lundi 4 mai 2015

Marronnier : Une nouvelle école juive dite « illégale » à Outremont


Une école juive « illégale » aurait fait son apparition à Outremont dans la dernière année selon la conseillère indépendante, Céline Forget, qui a porté plainte la semaine dernière au ministre de l’Éducation, François Blais.

Dans les six derniers mois, quelques citoyens ont avisé la conseillère qu’un service d’autobus scolaire avait fait son apparition dans le cul-de-sac de la rue Querbes, située à Outremont.

« Nous avons toujours assumé que le service était destiné à la garderie, mais après vérification, nous avons pu confirmer qu’il y avait des activités tous les jours entre 9 h 30 et 16 h 30, explique Mme Forget. Nous avons donc déposé une plainte au ministère de l’Éducation la semaine dernière. »

Au premier étage de l’immeuble se trouve un Centre de la petite enfance fréquenté par la communauté juive hassidique d’Outremont. C’est au deuxième étage de ce même immeuble que se trouverait l’école juive, même si le zonage ne le permet pas.

Mme Forget indique avoir vérifié le règlement de zonage avec le directeur de l’arrondissement, « mais au municipal, c’est à peu près tout ce qu’on peut faire. Maintenant, c’est entre les mains du ministère », souligne Mme Forget.

Julie White, l’attachée de presse du ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et ministre responsable du Loisir et du Sport, François Blais, confirme que des démarches sont actuellement en cours concernant cette école. « Il est primordial que l’ensemble des enfants de de 6 à 16 ans puisse avoir accès à l’éducation selon le régime en place », indique-t-elle.

À nouveau, on donne l’impression que c’est un choix avec cet inoffensif « puisse avoir accès » alors qu’il s’agit d’une obligation imposée par la bureaucratie. L’attachée de presse aurait donc dû dire « que l’ensemble des enfants doive suivre le régime scolaire décidé par le ministère pour les enfants juifs orthodoxes ».

On se demande bien ce que les autorités pourront faire devant des parents résolus qui ne se laissent pas soudoyer par des subventions ni intimider par des menaces d’intervention de la DPJ. Qu’est-ce qui les empêchera de refonder de nouvelles écoles au fur et à mesure que le gouvernement « laïc » fermera les précédentes ? Que cherche le gouvernement ? À forcer ces juifs à l’exil ?




† Marronnier : Article de circonstance publié traditionnellement à certaines dates ou pendant les périodes creuses.

Voir aussi nos autres billets sur les écoles juives (ici, ici et ).

dimanche 3 mai 2015

Ontario — Des parents feront la grève contre le nouveau programme d'éducation sexuelle

Des parents ontariens menacent de retirer leurs enfants de l’école cette semaine pour protester contre le nouveau programme provincial d’éducation sexuelle.

Un groupe Facebook appelé « Parents and Students on strike: one week no school » (Parents et élèves en grève : une semaine sans école, en français) encourage les parents qui s’opposent au nouveau cursus éducatif à garder leurs enfants à la maison cette semaine. Dimanche soir, ils étaient plus de 9800 à avoir « aimé » cette page.

Le groupe propose également une lettre type que les parents peuvent remettre aux établissements scolaires pour leur signifier que le cursus en question contient des informations qu’ils considèrent comme « inappropriées » pour l’âge de leurs enfants et que le programme « ne correspond pas aux principes et aux valeurs » de leur famille.

La porte-parole du Conseil scolaire public anglais de Toronto (Toronto District School Board), Shari Schwartz-Maltz, a affirmé qu’il était « presque impossible » de déterminer combien de familles participeront au mouvement de protestation, car certaines d’entre elles leur ont déjà remis la lettre type, alors que d’autres ont signifié verbalement leur désaccord. Tout le personnel du conseil scolaire a été mis au courant de l’initiative.

Mme Schwartz-Maltz rappelle que les enfants qui ne seront pas en classe cette semaine seront considérés comme absents et que leurs parents seront responsables de leur faire reprendre les apprentissages manqués, car l’enseignement continuera comme à l’habitude et les règles prévues en cas d’absence seront appliquées.

Dans la lettre type, les parents font valoir qu’il est « de leur responsabilité d’enseigner ces valeurs » à leurs enfants et qu’il leur appartient de décider quand et comment aborder « ces sujets délicats » avec eux.

La présidente du Conseil scolaire public anglais de Peel, Janet McDougald, s’attend quant à elle à ce qu’un « nombre important » de parents retirent leur enfant de l’école au moins pour la première journée de la semaine.

