lundi 15 janvier 2024

David Engels sur la migration de masse, baisse de la natalité, crise religieuse, mondialisation

Dans son ouvrage intitulé Le Déclin, David Engels scrute minutieusement les nombreuses analogies entre le déclin de la République romaine et la crise actuelle au sein de l'Union européenne. De la question des avortements aux défis du mariage et à la baisse de la natalité jusqu'à la célèbre maxime Panem et circenses, toutes ces similitudes sont explorées.

Nous évoquons aussi à la possible cyclicité des époques, avec ses phases distinctes de croissance et de déclin, offrant ainsi une perspective temporelle et historique.

Enfin, nous soulevons la question cruciale de savoir s'il convient de décrire le destin de l'Europe comme un acte suicidaire ou un meurtre délibéré.

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Pologne — Le tournant autoritaire du « libéral » Donald Tusk

L’arrestation de deux ex-ministres marque la reprise en main des médias publics par le nouveau Premier ministre.

Dans la nuit glaciale du mois de janvier, au milieu des lumières scintillantes de l’enfilade de l’avenue du faubourg de Cracovie et de Nowy Swiat, sorte de Champs-Élysées locaux, des manifestations se sont formées devant le palais Koniecpolski, siège officiel de la présidence de la République polonaise.

Devant ce lieu où fut signé le pacte de Varsovie et où se sont tenues les réunions de préparation des premières élections libres à la fin de l’ère communiste, les partisans du PIS (Parti droit et justice) s’étaient rassemblés pour se dresser contre l’arrestation, mardi 9 janvier, de Mariusz Kamiński et Maciej Wąsik, respectivement ancien ministre et vice-ministre de l’Intérieur.

L’affaire remonte à 2015, quand un tribunal de première instance les condamne à trois ans de prison pour une ténébreuse affaire de déstabilisation d’un parti membre de la coalition au pouvoir huit ans plus tôt.

Sans attendre la fin de la procédure judiciaire, une grâce est prononcée par le chef de l’État. Jugée illégale par la Cour suprême, une deuxième condamnation à deux ans de prison ferme a été prononcée cette fois au mois de décembre dernier, moyennant quoi un mandat d’amener a été délivré à leur encontre, et leur élection en tant que députés annulée.

Mardi après-midi, juste avant leur arrestation, effectuée à la faveur de l’absence du président de la République, Andrzej Duda, qui devait se rendre à une réception, les intéressés avaient fait une déclaration à la presse, filmée dans la cour du palais présidentiel. Se sachant cernés par les forces de l’ordre, ils ont été les premiers à prononcer les mots de prisonnier politique et de dictature qui, qui, par la suite, allaient faire tache d’huile.

Mariusz Kamiński a entamé une grève de la faim, considérant son incarcération comme « un acte de vengeance politique ». Interrogé, Donald Tusk a préféré botter en touche en se réfugiant derrière l’indépendance de la justice et accusant ses rivaux d’avoir créé un « chaos juridique sans précédent ».

Selon David Engels, historien belge et professeur de recherche à Instytut Zachodni de Poznań, « il y a très clairement un risque autoritaire : nous sommes confrontés à une série de réformes destinées à faire taire toute velléité d’opposition et de mettre au pas la Pologne. On a muselé la télévision, effacé les documentaires négatifs sur Donald Tusk et éliminé la possibilité pour l’opposition conservatrice de faire entendre sa voix. Le but, en arrêtant un ancien ministre de l’Intérieur, est de décapiter le système sécuritaire du PIS et de l’afficher clairement pour reprendre le contrôle ».

Jeudi, le PIS a d’ailleurs contre-attaque en déployant des milliers de ses soutiens dans la rue pour s’opposer à la politique de la coalition nouvellement arrivée au pouvoir.

Cette chasse aux sorcières intervient dans un pays fracturé

Ce contexte politique explosif intervient dans le cadre du résultat des dernières élections législatives qui ont porté le dirigeant libéral pro-européen au pouvoir, mais ne lui ont pas accordé de majorité absolue.

D’un côté, le PIS, avec 35,38 % des voix et 194 députés sur 460 à la Diète, a perdu sa capacité de gouverner, n’ayant pas d’alliés assez puissants pour constituer une majorité. De l’autre, le parti de Donald Tusk, la Plateforme civique, n’a récolté que 30,70 % des voix ainsi que 157 députés et a dû constituer une coalition hétéroclite avec la gauche et les chrétiens démocrates de Troisième voie, érigés en véritables faiseurs de rois.

L’étude des cartes des résultats électoraux est à ce titre saisissante : l’Est et la Petite-Pologne, où sont concentrées les classes populaires, ont apporté leurs suffrages aux conservateurs, quand l’Ouest et Varsovie, c’est-à-dire les régions les plus riches, se sont tournés vers les libéraux.

Depuis son investiture le 13 décembre, Donald Tusk, accueilli comme un héros par Bruxelles et la classe médiatique, n’a eu de cesse d’accentuer sa mainmise sur le pouvoir en déclenchant une gigantesque purge des médias publics.

Il y a à peine plus d’un mois, le chef du gouvernement avait brutalement licencié l’ensemble des dirigeants de la radio, de la télévision et de l’agence de presse publique polonaise. Quelques semaines plus tard, ces organisations ont d’ailleurs été mises en liquidation, le tout dans le silence assourdissant de la Commission européenne.

Pour David Engels, « Tusk, en tant qu’ancien président du Parti populaire européen, est sous l’influence idéologique des gouvernements de l’Allemagne et de la France. La Pologne est d’ailleurs devenue l’hinterland économique de l’Allemagne, ce qui va de pair avec les pressions d’une Union européenne dominée par elle, La Pologne a signé le compromis migratoire voulu par Bruxelles, des demandes s’exprimant maintenant pour ouvrir les frontières avec la Biélorussie où transitent les migrants. On commence aussi à supprimer les croix et à enlever les crèches dans les lieux publics. »

 Source : Le Journal du dimanche

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Pourquoi il faut relancer la natalité

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) français publie mardi 16 janvier son bilan démographique pour l’année 2023. Le nombre de naissances et le taux de fécondité sont encore à la baisse par rapport à 2022, une année déjà marquée par un niveau historiquement bas. Au vu de ces résultats, faut-il prendre des mesures pour relancer la natalité ?

