mardi 2 mai 2023

D’ici 2070, le Japon pourrait perdre près d’un tiers de sa population

Un rapport publié cette semaine met en lumière une baisse importante de la démographie dans moins de 50 ans.


Le Japon, archipel vieillissant, ce n’est pas nouveau. Le Japon, archipel dépeuplé, ça l’est plus. L’Institut national de recherche sur la population et la sécurité sociale, un organisme rattaché au ministère de la santé, publié cette semaine un rapport alarmiste : la population japonaise pourrait bien diminuer de 30 % d’ici 2070.

Le Japon a chuté dans le classement mondial des pays les plus peuplés, passant de la septième place en 1990 à la onzième en 2022. Le pays devrait tomber au 17e rang d’ici 2050, derrière des pays tels que le Viêt-Nam ou les Philippines.

De 126 à 87 millions

Le quotidien économique, Nihon Keizai Shimbun, a publié sur son site les projections démographiques : la population japonaise, qui est actuellement d’un petit peu plus de 126 millions, devrait diminuer de 30 % dans moins de 50 ans pour atteindre 87 millions d’habitants. Cette baisse démographique s’accompagnera d’un vieillissement accru de la population, avec une estimation de 33 millions de personnes âgées de plus de 65 ans, soit près de 40 % des habitants.

En parallèle, le nombre de personnes âgées de 15 à 64 ans devrait chuter à 45 millions en 2070, contre 75 millions actuellement et les citoyens étrangers devraient représenter un peu plus de 10 % de la population, soit cinq fois plus qu’actuellement.

Impacts sur l'économie, la sécurité sociale

Ces projections soulèvent des préoccupations majeures pour l’avenir du Japon, notamment en termes de durabilité économique et de pression sur les systèmes de sécurité sociale. «Comme nous l’avons vu avec le déclin de l’économie régionale [qui est frappée davantage par le dépeuplement et a du mal à s’en sortir], la société japonaise entière et les structures de base de celle-ci risquent de s’effondrer» estime l’économiste japonais Hideo Kumano dans le journal Mainichi Shimbun.

Ces prévisions sont peut-être encore trop optimistes

Néanmoins, selon le Japan Today, ce rapport officiel ne serait pas totalement exhaustif. Les dernières données «surestiment l’augmentation de la population étrangère et ne tiennent pas compte de la baisse du désir de la jeune génération de se marier ou d’avoir des enfants, causée par la pandémie» estime dans ses colonnes Masashi Kawai, directeur d’un centre de recherche sur la prévention du déclin démographique.

Le rapport souligne également l’importance pour le pays de non seulement revoir les systèmes de sécurité sociale mais aussi de restructurer les communautés urbaines afin de mieux répondre aux besoins des Japonais. Notamment la création de villes qui ne compteraient pas plus de 100 000 habitants, offrant ainsi des services centralisés.

Le Japon n’est pas le seul pays à faire face à une chute importante de la démographie. La Corée du Sud fait également face à une chute drastique du taux de natalité. Sa population, qui est actuellement d’environ 51,8 millions d’habitants, devrait tomber à 45,8 millions d’ici 2050.

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Le Japon relève l’âge de la retraite à 70 ans [un quart des 128 millions de Japonais ont plus de 65 ans.] Conséquence de la faible natalité depuis 50 ans : le Japon a perdu un demi-million d’habitants en 2019. En ce début d’année 2020, les autorités japonaises craignent une nouvelle récession. Le PIB nippon du dernier trimestre 2019 s’est contracté de 1,6 %.  

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lundi 1 mai 2023

Québec accuse de nombreux immigrants d’avoir menti sur leurs compétences linguistiques en français

Québec accuse de nombreux immigrants d’avoir menti sur leurs compétences linguistiques et les recale lors d’une entrevue orale, en dépit d’une preuve attestant qu’ils ont déjà réussi le niveau requis en français, a appris Le Devoir. Plusieurs d’entre eux peuvent même être « bannis pour cinq ans » du processus de sélection du Québec, dénoncent des avocats. Ces derniers — et leurs clients — déplorent ce qu’ils qualifient d’acharnement de la part du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). 

Le Devoir s’est entretenu en français, à l’oral et à l’écrit, avec plusieurs candidats à l’immigration n’ayant pas le français comme langue maternelle qui ont été convoqués à une entrevue. Il préserve leur anonymat pour ne pas nuire à leurs démarches. Le Devoir ne donne pas son appréciation du niveau de compétence en français des gens avec qui il a parlé.

D’origine chinoise, Chang déplore la façon dont il a été traité par le MIFI, qu’il qualifie d’« arrogant » et d’« irresponsable ». Le jeune homme a fait une maîtrise dans une université anglophone d’ici et dit être « tombé en amour » avec le Québec. Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) lui permettait de réaliser son rêve d’immigrer, mais il devait apprendre le français et obtenir l’équivalent du fameux « niveau 7 » sur l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français. Au printemps 2022, après avoir réussi tous les tests de français oraux et écrits agréés par le MIFI, il a demandé le Certificat de sélection du Québec (CSQ), le précieux sésame lui permettant de demander la résidence permanente au gouvernement fédéral. 

