moyen Age et consolidé par l'État jacobin, ils n'ont pas voulu renoncer à leur statut de maîtres dépositaires du savoir qui leur conférait une puissance certaine aux yeux de leurs contemporains. Maîtres, ils n'ont pas voulu devenir des éducateurs, et ont subi, souvent dans la plus grande souffrance, l'enseignement de masse. Se réclamant d'idéaux démocratiques avancés, ils n'ont pas voulu faire les frais de la démocratisation de l'enseignement.

L'idéal scolaire français : de l'utopie à l'entropie
par Yves Morel
263 pages
Éditions Bellier, Paris, octobre 2007
ISBN-13 : 978-2846311908

Biographie de l'auteur

Yves Morel, docteur en Histoire (EHESS, Paris), titulaire d'un DEA de Sciences de l'Education, certifié d'Histoire-Géographie, travaille à la Délégation académique à la Formation des personnels (DAFOP) du Rectorat de Lyon.






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vendredi 19 mars 2010

Les campagnes de publicité crues du gouvernement du Québec...

Après la campagne du gouvernement du Québec très crue sur le chlamydia que l'on retrouve sur les abribus et qui est parfois interprétée dans les cégeps par des acteurs fonctionnaires, voici les publicités sur internet...

Dans l'extrait audio ci-dessous, Marie-Paul Ross, sexologue invitée de Christiane Charette ce vendredi sur la chaîne d'État, fait plutôt l'éloge de l'érotisme et dénonce la campagne publicitaire du gouvernement qui coûterait 500 000 $ et dont l'efficacité est très douteuse.

Ces derniers jours est apparu un nouveau pan de la campagne de publicité du gouvernement du Québec contre les maladies sexuellement transmissibles. Cette fois-ci il s'agit de parler de la gonorrhée. La campagne se fait sur Dailymotion, service d'hébergement, de partage et de visionnage de vidéos en ligne et concurrent français de Youtube. La publicité destinée aux utilisateurs québécois précède pendant 15 secondes les vidéos de Dailymotion vue directement sur son site. Cette vidéo où l'on voit deux homosexuels mâles s'embrasser joue en alternance, grosso modo une fois sur trois, avec une vidéo où apparaît un couple hétérosexuel.

Le site Dailymotion est ouvert à tous, y compris les écoliers.


Voir aussi

Autre campagne (2013)  : Priorité de l'État : vous devez trouver homosexuels, bisexuels et transsexuels « normaux » !







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Agressions sexuelles dans une garderie laïque ?

Sordide histoire à Magog où trois enfants auraient été agressés sexuellement par le conjoint de l’éducatrice d’une garderie en milieu familial.

Les gestes à caractère sexuel auraient été commis sur les bambins à l’heure de la sieste, et ce, à l’insu semble-t-il de l’éducatrice.

La garderie demeurera ouverte tant qu’il n’y aura pas d’accusation portée contre l’homme.

Un procureur aux poursuites criminelles étudie en ce moment la preuve recueillie par les policiers et le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ).

Source TVA Nouvelles






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Éric Zemmour : Mélancolie française ou l’idéal romain dans l'Histoire de France

Très controversé, le livre d’Éric Zemmour n’en reste pas moins un travail érudit. Il offre une réflexion inédite sur la transmission de l’héritage romain à travers notre histoire. Un livre au carrefour de l’histoire de France et européenne, de la géopolitique et de la psychologie des peuples.



Éric Zemmour s'entretient avec Christophe Dickès de Canal académie (49 minutes)


Cette émission vous propose de découvrir un ouvrage qui veut donner un sens à notre histoire et tout particulièrement à l’histoire de France. Un ouvrage qui tente de déceler les moments où les destins basculent dans un sens ou dans un autre, tant il est vrai que l’histoire est faite de causes et de conséquences, parfois de constantes ou de nécessités, rarement de hasard…

Dans son ouvrage Eric Zemmour pose un regard sur notre Histoire de France à travers le prisme de l’héritage romain. Paris, dit-il, a souhaité perpétuer Rome de la chute de l’empire jusqu’à nos jours. Notre pays sut parfois répondre à ce rêve et imposer à l’Europe la fameuse paix romaine mais en face, l’Angleterre souhaita aussi tirer son épingle d’un jeu diplomatique et géopolitique complexe. Aujourd’hui ce rêve romain s’évanouit dans une Europe qu’Eric Zemmour considère comme démesurée. Il tire de ce constat une mélancolie. Une mélancolie française.






