Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Une erreur commune en sciences sociales et en économie est de trouver un rapport statistique entre deux variables (une « corrélation ») et d’en déduire une causalité.
À titre pédagogique et humoristique, voici quelques exemples de corrélations illusoires ou fallacieuses, aux données statistiques pourtant réelles. Elles sont tirées du livre Spurious Correlations de Tyler Vigen.
Selon ses détracteurs, le projet de loi S-206, connu sous le nom de « projet de loi antifessée », menacerait les familles canadiennes.
Ce projet de loi a été introduit par le sénateur libéral Hervieux-Payette en 2015, est passé en deuxième lecture et est maintenant étudié par le Comité des affaires juridiques et constitutionnelles. Le S-206 supprimerait totalement l’article 43 du Code criminel du Canada, qui stipule : « Tout instituteur, père ou mère, ou toute personne qui remplace le père ou la mère, est fondé à employer la force pour corriger un élève ou un enfant, selon le cas, confié à ses soins, pourvu que la force ne dépasse pas la mesure raisonnable dans les circonstances. » Selon l’article qui accompagne la pétition, sans l’article 43, toute intervention physique de la part des parents serait interprétée comme voie de fait :
Prendre l’enfant et le déplacer dans une autre pièce ;
L’empêcher de faire une chose qu’il veut faire ;
Retirer des jouets ou des objets des mains de l’enfant ;
Mettre l’enfant en punition dans sa chambre ;
L’empêcher de quitter la maison ;
Retenir l’enfant contre son gré ;
Donner une fessée pour que l’enfant adopte un bon comportement.
La pétition : https://www.citizengo.org/en-ca/fm/163353-stop-bill-s-206-do-not-criminalize-82-canadian-parents (uniquement en anglais)
Toutefois, nous vous faisions également part de nos craintes concernant la proposition d’abrogation de cet article dans le Code criminel. À notre avis, cette proposition créerait un vide juridique qui permettrait le recours aux tribunaux afin de sanctionner l’emploi légitime et acceptable de la force par un parent ou un instituteur visant à éduquer un enfant mineur. Nous vous précisions que la Cour suprême, dans l’arrêt Canadian Foundation for Children, avait déjà rigoureusement encadré le recours à la force [pas de gifle...] en lien avec l’article 43 du Code criminel.
Selon certaines statistiques, 82 % des parents canadiens utiliseront la force physique pour discipliner leurs enfants. De plus, « dans une décision rendue en 2004, la Cour suprême du Canada a confirmé la constitutionnalité de l’article 43. Le tribunal a reconnu le droit des parents d’utiliser une force raisonnable pour élever et corriger leurs enfants, tout en condamnant les véritables abus. »
Nocivité systématique de la fessée n’est pas prouvée
En outre, des études auraient démontré que l’usage de la force corrective (y compris la fessée) était bénéfique aux enfants. La Dre Marjorie Gunnoe, professeur de psychologie à Calvin College, et sa collègue, Carrie Lea Mariner ont publié une étude en 1997 qui concluait que « dans la plupart des cas les affirmations selon lesquelles la fessée entraîne un comportement agressif chez les enfants semble sans fondement. »
Le Dr Gunnoe affirme que les enfants ayant reçu la fessée étaient plus performants que ceux qui ne l’avaient pas reçue, aussi bien pour ce qui est des notes scolaires, de la volonté d’accomplir du bénévolat, que dans leur volonté d’aller à l’université. Gunnoe et Mariner ont fait valoir que les effets de la fessée peuvent dépendre de la « signification » que les enfants peuvent lui attribuer. Par exemple, la fessée perçue par l’enfant comme une agression parentale (par opposition à l’établissement de limites sans punition physique) peut être associée à un comportement agressif ultérieur.
Par ailleurs, pour les opposants à l’abrogation de l’article 43, on aurait assisté à une augmentation fulgurante de la violence et de la criminalité juvéniles dans les pays qui ont interdit la correction physique, comme la Suède qui a interdit toute forme de correction corporelle. Ceci pourrait cependant être dû à plusieurs causes, dont par exemple la forte immigration de populations extraeuropéennes provenant de pays en guerre ou de sociétés plus violentes. Ceci dit, il est vrai que le haut de taux d’appréhensions (rapts) d’enfants par les services de « la protection » de la jeunesse suédoise — nettement plus que ses voisins et cela avant la vague migratoire récente — pose de sérieuses questions sans que la Suède puisse arguer d’une moindre violence de sa société par rapport à ses voisins.
