dimanche 19 septembre 2010

Inflation des notes dans les universités nord-américaines ?


En 2006, Philip Babcock, un économiste du travail de l'Université de Californie, furetait en ligne quand il est tombé sur une enquête sur l'emploi du temps des étudiants de premier cycle à son université. Il fut troublé par le fait que les étudiants disaient passer très peu de temps à étudier.

En comparant son expérience alors qu’il était étudiant à celle de ces cinq dernières années comme professeur, Philip Babcock eut l’intuition que les étudiants passaient moins de temps devant leur livre, mais il se rappelle s’être dit « les gens critiquent toujours la génération qui les suit. Peut-être qu’ils bossent comme des fous. » Voulant en avoir le cœur net, il a voulu mettre à l’épreuve son hypothèse. Dans l’étude qui résume ce travail et qui sera publié à la fin de l’année dans la Review of Economics and Statistics du MIT, Babcock et son coauteur Mindy Mark, affirment que depuis 1961, le temps qu’un étudiant moyen de premier cycle consacre à l’étude a diminué de 42 pour cent, passant de 24 heures hebdomadaires à 14. Cette baisse importante se retrouve au sein de tous les sous-groupes démographiques, de chaque faculté et de chaque type d’établissement postsecondaire aux États-Unis.

L’étude ne se penche pas sur le cas du Canada et du Québec, mais la tendance semble être avérée dans toute l’Amérique du Nord. Dans son prochain livre, Lowering Higher Education: The Rise of Corporate Universities and the Fall of Liberal Education, James Côté, un professeur de sociologie à la University of Western Ontario et son collègue Anton Allahar analysent les données rassemblées sur près de 12 000 étudiants aux États-Unis et au Canada et ils ont découvert des résultats similaires : le nombre d’heures consacrées à étudier diminue alors que les notes augmentent. Au Canada, les notes sont passées en 30 ans d’un C en moyenne à un B+/A-.

L’étude menée par Babcock est l’une des plus approfondies en son genre. Elle utilise les données de milliers d’étudiants à plein temps inscrits dans des programmes universitaires de premier cycle de quatre ans, ces données sont tirées d’enquêtes effectuées sur tout le territoire américain et qui représentent quatre périodes : 1961, 1981, 1987-1989 et 2003-2005.





« Notre plus grand défi a été de s’assurer que nous comparions des choses comparables » de déclarer Babcok au Maclean’s avant d’ajouter qu’il était difficile de prendre en compte les changements démographiques dans ces facultés – plus de femmes, plus d’étudiants qui ont un travail rémunéré – et de vérifier les résultats quand le libellé des questions varie d’un questionnaire à l’autre. Dans les faits, les femmes des dernières cohortes passent plus de temps à étudier en moyenne que les hommes et dans certaines facultés, notamment celles de génie, les étudiants passent nettement plus de temps devant leurs livres que dans les autres facultés.

Pour ce qui est de la cause de cette baisse observée dans le nombre d’heures consacrées à l’étude, Philip Babcock indique que son étude ne fournit que des chiffres bruts, mais il se demande si l’explication la plus plausible ne serait pas que le niveau des études universitaires aurait baissé. Pour étayer son intuition, il cite une autre de ses études qui porte sur l’inflation des notes à paraître d’ici quelques mois dans le Journal Economic Inquiry : « Ce qu’on observe dans les faits c’est que les professeurs donnent de meilleures notes, les étudiants travaillent moins et que les étudiants considèrent leurs professeurs comme de meilleurs enseignants dans les évaluations qu’ils font du corps professoral ». Ces évaluations des professeurs par les étudiants existent dans de nombreuses universités nord-américaines. Babcock conclut : « Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de raisons pour restreindre la généreuse distribution de bonnes notes ou pour forcer les professeurs à donner des cours difficiles et exigeants. »

Babcock n'est pas le premier à suggérer que la diminution dans le nombre d’heures d’études est liée à l'inflation des notes. « Cet enflement des notes est le signe que nous consacrons moins en capital humain, le niveau a baissé et les étudiants s’impliquent moins » dit James Côté pour qui des élèves qui s’impliquent moins, étudient moins. « La plupart des excuses pour expliquer pourquoi nous devrions tolérer ce désintérêt, ce manque d’implication, ne tiennent pas » ajoute-t-il. « Les petits boulots d’étudiants ne réduisent que de deux heures par semaine tout au plus le temps consacré à l’étude. Cela n’explique pas ce manque d’implication généralisé ». Selon James Côté, au lieu d’étudier, les étudiants consacreraient plus de temps aux loisirs, font plus de sport, boivent plus de bière et font la fête.