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Les procès contre le cours ECR intéressent les États-Unis

Le Rapport international sur la liberté religieuse de 2009 du Bureau de la démocratie, des droits de la personne et du travail des États-Unis, organisme relevant du Département d'État, fait figurer l'imposition du cours d'Éthique et de culture religieuse et la contestation des parents de Drummondville dans sa liste des cas problématiques énumérés sous le titre « Restrictions relatives à la liberté religieuse ».

On peut y lire :
« En mai 2009, la Cour supérieure du Québec a pris connaissance d’une demande déposée par un groupe de parents de Drummondville (Québec) afin d’exempter leurs enfants de l’inscription obligatoire au cours Éthique et culture religieuse, qui transmet un aperçu des religions du monde. En septembre 2008, le ministère de l’Éducation du Québec a instauré ce cours dans l’ensemble des écoles primaires et secondaires de la province, dont les écoles privées et confessionnelles. Les parents ont déclaré que le cours contrevenait à leur droit à la liberté de religion et de conscience en vertu de la Charte, ainsi qu’à leurs choix concernant l’éducation de leurs enfants. La cause demeurait en instance à la fin de la période visée par le présent rapport. »
Le rapport précise que :
« Le gouvernement des États-Unis traite des questions de liberté religieuse avec les dirigeants des administrations fédérale, provinciales et municipales du Canada, dans le cadre de sa politique globale de promotion des droits de la personne. »
Pour plus d'informations, consulter le site du Département d'État des États-Unis : http://www.state.gov/.

Via : http://www.ethique-et-culture-religieuse.com/






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jeudi 18 mars 2010

150 000 visiteurs uniques

Pour une école libre au Québec a atteint aujourd'hui 150 000 visites uniques pour près de 270 000 pages lues.

Chaque semaine, nous recevons désormais plus de 2 100 visites uniques, certaines semaines actives plus près de 5 000, sur un sujet pourtant très pointu : la libéralisation de l'offre scolaire au Québec et la lutte des parents contre les contraintes imposées par le gouvernement pour qu'il ait les mains libres et qu'il puisse transmettre sa doctrine multiculturaliste et pluraliste normative comme aime à le dire le professeur Georges Leroux.

Merci de votre confiance, merci de vos « tuyaux » sans lesquels ce site aurait nettement moins d'intérêt.






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James Lovelock sur les climatosceptiques

Citation de James Lovelock, un des pères du mouvement écologiste, à propos des méchants climatosceptiques :
« Je pense qu'il faut admettre que les sceptiques nous ont permis de rester sains d'esprit — certains d'entre eux en tout cas. Ils ont été une bouffée d'air frais. Ils nous ont empêchés de traiter la science du climat comme une religion. Cela avait été trop loin. Les sceptiques ont un rôle en science. Il ne faut pas les balayer du revers de la main. Il est évident que le côté angélique n'était pas dénué de péchés. »






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Supplément histoire — Que faut-il penser de Pétain et de l'antisémitisme de la gauche ?


Éric Zemmour sur Pétain et l'antisémitisme du milieu du XXe siècle


Éric Zemmour dans la vidéo ci-dessus : « L’antisémitisme le plus puissant n’est pas en 40, contrairement à ce qu’on croit aujourd’hui, celui de l’extrême-droite et de l’Action Française : le plus virulent dans les années 40 sous l’occupation c’est l’antisémitisme de la gauche pacifiste, de Laval et de tous les autres. […] L’historien israélien Simon Epstein montre que la plupart des collabos viennent de la gauche pacifiste, socialiste, radicale, antiraciste : il note tous les discours qu’ils faisaient à la LICRA dans les années 20 contre l’antisémitisme et le racisme, et tous ceux-là sont passés à la collaboration ! »

Spécialiste de l’antisémitisme, l'historien et économiste israélien Simon Epstein a constitué au fil des ans un socle informatif considérable sur les itinéraires contrastés de deux catégories de Français : ceux qui protestèrent contre le racisme et l’antisémitisme dans les années 1920 et 1930, avant de s’engager dans la Collaboration ; et ceux qui exprimèrent une hostilité ou un préjugé à l’égard des Juifs, puis qui se retrouvèrent, l’heure venue, dans la Résistance.

Les principaux chefs de la Collaboration ont traversé, chacun à sa manière, une phase de dénonciation de la haine antijuive ; beaucoup furent même militants de la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA, l’ancêtre de la LICRA). Réciproquement, de nombreux résistants, et non des moindres, sont originaires d’une extrême droite nationaliste qui, dans les années 1930, fut fertile en prises de positions hostiles aux Juifs. C’est ce phénomène paradoxal que Simon Epstein décrit puis analyse, en s’appliquant aussi à démonter l’occultation dont ces chassés-croisés, déroutants certes mais significatifs, ont fait l’objet dans les mémoires françaises.







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