Ce conseil, établi à Mississauga, couvre un secteur multiculturel. Des milliers de personnes ont manifesté le mois dernier à Toronto contre le nouveau programme d’éducation sexuelle, et plusieurs ont déclaré qu’elles provenaient du comté de Peel.

La semaine dernière, la Première ministre ontarienne Kathleen Wynne a finalement rencontré en privé (après avoir refusé de le faire pendant des mois) un groupe de parents qui demandent le retrait de ce programme, dont la précédente mise à jour datait de 1998. La politicienne libérale a réaffirmé que la nouvelle mouture entrerait en vigueur en septembre prochain, comme prévu.


Pour les opposants à ce nouveau programme, si la question est « clivante » la faute en revient à la Première ministre Wynne qui veut imposer ce nouveau programme à tous les élèves


Voir aussi

Ontario — Théorie du genre dans le nouveau programme d’éducation sexuelle

Ontario — Ministre de l’Éducation : les écoles catholiques devront enseigner le nouveau programme d’éducation sexuelle

Du grand journalisme : « Les Ontariens et le sexe »

samedi 2 mai 2015

Allemagne — Ne plus interdire l'inceste ?


Le philosophe Ruwen Ogien défend la pratique de l’inceste en direct sur le plateau de l’émission Ce soir ou jamais.


Un futur combat pour la Cour suprême du Canada ? (Nous n'avons pas très bien compris pourquoi la Loi ne peut pas, ne doit pas défendre un ordre moral particulier.)

Voir aussi

Canada — La pédophilie : une orientation sexuelle comme l'hétérosexualité pour des experts

jeudi 30 avril 2015

Le conservatisme, le progressisme et leur impact en éducation


Extrait d'un article de Mathieu Bock-Côté sur « qu'est-ce que le conservatisme ? » :

Il y a au cœur du progressisme une prétention à la maîtrise absolue de la vie, et plus particulièrement de la vie sociale, comme si on pouvait abolir son mystère, comme si une société absolument transparente était possible et désirable. On assiste alors à une technicisation à outrance de la vie politique. On entend resocialiser complètement l'homme, le soumettre à un conditionnement idéologique tout azimut. Un homme nouveau devrait en sortir. Mais en transformant l'homme en pure créature de la société, on écrase philosophiquement les conditions mêmes de sa liberté, de son épanouissement. L'homme n'a pas à se faire démiurge. Il ne doit pas créer le monde, encore moins créer un homme nouveau, mais conserver le monde, l'aménager et l'améliorer.

On voit alors qu'une certaine gauche, incarnée par des figures comme Christiane Taubira ou Najat Vallaud-Belkacem, fait preuve d'un véritable fanatisme dans la déconstruction. On comprend pourquoi l'homme de gauche, raisonnable, désillusionné par son propre camp, devient souvent conservateur par la question de l'école. N'est-ce pas en bonne partie à travers la question de l'école qu'Alain Finkielkraut est venu au conservatisme, non pas à la manière d'une doctrine, mais en reprenant à son compte ses inquiétudes fondamentales? C'est à travers elle qu'il découvre jusqu'où va la tentation de la table-rase qui rattrape inévitablement le progressisme, désireux d'en finir avec un monde trop vieux. Le petit individu supposé se construire intégralement par lui-même, comme s'il ne devait rien aux œuvres et à la mémoire, a toutes les chances d'être un futur barbare.





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

La québécisation de l'école française : « l'excellence, voilà l'ennemi »

La place des femmes au Moyen-Âge : elles votaient, elles ouvraient boutique sans autorisation maritale


Extrait de l’essai Pour en finir avec le Moyen-Âge de l’historienne Régine Pernoud au chapitre « La Femme sans âme », pages 95-98 :
Il resterait à parler des femmes qui n’étaient ni de hautes dames, ni des abbesses, ni même des moniales : paysannes ou citadines, mères de famille ou femmes exerçant un métier. Inutile de dire que pour être correctement traitée, la question réclamerait plusieurs volumes, et aussi qu’elle exigerait des travaux préliminaires qui n’ont pas été faits. Il serait indispensable de fouiller non seulement les recueils de coutumes ou les statuts des villes, mais aussi l’énorme masse des actes notariés, dans le Midi surtout, des cartulaires, des documents judiciaires, ou encore les enquêtes ordonnées par Saint Louis ; on y relève, pris dans la vie quotidienne, mille petits détails, glanés au hasard et sans ordre préconçu, qui nous montrent hommes et femmes à travers les menus faits de l’existence : ici la plainte d’une coiffeuse, là d’une saunière (commerce du sel), d’une meunière, de la veuve d’un cultivateur, d’une châtelaine, d’une femme « croisée », etc. C’est par des documents de ce genre que l’on peut, pièce à pièce, reconstituer, comme dans une mosaïque, l’histoire réelle. Elle nous apparaît là, inutile de le dire, très différente des chansons de geste, des romans de chevalerie ou de ces sources littéraires qu’on a si souvent prises pour des sources historiques ! Le tableau qui se dégage de l’ensemble de ces documents présente pour nous plus d’un trait surprenant puisqu’on voit par exemple les femmes voter comme les hommes dans les assemblées urbaines ou celles des communes rurales.