Ross Alger, un étudiant en génie de Colombie Britannique interrogé par Maclean’s, admet que, grâce aux nouvelles techniques, il passe moins de temps à chercher des ressources : « Tout est à portée de main. Si j’ai un problème en physique, je vais sur un site Web et je ne passe pas des heures à parcourir un manuel pour comprendre quelque chose de basique. » Alger admet, cependant, que même avec Internet il passe au moins 2 à 3 heures à étudier en sus des 6 heures de classe auxquelles il assiste cinq jours par semaine. Il ajoute que ses camarades de promotion étudieraient plus que lui.

Mais, selon Philip Babcock, s’il est vrai que les nouveaux outils informatiques optimisent l’étude, ce n’est pas de beaucoup : de 1988 à 2004, le déclin en heures étudiées n’a été que de deux heures. La plus grande baisse a eu lieu de 1961 à 1981 ce qui correspond à la première mode des évaluations des professeurs et assistants. Selon l’économiste de l’Université de Californie, cela a conduit des professeurs à noter plus généreusement, avec comme conséquence la chute du niveau que Babcock croit être à l’origine de l’épidémie d’inflation dans les notes.




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Curiosité du jour : augmenter de 25 % les notes des finissants sud-africains ?

Radio-Canada et les autres médias nous ont abreuvés de bonnes nouvelles sur l'Afrique du Sud pendant cet exercice de communication (on ne dit plus propagande) qu'était le Mondial de football. Gageons que ces mêmes médias ne s'appesantiront guère sur l'état déplorable de l'enseignement en Afrique du Sud, 16 ans après la fin de l'apartheid.

On se rappellera que l'année passée, pour la sixième année de suite, le taux de réussite aux examens de fin d'études secondaires avait diminué en Afrique du Sud.

L’Afrique du Sud s'est classée au dernier rang dans un classement regroupant 40 pays, derrière le Maroc et le Koweït. Ce classement a été publié en 2007 dans le cadre du Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS:2006). Cette étude vise à établir les compétences de lecture des élèves de 10 et 11 ans quand ils doivent aborder des textes littéraires et informatifs authentiques.

L'Afrique du Sud dépense 6,1 % de son produit national brut à l'éducation, une plus grande portion que la plupart des autres pays, mais ses résultats sont constamment parmi les plus mauvais.

Selon le dernier Indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial, l'Afrique du Sud se classait 129e sur 139 pays en matière d'éducation primaire et 137e en sciences et mathématiques.

La coupe du monde de football et les grèves

Pendant tout le mois du Mondial, les écoles publiques sud-africaines étaient fermées prolongeant les vacances d'hiver d'une semaine. Raisons invoquées par le ministère de l'Éducation : éviter l'absentéisme de la part des élèves et des professeurs et alléger le réseau routier souvent saturé autour des grands stades.

Manifestation d'enseignants sud-africains à Johannesbourg, le 18 août 2010
Quelques semaines après la fin du tournoi, la quasi-totalité des enseignants du secteur public fit grève pendant trois semaines.

Inquiet que l'année scolaire ait été raccourcie d'un mois alors que les examens de fin d'année scolaire approchent, le Congrès des étudiants sud-africains (Cosas) vient de demander au gouvernement d'augmenter les notes de tous les élèves de 25 % !

Ces demandes font suite à des manifestations violentes de la part des collégiens (lycéens) qui s'inquiètent de leur manque de préparation alors que les examens finaux auront lieu dans moins de deux mois. Lors de manifestations dans la région de Port Elizabeth (Cap oriental), un élève est mort à la suite de tirs de la police dans une foule de 4 000 élèves manifestant leur mécontentement.