Or, son rêve s’est effondré lorsqu’il a été convoqué quelques mois plus tard à une entrevue de contrôle par le ministère de l’Immigration du Québec. Celui-ci lui a dit avoir des raisons de croire qu’il avait soumis des « documents faux ou trompeurs » pour attester de son niveau de français, ce que nie le principal intéressé. Au terme de l’entretien, qui « s’est très mal passé », Chang s’est vu octroyer un niveau 4. 

Dans la lettre du MIFI, on l’informe aussi que sous prétexte qu’il a menti sur ses compétences en français, toute nouvelle demande qu’il voudrait soumettre pourrait ne pas être évaluée, et ce, pour les cinq prochaines années. « J’étais dévasté », a-t-il dit. En 2016, des soupçons de fraude et de production de faux documents avaient mené l’Unité permanente anticorruption à ouvrir une enquête, ont révélé des documents de cour. C’est ce qui avait incité le ministère de l’Immigration du Québec à prendre les devants et à vérifier davatange le niveau de français oral des candidats au PEQ en les convoquant pour un entretien. D’après les données du MIFI, plus de 2000 personnes se sont soumises à cette entrevue depuis l’automne 2016. Les convocations ont connu une augmentation et sont en voie de rattraper le niveau prépandémique. Quant au taux d’échec, il varie beaucoup, allant de 16 % à 84 % selon les années. 

Source

Brice Couturier : Submersion des francophones du Québec par l'immigration et le multiculturalisme canadien

Avec Paul Saint-Pierre Plamondon, Président du Parti Québécois et Brice Couturier, journaliste, essayiste et auteur de Ok millénials (Ed. Les Éditions de l'observatoire). Émission complète.


Paul Saint-Pierre Plamondon:

 

 

Transcription des propos de  Paul Saint-Pierre Plamondon :

« Le français et la culture québécoise en français est en chute libre au Québec. C'est mesuré de toutes sortes de manières. Cette conjoncture ramène avec vigueur la question de l'avenir du Québec et ma thèse c'est que nous n'avons pas d'avenir si nous demeurons dans le Canada. Le sort qui nous attend c'est celui de l'assimilation comme on l'a vu pour les francophones des autres provinces canadiennes. Et évidemment, avec le déclin, mais vient beaucoup de mépris, vient beaucoup de tristesse. Ce n'est pas un avenir radieux et c'est pourquoi je viens parler en France de notre volonté de reprendre le flambeau de René Lévesque et de Jacques Parizeau et de finalement obtenir justice dans cette quête qui dure rappelons-le depuis des siècles. »



Éric Zemmour sur BFMTV : Pap Ndiaye tombe enfin le masque

Éric Zemmour était l'invité de Jean-Baptiste Boursier dans BFM Politique (chaîne très peu pro-Zemmour...)

Éric Zemmour a parlé de son opposition à Pap Ndiaye et à son projet de « mixité sociale » dans les écoles privées qui est en réalité un projet de mixité migratoire. Il a également abordé le sujet de Mayotte et des tensions avec les Comores. 10 ans après le mariage pour tous, Éric Zemmour a renouvelé son opposition à cette loi, véritable cheval de Troie de l'agenda militant des lobbys LGBT. Pour finir, il a vivement critiqué la politique des échecs d'Emmanuel Macron et son mépris envers les Français avec qui il n'a pas voulu débattre durant la campagne présidentielle 2022.

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Livres pour la jeunesse : Appauvrissement de la langue française et rectitude politique

Roald Dahl et Agatha Christie corrigés pour complaire à l’air du temps dans nos élites dites éclairées. Et en France, quel est le sort de la littérature jeunesse ? De célèbres collections pour les enfants sont aussi toilettées : la mode, le politiquement correct font leur oeuvre, mais aussi l’évolution du lectorat. Enquête du Figaro.

Il y a un mois éclatait l’affaire Roald Dahl. La maison d’édition de l’écrivain britannique avait apporté des coupes drastiques ou remplacé des mots dans Charlie, Matilda et autres titres lus et appréciés par des millions d’enfants… Pour bannir tout propos jugé « discriminatoire », les termes comme « blanc », « noir » et « gros » avaient été remplacés, et ce avec la bénédiction des ayants droit de l’auteur britannique. Des révélations apportées par le journal britannique The Telegraph qui ont eu l’effet d’un coup de tonnerre de l’autre côté de la Manche. L’écrivain Roald Dahl avait pourtant déclaré de son vivant qu’il ne souhaitait pas voir « une seule virgule » de ses livres modifiée. Cette pente dangereuse fait craindre pour les livres de littérature jeunesse. Qu’en est-il en France ?