Selon sa dernière enquête de  l’Union nationale des familles (Unaf), publiée le 11 janvier, les Français aimeraient avoir en moyenne 2,27 enfants, contre 1,7 dans les faits.  

Les chiffres, on le sait, seront mauvais. Mardi 16 janvier, l’Insee doit publier son bilan démographique pour l’année 2023 et le nombre de naissances sera encore à la baisse par rapport à 2022, une année déjà marquée par un niveau historiquement bas. L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) pourrait même descendre sous 1,7 enfant par femme, contre 1,8 un an plus tôt. En novembre, date des dernières statistiques mensuelles, la baisse était ininterrompue depuis dix-sept mois. Elle est même continue depuis 2011 (1), avec un seul rebond en 2021, après une année marquée par l’épidémie de Covid.

Certes, la France reste la championne de la fécondité dans le monde occidental et notamment en Europe mais elle se rapproche de plus en plus de ses voisins. Faut-il dès lors revoir la politique familiale pour tenter d’inverser la courbe ? Pour le démographe Gilles Pison, il n’y a pas encore péril en la demeure. « La baisse observée depuis 2010 est importante mais elle n’est pas nouvelle », explique ce professeur émérite au Muséum national d’histoire naturelle, conseiller de la direction de l’Institut national d’études démographiques (Ined). « Les naissances fluctuent d’une année à l’autre, avec des périodes où elles ont tendance à augmenter et d’autres où elles baissent. Entre 1980 et 1995, la natalité a beaucoup diminué, avec un creux des naissances en 1993-1994 et un indice de fécondité de 1,66 enfant par femme. Puis elle est repartie à la hausse. Aujourd’hui, il est difficile de dire si nous sommes toujours dans cette période d’alternance, mais il est possible que les naissances augmentent à nouveau. »

Son collègue Didier Breton en est convaincu. « La natalité va encore baisser pendant sept à huit ans puis remontera entre 2030 et 2035 », assure-t-il. Le démographe, enseignant à l’université de Strasbourg et chercheur associé à l’Ined, n’a pas de boule de cristal mais fait des projections. « Entre 1998 et 2013, il y a eu beaucoup de naissances, avec un pic en 2010, et les femmes nées dans ces années-là vont entrer petit à petit dans l’âge d’avoir des enfants, développe-t-il. Toutes n’en auront pas, mais comme elles sont nombreuses cela produira mathématiquement une hausse du nombre de naissances… sauf si la fécondité s’effondre totalement. »

Un taux de fécondité qui ne reflète pas le désir d’enfants des Français

Cet indice reste une inconnue mais l’Union nationale des familles (Unaf) estime qu’il pourrait augmenter si on accompagnait mieux les couples. Selon sa dernière enquête, publiée le 11 janvier, les Français n’ont pas autant d’enfants qu’ils le souhaitent. Idéalement, ils aimeraient en avoir en moyenne 2,27, contre 1,7 dans les faits. La famille idéale est constituée de deux enfants pour 49 % des parents et de trois enfants ou plus pour plus d’un tiers. « Les conditions matérielles jouent un rôle important dans le décalage entre aspiration et réalisation, notamment en reportant l’arrivée des enfants, explique Bernard Tranchand, vice-président de l’Unaf. Répondre à l’aspiration des parents constitue un véritable enjeu politique et démocratique, sans compter l’impact sur la vitalité des territoires, sur l’activité économique et sur l’équilibre du système de protection sociale. »

Une population qui décroît aurait en effet des conséquences sur « le financement des retraites mais aussi sur la fermeture d’établissements scolaires, la croissance économique, les finances publiques et l’innovation », analyse le sociologue Julien Damon. Qu’il s’agisse des pensions de retraite, de l’assurance-chômage, de l’éducation ou de la santé, le modèle de société français « relève d’un principe de répartition de la charge et du risque sur l’ensemble de la population active », relève une note stratégique du haut-commissariat au plan. Il faut donc suffisamment d’actifs pour préserver le système de protection sociale. « La question démographique est bien plus marquante pour l’avenir de notre nation qu’elle ne l’est pour toute autre », rappelle la note.

Natalité : pourquoi les Français font moins de bébés ?

« Si on veut que la fécondité augmente,il faut permettre aux parents de réaliser leur désir d’enfants et cela passe d’abord par une meilleure conciliation entre vie de famille et vie professionnelle, explique Julien Damon, auteur d’un rapport sur le sujet. Les études montrent que les allocations et le quotient familial ont un impact très limité. Les primes peuvent changer le calendrier des naissances, mais n’augmentent pas la fécondité. Aujourd’hui, les couples veulent surtout être sûrs d’avoir un mode de garde. Il faut miser sur l’accueil de la petite enfance mais aussi permettre à ceux qui le souhaitent de prendre un congé parental plus court et mieux indemnisé. » Julien Damon préconise également un soutien aux familles recomposées. « C’est dans ces foyers, dit-il, qu’il y a la possibilité d’avoir des enfants en plus. » L’économiste Marc De Basquiat propose, lui, de simplifier le « maquis » des politiques familiales « en remplaçant les 14 dispositifs actuels par une allocation unique et universelle de 250 € par enfant jusqu’à 18 ans ».

[La Croix néglige totalement les 100.000 jeunes Français, souvent diplômés, qui quittent la France pour s'établir ailleurs. Fin 2020, la présence française à l’étranger était estimée à plus de 2,5 millions de personnes.  L'absence de ces jeunes couples plombe la natalité française.]