Au Québec, le sujet relève aussi du domaine provincial, le Code civil ne fait plus mention du droit à la correction, ce qui crée un vide en la matière et met les familles en danger étant donné les pouvoirs de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) sur le sujet. Elle bénéficie en effet d’une immunité qui la protège de poursuites en cas d’abus de pouvoir : visites traumatisantes des agents à la maison et pire, la séparation injustifiées des enfants des parents.
Sources : Parlement du Canada, Keep43, CQV, Barreau du Québec
La Suède en 1979 est devenue le premier pays à interdire toute correction physique. Depuis lors, les accusations criminelles pour mauvais traitement (violences physiques) commis par des proches contre des enfants de moins de sept ans ont augmenté de 489 % de 1981 à 1994. Il y a eu également une augmentation choquante de 519 % des agressions criminelles perpétrées par des enfants de moins de 15 ans à l’encontre d’enfants âgés de 7 à 14 ans. Plus grave encore, 46-60 pour cent des cas étudiés en vertu de cette loi suédoise se traduisent par des enfants enlevés à leurs parents. Environ 22 000 enfants suédois ont été retirés de leurs foyers en 1981, alors qu’il n’était que 1900 en Allemagne (un pays près de 6 fois plus peuplé à l’époque), 710 au Danemark, 552 en Finlande et 163 en Norvège.
Considérez le cas d’une mère et d’un père de Karlstad, en Suède, emprisonnés pendant neuf mois et condamnés à verser 25 000 couronnes (11 000 $) à trois de leurs enfants qui ont reçu une fessée. Plus destructeur que la prison et les amendes, ces quatre enfants leur ont été enlevés par l’État. Bien que la cour ait conclu que les parents « avaient une relation pleine d’amour et de bienveillance avec leurs enfants », la fessée est apparemment suffisamment sérieuse pour mériter une peine aussi extrême.
La Suède, auparavant l’un des pays les plus sûrs du monde, est maintenant aux prises avec une forte hausse de la violence et des agressions sexuelles dans certaines de ses banlieues. En 2017, outre 110 meurtres et 7226 viols, on y a recensé 320 fusillades et des dizaines d’attaques à la bombe. Le Premier ministre social-démocrate suédois, Stefan Lofven, a déclaré la semaine dernière qu’il était prêt à déployer l’armée pour lutter contre le crime organisé.
Une grande partie de ces faits de violence émane des « zones d’exclusion sociale », des banlieues à majorité peuplées par des immigrés. Le Times précise qu’étant donné la qualité des infrastructures et des services qui sont offerts dans ces banlieues, on ne peut pas vraiment les qualifier de ghettos. Pour autant, elles sont confrontées à une forte criminalité est à des taux de chômage élevés.
Dans la ville de Malmö, l’âge moyen des membres de gangs est de 22 ans. Mais on voit aussi des jeunes de 14 ans armés de kalachnikovs et de gilets pare-balles dans les rues.
Dans sa chronique dans le Journal de Québec, Mario Dumont souligne l’importance de l’école et des programmes qui y sont « offerts » (imposés à toutes les écoles) :
Comment donc expliquer cette situation québécoise peu commune d’un parti nouveau qui surfe sur une vague de cheveux gris ? J’y vois deux explications. D’abord, il semble exister une volonté chez les francophones de démontrer que l’alternance existe encore, donc que les libéraux ne sont pas installés au pouvoir pour des décennies.
Mais surtout, il y a ce sentiment que les libéraux implantent progressivement au Québec un multiculturalisme à la canadienne. Les jeunes qui ont suivi le cours d’éthique et culture religieuse y adhèrent spontanément.
Mais les plus vieux, qui ont un attachement à la langue française et à une certaine identité québécoise, ne s’y retrouvent plus.