Nous nous sommes souvent amusée, dans des conférences ou exposés divers, à citer le cas de Gaillardine de Fréchou, qui lors d’un bail proposé aux habitants de Cauterets dans les Pyrénées par l’abbaye de Saint-Savin, est seule à voter non, alors que tout le reste de la population a voté oui. Le vote des femmes n’est pas partout expressément mentionné, mais cela peut être parce qu’on ne voyait pas la nécessité de le faire. Lorsque les textes permettent de différencier l’origine des votes, on s’aperçoit que, dans des régions aussi différentes que les communes béarnaises, certains villages de Champagne ou certaines villes de l’Est comme Pont-à-Mousson, ou encore en Touraine lors des États généraux de 1308, les femmes sont explicitement nommées parmi les votants, sans que ce soit présenté d’ailleurs comme un usage particulier à la localité. Dans les statuts des villes, on indique en général que les votes sont recueillis dans l’assemblée des habitants sans préciser autrement ; parfois on fait mention de l’âge en indiquant, comme à Aurillac, que le droit de vote est exercé à l’âge de vingt ans ou, à Embrun, à partir de quatorze ans.

Ajoutons que, comme généralement les votes se font par feu, c’est-à-dire par foyer, par maisonnée, plutôt que par individu, c’est celui qui représente le « feu », donc le père de famille, qui est appelé à représenter les siens ; si c’est le père de famille qui en est naturellement le chef, il reste bien entendu que son autorité est celle d’un gérant et d’un administrateur, non d’un propriétaire. Dans les actes notariés, il est très fréquent de voir une femme mariée agir par elle-même, ouvrir par exemple une boutique ou un commerce, et cela sans être obligée de produire une autorisation maritale.

Enfin les rôles de la taille (nous dirions les registres du percepteur), lorsqu’ils nous ont été conservés comme c’est le cas pour Paris à la fin du XIIIe siècle, montrent une foule de femmes exerçant des métiers : maîtresse d’école, médecin, apothicaire, plâtrière, teinturière, copiste, miniaturiste, relieuse, etc. Ce n’est qu’à la fin du XVIe siècle, par un arrêt du Parlement daté de 1593, que la femme sera écartée explicitement de toute fonction dans l’État. L’influence montante du droit romain ne tarde pas alors à confiner la femme dans ce qui a été, en tout temps, son domaine privilégié : le soin de la maison et l’éducation des enfants.

Jusqu’au moment où cela aussi lui sera enlevé de par la loi, car, remarquons-le, avec le Code Napoléon, elle n’est même plus maîtresse de ses biens propres et ne joue à son foyer qu’un rôle subalterne. Car, depuis Montaigne jusqu’à Jean-Jacques Rousseau, ce sont les hommes qui composent des traités d’éducation alors que le premier traité d’éducation publié en France qui soit parvenu jusqu’à nous émane d’une femme, Dhuoda, qui l’a composé (en vers latins) vers la date de 841-843 à l’usage de ses fils.

Il y a quelques années, certaines des discussions qui ont eu lieu lorsqu’il a été question d’autorité parentale en France, étaient assez déconcertantes pour l’historien du Moyen Âge ; en fait, l’idée qu’une loi fût nécessaire pour donner à la femme un droit de regard sur l’éducation de ses enfants eût semblé paradoxale aux temps féodaux. La communauté conjugale, le père et la mère, exerçait alors conjointement la tâche d’éducation et de protection des enfants ainsi qu’éventuellement l’administration de leurs biens. Il est vrai qu’alors la famille est conçue en un sens beaucoup plus large ; cette éducation pose infiniment moins de problèmes, parce qu’elle se fait au sein d’un tissu vital, d’une communauté familiale plus étendue et plus diversifiée que de nos jours puisqu’elle n’est pas réduite à la cellule initiale père-mère-enfant, mais comporte aussi grands-parents, collatéraux, domestiques au sens étymologique du terme. Ce qui n’empêche pas que l’enfant ait, éventuellement, sa personnalité juridique distincte ; ainsi s’il hérite de biens propres (légués par exemple, par un oncle), ceux-ci sont administrés par la communauté familiale qui, par la suite, devra lui en rendre compte.

