mardi 3 février 2009

Complément au cours d'histoire — Claus von Stauffenberg

Avant de vous ruer dans les salles, pour voir Valkyrie, une émission de Canal Académie sur Stauffenberg et la résistance conservatrice allemande.

Jean-Louis Thiériot vient d’écrire un livre sur cette Allemagne qu’il connaît si bien. Avec Stauffenberg, il nous ouvre un parcours surprenant, méconnu en France et au Québec et pourtant exemplaire en tout point. Image d’un résistant au nazisme, peu avare de son courage, qui fut à la tête de la conspiration pour assassiner Hitler.




La grille de lecture franco-française de la résistance nous amène à ne pas considérer ces personnages, patriotes, aristocrates, catholiques ou protestants, qui surent s’opposer au mouvement révolutionnaire socialiste nazi. [1]

Jean-Louis Thiériot présente ici l’histoire d’une vie qui marque encore de nos jours l’imaginaire allemand. Originaire de la haute-aristocratie germanique, Claus von Stauffenberg n’eut pas une lucidité immédiate sur la réalité du nazisme. Pourtant, cela ne l’empêche pas de condamner l’antisémitisme du début des années trente et de refuser le bellicisme du Führer. Son devoir le pousse sur les champs de bataille mais aussi dans une administration militaire qu’il connaît parfaitement. Dès lors, grâce à un réseau aux multiples ramifications, il tisse sa toile pour finalement atteindre le centre de tous les malheurs européens : Hitler. Thiériot décrit parfaitement cette conjuration de centaines d’hommes qui surent préserver "le" secret de l’acte qui allait, en cas d’échec, les condamner inévitablement à la mort. Le 20 juillet 1944, la mort d’Hitler s’est jouée à quelques centimètres...

À lire également et disponible dans les librairies et dépanneurs du Québec, le numéro hors série du Figaro Magazine intitulé « Ils ont voulu tuer Hitler ».




[1] On lira également avec profit au sujet de la composition de la résistance au nationalisme-socialisme, mais ici pour la France, 1940 : la droite était au rendez-vous d'Alain Griotteray. Griotteray s'attaque au mythe français de la « gauche résistante » et de la « droite collaboratrice », qui obscurcit trop souvent la vision de cette époque charnière de l'histoire française contemporaine. L'auteur rappelle ainsi les négociations secrètes entre le parti communiste et l'occupant nazi, en juin 1940, pour obtenir la réapparition de L'Humanité. Rappelons que plusieurs personnalités collaborationnistes étaient de gauche comme Marcel Déat ou Jacques Doriot, fondateur du le Parti populaire français (PPF) à l'origine un parti d'extrême gauche rival du parti communiste. Ce livre n'est pourtant pas un essai, ni même un récit historique à proprement parler, mais l'évocation de vingt-trois héros de la Résistance, hommes et femmes, civils et militaires, dont le point commun est d'être tous issus de la droite, à travers ses différentes familles : catholique, maurrassienne, royaliste ou républicaine. Les portaits de ces résistants souvent oubliés des livres d'histoire sont d'autant plus parlants que l'auteur les a personnellement connus, et qu'il décrit — derrière les héros risquant leur vie et leur liberté — les hommes et femmes ordinaires.

lundi 2 février 2009

Perle d'élève

Tiré du carnet du Journaliste d'estrade :

« Retrouvée sur le copie d'un élève de première secondaire dans le cadre du cours d'Éthique et culture religieuse en réponse à la question

— Pourquoi une majorité de personnes ont-elles une mauvaise opinion de l'islam ?

— Parce que les femmes portent le dalaï-lama sur leur tête.

Ça c'est un bel exemple d'intégration des connaissances, n'est-ce pas ? »

Françoise David portera plainte au CRTC — Sylvain Bouchard dit avoir reçu des menaces de mort

Suites du concours « Arrachez Françoise David de votre cahier d'éthique et de culture religieuse ».

L'animateur qui a lancé ce concours, Sylvain Bouchard, déclare avoir reçu des menaces de mort.