La réécriture des livres jeunesse n’est pas une chose nouvelle. Il y a plus de dix ans, on a découvert avec étonnement les nouvelles éditions - version années 2000 - des classiques de la « Bibliothèque rose » et de la « Bibliothèque verte » chez Hachette Jeunesse (Le Club des cinq, Alice, Fantômette…) ou celle des albums de Martine, née en 1954 sous la plume de Gilbert Delahaye et le crayon de Marcel Marlier chez Casterman. Le passé simple a disparu, les descriptions - quand elles ne sont pas supprimées - sont réduites à peau de chagrin, exit le vouvoiement entre enfants et adultes, un verbe comme « grommeler », considéré comme désuet, est remplacé. Époque du politiquement correct oblige, Le Club des cinq et les saltimbanques (1965), d’Enid Blyton, est devenu Le Club des Cinq et le cirque de l’étoile (2006). Pour éviter toute accusation de sexisme : l’album Martine petite maman est ainsi renommé Martine garde son petit frère. Dans son édition de 1968 [1965], l’album était riche de plusieurs lignes de texte. Mais dans celle récente de 2016, le texte est moins dense. Sur certaines pages, les paragraphes et descriptions sont réduits à une seule ligne… 

Le « nous » est remplacé par « on »

Si on compare deux éditions différentes des classiques de la « Bibliothèque rose » et de la « Bibliothèque verte », c’est un véritable jeu des sept différences. On les aperçoit déjà dès la première page du Club des Cinq au bord de la mer (1992) : « Déjà Mick s’affairait. Les autres, descendus eux aussi de leur bicyclette, faisaient cercle autour de lui, souhaitant de tout leur coeur que le malheur pût être vite réparé », est réécrit dans l’édition de 2019 : « Déjà Mick s’affaire. Sa cousine Claude et sa soeur Annie sont descendues elles aussi de leurs bicyclettes et s’approchent de lui. Elles croisent les doigts pour que la halte ne dure pas trop longtemps. » La maison d’édition Hachette abandonne le passé pour le présent, le « nous » est remplacé par « on », les expressions sont modernisées.

Alice au bal masqué (1962), de Caroline Quine, connaît le même sort : « Debout devant sa psyché, Alice assura soigneusement la perruque brune qui dissimulait ses boucles blondes. Un loup de satin noir au bavolet de tulle dissimulait entièrement son visage, ne laissant voir que les yeux bleus, pétillant de malice derrière les fentes du masque », devient dans l’édition de 2006 : « Debout devant son miroir, Alice ajuste soigneusement la perruque brune qui dissimule ses boucles blondes. Un loup de satin noir cache son visage, ne laissant apparaître que ses yeux bleus pétillant de malice. » On est bien curieux de savoir ce que donnerait une nouvelle traduction de ce volet de la série aujourd’hui. Sans parler des nouvelles illustrations qui font pâle figure à côté des anciennes versions… Comment justifier ce choix de la part des maisons d’édition de réécrire ces grands classiques de la littérature jeunesse ? Qu’en est-il du droit moral ?

Rosalind Elland-Goldsmith joue un grand rôle dans les nouvelles versions de nombreux livres pour enfants. Elle a notamment réécrit, de 2015 à 2018, les 60 albums de Martine. Une révision réalisée en accord avec le successeur de Gilbert Delahaye, Jean-louis Marlier, fils de l’illustrateur, décédé en 2019, qui souhaitait que Martine se maintienne dans la durée. Un « choix » totalement assumé par Céline Charvet, directrice de Casterman Jeunesse. « Il fallait que Martine parle à la nouvelle génération, soit en phase avec son époque », répondait-elle au Point en 2021. Mais pourquoi changer le titre célèbre de Martine petite maman ? « En le réintitulant Martine garde son petit frère, c’est plus conforme à l’histoire, répond Rosalind Elland-Goldsmith. Sinon, on était dans une assignation de genre qui était un peu forte. » « Assignation de genre » ? Ces considérations idéologiques passent probablement au-dessus de la tête des jeunes lecteurs et lectrices…

La version revue, réduite en taille, simplifiée de Martine petite maman, parue en 2018.

[Les facs-similés des Martine des années 50-90 connaissent un beau succès dans la collection Farandole. Ces classiques sont plus grands et plus riches que les récentes éditions dues aux soins de Rosalind Elland-Goldsmith.]

Facsimilé de l'édition de 1965

En plus d’avoir écrit les derniers albums parus en 2021 et 2022 de Martine (Martine au Louvre, Martine au château de Versailles et Martine aux Galeries Lafayette), elle est aussi celle qui est à l’origine des nouvelles traductions d’autres classiques de la « Bibliothèque rose » et de la « Bibliothèque verte ». Pour quelles raisons a-t-elle apporté toutes ces modifications ? « Le Club des cinq est une série dont la traduction date des années 1950-1960 », répond-elle. Idem pour Alice. Selon elle, c’est une langue qui a pu « vieillir ». Il s’agit donc de « remanier » les textes de façon à les rendre « plus actuels » et les dialogues « plus naturels » pour les enfants. « On intervient pour rendre le vocabulaire plus accessible en modifiant des termes qui ne seraient plus compris par les enfants d’aujourd’hui car ils font référence à des choses anciennes », estime-t-elle en insistant sur ce rapport de plaisir à la lecture qui doit être préservé chez les enfants.

