lundi 12 août 2019

Le Bosco : hebdomadaire consacré à l'enseignement catholique indépendant

On nous annonce le lancement du Bosco. Le premier hebdomadaire entièrement consacré à l'enseignement catholique indépendant va sortir son premier numéro en septembre 2019. Tenez-vous au courant et inscrivez-vous à la liste de diffusion !

vendredi 9 août 2019

Bureaucratie et monopole de l'éducation : enseignant chevronné doit faire 600 heures de stages ou perdre son poste

Le ministère de l’Éducation du Québec veut qu’il fasse 600 heures de stages, alors qu’il enseigne déjà depuis 2003.

Le ministre Jean-François Roberge a déposé en juin un projet de règlement qui vise notamment une « meilleure reconnaissance des acquis expérientiels ». Reste à savoir si les modifications s’appliqueront aux profs du primaire et du secondaire.

Jean-Pierre Racine adore enseigner aux élèves qui ont des difficultés ou susceptibles de décrochage. S’il perd son poste, il sait qu’il pourrait enseigner ailleurs, mais peut-être pas auprès de cette clientèle, craint-il.

Un prof d’expérience craint de perdre son poste dans une école secondaire en raison d’un blocage bureaucratique dans son parcours universitaire, alors que les écoles sont en pleine pénurie de personnel.

Jean-Pierre Racine, 49 ans, enseigne à temps plein les sciences et les math depuis 15 ans au secondaire dans les Laurentides.

Cet automne, il pourrait perdre le poste qu’il aime tant dans une école de Lachute parce qu’il n’est pas suffisamment avancé dans sa formation universitaire en enseignement, selon les balises du ministère de l’Éducation.

Le cœur du blocage : on lui demande de réaliser au moins 600 heures de stage, alors qu’en 15 ans, il a cumulé plus de 21 000 heures en classe, notamment comme prof titulaire.


Il lui semble donc peu pertinent de faire des stages portant, par exemple, sur comment gérer une classe quand la cloche sonne, illustre-t-il en riant.

« Ça prend quoi comme expérience ? Je vais être à la retraite avant d’avoir mon brevet [si ça continue] », ironise-t-il.

MAÎTRISE

Géophysicien de formation, M. Racine n’avait pas fait d’études en enseignement quand il a réalisé qu’il aimerait transmettre sa passion pour la science aux adolescents. La Commission scolaire de la Rivièredu-Nord l’a embauché en 2003 grâce à une « tolérance d’engagement », autorisation qui doit être régulièrement renouvelée.

Afin d’obtenir son brevet en bonne et due forme, M. Racine a décidé de faire une maîtrise qualifiante à temps partiel, tout en enseignant le jour. Il s’est donc inscrit à l’UQAM vers 2008, puis à l’Université de Montréal.

Il a alors suivi plusieurs cours pertinents. « J’ai trippé sur mes cours de psycho », illustre-t-il.

Dès 2012, il a commencé à faire des démarches auprès des deux universités pour que son expérience soit reconnue et créditée à la place des stages. Il a donc fourni de nombreuses lettres de supérieurs témoignant de sa compétence (voir autre texte).

Or, il n’existe aucune « mesure » permettant aux universités de reconnaître l’expérience des profs chevronnés pour leur éviter d’avoir à faire les stages obligatoires, indique Esther Chouinard, des relations de presse du ministère.

SITUATION ABSURDE


Concrètement, M. Racine pourrait réaliser son stage dans l’école où il enseigne déjà. Il lui faudrait alors être supervisé par un mentor, explique-t-il.

Mais il n’y a qu’une seule personne plus ancienne que lui à son école, ajoute-t-il pour illustrer l’absurdité de la situation. De plus, cette collègue n’utilise pas la même méthode d’enseignement que lui, qui fonctionne par projets.

Il serait difficile, voire impossible pour lui de faire ses stages dans une autre école tout en continuant d’occuper son poste.

« Si on me prouvait la pertinence des stages, pour moi, ce serait différent », dit-il.