Il dénonce dans son émission de ce matin, le panurgisme des médias, des syndicats et des associations féministes subventionnées unanimes pour le condamner. Bouchard dénonce également le deux poids, deux mesures d'animateurs comme René Homier-Roy de la radio d'État qui se gaussent des inepties de la « radio-poubelle » de Québec , mais trouve si amusant le fait que M. Fallardeau promet de tout mettre en œuvre pour transformer la commémoration-spectacle en cauchemar (« On reconnait son style » disent-ils en s'amusant de leur Fallardeau si original, si spirituel !).

M. Bouchard se déclare également abasourdi des campagnes sur Internet qui visent à le faire condamner en justice pour incitation au vandalisme (d'une page déchirée d'un cahier d'exercices). L'animateur s'étonne de l'hypocrisie de syndicalistes soudain partisans de l'ordre alors que ces mêmes syndicalistes ont été impliqués dans des actes d'incivisme notoires et de vandalisme nettement plus importants que de l'arrachage d'une page d'un cahier d'exercices et d'activités d'ECR qui, apparemment, appartient de toute façon à l'élève.



Écoutez l'émission (uniquement les extraits ECR) :



Françoise David dit merci aux éditions de la pensée (suite)
(page 199, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)



Françoise David dit merci aux éditions de la pensée
(page 198, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)


M. Bouchard considère que cette campagne menée en unisson par ces médias, ces syndicats et de très nombreuses associations féministes subventionnées (« Les femmes » selon cette dépêche) s'apparente à une tentative de censure. Les menaces de poursuites judiciaires mentionnées à mots couverts par Mme David et ses partisans seraient une tentative de « poursuite-bâillon ».

M. Bouchard ne voit pas ce qu’il y a de mal à décrire Mme David comme une communiste alors qu’elle est l’alliée politique de ceux-ci (voir ci-dessous), ni pourquoi décrire son portrait comme rappelant ceux de l’époque soviétique serait diffamatoire. Il rappelle qu’il aurait demandé d’arracher des pages qui auraient contenu du contenu élogieux et des portraits de Stephen Harper et Mario Dumont (qu’il soutient pourtant politiquement) s’ils avaient bénéficié de la même valorisation dans un cahier d’éthique et de culture religieuse.
http://www.pcq.qc.ca/Dossiers/QuebecSolidaire/EngagementsPourQS.htm

Les engagements du Parti communiste du Québec vis à vis de Québec solidaire

Tous les membres du PCQ sont également membres de Québec solidaire. Cela découle d'un engagement ferme de la part du PCQ vis-à-vis de l'unité de la gauche au Québec en même temps que du fait que, pour nous, cette question d'unité est d'une importance stratégique pour l'avancement des idées de gauche, ici même au Québec.

Bien que le PCQ soit lui-même un parti légalement reconnu par les autorités de la Direction générale des élections du Québec (DGEQ), et qu'il pourrait conséquemment présenter ses propres candidats et candidates lors d'élections, nous avons fait le choix depuis déjà plusieurs années (et nous nous sommes également engagés formellement auprès de Québec solidaire dans ce sens) de ne pas le faire et de plutôt œuvrer, sur le plan électoral, au développement et à la popularisation de Québec solidaire. Cet appui à Québec solidaire ne se limite pas, du reste, au seul terrain électoral. Il ne se limite pas non plus aux seules périodes électorales. Il s'agit en même temps d'un engagement ferme et de longue durée.

http://www.pcq.qc.ca/Dossiers/PCQ/Congres/XVIeCongres/Documents/MsgQuebecSolidaire.htm

« Message aux participants du congrès du Parti communiste du Québec » (octobre 2008)

Vous êtes des militantes et militants engagée [sic] à Québec solidaire à construire un parti politique pluraliste de gauche, écologiste, souverainiste et féministe. Vous y travaillez de façon loyale et généreuse et nous vous en remercions.
Nous espérons que vos travaux de cette fin de semaine seront bénéfiques pour vous et pour la gauche dans son ensemble. Plus que jamais, le Québec a besoin d'une gauche forte et unifiée.

