dimanche 17 janvier 2021

Québec — Données inédites suggèrent fortement que les écoles ne sont pas un moteur de l’épidémie

Extraits d’un article du Soleil de Québec sur des données inédites qui confirment les études suédoises, finnoises et suisses : les enfants sont peu atteints par la Covid=19 et peu contagieux. Ces études sont parfois remises en question notamment parce que la COVID-19 ne provoque souvent aucun symptôme chez les enfants, ce qui fait qu’on les teste moins. Une bonne partie des « cas pédiatriques » auraient donc pu passer inaperçus, ce qui aurait fait conclure (erronément apparemment) à certaines études que les écoles ne sont pas des lieux de contagion significatifs.

À cet égard, cependant, la Santé publique du Québec a effectué quelques opérations de dépistage systématique dans des écoles qui permettent de contourner ce problème méthodologique. Quand il semblait y avoir une éclosion sérieuse dans un établissement, la Santé publique a souvent envoyé des équipes sur place pour tester tous les élèves de l’école, ou du moins ceux de plusieurs classes. Il peut certainement y avoir eu des enfants qui sont passés entre les mailles de ce filet — par exemple parce que leurs parents n’ont pas rempli le formulaire autorisant à tester leurs enfants —, mais cela donne quand même des statistiques qui sont largement indépendantes de la présence de symptômes, et possiblement le plus solide indicateur que l’on ait de la transmission dans les écoles.

C’est grosso modo la lecture qu’en font Mme Granvaux et Dre Quach. « Pour réussir à voir combien d’enfants ont été infectés par le cas index [NDLR : la première personne qui amène le virus dans un milieu], le seul moyen est de tester tout le monde à un moment précis », dit cette dernière.

Malheureusement, ni la Santé, ni l’Éducation, ni la plupart des directions régionales de santé publique n’ont pris soin de noter le résultat de ces dépistages systématiques, a constaté Le Soleil en frappant à toutes ces portes. C’est particulièrement dommage dans le cas de Montréal, où se trouve la majorité des cas de COVID-19, dit Dre Quach.

Mais dans les quelques cas où des chiffres (ne serait-ce que partiels) sont disponibles, le portrait qui s’en dégage est plutôt rassurant. Si la propagation était importante dans les écoles, on s’attendrait à trouver des cas en « grappes », concentrés dans les mêmes quelques classes. Mais comme le montre notre tableau ci-dessus, ces opérations de dépistage systématique n’ont généralement trouvé que des cas très uniformément répartis, à raison d’un ou deux par classe.

Il y a eu, soulignons-le, quatre classes en Outaouais où il semblait y avoir eu des véritables éclosions, soit de quatre à six cas par groupe, ce qui montre qu’il peut y avoir de la contagion à l’école. Mais dans les 15 autres classes où le CISSS de l’Outaouais a fait des dépistages systématiques, on ne trouvait qu’un cas (huit classes), deux cas (quatre classes) ou trois cas (trois classes).

Dans l’ensemble, commente Mme Grandvaux, « ces chiffres-là sont quand même rassurants » puisque sans être une preuve formelle ils suggèrent que les écoles ne sont pas des foyers d’infection, mais que la transmission qui s’y produit est plutôt le reflet de ce qui circule dans la communauté en général. Dre Quach interprète ces chiffres essentiellement de la même manière.

Voir aussi 

Confinement : des effets parfois dramatiques sur les enfants

Suède — l’effet des écoles restées ouvertes pendant la pandémie sur la santé sur les élèves et les enseignants 

Profs américains s’opposent à l’ouverture des écoles malgré les leçons européennes

Suède et Suisse — Enfants peu à risques et peu contagieux

Covid-19 — La Suède est-elle un contre-exemple ?

 

 

Loi 101 : des objectifs loin d’être atteints

Frédéric Lacroix répond au texte lénifiant et anesthésiant de Mario Polèse et Pierre Fortin, « Réforme de la loi 101 : si seulement il y avait des solutions faciles », publié le 11 janvier sur le site subventionné de La Presse, entreprise libérale et fédéraliste.

Il rappelle que « Pour simplement assurer la stabilité du groupe francophone, il faudrait que les substitutions linguistiques des immigrants allophones soient dirigées à 90 % vers le français. Nous sommes très, très loin du compte ».

Je suis l’auteur d’un essai (Pourquoi la loi 101 est un échec) sur la question linguistique paru chez Boréal en octobre 2020. Un essai dont la lecture a été recommandée, à ma grande joie, par de nombreux journalistes et chroniqueurs bien connus (Louis Cornellier, Robert Dutrisac et Michel David du Devoir, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Antoine Robitaille du Journal de Montréal).

Or, dans un curieux texte publié par La Presse le 11 janvier (« Réforme de la loi 101 : si seulement il y avait des solutions faciles »), Mario Polèse et Pierre Fortin, sans mentionner mon nom, énoncent que « prétendre que la loi 101 est un échec est une absurdité, dans la même lignée que les énoncés de Donald Trump ». Vraiment ?

Il est difficile de ne pas voir dans cette affirmation, qui reprend le titre de mon essai, une attaque gratuite et, disons-le, tout à fait grotesque envers moi. MM. Polèse et Fortin, qui s’intéressent à la question linguistique, ne pouvaient pas ignorer l’existence de mon livre ; ils ont choisi de trumpiser non seulement le discours qu’il défend, mais moi-même, ce qui est une façon de me disqualifier moralement, de me diaboliser, de tenter de m’exclure du débat public.