La démographie, un enjeu écologique 

Ces deux spécialistes estiment que la solution la plus efficace serait un recours plus important à l’immigration, mais reconnaissent que le climat actuel n’est pas porteur. Elle pourrait pourtant s’avérer incontournable face à la crise climatique et à l’épuisement des ressources. « Nous sommes trop nombreux sur terre, juge l’essayiste Antoine Buéno. Il faut maîtriser la natalité mondiale aussi bien au Nord, où les habitants émettent beaucoup de gaz à effet de serre, qu’au Sud où il y a un risque d’explosion démographique. Dans les pays occidentaux, le recours à l’immigration reste un levier pour remédier aux effets du vieillissement de la population, à condition de mener une vraie politique d’accueil et d’assimilation. » [C'est tiré de la Croix....donc très à gauche]

Gilles Pison ne partage pas ces inquiétudes quant à la surpopulation. « Les projections moyennes des Nations unies annoncent autour de 10 milliards d’habitants en 2050 mais guère plus ensuite, la population diminuant même à la fin du siècle et au siècle prochain, précise-t-il. Autrement dit, la population mondiale continue d’augmenter mais le rythme décélère depuis soixante ans. Partout dans le monde, les couples veulent moins d’enfants. La question n’est pas tant de savoir si nous serons trop nombreux mais comment nous vivrons. Aux jeunes qui s’interrogent, je leur dis : ” Si vous ne voulez pas d’enfants, n’en faites pas et si vous en voulez, faites-en autant que vous le souhaitez mais éduquez-les pour qu’ils aient un mode de vie durable”. »

Source : La Croix

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La population mondiale

La population de l’Afrique subsaharienne devrait presque doubler d’ici à 2050, alors que celle de l’Europe et de l’Amérique du Nord n’augmenterait que de 0,4 %.

Huit pays représentent plus de la moitié de la croissance démographique projetée d’ici à 2050 : Congo (RDC), Égypte, Éthiopie, Inde, Nigeria, Pakistan, Philippines et Tanzanie. L’Inde a dépassé la Chine en tant que pays le plus peuplé du monde en 2023.

Les femmes ont moins d’enfants dans l’ensemble, mais les taux de fécondité restent élevés dans certaines parties du monde : Afrique subsaharienne (4,6 enfants), Océanie (3,1 – hors Australie et Nouvelle-Zélande), Afrique du Nord et Asie occidentale (2,8), Asie centrale et méridionale (2,3). Le taux de fécondité mondial, qui est passé de 3,3 enfants par femme en 1990 à 2,3 en 2021, devrait encore reculer à 2,1 en 2050.

Source : Ined

(1) Il y a eu un rebond en 2014 dû à l’intégration de Mayotte.


Grand effacement: faible natalité française, émigration des jeunes diplômés et poursuite de l’immigration massive

Dimitri Pavlenko : « Si vous combinez cette mutation de la natalité française à une poursuite de l'immigration massive, vous avez un scénario de mise en minorité du peuple historique français sur son sol à un horizon 2070 », dans l'émission de Face à l'Info du 10 janvier 2024.

Montréal — Médecin radié trois mois pour avoir « mégenré  » une femme qui se dit homme

Un médecin de Montréal vient de se voir imposer une période de radiation de trois mois pour avoir adopté « une attitude inappropriée et irrespectueuse » envers une patiente trans qui le consultait pour obtenir un traitement hormonal. Le Dr Raymond Brière a répété à la patiente qu’elle était biologiquement une femme « en dépit des demandes explicites de ce dernier de le désigner en utilisant le genre masculin ».

Le Conseil de discipline reproche également au Dr Brière d’avoir mis fin au suivi médical de la patiente sans la diriger vers un confrère, comme souhaité.

Le Dr Brière, qui a obtenu son droit de pratique en 1980, a pratiqué la médecine familiale aux Îles-de-la-Madeleine, à Rimouski et à Kuujjuaq avant de venir à Montréal, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Il y suit entre 700 et 900 patients, principalement vulnérables.

Il était le médecin de famille de la patiente en question depuis 2018. Cette dernière le consultait environ une fois par année.
 
Enregistré à son insu

Le 17 mai 2022, la patiente consulte le Dr Brière pour se faire prescrire un traitement hormonal. À l’insu de son médecin, elle enregistre la consultation sur son téléphone cellulaire.

Dès le début de la rencontre, la patiente indique au Dr Brière qu’elle a commencé une transition sociale depuis un an et qu’elle a changé de pronom. Elle dit être un « homme trans » et veut « passer à la prochaine étape de sa transformation qui est la prise d’hormone », peut-on lire dans la décision du Conseil de discipline.

La patiente indique au Dr Brière s’être amplement renseignée sur le processus de transformation auprès de diverses associations s’adressant aux personnes transgenres.

Le Dr Brière a « peu d’expérience avec les personnes trans et n’assume le suivi médical d’aucun autre patient ayant une identité de genre différente ou non hétérosexuelle », est-il écrit. Durant la consultation, le médecin pose différentes questions à sa patiente. Cette dernière détaille ses intentions d’y aller doucement dans le processus de transition. Elle précise aussi être suivie par un psychologue.

À un moment, le Dr Brière mentionne que la prise d’hormone mâle peut entraîner des comportements agressifs. La patiente répond que ces affirmations semblent basées sur des stéréotypes. Le Dr Brière affirme que certaines femmes prennent du gel de testostérone « pour mieux diriger un conseil d’administration et communiquer le message non verbal suivant : ‟Heille, les boys, c’est moi la patronne ! » »

« La patiente réagit en soulignant […] que sa situation de personne trans se distingue des femmes qui utilisent la testostérone pour affirmer leur autorité », est-il écrit dans la décision.

À un moment, le Dr Brière dit « qu’il n’a jamais prescrit d’hormones à une personne qui veut ‟se transformer en monsieur » ». Il affirme qu’un collègue du CLSC suit des patients désirant une transformation de genre et propose à la patiente de l’y diriger, ce que cette dernière finira par accepter.

À la page 188 du Totalitarisme sans le goulag de @mbockcote (source).

« Vous étiez une femme, chère madame »

Durant la consultation, la patiente mentionne vouloir utiliser un gel de testostérone « pour favoriser une transformation lente et progressive de son corps ».