On pourrait multiplier ainsi les exemples de détails fournis par l’histoire du droit et celle des mœurs, attestant la dégradation de la place tenue par la femme entre les coutumes féodales et le triomphe d’une législation « à la romaine » dont notre code [napoléon] est encore imprégné. [Note du carnet : Régine Pernoud écrit ses mots en 1977. La Révolution française est une régression sociale pour les femmes. L’Ancien Régime finissant apparaissait trop efféminé aux yeux des révolutionnaires qui adapteront nombre de symboles de la République romaine et restreindront le rôle de la femme.]

Si bien qu’au temps où les moralistes voulaient voir « la femme au foyer », il eût été plus indiqué de renverser la proposition et d’exiger que le foyer fût à la femme. La réaction n’est venue qu’en notre temps. Elle est d’ailleurs, disons-le, fort décevante : tout se passe comme si la femme, éperdue de satisfaction à l’idée d’avoir pénétré le monde masculin, demeurait incapable de l’effort d’imagination supplémentaire qu’il lui faudrait pour apporter à ce monde sa marque propre, celle qui précisément fait défaut à notre société. Il lui suffit d’imiter l’homme, d’être jugée capable d’exercer les mêmes métiers, d’adopter les comportements et jusqu’aux habitudes vestimentaires de son partenaire, sans même se poser la question de ce qui est en soi contestable et devrait être contesté. À se demander si elle n’est pas mue par une admiration inconsciente, et qu’on peut trouver excessive, d’un monde masculin qu’elle croit nécessaire et suffisant de copier avec autant d’exactitude que possible, fût-ce en perdant elle-même son identité, en niant d’avance son originalité.

Voir aussi

La femme au temps des cathédrales (m-à-j vidéo Apostrophes avec Regine Pernoud)

Les gens travaillaient-ils tout le temps au Moyen Âge ?

Histoire — les Français sous l’Ancien Régime payaient 18 jours de travail en impôts

Idée reçue : « Au Moyen-Âge, les paysans sont accablés d’impôts »

Histoire — Le Moyen-Âge, une imposture.

Les manuels scolaires québécois d’histoire...

« Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire » (Voltaire misogyne)


lundi 27 avril 2015

École juive : trop religieuse pour le Ministère, pas assez pour Montréal

Une école hassidique d’Outremont est prise entre deux feux après avoir été jugée « trop religieuse » par le ministère de l’Éducation, mais pas assez pour profiter d’une exemption fiscale par la Ville de Montréal.

L’Académie Beth Esther a perdu en 2012 le permis de fonctionnement que lui délivre le Monopole de l’Éducation du Québec. Elle accueille chaque jour environ 200 fillettes de la communauté hassidique.

L’Académie Beth Esther
Le mois dernier, le Tribunal administratif du Québec (TAQ) a confirmé la décision de Montréal : l’Académie devra payer des taxes foncières sur son bâtiment de 1,7 million, situé avenue Van Horne. Les immeubles religieux en sont habituellement exemptés, mais l’« Académie Beth Esther est une école primaire et secondaire, et ce, même si sa mission s’inscrit dans un cadre religieux », ont tranché les juges.

Les choses auraient pu être différentes si, par exemple, l’école servait « de lieu de prière ou de synagogue ». Mais ce n’est pas le cas, a déterminé le TAQ.

Il y a trois ans, le Monopole de l’Éducation du Québec décidait pourtant de retirer à l’Académie son permis de fonctionnement, notamment parce qu’elle ne respectait pas le programme prescrit par ce même Monopole.

« Le temps passé en classe est consacré en matinée aux études juives, et en après-midi, à l’enseignement de l’ensemble des matières [officielles] », analysait à l’époque une commission gouvernementale. « Cette répartition laisse peu de temps à l’enseignement du programme. » Les avocats de l’établissement avaient pourtant déclaré « que les élèves qui la fréquentent [...] ont, année après année, démontré par leurs résultats aux tests du Ministère une acquisition de connaissances et de compétences qui dépassent les attentes ».

