mercredi 25 janvier 2023

Musées anglais — ne dites plus momies mais dépouilles momifiées, momies naturelles ou personnes momifiées

Certains musées en Grande-Bretagne utilisent désormais des mots autres que « momie » pour décrire leurs expositions d’antiques dépouilles égyptiennes. Ils commencent à adopter des termes tels que « personne momifiée » ou à utiliser le nom de l’individu pour souligner qu’ils étaient autrefois des personnes vivantes.

Utiliser un autre terme pour décrire ces restes humains pourrait, selon la BBC, éviter d’évoquer la représentation des momies dans la culture populaire, qui a eu tendance à « saper leur humanité » à travers des « légendes sur la malédiction de la momie » ou qui les décrit comme des « monstres surnaturels ». C’est ce que Jo Anderson, gardienne adjointe de l’archéologie au Great North Museum à Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, a écrit sur son carnet publié en mai 2021 pour expliquer le changement de terminologie de son musée. 



Le British Museum tient à souligner que les restes momifiés étaient autrefois des personnes vivantes.

Bien que les muséologues « cherchent la manière la plus appropriée d’exposer les dépouilles humaines depuis environ 30 ans… en ce qui concerne l’utilisation du mot “momie”, je pense qu’il s’agit d’un problème plus récent », de déclarer Daniel Antoine, gardien du département Égypte et Soudan au British Museum de Londres, à CNN.

« Nous avons des restes humains du monde entier, et nous pouvons varier la terminologie que nous utilisons en fonction de… la façon dont ils ont été préservés. Nous avons des momies naturelles de l’Égypte prédynastique, nous les appellerons donc des momies naturelles parce qu’elles n’ont pas été artificiellement momifiées », a-t-il ajouté.

L’utilisation du terme « dépouilles momifiées » peut encourager les visiteurs à penser à l’individu qui a vécu, ont déclaré les musées à CNN.


Québec — l'échec récompensé : les élèves qui échouent au primaire sautent directement au secondaire

Parce qu’ils ont redoublé au primaire, ils sont exemptés de 6e année et envoyés au secondaire malgré leurs lacunes

Chaque année, plus d’un millier de jeunes qui ont connu des difficultés d’apprentissage passent directement de la 5e année du primaire à la 1re secondaire, qu’ils soient en échec ou en réussite.

Ce qui compte dans ces cas, c’est la loi : le primaire doit se terminer en six ans. * Une échéance peu flexible qui scelle le destin de plusieurs élèves déjà vulnérables en diminuant leurs chances de décrocher un diplôme d’études secondaires.

Par exemple, au centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), parmi les 4578 élèves qui ont fait cette année leur transition du primaire au secondaire, 227 élèves (5,2 %) sont passés directement de la 5e année du primaire au secondaire.

Le fils d’Aurore Chollet devait tomber dans cette catégorie.

Quand son fils était en 5e année, elle a appris que parce qu’il avait redoublé une fois, il sauterait sa 6e année et irait directement au secondaire, dans une classe d’adaptation scolaire pour élèves en difficulté.

Mme Chollet a été sonnée et son fils, bouleversé et médusé d’apprendre qu’il ne terminerait pas son primaire avec ses amis. Comment son déficit d’attention léger qui l’avait fait redoubler en début de scolarité et qui lui valait des notes acceptables, sans plus, pouvait-il maintenant lui faire sauter une année ?

Ça ne le réjouissait pas, pas plus que ses parents.

D’être mis dans une classe à part, hors de la voie normale, c’est difficile pour l’estime de soi.

Aurore Chollet, mère d’un élève ayant eu des difficultés au primaire

L’enseignante est intervenue, « elle s’est battue pour nous, elle a écrit des lettres et elle a obtenu une dérogation ». L’enfant a pu faire sa 6e année.

Il est maintenant en 3e secondaire, au secteur ordinaire (dit régulier). Toujours pas dans les premiers de classe, dit sa mère, mais en cheminant normalement et en rêvant d’être pompier. Une décision aussi déterminante que surprise, dans bien des cas

L’enjeu est de taille : un jeune qui passe directement de la 5e année à la 1re secondaire sera dirigé vers une classe d’adaptation scolaire qui ne le mènera que très rarement à un diplôme d’études professionnelles ou à un diplôme d’études secondaires. Ces classes, bien qu’à effectifs réduits, n’offrent souvent pas des services spécialisés à la hauteur des besoins, notamment à cause de la pénurie de main-d’œuvre. C’est dire que c’est donc là, après la 6e, que l’on sait quels jeunes pourront au mieux aspirer à l’apprentissage d’un métier semi-spécialisé (aide-boucher, aide-cuisinier, préposé à l’entretien) ou risqueront de décrocher.

Il est impossible de quantifier le nombre d’élèves au Québec qui sont dispensés de faire leur 6e année. Le ministère de l’Éducation nous a répondu ne pas avoir de données à nous transmettre sur le sujet. Et seuls 18 des 72 centres de services scolaires ou commissions scolaires ont pu répondre à nos demandes d’accès à l’information et savaient combien de leurs élèves étaient dans cette situation. Ce chiffre oscille entre 1 et 2 % des transitions du primaire au secondaire dans les organisations qui documentent la question.

Souvent, les jeunes qui apprennent au terme de leur 5e année qu’ils passent directement en 1re secondaire « sont contents de ce laissez-passer qu’ils n’attendaient pas », dit David Hamel, président du syndicat qui représente les enseignants du centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys, à Montréal.

Pour ceux qui ont des difficultés d’apprentissage très importantes, l’école n’aurait pas pu faire mieux. Aussi la puberté se pointant, le primaire ne peut pas non plus être allongé indéfiniment (un enfant ne peut d’ailleurs redoubler qu’une seule fois pendant le primaire).

Mais pour d’autres jeunes avec un plus gros potentiel, « le petit coup de pouce supplémentaire non reçu » sera lourd de conséquences, fait observer M. Hamel.

Tout comme lui, Mme Chollet indique que la possibilité que la 6e année ne soit pas faite arrive souvent comme une surprise, aussi bien pour les parents que pour les enfants.

Pourquoi ? Un gestionnaire du système scolaire nous a expliqué que comme la décision se prend au cas par cas et que les écoles changent souvent de directeur, on se contente d’expliquer aux parents ce qui se passera l’année suivante, sans s’embarquer dans toute la suite des choses.