[…]

Veuillez recevoir nos salutations solidaires,

Alexa Conradi, présidente
Françoise David, co-porte parole
Amir Khadir, co-porte parole
 »


Québec solidaire s'allie au Parti communiste
Valérie Dufour
Le Journal de Montréal
07/11/2008 06h11

Dans l'esprit de réunir «les forces de gauche» et de refléter de «manière concrète la diversité et la vitalité des points de vue», Québec solidaire a décidé de faire une place au Parti communiste du Québec (PCQ) dans sa formation politique.

Ce parti d'extrême gauche détient en effet le statut de «collectif officiellement reconnu». Cette décision a été prise par les délégués de QS lors de leur 3e congrès, qui a eu lieu l'hiver dernier. C'est le site de revue de presse Kiosque Médias qui a, le premier, noté cette nouvelle alliance.

M. Bouchard se déclare également abasourdi par les campagnes sur Internet qui visent à le faire condamner pour incitation au vandalisme (motif : une page déchirée d'un cahier d'exercice). L'animateur s'étonne de l'hypocrisie de syndicalistes soudain partisans de l'ordre,alors que ces mêmes syndicalistes ont été impliqués dans des actes d'incivisme notoires et de vandalisme nettement plus importants que de l'arrachage d'une page d'un cahier d'exercices et d'activités d'ECR qui, apparemment, appartient de toute façon à l'élève.

M. Bouchard considère que cette campagne menée en unisson par ces médias, ces syndicats et de ces nombreuses associations féministes subventionnées s'apparente à une tentative de censure. Les menaces de poursuites judiciaires seraient une tentative de « poursuite-bâillon ».


Addendum du mardi 3 février : Mme David portera plainte

On apprend que la porte-parole de Québec solidaire Françoise David portera bientôt plainte au CRTC contre l'animateur Sylvain Bouchard et contre la station FM 93,3 pour avoir selon son communiqué de presse « incité des mineurs à déchirer une page d'un cahier d'exercice du cours Éthique et culture religieuse en échange d'un jeu électronique et pour avoir notamment tenu des propos injurieux en ondes. » La porte-parole demande également à la ministre de l'Éducation de se prononcer sur ce dossier. Par ailleurs, la possibilité de d'autres recours n'est pas exclue.

« Je m'étonne par ailleurs du silence de la ministre de l'Éducation Michèle Courchesne dans ce dossier. Elle n'a pas dit un mot pour dénoncer les propos de cet animateur qui s'en est pourtant pris directement au personnel enseignant, pas plus qu'elle n'a condamné ce concours qui incitait au vandalisme, une attitude irresponsable socialement. Il serait extrêmement souhaitable que Mme Courchesne sorte de son mutisme.

« Dans un autre ordre d'idée, j'estime que le concours ainsi que les propos de l'animateur contreviennent à l'esprit, si ce n'est à la lettre, de l'article 9 du code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs, dont CJMF 93,3 fait partie, qui invite les stations de radio à veiller à ce que les émissions diffusées à l'antenne de leur station ne contiennent pas de propos injurieux, ni d'incitation à la violence », a conclu Françoise David.



André Arthur sur la présence de Mme David dans les manuels ECR

samedi 31 janvier 2009

Pour une administration scolaire éthique

Voici une lettre ouverte de Guy Durand, théologien et juriste, spécialisé en éthique, publié dans l'Express du 28 janvier 2009.

       Mesdames et messieurs les commissaires de la commission scolaire Val-des-Cerfs, je m'intéresse depuis des années au dossier de la formation morale et religieuse à l'école. Je suis un citoyen payeur de taxe scolaire. Or je ne comprends vraiment pas votre attitude face aux demandes d'exemption pour le cours Éthique et culture religieuse (ECR).

       Il me semble que vous avez toute la latitude voulue pour admettre ces exceptions. Vous avez été élus par la population. Vous existez en partie grâce à nos taxes. Vous avez l'autonomie et la responsabilité nécessaires pour admettre des exceptions aux règles ministérielles. Vous n'êtes pas une officine du Gouvernement, que je sache. Si c'était le cas, ne serait-ce pas plus simple de changer les commissions scolaires par des bureaux régionaux du Ministère ?