Mais tous les responsables universitaires, ministériels et députés caquistes qu’il a sollicités au fil des ans lui ont dit qu’il avait raison de chercher à faire reconnaître son expérience, tout en se renvoyant la balle, raconte-t-il.

Voir aussi

Le nombre d’enseignants « non qualifiés » continue d’augmenter dans les écoles québécoises

On se rappellera l’histoire du professeur de latin qui, après onze années d’enseignement au secondaire, avait décidé de remettre ma démission. L’enseignant était détenteur d’un baccalauréat ainsi que d’une maîtrise en histoire avec spécialisation en études anciennes (latin, grec ancien, histoire, archéologie, mythologie, littérature gréco-romaine). Ce latiniste avait ainsi perdu un emploi lorsqu’un syndicat avait exigé d’un directeur qu’il trouve une personne légalement qualifiée. La tâche d’enseigner le latin avait échu à un enseignant qui avait appris cette langue durant son enfance. Le fait qu’il n’avait pas retouché à cette matière durant plus de 25 ans n’était d’aucune importance. À une autre occasion, un poste que le latiniste découragé est revenu à un jeune diplômé en enseignement. Le candidat désigné n’avait jamais fait de latin, mais il s’était engagé à suivre des cours à l’université : il est devenu l’étudiant du latiniste non qualifié selon le syndicat, car celui-ci était aussi chargé de cours en latin à l’Université de Montréal !



mardi 6 août 2019

La Journée de dépassement de la Terre et l'empreinte écologique sont-elles de la pseudoscience ?

« Ils n’ont jamais eu de preuves ! »

Le Point publie, ce lundi 5 août, le témoignage du militant écologiste Michael Shellenberger sur la notion de « jour du dépassement », que les médias reprennent désormais chaque année. Initié par l’ONG Global Footprint Network, le concept désigne le moment où la totalité des ressources naturelles produites par la planète en une année a été consommée.

Michael Shellenberger, « héros de l’environnement »

« Les environnementalistes prétendent depuis longtemps que nous sommes en train d’arriver à court de ressources et qu’il s’agit d’un fait scientifiquement établi. Ils n’ont jamais eu de preuves ! », commence celui qui a été nommé « héros de l’environnement » par le magazine Time, en 2008. « Il ne s’agit que de prédictions basées sur des modèles. Le “jour du dépassement” repose sur la notion d’empreinte écologique, qui consiste en six mesures de perte de ressources : carbone, terres agricoles, terres urbanisées, pâturages, pêche et forêts », poursuit-il.


Et d’ajouter : « Or, selon leur méthodologie, cinq de ces six ressources sont à l’équilibre, ou excédentaires, comme nous l’avions montré dans l’étude publiée il y a six ans dans la revue PLOS Biology [résumé ci-dessous]. La dernière mesure est celle du dioxyde de carbone, sauf qu’il ne s’agit pas d’une ressource, mais de pollution ! » Par ailleurs, « selon les calculs du Global Footprint Network, l’empreinte écologique équivaut ainsi quasiment à l’empreinte carbone. Ils prétendent pouvoir calculer cette empreinte carbone à partir du nombre d’arbres qu’on devrait faire pousser pour compenser notre production de CO2. Ils combinent ensuite toutes ces données en une, qu’ils appellent empreinte écologique, et qui est censée montrer que nous perdons des ressources », poursuit le militant.

« Pourquoi faudrait-il combiner toutes ces données ? »

« L’empreinte écologique est pire que [les] fausses sciences en ceci que les créateurs de cette mesure trompent les individus à dessein. On peut mesurer la pollution, ou l’utilisation des ressources de manière très directe. Combien d’hectares de terre utilisons-nous pour l’agriculture ? Est-ce plus ou moins que l’année précédente ? Utilisons-nous plus ou moins d’eau ? Plus ou moins d’engrais ? Mais pourquoi faudrait-il combiner toutes ces données ? », s’interroge l’écologiste, ajoutant : « Il y a des liens entre elles, mais fusionner ces mesures en une seule réduit notre capacité à résoudre les défis qu’elles soulèvent. »