Mme Chollet aurait préféré le savoir. Car quand la pertinence de faire redoubler ou pas son fils a été discutée avec la direction de l’école, si elle avait su que cela pourrait se traduire par une 6e année qui ne se ferait pas, « ça aurait peut-être pesé dans la décision ».

Le CSSDM n’a pas répondu à notre demande de précisions quant aux 227 élèves qui ont eu un laissez-passer cette année.

Des pratiques très variables au Québec

Le parcours des élèves en difficulté au primaire est finalement très variable selon l’endroit où ils habitent au Québec et selon la propension ou pas des centres de services scolaires à multiplier les demandes de dérogation.

Tout à côté, au centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île, à Montréal, un seul élève en 2022 est passé directement de la 5e année du primaire à la 1re secondaire. Ils étaient pourtant 61 dans ce cas 10 ans plus tôt. Pourquoi une telle diminution, voire une quasi-disparition de cette pratique ? Me Valérie Biron, porte-parole de ce centre de services scolaire, répond que la pandémie explique sans doute la volonté plus spécifique depuis deux ans de permettre aux élèves de « terminer leur cycle d’apprentissages ».

Au centre de services scolaire des Laurentides, aucun élève ne passe directement de la 5e année à la 1re secondaire, car, nous répond-on, « cette pratique n’est pas en vigueur dans [l’] organisation ».

Autre particularité de ce centre : tous les élèves en difficulté d’apprentissage sont en classe ordinaire (dite régulière) parce qu’avec les classes d’adaptation, le Centre « avait ainsi l’impression de fabriquer des décrocheurs », explique Julie Lamonde, directrice générale adjointe. (Il existe cependant encore des classes spécialisées pour des enfants handicapés, par exemple.)

Comme partout ailleurs, certains élèves auront des échecs à la fin de la 6e, mais ce centre de services croit à la promotion habituelle, d’année en année, et à une 6e année faite en bonne et due forme. Mme Lamonde dit avoir la chance, souligne-t-elle, de ne pas vivre de pénurie importante de personnel dans son centre.

Au centre de services scolaire de Sherbrooke, 53 élèves sur 1942 ont sauté leur 6e année. Donald Landry, directeur des communications, qui a été enseignant et directeur d’école auparavant, souligne que la décision est laissée entre les mains de l’enseignante. Elle exerce son jugement au cas par cas, une façon de faire qu’il juge préférable, le Centre n’étant pas partisan des « mesures mur à mur ».

Michèle Henrichon, l’enseignante de 6e année de Montréal qui s’est battue pour obtenir une dérogation pour le fils de Mme Chollet, ne cache pas que ses démarches aient fait sourciller, les demandes de dérogation approuvées étant rares au CSSDM.

Pour que l’enfant puisse faire sa 6e année, il faut être certain que cela favorise sa réussite, qu’il passera sa 6e année.

Michèle Henrichon, enseignante de 6e année

Quel élève bénéficiera d’une 6e année ? Pour lequel l’école primaire a-t-elle été au bout de ce qu’elle pouvait faire ? Cela repose souvent sur l’intuition, dit Mme Henrichon, qui dit toujours s’assurer de discuter avec l’élève pour que son souhait fasse partie de l’équation.

Égide Royer, psychologue, professeur et chercheur dont les travaux portent sur les élèves en difficulté, explique que tout cela rappelle l’importance « d’agir tôt », de faire redoubler rapidement un enfant de 1re année qui éprouve des difficultés importantes en lecture plutôt que de repousser le problème, qui ne se réglera pas magiquement.

Tout doit être fait, dit-il, pour éviter de sortir un élève du parcours dit régulier parce qu’une fois en classe d’adaptation au secondaire, très rares sont ceux qui obtiendront leur diplôme d’études secondaires, les objectifs d’apprentissage étant alors à la baisse.

Source : La Presse (de Montréal)


mardi 24 janvier 2023

États-Unis: la Floride interdit les cours d’études afro-américaines à l'école secondaire

Le gouverneur républicain de Floride a annoncé interdire ce cours optionnel qui, selon lui, «endoctrine» les élèves du secondaire.

Aux États-Unis, la fronde des républicains contre l’idéologie woke se poursuit. Ron DeSantis, le gouverneur de Floride, a pris il y a quelques jours une décision qui agite le pays: son administration a décidé d’interdire les cours d’études afro-américaines dans les lycées de l’État. L’information a été diffusée par le ministère de l’Éducation de Floride le 12 janvier. Dans sa lettre, le ministre explique que le cours en question est «contraire à la loi» de l’État et manque «considérablement de valeur éducative» . Une décision confirmée par Ron DeSantis à l’occasion d’une vidéo publiée sur Twitter. Si le rival de Donald Trump admet que «le programme scolaire a besoin d’enseigner l’histoire des Afro-Américains» , il tempère: «en Floride, nous souhaitons de l’éducation et non de l’endoctrinement» . L’élu précise notamment que les «théories queer» ou «l’intersectionalité» risqueraient d’être abordées dans ce cours à des fins politiques.

Ces reproches concernent une matière assez particulière. Depuis 1952, les lycéens américains peuvent accéder à des cours spéciaux dans le cadre du «Advanced Placement Program» (AP). Concrètement, il s’agit d’options proposées aux élèves afin d’étudier en avance des enseignements dispensés à l’université et d’obtenir des crédits universitaires dès le secondaire en passant des examens. Un enjeu pour les lycéens soucieux d’intégrer des établissements très sélectifs.

Un gouverneur qui multiplie les guerres culturelles

Parmi ces cours, celui de «Africain Américain Studies» ( «Études afro-américaines» ) est l’un des plus récents. Et 60 lycées à travers le pays proposent cette matière, encore considérée comme en phase «pilote». Sur le fond, cette matière est pluridisciplinaire et aborde à la fois l’histoire mais aussi les droits civiques, la politique, la littérature, les arts ou la géographique. Rédigé en partie par Henry Louis Gates, professeur à Harvard, le programme est notamment approuvé par le «College Board», une organisation indépendante en charge de ces options. Une certification qui ne suffit pas au gouverneur de Floride, premier État à interdire ce cours et, plus généralement, à interdire une matière dispensée dans le cadre du AP.