« Classe d’accueil » à Laval
Nous pensons que cette jeunesse est aussi de plus en plus « bigarrée » et « immigrée ». Les Québécois de souche ne faisant plus que 1,5 enfant/femme depuis des décennies, leur proportion diminue sans cesse parmi les jeunes. Sur l’île de Montréal, les enfants « pure laine » doivent parfois se sentir bien seuls et il est possible que, minoritaires à l’école et parmi leurs camarades, ils adoptent facilement cette vision multiculturaliste.
L’Association des bibliothèques pour enfants souligne que les œuvres de Laura Ingalls Wilder sont empreintes de sentiments anti-Amérindiens et anti-Noirs.
Une section de l’Association américaine des bibliothécaires a décidé de débaptiser son prix littéraire « Laura Ingalls Wilder » en raison du racisme qui imprègnerait selon certains l’œuvre de l’auteur de « La Petite Maison dans la prairie ».
« Les œuvres de Mme Wilder restent l’objet d’études et d’analyses littéraires qui mettent souvent en lumière des sentiments anti-Amérindiens et anti-Noirs », a expliqué l’Association des bibliothèques pour enfants (ALSC). « L’ALSC reconnaît que l’héritage de l’auteur est complexe et que l’œuvre de Mme Wilder n’est pas universellement acceptée », a-t-elle ajouté. Ce carnet serait intéressé de savoir quelle œuvre est universellement « acceptée » et ce que ce terme d’accepté recouvre précisément.
« La Petite Maison dans la prairie » raconte, de façon romancée, la vie de la famille Ingalls, des fermiers installés dans le Mid-Ouest américain au XIXe siècle. Basée sur la vie de Laura Ingalls Wilder, cette série de 11 tomes publiée entre 1932 et 1943 a connu un immense succès de librairie avant d’être adaptée à la télévision en 1974 pour devenir, en neuf saisons et 205 épisodes, une série culte dans le monde entier.
Le prix « Laura Ingalls Wilder » était attribué à un rythme irrégulier depuis 1954 par l’ALSC pour récompenser « la carrière d’un auteur ou d’un illustrateur de livres pour enfants ».
« Les livres de Mme Wilder sont le produit de sa vie, ses expériences et ses perspectives en tant que femme blanche de cette époque »
Face à une controverse sur les préjugés censément racistes qui seraient contenus dans le livre, l’Association avait décidé en mai de sonder ses adhérents qui avaient approuvé le changement à une large majorité. La phrase « Un bon Indien est un Indien mort » est répétée à plusieurs reprises par différents personnages, rappelait par exemple une journaliste du Guardian en 2009.
Ce que le Guardian ne mentionne pas c’est que ces personnages secondaires, notamment un M. Scott, prononcent ces mots alors que des colons avaient été massacrés par des Indiens, mais surtout que le père des enfants dément cette vision — alors qu’avaient retenti les tambours de guerre autour de la maison : « Quoi qu’en eût dit M. Scott, Papa ne croyait pas que le seul bon Indien fût un Indien mort ». (p. 315, fin du Chapitre XXIV, Tome I, La Petite Maison dans la prairie, Castor Poche, 1998). Plus tôt au Chapitre 21, quand la mère s’écrie « Les Indiens sont si près ! », le père est rassurant « Ils sont tout à fait amicaux. » Et Laura Wilder ajoute : « Il rencontrait souvent des Indiens dans les bois où il allait chasser, il n’y avait rien à craindre des Indiens. »
« Les livres de Mme Wilder sont le produit de sa vie, ses expériences et ses perspectives en tant que femme blanche de cette époque. Ils représentent une attitude culturelle dominante, sans être universelle, envers les indigènes et les personnes de couleur quand elle vivait et quand le prix a été créé », avait alors estimé l’ALSC.