Selon Michael Shellenberger, « le souci, c’est que les environnementalistes ne veulent pas régler ces problèmes avec des moyens technologiques, ce qui est la façon la plus évidente de s’attaquer au défi climatique (...). Les environnementalistes préfèrent nous culpabiliser sur la surconsommation, s’attaquer à la modernité, au développement et à la prospérité ». « Ils veulent effrayer les gens en leur faisant croire que le seul moyen de régler le problème du réchauffement climatique est de devenir pauvre, végétarien, ne pas prendre l’avion, ne pas utiliser d’électricité. Afin de répandre cette peur, ils doivent exagérer les problèmes en les combinant, et en suggérant qu’ils sont la conséquence du fait que l’humanité est trop prospère et développée », estime-t-il encore.





Texte de Michael Shellenberger, paru dans Forbes. Il résume un article paru dans PLOS Biology.


À partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin de l’année, l’humanité commencera à consommer plus de ressources que notre planète ne peut en produire durablement, selon le Global Footprint Network (GFN), qui organise ces journées depuis 1986.




« L’humanité utilise la nature 1,75 fois plus vite que les écosystèmes de notre planète ne peuvent se régénérer », déclare le groupe. « C’est un peu comme utiliser 1,75 Terre. »

Les pays riches utilisent leurs ressources plus rapidement que les pays pauvres, selon le GFN. Les États-Unis, l’Australie, le Danemark et le Canada épuisent leurs ressources avant la fin mars, tandis que Cuba, le Nicaragua, l’Irak et l’Équateur ne le font pas avant décembre.

Le « Jour de la Terre en dépassement » est basé sur ce que l’on appelle l’« empreinte écologique », qui est utilisée par le Fonds mondial pour la nature, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, le Rapport mondial sur le développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement et l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Mais l’empreinte écologique est-elle de la bonne science ? Ce n’est pas le cas.

Il y a six ans, j’ai aidé à démystifier la Journée du dépassement de la Terre et le calcul de l’empreinte écologique sur lequel elle est basée dans un article de la revue scientifique à comité de lecture PLOS Biology, intitulé « Does the Shoe Fit? Empreintes réelles contre empreintes imaginaires. »

Nous avons réparti les six mesures qui composent l’empreinte écologique et nous avons constaté que cinq d’entre elles, y compris les aliments et les produits forestiers, étaient soit en équilibre, soit excédentaires [Note du carnet : rappelons que la planète est de plus en plus verte !]. La seule chose qui n’était pas équilibrée, c’était les émissions de carbone de l’humanité.

Mais pour résoudre ce problème, il ne faut pas que les pays riches deviennent pauvres — ou que les pays pauvres restent pauvres — mais simplement que nous nous dirigions vers des sources d’énergie qui ne produisent pas d’émissions de carbone, un processus appelé « décarbonisation ».



Et les deux seuls cas de pays qui ont fortement décarbonisé leur approvisionnement énergétique, la France et la Suède, ne l’ont pas fait en s’appauvrissant, mais plutôt en s’enrichissant considérablement grâce à l’utilisation de l’énergie nucléaire. Aujourd’hui, grâce au nucléaire, la France dépense un peu plus de la moitié de ce que dépense l’Allemagne pour produire de l’électricité qui produit un dixième des émissions de carbone.

Comment les créateurs de l’empreinte écologique ont-ils caché ce qu’ils avaient fait ? En supposant que la seule façon de résoudre le problème du changement climatique était d’étendre le couvert forestier pour absorber toutes les émissions industrielles de carbone.

En d’autres termes, l’empreinte écologique convertit les émissions de dioxyde de carbone en une catégorie d’utilisation du sol, ignorant ainsi toutes les autres façons d’absorber ou de ne jamais émettre de CO2.

Il y a pire. Différentes forêts absorbent le dioxyde de carbone à des taux différents au fil du temps. Mais l’empreinte écologique choisit arbitrairement un seul chiffre pour représenter le taux d’absorption du carbone pour toutes les forêts du monde entier et pour toujours. La méthode de l’empreinte écologique est mieux connue sous le nom de « foutaise en entrée, foutaise en sortie ».