Le 14 septembre 2010, la police a utilisé du gaz lacrymogène
et des balles en caoutchouc pour disperser quelque 4000 élèves
qui brûlaient des pneus et bloquaient les routes à Veeplas (Cap oriental)

Le gouvernement a refusé cette demande, mais rencontrera à nouveau le syndicat Cosas lundi, pour discuter du « plan de rattrapage » que le ministère compte mettre en place en augmentant le nombre d'heures de cours pendant les semaines qui restent à cette année scolaire. L'année scolaire sud-africaine commence en janvier et termine à la fin novembre.

« Apprenants » (learners) s'attaquant aux locaux de la Sakhikamva High School,
le jeudi 12 août 2010 à Nompumelelo dans la province du Cap oriental.
(voir le résultat de cette manifestation)


Il ne faut avoir qu'une moyenne de 50 %... si on est noir

Entretemps, l'Université du Cap indiquait que pour être admis dans son école de médecine les candidats blancs devaient obtenir une note moyenne minimale de 80 % à l'examen d'évaluation national, alors que les étudiants noirs ne devaient obtenir que 50 %. Dans ces circonstances, pourquoi s'étonner d'un autre petit coup de pouce de 25 % ?





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mercredi 15 septembre 2010

Décrochage des garçons au Québec, un tabou ?




Mario Dumont rencontre l'enseignant Jean-François Roberge pour discuter du décrochage des garçons au Québec.

V Télé, 14 septembre 2010.




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Le Régime québécois d'assurance parentale
Un gouffre sans fond, craint la FCEI

La hausse des cotisations du régime québécois d'assurance parentale (RQAP), publiée aujourd'hui dans la Gazette officielle, ne résoudra non seulement pas le déficit du Fonds d'assurance parentale, mais elle viendra également alourdir le fardeau des ponctions fiscales sur la masse salariale qui pèse plus lourd sur les PME. « Dans un monde où l'emploi est essentiel pour le développement économique, l'ensemble de ces ponctions réduit de manière évidente la capacité des petites entreprises à embaucher, à bonifier les conditions salariales et à croître » a expliqué Madame Martine Hébert, vice-présidente pour le Québec de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI). Par ailleurs, à la lumière des données de la FCEI,  la Fédération s'inquiète de la pérennité du régime québécois d'assurance parentale, qui offre des prestations de maternité et de paternité et des prestations parentales à l'occasion de la naissance d'un enfant.


Un régime en péril ?

Selon le rapport actuariel au 31 décembre 2009, le déficit accumulé du Fonds d'assurance parentale (FAP) dépassera les 1,1 milliard de dollars en 2014. L'annonce faite aujourd'hui permettra, selon l'estimation de la FCEI, de réduire le déficit accumulé de 1,1 milliard de dollars à 763 millions de dollars en 2014, ce qui correspond à une diminution d'environ 31 %. Si cette baisse est encourageante, la FCEI s'interroge sur ce que prévoit le Conseil pour poursuivre l'assainissement financier du Fonds « Il y a des limites à ce que l'on creuse collectivement un trou financier et que la facture ne soit acheminée qu'aux entreprises et à leurs employés. Si nous voulons assurer la pérennité du régime, il faut agir de façon responsable et se questionner sérieusement sur la générosité et le financement du régime » a indiqué madame Hébert.

Les Québécois paient plus cher

Selon la FCEI, les Québécois paient très cher leur régime d'assurance parentale comparativement à leurs homologues du reste du Canada. La mise en place du RQAP a évidemment entraîné en 2006 un alourdissement au Québec des cotisations aux programmes d'assurance emploi (assurance emploi en tant que telle et assurance parentale). En 2006, le taux de cotisation au RQAP dépassait le rabais dont bénéficie le Québec au programme canadien de l'assurance emploi de 22 %.

Avec le taux proposé pour l'année 2011, cet écart atteindra 45 %. Lorsque l'on considère seulement la portion liée à l'assurance parentale, les employeurs québécois paient le double de ce que paient les autres provinces canadiennes. « La générosité du régime entraîne un coût important et ce sont les employeurs et les travailleurs qui en paient chèrement la note » a souligné madame Hébert.