       Les parents invoquent la liberté de conscience et de religion, leurs droit et responsabilité vis-à-vis l'éducation de leurs enfants. N'est-ce pas assez fondamental ? En quoi pouvez-vous objecter que le cours est « neutre », qu'il n'est pas menaçant, que les parents ont tort, qu'ils ne connaissent pas le contenu du cours, voire que l'Assemblée des évêques du Québec a donné son accord (très mitigé d'ailleurs) ? Même la Cour suprême, quand elle étudie les questions de liberté de conscience et de religion ne cherche pas à savoir si l'opinion d'un demandeur correspond à une religion spécifique, mais se base sur la seule sincérité du demandeur. Celui-ci juge-t-il que telle action ou règle porte atteinte à ses opinions profondes ?

       Dans certains milieux, on semble prêt à faire des « accommodements » pour les tenants de toutes les religions sauf les catholiques. On ne vous demande pas de vous ingérer dans la direction des écoles, mais de faire savoir que vous ne vous opposez pas aux exemptions.

       Actuellement on punit les enfants pour l'action de leurs parents. Ne trouvez-vous pas cela inconvenant sur les plans éthique et juridique ? Sur ces deux plans, d'ailleurs, la justice exige de changer le fardeau de la preuve. Au lieu de demander aux parents de prouver que le cours cause un « préjudice grave » aux enfants, on devrait accorder l'exemption sauf s'il en découle un tort grave pour les enfants ou un « coût excessif » pour l'école.

       Quant à la socialisation des enfants, en quoi le fait d'être retiré de la classe une heure par semaine pour le cours ECR la menace-t-elle ? En quoi l'exception nuit-elle à l'objectif d'une école commune inclusive. C'est plutôt le contraire qui est vrai. À la limite, certains parents pourraient même retirer leurs enfants pour les inscrire à l'école privée. S'ils en ont les moyens, évidemment ! Et voilà la question de justice sociale qui refait surface.

       Qu'attendre de vous, mesdames et messieurs de la Commission scolaire ? Que, après avoir reconsidéré l'ensemble de la question, vous aurez la lucidité et le courage de changer d'attitude et d'accepter des exemptions au cours d'ECR.



Guy Durand, professeur retraité

Dunham

jeudi 29 janvier 2009

Le pasteur et historien Réal Gaudreault sur le cours d'éthique et culture religieuse

France — Des écoliers moins bons en calcul et en français qu'il y a vingt ans

Des chercheurs de la Direction de l’Evaluation et de la Prospective du ministère de l’Education nationale (Depp) viennent de publier sur le site du Café Pédagogique une étude sur les performances des élèves de CM2, à vingt ans d’intervalle (1987-2007). Il en ressort un bilan inquiétant.

«nbsp;Pour une même dictée, le nombre d’erreurs — essentiellement grammaticales —, est passé de 10,7 en 1987 à 14,7 en 2007. Il y a vingt ans, 26 % d’élèves faisaient plus de 15 fautes; aujourd’hui, le pourcentage est de 46 %. »

Le ministère de l’Éducation a réalisé une étude auprès de 2 500 à 4 500 écoliers de CM2 (10-11 ans).

« En lecture, 21 % des élèves se situent, en 2007, au niveau de compétence des 10 % d’enfants les plus faibles de 1987. Le score moyen des élèves en grande difficulté a particulièrement chuté ces dix dernières années. » En lecture, la baisse des performances ne touche pas les enfants des familles aisées, alors qu’en calcul, la baisse concerne « toutes les catégories sociales ».