Ce bas procédé est tout à fait indigne de deux professeurs « émérites ».

Du reste, il est évident que les deux professeurs n’ont pas lu cet essai, qu’ils diabolisent avec autant de légèreté. Ainsi, leur texte ne contient-il aucune réfutation de fonds contre les idées avancées dans mon essai.

S’ils l’avaient lu, ils sauraient que l’affirmation que « la loi 101 est un échec » n’est aucunement lancée à la légère. On peut juger que la loi 101 est un échec en mesurant l’atteinte des objectifs que visait le législateur, objectifs qui sont explicités dans le Livre blanc déposé par Camille Laurin en 1977.

Les objectifs majeurs étaient :

  1.  d’arrêter l’érosion annoncée du poids démographique des francophones au Québec ;
  2. d’inciter une nette majorité des immigrants allophones à s’intégrer au groupe francophone ;
  3. d’améliorer le statut socio-économique du français de façon à déloger l’anglais comme « langue des affaires » au Québec.

La loi 101 est venue, c’est vrai, améliorer le solde des substitutions linguistiques que les immigrants effectuent vers le français (de 10 à 55 %) et a aussi amélioré le statut socio-économique du français.

Ces améliorations, cependant, sont de trop faible ampleur pour empêcher la minorisation des francophones au Québec (le poids des francophones a ainsi chuté de 3,4 % de 2001 à 2016, ce qui est la plus importante chute jamais mesurée).

Pour simplement assurer la stabilité du groupe francophone, il faudrait que les substitutions linguistiques des immigrants allophones soient dirigées à 90 % vers le français. Nous sommes très, très loin du compte ; la chute du poids des francophones va continuer pour tout l’avenir prévisible.

Statistique Canada, un organisme fédéral que l’on ne peut probablement pas accuser de « trumpisme », prévoit que le poids démographique des francophones sera autour de 69 % au Québec en 2036. A contrario, le poids démographique des anglophones sera en augmentation. La loi 101 n’atteint aucunement son premier objectif.

Enfin, il est important de préciser que la loi 101 qui est en échec est celle qui a été façonnée par les tribunaux fédéraux, dont les jugements, un après l’autre, sont venus démolir des pans entiers, et très importants, de la loi 101 originale déposée par Camille Laurin.

Ainsi, la loi 101 actuelle a peu à voir avec celle adoptée par l’Assemblée nationale le 26 août 1977. On peut donc penser que cet échec de la loi 101 est consubstantiel à la vision individualiste des droits linguistiques qui a été imposée par les tribunaux canadiens, vision qui est l’antithèse des idées portées par la loi 101 originale, qui était largement basée sur les droits collectifs.


Plus de 2200 enseignants non qualifiés travaillent dans le réseau scolaire du Québec

Le nombre d’enseignants non qualifiés continue d’augmenter dans les écoles du Québec. La pénurie de professeurs pousse les directions d’écoles à embaucher du personnel qui n’est pas légalement qualifié. Ils sont ainsi plus de 2000 dans les classes du Québec à enseigner aux enfants. Leur nombre a plus que doublé depuis cinq ans.

La pénurie d’enseignants est telle au Québec que le ministère de l’Éducation permet aux centres de services scolaires d’embaucher des professeurs qui n’ont pas le baccalauréat en enseignement et le brevet.

On leur octroie alors une tolérance d’engagement qui est valide pour un an.

Avec la pandémie, la pénurie s’est accentuée et le manque de personnel qualifié est encore plus grand dans les écoles. Selon des données du ministère de l’Éducation, il y a actuellement 2210 enseignants non qualifiés dans le réseau scolaire qui ont une tolérance d’engagement, soit une augmentation de 25 % par rapport à l’an dernier.

En fait, cette tendance à la hausse est observable depuis cinq ans. En 2015-2016, ils étaient 896. Il s’agit donc d’une augmentation de 146 % depuis ce temps.

Ce carnet considère qu’il faudrait permettre à davantage de diplômés d’enseigner sans avoir un diplôme en éducation. Des licenciés (B.A., B.Sc.) dans un domaine précis (histoire, français, sciences) devraient — légalement et non par simple tolérance — pouvoir enseigner les matières en question après une formation pédagogique courte, pas nécessairement donnée à l’université. Elle pourrait, notamment, être donnée par des réseaux d’écoles dans leur propre tradition pédagogique.

Baisse de la démographie aux États-Unis

Fin d’une exception ? Le moteur démographique des États-Unis, avec 329 millions d’habitants, ralentit, faute de naissances et d’apport migratoire.

Durant longtemps, l’Amérique a constitué une exception démographique avec la France et Israël. Une forte immigration et un taux de fécondité relativement élevé y faisaient croître plus rapidement la population que dans les autres pays riches.

Mais cette situation à part touche peut être à sa fin, avec plusieurs grands États qui ont perdu leur dynamique de croissance.

Taux de natalité des États-Unis de 1800-2020 (naissances par 1000 habitants)

La population de la Californie stagne et pourrait même décroître : de nombreuses entreprises et citoyens quittent l’État, l’immigration a été limitée par Trump, la natalité atteint un bas niveau inédit. L’Illinois, qui a perdu 250 000 résidents en une décennie, enregistre un déficit démographique depuis sept années consécutives. Mais c’est à New York que la chute est la plus forte : l’État a perdu 126 000 habitants sur les six premiers mois de 2020, soit 0,65 % de sa population. La croissance de quelques États républicains comme le Texas et la Floride, notamment dans le Sud, ne compense pas ce fléchissement.

