vendredi 19 septembre 2008

Autre poursuite en justice contre le cours d'éthique et de culture religieuse

Une poursuite en justice contre la commission scolaire des Chênes (Drummondville) a été déposée cette semaine auprès de la Cour supérieure du Québec. Les parents sont soutenus par la Coalition pour la liberté en éducation.

Objet du litige : le refus d'exemption au cours d'ECR pour les enfants de parents qui envoient ceux-ci dans des écoles de ladite commission scolaire. Le recours intenté contre la commission scolaire estime que le programme d'ECR porte atteinte à la « liberté de conscience et de religion ».

La poursuite vise à annuler ce refus de la commission scolaire, à accorder la demande d'exemption et à déclarer anticonstitutionnels les articles 1, 3 et 13 de la Loi 95. Il s'agit par là d'invalider le caractère obligatoire du cours, la disparition du libre choix de la formation religieuse et philosophique et la modification de l'article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés. L'article 41 garantissait aux parents le droit d'exiger l'éducation religieuse et morale de leurs enfants dans les établissements publics mais, en 2005, la référence aux établissements publics a été supprimée.

Rappelons que Stéphane Dion, à titre de ministre des Affaires intergouvernementales, déposa en 1997 une résolution permettant d’amender la Constitution de telle façon que la loi abolissant le système scolaire confessionnel puisse devenir effective. Stéphane Dion précisa à ce moment que « le droit à une instruction religieuse est toujours garanti sous la Section 41 de la Charte des droits et libertés qui possède un statut quasi constitutionnel selon la Cour Suprême du Canada ». Mais cette garantie s’avéra sans valeur. Quand la loi 95 fut présentée en 2005, la Charte québécoise elle-même fut amendée à l’insu du public, sans débat significatif et sans même qu’il y ait enregistrement d’un vote.

La version originale de la Section 41 accordait aux parents « un droit permettant d’exiger dans les établissements scolaires publics que leurs enfants reçoivent une éducation religieuse ou morale en conformité avec leurs convictions. » La nouvelle version concède seulement « un droit de donner à leurs enfants une éducation religieuse et morale conforme à leurs convictions et respectueuse des droits et des intérêts des enfants. » Tant pis pour la quasi-constitutionnalité. Et qui donc, je me le demande, déterminera ce qui est ou non dans les meilleurs intérêts des enfants, quand il s'oppose à ce que les parents désirent, si ce n'est l'État ?


Ces demandes rejoignent celles de l'Association des juristes catholiques du Québec.

mercredi 17 septembre 2008

L’école Loyola poursuit en justice la ministre Courchesne

L’école secondaire Loyola, un établissement catholique privé situé à Notre-Dame-de-Grâce, a décidé de poursuivre en justice la ministre de l’Éducation, Mme Courchesne. Loyola s’est tourné vers la Cour supérieure du Québec pour exiger que le ministère de l’Éducation du Québec (MELS) lui accorde une exemption au nouveau cours d’éthique et de culture religieuse (ECR), pour peu que Loyola enseigne son programme d’éthique et des religions du monde que cette école estime équivalent au programme d’ECR, mais débarrassé des aspects contraires à sa vocation d’institution catholique.

La requête de Loyola se fonde en droit sur l’article 22 du règlement d’application de la Loi sur l’enseignement privé, R.Q. c. E-9.1, r.1 :
« 22. Tout établissement est exempté de l'application du premier alinéa de l'article 32 pourvu que l'établissement offre des programmes jugés équivalents par le ministre de l'Éducation. »
Imposition de l'uniformité contraire à la loi

Dans une lettre en date du 7 août 2008, le ministre de l’Éducation a refusé à Loyola sa demande d’exemption, mais en invoquant une raison sans rapport avec la seule condition de refus : la non-équivalence du programme de Loyola. En effet, Mme Courchesne invoquait comme motif au refus d’exemption que celui-ci « empêcherait les élèves visés de recevoir la formation souhaitée pour tous les élèves du Québec ».