Quant au temps du récit, selon elle, le présent serait plus adapté que le passé simple aux romans d’action ou d’aventures que les enfants lisent avec plus de facilité. Ces remaniements ont été réalisés sur des traductions et non sur les textes originaux en anglais. Selon le code de la propriété intellectuelle, la traduction est un domaine qui peut être protégé par des droits d’auteur… Hachette a-t-il obtenu des droits pour retravailler les traductions d’origine ? Nous n’avons pas réussi à avoir la réponse. Même Rosalind Elland-Goldsmith l’ignore.

Néanmoins, ces choix éditoriaux sont complètement assumés. « La série n’aurait probablement pas survécu, ni duré, si on ne les avait pas soutenus par toutes ces opérations de remaniement et d’adaptation », argue Rosalind Elland-Goldsmith. Contrairement au corpus de la comtesse de Ségur auquel Hachette ne touche pas - bien que l’œuvre soit tombée dans le domaine public, elle a atteint le statut d’« œuvre classique » protégé par le circuit scolaire et universitaire, et, par conséquent, intouchable  [On a pourtant sabré des chapitres (trop religieux) dans la comtesse de Ségur]-, les séries comme Le Club des cinq ou Alice ne sont pas des oeuvres qu’on retrouve dans les manuels scolaires.

Heureusement, il est encore possible aujourd’hui d’avoir accès aux anciennes versions dans le circuit commercial.

Appauvrissement de la langue française

Qu’en est-il des autres classiques jeunesse comme ceux du Père Castor ? Boucle d’or, Marguette, Roule galette, Michka… Les textes et les illustrations n’ont pas bougé d’un iota depuis notre enfance. La maison d’édition Flammarion a fait le choix de garder les albums tels qu’ils étaient à leur première édition. « Les textes sont relus et corrigés le cas échéant, mais sur la langue elle-même, on les garde tel que c’était prévu dans les années 1950 », fait savoir Bénédicte Roux, directrice littéraire chez Flammarion Jeunesse - Père Castor. Un choix contraire à celui de Hachette ou de Casterman. Boucle d’or existe toujours avec les images de Gerda Muller dans le format original qui date de 1956, Michka n’a pas changé depuis 1941. « C’est important de garder ces livres dans leur esprit original », ajoute Bénédicte Roux. La maison d’édition du Père Castor serait-elle plus conservatrice que les autres ?

L’explication nous est finalement donnée par Hedwidge Pasquet, directrice des Éditions Gallimard Jeunesse. Pour elle, l’arrivée d’Harry Potter en 1998 a bouleversé la littérature enfantine. « À l’époque, il était considéré comme un ouvrage difficile ne pouvant pas être lu par des enfants, précise-t-elle. Cela n’a pas empêché les enfants de 9 ans de le lire. » Ces derniers qui, jusque-là, dévoraient les aventures du Club des cinq ou de Martine les ont délaissées pour le jeune sorcier. Si les nouvelles éditions des livres se sont simplifiées, ce n’est pas seulement à cause de l’air du temps, de l’appauvrissement de la langue française ou du politiquement correct. « L’enjeu était de faire baisser l’âge de lecture, explique Rosalind Elland-goldsmith. On est donc amené à remanier le texte qui va être plus court avec un vocabulaire plus simple. » Harry Potter a fait baisser l’âge de lecture pour des livres comme Le Club des cinq, qui était de 9-10 ans auparavant. De même pour la série Martine qui s’adresse désormais aux 4-5 ans. Alors que celui des petits lecteurs du Père Castor, resté à 4-5 ans, n’a pas bougé.

Les maisons d’édition de la « Bibliothèque rose » et de la « Bibliothèque verte » ou de Martine ont été obligées de s’adapter à ce changement. « Les enfants ont une éducation qui est beaucoup plus mélangée aux adultes, ils sont tributaires des informations disponibles sur les différents médias, c’est à nous de suivre cette évolution », conclut Hedwidge Pasquet.


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Fin des Dix Petits Nègres

Nouvelle traduction « antiraciste » d'Autant en emporte le vent

dimanche 30 avril 2023

Québec paie la formation en médecine en anglais de 300 étudiants non québécois qui dans leur immense majorité s'en iront

Près du quart des places en médecine à McGill sont occupées par des étudiants provenant de l’extérieur de la province, venus se former aux frais des contribuables québécois, alors que la grande majorité d’entre eux ne pratiqueront jamais au Québec.   
 
Aucune province canadienne, hors Québec, n’offre de parcours de formation de médecins en français1. Et aucune, surtout, ne forme de jeunes francophones du Québec en médecine en langue française et à ses frais. Elles ne le font pas non plus en génie, en informatique, ni dans aucun autre domaine.  

Alors pourquoi, au Québec, le fait-on année après année, en anglais, pour des non-Québécois ?  