Horrible passage cisgenré, hermaphobe et hétéronormatif à 6 min 20 sec : « C'est très bien qu'elle distingue les mâles et les femelles, sinon plus tard elle aura des problèmes. »
Pour les partisans du changement de nom, « le prix a été créé en 1954 quand le message qu’il envoyait aux gens de couleur, en particulier les Amérindiens et les descendants d’Africains, n’était par reconnu ». Il célébrait plutôt l’esprit de pionniers des colons américains, les valeurs familiales, la liberté individuelle du colon et le dur travail de la terre. Mais d’autres ont souligné la « contribution » de Laura Ingalls dans la littérature américaine qui a eu un impact semblable à celui du roman « Autant en emporte le vent », « malgré des personnages qui, du point de vue actuel, peuvent sembler irréalistes ou inappropriés ».
Si la démographie est le destin, comme l’aurait écrit Auguste Comte, gageons que la crise migratoire en Europe n’est pas près de se terminer quand on considère la démographie africaine.
— Avec un taux de croissance de 4 % la population africaine double tous les 18-20 ans.
— Cette semaine tombaient les statistiques démographiques de l’Algérie. La population résidente totale en Algérie a atteint 42,2 millions d’habitants au 1er janvier 2018 contre 41,3 millions d’habitants au 1er janvier 2017. En 1965, la population algérienne était 12,7 millions d’habitants, celle du Québec était alors de 5,7 millions d’habitants. En Algérie, le programme de planification familiale avait permis de faire baisser l’indice synthétique de fécondité de 4,5 enfants par femme en 1990, à 2,8 en 2008. Or, avec la réislamisation du pays, depuis 2012, il a rebondi à plus de 3 enfants par femme. Ceci a conduit à une hausse des naissances vivantes qui sont passées de 589 000/an en 2000 à 1,06 million en 2017, soit une hausse de près de 80 %. Par comparaison, il naît uniquement 84 000 enfants/an au Québec, ce nombre était de 140 000 de 1957 à 1963 avec une population qui représentait 60 % de celle d’aujourd’hui.
— Au Niger, pays en grande partie désertique le taux de fécondité est de 7 enfants par femme ; sa population était de 3 millions d’habitants en 1960 et elle sera probablement de 40 millions en 2040, puis de 60 millions en 2050.
— En Somalie, le taux de fécondité est de 6,4 enfants par femme alors qu’il est au Congo (RDC) de 6,1.
Prédictions
D’ici à 2030, l’Afrique devrait voir sa population passer de 1,2 milliard à 1,7 milliard, avec plus de 50 millions de naissances par an.
Selon un rapport de l’ONU de 2016, 60 millions de jeunes arabes se retrouveront, dès 2020, devant un marché du travail saturé. Quant à l’Afrique, qui compte 1,2 milliard d’habitants alors que l’Europe n’en compte que 510 millions, elle sera forte de 2,5 milliards d’habitants vers 2050, tandis que l’Europe en aura perdu 60 millions.
Pour des dizaines de millions de jeunes Africains, la seule issue pour améliorer leur sort sera l’émigration, et tout d’abord l’Europe.
Est-ce que le développement économique pourrait enrayer cette migration ?
Comme l’indique Stephen Smith, spécialiste de l’Afrique, et auteur de la Ruée vers l’Europe : le développement économique du continent alimente en fait l’émigration vers l’Europe. Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et — ce n’est pas toujours dit aussi franchement — rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tireraient une balle dans le pied pour Stephen Smith. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs.
Ce « développement » ne pourrait donc n’avoir que des résultats à très long terme. Il n’évitera pas la volonté de départs de millions d’Africains pendant les années à voir.
En outre, l’Europe a consacré de grandes sommes à l’aide au développement depuis l’indépendance des pays africains, il y a plus de six décennies de cela. En vain, car, en dépit des sommes abyssales déversées pour tenter de la faire « démarrer », l’Afrique régresse en termes de richesse par habitant.
Le PIB par habitant de l’Afrique diminue
Selon les Objectifs du millénaire pour le Développement (OMD) adoptés en 2000 par 189 États, aucun recul de la pauvreté africaine ne peut être envisagé sans un minimum de croissance annuelle de 7 % soutenue durant plusieurs années.
Or la croissance annuelle de l’Afrique se situe entre 3 et 4 % de croissance. Il en manque donc autant pour atteindre cet objectif et faire reculer la pauvreté.