Mme Courchesne désire donc imposer l’uniformité alors que nulle part celle-ci n’est mentionnée dans le règlement et la Loi, au contraire, le règlement d'application, et plus particulièrement l’article 22, admet l’équivalence de programme et différentes formes d’exemption.

Loyola a répliqué en détail à la ministre en lui envoyant une autre lettre où Loyola insiste sur le caractère équivalent du cours que cet établissement donne à la place du cours d’ECR. En réalité, selon Loyola, son cours allait bien plus loin que le cours du ministère. En effet, plutôt que de réduire les religions à leur dimension purement culturelle, Loyola aborde l’étude des autres religions d’une telle façon que ses étudiants puissent apprécier les dimensions profondément spirituelles de ces autres religions. Cette perspective adoptée par Loyola prendrait racine dans l’intime conviction de la direction de l’école qu’on enseigne plus sûrement la tolérance et un vivre ensemble pacifique dans notre société quand chacun est ancré dans sa foi et son identité, plutôt qu’en imposant à tous une seule idéologie approuvée par l’État.

Amorcer le dialogue...

Interrogé par la Gazette, le directeur de Loyola, Paul Donovan, a déclaré qu’il n’avait jamais reçu de réponse de la part de la ministre de l’Éducation, Mme Michelle Courchesne. « Il semble que c’est la seule manière d’amorcer un dialogue » a-t-il ajouté en parlant de la poursuite en justice.

Objections au pluralisme normatif du volet éthique

Si le monopole de l’Éducation impose son programme d’ECR aux écoles privées, il permet à celles-ci d’enseigner leur propre confession en sus du programme imposé par l’État. Mais cet enseignement doit se faire dans un cours séparé, à une heure différente du cours d’ECR. La requête, déposée par Loyola à la Cour supérieure de Montréal le 15 septembre au nom de l’école Loyola et d’un parent d’élève, considère cette situation comme « inacceptable, car ceci revient à inculquer aux étudiants deux conceptions du monde diamétralement opposées ».

L’objection principale de Loyola se concentre sur le volet éthique du cours que l’école considère comme une perspective relativiste ou pluraliste normative de la morale. Le programme gouvernemental d'ECR préciserait que les arguments religieux ou la dimension religieuse ne peuvent borner les discussions éthiques ce qui est contraire à un établissement dont le projet éducatif est précisément d’enseigner l’éthique dans une dimension religieuse.

Archevêque de Sherbrooke blâme le gouvernement qui n'a pas trouvé la façon d'assurer une exemption à ceux qui la demandent

Selon Corus Nouvelles, Monseigneur André Gaumond considère que le débat autour du cours d'Éthique et de culture religieuse est sain.

L'archevêque du Diocèse de Sherbrooke soutient que les gens ont toute la liberté de s'exprimer sur le sujet comme ils le font.

Au nom des évêques du Québec, Mgr Gaumond blâme plutôt le gouvernement qui n'a pas trouvé la façon d'assurer une exemption pour les parents qui le désirent.

De son côté, le coordonnateur du boycott du cours, Sylvain Lamontagne indique que peu de gens qu'il rencontre connaisse le nouveau programme et qu'il poursuit son combat en informant le plus de monde possible.

Un rassemblement de la CLÉ est prévu à Montréal le 18 octobre.

Écoutez le reportage

Écoles conservatrices juives contre le cours d’ECR

Le Canadian Jewish News rapporte que plusieurs écoles juives, orthodoxes et hassidiques, disent qu’une bonne partie du nouveau programme obligatoire d’éthique et de culture religieuse (ECR) est « irréconciliable avec leurs convictions ».

Elles cherchent toutefois à collaborer avec le Ministère de l’Éducation du Québec afin de trouver un moyen de respecter la loi sans enfreindre leurs croyances, a déclaré le rabbin Yochanan Kuhnreich, directeur de l’école Beth Jacob qui accueille quelque 500 jeunes filles.