Le sociologue Gary Caldwell sur le cours d'ECR

Trois vidéos où le sociologue Gary Caldwell s'exprime sur le programme d'éthique et de culture religieuse.









mardi 27 janvier 2009

La Grande Nouérrceurrr : portrait de famille monochrome, rictus, pénurie francocentrique et ânonnements (5 pages)

Il existe une mythologie simpliste de l'histoire québécoise : avant c'était mal et triste, aujourd'hui c'est bien et enfin joyeux. Toutes les statistiques sur l'augmentation des suicides chez les jeunes, du chômage, sur un lent appauvrissement (et l'obligation d'avoir deux salaires dans une famille), sur l'usage plus grand de drogues, du nombre toujours important d'avortements, du nombre croissant de familles décomposées n'y changeront rien.

C'est un article de foi et il faut propager le mythe (fabula propaganda est).

Nous avions déjà vu le traitement caricatural qu'en faisait un cahier de LIDEC (avec erreurs juridique, historique et papale en quelques cases).

Les éditions de la Pensée (rendues célèbres par un animateur radio pour leur parti-pris en faveur de Mme Françoise David) se devaient de contribuer à la propagation du mythe simpliste.

Le cahier-manuel d'ECR de 1re secondaire se penche donc sur les changements sociétaux qui ont suivi l'avènement de la Révolution tranquille.

Dans la colonne de gauche des scènes de vie des années 50, dans la colonne de droite des scènes correspondantes des années 2000.

Or qu'observe-t-on d'emblée ?

Le portrait de famille est monochrome (oui, bien sûr les photos l'étaient souvent, mais la vie l'était-elle ?), tout le monde est sérieux en 1950. Aujourd'hui, tout n'est que couleurs et sourires.

Dans la cour d'école, la religieuse qui surveille arbore un rictus autoritaire. Les enfants auraient encore été en proie à la pénurie de biens culturels et sujets à une culture franco-française peu ouverte sur le monde, alors qu'aujourd'hui règne l'abondance culturelle qui s'ouvre enfin sur une planète mondialisée (et non la standardisation et l'américanisation bien sûr).

Enfin, la classe des années 50 unisexe (quelle horreur !) est dominée par une religieuse qui semble ânonner à forte voix une leçon alors que les élèves sont passives sur leur banc. Rien à voir avec les classes d'aujourd'hui où les jeunes chimistes (à bas la culture classique !) travaillent et découvrent tout seuls par petits groupes et par l'expérience les sciences modernes sous l'œil approbateur d'une ravissante animatrice de classe souriante et bienveillante. Un esprit malveillant remarquant que dans la classe moderne les rôles valorisés sont tenus par des filles : l'animatrice, les deux filles qui manipulent un tube.

Sur le mythe de la Grande Noirceur, lire 
  1. L'exemple du passé québécois à l'orée du XXIe siècle ;
  2. Le mythe de la Grande Noirceur et du Québec sous-développé ;
  3. Étatisme et déclin du Québec ;
  4. Les collèges classiques ;
  5. Étatisme et déclin du Québec ;
  6. La Révolution tranquille: rupture ou tournant ?
Un extrait :
À la veille de la Révolution tranquille, le Québec n'a rien d'une société sous-développée. La moitié des francophones occupent un emploi... dans le secteur des services! Dès 1931, le recensement montre que peu de gens vivaient encore de l'agriculture et que les 2/3 de la main-d'œuvre travaillaient dans le secteur secondaire (manufacturier) ou tertiaire (services). L'industrie manufacturière avait toujours crû ici au même rythme qu'en Ontario, et ce depuis la Confédération. Durant tout le 20e siècle, la proportion de travailleurs québécois oeuvrant dans le secteur industriel est comparable aux proportions observées aux États-Unis et dans plusieurs pays européens.

On ne constate pas non plus de retard d'urbanisation dans la province. La migration vers les villes se fait à un rythme régulier depuis la fin du XIXe siècle. Le Québec affiche même un taux d'urbanisation supérieur à celui l'Ontario de 1900 jusqu'à la 2e Guerre mondiale, et allait se maintenir au-dessus de la moyenne canadienne par la suite (pour un seuil d'urbanisation de 10 000 habitants).

[...]