Un rapport de la Commission consultative de l’enseignement privé publié à la fin de 2010 indiquait qu’à l’Académie Beth Esther, les arts, le cours Éthique et culture religieuse et le cours d’éducation physique sont intégrés aux études juives. De plus, l’établissement ne consacrait que 17,5 heures de cours au primaire aux matières prescrites par le Monopole de l’Éducation et 13 heures au secondaire, soit moins que les 25 heures prescrites par le ministère.

La décision du TAQ concernant les taxes foncières révèle que les juges ont utilisé le dossier remis au Ministère pour plaider en faveur du maintien du permis afin de déterminer que l’école ne constituait pas un bâtiment religieux.

« L’avis du Ministère, en résumé, c’était que les activités de l’Académie Beth Esther étaient trop religieuses et pas assez éducatives. Mais là, de l’autre côté, la Ville de Montréal trouve qu’on fait trop d’éducation et pas assez de religion, a dénoncé Sébastien Dorion, avocat de l’établissement scolaire. L’Académie se retrouve dans une situation un peu incompréhensible. »

Me Dorion croit que la récente décision du TAQ est « un peu dommage ». « Elle vient dire : “Peut-être qu’on vous reconnaîtrait comme institution religieuse, mais il faudrait que vous donniez moins d’éducation séculaire aux enfants”, a-t-il déploré. Ça va à l’encontre de l’intérêt des enfants. »

Source




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

J’utilise le cours de maths pour parler aux enfants de l’homosexualité et le « cacher » aux parents


Une enseignante lesbienne en Ontario « mariée » à une autre femme a révélé, lors d’une conférence d’enseignants, plus tôt ce mois, comment elle amenait ses classes de 4e et 5e années du primaire à se pencher sur l’homosexualité grâce à ce qu’elle appelle des problèmes de mathématiques liés à « la justice sociale ».

Alicia Gunn, enseignante dans une école primaire publique à Mississauga, en Ontario, a déclaré aux participants d’une conférence tenue le 10 avril à l’hôtel de ville de Toronto que l’injection de questions LGBTQ dans la salle de classe, en particulier en mathématiques, aide les élèves dès l’âge de neuf ans à « remettre en question la vision unique que beaucoup de nos enfants ont sur les familles LGBT ».


Si problème, cliquez ici.
Extraits audio de l’atelier donné par Alicia Gunn

« On parle de mathématiques liées à la justice sociale quand les étudiants résolvent des problèmes en utilisant des données réelles, stimulantes et utiles. Les questions relatives à la justice sociale dans leur école, leur communauté ou même dans le monde, deviennent le contexte des problèmes que les élèves doivent résoudre », de déclarer l’enseignante militante.

La conférence, organisée par l’organisation homosexuelle Jer’s Vision — désormais appelée le Centre canadien pour l’égalité et la diversité sexuelle —, était axée sur la mise en œuvre du projet de loi 13 dans les classes de l’Ontario. Le projet de loi 13 a été adopté en juin 2012. Il permet aux élèves de former des clubs pro-gais dans leur école, y compris les écoles catholiques, sous le nom d’alliances homo-hétéro.

Interrogé par une des participantes à l’atelier si elle demandait d’abord la permission aux parents avant d’aborder la question de l’homosexualité en classe avec ces élèves de 9 et 10 ans, Gunn a répondu qu’elle ne le faisait pas, mais qu’elle s’assurait d’aborder de nombreuses questions de justice sociale en classe afin qu’aucun parent ne puisse l’accuser de se concentrer sur l’homosexualité ce que, selon ses dires, elle aime à « cacher » dans ses leçons.

« Selon mon expérience, si vous enseignez tous les “ismes”, [l’âgisme, le classisme, le racisme... et l’hétérosexisme] ça peut vous protéger », dit-elle. « Si j’aborde tous les ismes alors je parviens à le cacher un peu dans les problèmes de maths, je peux alors dire : “Je ne fais qu’apprendre la division à votre enfant. Je suis désolée, vous savez, que vous preniez la chose de la sorte” », a-t-elle ajouté provoquant l’hilarité de la salle remplie d’enseignants.



Alicia Gunn avec sa classe en 2008, « l’âgisme, le classisme, le racisme [...] et l’hétérosexisme »

Gunn a déclaré aux participants de son atelier, intitulé « Équité et inclusion dans les programmes d’études », comment elle a profité du fait qu’une jeune élève avait été traitée de « lesbienne » pour parler à toute la classe de « trucs homosexuels ».