L’Empreinte écologique implique donc que tous les habitants des pays développés riches comme les États-Unis, l’Europe et l’Australie devraient essayer de vivre comme les Cubains et les Nicaraguayens, ou que nous devrions convertir toutes les forêts anciennes du monde en fermes forestières à croissance rapide.

Lorsque nous avons publié notre article en 2013, il a été largement couvert par les médias, notamment par Scientific American, New Science et Le Monde, mais cela n’a pas empêché la Commission européenne et d’autres organismes gouvernementaux de reconnaître la « Journée de la Terre en dépassement » sur les médias sociaux.

La Journée de l’empreinte écologique et de la protection de la Terre a été créée en même temps que les pays d’Europe occidentale et les Nations Unies adoptaient une approche néomalthusienne des problèmes environnementaux [entendre : devenir moins nombreux, consommer moins d’énergie, plutôt que produire mieux cette énergie à bon marché].

Ironiquement, l’ONU a fait la promotion de l’utilisation du bois comme combustible plutôt que du nucléaire. Dans un rapport de 1987 intitulé « Notre avenir à tous », l’ONU dénonce l’énergie nucléaire et insiste pour que les pays pauvres utilisent le bois de manière plus durable. « Les pays pauvres en bois doivent organiser leurs secteurs agricoles pour produire de grandes quantités de bois et autres combustibles végétaux. »

L’auteur principal de « Notre avenir à tous » était Gro Brundtland, ancien Premier ministre norvégien, une nation qui, dix ans auparavant, était devenue fabuleusement riche grâce à ses abondantes réserves de pétrole et de gaz [Note du carnet : et richement doté en hydroélectricité].

Des chiffres comme celui de Brundtland ont fait la promotion de l’idée que les pays pauvres n’avaient pas besoin de consommer beaucoup d’énergie, ce qui s’est avéré être une erreur monumentale. La consommation d’énergie est aujourd’hui aussi étroitement liée au PIB par habitant qu’elle l’était lorsque les pays riches d’aujourd’hui étaient eux-mêmes pauvres.

Il n’y a pas de pays riches qui dépendent principalement du bois pour l’énergie, tout comme il n’y a pas de pays pauvres qui dépendent principalement des combustibles fossiles ou du nucléaire.

L’empreinte écologique a autant de valeur scientifique que l’astrologie, la phrénologie et les théories de la terre plate. Il est temps de traiter l’empreinte écologique comme la théorie pseudoscientifique qu’elle est.


Pourquoi ce chiffre est-il critiqué ? (Le Monde et La Libre)

Obtenir un chiffre parlant pour l’opinion publique nécessite bien souvent de faire des raccourcis. En 2010, Leo Hickman, journaliste spécialiste de l’environnement, déplorait dans le Guardian, que cet indicateur agrège « des pommes et des poires », c’est-à-dire additionne des données de nature aussi différentes que les émissions de gaz à effet de serre, les récoltes de maïs ou la perte de la forêt primaire.

Il déplore aussi que les calculs soient affinés chaque année, ce qui fait fluctuer la date fatidique. En effet, en 2015, lorsque nous avions publié un article à ce sujet, le dépassement était censé survenir le 13 août ; or les dernières données publiées en 2019 estiment désormais que cette date aurait plutôt dû être le 5 août, soit huit jours plus tôt. En 2018, de la même façon, le jour du dépassement était fixé au 1er août, mais rétrospectivement, l’ONG calcule aujourd’hui que la Terre avait épuisé ses réserves dès le 29 juillet.

La notion d’« hectares globaux » est aussi une mesure difficile à appréhender pour le grand public : un hectare de céréales n’a pas le même rendement en France et au Maghreb, et une forêt scandinave ressemble peu à une forêt tropicale. Il s’agit en fait d’opérer une moyenne, comme le PIB, destinée à faciliter les comparaisons internationales, comme l’explique Aurélien Boutaud, consultant en environnement interrogé en 2017 par Libération.