Ce n’est pas la première bataille que Ron DeSantis livre aux programmes scolaires. Ces dernières années, celui qui pourrait devenir le prochain candidat républicain à élection présidentielle américaine , a marqué l’opinion publique avec diverses lois. À commencer par celle sur les libertés individuelles, aussi appelée «Loi Stop WOKE» qui restreint les enseignements scolaires sur les questions de genre et de race. Autre exemple: une loi appelée par ses détracteurs «Don’t say gay», qui interdit d’aborder les questions liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre de la maternelle à la troisième année (l’équivalent du CE2 en France).

Source : Le Figaro étudiant


Le Premier ministre japonais : le pays est au bord du gouffre en raison de la baisse du taux de natalité

Le Premier ministre japonais a déclaré que son pays était sur le point de ne plus pouvoir fonctionner en tant que société en raison de la baisse de son taux de natalité. Fumio Kishida a déclaré qu’il fallait agir « maintenant ou jamais ». On estime que le Japon, qui compte 125 millions d’habitants, a eu moins de 800 000 naissances l’année dernière. Dans les années 1970, ce chiffre était supérieur à deux millions. Le Japon compte désormais la deuxième plus forte proportion de personnes âgées de 65 ans et plus au monde — environ 28 % — après le petit État de Monaco, selon les données de la Banque mondiale.


« Le Japon est sur le point de ne plus pouvoir continuer à fonctionner en tant que société », a déclaré M. Kishida aux législateurs. « Concentrer l’attention sur les politiques concernant les enfants et l’éducation des enfants est une question qui ne peut attendre et ne peut être reportée. » Il a déclaré qu’il voulait éventuellement que le gouvernement double ses dépenses pour les programmes liés aux enfants. Une nouvelle agence gouvernementale chargée de se concentrer sur la question sera créée en avril, a-t-il ajouté. Cependant, les gouvernements japonais ont déjà essayé de promouvoir des stratégies similaires, sans succès. En 2020, les chercheurs ont prévu que la population du Japon passerait d’un pic de 128 millions en 2017 à moins de 53 millions d’ici la fin du siècle. La population est actuellement d’un peu moins de 125 millions d’habitants, selon les données officielles. Le pays compte plus de deux fois plus de personnes âgées de 70 à 74 ans (9,436 millions) que de nourrissons de 0 à 4 ans (4,268 millions).

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Le Japon relève l’âge de la retraite à 70 ans [un quart des 128 millions de Japonais ont plus de 65 ans.] Conséquence de la faible natalité depuis 50 ans : le Japon a perdu un demi-million d’habitants en 2019. En ce début d’année 2020, les autorités japonaises craignent une nouvelle récession. Le PIB nippon du dernier trimestre 2019 s’est contracté de 1,6 %.   

Discours malthusien des écologistes qui sévit en Occident et qui préconise de ne pas avoir d’enfants pour sauver la Terre

lundi 23 janvier 2023

Québec — Dégringolade en français écrit à 16 ans

L’examen de français écrit de 5e secondaire s’est mal passé pour bon nombre d’élèves l’an dernier : dans certains centres de services scolaires, près de la moitié des jeunes y ont échoué, montrent les chiffres obtenus par La Presse. Presque partout au Québec, le taux d’échec est en forte hausse. « C’est vraiment alarmant », dit une professeure.

L’examen de français écrit que doivent passer tous les élèves de 5e secondaire (16 ans) était de retour en juin dernier, après avoir été annulé deux ans de suite en raison de la pandémie.

Entre 2019 et 2022, les taux de réussite des élèves ont baissé dans tous les centres de services scolaires au Québec, sauf six. À plusieurs endroits de la province, la chute est marquée, montrent les données obtenues auprès du ministère de l’Éducation à la suite d’une demande d’accès à l’information. 

 

Au centre de services scolaire [ancienne commission scolaire] du Fleuve-et-des-Lacs, dans le Bas-Saint-Laurent, par exemple, le taux de réussite à l’épreuve de français était de seulement 50,5 % en 2022, contre 82,9 % en 2019.

À Montréal, seuls 59,1 % des élèves du centre de services scolaire [CSS] Marguerite-Bourgeoys ont obtenu la note de passage en juin dernier. Ce taux était de 72,9 % trois ans plus tôt.

Le scénario se répète à Longueuil, où 60 % des jeunes du CSS Marie-Victorin ont réussi l’examen de 2022, une baisse de 16 points de pourcentage par rapport à 2019.

« C’est vraiment alarmant », dit Isabelle Plante, professeure au département de didactique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Les épreuves uniformes, c’était l’outil de mesure avant la pandémie, rappelle-t-elle.

On cible des attentes minimales requises. Ce qu’on voit, c’est qu’une forte proportion des jeunes ne l’[les] atteint pas.

Isabelle Plante, professeure au département de didactique à l’UQAM

La professeure ajoute qu’il « y a lieu de se questionner ». Les élèves qui étaient déjà en difficulté sont ceux « qui ont dû basculer et qui sont en échec », avance Mme Plante.

« Dans les centres de services, ça a dû les secouer. Quand ils voient ces résultats-là, ils ne sont pas bien », dit pour sa part Nicole Monney, professeure au département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Au ministère de l’Éducation, on dit avoir observé « une baisse des résultats en français, langue d’enseignement » qui « varie d’un milieu à l’autre ».

« Le Ministère est préoccupé par cette situation », écrit son porte-parole Bryan St-Louis.

« On va espérer que ça se replace »

Contrairement à ce qui prévalait avant la pandémie, l’épreuve comptait pour 20 % de la note finale en français plutôt que 50 %. Malgré une baisse marquée du taux de réussite à cette épreuve, 87,1 % des élèves ont néanmoins réussi leur cours de français de 5e secondaire en 2022.

Doit-on comprendre que les enseignants ont généreusement noté leurs élèves ?

Je pense que les enseignants ont fait leur travail, mais si ça avait compté pour 50 %, on aurait eu un taux d’échec plus grand [en français].

Nicole Monney, professeure au département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Chicoutimi

Se pourrait-il alors qu’ils aient fait moins grand cas de l’examen en raison de sa plus faible pondération ? « On ne peut pas évacuer cette possibilité, mais 20 %, c’est assez pour stimuler et mobiliser les jeunes », explique Isabelle Plante.