Mlle Gunn, lauréate de plusieurs des prix pour ses méthodes d’enseignement et qui a été mis en vedette dans des ressources pédagogiques publiées par une agence gouvernementale de l’Ontario, a raconté comment elle a d’abord parlé avec l’écolière en lui disant qu’il « n’y avait rien de mal à être lesbienne ».

« Et quand je lui en ai parlé, elle ne cessait de me dire : “Mlle Gunn, je jure que je ne suis pas lesbienne. Je ne suis pas lesbienne” », a déclaré la conférencière aux participants. « Et je lui répétais : “ça m’est égal si tu es lesbienne. Ça devrait être OK d’être lesbienne.” »

Dans une tentative pour « rendre à cette fille sa dignité », la militante lesbienne a décidé de faire une présentation à ses écoliers sur la vie de célébrités considérées comme homosexuelles comme l’animatrice de télévision Ellen De Generes, le joueur de basket Jason Collins ou encore joueur de rugby gallois Gareth Thomas.


« Alors, nous sommes revenus sur le tapis pour parler de ce que ces gens avaient en commun. Et [les étudiants] ont dit, “Ils sont impressionnants, ils sont tellement cool, ils sont célèbres. Nous serions ravis de les rencontrer” », d’ajouter Mlle Gunn aux participants.

Alicia Gunn a alors révélé aux élèves de sa classe du primaire que tous ces gens étaient homosexuels. Et au lieu que ses élèves réagissent positivement comme elle l’avait espéré, les étudiants ont commencé à crier : « beurk ! » et « dégoûtant ! » et « ces gens sont malades ».

C’est alors que Mlle Gunn dit s’être rendu compte qu’elle devrait trouver une manière plus créative pour que ses jeunes élèves en viennent à penser différemment. C’est alors qu’elle et quelques enseignants partageant les mêmes idées se sont réunis pour mettre au point une manière d’intégrer la promotion de l’homosexualité dans le programme, en commençant avec les mathématiques.

Mlle Gunn a présenté lors de l’atelier sa leçon de mathématiques sur les triangles. Elle l’a centrée autour du triangle rose que les nazis ont utilisé dans les camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale pour identifier les délinquants sexuels, y compris les violeurs, les pédophiles, les zoophiles, ainsi que des homosexuels.

« Le triangle rose était un écusson infamant que les nazis faisaient porter aux homosexuels pendant l’holocauste. Donc, ce que nous avons fait c’est de jeter un coup d’œil à tous les écussons infamant que les gens ont porté », a-t-elle déclaré aux participants.

« Maintenant, en mathématiques, nous en étions à considérer les différents types de triangles. Nous regardions les mesures d’angle intérieur pour être en mesure de dire si le triangle est isocèle, équilatéral ou scalène. Bon, ça, c’était l’aspect mathématique. Mais le plus important était la réflexion [pro-homosexuelle] qui l’accompagnait. »

Après la leçon de géométrie sur le triangle rose, Gunn a raconté comment elle avait fait faire à ses élèves « des badges d’honneur » pour renverser le récit habituel, « parce que ce que le triangle rose est devenu, c’est devenu un symbole de fierté ».

Elle a raconté comment un étudiant a fabriqué un badge avec un cœur rose sur lequel on trouvait écrit « Le cœur rose montre que je suis fier de qui j’aime. J’ai choisi la couleur rose parce que les nazis avaient choisi des écussons roses pour humilier les homosexuels. Donc, je l’utilise pour montrer qu’on peut aimer qui on veut. »

Gunn a déclaré qu’elle était heureuse avec le progrès des élèves.

Affiche réalisée dans le cadre du projet sur « Jenna » Talackova

Son projet de classe suivant a consisté à demander aux écoliers de trouver des Canadiens LGBTQ célèbres ainsi que les raisons de leur célébrité.

Elle demanda à sa classe de se pencher parmi ces personnes sur « Jenna » Talackova, un homme biologique qui s’était démené et avait réussi en 2012 à participer au concours de Miss Univers Canada. Talackova qui avait subi une chirurgie de « changement de sexe » à l’âge de 19 ans avait d’abord été exclu du concours conformément à une règle qui exige de toute concurrente qu’elle soit « naturellement née femme ».

Les écoliers montèrent une exposition intitulée « Jolie et fière » où à l’aide de photos et de coupures de presse sur Talackova, les élèves prétendirent que « Jenna » « avait remporté le concours » alors qu’il n’avait été retenu que parmi les 12 meilleures candidates.