Il semblerait donc que les francophones du Québec n'ont jamais eu la mentalité des «nés pour un petit pain», et pour cause. En 1953, le Québec affichait le deuxième revenu par habitant le plus élevé au monde après les États-Unis (en excluant le reste du Canada). Avait-on réellement besoin de la Révolution tranquille et de l'intervention de l'État pour sortir les Québécois de cette prétendue «Grande Noirceur»? Absolument pas! Les Québécois s'étaient développés et modernisés par eux-mêmes, et depuis longtemps, sans l'aide de l'État.

Page 56 — cahier-manuel d'éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re  secondaire des éditions La Pensée



Page 57 — cahier-manuel d'éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re  secondaire des éditions La Pensée



Page 58 — cahier-manuel d'éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re  secondaire des éditions La Pensée



Page 59 — cahier-manuel d'éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re  secondaire des éditions La Pensée



Page 60 — cahier-manuel d'éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re  secondaire des éditions La Pensée



lundi 26 janvier 2009

Opération radio « Arrachez Françoise David de votre cahier d'ECR »

Le populaire animateur radiophonique de Québec, Sylvain Bouchard, a lancé un concours provincial demandant aux étudiants de secondaire IV de déchirer une page (198) d’un cahier d'éthique et culture religieuse, publié par les éditions La Pensée, et de lui faire parvenir cette page. La station procèdera à un tirage pour déterminer le gagnant du prix de ce concours : un jeu Guitar Hero (pour station Wii). Le concours se termine cette semaine.

« N'acceptez pas le "brainwashage" socialiste de vos profs syndiqués en faveur d'un parti qui s'appelle Québec solidaire » lance Sylvain Bouchard. « Dans un cours où on se vante de mettre toutes les sorcières, les sectes et les chamans sur un même pied d'égalité, quand vient le temps de parler de politique, les masques tombent. Les profs gauchistes syndicalistes du Québec s'affichent », ajoute-t-il.

Écoutez l'émission




Françoise David dit merci aux éditions de la pensée

(page 198, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)


Sylvain Bouchard dit s'inspirer du professeur Keating du Cercle des poètes disparus qui demande à ses élèves d'arracher les pages d'introduction de leur manuel de poésie.



Rappelons que, dans un chapitre de vingt-huit pages (28) consacré au « féminisme : un autre regard sur la justice », trois pages sont consacrées à Mme François David, chef du parti bicéphale Québec Solidaire. À titre de comparaison, le même cahier ne consacre que douze pages (12) au christianisme dans un chapitre intitulé « Colloque des savoirs en histoire et en religion ». Le même chapitre consacre 8 pages au judaïsme, 7 à l'islam, 8 à l'hindouisme, 7 au bouddhisme et 5 à l'athéisme. À peine moins de pages consacrées au féminisme qu'aux religions dans un manuel d'éthique et de culture religieuse.

Yvon Landry dans les colonnes de la Voix de l'Est dénonçait cette publicité gratuite en ces termes :
Sur le féminisme, il y a une superbe photo en médaillon de Françoise David que les auteures décrivent comme étant sans doute l'une des féministes aujourd'hui les plus connues au Québec. Mme David souhaite maintenant faire progresser sa version de justice sociale par le biais de la politique. Ce paragraphe vaut une publicité d'un million de dollars pour le parti Québec solidaire dont Mme David est la représentante.
Québec Solidaire a envoyé un seul député à l'Assemblée nationale et Mme David est le seul personnage politique québécois à bénéficier de ce type de publicité dans ce cahier-manuel.



Addendum de ce vendredi 30 janvier

Le Devoir nous apprend que Françoise David a envoyé une lettre à la direction de la station de radio pour demander que ce concours prenne fin, faute de quoi elle prendrait d'autres mesures. Elle a aussi qualifié les propos de Sylvain Bouchard de diffamatoires. Ce concours n'était prévu, dès son lancement, que pour une semaine.

On apprend par ailleurs que le concours est maintenant terminé. Mme David regrette qu'un prix — un jeu Guitar Hero — ait été attribué comme prévu.

Mme David discutera lundi de suites à donner à cette affaire avec des avocats et d'autres dirigeants de Québec solidaire. Elle n'exclut pas d'exiger des excuses publiques.