De janvier à juillet 2020, la population américaine a crû de seulement 0,35 %, soit une hausse de 1,2 million d’habitants pour un total de 329 millions. Le chiffre n’a pas été aussi faible depuis 1900. Ce phénomène est dû en partie à la chute de l’immigration, qui explique la stagnation démographique de villes comme Los Angeles, New York ou Chicago, et qui participe aussi à la baisse de la fécondité. Le taux de natalité par Américaine atteint 1,7 enfant par femme en moyenne, au plus bas depuis des décennies. Il est inférieur au taux français (1,87 en 2019), identique au britannique, mais plus haut que le canadien ou le québécois (1,5-1,6).

 

Indice de fécondité des États-Unis (1800-2020), enfant par femme

Nul doute que la politique migratoire restrictive de Donald Trump a accentué la tendance. Et même si l’administration Biden pourra revenir sur certaines restrictions, elle ne pourra sans doute pas les supprimer toutes, du moins à court terme.

Pour ne rien arranger, deux chercheurs de Berkeley, Joshua Goldstein et Ronald Lee, estiment que les décès dus au Covid, qui pourraient dépasser le demi-million en avril 2021, vont faire chuter de plus d’un an l’espérance de vie. De plus, les experts estiment à 340 000 le nombre de naissances qui n’auront pas lieu en 2021 en raison de la situation sanitaire et économique.

Scénario européen, canadien et québécois

Bien sûr, une partie de ces conséquences pourraient disparaître avec la fin de la pandémie. Les couples qui ont reporté leur projet d’enfant pourraient provoquer un bref baby-boom en 2022 et 2023. Tandis que la possible réouverture des frontières devrait relancer l’immigration. Pourtant, la baisse tendancielle de la démographie devrait se poursuivre ces prochaines années, « parce que l’Amérique ressemble de plus en plus à l’Europe, avec une fertilité moindre et une immigration plus contrôlée », observe le démographe Joseph Chamie.

Par ailleurs, voir sa population décroître constitue un désavantage pour chacun des États américains, dans la mesure où cela diminue son poids politique. Certains États du Midwest et du Nord-Est pourraient perdre plusieurs de leurs grands électeurs.

Selon les scénarios du bureau du recensement américain (US Census), si le pays redevenait l’exception qu’il a longtemps été, avec de hauts niveaux d’immigration, sa population atteindrait les 447 millions en 2060. Mais s’il continuait à maîtriser l’immigration comme sous Donald Trump — avec une natalité équivalente à celle des autres pays riches — ce chiffre pourrait alors tomber à 320 millions.


samedi 16 janvier 2021

L'école rurale a un avenir fou

L’État ferme chaque année des écoles de village par centaines. Pas rentables ! Pas aux normes ! Silence : on tue au nom de la rationalité budgétaire.

Pourtant, ces écoles sont l’archétype de l’école française, dont le modèle a été inventé précisément pour l’école de la France... rurale. Cette école, composée d’une classe unique multi-niveaux vivant au rythme des travaux des champs, avec son maître d’école qui suit ses enfants pendant toute leur scolarité, après avoir instruit leurs propres parents avant eux... Rien à voir avec l’éducation hors-sol et anonyme des grands bahuts de cités [immigrées] !

Cette école rurale est aimée. Elle reste humaine à une époque qui l’est de moins en moins. Avec quelle tendresse ne pense-t-on pas au film « Être et avoir », qui montre l’exceptionnelle relation entre les treize élèves de l'école primaire du petit village auvergnat de Saint-Etienne-sur-Usson, âgés de 3 à 10 ans, enseignés dans leur classe unique par leur instituteur, Georges Lopez.

La bonne nouvelle, c’est que cette école rurale a un avenir, et même un avenir fou !


Contrairement aux préjugés, elle est même économique, à condition d'être gérée comme on gère une école libre ; elle permet le maintien décomplexé de méthodes traditionnelles, associées à ce qui fonctionne dans le numérique. Elle permet par sa petite taille de nourrir les enfants avec des produits sains ; elle favorise l’ancrage dans l’économie et la culture locales, ainsi que les interactions avec les hommes et les femmes du pays. Ici, l’innovation peut fonctionner en circuit court !

C’est pour cela que la Fondation Kairos organise un séminaire-action le 27 janvier prochain sur ce thème, où des élus et créateurs d’écoles de la ruralité partageront leurs bonnes pratiques, pour aider d’autres maires et entrepreneurs de l’intérêt général à faire vivre ou à ressusciter l’école de leur village !

Anne Coffinier, présidente de Créer son école - Educ'France


Maisonneuve, à l'école du « vivre ensemble » - Documentaire français

Le cégep de Maisonneuve à Montréal, dont plus de la moitié des étudiants sont issus de l'immigration, doit composer avec les défis du vivre-ensemble. En ce moment délicat du passage à l'âge adulte, c'est la vie ensemble, malgré tout, que nous avons filmée pendant toute une année. Réalisé par Nicolas Wadimoff et Emmanuelle Walter.