« Nous enseignons déjà une grande et importante partie du programme, celle qui traite de l’éthique et du dialogue [peut-être pas de manière relativiste et « neutre » comme prescrit toutefois]. Mais les autres aspects posent de sérieuses difficultés, irréconciliables avec nos convictions. » Le rabbin Yochanan Kuhnreich n’a toutefois pas voulu préciser quels étaient ces aspects.

Les écoles traditionnelles orthodoxes juives qui ne sont pas hassidiques, mais religieuses (« frum »), ont été jusqu’ici réticentes quant à ce nouveau programme.

Le rabbin Mendel Marasow, directeur de l’Académie Beth Rivkah placée sous les auspices du mouvement loubavitch, a par le passé exprimé des doutes quant à savoir s’il serait possible d’enseigner complètement le programme d’ECR dans son école. Contacté la semaine passée par la journaliste du Canadian Jewish News, il lui a demandé de s’adresser au rabbin Kuhnreich qui, pour sa part, a répondu de façon prudente et à mots choisis.

À titre confidentiel, les chefs hassidiques ont indiqué qu’ils seraient prêts à quitter le Québec s’ils devaient enseigner un contenu religieux qu’ils considèrent inadéquat pour leurs enfants.

Le Congrès juif du Canada avait souligné, l’année passée, devant la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables que beaucoup de membres de la communauté juive préfèreraient que le cours d’ECR commence au secondaire. Il déclarait alors que de nombreux parents veulent que leurs enfants aient une bonne assise dans leur religion avant d’être exposés à d’autres religions.

mardi 16 septembre 2008

45 % des Québécois contre le cours d'éthique et de culture religieuse qui leur est imposé !

Alors que le Ministère vend depuis des mois son cours d'éthique et de culture religieuse comme un cours qui ouvre sur le monde dans un Québec de plus en plus divers et va permettre aux jeunes Québécois de développer un nouveau « vivre ensemble » empreint de tolérance et de dialogue, ce cours est désapprouvé par 45 % des Québécois selon un sondage commandé par Le Devoir, journal favorable à ce programme.

Petite remarque liminaire sur l'ouverture...

Les programmes d'éducation morale et religieuse précédents remplacés par le cours pluraliste (ou relativiste) d'éthique et de culture religieuse consacraient déjà une part de leur contenu aux cultures religieuses autres que la leur, comme le rappelait récemment M. Bergevin du ministère de l'Éducation à Valcourt, mais dans une perspective protestante ou catholique comme désire encore le faire l'école secondaire catholique Loyola.

Information sur le sondage du Devoir

Ce coup de sonde a été réalisé par téléphone entre le 13 et le 17 août auprès de 1005 Québécois. Pourquoi attendre un mois avant d'en sortir les résultats ? La marge d'erreur est de plus ou moins 3,4 points de pourcentage, 19 fois sur 20. Ce qui veut dire que de 41,6 % à 48,4 % des Québécois ne voient pas d'un oeil favorable le cours d'ECR. C'est beaucoup pour un cours imposé à tous !

La seule question posée sur le cours ECR a été « À votre avis, est-il préférable qu'à l'école primaire et secondaire les enfants reçoivent...?

 Le nouveau cours ECR... 52 %
 Aucun cours ayant trait à la religion... 29 %
 Une éducation religieuse confessionnelle... 16 %
 Je ne sais pas, je refuse de répondre...  2 %

Apparemment le Devoir n'a pas demandé aux personnes sondées si elles étaient d'accord pour que les parents perdent leur liberté de choix entre l'enseignement moral et religieux, dans le but d'implanter ce cours de façon obligatoire.