Quoi qu’il en soit, l’an prochain, « si on est dans les mêmes chiffres, on aura un problème », dit Mme Monney.

« On va espérer que ça se replace », souffle Isabelle Plante.

L’effet « dévastateur » de la pandémie

La spécialiste de l’enseignement du français Suzanne-G. Chartrand attribue la baisse du taux de réussite à la pandémie. « Ça a eu un effet dévastateur », dit Mme Chartrand.

« Il y avait des élèves qui n’étaient vraiment pas bons et qui ont réussi à passer de la 3e à la 4e, à la 5e secondaire », poursuit-elle. Après deux ans de pandémie, les élèves « sont plus mauvais, parce qu’ils n’ont pas fait les apprentissages et pas eu à faire le travail qu’ils faisaient tous les jours », dit-elle.

Tous les profs que je connais disent qu’essayer de faire lire le moindre texte aux élèves, c’est la croix et la bannière. Ils ne sont pas habitués : ils lisent un paragraphe, on leur demande ce qu’ils ont lu et ils ne s’en souviennent pas.

Suzanne-G. Chartrand, spécialiste de l’enseignement du français

Certains élèves n’ont pas écrit pendant la pandémie, rappelle Isabelle Plante. « Ils étaient beaucoup sur les ordis, sur les outils technologiques. Pour certains, ç’a été difficile de revenir », illustre la professeure.

À de rares endroits au Québec, on a échappé à la dégringolade généralisée. C’est le cas aux Îles-de-la-Madeleine, où les élèves ont fait passer leur taux de réussite de 95,3 % en 2019 à 95,5 % en 2022.

« C’est vraiment incroyable. Il y a peut-être eu moins d’absentéisme, moins de maladie, ce qui pourrait expliquer que les enseignants ont été en mesure de plus faire leur travail auprès des élèves », avance Nicole Monney.

Source : La Presse

jeudi 19 janvier 2023

Au Danemark, la maîtrise des flux migratoires fait consensus

La Fondapol publie une note sur cette nation où la gauche s’est convertie à la maîtrise des flux migratoires.

Une note du réseau pensant Fondapol détaille la politique migratoire menée par le Danemark depuis vingt ans, sous des gouvernements de droite et de gauche. Faite de restrictions et d’intégration, cette politique a eu pour conséquences la baisse de l’immigration et l’effondrement de l’extrême droite dans les urnes.

Ceux qui ont vu la série Borgen le savent peut-être. À Copenhague, Borgen, le château de Christiansborg, abrite à la fois le Parlement, le Premier ministre et la Cour suprême. Est-ce cette proximité géographique qui pousse à la culture du compromis ? Pour un Français, les aventures de Birgitte Nyborg sont exotiques, et pas seulement parce que la Première ministre danoise, héroïne de la série, se déplace à vélo, mais parce que la dirigeante centriste dialogue sans tabous aussi bien avec l’extrême gauche qu’avec l’extrême droite. Chose inimaginable en France, le Danemark a développé une politique du compromis, y compris sur le plus brûlant des sujets contemporains, l’immigration. « Une fermeture consensuelle », c’est d’ailleurs le titre de la note fouillée que consacre la Fondation pour l’innovation politique (réseau pensant libéral) à l’un des pays européens les moins ouverts à l’immigration. Depuis vingt ans le Danemark poursuit la même politique, initiée par la droite à son arrivée au pouvoir en 2001 et jamais remise en cause, et même poursuivie par la gauche sociale-démocrate.

 
Cette politique se caractérise par la réduction draconienne des flux migratoires, un programme d’intégration exigeant, un accès à la nationalité rendu difficile et, désormais, la volonté de recourir à un pays tiers extra-européen pour le traitement des demandes de visas.

Membre de L’UE, de l’espace Schengen et de la CEDH, le Danemark a réussi à mener sa politique singulière après avoir négocié une série de dérogations (options de retraits, aussi appelées, op-out) aux traités européens. Ce qui permet aux Danois de traiter juridiquement les ressortissants de pays tiers selon leurs propres règles.

 

La politique danoise est restrictive à tous les stades du processus d’immigration : de l’arrivée sur le territoire à l’installation en passant par l’accès aux allocations, au travail et au logement. La politique d’intégration y est vigoureuse. La naturalisation est conditionnée au passage d’un test de langue et de connaissance de l’histoire et de la société danoise. Toute peine de prison, même avec sursis, empêche définitivement l’accès à la nationalité danoise. Les biens des demandeurs d’asile peuvent être confisqués pour couvrir les frais de procédure et d’hébergement. Des plans antighettos prévoient notamment des sanctions plus élevées dans certaines zones du territoire caractérisées par un fort taux de délinquance et d’immigration. Cette politique de restriction s’accompagne d’une politique de dissuasion. Des incitations, sous forme de contraintes (arrêt des prestations sociales, prison) ou d’indemnités poussent au retour volontaire les déboutés du droit d’asile. En 2015, au plus fort de la crise des migrants, le gouvernement a même acheté des emplacements publicitaires publiés dans les journaux libanais où sont détaillées les nouvelles règles s’appliquant aux réfugiés : réduction de 50 % des aides sociales accordées aux nouveaux réfugiés et instauration d’un délai d’un an avant de pouvoir demander le regroupement familial.

Cette politique draconienne a eu deux effets notables :

  • D’abord, l’effondrement des flux. L’immigration a diminué de 28 % entre 2014, année précédant la crise des réfugiés, et 2019, année précédant la crise sanitaire. Le nombre total des demandes d’asile a chuté de 82 %, passant de 14 792 à 2 716, pour un pays de 5,8 millions d’habitants. Si on appliquait ce ratio à la France, nous n’accueillerions que 31 000 demandes d’asile par an, contre 132 000 en 2019.
  • Ensuite l’effondrement du parti du peuple danois, — l’équivalent du Rassemblement national — qui a enregistré en 2022 son plus mauvais résultat de son histoire (2,6 % des voix). « L’effondrement électoral des populistes est la conséquence de leur victoire idéologique », note la Fondapol.