« Le collège Maisonneuve est un véritable laboratoire de ce vivre-ensemble. Et pourtant, rompant le fil d'une longue et belle histoire d'éducation progressiste, une dizaine d'étudiants tentaient en 2015 de rejoindre l'État islamique en Syrie. Un événement que personne n'avait vu venir. Depuis le collège a pris de bonnes résolutions. »

Lien vers la vidéo (si elle n'apparaît pas ci-dessus)

Débat entre Mathieu Bock-Côté et  Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l'Éducation nationale de la France sur ce documentaire




Voir aussi

Montréal — Des profs du collège de Maisonneuve se censurent (2018)

La « radicalisation » à Maisonneuve : la faute aux méchants préjugés et aux médias qui risquent de renforcer la « radicalisation » (2016)

Novlangue : « implanter des mesures d’appui au vivre ensemble »

Étude — Plus on est « progressiste », plus idéaliserait-on ou nierait-on la réalité ?

L’effacement du réel

Étude — Baisse de « solidarité » corrélée à l’augmentation du nombre d’étrangers
 

Belgique — Les signes religieux autorisés dans toutes les hautes écoles de la fédération (WBE)

Le réseau de l’enseignement en Belgique francophone peut se diviser en trois grands réseaux :

  • celui organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles, connu sous le sigle de WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement),
  • l’enseignement officiel (organisé à un niveau inférieur : provinces, villes ou communes),
  • l’enseignement libre (catholique ou non, organisé par des associations).

Le Soir de ce samedi nous apprend que tous les établissements d’enseignement supérieur WBE (environ 20 000 étudiants) mais aussi de promotion sociale (environ 30 000 étudiants) vont autoriser les « signes convictionnels » dont le voile. Cinq hautes écoles (hors universités), cinq écoles supérieures des arts et 29 établissements de promotion sociale sont ainsi concernés. Ce changement interviendra pour la prochaine rentrée scolaire.

Manifestation pro-foulard à Bruxelles en juillet 2020 (remarquez la seule pancarte : en anglais)

Cette décision d’autoriser les signes religieux, dont le port du voile, (sauf exceptions, par exemple quand la sécurité pourrait être menacée ou pour des raisons d’hygiène) a été prise par le conseil d’administration de WBE qui compte des représentants de toutes les formations politiques. « J’ai été surpris », a souligné Julien Nicaise, « un consensus a très vite pu être trouvé, ainsi qu’avec l’ensemble des directions avec lesquelles nous nous sommes bien sûr concertés. »

Le foulard est déjà autorisé dans la plupart des établissements d’enseignement supérieur du réseau catholique. Côté réseau officiel (provinces, villes et commune), le même choix figurait aussi dans l’accord de majorité de la Région bruxelloise. Pas plus tard que cet été, le ministre -Président Rudi Vervoort (parti socialiste) a confirmé que ce changement serait appliqué dans toutes les écoles de promotion sociale organisées par la Cocof (la Commission communautaire française) et à l’Esac (l’École supérieure des arts du cirque). Par contre, cette option n’est pas suivie partout dans le reste du réseau officiel.

Conséquence du profond changement démographique que connaît la Belgique ?

Manifestants rassemblés sous la bannière « #HijabisFightBack Protest » à Bruxelles en juillet 2020

  

Voir aussi

Changement démographique en Belgique — Bruxelles musulmane dès 2030 ? (article de 2010)

Démographie : Le gouvernement bruxellois lève en partie l’interdiction du port de signes religieux dans l’enseignement (article de 2019)

Seul un quart des habitants de Bruxelles sont des Belges d’origine belge, ils sont encore 66 % en Wallonie, mais ils sont vieillissants (article de 2021 portant sur la population au 1er janvier 2020) 

Belgique — Près de la moitié des enfants à l'école primaire communale sont musulmans (2011)

En Belgique, les élèves musulmans aiment l'école catholique (2012)

vendredi 15 janvier 2021

Le cinéma, cette arme idéologique contre le Frenchie comme le Russkof ou le Chinetoque

Pierre Conesa, agrégé d’histoire et ancien élève de l’ENA, enseignant à Sciences-Po et écrit régulièrement dans Le Monde diplomatique.

Récemment, il publiait Hollywar, sous-titré Hollywood, arme de propagande massive. Pour Conesa, Hollywood est une usine à rêves, mais aussi une formidable machine à créer des méchants. À chaque époque sa cible. D’abord incarné par le Noir, représenté comme un illettré, un paresseux obsédé par la femme blanche, l’ennemi a ensuite pris les traits de l’Indien, sauvage et agressif, puis du Chinois cruel, du basané — bandit mexicain, gras et transpirant, ou trafiquant colombien —, du nazi ou du communiste… Plus récemment, lors de la deuxième guerre du Golfe [en fait bien avant, voir « The » Revenant, Hollywood et le Canadien français qui donne plusieurs exemples de caricatures sans rapport avec la guerre du Golfe] c’est le « Frenchie » qui a cristallisé la rancœur des États-Unis, avant qu’il soit remplacé par l’Arabo-Irano-terroristo-musulman.

Pour mener l’enquête, l’auteur a passé au crible plus de trois mille films, le plus souvent des objets cinématographiques de consommation courante, ceux qui forgent l’opinion publique bien plus que les chefs-d’œuvre. De manière implacable, il démontre comment Hollywood, en jouant de la confusion entre fiction et réalité, cinéma et géopolitique, est devenu une arme de propagande massive, capable de transformer les ennemis des États-Unis en menaces planétaires.

Ci-dessous la recension de cet ouvrage par Éric Zemmour.