L’Afrique n’attire pas les investisseurs
Dans son rapport de mai 2018, la BAD (Banque africaine de développement) souligne que pour les investissements dans le seul domaine des infrastructures, l’Afrique a besoin annuellement de 170 milliards de dollars d’investissements étrangers directs (IED), alors que dans ce domaine elle n’en reçoit que 60 milliards.
Début juin 2018, la lecture du rapport sur les IED publié par la CNUCED (CNUCED, World Investment Report 2017) nous apprenait qu’en 2017, sur les 2000 milliards de dollars d’IED mondiaux, l’Afrique n’en recueillit en effet que 60, un volume dérisoire en baisse de 3 % par rapport à 2016 selon la Banque mondiale.
L’Afrique, dans son ensemble formé de 1,2 milliard d’habitants, a donc reçu presque autant d’IED que Singapour [61,6 milliards pour 6 millions d’habitants], et moins que l’Irlande [79,2 milliards pour 5 millions d’habitants]…
La raison de ce désintérêt de la part des investisseurs est qu’ils n’ont pas confiance dans l’avenir de l’Afrique où, ce qui y fonctionne aujourd’hui peut exploser du jour au lendemain. Les exemples de la Côte d’Ivoire et de la Sierra Leone sont éloquents à ce sujet : voilà deux pays qui, à la fin du siècle dernier, étaient présentés comme deux miracles africains et qui, l’un et l’autre se sont effondrés en quelques semaines avant de sombrer dans deux terribles guerres ethnociviles.
Quant à l’Afrique du Sud, avec à peine 1,3 milliard de dollars d’IED en 2017 contre 2,3 milliards en 2016, son cas est emblématique de la faillite d’un pays dont les dirigeants ont consciencieusement dilapidé et pillé l’immense héritage légué par les Blancs. Cette spoliation (dans les médias francophones : expropriation sans compensation) ne rassurera en rien les investisseurs étrangers.
Europe continuera d’être un continent de cocagne
L’Europe continuera donc d’être considérée comme un continent de cocagne, elle représente 50 % des dépenses sociales dans le monde... L’État-providence est une énorme pompe aspirante. D’autant plus facilement accessible qu’elle est peuplée de vieillards, de populations culpabilisées qui ne font plus d’enfant et facilement manipulées avec quelques images émouvantes si ces dernières nées nous permettent d’en juger.
Après deux ans de scolarisation à la maison, un premier groupe d’enfants de la communauté hassidique a passé avec succès les examens de fin d’année de la Commission scolaire anglophone de Montréal. Si les résultats sont encourageants, ils démontrent toutefois qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire, constatent les leaders de la communauté.
« J’aurais préféré que les résultats soient un peu plus élevés, en maths surtout, mais l’examen était assez difficile », affirme Jacob Maman, directeur de l’Académie Yéchiva Toras Moché, qui offre du soutien scolaire aux jeunes de la communauté hassidique ayant opté pour l’école à la maison.
« C’est quand même une bonne nouvelle, ajoute-t-il parce que, au-delà des chiffres, ça nous permet de voir où sont nos faiblesses et de réajuster le tir pour les années à venir. »
Quelque 70 élèves de cinquième année du primaire ont passé leurs premiers examens officiels dans les locaux du centre culturel, sous la supervision du personnel de la commission scolaire.
La quasi-totalité d’entre eux (96 %) ont réussi l’examen de français langue seconde. La moyenne à cet examen était de 84 %.
En anglais, les notes sont un peu moins bonnes. Ainsi, quatre élèves sur cinq (82 %) ont obtenu la note de passage, avec une moyenne générale de 64 %.
Enfin, en mathématiques, à peine 64 % des jeunes ont réussi l’examen, pour une moyenne générale de 64 %.
« Honnêtement, je suis très surpris que le taux de réussite en français soit meilleur qu’en anglais, ça démontre que les enfants sont très motivés à apprendre le français, confie Abraham Ekstein, l’un des porte-parole de la communauté hassidique à Montréal. Ça augure bien pour le futur. Mais je ne dirais pas que c’est mission accomplie : il y a encore beaucoup de travail à faire pour que tous les enfants réussissent. »
Jacob Maman apporte une nuance, rappelant que l’examen de français langue seconde est beaucoup moins exigeant que celui d’anglais, qui est considéré comme la langue première, même si, pour ces enfants, il s’agit plutôt d’une troisième langue, après le yiddish, parlé à la maison, et l’hébreu, qu’ils étudient à la yéchiva pendant la journée.