Le 1er novembre 2022, lors des élections législatives, le parti social-démocrate a été reconduit à la tête du pays, encore mieux élu qu’en 2019. Un mois plus tôt en Suède, pays voisin au modèle social similaire, c’était la droite et l’extrême droite qui l’emportaient. La différence ? Au Danemark, la gauche s’est rangée à la politique d’immigration répressive depuis 2015 et la crise des réfugiés. La Première ministre, Mette Frederiksen, a pourtant commencé à l’aile gauche du parti social-démocrate. Elle a changé brutalement de position, après avoir constaté lors de son passage comme ministre du Travail puis ministre de la Justice, les failles de la politique d’intégration. Un virage idéologique unique en son genre qui pourrait, selon Dominique Reynié, directeur de la Fondapol, être une source d’inspiration pour la gauche européenne.

D’aucuns avanceront les différences abyssales entre la France et ce petit royaume de 6 millions d’habitants enclavé dans le nord de l’Europe qui n’a eu aucune colonie et affiche un sérieux budgétaire éclatant. Justement le Danemark a au moins un point commun avec la France : l’État-providence. Et c’est au nom de la défense de ce modèle social que la classe politique danoise s’est unie sur la question migratoire. Il s’agit bien selon la formule employée par les auteurs de la note, d’un « nationalisme social assumé au nom de l’État-providence ».


mardi 17 janvier 2023

« Choisir entre l’État-providence et l’ouverture des frontières »

Entretien avec  Dominique Reynié (ci-dessous) publié dans le Figaro. Professeur à Sciences Po, ses travaux portent sur les grands enjeux de société ; politiques, économiques et sociaux. Il travaille notamment sur l’opinion publique européenne, le populisme, ou encore la raison d’État. Il est à l’origine de la notion de « populisme patrimonial ». Depuis octobre 2008, il est directeur général de la Fondapol, un réseau pensant ou fondation politique libérale.

LE FIGARO. — Vous avez intitulé votre note sur la politique migratoire du Danemark « Une fermeture consensuelle ». En quoi consiste ce « consensus » ?

Dominique REYNIÉ. — D’abord, la raison de cette politique est on ne peut plus consensuelle. Les Danois ont entrepris de maîtriser l’immigration afin d’assurer la pérennité de leur État-providence, en préservant les ressources économiques et les valeurs sur lesquelles il repose. Ils ont décidé une réduction drastique des flux migratoires, un programme obligatoire et exigeant d’intégration des migrants, un accès à la nationalité devenu impossible sans une réelle motivation et le recours aux services d’un pays tiers extra-européen pour le traitement des demandes de visas.

— En effet, le Danemark a mis en place l’externalisation de la gestion de l’asile à un pays tiers, idée reprise au Royaume-Uni à travers le projet Rwanda. Cette solution pourrait-elle être aussi reprise par la France ?

— C’est une option sérieuse, d’autant plus que les solutions ne sont pas nombreuses. Le débat sur l’externalisation a pris de l’ampleur depuis la crise des réfugiés de 2015. Les sociaux-démocrates danois ont fait adopter une loi d’externalisation le 3 juin 2021. Au Royaumeuni, cette solution vient d’être validée (19 décembre 2022), par la Haute Cour de justice, à la grande satisfaction du gouvernement de Rishi Sunak, très en pointe sur ce sujet. Je relève que les juges britanniques n’ont pas estimé qu’il y avait violation des engagements du Human Rights Act de 1998, lequel incorporait dans le droit britannique la convention européenne des droits de l’homme. En 2016, l’Europe [l’Union européenne] a passé un accord avec la Turquie qui, s’il n’est pas comparable à la loi danoise, relève bien d’une stratégie d’externalisation. Il en va de même de l’accord bilatéral entre l’Italie et la Libye.

— Quelles sont les grandes différences entre la politique d’intégration danoise et celle menée en France ?

— Notre système d’intégration fonctionne mal depuis longtemps et malgré le travail remarquable des associations et des bénévoles. Les formations linguistiques et d’instruction civique restent légères et la vérification des acquis est fondée sur la présence plus que sur la réussite de tests. Les progrès qui ont été faits, notamment à la suite du rapport Karoutchi de 2017, et les mesures décidées par le gouvernement d’Édouard Philippe, ne nous mettent pas au niveau des politiques danoise ou allemande. Au Danemark, il existe un parcours de formation très exigeant, donnant lieu au contrôle précis des connaissances requises, pour la maîtrise de la langue, pour l’appropriation des valeurs culturelles et les compétences professionnelles. On exige également la capacité de subvenir à ses besoins, c’est-à-dire de ne pas dépendre des systèmes sociaux. Mais l’efficacité de la politique danoise d’intégration doit beaucoup en amont au choix de régler l’immigration sur les besoins économiques danois, ce qui favorise évidemment l’intégration de ceux qui sont acceptés. En France, cette logique d’immigration économique, qui était la nôtre initialement, a été abandonnée, de fait, au profit d’une immigration de regroupement familial, qui est sévèrement restreinte au Danemark. Il faut aussi ajouter le rôle de la politique pénale danoise dans ce parcours d’intégration, le système ingénieux de lutte contre la ghettoïsation ou encore la très forte implication des communes dans la formation et le suivi des immigrés, dans le cadre d’un contrat avec l’état, des entreprises…

— Le Danemark appartient à l’Union européenne et à l’espace Schengen. Est-ce à dire que l’on peut très bien agir dans le cadre des institutions européennes ?

Comment ne pas répondre oui, puisque les Danois l’ont fait ? Mais cela suppose certaines circonstances. Lors du vote sur le traité de Maastricht, les Danois ont d’abord rejeté le texte, par référendum. C’est alors que leur gouvernement a obtenu un statut dérogatoire. Ils ont ensuite organisé un second référendum, les Danois adoptant finalement le traité de Maastricht. En dehors d’un contexte de ce type, je comprends que l’on soit sceptique ou que l’on dise que l’opération est techniquement difficile. Mais, le défi migratoire est un enjeu majeur, existentiel, et on voit pourtant que l’Union européenne ne montre pas la même motivation que dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’évolution des problèmes migratoires va amener les États membres à reprendre la main, sous la pression des électeurs. Ce qui est réputé difficile techniquement est pourtant absolument nécessaire politiquement. Les États doivent en faire rapidement un grand chantier commun. Pense-t-on qu’ils ne le feront pas ? L’Européen que je suis n’envisage pas la survie de l’Europe sans une réponse au défi migratoire correspondant peu ou prou à l’esprit de la politique danoise.