Vous êtes confortablement installé dans un fauteuil rouge ; vous grignotez distraitement un paquet de maïs soufflés ; un film défile devant vos yeux ébaubis ; vous l’ignorez, mais vous faites de la politique. Vous croyez que le cinéma est une usine à rêves, quand elle est d’abord une fabrique d’idéologies ; vous croyez qu’on vous raconte une histoire, alors qu’on vous endoctrine. Vous êtes persuadé que seuls les régimes totalitaires du XXe siècle, nazi et communiste, ont utilisé le cinéma comme machine de propagande ; vous avez retenu les noms de Leni Riefenstahl ou Eisenstein ; vous ne vous êtes pas aperçu que les démocraties, française ou américaine, sont elles aussi très douées ; et que la meilleure machine de cinéma du monde, Hollywood, est aussi logiquement une arme de propagande massive qui dépasse tout ce qu’on a vu dans l’histoire.

Cette dimension idéologique du cinéma en général, et de Hollywood en parti­culier, est au cœur du livre de Pierre ­Conesa. Ce cinéphile amateur et géopoliticien professionnel ne cache pas son admiration pour les grands cinéastes américains. Cela ne l’a pas empêché de se plonger dans le fond de sauce de Hollywood, tous ces films de série B ou Z, qui ont souvent plus de succès public que les chefs-d’œuvre. Il en est ressorti avec une grille de lecture passionnante qui montre que le cinéma américain a forgé l’identité nationale des États-Unis.

Hollywood a été pour les Américains ce que l’État, l’Église et la littérature furent pour l’édification du roman national français : à la fois machine à raconter une histoire glorieuse de la nation et à désigner un ennemi. Conesa s’attarde surtout sur ce dernier rôle. Il passe en revue les « ennemis » de l’intérieur : l’Indien, le Noir, le Jaune, le Mexicain. Il démontre que Hollywood les a affublés de stéréotypes infamants dès l’invention du cinéma, même lorsque celui-ci était muet. Il rappelle la formule célèbre de Roland ­Barthes : « Le stéréotype est un fait politique, la figure majeure de l’idéologie. » Le grand juriste allemand Carl Schmitt nous a appris que le propre de la politique est de « désigner l’ennemi ». Hollywood fait d’abord et avant tout de la politique.

Il arrive d’ailleurs à notre auteur de se contredire quand il nous dit que « Hollywood ne raisonne qu’en fonction des résultats commerciaux d’un film ». En fait, Conesa tombe — pour une fois — dans le panneau de notre machine de propagande. L’intérêt économique et commercial est l’argument habituel de ces grands féodaux ploutocratiques. Ils ne feraient que suivre la volonté des spectateurs, comme s’ils se soumettaient à une démocratie consumériste. Ils font mine de ne pas savoir qu’au cinéma aussi l’offre crée la demande et que les patrons de Hollywood façonnent un esprit public devant lequel ils font semblant de s’incliner. Ainsi ­Conesa nous rappelle-t-il que, pendant les années 1930, Hollywood fut d’une discrétion de violette vis-à-vis de Hitler. Notre auteur nous explique que « Hollywood ne veut pas perdre le marché allemand totalement contrôlé par Goebbels ». Il oublie seulement que les élites américaines, hormis le président Roosevelt et les cinéastes juifs, sont alors favorables à l’Allemagne, qu’elles ont soutenue financièrement et médiatiquement depuis les années 1920, contre une France présentée comme militariste et revancharde. En 1940, Charlie Chaplin sonne avec Le Dictateur l’entrée en guerre de l’Amérique et de Hollywood.

Puis vint le temps des ennemis communistes, soviétiques, avant les ­terroristes arabes ou le « Frenchie » ­pacifiste.

En 1996, on apprenait que la CIA « collaborerait désormais ouvertement aux productions de Hollywood, à titre strictement consultatif ». Au moins, les choses étaient désormais assumées : Hollywood était l’annexe officielle de la centrale d’espionnage américaine.

La machine de propagande hollywoodienne ne s’arrête jamais et inonde le monde entier. Ceux qui résistent sont traités de protectionnistes et de chauvins. Pourtant, « le cinéma américain occupe 80 % à 95 % de l’espace dans les pays européens. Les films français, deuxièmes sur les marchés occidentaux, ne réalisent pas 4 % de la part de marché chez leurs voisins européens (…). Le déficit de la balance commerciale [dans le domaine cinématographique] entre les EU et l’Europe était de 3 milliards d’euros en 1993 ; il est de 9 milliards d’euros aujourd’hui. En France même (le seul pays d’Europe qui impose un système de quotas nationaux), la part du cinéma américain est de 60 %. Le ministre de la Culture de Corée du Sud comparait “Hollywood à un dinosaure qui tue l’écosystème” ». Pendant qu’ils inondent le monde, les Américains défendent farouchement leur pré carré en exigeant l’« américanisation » des films étrangers : reprenant la trame des scénarios, ils arrangent tout à leur sauce, avec des acteurs, des dialogues et une ambiance « made in USA ».