Le directeur des programmes du 93,3, Michel Lorrain, a indiqué que la station allait évaluer ce qui avait été dit et fait dans les derniers jours, et qu'elle prendrait par la suite les mesures appropriées si nécessaire. Toutefois M. Lorrain ne voit pas en quoi des excuses sont nécessaires. Il ne croit pas qu'il y a eu diffamation.

Il n'est pas clair à ce stade si la radio portera plainte contre Le Devoir qui la qualifiait de « radio-poubelle ».


Dans le rayon on serre les rangs, réaction prévisible de deux syndicats qui ne parlent pas du traitement singulier préférentiel réservé à Mme David et au féminisme dans ce cahier, mais évoquent ce « triste rappel des pires réflexes de l'extrême droite à un temps où on incitait les citoyens à s'élever contre d'autres ». Les deux syndicats se muent en partisans de l'ordre qui dénoncent « la dégradation du matériel scolaire ». Rappelons qu'il s'agit d'un cahier d'exercices d'ECR aux feuilles détachables et que de l'espace est y prévu pour les réponses de l'élève. Ce cahier d'activités ne sert donc normalement qu'une fois.

Communiqué similaire d'un véritable répertoire des associations féministes québécoises (subventionnées ?) : Fédération des femmes du Québec; Afeas; Condition féminine de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec; Comité national de condition féminine de la Confédération des syndicats nationaux; Comité de la condition des femmes de la Centrale des syndicats du Québec; Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail; Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec; Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec; Fédération du Québec pour le planning des naissances; L'R des centres de femmes du Québec; Regroupement Naissance-Renaissance; Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale; Relais femmes; Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec; Réseau québécois d'action pour la santé des femmes; Secteur de l'action féministe de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

Addendum du samedi 31 janvier

Le directeur de la station 93,3 FM de Québec a invité Mme David à débattre du sujet sur son antenne. Mme David a refusé cette invitation.

L'animateur Sylvain Bouchard a confié au Soleil qu'il n'avait pas l'intention de s'excuser, tout comme le directeur des programmes de la station, Michel Lorrain. « On dit que j'ai fait de la diffamation, et bien je vous dirais que depuis le début de la journée, c'est moi qui suis victime de diffamation. On dit que je fais de la radio poubelle, et pourtant, je n'ai pas insulté Mme David. Pour moi, Québec solidaire, c'est l'extrême-gauche, alors je ne comprends pas ce qu'il y a de mal à la comparer à une Soviétique. Et sachez que j'aurais eu le même discours sur le cahier d'exercices si on y avait parlé de Mario Dumont. »

Joint à son domicile par le Soleil, le gagnant du concours, Sébastien Ruel, dit avoir participé au concours « premièrement pour le prix ». « Je suis en train de jouer [à mon nouveau jeu de Guitar Hero] présentement. » « Mais je dois dire que les professeurs tentent parfois de véhiculer des messages politiques dans mes cours et je n'aime pas ça », a-t-il ajouté pour expliquer sa participation au concours.

Suite le 2 février : Sylvain Bouchard dit avoir reçu des menaces de mort, Françoise David portera plainte au CRTC

Le dossier Françoise David dans les manuels d'Éthique et culture religueuse

vendredi 23 janvier 2009

Regard romain sur le boycott du cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse

L'agence de presse catholique romaine Zenit publie un résumé du boycott qui entoure l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse à tous les petits Québécois.
ROME, Vendredi 23 janvier 2009 (ZENIT.org) — Depuis la mise en place dans les écoles québécoises, à la rentrée 2008, d'un cours d'Etat obligatoire d'« éthique et de culture religieuse », certains parents ont décidé de boycotter le cours. Ils réclament le droit de choisir pour leurs enfants scolarisés « un enseignement moral ou religieux en accord avec leurs croyances et leurs convictions ».

Ce nouveau cours, qui vise à donner aux élèves une ‘connaissance' des croyances et rites de six ou sept religions, avait été dénoncé en octobre 2008 par le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et Primat du Canada, comme une orientation « radicale » qu'« aucun pays européen n'a jamais adoptée ».