Autre subtilité : certains pays ont une biocapacité supérieure aux autres et sont donc des « réservoirs » écologiques. Ainsi, les Brésiliens ont-ils la même empreinte écologique que les Macédoniens, mais leur biocapacité est cinq fois plus élevée en raison de la forêt amazonienne. Chaque Français consomme 2,9 fois ce que la Terre peut lui fournir pour subvenir à ses besoins, mais seulement 1,8 fois la capacité du territoire français (notamment grâce à la richesse écologique de la Guyane).

Si certains indicateurs sont tangibles (le nombre d’arbres coupés pour produire du bois ou la production de céréales), l’essentiel [la quasi-totalité] de la dette est constitué des émissions de carbone que la nature ne parvient pas à absorber. En France, elle représentait 60 % de l’empreinte totale. Certains analystes estiment donc qu’il serait plus pertinent de se concentrer sur cet indicateur seul.

Bien sûr, on imagine aisément que l’institut chargé de calculer cette date se propose de prendre en compte l’épuisement des ressources naturelles, notamment l’utilisation de carburants fossiles, en considérant ces dernières comme un « stock ». Un stock dont l’épuisement pourrait être converti statistiquement en surface cultivable. Ce serait confondre la notion déjà critiquable d’empreinte écologique avec celle d’empreinte carbone. Mais surtout, sur base de quelle équivalence allons-nous réaliser ce calcul ? Combien d’hectares pour un litre de pétrole ou l’extraction d’un kilo de cuivre ? Ne cherchez pas, il n’y a aucun calcul connu qui tienne la route, et quiconque prétend le contraire ne fait que se ménager le droit d’écrire n’importe quoi.

Mieux encore, comment expliquer les incohérences et remarquables omissions au gré des intentions des auteurs du calcul ? Ainsi, pour ne donner qu’un exemple, l’institut chargé de calculer le jour du dépassement a dû admettre en 2008 qu’il prenait en compte une empreinte carbone identique pour l’électricité d’origine nucléaire et celle d’origine fossile. Hypothèse qui, quoi qu’on pense du nucléaire, ne peut relever que du préjugé ou de l’ignorance de son auteur.

Il me semble qu’actuellement, le « jour du dépassement » de l’esprit critique tombe de plus en plus tôt dans l’année.

lundi 5 août 2019

Maxime Bernier : Les cours d'éducation sexuelle briment les droits individuels

Maxime Bernier estime que les cours d’éducation sexuelle dans les écoles québécoises briment les droits individuels.

Dans une entrevue accordée à un pasteur baptiste montréalais, le chef du Parti populaire du Canada (PPC) encourage les parents québécois à se battre contre l’imposition de ces cours. Il ne veut cependant pas participer personnellement à cette bataille, question de respecter les champs de compétence ; l’éducation relève de Québec et non pas d’Ottawa.



Le pasteur de l’Église baptiste de l’espoir du grand Montréal George Antonios a publié l’entrevue avec le chef du PPC samedi sur YouTube.

« Ce genre de programme va à l’encontre d’une manière très profonde des valeurs morales, religieuses, de plusieurs personnes », offre en entrée de matière M. Antonios avant de demander à son invité ce qu’il faut faire « pour au moins donner le choix aux parents de ne pas impliquer leurs enfants dans de tels programmes ».

Aux premières protestations venant, celles-là, de l’église catholique en janvier dernier, le Premier ministre François Legault a affirmé qu’aucun enfant ne pourra être exempté de ces cours.

« Je ne veux pas m’ingérer dans les champs de compétence des provinces », a commencé par répondre M. Bernier avant de choisir clairement son camp.

« Il y a une certaine partie de la population qui n’est pas encore au courant que cette législation-là brime les droits individuels des Québécois », a-t-il dit.

« Je vous encourage à faire cette bataille-là pour défendre vos propres droits », a-t-il conseillé.