Le Dr Brière explique que, pour une femme, les gels peuvent être appliqués à l’aide d’une pompe. Le patient indique qu’elle refuse d’utiliser une pompe. Le médecin insiste. Le patient rappelle alors au Dr Brière qu’elle est « un homme trans ». Le médecin réplique qu’elle est « génétiquement une femme ». Le patient réitère qu’elle se considère comme « un homme trans ». Le Dr Brière répond que « si une analyse chromosomique est réalisée, il sera démontré que ses chromosomes sont porteurs des gènes XX et non XY ». Le patient répète qu’elle est un homme trans. Le médecin dit : « Oui, ça, c’est dans votre cerveau. »

La tension continue de monter. Patiente et médecin se reprochent tour à tour d’être « sur la défensive ». À un moment, la patiente accuse le Dr Brière d’avoir des « opinions toutes faites ». Le Dr Brière s’impatiente et répond que « c’est parce que votre cercle, c’est la vérité absolue ».

La patiente reproche au médecin son comportement agressant. Le médecin, sous le coup de l’émotion, demande à la patiente de quitter son bureau en disant « ne pas avoir de leçon à recevoir d’une patiente ».

La patiente indique à nouveau qu’elle est « un patient ». Le Dr Brière répond : « Une patiente jusqu’à ce jour, vous étiez une femme, chère madame. »

La patiente répétera qu’elle est « un patient » et le médecin lui affirmera qu’elle est « biologiquement une femme ».

Avant de partir, la patiente demandera d’obtenir la référence pour une consultation avec le collègue du Dr Brière, ce que ce dernier refusera. Le médecin affirmera aussi ne plus vouloir l’avoir comme patiente pour cause de rupture de confiance.

Pas de confiance mutuelle

La patiente a déposé une plainte au commissaire local aux plaintes du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal en alléguant que l’intimé a fait preuve de discrimination et d’agressivité. Le médecin examinateur chargé de cette enquête a conclu à « un problème au niveau de la qualité de la relation professionnelle et un manque de respect envers le patient », mais a exclu tout comportement discriminatoire. Insatisfaite de cette réponse, la patiente a présenté une demande d’enquête au Bureau du syndic du Collège des médecins.

Le Dr Brière a finalement plaidé coupable aux deux chefs d’infraction qui pesaient sur lui. Il a toutefois indiqué que « l’attitude du patient, qui se présente au rendez-vous du 17 mai 2022 en enregistrant la rencontre et en ayant une certaine méfiance à le consulter pour convenir d’un plan de traitement d’hormones masculinisantes, dénote au mieux, une problématique ou l’inexistence de la confiance mutuelle nécessaire à la relation professionnelle ».

Dans sa décision, le Conseil de discipline rappelle toutefois que « c’est au médecin qu’incombe l’obligation de chercher à établir et à maintenir avec son patient une relation de confiance mutuelle et non à ce dernier ».

Le Conseil ajoute que si un patient « estime que son identité de genre ne correspond pas au sexe figurant à son acte de naissance, il peut demander qu’on le désigne par l’identité qu’il exprime. La rencontre médicale doit alors se dérouler dans le respect de cette identité de genre ».

La mégère mégenrée ? Non, elle n’aurait pas été difficile

Selon le Conseil, l’écoute de l’enregistrement effectué par le patient permet de voir que cette dernière a eu une attitude respectueuse avec le médecin. « Rien n’indique que le patient [la patiente] est ‟difficile », c’est-à-dire exigeant, tatillon, scrupuleux ou angoissé. Au contraire, il [elle] reste calme et écoute l’intimé la plupart du temps. »

Pour le Conseil, l’écoute de l’enregistrement « soulève des préoccupations au niveau des qualités personnelles » du Dr Brière « comme la capacité d’humilité à reconnaître ses limites, d’écoute, d’empathie, d’introspection et de conscience de ses biais cognitifs ainsi que la maîtrise des émotions ». 
 
Deux périodes de radiation de trois mois et de deux mois, à purger de façon concurrente, ont été imposées pour les deux chefs d’infraction qui pesaient sur le Dr Brière.

Réaction politique

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a affirmé « À la limite, le Collège des médecins aurait pu blâmer le médecin et l’inviter à appeler ces patients comme ils veulent. Mais pas le suspendre ! Si vous pensez que la femme voulant devenir un homme s’est mal senti quand il se fait appeler madame, imaginez comment se sentent les centaines de patients qui devront attendre 3 mois de plus avant de voir leur médecin… Le ministre de la Santé, @cdube_sante  doit dénoncer cette décision et rappeler que la priorité est d’avoir plus de soins, pas moins. »

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 La présentation sélective et tronquée des faits par Isabelle Hachey (dont la dernière partie revient sur ces événements en suivant la description qui en est faite par le Conseil de discipline qui adopte toute la terminologie militante « genriste »).


dimanche 14 janvier 2024

France — « Il faut enfin avoir le courage de briser le monopole du ministère de l’Éducation en s’inspirant de la réussite du privé »

Lisa Kamen-Hirsig (ci-contre), professeur et auteur de
La Grande garderie, réagit dans le Journal du dimanche de ce jours à la polémique sur la scolarisation des enfants du ministre de l’Éducation dans le privé.

— Ces ministres se présentent comme des ministres de l’école publique et non pas de toutes les écoles. L’argent public est monopolisé par l’Éducation nationale – un ministère qui entretient uniquement les écoles publiques ou privées sous contrat –, mais ne finance pas les initiatives privées et ne donne pas aux Français la possibilité d’inscrire leurs enfants là où ils le souhaitent. Pourtant, entre 50 et 60 % des Français souhaiteraient mettre leurs enfants dans une école privée s’ils le pouvaient. La ministre fait un choix qu’une majorité de Français aimeraient pouvoir faire. Hélas, beaucoup ne peuvent se permettre un tel sacrifice financier.

— Pour se justifier, Mme Oudéa-Castéra a invoqué le non-remplacement des professeurs absents dans le public. Est-ce une réalité ?

— Emmanuel Macron et le gouvernement avaient promis la présence d’enseignants devant chaque classe lors de cette rentrée 2023-2024. Force est de constater que ce n’est pas le cas. Le non-remplacement des enseignants s’explique par le manque d’attractivité du métier lié au statut de fonctionnaire. On ne peut pas négocier son salaire ni sa localisation géographique et il n’existe pas de passerelles du public au privé ni de l’école primaire au secondaire. L’autonomie doit être totale et concerner aussi bien la gestion des établissements scolaires, les personnels éducatifs et la pédagogie qu’ils souhaitent mettre en place dans le respect de l’hygiène, de la sécurité et de l’ordre public.