— Le trait le plus frappant de votre étude est la mutation de la gauche danoise. Comment s’est faite son évolution sur la question migratoire ?

Les conditions du redressement électoral du parti social-démocrate danois sont emblématiques de l’unique chemin qui s’offre à la gauche européenne si elle veut ne pas disparaître corps et âme, si elle souhaite non seulement survivre, mais encore préserver son opus magnum historique qu’est l’État-providence.

En 1998, lors des élections législatives, le parti social-démocrate danois est en tête, avec 36 % des suffrages, loin devant la droite du Parti libéral (24 %). Puis c’est le déclin. En 2011, les sociaux-démocrates sont à 24,8 %, le Parti libéral est en tête (26,7 %), les populistes du Parti du peuple danois atteignent 12,3 %, contre 7,4 % en 1998. Issue de l’aile gauche du parti social-démocrate, la Première ministre actuelle, Mette Frederiksen, a pris la direction du parti en juin 2015, avec une stratégie fondée sur un rapport interne montrant que l’effondrement électoral des sociaux-démocrates était la conséquence de leur hostilité aux politiques d’immigration restrictives. Le document préconisait un virage complet en la matière, ce qu’a fait Mette Frederiksen, remportant le parti, puis les élections de 2019 comme celles de 2022, provoquant l’effondrement du parti populiste.

— La diabolisation de la question migratoire n’est-elle pas moins forte au Danemark du fait de l’histoire ? À l’inverse, ne s’explique-t-elle pas en France par notre rapport au passé, à la fois celui de la Seconde Guerre mondiale et de l’empire colonial ?

L’histoire joue toujours un rôle. Mais la raison la plus importante tient à une différence de méthode. Les Danois décrivent la réalité du problème considéré avec une objectivité et une transparence exemplaires. Dans notre étude, nous publions des exemples de données que chaque Danois peut consulter, en un clic : les faits de violence selon le pays d’origine de leurs auteurs, le taux d’emploi des personnes ou la part des bénéficiaires de l’aide sociale selon l’origine, etc. En France le tabou sur les « statistiques ethniques » empêche toute visibilité réelle sur ce sujet.

Le citoyen français est dans l’impossibilité d’accéder à de telles données, comme si elles n’étaient pas utiles au débat. De plus, et comme sur tant de sujets, le débat français sur l’immigration met en avant le critère de la moralité des intentions, en ne considérant presque jamais la moralité des résultats. Une bonne intention est jugée morale, même si ses résultats sont désastreux. Enfin, l’existence de contraintes financières semble absente de nos considérations en matière d’immigration, alors que leur prise en compte est un pilier de la politique danoise. Nous sommes bien plus idéologues.

— Vous faites dans votre étude un lien entre État-providence et homogénéité culturelle. En quoi sont-ils liés ?

Il est établi, au moins dans les sociétés démocratiques, qu’il existe un lien entre l’avènement du multiculturalisme et la montée de la défiance interpersonnelle, finissant par remettre en cause l’adhésion à l’État-providence. L’une des raisons avancées pour expliquer l’absence d’un État-providence aux États-Unis réside dans les différences ethnoculturelles entre les groupes composant la société. Accepter que l’état prélève une part de vos revenus pour la redistribuer au profit d’autres personnes suppose de reconnaître les autres personnes comme des membres de la même communauté. C’est le consensus fondamental. À la suite du politologue italien Giovanni Sartori, distinguons entre le consensus comme acceptation ponctuelle et formelle, par exemple un vote, et le consensus comme accord diffus, tenant à des valeurs, des idées que nous avons en partage, qui nous lient intimement les uns aux autres dans une compréhension mutuelle immédiate. En ce sens, le consensus est la condition de toute communauté.

Robert D. Putnam a montré qu’une forte augmentation de l’immigration entraîne un multiculturalisme, provoquant une érosion de la solidarité, plus globalement de ce qu’il nomme le « capital social », dont la confiance est l’élément clé. Il est d’autant plus facile de faire confiance et de coopérer que la distance sociale qui sépare les individus est moindre. Lorsque cette distance est faible, un sentiment d’identité commune est possible, aider l’autre devient aider un membre de ma communauté. À l’inverse, plus la distance est grande, plus les personnes se perçoivent comme appartenant à des mondes différents. Dans ce cas, l’idée d’être contraint de contribuer à un système de solidarité devient problématique.

Les phénomènes migratoires agissent puissamment dans le sens d’une érosion des identités et des solidarités sociales. Putnam a montré que dans les quartiers multiculturels les habitants ont tendance à se replier sur eux-mêmes quelles que soient les origines, que la confiance interpersonnelle y est plus faible et même envers les personnes de son propre groupe d’appartenance, que l’altruisme et la coopération y sont plus rares. Finalement, les Danois nous aident à comprendre qu’il n’y a que deux grands choix possibles, l’État-providence, mais alors sa soutenabilité financière appelle une politique migratoire restrictive et fortement intégratrice, ou bien l’ouverture des frontières, mais alors sa soutenabilité implique une politique renonçant à toute solidarité systémique. Choisissons, mais sachons qu’il est impossible de combiner l’ouverture et la générosité.

Source

 


samedi 14 janvier 2023

Trahis par leur orthographe et grammaire trop parfaites : 50 % des devoirs en maîtrise rédigés par une intelligence artificielle

Nombre de mots, syntaxe, anecdotes, grammaire et orthographe… De nombreuses similitudes ont alerté cet enseignant qui n’en revient pas. Le phénomène de recours à cette intelligence artificielle pourrait être généralisé.


C’est un devoir maison dont les copies étaient beaucoup trop ressemblantes. Stéphane Bonvallet, professeur à la fac de Lyon (Rhône) a remarqué que la qualité des devoirs rendus par ses élèves de maîtrise a changé, rapportent nos confrères du Progrès.