Une logique coloniale implacable. Une logique qui entraîne de légitimes révoltes décolonisatrices du côté des Chinois, des Indiens (Bollywood), voire des Coréens du Sud ou du monde musulman (Halalywood). De quoi conforter des Français longtemps isolés et brocardés dans cette résistance. [Voir Cinéma — le marché chinois a dépassé le nord-américain, la part d’Hollywood s’effondre en Chine]

Si Pierre Conesa avait écrit son livre il y a vingt ans, il n’y aurait rien eu à ajouter. Mais, entre-temps, l’émergence des séries et du fameux Netflix a bouleversé la donne. Bien sûr, la logique de consommation a changé, la salle a été négligée pour le salon. Mais ce n’est pas tout. La machine de propagande a changé de cible. Les anciens ennemis sont devenus les chouchous. La « diversité » a remplacé l’américanité. Des experts « woke » peuplent les comités d’éthique et les équipes de scénaristes de Hollywood. Il s’agit de vanter les charmes trop longtemps méconnus des Noirs, des femmes, des homosexuels. Tout est renversé : l’homme blanc hétérosexuel devient l’ennemi à abattre. John Wayne est dénoncé comme raciste et misogyne. Autant en emporte le vent est censuré. Clint Eastwood devient un cinéaste anticonformiste parce qu’il fait l’éloge de la classe ouvrière blanche. Hollywood a retourné son arme de guerre contre ces classes populaires américaines qui ont la mauvaise idée de voter Trump, ces « déplorables » qu’avait méprisés Hillary Clinton. C’est un funeste présage pour eux.

 

Hollywar,
Hollywood, arme de propagande massive,
par Pierre Conesa,
chez Robert Laffont,
à Paris,
publié en 2018,
224 pages,
ISBN-13 : 978-2221217221

 


 

Il existe un film hollywoodien sur l’expédition de Lewis et Clark (1804-1806). Il s’agit d’Horizons lointains tourné en 1955 avec Charlton Heston (un an avant sa participation dans la superproduction Les Dix Commandements). Le film tend à évacuer quasiment totalement le rôle des Français dans l’expédition et mythifie celui de Sacagawea. Toussaint Charbonneau dans la vie réelle était l’époux de Sacagawea et le père de leur jeune fils pendant l’expédition. Dans le long métrage, il n’apparaît que, brièvement au demeurant, comme une brute sale, grassouillette, cupide, fourbe et mal embouchée qui réclame sa propriété, Sacagawea. Mais elle n’a d’yeux que pour le beau Charlton Heston, l’officier américain Clark qui lui conte fleurette et la séduit par ses discours et sa tendresse civilisés. Clark est l’auteur du journal de l’expédition. Celle-ci comptait effectivement l’Indienne Sacajawea (également nommée la « Femme-oiseau »). Elle servit d’interprète et guida à certains moments les explorateurs. Mais, à l’inverse de sa situation dans le film où elle tombe amoureuse de Clark, elle fut accompagnée durant tout le voyage par le trappeur « canadien » Toussaint Charbonneau qu’elle avait épousé avant le départ et dont elle avait un jeune enfant. Charbonneau, contrairement à sa description dans Lointains Horizons, était loin d’être antipathique, même s’il n’était pas sans défauts évidents.

Clark ne mentionne à aucun moment dans son journal la moindre amourette. Clark et Sacageawa ne pouvaient d’ailleurs se parler en toute intimité puisque pour lui parler Clark devait passer par François Labiche qui comprenait l’anglais. Labiche traduisait ensuite en français pour Charbonneau qui ne parlait pas anglais et qui traduisait à son tour en meunitarri (gros ventre) à sa femme… Labiche n’est pas le seul absent du film, on ne voit pas plus le métis George Drouillard, qualifié de meilleur chasseur de l’équipée par Lewis. Cette mythification de Sacageawa (dont on sait peu de choses en réalité) et cette dépréciation du rôle des Français ne sont pas le seul fait de ce film, on le retrouve également dans plusieurs romans qui traitent de cette expédition. Voir Anti‑French Sentiment in Lewis and Clark Expedition Fiction.
 


Le film The Revenant (2015)  adopta à nouveau une « représentation libre » du personnage de Toussaint Charbonneau, incarné par l’acteur français Fabrice Adde, qui commet un viol. C’est ce rôle que Roy Dupuis a refusé.  [Plus de détails sur mythification de la femme-oiseau et la caricature de Charbonneau dans les fictions relatant l'expédition Lewis et Clark.]

Dans Les Tuniques écarlates réalisé par Cecil B. DeMille et sorti en 1940. (1940), Dan Duroc et Jacques Corbeau, deux métis, tentent de pousser leur peuple à une nouvelle rébellion, plusieurs années après l'écrasement d'une première révolte conduite par Louis Riel. Louis Riel est réfugié aux États-Unis. Tous les bons rôles sont attribués à des anglo-saxons droits, beaux, généreux et courageux. Le mauvais rôle est un certain Corbeau métis fourbe et rebelle. Louis Riel est lui évanescent et victime de ce Corbeau au teint bistre.

Ajoutons à ces caricatures, l'exemple plus récent du feuilleton Frontière (2016-2018) dont le seul Canadien-français est un minable trappeur amoral. Il s'agit de Jean-Marc Rivard, au prénom anachronique acr il est quasi inexistant avant 1930. Un seul voyageur français même si l’action se passe en partie à Montréal et met en scène des coureurs des bois qui sont tous des Anglo-saxons... Bien évidemment, les autochtones sont loin d'être tous caricatures (il y a des idiots vindicatifs, mais les femmes y sont fortes et sages). D'ailleurs, toutes les femmes y ont une place très moderne, sans doute anachronique, la tenancière de la taverne de Fort James tient ainsi la dragée haute aux hommes de la Compagnie de la Baie d'Hudson, il faut dire qu'elle porte la culotte et non une robe.

Maintenant, il faudrait que le Québec et la France fassent des films qui valorisent leur histoire, plutôt que de se pâmer devant les « chefs d’œuvre » de Xavier Dolan (sinon gare à la crise de nerfs du génie) ou la dernier four mettant en scène Omar Sy (son Arsène loupé non vient à l'esprit, 2/5 sur Allociné). Il ne faut pas toujours blâmer Hollywood de mal faire le boulot qu'aucun cinéaste francophone ne fait plus.