— Pourquoi oppose-t-on toujours en France l’autonomie des établissements scolaires à l’idéal républicain, selon lequel « uniformité » signifie « égalité » ?

—  Depuis le début du XXe siècle, l’État estime que c’est à lui d’éduquer les enfants pour fabriquer de bons petits républicains et non pas pour former des individus libres. On a commencé par interdire aux ordres religieux d’enseigner. Puis, récemment, on a abaissé l’âge de la scolarité obligatoire à trois ans et interdit de fait l’instruction en famille. Plus le temps passe, plus l’État met la main sur l’éducation des petits Français avec cette idée que seul l’État est capable d’instruire. Or, j’estime que le rôle de l’État n’est pas de transmettre les « valeurs républicaines », mais de former l’intelligence en inculquant les savoirs fondamentaux.

— Justement, Amélie Oudéa-Castéra a indiqué vouloir poursuivre le travail de son prédécesseur, qui a tenu une position ferme sur la question de la maîtrise des savoirs fondamentaux…

— Certes, mais cela ne fonctionnera pas tant que l’on fera du jacobinisme et de la centralisation la seule réponse à nos problèmes. Il faut enfin avoir le courage de briser le monopole du ministère
de l’Éducation en s’inspirant de la réussite du privé : supprimer la carte scolaire, mettre en concurrence les établissements et ouvrir les écoles libres aux plus modestes par un financement public type chèque scolarité ou défiscalisation.

Emmanuel Todd : « On est à la veille d’un basculement du monde »

Mise à jour du 14 janvier  


Mise à jour du 12 janvier

 

(E. Todd oublie une raison de l'assimilation plus réussie des  immigrés en Allemagne : une grande partie de ces immigrés sont d'Europe y compris Ukraine...)


Billet du 5 janvier

Emmanuel Todd, démographe, historien et sociologue publie un nouveau livre. Parmi ses faits d’armes éditoriaux, l’annonce, en 1976, dans La Chute finale, de la dislocation de l’URSS entrevue dans l’indice de mortalité infantile. Quarante-sept ans plus tard, pour ce qu’il dit être son dernier livre (« la boucle est bouclée »), il prédit La Défaite de l’Occident (Gallimard) dans le contexte du conflit en Ukraine.

L’auteur ne déclare pas la victoire de la Russie de Poutine, mais certains liront son livre sans pouvoir se défaire de cette idée. Les causes de ce déclin, selon lui, sont multiples : fin de l’État-nation ; recul de l’industrie, celle qui permet la fabrication des armes livrées à l’Ukraine ; « état zéro » de la matrice religieuse et d’abord du protestantisme ; hausse de la mortalité infantile aux États-Unis (plus élevée qu’en Russie), tout comme celle des suicides et des homicides. La conscience de ce reflux entraînerait un « nihilisme » qui trouverait son expression dans les guerres et la violence. A contrario et en dépit des sanctions occidentales, la Russie, elle, a « une économie et une société stabilisées », nous dit Todd. Le principal handicap russe serait son taux de fécondité, d’où l’urgence, pour Poutine, de gagner la guerre dans les cinq ans. Au regard de ce tableau contrasté, l’auteur entend nous persuader, en somme, que l’agresseur russe est en fait l’agressé, que l’impérialisme poutinien n’est qu’un souverainisme défensif, face à une Otan offensive. Beau joueur, il a accepté d’accorder au Point – journal européen et libéral – son premier entretien, qui fut parfois tendu, mais toujours instructif.

Le Point.—  Dans La Chute finale (1976), vous avez prédit le déclin de l’URSS en partant, notamment, du taux de mortalité infantile. Aujourd’hui, vous annoncez la défaite de l’Occident. Sur quels éléments vous appuyez-vous pour affirmer cela?

Emmanuel Todd.—  Les choses doivent être considérées à deux niveaux. Il y a le niveau économique qu’on observe actuellement. C’est-à-dire que la globalisation a mis non pas l’Occident en général mais spécifiquement les États-Unis en état d’incapacité de produire les armements nécessaires à l’Ukraine. Les Américains ont envoyé les Ukrainiens à la catastrophe durant l’offensive d’été avec un matériel insuffisant.

Je consacre tout un chapitre au dégonflement de l’économie américaine, où je démontre le caractère largement fictif de son produit intérieur brut avec l’aggravation continuelle de son déficit commercial. Je montre également que les États-Unis produisent moins d’ingénieurs que la Russie. Je pense que c’est la capacité à produire du dollar à coût zéro qui empêche le redémarrage de l’industrie américaine.

samedi 13 janvier 2024

Écosse : Vous ne croyez pas que votre fils est trans ? On vous enverra peut-être en prison

Un texte de Mathieu Bock-Côté dans le Journal de Québec.

Le journal The Telegraph nous apprenait que le gouvernement écossais planche actuellement sur un projet de loi qui s’inscrit sous le signe de la théorie du genre.  

Parmi ses éléments, on trouve une volonté explicite de pénaliser les parents entravant la transition de genre de leur enfant.

Je traduis : si cette loi est votée, un parent qui chercherait à mettre en garde son enfant contre son changement de sexe (ou de genre, comme on dit aujourd’hui), qui refuserait de l’appeler par le nouveau prénom qu’il se choisit et les pronoms dont il se réclame pour s’identifier, encourrait 7 ans de prison.

Écosse

Pourquoi ? Parce que l’idéologie diversitaire est parvenue à se convaincre qu’il s’agirait d’une violence à son endroit, semblable aux délirantes thérapies de conversion qui visent à convertir les homosexuels à l’hétérosexualité.

C’est le monde à l’envers : ce ne sont plus les activistes trans radicaux qui cherchent à transformer les jeunes en non-binaires ou en trans pour trouver une réponse à leur malaise existentiel qui se rendraient coupables de prosélytisme identitaire, mais les parents cherchant à contenir leur influence.