Alicia Gunn a déclaré que ses élèves captifs avaient appris de cette leçon fort éloignée des mathématiques que “vous avez vraiment besoin de vous battre quand les choses sont injustes. Qu’il faut se faire entendre”.

« Poupées gigognes de la fierté » utilisées lors d’un projet pour venir en aide aux LGBTQ en Russie, projet lancé à l’initiative d’Alicia auprès de ses écoliers

Voir aussi

Une intervenante à ce congrès : Une enseignante lesbienne explique comment elle convainc des enfants de 4 ans d’accepter les « mariages » homosexuels

dimanche 26 avril 2015

France — les nouveaux programmes d'histoire ou l'effacement de la France

Toujours remarquables ces articles de France où il semble encore y avoir une volonté d’enseigner une culture générale à l’école. (L’université c’est pour apprendre un métier intellectuel, pas pour combler une éducation secondaire lacunaire. Enfin, c'est sans doute une vision « dépassée » aujourd'hui au Québec.)

Que penseraient ces intellectuels français de l’école québécoise qui n'est le plus souvent qu’un désert culturel et un havre du correctivisme politique « consensuel » : au Québec, plus de latin (sauf rarissimes exceptions), ni de grec bien sûr, ni de langues étrangères autres que l’anglais, plus de classiques enseignés ou si peu, plus vraiment d’histoire européenne si ce n’est, semble-t-il, comme occasion de repentance pour les grands méfaits des Européens, par contre les élèves captifs y ont « droit»  à l’écologisme, l’immigration nombreuse nécessairement bonne, le multiculturalisme, l’autochtone mythifié, l’islam nécessairement raffiné et tolérant, la lutte contre l’homophobie au cours d’anglais, de français, de maths, d’histoire (ici et ), etc. Les mauvaises notes y sont aussi bannies. Bref, le Québec est à la pointe du «progrès»... Pourtant, la France partage déjà un trait commun : nettement moins d'heures de français à l'école au Québec comme en France en 40 ans.


Entretien du philosophe et essayiste Pascal Bruckner réalisé par Le Figaro.


— La réforme du collège portée par Najat Vallaud-Belkacem n’en finit pas de susciter la polémique. Les cours de latin, de grec et les classes bi-langues vont être supprimés tandis que l’instauration de cours d’improvisation inspirés de Jamel Debbouze est évoquée. Que cela vous inspire-t-il ?

Pascal Bruckner
Pascal Bruckner — C’est vraiment prendre les Français pour des imbéciles. On leur supprime le latin, le grec et l’allemand pour leur donner à la place du Jamel Debbouze [Note du carnet : un de ces nouveaux « comiques » subventionnés que nous inflige la République]. L’école devient le véhicule de l’ignorance et non du savoir. L’idéal de l’excellence, porté par Jules Ferry, a été progressivement délaissé par les idéologues au profit d’un égalitarisme qui confond égalité et médiocrité générale. Désormais, c’est le cancre qui devient le plus grand dénominateur commun dans la classe. Initialement, l’école de la République avait pourtant l’ambition inverse de porter une classe d’âge vers le niveau le plus élevé. Dans la novlangue actuelle, apprendre à nager aux élèves devient, « se déplacer de façon autonome dans un milieu aquatique profond standardisé ». On touche le fond ! La première réforme à entreprendre d’urgence serait de renvoyer tous ces « Trissotin » de la technocratie républicaine sur les bancs de l’école.

— Dans les nouveaux programmes d’histoire, la chronologie est abandonnée, l’enseignement de l’islam est obligatoire tandis que le christianisme médiéval et les Lumières sont optionnelles. Qu’en pensez-vous ?

Sans chronologie, l’histoire n’a pas de sens. Cette réforme risque donc d’égarer encore un peu plus les élèves. On peut également s’étonner du choix de privilégier l’enseignement de l’islam par rapport à celui des Lumières ou du christianisme médiéval. À mon sens, il ne s’agit pas d’un choix arbitraire, mais idéologique. Il y a sans doute ici une volonté d’ouverture à l’égard de l’islam, un souci de plaire aux nouveaux arrivants en supprimant tout ce qui peut les heurter : l’enseignement d’un autre monothéisme et l’exercice d’un esprit critique. Mais comment comprendre la France sans connaître le « manteau de cathédrale qui la recouvre » ? Comment comprendre qui nous sommes si l’on ne sait pas d’où l’on vient ? C’est-à-dire d’un pays de culture profondément catholique et républicaine. Quant aux Lumières, elles sont au fondement même de la culture laïque contemporaine. Que l’on soit de gauche ou de droite, croyant ou pas, c’est durant cette période que se noue la modernité. Faire l’impasse sur celle-ci me paraît aberrant. Il est vrai que dans certains quartiers, il est désormais impossible d’enseigner la Shoah en raison du conflit israélo-palestinien ou encore Madame Bovary qui soulève la question de l’adultère. La réforme tend à cajoler les éléments les plus rétifs du système éducatif au lieu de les assimiler. Ce n’est pas forcément un bon signe à envoyer aux Français musulmans les plus éclairés qui voudraient prendre leur distance avec leur propre religion et s’ouvrir au reste de notre culture. Pour nourrir une réflexion plus profonde sur les croyances, il me paraît urgent de rendre obligatoire la lecture du traité sur la tolérance de Voltaire.