Voir aussi   

« The » Revenant, Hollywood et le Canadien français qui donne plusieurs exemples de caricatures de Français 

Clivage entre les critiques professionnels et le public : les cas Mignonnes et Une Ode américaine 

Face à John Wayne qui ne veut pas mourir, le changement démographique et l’argent des progressistes  

Nouvelle traduction « antiraciste » d’Autant en emporte le vent 

Cinéma — le marché chinois a dépassé le nord-américain, la part d’Hollywood s’effondre en Chine

Histoire — Aux origines de la légende noire espagnole

Histoire — Jules Brunet, le vrai-faux dernier samouraï (non il ne fut pas Américain...)

Seul un quart des habitants de Bruxelles sont des Belges d'origine belge

Photo choisie par Statbel pour illustrer son étude

 
La population de la Belgique au 1er janvier était de 11 492 641 habitants, celle de la Flandre était de 6 629 143, de la Région de Bruxelles-Capitale nationale de 1 218 255 et enfin de la Wallonie de 3 645 243 habitants.

Statbel, l’office belge de statistique, publie une nouvelle statistique sur l’origine de la population belge. Au 1er janvier 2020, la population belge se composait comme suit : 67,9 % de Belges d’origine belge, 19,7 % de Belges d’origine étrangère et 12,4 % de non-Belges. Cela représente respectivement 7 806 078, 2 259 912 et 1 426 651 habitants.

 En 2011, ces pourcentages étaient de 74,3 %, 15,5 % et 10,2 %, respectivement.
 

En Région de Bruxelles-Capitale, la part des Belges d’origine belge est de 25,7 %, les Belges d’origine étrangère y représentent 22,9 % de la population. Quant aux personnes de nationalité étrangère, leur part à Bruxelles grimpe à 35,3 % alors qu’elle se situe à 10,4 % en Wallonie et 9,3 % en Flandre.

Sont considéré Belges d’origine belge, les personnes qui sont actuellement Belges, sont nées Belges et dont les parents sont nés Belges. 

Les Belges issus de l’immigration et les non-Belges à 60 % non européens à Bruxelles

Les Belges d’origine étrangère et les non-Belges se répartissaient comme suit entre les groupes de nationalité. 20,5 % appartenaient au groupe de nationalité d’un pays voisin, 28,2 % au groupe de nationalité de l’Union européenne UE27 (à l’exclusion de la Belgique et des pays voisins) et 51,3 % au groupe de nationalité hors UE27. Quelques autres constatations intéressantes au niveau des régions :

  • La Région flamande semble avoir une plus faible proportion de personnes ayant comme groupe de nationalité d’origine l’UE27 (à l’exclusion de la Belgique et des pays voisins) : 20,7 % contre 28,2 % au niveau national. Dans le même temps, la Flandre a une part plus importante de personnes dont la nationalité d’origine se situe en dehors de la zone UE27 : 56,9 % versus 51,3 % au niveau belge.
  • On observe le schéma inverse en Wallonie ; une part plus importante issue d’un pays de l’UE27 : 39,6 % et une part plus faible issue d’un pays situé en dehors de la zone UE27, à savoir 37,4 %.
  • La Région de Bruxelles-Capitale a la plus faible proportion de personnes issues d’un pays voisin : 13,7 % contre 20,5 % au niveau national. Cette région affiche également la plus forte proportion de personnes dont la nationalité d’origine se situe en dehors de la zone UE27 : 60,7 % contre 56,9 % en Flandre et 37,4 % en Wallonie.

` La proportion des extra-Européens augmente lentement de recensement en recensement : 

  • Ces 10 dernières années, la part de personnes appartenant au groupe de nationalité des pays voisins a légèrement diminué : de 23,8 % en 2011 à 21,9 % en 2016 et à 20,5 % en 2020. À l’inverse, on observe une légère augmentation du groupe de nationalité d’origine en dehors de la zone UE27, qui passe de 47,6 % en 2011 à 49,3 % en 2016 pour atteindre 51,3 % en 2020.
  • La part du groupe d’origine belge d’origine étrangère avec une première nationalité enregistrée belge et dont les deux parents ont une première nationalité enregistrée étrangère a légèrement augmenté de 9,5 % en 2011 à 12,3 % en 2020 et est principalement tirée vers le haut par des personnes du groupe de nationalité d’origine en dehors de l’UE27.

  Les Belges nés belges sont plus vieux que la population moyenne

Dans les différents groupes d’origine, la proportion d’hommes et de femmes semble être répartie équitablement. La répartition est moins égale en ce qui concerne l’âge. La part de Belges d’origine belge augmente clairement avec l’âge : elle atteint 54,3 % chez les 0-17 ans, 66,3 % chez les 18-64 ans et 87,3 % chez les plus de 65 ans. La part des non-Belges est la plus élevée chez les 18-64 ans, à savoir 14,6 %. Ils sont suivis par les 0-17 ans avec 11,6 % et les plus de 65 ans avec 6,4 %. 

Pyramide des âges

 

À noter qu’il y a relativement peu de jeunes non belges, les enfants des Non-belges étant pour la plupart des Belges d’origine étrangère, l’accession de la nationalité belge étant très facile.