Sondés sans être au courant

Ce qui est frappant dans ce sondage ce n'est pas tant les résultats qui, selon nous, peuvent encore beaucoup varier à l'avenir, mais c'est le fait qu'il ait été effectué alors qu'il n'y avait quasiment aucun manuel de paru (mi-août), que les professeurs n'avaient reçu qu'une formation des plus rudimentaires et que bien entendu les parents québécois moyens ne connaissaient quasiment rien du contenu de ce cours sauf ce que la machine éducative leur en avait dit avec toute l'ambiguïté de formules comme mettre « un accent particulier sur les traditions chrétiennes » (Le Devoir) ou le « caractère prédominant » (Bergevin du MELS) du christianisme. À quel point les parents savent-ils que souvent le christianisme est réduit à un rôle minoritaire ? Que savent-ils du volet éthique — vanté en répétant sans cesse les vertus du dialogue — et de son aspect relativiste ?

Façonner l'opinion grâce aux sondages

On est donc en droit de se demander si ce sondage ne sort pas aujourd'hui (un mois après avoir été effectué) pour tenter de façonner l'opinion et créer un consensus autour du cours imposé d'ECR alors que la critique semble pourtant se faire de plus en plus entendre (enfin, peu dans le Devoir bien sûr).

Qu'il nous soit permis à ce sujet d'évoquer The Opinion Makers un essai publié à la mi-août aux États-Unis et qui porte le sous-titre de « Un initié dévoile la vérité derrière les sondages ».

Son auteur, David W. Moore, ancien rédacteur principal à l'institut de sondages Gallup, y révèle que les enquêtes d'opinion aujourd'hui reflètent plus les caprices du public que sa volonté parce qu'elles souffrent d'un défaut méthodologique inhérent : les résultats des sondages ne font pas la différence entre ceux qui ont des opinions bien arrêtées et ceux qui ont à peine, voire pas du tout, réfléchi à la question.

Les personnes sondées se voient donc sommées de fournir une opinion, irréfléchie ou peu mesurée, parce que les sondages ne permettent pas d'exprimer un avis nuancé.

Selon David Moore, les firmes de sondage ont tendance à fabriquer un faux consensus sur les questions sociales et politiques en passant sous silence les réponses indécises ou peu sûres. Inévitablement, à ce régime, les sondages se trompent parfois dans leurs prédictions comme ce fut le cas récemment lors de la primaire du Nouvel Hampshire où tous les instituts de sondage prévoyaient une victoire de Barack Obama alors que Mme Hillary Clinton devait en réalité emporter une victoire « surprise ».

Moore révèle que les échantillons sont désormais prélevés à partir d'une population de plus en plus restreinte : les abonnés au téléphone fixe et ceux qui veulent bien répondre (les sondeurs hésitent à en parler, mais aujourd'hui près de 8 personnes sur 10 qu'ils essaient de contacter filtrent leur appel ou leur raccrochent au nez).

Décrochage catastrophique — Parizeau réplique à la ministre Courchesne

L'ancien Premier ministre, Jacques Parizeau, a répliqué à l'entretien de la ministre de l'Éducation, Mme Courchesne, publié le 12 septembre par le Journal de Montréal. Voici le contenu de sa lettre tel que publié ce 16 septembre.
« J'ai été sidéré par l'entrevue que vous a accordée la ministre de l'Éducation et que vous avez publiée le 12 septembre comme commentaire de mon texte intitulé « Le gâchis scolaire ».

La ministre vous a dit [sur le ton intense qu'on lui connait comme le dit le Journal de Montréal] :« Les chiffres de Jacques Parizeau sont exacts pour les années 2000, 2001 et 2002 mais depuis il y a eu une amélioration sensible du taux de diplomation grâce à nos actions »...

Les chiffres qui sont cités par la ministre pour 2000, 2001 et 2002 ne reflètent pas le taux de diplomation, mais réfèrent au nombre d'élèves entrés en 1re secondaire. Par exemple, ceux qui sont entrés en 1re secondaire en 2002 ont dû notamment finir leur 5e secondaire en 2007. C'est pourquoi tous les chiffres que j'ai cités sont tirés du Rapport officiel de diplomation de 2007, le plus récent.