Un mini-boom à cause du RQAP ? Pas évident !


Dans la rhétorique entourant les conséquences positives du RQAP, certains  mentionnent que le RQAP serait responsable du mini baby-boom que le Québec connaîtrait, d'autres qu'il s'agit des garderies ruineuses à 7 $ 50 $. Dans les faits, il semble que le plus gros des gains en termes de natalité soit derrière nous, et que, l'augmentation du taux de natalité a globalement été observée partout au Canada où le régime de prestations pour congés parentaux est moins généreux qu'au Québec.

« On peut donc se demander si le RQAP a permis aux familles de simplement devancer leurs projets familiaux, mais sans qu'à long terme, cela ne conduise à une augmentation substantielle et soutenue du taux de fécondité. En effet, nous ne pouvons aujourd'hui observer qu'un seul "cycle" depuis l'instauration du RQAP et le financement du congé parental n'est pas l'unique enjeu financier dans les projets familiaux. Il faut donc être prudents dans les conclusions que nous posons à ces égards. Enfin une question se pose : les résultats sont-ils à la hauteur des moyens engagés ? N'aurions-nous pas les mêmes résultats avec un régime plus équitable et moins généreux ? » a conclu Madame Hébert.



Observer que les axes ne commencent pas à zéro ce qui tend à exagérer les petites variations.




Voir aussi : 

Baisse du nombre de naissances au Québec de janvier à juin 2010

Essoufflement du « mini baby-boom » en 2009 ?




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mardi 14 septembre 2010

Le dogme de la mixité à l'école remis en cause

Les effets contestables de la cohabitation filles-garçons sont mis en avant par des travaux de sociologues. La mixité fut rendue obligatoire en France, depuis la loi Habyde 1975, faisant d'elle un élément aussi important pour la « République » que la laïcité. Mais, selon le Figaro, ce dogme idéologique est remis en question.

La sociologue Marie Duru-Bellat, auteur d'ouvrages vantés par l'ensemble des tenants du progressisme scolaire a publié cet été dans la revue de l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) un article intitulé « Ce que la mixité fait aux élèves ». Un pavé dans la mare. Toute remise en cause semble pourtant intolérable aux tenants du système actuel.

Mais les études semblent le prouver : les filles obtiennent de meilleurs résultats à l'école, toutes catégories sociales confondues. Certains s'inquiètent de l'effet potentiellement délétère de la mixité scolaire sur les garçons.

Depuis 2008, la mixité n'est plus obligatoire en France. Mais nombreux sont ceux qui l'ignorent encore. Les écoles non mixtes ont fait l'objet, dans les années 2000, d'expériences aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, ou en Grande-Bretagne. Aux États-Unis, les résultats ont été jugés très positifs pour les filles issues des minorités. En Allemagne, où il s'agissait de développer des enseignements non mixtes, en sciences physiques ou en informatique, les résultats étaient très positifs pour les filles. En France, seul le privé hors contrat développe des classes non mixtes. Dans l'enseignement catholique sous contrat, la non-mixité est peu à peu devenue rare. Claude Berruer, secrétaire général adjoint de l'enseignement catholique, ne semble, hélas, pas convaincu :
« il faut avoir conscience que la mixité ne contribue pas forcément à une égale dignité garçon-fille. Mais un retour en arrière ne serait pas la solution. Bien sûr, nous avons des familles, notamment musulmanes, qui expriment des réserves et mettent le doigt sur des façons de vivre la mixité qui ne respectent pas la pudeur. On se désole du machisme, mais il faut réfléchir sur ce qu'on donne à voir du rapport au corps dans nos sociétés. »




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Des écoles sans commission scolaire en Alberta

Le Journal de Montréal a publié lundi matin 13 septembre une série d'articles sur les écoles autonomes en Alberta. 

Quelques extraits :

Les écoles publiques autonomes de l'Alberta font rêver les directeurs d'école du Québec, qui y voient eux aussi l'occasion de remettre en question la pertinence des commissions scolaires.