Ce ne sont pas les militants qui font la promotion de la théorie du genre qu’il faudrait critiquer, mais les parents qui font ce qu’ils peuvent pour éviter la mutilation psychique et physique de leur enfant. 

Demain

Faut-il vraiment rappeler que l’idée d’être d’un autre « genre » que celui de leur corps sexué n’apparaît pas spontanément dans la tête des enfants ? Ils sont les enfants cobayes d’une nouvelle idéologie obsédée par la déconstruction des identités.

Concrètement, l’autorité parentale est piétinée et l’État écossais prétend désormais remplacer les parents qui ne se soumettraient pas à l’autorité du genre, au point même de les menacer de les engeôler.

Demain, cela pourrait arriver chez nous.


Pour Julie Bindel dans The Telegraph, encourager les jeunes à penser qu’ils devraient changer de sexe est certainement en soi une forme de thérapie de conversion.

Le dirigeant du Parti national écossais (indépendantiste), Humza Yousaf

Imaginez, dans un avenir pas très lointain, un garçon de 11 ans rentre à la maison et déclare qu’il est une fille. Il s’habille pour sortir avec ses amis en portant un soutien-gorge rembourré et une micro-jupe, ainsi qu’un visage maquillé. Lorsque ses parents lui disent qu’il ne peut pas sortir ainsi, il répond que c’est sa façon d’exprimer son identité sexuelle et menace d’appeler la police.

 Dans un pays sensé, il ne se passerait rien de plus, à part peut-être une brève crise de colère. Toutefois, si le garçon se trouve en Écosse, en vertu de nouvelles propositions qui ont une réelle chance d’être mises en œuvre, l’histoire pourrait un jour se terminer tout à fait différemment.

Là-bas, la police prend l’appel au sérieux. Quand elle arrive au domicile, les parents sont arrêtés et menacés d’une peine pouvant aller jusqu’à sept ans de prison pour avoir refusé d’affirmer l’identité de genre de leur enfant.

Cela semble absurde, mais le parti nationaliste (!) écossais semble s’efforcer de faire de cette situation une réalité. Le parti a proposé une nouvelle loi qui pourrait criminaliser les parents qui refusent de reconnaître pleinement l’identité de genre de leur enfant.

Parmi les actions qui pourraient être criminalisées, on trouve le fait d’empêcher quelqu’un de « s’habiller d’une manière qui reflète son orientation sexuelle ou son identité de genre », même si cette décision a été prise par un parent agissant pour protéger son enfant des idéologues du genre.

Cette loi abominable est proposée sous prétexte de mettre fin aux « thérapies de conversion », alors qu’il n’en est rien. Je devrais connaître la différence. En 2014, alors que j’effectuais des recherches pour un livre sur la culture lesbienne et homosexuelle, je me suis rendu clandestinement chez un thérapeute chrétien spécialisé dans les thérapies de conversion aux États-Unis.

La semaine qui a suivi, au cours de laquelle on m’a dit que j’étais brisée, mauvaise et non aimable, a été, bien que j’aie adopté une fausse personnalité, horrible. Il en va tout autrement pour un parent aimant, inquiet de l’influence de l’idéologie du genre et soucieux du bien-être de son enfant. Après tout, ils ont de bonnes raisons de s’inquiéter. Au cours de la dernière décennie, le nombre d’enfants se déclarant transgenres ou non binaires a grimpé en flèche, tout comme le nombre de personnes ayant accès à des cliniques spécialisées dans l’étude du genre.

Les faits sont choquants. Les bloqueurs de puberté conduisent presque toujours les jeunes à prendre des hormones transsexuelles irréversibles une fois qu’ils ont atteint l’âge de 18 ans, et les graves problèmes de santé mentale et les traumatismes que l’enfant peut ressentir sont souvent négligés au profit d’une simple validation (étiquetage) en tant que transsexuel.

Le rapport intérimaire de Hilary Cass sur le service de développement de l’identité sexuelle du NHS a clairement indiqué qu’il y avait un manque flagrant de preuves concernant les effets des médicaments interrompant la puberté sur les enfants et une grande confusion quant à leur finalité. Les parents ont non seulement le droit, mais aussi le devoir d’empêcher leurs enfants d’être plongés dans une fiction dangereuse qui les affectera pour le reste de leur vie.

La loi écossaise se trompe de cible. Ce ne sont pas les parents qui pratiquent des thérapies de conversion et ce ne sont pas les parents qui devraient être pénalisés.

Ce n’est pas une thérapie de conversion que de dire la vérité à ses enfants et de leur dire qu’il n’y a rien de tel que d’être piégé dans le mauvais corps. Les adultes ont un devoir de protection envers les jeunes, et parfois cela signifie les empêcher de faire quelque chose qu’ils veulent désespérément faire parce que nous savons le mal que cela leur causera.

 Le terme « thérapie de conversion » décrit mieux les actions de ceux qui disent aux enfants que s’identifier au sexe opposé résoudra leurs problèmes, et qui les poussent à emprunter des parcours médicalisés, en dépit de la masse croissante de preuves montrant les coûts réels de cette démarche.

Il incombe aux parents de faire ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants et de les protéger. Cela inclut de les protéger de l’industrie du genre, qui est occupée à faire de la propagande — non seulement par des activistes et des jeunes impressionnables sur les médias sociaux, mais aussi par des cliniciens privés qui font de la publicité pour leurs services sur les médias sociaux.

À mon avis, certains de ces cliniciens — qui ont ignoré les nombreux dénonciateurs (au sein du Tavistock et ailleurs) qui ont mis à nu les terribles conséquences pour les enfants d’être « affirmés » de cette manière, qui ont continué à traiter les enfants avec des bloqueurs de puberté, et qui les ont envoyés sur la voie du « changement de sexe » — devraient faire l’objet d’une enquête.

En effet, si la loi du SNP devait être appliquée de manière juste et équitable, il est fort probable qu’elle le serait.

 

Suède — Menaces et violence à l'école ont augmenté de 22 % en 5 ans

Portique de sécurité dans une école suédoise
 
Les menaces et la violence à l’encontre du personnel scolaire et des élèves ont augmenté de 22 % au cours des cinq dernières années, et les enseignants sont plus susceptibles d’être agressés physiquement s’ils sont des femmes, selon un nouveau rapport.