[Pour ce carnet, pourquoi le Québec subventionne-t-il même des études de médecine en anglais pour les Québécois ? Il faudrait que tous les futurs médecins formés aux frais du Trésor public québécois le soient en français afin de pouvoir servir en français tous leurs patients, de tenir leurs dossiers en français et à pouvoir communiquer avec l’administration québécoise dans la seule langue officielle du Québec.]

En 2021-2022, parmi les résidents en médecine fréquentant l’Université McGill, on retrouvait 315 étudiants en équivalence au temps plein (EETP) non québécois2, dont nous assumons l’essentiel des frais de formation (Tableau 1). Ces personnes ne viennent pas du Québec et peu d’entre eux y travailleront.  

Québec subventionne aussi les parcours de 434 EETP en « médecine, optométrie et santé des populations » 3 à Bishop’s, Concordia et McGill aux 3 cycles. Le total des subventions accordées à ces étudiants nous coûte cher : près de 14 millions $ par an. Une somme utilisée pour former une poignée d’étudiants dans le domaine médical, provenant majoritairement du Rest of Canada. Au terme de leurs études, ces derniers quitteront le Québec, en majorité…  

Je suis convaincu qu’il existe plein de jeunes au Québec (peu importe leur langue d’origine), suffisamment brillants et mobilisés pour s’engager dans ces universités et exercer leur profession avec brio et en français ! S’il faut descendre la moyenne d’admission de 96,2 % à 95,8 % 4 et exiger que, lorsque le MES paie, les admissions en médecine à McGill doivent être soit des Québécois (de toutes langues), soit des gens qui paient entièrement le coût de leur formation, je prends ce risque et j’embarque sur la table d’opération ! Et si McGill ne veut pas : d’autres universités lèveront la main (trois universités francophones offrent déjà des programmes de formation médicale en français). Ce pourrait même être une opportunité pour des établissements n’ayant actuellement pas accès à ce patrimoine de programmes.  

 

Une journée d’un étudiant chinois en médecine à Mc Gill (en anglais, bien sûr)

Mais ce n’est pas tout. Pour la même année, parmi leurs étudiants subventionnés selon le CAFF « génie et informatique » : Bishop’s, Concordia et McGill recevaient 2 388 EETP non québécois. Ces étudiants coûtent 40 M$ par année à Québec. Alors, se demande-t-on encore vraiment pourquoi tout le monde parle anglais dans les entreprises de génie et d’informatique à Montréal ? Se demande-t-on vraiment pourquoi recevoir les soins d’un médecin bilingue à l’Hôpital général Juif de Montréal est si difficile ? 5 

Année après année, nous recrutons et subventionnons des dizaines de milliers de jeunes anglophones (ou anglophiles) à l’extérieur du Québec pour leur permettre d’étudier chez nous en anglais. Et ensuite… On ne comprend pas ce qui se passe dans nos industries et dans notre quotidien sur le plan linguistique ? Comment peut-on aspirer à être respectés et considérés d’égal à égal quand nos gestes ne suivent pas nos discours ? 

Des gestes qui, je l’ai déjà écrit, doivent être posés rapidement, dès l’adoption des crédits et pour les règles de financement 2023-2024 : je proposerai prochainement quelques avenues. Pour l’instant, je ne peux regarder le déclin du français au Québec qu’avec un certain cynisme… Surtout lorsque je regarde les discours que l’on tient aux garçons francophones dont le taux de diplomation est faible et qu’on laisse décrocher avant l’âge de 18 ans (souvent même à 14 ou 15 ans) : « N’ayons surtout pas des aspirations trop élevées pour eux ! »  


1 À l’exception de l’Université de Moncton qui offre le programme de l’Université de Sherbrooke.

2 Système de gestion des données sur l’effectif universitaire (GDEU). Notons que sur les 315, 303 sont des Canadiens non-résidents.

3 Code de la table de classification académique aux fins de financement (CAFF)

4 Cette donnée est fictive et sert pour fins d’illustration.

https://www.journaldemontreal.com/2022/11/28/elle-doit-traduire-pour-sa-mere-parce-que-le-medecin-ne-parle-pas-francais 

6 Données sur la fréquentation issues du Système de gestion des données sur l’effectif universitaire (GDEU). Calculs à partir des Règles budgétaires et calcul des subventions de fonctionnement aux universités du Québec 2022-2023. Traitement des données réalisé en collaboration avec Le Journal de Québec. 

Source

Fox News — l'ancien créneau de Tucker Carlson perd plus de la moitié de ses téléspectateurs (màj réaction Biden)

Hier soir, alors qu’il bafouillait et peinait à lire le prompteur, Joe Biden a fait un discours sur l’importance d’une « presse libre ».

Dans le même discours, il s’est réjoui de la réduction au silence de Tucker Carlson, l’animateur de l’émission d’information la plus regardée aux heures de grande écoute.

« Les membres de mon administration sont ici pour envoyer un message au pays et au monde. La presse libre est un pilier, peut-être le pilier d’une société libre ».