[Note du carnet : Sauf que Voltaire est un mauvais exemple : un hypocrite, intolérant, affabulateur, envieux, pingre, etc. Voir ici, ici, ici, et .]


— Après la série d’attentats qui a frappé Paris en janvier, ne fallait-il pas envoyer des signes d’apaisement ? [Au Québec : Après la crise des accommodements, ne fallait-il pas assurer un meilleur enseignement du « vivre ensemble », etc.]

Il ne faut pas confondre apaisement et reddition. Dans son dernier livre, Michel Houellebecq a magnifiquement dessiné une France possible dans les dix ans à venir. Soumission est bien sûr une utopie négative pour que nous n’empruntions pas ce chemin. Mais la réalité pourrait rattraper la fiction beaucoup plus vite que prévu. Dans le livre de Houellebecq, l’islam prend un visage presque apaisant pour mieux souligner notre responsabilité, notre lâcheté. Le 11 janvier a été un beau moment de résistance et d’indignation. Puis beaucoup sont retombés dans la culture de la peur, allant même jusqu’à suggérer pour certains de revenir sur l’interdiction du voile à l’école. À travers cette refonte des programmes scolaires, on procède au reformatage du logiciel de la France pour complaire aux ennemis de celle-ci et de la liberté. Cela me rappelle l’abandon par Jacques Chirac de la référence aux racines chrétiennes de l’Europe dans le projet de Constitution européenne de 2004. On reproduit aujourd’hui la même logique de repentance agressive en niant les fondements de notre nation. Ses fondements catholiques, mais aussi ses fondements républicains nés de l’idéal des Lumières. J’y vois une tentative délibérée d’amputation des traditions nationales. Au motif de favoriser le « vivre ensemble », horrible terme de la novlangue actuelle, on prône l’effacement de ce qu’il y a de meilleur dans notre héritage. On méprise les Français d’origine immigrée qu’on croit incapable d’intégrer notre trésor national et on prive les Français de leur histoire. Dans les deux cas, il s’agit d’un mauvais coup porté à l’intelligence. Ce qu’il y a de plus terrible dans cette réforme, c’est qu’elle est défendue par ceux-là mêmes qui sont censés diffuser le savoir. Comme si le maître voulait inculquer de force l’ignorance à l’élève.

— Que vous inspire la tentative d’attentat contre l’église de Villejuif ?

— Le choix d’une église ne tient en rien au hasard. Les islamistes radicaux cherchent à éradiquer toute trace des monothéismes antérieurs, car ils se veulent les seuls dépositaires de la vérité. Après les Juifs, le tour des chrétiens est venu...

Voir aussi

George Leroux : L’État doit viser à déstabiliser les systèmes absolutistes de croyance [transmis par les parents]

« Georges Leroux est mon gourou », déclare directeur de la fédération des écoles privées au sujet d'ECR

Désinformation — Voltaire et le « Combat contre l’obscurantisme » du CNED (Éducation nationale de France)





L'historienne Marion Sigaut a été interrogée par un de ses correspondants au sujet de la fiche « Combat contre l’obscurantisme » éditée par le CNED (cours par correspondance de l'Éducation nationale française) pour les élèves de seconde (secondaire V). Elle analyse ici ce qu'elle qualifie ici de mensonges éhontés publiés sous couvert de l’Éducation nationale dans cette fiche, qui fait les louanges du controversé Voltaire.

Une partie du cours du CNED sur ce sujet est en accès libre ici. Marion Sigaut les commente. L'ensemble des notes est reproduit dans la vidéo.


Voir aussi

Voltaire, cet inconnu, ce mythe, ce sectaire

Voltaire n'a pas écrit : « Je ne suis pas d'accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».

Le côté sombre des Lumières

La vision pessimiste de l’homme développée par les Lumières