« C'est l'école de rêve, car elle est exclusivement au service de l'élève. Ici, au Québec, l'école publique sert les élèves, mais elle est au service des commissions scolaires », déplore la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement, Chantal Longpré.

Mme Longpré estime que le modèle des écoles autonomes albertaines « fait la démonstration que l'école publique peut exister sans commission scolaire. » 

[...]


Financées à 100 % par les contribuables albertains, ces institutions sont gérées comme des écoles privées.

Elles reçoivent une subvention annuelle d'environ 6 000 $ par élève, la même qui est versée pour les enfants fréquentant les écoles publiques dites « traditionnelles. » Mais, dans ces établissements, pas un sou ne va dans les commissions scolaires, une structure dont l'administration a coûté 575 millions de $ aux Québécois, l'an dernier.

[...]

Les directeurs de ces écoles autonomes embauchent et sélectionnent eux-mêmes chacun de leurs employés, du prof au concierge, en passant par le chauffeur d'autobus et la secrétaire. Ce sont eux qui déterminent les priorités de leur école et les services dont leurs élèves ont besoin. 

[...]

John Picard, un ex-directeur du Québec qui dirige une autre de ces écoles à charte, abonde dans le même sens. «Si tu as plus de budget et de ressources dans une école plutôt que dans un bureau du centre-ville, tu en as plus pour ton argent», lance-t-il.  

[...]

Ce sont eux aussi qui, avec leur équipe, s'assurent du déneigement de la cour d'école ou de la tonte du gazon, notamment. Et contrairement à ce que soutiennent les commissions scolaires lorsque leur pertinence est remise en question, ces tâches logistiques ne sont «pas compliquées du tout», affirme John Picard.

Les résultats des élèves inscrits dans ces écoles autonomes sont tout simplement spectaculaires. Selon les plus récentes données disponibles, 91  % d'entre eux réussissent les examens du Ministère.

C'est 15 points au-dessus de la moyenne des autres écoles, un écart qui croît un peu plus chaque année.

[...]

Le gouvernement albertain n'a prévu en autoriser que quinze, jusqu'à nouvel ordre.

« Nous avons prouvé [que les écoles publiques pourraient exister sans commission scolaire], estime Dale Erickson. Mais s'il fallait que ça arrive, toute la bureaucratie deviendrait hystérique. »

« Le changement est menaçant pour bien des gens », ajoute John Picard.

« Ma première expérience comme directrice d'école était dans une grosse commission scolaire. J'avais demandé aux parents s'ils trouvaient que nous avions une bonne bibliothèque, de bonnes ressources, de bons programmes en fonction des subventions que nous étions censés recevoir. Et leur réponse avait été négative. Nous avions essayé d'être innovateurs, mais notre initiative avait été mal reçue dans la grosse bureaucratie. »
Judy Gray, directrice d'un pavillon de l'école à charte Foundations for the Future Academy. Auparavant, elle avait été enseignante, directrice et fonctionnaire dans une commission scolaire.


« Bien sûr qu'on pourrait imaginer un système d'éducation qui compterait seulement des écoles autonomes... Toutefois, je suis aussi un partisan du système actuel des commissions scolaires, car elles sont des administrations locales. »
Jonathan Denis, ministre dans le gouvernement conservateur albertain

Commentaire

L'idée semble très intéressante, trois questions cependant : (1) Est-ce que les parents de ces écoles ont un pouvoir quelconque de décision ? (2) Est-ce que ces écoles doivent fidèlement suivre le programme établi par le ministère de l'éducation local, de quelle liberté pédagogique disposent-elles ? (3) Qu'en est-il de l'embauche du personnel enseignant ?