En recoupant les similitudes dans la rédaction, les réponses, les anecdotes utilisées par les copies des élèves, il a pu démasquer une grande opération de triche puisque 50 % des copies étaient rédigées par l’intelligence artificielle ChatGPT. Si les copies n’étaient pas exactement identiques, 7 des 14 élèves de cet enseignant d’université en handicapologie se recoupaient. Ils devaient répondre au sujet : « Définir les grands traits de l’approche médicale du handicap en Europe ».

« Il ne s’agissait pas de copier-coller. Mais les copies étaient construites exactement de la même manière, raconte-t-il au Progrès. On y retrouvait les mêmes constructions grammaticales. Le raisonnement était mené dans le même ordre, avec les mêmes qualités et les mêmes défauts. Enfin, elles étaient toutes illustrées par un exemple personnel, relatif à une grand-mère ou un grand-père… Il semblait donc évident que ces copies n’étaient pas normales ».

Le phénomène serait global

Après avoir écarté la thèse d’un plagiat d’un site Internet, Stéphane Bonvallet admet toutefois ne pas avoir « tout de suite compris de quoi il s’agit ». Il compte le même nombre de mots dans les réponses et aussi « très peu de fautes d’orthographe, très peu de fautes de grammaire, ce qui correspond peu à la réalité », glisse-t-il à France Inter.

Il a alors décidé de questionner l’une de ses élèves, dont le devoir rendu était suspect. L’embarras de son visage l’a poussé à tout confesser. « Elle m’a avoué que 50 % des élèves de la classe s’étaient servi de l’intelligence artificielle ChatGPT pour rédiger leur copie. Apparemment, ils s’étaient passé le mot sur les réseaux sociaux ».

Il dit être alors tombé des nues, « n’ayant jamais pensé cette intelligence artificielle capable d’être aussi performante (…) notamment en rédigeant un devoir qui méritait la note moyenne ». Ne trouvant pas de sanction évoquant cette possibilité dans le règlement de l’université, il a décidé de mettre la même note de 11,75 aux sept élèves concernés.

Il dit avoir averti la direction à qui il a remis les copies. Une « enquête » a été ouverte. « Cette pratique pose un véritable problème d’intégration des savoirs, car les élèves n’ont plus besoin d’effectuer la moindre recherche pour composer », s’inquiète Stéphane Bonvallet. D’autant plus qu’après avoir échangé de cette nouvelle « triche » avec ses collègues, beaucoup l’ont assuré avoir à faire à des « copies louches » depuis plusieurs semaines. Les lycées seraient notamment les plus exposés. « Je ne sais pas comment cela va se régler. Mais il va falloir trouver rapidement une solution… », termine l’enseignant.

Source : Le Parisien


jeudi 12 janvier 2023

L'avenir de la planète n'est en rien catastrophique

Pour Tim Newark de l’Express, le sinistrisme ambiant n’est en rien justifié.

[…] Pour beaucoup, une légère récession est l’occasion d’investir. Le plus gros problème auquel nous sommes confrontés est celui des politiciens trop zélés qui interviennent pour mener une bataille tout en créant des problèmes pires pour nous tous.

Le nombre de morses augmente en Arctique (Svalbard), « on » n’en parle pas

Nous l’avons vu dans la réponse à Covid, car des blocages ruineux [et des masses d’argent créées] ont déclenché l’inflation et contribué à un excès de décès supérieur à la normale — un millier de plus par semaine depuis mai [En Angleterre]. De la même manière, la politique de la neutralité carbone introduite pour lutter contre le changement climatique entraîne déjà des coûts énergétiques exorbitants, tout en ignorant la richesse de l’énergie carbonée sous nos pieds.

Comme pour les confinements, ce remède peut être pire que le mal.

« Toute tentative de sauver la planète en appauvrissant les masses ne peut qu’échouer », déclare Kallum Pickering, économiste à la Berenberg Bank. « La dure réalité est que des années d’étranglement de nos propres industries énergétiques, en interdisant la fracturation hydraulique au Royaume-Uni ou la dépendance excessive de l’Allemagne à l’égard de la Russie, [nous ont] rendus inutilement vulnérables. [Rien n’obligeait l’Union européenne à se lancer dans des sanctions antirusses, si ce n’est son alignement (sa sujétion ?) avec les intérêts géostratégiques des États-Unis tels que conçus par le Pentagone.]

D’autant plus que quelques scientifiques courageux osent maintenant défier le consensus sur le changement climatique d’une catastrophe imminente.

Prétendant qu’il y a des failles dans les modèles de changement climatique, le professeur de sciences de l’atmosphère, le Dr John Christy, ne considère pas l’augmentation du CO2 comme un problème.

“Le dioxyde de carbone fait pousser les choses”, dit-il. “Le monde avait cinq fois plus de dioxyde de carbone qu’aujourd’hui. Les plantes adorent ce genre de choses. Cela crée plus de nourriture. Le CO2 n’est pas le problème.

Des scientifiques danois ont récemment découvert qu’il y a deux millions d’années, le Groenland était de 10 à 17 degrés plus chaud qu’aujourd’hui et abritait des écosystèmes luxuriants. Aujourd’hui, le paysage autrefois rude du Sahel au sud du Sahara — qui abrite des sécheresses et des famines meurtrières — verdit en partie grâce au réchauffement climatique.

Les images satellites révèlent plus de végétation et d’arbres dans des endroits autrefois inhospitaliers, avec des familles retournant cultiver des terres plus vertes et des récoltes en hausse de 70 % dans certaines régions.

C’est notre modernité même qui nous permet de vivre plus longtemps et en meilleure santé.

‘Il ne fait absolument aucun doute que l’énergie carbonée [nous] offre une vie plus longue et meilleure’, déclare le Dr Christy.

L’analyste du changement climatique Bjorn Lomborg est d’accord, concluant que beaucoup moins de personnes meurent des catastrophes naturelles liées au climat à mesure que de plus en plus de pays se développent.

‘Malgré des rapports climatiques haletants’, dit-il, ‘environ 98 % de moins de personnes sont mortes en 2022 qu’il y a cent ans à la suite de catastrophes naturelles liées au climat comme les inondations, les sécheresses, les tempêtes, les incendies de forêt et les températures extrêmes’.

Lomborg ajoute : ‘Dans les années 1920, le nombre de décès dus aux catastrophes liées au climat était de 485 000 en moyenne chaque année. Au cours de la dernière décennie complète, 2010-2019, la moyenne était de 18 362 morts par an.