Les chiffres de la Commission de l’Autorité suédoise de l’environnement de travail et du magazine du syndicat des enseignants Vi Lärare (Nous, les enseignants), qui s’appuie sur les statistiques relatives au nombre de signalements de menaces et de violences dans les écoles suédoises en 2023, ne sont pas encore finalisés, mais on peut tout de même constater que le nombre de signalements a augmenté de manière significative. Alors que 863 signalements avaient été recensés en 2018, 1058 ont déjà été signalés depuis le début de l’année 2023. Les rapports concernent aussi bien les enseignants que les élèves.

Selon le dernier rapport de l’Autorité suédoise de l’environnement de travail, les enseignants du primaire sont désormais la source la plus courante de plaintes liées au travail, explique à Vi Lärare Kristian Hansson, expert à l’Autorité de l’environnement de travail.

Kritian Hansson faisait déjà valoir que les chiffres pourraient être sous-estimés en raison d’un effet d’émoussement. Les menaces et la violence risquaient de devenir la normale et de faire partie du travail. Et ces chiffres ne dressent sans doute pas un tableau complet, car il existe d’autres systèmes de signalement, par exemple au niveau de l’Inspection scolaire, du Médiateur des enfants et des étudiants (BEO), des systèmes propres aux municipalités, etc.

Le nombre de menaces signalées est passé de 264 il y a cinq ans à 340 cette année, soit une augmentation de près de 29 %. Dans le même temps, les cas de violence ont augmenté de 20 %. Environ deux pour cent des signalements étaient dirigés contre les parents, et les 98 % restants contre les élèves.

Récemment, une école maternelle de Göteborg a été fermée d’urgence après un verrouillage de sécurité dû à des menaces contre le personnel, rapporte le diffuseur public SR. Selon le syndicat, cette fermeture était due à des menaces contre le personnel.

Le personnel était tellement effrayé qu’il ne pouvait pas se rendre au travail. Il y avait également des gardes de sécurité à l’école maternelle, explique Andrea Meiling, directrice de l’Association suédoise des enseignants à Göteborg.

« Déraisonnable »


Selon les dernières statistiques de l’autorité suédoise chargée de l’environnement de travail sur les blessures subies par les enseignants et les directeurs d’école, les menaces et la violence sont la troisième cause de blessure la plus fréquente. En outre, les enseignantes sont plus souvent exposées à la violence physique que les enseignants.

Les agressions physiques, y compris les coups, les bousculades ou les coups de pied, représentent 60 % des accidents impliquant des enseignantes, contre 47 % pour les hommes. Les menaces verbales, y compris les lettres ou les appels téléphoniques menaçants, représentent 40 % des signalements de femmes et 53 % des signalements d’hommes.
 
« Il est déraisonnable que le personnel scolaire ait peur de se rendre au travail, il est donc important de travailler sur des mesures préventives », de déclarer Hansson.

Adolescent agresseur condamné

L’incident a eu lieu le 5 mai 2023. Pendant la récréation, dans un collège public de Höör, une petite ville au sud de la Suède, un élève de 16 ans en tourmente un autre, plus jeune que lui. Témoin de la scène, Paul Carlback, professeur de suédois et d’anglais, intervient. Le harceleur ricane et prétend appeler la police, pour le dénoncer. Puis il se lève, lance à l’enseignant qu’il va le « boxer » et lui envoie un coup dans la poitrine. Paul Carlback pousse le garçon contre une armoire et le retient quelques instants.

Fin novembre, l’élève a été condamné, en première instance, pour « menace contre un fonctionnaire », un délit qui protège le corps enseignant depuis 2023. L’adolescent va devoir verser 10 000 couronnes (890 euros) de dommages et intérêts à son professeur. Mais Paul Carlback reste sans emploi : en plus de le dénoncer à la justice — une plainte rapidement classée sans suite —, la direction de son collège l’a licencié.

«  Le nouveau quotidien de l’école : un meurtre au coin de la rue »

Selon le quotidien Expressen, La dernière fusillade mortelle en décembre a eu lieu à quelques centaines de mètres d’une école primaire à Södertälje. Il s’agissait du 60e meurtre en Suède pour 2023. La ville a accueilli un grand nombre de réfugiés assyriens chrétiens.

C’est une nouvelle normalité pour les élèves et les enseignants, dont beaucoup ont été confrontés de près à la violence des armes à feu.

« Les parents viennent aux réunions en gilet pare-balles », déclare une enseignante qui travaille depuis longtemps à Järva, une ville qui, comme Södertälje, a été durement touchée par les meurtres commis à proximité des écoles.
 
« Gunvor », âgée d’une soixantaine d’années, a travaillé comme enseignante à Järva pendant toute sa vie professionnelle et s’est habituée à un environnement de travail violent et menaçant.

Se faire traiter de « pute », s’entendre dire « je vais niquer ta mère » et assister à des bagarres brutales font partie de son quotidien et de celui de ses collègues, dit-elle.

« À l’école, les élèves disent que je suis sale. Mes cheveux sont clairs et coiffés en queue de pie. Par “sale”, ils veulent dire que je suis blanche et chrétienne. J’ai envisagé de porter un gilet de sécurité. Tout le monde le porte. Même les parents viennent aux évaluations avec leur gilet. », ajoute-t-elle

Le rapport « Tais-toi, salope » montre que les menaces et la violence sont courantes dans les centres périscolaires, les classes préscolaires et les classes de la première à la sixième année d’études.

« Je les ai entendus essayer d’entrer chez moi »

« Gunvor » raconte que des élèves sont venus chez elle après qu’elle a réprimandé un élève en classe : « Il a commencé à me suivre plusieurs fois après que j’ai travaillé le soir. Je ne m’en préoccupe pas vraiment, mais il me disait “attention” et d’autres choses du même genre. »

« À un moment donné, lui et ses amis se tenaient devant la porte », raconte-t-elle.

« Je les ai entendus essayer d’entrer par la porte. Ensuite, il y a eu 53 SMS me disant de faire attention, et il y avait aussi des photos de moi. Ils m’ont envoyé des paroles de chansons de rap », ajoute-t-elle.