Réaction de la Fédération québécoise des directeurs d'établissement d'enseignement

Un modèle de réussite canadien : Une école que le Québec devrait s'offrir


« Notre fédération se fait le défenseur d'une école autonome et responsable comme constituant le meilleur moyen d'augmenter, de façon significative, la qualité de l'enseignement au Québec. »
Chantal Longpré, présidente de la FQDE

Source

Réaction de la Fédération des comités de parents du Québec

Écoles autonomes albertaines - Un modèle qui n'en est pas un


QUÉBEC, le 13 sept. /CNW Telbec/ - La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) suggère aux parents de faire preuve de prudence à la lecture des articles publiés dans le Journal de Montréal et Québec, vantant les mérites des écoles «à charte», autonomes, que l'on retrouve en Alberta.


[...]


En visitant les sites Internet de ces écoles albertaines, on découvre notamment qu'il y a une école réservée aux filles [quelle horreur !], une école qui se concentre sur les sciences, une autre sur les arts, une autre sur la musique, une école spéciale pour les enfants dont l'anglais est la deuxième langue, une autre qui se consacre aux décrocheurs de 14 à 19 ans, plusieurs écoles réservées aux élèves doués, ainsi qu'une école qui dispense de l'enseignement traditionnel, sans aucun service particulier, individuel ou spécialisé. On y compte même une école, Valhalla School Foundation, en milieu rural, avec des classes à niveaux multiples, dont près de la moitié du budget provient des dons locaux ou de prêts.


« À l'évidence, il n'est ici nullement question d'écoles régulières de quartier mais bien de cas isolés. À un point tel que, malgré le fait que ce type d'école existe en Alberta depuis 1994, le modèle n'a pas été repris pour l'étendre à la grandeur de la province. Est-ce vraiment un remède miracle alors que seules 13 écoles de ce type existent sur plus de 2000? Ce n'est donc pas un modèle de réseau public mais une infime minorité, des cas d'exceptions. Est-ce le fruit du hasard ?, s'interroge François Paquet, président de la FCPQ. Il n'est donc aucunement question d'écoles régulières, telles que nous les connaissons au Québec. Comment appliquer ce modèle à l'ensemble du réseau régulier ? » En réaction aux propos de la FQDE, parus dans les journaux, monsieur Paquet se demande : « Que souhaite au juste la FQDE ? Faire la promotion des écoles particulières et spécialisées ? ».

Où est le problème ? Est-ce que la diversité n'est pas vantée par la FCPQ, fédération de parents (qui la contrôle au fait ?) en faveur du cours ECR ? Pourquoi cette souplesse et cette diversité dérangent-elles la FCPQ ?



Réaction de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ)

Selon le Journal de Montréal du mardi 14 septembre, la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, était en furie, lundi, après avoir pris connaissance du reportage du Journal sur les écoles à charte albertaines, un réseau de 13 établissements autonomes financés à 100 % par les contribuables.

Elle s'en est prise à la porte-parole des directeurs d'école, Chantal Longpré, en l'accusant de « faire de la politique. »

« Je l'invite à mettre sa face sur des poteaux dans quatre ans, si elle veut faire de la politique, peste Josée Bouchard. Elle contribue de façon magistrale à la dévalorisation de notre système d'éducation. »

« C'est un leurre pour la population, lance Josée Bouchard. Si le gouvernement albertain trouvait que ces écoles-là sont une panacée, ne croyez-vous pas qu'il aurait complètement changé le système d'éducation ? Ça fait 16 ans que ces écoles existent, et il n'y en a que 13 », fait-elle valoir. Mme Bouchard ajoute que ces écoles autonomes ne sont fréquentées que par une infime minorité des élèves.

Une loi limite actuellement à quinze le nombre de ces établissements. La première a ouvert en 1995 et la dernière, en 2008.

Interrogée par le Journal de Montréal, Mme Bouchard juge « effrayante » l'idée que les écoles publiques puissent se passer des commissions scolaires. « On a un système scolaire démocratique, au Québec, qui fait en sorte qu'on se retrouve avec des services d'éducation équitables », plaide-t-elle, en soulignant l'apport des commissions scolaires dans le « développement régional. »

  • Dans un communiqué de presse, la FCSQ affirme que les écoles autonomes existent seulement à Calgary. C'est faux. Trois se trouvent à Edmonton, une à Medicine Hat et trois autres, en milieu rural.