Les efforts du ministère pour améliorer la situation de ceux entrés en 2003 seront connus quand les résultats de 2008 seront publiés. Pour 2004, en 2009, pour 2005 en 2010,... et pour 2008 en 2013. Alors on pourra juger des « actions » du ministère.

Dans l'intervalle, que le ministère laisse aller sa ministre en public, sans lui fournir de quoi se défendre et d'éviter de confondre ceux qui rentrent dans le système et ceux qui en sortent, le dénominateur et le numérateur, en dit long sur le degré de confusion qui règne dans cette boîte.

Jacques Parizeau »

Deux membres de la CLÉ chez Richard Martineau

Richard Décarie et Benoit Girouard de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) étaient ce lundi à l'émission Franchement Martineau.

dimanche 14 septembre 2008

Nouvelle éthique planétaire, constitution européenne et cours d'éthique et de culture religieuse

Nous reproduisons ci-dessous quelques extraits d'une critique faite par l'équipe de Liberté politique au sujet de l'éthique sous-jacente au projet de Constitution européenne qui a été rejeté par la France et les Pays-Bas en 2005. Cette critique se base sur une analyse de l'Institute for Intercultural Services.
« Nous nous limitons ici à proposer quelques clefs de lecture du Traité à la lumière de l'analyse faite dans nos rapports précédents de la postmodernité, de ses paradigmes, de son éthique, et de la gouvernance mondiale. En quoi la Constitution s'aligne-t-elle sur les valeurs de la nouvelle culture postmoderne ?

[...]

4.- L'abandon des valeurs universelles a ouvert une ère post-démocratique

Comme nous le savons, la référence à l'héritage chrétien de l'Europe est absente du texte du traité. Le préambule parle des "héritages culturels, religieux et humanistes" de l'Europe en omettant "l'héritage chrétien", qui est pourtant la marque distinctive de l'histoire européenne. La portée et les conséquences de ce rejet n'ont peut-être pas été suffisamment bien perçues. En effet, ce qui disparaît avec "l'héritage chrétien", c'est aussi le concept judéo-chrétien d'universalité, la notion que l'ordre social et politique se fonde sur ce qui est donné par la nature et la Révélation judéo-chrétienne — sur un ordre ouvert, et non fermé, à la transcendance, à la loi éternelle. L'abandon de l'universalité déconstruit la modernité en tant qu'alliance de la tradition judéo-chrétienne et de l'héritage des Lumières. Aussi bien le projet européen que les Nations-unies avaient été fondées après la Seconde Guerre mondiale sur ce qu'on avait jusqu'à récemment coutume d'appeler les "valeurs universelles". La constitution européenne rompt avec cette tradition.

Construire de nouvelles « valeurs communes », pensez ECR au Québec

La nature a horreur du vide. Si les valeurs universelles ne sont plus le contrat de la société européenne, il faut les remplacer, combler le vide, construire de nouvelles "valeurs communes". Construite arbitrairement, la nouvelle éthique sera nécessairement immanente. Le choix individuel et collectif arbitraire se substitue à l'universalité, le pour soi à l'en soi, le processus au contenu. La construction de la nouvelle éthique se fait par inclusion de tous les choix possibles : la nouvelle éthique est inclusive. Ce processus constructiviste nous introduit en pleine post-modernité, là où la liberté de choix rejette ce qui est donné.

L'éthique inclusive prétend ne pas rejeter les valeurs universelles mais de les inclure comme composantes égales d'un nouveau tout comportant d'autres choix et valeurs. L'éthique inclusive prétend "transcender" l'éthique judéo-chrétienne. En réalité, elle la transforme de l'intérieur et finit par en détruire l'identité et la spécificité.