En fait, c’est l’argent qui la fait travailler. Mais elle éprouve aussi un sentiment de revanche.

L’enseignante chevronnée affirme : « Je n’ai pas peur au travail, mais c’est désagréable. les salaires sont très élevés et cela aide. Ils ne vont pas me faire bouger, j’aime bien ça quand même. »

Le personnel est devenu résigné, dit-elle, et ils discutent entre eux pour savoir de qui il faut se méfier.

« Il n’est pas question pour moi de signaler un problème. Je ne veux pas de problèmes. Deuxièmement, il n’y aura jamais de suite. Cela s’arrête là », poursuit-elle.

« Gunvor » dit qu’elle ne prendrait jamais les transports publics pour se rendre au travail : « C’est trop dangereux ».

Au lieu de cela, elle a obtenu son espace de garage auprès de celui d’un homme qui, contre rémunération, surveille sa voiture pour s’assurer qu’elle n’est pas abîmée. 

« Ils ne dominent pas leurs impulsions »

Kerstin Aronsson est infirmière scolaire et travaille à l’école de Rinkeby, dans la région de Järva, depuis plus de 30 ans.  Selon elle, « Nous travaillons avec des enfants. Leur cerveau n’a pas encore achevé sa croissance et ils manquent parfois de contrôle des impulsions. Ils peuvent donc laisser échapper des choses, mais il est préférable d’adopter une approche discrète. »

Cathédrale orthodoxe syriaque Saint Aphrem, Södertälje

Les premiers Assyriens sont arrivés en Suède en 1967. En mars 1967, cinq familles assyriennes sont arrivées à Södertälje. À l’époque, les perspectives d’emploi chez Scania ont attiré plusieurs groupes d’immigrés et d’autres Assyriens se sont joints à eux après la création d’une paroisse syrienne orthodoxe. Fin 1976, environ 6 000 personnes de ce groupe vivaient à Södertälje. Après 1977, l’immigration d’Assyriens s’est poursuivie, mais principalement sous la forme d’une immigration familiale. Dans le cadre de la guerre en Irak, un autre groupe d’Assyriens orientaux chrétiens s’est installé dans la ville entre 2003 et 2007. Ce groupe dirige aujourd’hui de nombreuses entreprises de la ville dans les secteurs de la restauration, de la coiffure, de la blanchisserie et des commerces de proximité.

Bien que la plupart des Assyriens de Suède ne vivent pas à Södertälje, plusieurs de leurs associations et institutions religieuses sont basées dans la ville, notamment la cathédrale Saint Ephraïm et la cathédrale Saint Jacob de Nsibin. Le groupe comprend les clubs sportifs Assyriska FF et Syrianska FC. La chaîne satellite syrienne Suryoyo Sat émet depuis Södertälje.

Criminalité

En 2017, un total de 15 544 crimes ont été signalés dans l’ensemble de la municipalité de Södertälje, ce qui correspond à 16 305 rapports pour 100 000 habitants. Ce chiffre est légèrement supérieur (environ 8 %) à la moyenne nationale de 15 062 signalements pour 100 000 habitants, mais inférieur d’environ 23 % à celui de grandes villes comme Stockholm (avec 21 254 signalements pour 100 000 habitants) et de 9 % à celui de Malmö (avec 17 914 signalements pour 100 000 habitants).

Le quartier de Ronna (y compris les quartiers voisins de Geneta et Lina) est défini en 2021 comme une zone particulièrement vulnérable, et Fornhöjden et Hovsjö comme des zones à risque. Il s’agit de zones très éloignées du centre-ville de Södertälje et comptant une forte proportion de personnes d’origine étrangère.

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Québec — Un homme qui se dit femme, pédophile récidiviste, à nouveau arrêté pour pornographie juvénile

La police a mis la main au collet d’une homme qui se dit femme des Laurentides pour diverses infractions en matière de pornographie juvénile. L’accusé est d’ailleurs un pédophile récidiviste. 

Danny Lauzon, 39 ans (ci-contre), a été épinglé jeudi par les policiers de l’Équipe d’enquête sur l’exploitation sexuelle des enfants sur internet de la Sûreté du Québec.

On lui reproche d’avoir accédé à du matériel pornographique juvénile et d’en avoir possédé. Il fait également face à une accusation de violation de conditions.

Les policiers ont mené une perquisition au domicile du suspect et du matériel informatique a été saisi afin d’être analysé.

Sur place, les forces de l’ordre ont également saisi une centaine de comprimés de méthamphétamine et 45 paquets de cigarettes de contrebande.

Danny Lauzon n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice en matière de pornographie juvénile. Celui qui veut qu'on l'appelle désormais Krystel Lauzon avait été condamné à quatre ans d’emprisonnement en 2022, après avoir reconnu sa culpabilité à des accusations de production, distribution et possession de matériel pornographique juvénile.

Le pédophile avait aussi été arrêté pour possession de pornographie juvénile en octobre 2020, mais avait bénéficié d’un arrêt des procédures dans le dossier.

Danny Lauzon, qui s’affiche ouvertement comme une « femme trans » sur les réseaux sociaux, a publié au fil des dernières années de nombreux messages de défense des « droits » des personnes transgenres.

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Juger la vie privée de Simone de Beauvoir  (Elle a eu une relation avec une élève de 15 ans qui lui aurait valu son congédiement du lycée Molière à la fin des années 30. On relate aussi ses relations amoureuses avec de jeunes femmes qui étaient aussi ses étudiantes, qu’elle « rabattait » ensuite vers son compagnon Jean-Paul Sartre. En 2008, la Britannique Carole Seymour-Jones, auteure du livre A Dangerous Liaison, décrivait le comportement de Beauvoir comme un « abus d’enfant » se rapprochant de la « pédophilie ». En 2015, dans Simone de Beauvoir et les femmes, Marie-Jo Bonnet qualifiait de « contrat pervers » le modus operandi entre Beauvoir et Sartre. Le blogueur du Journal de Montréal Normand Lester accuse quant à lui Beauvoir d’être une « prédatrice sexuelle ».)

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