À la Commission scolaire anglophone de Montréal, qui accompagne quelque 800 jeunes de la communauté juive faisant l’école à la maison, on se dit « très satisfait » de ces premiers résultats.
« On n’avait pas d’attentes particulières, on voulait juste voir où les jeunes en étaient après deux ans d’école à la maison, explique la présidente de la commission scolaire, Angela Mancini. On a vu dès le début que les parents sont très impliqués pour aider les jeunes et, ça, c’est un gage de succès. Je ne veux pas dire qu’il n’y a pas de défis, mais on travaille ensemble. On commence à se connaître de mieux en mieux et donc, on va pouvoir s’adapter pour travailler avec les jeunes en fonction de leurs forces et de leurs faiblesses. »
Nouvelle loi, aide pédagogique devrait être en français
Tant du côté de la commission scolaire que dans la communauté hassidique, on espère pouvoir poursuivre cette collaboration dans les prochaines années. Or, la loi qui encadre l’école à la maison, adoptée à Québec l’automne dernier, entrera en vigueur dès septembre, ce qui risque de forcer les familles qui font l’école à la maison à se tourner vers une commission scolaire francophone pour obtenir du soutien.
En Californie, la loi impose d’informer chaque femme enceinte de sa possibilité d’avorter. Une obligation inacceptable pour des cliniques privées qui privilégient l’aide aux femmes enceintes et aux enfants à naître à l’avortement. Ceux-ci ont porté plainte en 2015 contre la loi, estimant qu’elle « violait leur liberté de conscience et d’expression protégée par le premier amendement de la Constitution. »
La loi californienne imposait aux « organismes privés opposés à l’avortement » d’indiquer aux femmes enceintes qu’elles peuvent avoir recours à un avortement et des moyens de contraception « gratuits ou fortement subventionnés ». En pratique de devoir exprimer des choix qu’elles opposent.
Ces centres accueillent, il en existe plusieurs centaines en Californie, conseillent et assistent des femmes enceintes qui font face à une grossesse surprise, leur présentant notamment les possibilités d’aides financières et matérielles existantes, pour les aider à poursuivre leur grossesse.
La Cour suprême des États-Unis a considéré que la Californie ne pouvait pas imposer « à des centres antiavortement d’informer les femmes enceintes qu’elles pouvaient se faire avorter ailleurs ». Les cinq juges ont estimé qu’« une telle loi viole la Constitution ». Ces exigences « transforment purement et simplement » le message que souhaitent transmettre les centres de crise de la grossesse, a dénoncé dans l’arrêt le juge Clarence Thomas.
Mat Staver, président de l’organisation Liberty Counsel, s’est réjoui : « La Californie ne peut plus forcer les centres de crise de la grossesse à émettre un message qui va directement à l’encontre […] de leur mission consistant à sauver des vies ».
Né en 1961, Jean-Claude Dupuis a étudié au Collège de L’Assomption, au Cégep de Saint-Jérôme, à l’Université de Montréal et à l’Université Laval. Diplômé en histoire, en droit et en pédagogie, il fut procureur de la couronne pendant quelques années avant de faire une maîtrise sur L’Action française de Montréal (1917-1928), sous la direction de Pierre Trépanier, et un doctorat sur Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau et le catholicisme libéral au Canada français (1820-1898), sous la codirection de Brigitte Caulier et Nive Voisine. Spécialisé en histoire intellectuelle et religieuse du Québec des XIXe et XXe siècles, boursier du Fonds FCAR et du CRSHC, il a présenté plusieurs communications dans les sociétés savantes et publié des articles dans diverses revues, notamment la Revue d’histoire de l’Amérique française, L’Action nationale, Études d’histoire religieuse et Le Sel de la Terre. Il a remporté le Prix Guy-Frégault (1994), décerné par l’Institut d’histoire de l’Amérique française, pour son article sur « La pensée économique de L’Action française ». Se considérant comme un héritier du nationalisme groulxien, il n’hésite pas à critiquer le bilan de la Révolution tranquille et les valeurs matérialistes du Québec contemporain.