  • Le communiqué précise qu'une telle école ne peut exister sans « l'aval » d'une commission scolaire. C'est faux. En cas de refus, un groupe souhaitant créer une institution autonome peut se tourner vers le ministère de l'Éducation pour obtenir sa charte.

  • La FCSQ laisse entendre que, si les directeurs des écoles autonomes albertaines ont plus de temps que leurs homologues québécois, c'est parce qu'ils font « moins de reddition de comptes. » C'est faux. Les états financiers de leurs écoles sont publics et ils doivent remettre annuellement l'équivalent d'un cahier de rapports et de statistiques au Ministère.




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lundi 13 septembre 2010

Répandre la bonne nouvelle dans les écoles

Dans le Journal de Montréal du 31 août 2010 :

« M. Ricard voit même la pratique de la méditation comme un antidote efficace à la violence scolaire. Tiens donc… Et si on répandait la bonne nouvelle dans nos écoles ? La thérapeute Mélanie Gambino a commencé à enseigner le yoga, le tai chi et la méditation à des écoliers de New York. Les résultats, semble-t-il, sont très concluants. Selon elle, la pratique régulière de ces activités aide les jeunes à mieux gérer le stress et à se forger une image positive d’eux-mêmes.

Chez-nous, l’idée fait tranquillement son chemin. Quelques écoles primaires de la région de Montréal ont commencé à offrir des sessions de yoga à leurs élèves. »

On ne prie plus dans les écoles québécoises, on médite...

Source : Danger Yoga




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mercredi 8 septembre 2010

Baisse du nombre de naissances au Québec de janvier à juin 2010

Les derniers chiffres sur le nombre de naissances au Québec publiés par Statistiques Québec le 7 septembre et qui portent sur les six premiers mois de 2010 indiquent que le nombre de naissances aurait baissé par rapport à 2009 alors que la population québécoise a légèrement cru depuis lors. En 2009, on avait dénombré 43 200 naissances de janvier à juin alors qu'en 2010 ce nombre est retombé à 42 800.

C'est la première fois depuis 2003 que le nombre absolu de naissances diminue pendant ces six premiers mois.

Les décès pendant ces six mois ont légèrement augmenté par rapport à la même période en 2009. Ils étaient  29 300 en 2010 contre 28 900 pendant la même période en 2009.

Bien qu'il ne s'agisse encore que de chiffres pour le début de 2010, le taux de natalité pour 1000 habitants pour les 6 premiers mois (en bleu dans le graphique ci-dessous) est un bon « prédicteur » pour le taux de natalité sur l'ensemble de l'année (en rouge) : ils épousent la même courbe, les naissances sont distribués de manière quasi uniforme sur l'année.



Confirmation de l'essoufflement du baby-boom ?

Si la tendance se maintient, il est possible que 2010 voie confirmer les chiffres de 2009 et l'essoufflement du « mini baby-boom ».

Rappelons que l'indice synthétique de fécondité en 2009 s'établissait à 1,731 enfant par femme,  en légère baisse par rapport à celui de l'année 2008 (1,735). Pour sa part le taux de natalité du Québec en 2009 avait atteint 11,33 ‰ (c'est-à-dire 11,33 naissances pour mille habitants), un taux quasi identique à 2008 quand il s'élevait à 11,31 ‰.

Coûts en hausse de la politique de retour au travail des femmes

Entretemps, les sommes dévolues aux garderies à 7 $ 50 dollars (en CPE) continuent d'augmenter. Rappelons que près de la moitié des enfants en bas âge ne les fréquentent pas. Il ne s'agit pas, contrairement à ce qu'on lit parfois, d'une politique nataliste, mais plutôt d'une politique de retour au travail rapide des femmes après un accouchement.



En 2008-2009, le coût des places en milieu familial assumé par le gouvernement est demeuré inchangé à 20,60 $ par rapport à 2005-2006, alors qu’en centre de la petite enfance (CPE) et en garderie subventionnée, ce coût augmentait de 8,20 $ et de 5,65 $ pour atteindre 44,91 $ et 37,09 $ respectivement.