La réforme

Jusqu'en septembre 2007, les écoles publiques et privées du Québec proposaient encore un enseignement moral et religieux catholique, un enseignement moral et religieux protestant ou un enseignement moral (sans religion), chaque parent faisant le choix d'un de ces trois cours pour leurs enfants au primaire et au secondaire.

La Loi 95 imposant aux écoles publiques et privées un cours d'État obligatoire d'« éthique et de culture religieuse », en vigueur depuis la rentrée de septembre 2008, avait été adoptée en 2005 par le gouvernement de Québec.

Cette loi avait alors modifié l'article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne en abrogeant la partie suivante : « (...) les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d'exiger que, dans les établissements d'enseignement publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre de programmes prévus par la loi ».

Pour le gouvernement de Québec, il s'agit, « dans une société marquée par la diversité des croyances », de proposer un enseignement visant à favoriser une société « ouverte et tolérante », à comprendre les « traditions religieuses dont l'influence s'est exercée et s'exerce toujours dans notre société ». Dans la présentation du programme (http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/ecr/), l'État québécois affirme vouloir ainsi signifier « sa volonté de compléter la déconfessionnalisation de tous les éléments du système scolaire public ».

Le boycott des cours

Ainsi, depuis septembre 2008, ce cours d'Ethique et de culture religieuse se propose de faire découvrir aux élèves un ensemble de 6 ou 7 religions et de différentes visions du monde. Il s'agit d'un enseignement obligatoire, dans les écoles publiques comme dans les écoles privées, ces dernières gardant néanmoins la possibilité d'y ajouter des enseignements confessionnels. Cependant, le régime pédagogique ne prévoit pas de temps pour ces cours supplémentaires.

En 2007, un collectif de parents s'est regroupé en Coalition pour la liberté en éducation, qui réclame le droit de choisir pour leurs enfants un enseignement moral ou religieux à l'école en accord avec à leurs croyances et leurs convictions. Ils évoquent le danger que ce cours « banalise la religion en plaçant toutes les religions, spiritualités, mouvements religieux et visions du monde sur un pied d'égalité » et dénoncent le risque de « grande confusion » que cela risque de créer dans la tête de l'enfant. « À la fin de ce cours, on peut prévoir que l'enfant ne connaîtra ni sa propre religion ni celle des autres et qu'il aura une très grande difficulté à démêler l'une de l'autre », ajoutent-ils.

Le risque d'une dictature du relativisme

Les parents dénoncent une dictature du relativisme et notamment un refus de chercher à définir un bien et un mal absolu. Ils justifient leurs craintes par les affirmations contenues dans les manuels eux-mêmes. L'un de ces manuels précise en effet qu'à la suite du cours l'enfant aura peut-être « l'impression que le BIEN et le MAL ABSOLU n'existent pas, mais qu'il y a bien un bien et un mal relatif pour chaque INDIVIDU » (les majuscules sont dans le texte).

En octobre 2008, le cardinal Ouellet avait évoqué dans un article signé dans la revue de l'Université catholique de Milan, Vita e Pensiero, ce cours qui vise à donner aux élèves une « connaissance des croyances et rites de six ou sept religions ». « Je doute que des enseignants vraiment peu préparés à relever ce défi puissent enseigner avec une neutralité totale et de manière critique des notions qui sont encore moins compréhensibles pour eux que leur propre religion ».

« Il faut être très ingénu pour croire que ce miracle d'enseignement culturel des religions produira un nouveau petit Québécois, pluraliste, expert en relations interreligieuses et critique envers toutes les croyances », avait encore dénoncé le cardinal. « Le moins que l'on puisse dire est que la soif de valeurs spirituelles sera bien loin d'être étanchée et qu'une dictature du relativisme risque de rendre encore plus difficile la transmission de notre héritage religieux ».

L'archevêque de Québec avait alors invité à « protéger et entretenir cet héritage religieux fondé sur l'amour qui est une force d'intégration sociale bien plus efficace que la connaissance abstraite de quelques notions superficielles sur six ou sept religions ».

Marine Soreau