Le taux de diplomation universitaire est beaucoup plus faible au Québec qu’ailleurs au pays et l’écart ne cesse de s’accroître, soutiennent des chercheurs du CIRANO dans un nouvel ouvrage, Le Québec économique. Éducation et capital humain. Ils attribuent cette situation à la « très forte sous-performance » des francophones et à un cheminement ralenti par l’obligation d’aller au cégep. « Contrairement aux attentes, on constate une sous-représentation de la diplomation québécoise dans l’ensemble de la diplomation canadienne pour la période 2001-12 », écrivent Robert Lacroix, ancien recteur de l’Université de Montréal, et Louis Maheu, ancien professeur de ce même établissement, dans un chapitre consacré à la diplomation universitaire.
Les Québécois représentent 23,3 % de la population canadienne, mais ils ne représentent que 22,0 % des diplômés. À titre comparatif, l’Ontario, qui est « la province dominante en diplomation universitaire », forme 44,7 % des diplômés universitaires au Canada, alors que sa population constitue 38,5 % du total canadien. Les auteurs ajoutent que « la forte croissance de l’écart entre les taux de diplomation au baccalauréat de l’Ontario, du Canada et du Québec est frappante » et ils tentent, pendant près d’une trentaine de pages, d’expliquer cette « dégradation graduelle » du système universitaire québécois. Robert Lacroix et Louis Maheu évoquent « un effet collatéral et non anticipé de la structure même du système d’éducation postsecondaire particulier au Québec », rappelant qu’ailleurs au Canada, les jeunes passent directement du secondaire à l’université. « Bon nombre des diplômés des études préuniversitaires collégiales sortent du cégep à un âge plus avancé que prévu et, pour certains, déjà passablement endettés, ayant eu accès au régime de prêts et bourses du gouvernement québécois. Ils décident donc de remettre leurs études universitaires à plus tard ou de les poursuivre le soir tout en travaillant le jour. »
Un problème francophone au Québec
Selon cette étude, la piètre performance du Québec à l’échelle canadienne « découle essentiellement de la faible diplomation des francophones » au baccalauréat. Et si le Québec fait meilleure figure quant aux études supérieures (maîtrise et doctorat), c’est « dû à la surreprésentation des diplômés […] de langue maternelle anglaise et d’autres langues maternelles dans le total des diplômés du Québec ». Pour en arriver à cette conclusion, les auteurs ont mis en comparaison le taux de diplomation des francophones, celui des anglophones et celui des allophones du Québec par rapport à leur poids démographique. « La sous-représentation des diplômés de langue maternelle française, présente au niveau du baccalauréat, est encore plus marquée à la maîtrise et devient dramatiquement forte au doctorat. » Pourtant, les anglophones vont eux aussi au cégep, reconnaissent les auteurs. Ils expliquent la différence de performance par des « facteurs culturels » liés à une longue tradition de valorisation des études supérieures chez les anglophones. Enfin, ils notent que les francophones sont davantage attirés par les formations universitaires plus courtes, comme les certificats et les attestations « qui peuvent avoir une certaine valeur et desservir certains segments du marché du travail, [mais qui] ne procurent toutefois pas la formation disciplinaire complète que fournit le baccalauréat ».