« Nous pouvons être fiers de notre bilan. Nous avons vacciné la nation, transformé l’économie. Nous avons remporté des victoires législatives historiques et obtenu des résultats à mi-mandat. Mais le travail n’est pas terminé. Je veux dire… C’est fini pour Tucker Carlson. »
 
La salle remplie de journalistes réagit. L’octogénaire derrière son lutrin continue : « Pourquoi vous exclamez-vous ainsi ? Quoi, vous ne pensez pas que c’est raisonnable ? Il glousse. Lâchez-moi un peu ! »

Pourquoi un président qui prétend « aimer » la liberté de la presse se réjouirait-il de la suppression de l’animateur le plus populaire du pays ?
 
Billet du 28 avril au soir
 
Le départ de l’un des commentateurs politiques les plus influents des États-Unis a été annoncé de façon laconique à l’antenne. « Fox News Media et Tucker Carlson ont décidé de se séparer », a déclaré une présentatrice en lisant un bref communiqué. « Nous le remercions pour les services qu’il a rendus à la chaîne en tant qu’animateur et, avant cela, en tant que collaborateur. »
 

La décision aurait été prise directement par Rupert Murdoch, le propriétaire de la chaîne. L’intéressé, qui enregistre son émission dans un studio particulier dans le Maine, dans le nord-est des États-Unis, aurait appris son licenciement par téléphone quelques dizaines de minutes plus tôt, d’après le Wall Street Journal, qui appartient aussi au groupe Murdoch.

Ukraine — Très forte augmentation des inscriptions à l'université pour échapper à la mobilisation


L’Université nationale de droit Yaroslav le Sage à Kharkov (ancienne université impériale russe de Kharkov, fondée en 1804)

Les Ukrainiens en âge de conscription, qui tentent d’éviter la mobilisation, seraient de plus en plus nombreux à s’inscrire dans l’enseignement supérieur moyennant des frais, le nombre d’étudiants masculins pour la seule année 2022 ayant augmenté de 82 %, selon le journal ukrainien Nachi Hrochi (« Notre argent »).

Les établissements d’enseignement supérieur ukrainiens enregistrent une augmentation sans précédent du nombre d’étudiants. Par rapport à l’année dernière, le nombre de nouveaux étudiants payants a augmenté de près de 40 % et de 82 % si l’on ne considère que les hommes. Dans certaines universités, le nombre de nouveaux étudiants masculins a été multiplié par dix ou plus.

Compte tenu de la baisse significative de la population (selon les Nations unies, plus de 8 millions de personnes auraient quitté l’Ukraine), le nombre d’étudiants payants aurait dû diminuer. C’est en partie vrai : il y a moins d’étudiantes de moins de 20 ans, l’âge traditionnel d’entrée à l’université. En revanche, le nombre d’étudiants âgés de 30 à 50 ans a augmenté de façon spectaculaire — plusieurs fois. Il s’agit de dizaines de milliers d’hommes qui ont soudainement décidé de poursuivre des études supérieures.

Le secret est simple. Selon la loi, le statut d’étudiant garantit un sursis à la mobilisation pendant la loi martiale. Dans le même temps, les frais de scolarité moyens s’élèvent à un peu plus de 20 000 hryvnias (488 euros, 728 dollars canadiens) et les conditions d’admission en 2022 ont été considérablement simplifiées, en particulier pour les soldats sous contrat. Pour certaines spécialités, un simple entretien ou une lettre de motivation suffit.

Au moins 85 000 hommes en âge de servir dans l’armée ont profité de cette occasion au cours de l’année universitaire 2022/2023, selon une analyse du comité de rédaction de Nachi Hrochi de Lvov (Lemberg/Lviv/Léopol). 

« C’est une meilleure solution que de payer des milliers de dollars et de s’enfuir. »

Andriy Pekar*, un habitant de Lvov âgé de 37 ans, est diplômé du département militaire de l’université nationale Ivan Franko de Lvov. Il admet ouvertement qu’il a étudié dans cette université uniquement pour éviter le service militaire.

« En mars [2022], j’ai reçu ma première convocation parce qu’il s’est avéré que ma spécialisation était très demandée. J’ai ignoré la convocation et j’ai reçu plus tard un avertissement concernant ma responsabilité pénale. J’avais peur de sortir, car je pensais que des officiers militaires m’attendaient partout. Lorsque j’ai appris que je pouvais entamer une maîtrise et bénéficier d’un sursis, j’ai immédiatement pris la décision », a déclaré Andriy Pekar, qui poursuit actuellement ses études à l’école polytechnique de Lvov et envisage même un diplôme de troisième cycle si nécessaire.

Serhiy Chopyk*, 33 ans, originaire de Volhynie, travaille pour une société informatique ukrainienne. Il a décidé de retourner à l’université pour avoir la possibilité légale d’obtenir un sursis de mobilisation, explique-t-il à « Notre argent ». Les conditions d’admission au programme de maîtrise ayant été simplifiées en raison de la guerre, il n’a pas passé une batterie de tests, mais a seulement apporté ses documents et une lettre de motivation au département.