Lors de l'exercice 2010-2011, le budget du ministère de la Famille croîtra de « 5,4 %, [ce] qui permet[tra] de financer les nouvelles places de garde à contribution réduite développées en 2009-2010 et la poursuite en 2010-2011 du développement de nouvelles places » (Budget 2010-2011, C.26)





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mardi 7 septembre 2010

Obsession alimentaire et hygiéniste dans des écoles québécoises

Des écoles empêchent les enfants de manger ce que les parents leur envoient comme collation...





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Des groupes de pression demandent le retour de l'éducation sexuelle

Des groupes de pression en matière d'éducation et de la santé demandent à la nouvelle ministre québécoise de l'Éducation, Line Beauchamp, de remettre les cours d'éducation sexuelle au programme scolaire.

Ils affirment que la réapparition des infections sexuellement transmissibles (ITS) et le nombre grandissant de grossesses non désirées chez les adolescentes constituent de véritables problèmes de santé publique. Selon eux, la disparition du programme d'éducation sexuelle, en 2001, explique en partie le phénomène.

Citant des chiffres du ministère de la Santé et des Services sociaux, la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi, fait remarquer que, pour la période 2004-2008, il y a cinq fois plus de cas de gonorrhées chez les femmes, particulièrement chez celles âgées de 15 à 24 ans.

Selon Mme Conradi, il faut offrir des cours d'éducation sexuelle à l'école dès le primaire. Une mesure similaire avait provoqué un tollé en Angleterre. Mme Conradi estime que les jeunes seront mieux outillés face aux pressions qu'ils pourraient subir, particulièrement à l'adolescence.

L'hypersexualisation dans l'environnement des jeunes doit également être prise en compte, explique pour sa part Rosa Pires du Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel. À défaut d'un cours contrôlé en milieu scolaire, trop de jeunes font leur éducation sexuelle à partir d'Internet et des magazines, fait-elle remarquer.

Remarques
  1. Les cours de sexualité n'ont pas réellement disparu, ils sont intégrés dans les cours de sciences et d'éthique et de culture religieuse (dans la partie « éthique » peu importe si cela contrevient à la culture religieuse de certains élèves que l'on prétend respecter scrupuleusement comme légitime et digne de respect dans la partie « culture religieuse »).
     
  2. Il est ironique (contradictoire ?) de prétendre lutter contre l'hypersexualisation de la société en parlant de sexualité dès le primaire. Mais bon, l'école participe à cette hypersexualisation en affichant sans cesse des messages « de prévention » à connotation sexuelle dans les corridors, toilettes et bibliothèques de la moindre polyvalente québécoise.
     
  3. Un cours de sexualité séparé c'est encore moins de temps pour les matières de base. Déjà qu'ECR est une immense de temps, 10 années pour un contenu « encyclopédique » obligatoire réduit à très peu. Mais bon, on le sait depuis le rapport Quérin, le cours ECR vise à « socialiser » pas à faire passer des connaissances.
     
  4. Quel type de cours de sexualité proposent ces groupes de pression ? Qu'est-ce qu'il manque dans ce qui est donné ? De plus souvent les cours de sexualité sont l'occasion de parler de la « jouissance » qu'il ne faut pas éviter (avec parfois explication de jouets sexuels en classe par une propriétaire de sex shop) ou de la légitimation de l'homosexualité, plutôt que des aspects biologiques et scientifiques ou de la dimension morale dans une optique conforme aux valeurs parentales.
     
  5. Ces groupes de pression n'avancent aucune preuve que la fausse absence de cours de sexualité est la cause de cette recrudescence de maladies vénériennes.
     
  6. L'information transmise à l'école n'est pas seule à influencer les jeunes. Internet, le cinéma, la télé, les magazines, les valeurs véhiculées par les amis et la famille forgent aussi le comportement des jeunes garçons et des jeunes filles.
     
  7. Dans ce sens-là, l'air du temps est à se soucier moins des maladies sexuellement transmissibles. Le sida fait aussi moins peur depuis l'introduction de la trithérapie. Et le nombre d'homosexuels atteint de MTS croît rapidement ces dernières années et tous ces hommes savent pourtant les risques associés à leur comportement.




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