Gagnants et perdants
Reconnaissant que la Commission Parent et feu Paul Gérin-Lajoie ont permis une réelle démocratisation de l’enseignement supérieur au Québec depuis 50 ans, les auteurs remettent toutefois en cause son héritage. « Force est de reconnaître, pourtant, que l’essentiel est ailleurs : il ne faut pas seulement accéder à l’université, mais aussi en sortir en ayant acquis un grade universitaire en bonne et due forme […] Les grands gagnants au Québec sont les allophones et les anglophones », écrivent-ils. « Cinquante ans après les réformes de la Commission Parent, essentiellement mises en place par et pour les francophones, leurs répercussions effectives en ce qui a trait spécifiquement à la scolarisation universitaire des Québécois francophones demeurent pour le moins ambiguës, voire décevantes quant à l’acquisition des compétences que livrent les grades universitaires du baccalauréat au doctorat. »
Dans le résumé de La Presse, la santé et l’économie sont présentées comme les enjeux qui préoccupent le plus les Québécois, sans aucune mention sur l’éducation. Le Journal de Montréal souligne que « l’éducation ne préoccupe pas non plus outre mesure les Québécois alors que seuls 28 % des répondants ont dit s’inquiéter de l’accès à l’éducation ». Le Devoir mentionnait que « les enjeux liés à l’éducation — le décrochage scolaire ou encore l’accès à l’éducation universitaire (frais de scolarité) — ont glissé respectivement au 24e et 34e rang des priorités de l’heure des Québécois ». Pour les frais de scolarité, ce carnet comprend les Québécois : les frais de scolarité sont peu élevés au Québec comparés à d’autres pays.
En comparaison, selon Le Devoir, près de la moitié de la population québécoise est d’avis que l’immigration présente un « grand », voire un « très grand risque » pour le Québec, indique un sondage commandé par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).
Précisément, 48 % des 1000 personnes sondées associent à un « grand » ou à un « très grand » risque l’arrivée de dizaines de milliers d’immigrants par année au Québec ; 28 % à un « moyen » risque et 22 % à un risque « faible » ou « négligeable ». « [Le motif] dépend toujours du répondant. Ça peut être un risque perçu pour sa sécurité, pour son emploi, pour la culture ou d’autres raisons », explique la coauteure de l’étude, Ingrid Peignier, dans un entretien avec Le Devoir.
Les femmes, les personnes âgées de 55 ans et plus ainsi que les francophones « se montrent [les] plus inquiets », fait-elle remarquer. En effet, parmi ceux percevant des risques « grands » ou « très grands » associés à l’immigration, il y a : 53 % de femmes contre 43 % d’hommes ; 55 % d’individus de 55 à 74 ans contre 39 % de moins de 35 ans ; et 50 % de francophones contre 36 % d’anglophones et 31 % d’allophones.
Les Québécois associent un risque plus grand à l’immigration qu’à la pollution de l’air et de l’eau, à la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), au terrorisme ou encore aux épidémies, indique le Baromètre CIRANO 2018 dévoilé à 100 jours et des poussières des prochaines élections générales.
Pour ce carnet, les questions de ce type de sondage sont trop vagues : de quelle immigration parle-t-on ? De francophones européens qualifiés ? De réfugiés anglophiles peu qualifiés ? On peut trouver excellente la première, mais être nettement moins enthousiaste envers l’autre. Comment alors répondre à une unique question sur le risque lié à l’immigration ?
« Il y a une inquiétude, une perception des risques qui ne devrait pas être là », prétend Mme Peignier, rappelant que l’immigration économique serait arrimée en grande partie aux besoins du marché du travail québécois. « Ils ne devraient pas être inquiets », ajoute la directrice du CIRANO.
Cette dernière affirmation nous paraît simpliste : le taux de chômage parmi les immigrants non francophones de naissance et réfugiés est plus haut que parmi la population, l’arrimage n’est donc pas si optimal. On parle beaucoup d’un manque de main-d’œuvre, mais il est naïf de prétendre que d’accepter plus de réfugiés (ou prétendus tels) permettra de pourvoir ces postes qui ne trouvent pas preneurs. Les immigrés peuvent ne pas avoir les qualifications, connaître le français, vouloir quitter une grande ville, la rémunération peu attrayante, etc.
En outre, même si tous les immigrés trouvaient un bon emploi et contribuaient financièrement au Trésor public, même alors, une population peut être inquiète par l’afflux important de populations aux mœurs, à la religion ou à la langue différentes. Il suffit de penser à l’immigration européenne qui anglicisait Montréal tout au long du XIXe siècle et au début du XXe siècle. La bilinguisation de plus en plus évidente de Montréal montre bien que la loi 101 actuelle ne suffit pas à assimiler linguistiquement les immigrés non francophones.