 

 

Source : Statbel

Voir aussi 

Changement démographique en Belgique — Bruxelles musulmane dès 2030 ? (article de 2010)

Démographie : Le gouvernement bruxellois lève en partie l’interdiction du port de signes religieux dans l’enseignement (article de 2019)

Environ 400 manifestants, selon une première estimation de la police sur place, se sont rassemblés mercredi près du commissariat de police, rue de Brabant, non loin de la gare de Bruxelles-Nord, en réaction au décès du jeune I. B. (23 ans), survenu samedi soir à la suite de son interpellation par la police.

Une partie du groupe de manifestants, soit une centaine de personnes, s’est désolidarisée de la manifestation avant d’être contenue par les forces de l’ordre, à la sortie d’un tunnel donnant sur la place du Nord, dans un climat assez tendu, marqué par des jets de projectile et l’utilisation de fumigènes. Des manifestants ont crié « police, assassins ».

Bruxelles : la voiture du roi Philippe, bloquée au milieu d'une manifestation « contre les violences policières ». La Belgique se métisse et s'américanise. 


Un groupe de personne est contrôlé samedi aux alentours de 19 heures près de la gare du Nord à Bruxelles. Selon le parquet, à l’issue du contrôle, un jeune homme de 23 ans présent sur place prend la fuite à pied. Il est ensuite interpellé par la police qui l’a pris en chasse à pied.

Il est alors privé de liberté et est emmené au commissariat pour y être entendu, comme explique Stéphanie Lagasse, la porte-parole du parquet de Bruxelles : « Lors de son arrivée au commissariat, il a perdu connaissance et les policiers qui étaient présents sur place ont fait appel aux services de secours. Une ambulance et un SMUR [réanimation mobile] sont arrivés sur place. Le jeune homme a été emmené à l’hôpital où il est décédé à 20 h 22 ».

Selon nos informations, le jeune homme aurait ingéré de la drogue qu’il avait en sa possession. C’est à la suite de cela, qu’il aurait fait un malaise lors de sa fouille au commissariat. Une analyse toxicologique a été demandée par le parquet.

rtbf.be

Sur fond de pandémie, la crise démographique au Japon s’accélère en 2020


 

À l’heure où l’archipel nippon traverse la troisième vague de l’épidémie de Covid-19, le nombre d’enfants nés en 2020 montrera très probablement une baisse importante par rapport à l’année précédente. Ce qui risque d’accélérer encore la crise démographique du pays, s’inquiète le journal Nihon Keizai Shimbun.

Depuis l’éclatement de la crise sanitaire au printemps dernier, les indicateurs socio-économiques ne cessent de s’assombrir au Japon : 885 entreprises en faillite et presque 2 millions de personnes en situation de chômage. Le nombre de suicides s’est quant à lui établi à 2 158 en octobre au niveau national, soit 600 cas de plus que pendant l’année 2019.

Ce climat d’angoisse collective commence à peser sur la démographie du Japon, pays qui souffrait déjà d’une chute de population importante avant la crise, révèle le quotidien économique Nihon Keizai Shimbun.

À l’hôpital d’Aiwa, situé dans la ville de Kawagoe, au nord de Tokyo, le nombre de femmes enceintes qui se sont inscrites à la maternité entre avril et novembre 2020 a baissé de 5 % par rapport à la même période de l’année 2019. Chose encore plus marquante, les patientes ayant prévu d’accoucher dans l’établissement entre janvier et février 2021 sont de 20 % moins nombreuses qu’en 2020.

En 2019, le Japon avait déjà connu sa plus faible natalité en 120 ans. Avec davantage de décès et moins de naissances en 2019 qu’en 2018, la balance démographique japonaise avait encore chuté. Sans évoquer de causalité, le quotidien japonais indique que le nombre de mariages est également à la baisse (583 000 en 2019, record après-guerre), quand celui des divorces n’en finit plus d’augmenter. 

 Voir aussi 

Le taux de natalité du Québec devrait atteindre son niveau le plus bas historique en 2020 

Chine dit libérer les femmes Ouïgoures de la maternité en les émancipant et en les rendant plus autonomes (la rééducation et la stérilisation font baisser rapidement la natalité)

 Démographie : en 2050 pour un Européen proche de 50 ans, il y aura trois Africains de moins de 30 ans [d’âge en moyenne] 

Extrême-Orient et Occident : le boum des femmes sans enfants

La fécondité israélienne (3,1 enfants/femme) contraste avec celle de l’Occident où les pays rivalisent pour les jeunes des autres pays.

Disparaître ? de Jacques Houle : Regard franc sur l’immigration

Le monde a maintenant plus de grands-parents que de petits-enfants

Québec — Plus de 30 % des naissances issues d’au moins un parent né à l’étranger

Avortement, démographie et immigration entraînent la recomposition ethnoculturelle de l’Occident

Canada — un pays non blanc vers le milieu de ce siècle ?   

L’ONU révise à la baisse ses prévisions de la population mondiale

 La tare de l’État-providence c’est qu’éventuellement les autres finissent toujours par manquer

Le Japon relève l’âge de la retraite à 70 ans [un quart des 128 millions de Japonais ont plus de 65 ans.] Conséquence de la faible natalité depuis 50 ans : le Japon a perdu un demi-million d’habitants en 2019. En ce début d’année 2020, les autorités japonaises craignent une nouvelle récession. Le PIB nippon du dernier trimestre 2019 s’est contracté de 1,6 %.   

Discours malthusien des écologistes qui sévit en Occident et qui préconise de ne pas avoir d’enfants pour sauver la Terre