Chaque mort est une tragédie, mais la capacité de survie de la race humaine s’améliore clairement.

‘Pourquoi cela n’est-il pas systématiquement signalé ?’ il se demande. Se pourrait-il que les politiciens aiment une bonne crise pour pouvoir dépenser des milliards de livres des contribuables pour nous sauver ?

Et il n’y a pas de meilleur désastre que la fin du monde, n’est-ce pas ? […]

mercredi 11 janvier 2023

Le Canada souhaite envoyer en stage de rééducation son intellectuel le plus connu (livres publiés en 45 langues)

L’auteur des 12 règles pour une vie et des 12 nouvelles règles pour une vie, défenseur de la jeunesse masculine et pourfendeur des wokistes, est sommé par l’Ordre des psychologues de l’Ontario de se soumettre à une formation à l’étiquette des médias sociaux. S’il refuse, il pourrait perdre sa licence de psychologue clinicien professionnel.

Le psychologue et philosophe canadien Jordan Peterson, ancien professeur à l’Université de Toronto, est depuis dix ans l’un des intellectuels anglophones les plus influents dans le monde. Peterson est parti à la retraite en 2021 mais garde le titre de professeur émérite. Révélé par ses cours et ses conférences ayant cumulé des millions de vues sur YouTube, ses livres sont des best-sellers traduits dans 45 langues et les télévisions des deux côtés de l’Atlantique se disputent des entretiens avec lui.

Il doit sans aucun doute son succès à son discours percutant et néanmoins bienveillant à l’égard d’une jeunesse complètement déboussolée.

Assumant un certain conservatisme modéré, il invite les jeunes nord-américains à mieux assumer leurs responsabilités et à donner la priorité à la construction d’une vie d’adulte solide et pacifiée. De nombreux jeunes hommes et jeunes femmes affirment que la philosophie de Jordan Peterson leur a quasiment sauvé la vie, en les sortant du chaos dans lequel ils s’étaient laissés entraîner par un environnement nihiliste.

Ne tirez pas sur le prof moqueur

Bien sûr, son discours politiquement incorrect n’est pas du goût de tous les étudiants des campus américains, en particulier les plus radicalisés, qui voient dans sa défense des valeurs traditionnelles une propagande réactionnaire et sexiste. Certains de ses cours et conférences ont été véritablement pris d’assaut et bloqués par des jeunes militants d’extrême-gauche, que l’on surnomme aux États-Unis les SJW (Social Justice Warriors ; les guerriers de la justice sociale). Une réalisatrice d’Hollywood, Olivia Wilde, s’est même inspirée de Peterson pour créer le méchant de son film : un professeur masculiniste à l’influence néfaste…

Son éloquence exigeante, son empathie décomplexée et son calme à toute épreuve en ont rapidement fait l’un des adversaires les plus coriaces de l’Amérique ultra-progressiste devenue folle.

Très sévère depuis des années sur la destruction des valeurs fondamentales de l’Occident par le relativisme woke, le discours de Jordan Peterson s’est dernièrement durci contre la gestion de la pandémie par les autorités canadiennes et en particulier contre le chef de file charismatique de l’autoritarisme mièvre, le Premier ministre Justin Trudeau.

Pays autrefois connu pour sa tolérance et son esprit de liberté, le Canada est devenu durant la pandémie l’un des États les plus stricts et brutaux dans l’application des mesures sanitaires. Le confinement des lieux publics en Ontario aura duré 382 jours, soit l’un des plus longs au monde.

Jordan Peterson a très vite apporté son soutien au convoi des camionneurs canadiens se réunissant à Ottawa pour réclamer la fin des mesures liberticides. Il dénonce régulièrement et de manière virulente le mépris des élites mondialistes à l’égard des peuples qu’ils gouvernent.

Camp de rééducation pour prof réac

Il ne lui en fallait guère plus pour être dans la ligne de mire des petits soldats de la cancel culture. Son compte Twitter fut supprimé sous l’ancienne direction du réseau social pour un tweet critiquant l’irresponsabilité de l’actrice transgenre Ellen Page (devenue Elliot Page) faisant la promotion de son ablation des seins effectuée lors de son changement de sexe. Le compte fut récemment « rouvert » avec tant d’autres par l’équipe d’Elon Musk, fraîchement arrivée à la tête de Twitter.

Les attaques proviennent à présent de son propre sérail: l’Ordre des Psychologues de l’Ontario, une faculté qui prépare à la licence de psychologie, menace Jordan Peterson de lui retirer la sienne [la lettre envoyée par l'Ordre est ici] s’il refuse de suivre (tenez-vous bien) une formation à l’éthique sur les réseaux sociaux… Une sorte de camp de rééducation pour intellectuels nouvelle génération, qui aura au moins l’avantage canadien d’être dans une pièce bien chauffée…

Les dernières prises de position de l’intellectuel médiatique ne sont visiblement pas du goût de l’institution qui lui a délivré sa licence et qui n’hésitera pas à détruire la carrière de Peterson d’une simple signature si d’aventure il décline leur formation au formatage. Ce dernier a reçu une lettre disciplinaire l’invitant à « revoir, réfléchir et améliorer son professionnalisme dans ses déclarations publiques ».

Les sociétés savantes nord-américaines continuent ainsi leur lente descente aux enfers, en courbant l’échine devant leurs membres les plus fanatisés et en adoptant une politique inquisitrice à l’égard des professeurs et praticiens sortant du cadre quand elles devraient, au contraire, promouvoir le débat, la contradiction rationnelle et la perpétuelle remise en question des idées reçues. Peterson a affirmé sur Twitter son « refus de se conformer », ce qu’il a fait en déposant une demande de révision judiciaire auprès de la Cour divisionnaire de l’Ontario. Si Jordan Peterson se voit retirer sa licence à cause de la virulence de ses opinions politiques, nous aurons autorisé l’Occident à censurer les intellectuels qui dérangent et à les rééduquer pour rentrer dans le rang. Pourra-t-on toujours parler d’Occident ?

Source : Causeur

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 Florilège Jordan Peterson (vidéos sous-titrées en français) 

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Parution en français de Douze règles pour une vie de Jordan Peterson (son précédent livre)

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