« Je suis entré à l’école polytechnique de Lvov pour obtenir un master parce que je n’ai aucun désir de servir dans l’armée, honnêtement. J’ai un travail, j’ai la possibilité de donner des sommes assez importantes pour aider l’armée. Je pense que je ferai plus de bien si je travaille, parce que je paie beaucoup d’impôts et que je donne de l’argent pour aider les forces armées. Il n’y a pas eu de problèmes d’inscription, car il y avait un manque de candidats à l’époque », explique Serhii Chopyk.

Il avoue ne pas être très intéressé par l’enseignement donné, mais assiste de temps en temps aux cours pour éviter d’être renvoyé.

« Aujourd’hui, nous avons un système mixte : certains cours sont dispensés en ligne, d’autres en personne. En général, je ne participe pas aux cours en personne, mais il m’arrive d’assister aux cours en ligne. De plus, je ne fais pas de mon mieux, car je dois terminer la session avec un C minimum et c’est tout. Je pense que c’est une meilleure option que de payer des milliers de dollars de pots-de-vin, de courir à travers les forêts pour traverser la frontière et de s’enfuir quelque part », déclare Serhiy Chopyk, 33 ans.

Apparemment, beaucoup de ses pairs suivent la même stratégie. Par rapport aux deux années précédentes, les universités ukrainiennes comptent 15 fois plus d’étudiants âgés de 30 à 39 ans. La croissance dans la catégorie des 40 ans et plus est encore plus importante.

Cette année, plus de trois mille étudiants comme Andrii Pekar et Serhii Chopyk se sont inscrits à la seule école polytechnique de Lvov. Le nombre d’étudiants masculins payants en première année d’études, selon le ministère de l’Éducation, y a augmenté de 187 %.

Toutefois, dans certaines universités, le pourcentage d’augmentation du nombre d’hommes est encore plus impressionnant. Par exemple, l’université technique nationale du pétrole et du gaz d’Ivano-Frankivsk (+406 %), l’université technique nationale de Loutsk (+442 %), l’université forestière nationale d’Ukraine (+606 %), l’université nationale de gestion de l’environnement de Lvov (+616 %) et l’Académie ukrainienne de l’imprimerie (+754 %). Le record parmi les grandes universités est détenu par l’Institut de commerce et d’économie de Tchernivtsi [encore appelée Tchernovtsy ou Tchernowitz] (+1134 %), où le nombre d’étudiants payants de première année a été multiplié par 12.

Pour des raisons évidentes, la plupart de ces « étudiants » sont attirés par les régions occidentales, éloignées du front, mais les statistiques montrent une forte augmentation du nombre d’étudiants dans toutes les régions du pays, à l’exception de la région de Kherson en grande partie désormais rattachée à la Russie.

Le nombre d’étudiants contractuels de première année à l’Université d’État ukrainienne des transports ferroviaires de Kharkov a presque décuplé.

Nadiya Kovaltchouk, vice-recteur de l’université technique nationale de Loutsk, où le nombre de candidats masculins a augmenté de près de 450 %, affirme que les raisons ne sont pas à trouver dans le désir d’obtenir un report de la mobilisation. Cette augmentation du nombre de candidats serait due à la fois aux changements transformationnels de notre université et à l’amélioration de la qualité du processus éducatif ». « Nous avons ouvert de nouveaux programmes d’enseignement qui sont demandés sur le marché du travail ». En 2022, la demande a augmenté pour les spécialités techniques, la construction, l’architecture et l’informatique. Cette tendance est également observée dans d’autres universités. »

Cependant, certains directeurs d’universités ukrainiennes admettent qu’ils ne se font pas d’illusions sur la popularité soudaine de leurs établissements. « À quoi dois-je attribuer [l’augmentation du nombre d’étudiants payants] ? À la guerre ! Toutes les universités sont comme ça », déclare Volodymyr Zahorskyi, recteur de l’université nationale de foresterie de Lvov.

En fait, dans certaines universités, le nombre d’étudiants payants est resté le même, voire a diminué. Cela concerne principalement les universités spécialisées, telles que les écoles de médecine ou de musique, dont l’accès est sélectif.

Le ministère de l’Éducation et des Sciences (MES) ne voit pas de problème. « Je pense que la situation est un peu plus simple. Si le commandement militaire arrive à la conclusion qu’il a besoin [d’étudiants], la législation sera modifiée et les étudiants seront mobilisés. Et si, disons, ce n’est pas si nécessaire maintenant, alors les gens recevront une éducation supplémentaire et seront mieux préparés aux différentes situations de la vie, y compris la mobilisation », a déclaré à Oleg Charov, directeur général de la direction de l’enseignement supérieur professionnel du ministère ukrainien de l’Éducation et de la Science.