La construction de l'éthique inclusive est confiée à des experts et technocrates arbitrairement choisis en fonction de leur "compétence". Ces minorités finissent par exercer indirectement un pouvoir normatif éthique sur l'ensemble de la population à travers les institutions qu'ils influencent parfois de manière substantielle. La gouvernance par les experts, aussi appelée démocratie participative, met profondément en crise le gouvernement par les élus et la démocratie représentative. Il est aisé de voir de quelle manière la crise actuelle de la démocratie est directement liée à l'abandon par l'Occident de ce qui est par nature universel. Les proportions actuellement prises par la gouvernance des experts, des "personnalités éminentes" consultées par les dirigeants sont telles que nous pourrions déjà être entrés dans une ère post-démocratique sans nous en être rendus compte.

L'Institute for Intercultural Services se demande si la culture postmoderne actuelle, dans la mesure où elle rejette la loi que Dieu a inscrite dans nos cœurs et le contenu objectif du langage, est capable de produire une constitution et de construire des institutions. Le choix arbitraire ne pourrait que les construire sur du sable — ou mener à la dictature. »

Respecter la capacité d'apprentissage, ne pas tout apprendre en même temps

Extrait d'une lettre ouverte de Nestor Turcotte, philosophe, qui dénonce le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) imposé aux élèves et parents québécois et qui prétend tout enseigner en même temps dès six ans :
[...] L'enfant découvre vite aussi qu'il est un animal religieux. Il pose la question du sens. Du sens des choses et des êtres. Du sens aussi de l'existence. Le nouveau programme d'Éthique et de culture religieuse, imposé par le ministère de l'Éducation à tous les enfants du Québec et sans l'accord des parents, va à l'encontre de tout ce que je viens de dire sur les enseignements de base. On ne peut pas enseigner toutes les données des grands courants religieux planétaires, surtout à un enfant du primaire, sans jeter une grande confusion dans la tête du jeune enfant. Dans le domaine religieux, les mêmes mots peuvent se retrouver dans plusieurs religions, sans avoir toujours le même sens. Ayant un vocabulaire encore trop réduit, le jeune sera incapable de faire les distinctions qui s'imposent, clarifier certains concepts, éviter la confusion des genres. Au lieu de lui apporter les éléments qui lui permettraient de mieux juger et comparer les différentes doctrines religieuses, on en arrivera à créer en lui un mélange de mots, une mauvaise appréciation du domaine religieux, voire à son rejet.

Respecter la capacité d'apprentissage

L'enfant ne peut pas tout apprendre en même temps. L'enfant ne peut pas tout apprendre sur tous les sujets en procédant par un apprentissage parallèle. Ce travail intellectuel est le lot des adultes, ayant acquis une certaine formation intellectuelle. L'histoire des religions comparées fait souvent l'objet de cours universitaires et collégiales. Ayant parcouru un certain chemin, le jeune adulte devient apte à comparer ce qui, de prime abord, semblait être semblable. À vouloir prendre tous les chemins en même temps, à vouloir enseigner tout en même temps aux classes du primaire et du secondaire, on risque de créer une telle confusion dans les esprits qui ne fera qu'accentuer l'abandon éventuel de toute dimension religieuse dans l'être. Là, comme ailleurs, la méthode s'impose. Tout être humain a une certaine capacité d'apprentissage. On dénonçait jadis le bourrage de crâne fait aux enfants. On ne doit pas craindre de dénoncer ce qui s'en vient. Jadis, on gavait les jeunes d'un seul aliment. Maintenant, on les gavera davantage avec de multiples produits servis par des personnes qui n'en possèderont pas souvent la posologie. Le ministère de l'Éducation est responsable de ce cafouillis. Une correction de tir s'impose : seule la ministre peut procéder.


La ministre, le Premier ministre, les tribunaux, un futur gouvernement...

samedi 13 septembre 2008

Grande marche le 18 octobre

Une marche contre l'imposition du cours d'ECR aura lieu à Montréal
le 18 octobre 2008 à 14 h,
Place du Canada (métro Bonaventure).

Détails
La Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ)
www.coalition-cle.org | infos@coalition-cle.org