L’Ukraine a instauré la loi martiale le 24 février de l’année dernière et, le lendemain, Volodymyr Zelenskyy a signé un décret sur la mobilisation générale et a interdit aux hommes astreints au service militaire de quitter le pays.

* Les nom et prénom ont été changés par le journal ukrainien.

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samedi 29 avril 2023

Québec — Le système éducatif protège les mauvais enseignants du réseau public

À la suite de plusieurs enregistrements d'enseignants insultant leurs élèves en classe:

Extraits d'une chronique de Mario-Dumont parue dans le Journal de Québec.

Toute la semaine, des voix se sont levées pour réclamer un ordre professionnel des enseignants. Je m’en réjouis, supportant cette idée depuis longtemps. C’est malheureux que tel enthousiasme pour l’idée n’ait pas été exprimé lorsque les syndicats de l’enseignement plaçaient un mur devant l’ex-ministre Roberge pour le faire reculer.

Un ordre professionnel, ça n’arrivera pas. Les syndicats de l’enseignement en ont fait une guerre sainte. Le ministre Jean-François Roberge l’a rapidement constaté dans son dernier mandat. Il devait abandonner cet engagement de la CAQ s’il voulait pouvoir espérer la moindre collaboration syndicale.

Aujourd’hui, Bernard Drainville semble terrorisé à la seule idée d’aller explorer la suggestion. Et permettez-moi d’être aussi sceptique avec le nouvel intérêt démontré par certains partis d’opposition. Ils ont aussi courbé l’échine dans le passé.

Bouclier qui protège les médiocres et les mauvais

Avant même de parler d’un ordre professionnel pour encadrer les dérives, il faudrait se poser une question plus simple.

Comment notre système d’éducation traite-t-il les cas d’enseignants qui bafouent la profession ?

Ma réponse : le système protège les incompétents et les inadéquats. Les règles mises en place pour blinder la sécurité d’emploi, combinées avec la puissance syndicale, tout concourt à mettre un cocon de défense autour des pommes pourries.

La gradation prévue dans les règles bureaucratiques donne déjà toutes les chances.

Avertissement verbal, avertissement écrit, premier avertissement, deuxième avertissement, il faut gaffer beaucoup juste pour obtenir une véritable conséquence, comme une journée de suspension.

Un ancien cadre scolaire m’a déjà expliqué à quel point congédier un incompétent représente une tâche titanesque, voire impossible, dans le réseau public d’éducation.

Quand on examine l’ampleur de la difficulté à tasser quelqu’un qui fait du tort aux enfants, on finit par trouver que l’intérêt de l’élève arrive loin dans les priorités.

Il y a quelques années, l’institut économique de Montréal avait compilé des chiffres très parlants.

Sur cinq ans, seulement sept enseignants avaient été renvoyés sur les 60 000 du réseau public québécois.

Un par année sur des dizaines de milliers ? Impossible.


Ça signifie que la plupart des cas problématiques restent devant une classe.

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Sur le mode humoristique (c'est une fiction) :



Reine Cléopâtre : Netflix poursuivi par un avocat égyptien pour « noircissement » de l'histoire (m à j)

Mise à jour :

Jeudi 27 avril, le ministère égyptien des Antiquités a publié un long communiqué citant de nombreux experts, tous catégoriques : Cléopâtre avait la «peau blanche et des traits hellénistiques», concluent-ils tous.

«Les bas-reliefs et les statues de la reine Cléopâtre en sont la meilleure preuve», poursuit le ministère dans son texte agrémenté de tétradrachmes, des pièces de monnaies grecques, et de statues en marbre représentant Cléopâtre avec des traits européens.

Pour Moustafa Waziri, patron des Antiquités égyptiennes, représenter la souveraine en femme noire n'est rien d'autre qu'une «falsification de l'histoire égyptienne». Mais ce rappel à l'ordre est surtout motivé par «la défense de l'histoire de la reine Cléopâtre, qui est une partie importante de l'histoire de l'Égypte antique, indépendamment de toute considération raciale», tient-il à préciser.

Régulièrement en Égypte, des internautes et des commentateurs dénoncent des campagnes, principalement venues de groupes afro-américains, revendiquant l'origine de la civilisation égyptienne.

Cléopâtre appartenait à la dynastie macédonienne des Lagides, issue du général Ptolémée devenu, lors du partage de l'empire d'Alexandre le Grand, roi d'Égypte qui a vu s'épanouir la civilisation hellénistique sur les bords du Nil.


Billet originel du 18 avril

Un avocat égyptien a demandé au procureur général de fermer la plateforme Netflix après la diffusion de la bande-annonce de « Queen Cleopatra », qui dépeint cette figure historique grecque comme une femme à la peau noire.

Selon The Egypt Independent, Mahmoud al-Semary a demandé que toutes les mesures légales soient prises à l’encontre des responsables du documentaire et de la direction de la plateforme de diffusion en continu pour sa participation à « ce crime ». Il a également demandé l’ouverture d’une enquête et le blocage de Netflix en Égypte.

Cléopâtre était en réalité d’ascendance macédonnienne…