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dimanche 4 août 2019

Grande-Bretagne — le déclin de l'étude de l'histoire

Selon l’hebdomadaire The Economist, l’étude de l’histoire dans les universités britanniques est en difficulté. Le sujet occupait une place centrale dans la vie nationale. Obtenir une bourse pour étudier l’histoire dans l’une des anciennes universités du pays était à la fois un rite de passage pour les membres établis de l’élite et un moyen d’accéder à l’élite des provinciaux doués. Alan Bennett l’a documenté de manière si touchante dans sa pièce « The History Boys ». Des historiens renommés tels que A.J.P. Taylor et Hugh Trevor-Roper étaient des personnalités publiques, ils parlaient à la nation d’événements à la fois historiques et contemporains. Le Sunday Times demandait à Trevor-Roper de rédiger des reportages spéciaux sur des sujets importants et les conférences télévisées de Taylor attiraient des millions de téléspectateurs.

Cela allait de soi. La Grande-Bretagne est une petite île avec une histoire gigantesque et l’histoire la relie à la sagesse des siècles. Mais quelque chose s’est détraqué ces derniers temps. Même si l’histoire semble devenir plus dramatique, on l’étudie moins. Le nombre de personnes qui l’étudie à l’université a diminué d’environ 10 % au cours de la dernière décennie. Le nombre d’étudiants en langues étrangères, lequelles ont souvent une composante historique, a été réduit de 20 % — un début peu propice à la « Grande-Bretagne mondiale » prônée par les partisans du Brexit. Il faut dire que les Anglophones se contentent de plus en plus d’imposer l’anglais aux autres, ce qui est très rentable (voir le grand nombre de professeurs d’anglais et les ventes de produits culturels en anglais dans le monde). Les étudiants se concentrent de plus en plus dans des domaines ouvertement pratiques tels que la médecine, les sciences vétérinaires ou les études commerciales. (Notons que c’est une tendance chez les étudiants asiatiques, en Asie comme en Occident, dès l’école secondaire.)

Dans le même temps, la profession historique s’est repliée sur elle-même. Les historiens passent de plus en plus leur vie à étudier des sujets de plus en plus pointus. Ils produisent des thèses de doctorat au domaine d’étude restreint, ils les transforment ensuite en monographies et articles universitaires, dans le cadre de la course à la titularisation et à la promotion. À la nécessité de remplir sans cesse des formulaires pour accéder au financement gouvernemental s’ajoute le cauchemar de la bureaucratie officielle et de l’hyperspécialisation.

En outre, les historiens se consacrent de plus en plus à des sujets autres que les grandes questions d’État : l’histoire des marginaux plutôt que des puissants, les pauvres plus que les riches, les minorités sexuelles de tous genres plutôt que les familles traditionnelles, la vie quotidienne plutôt que le Parlement. Ces modes constituaient un correctif face à l’histoire de la vieille école centrée presque exclusivement sur l’action des puissants, des militaires et des politiciens. Mais, cette tendance est allée trop loin. En effet, certains historiens semblent presque engagés dans une course à la découverte du sujet le plus marginal. Ce qui a une époque était un souci légitime de s’intéresser à des sujets jusqu’alors délaissées a dégénéré en une orthodoxie usée et myope, alors que des domaines vitaux du passé, tels que les affaires constitutionnelles et militaires, sont pratiquement ignorés par les historiens universitaires.


Les personnes qui en paient le prix fort sont les étudiants qui choisissent de passer plusieurs années de leur vie et plusieurs milliers de dollars à étudier l’histoire. Sous l’ancien régime, les étudiants acquéraient au moins une idée générale de l’histoire de leur propre pays. Aujourd’hui, ils étudient souvent un mélange de sujets hyperspécialisés qui n’ont pas grand-chose de commun pour en faire un tout, et encore moins pour donner une idée du développement historique dans son ensemble. Le grand public y perd également. Les historiens chevronnés classiques pensaient que leur travail consistait notamment à parler à la nation et à situer les événements actuels dans leur contexte historique. La plupart du temps, les historiens universitaires d’aujourd’hui restent isolés dans leurs cocons professionnels. Ils passent plus de temps à fignoler leurs notes en bas de page qu’à mettre en lumière le passé pour le grand public. En dehors des cercles universitaires, qui a entendu parler de Lyndal Roper, l’actuel professeur d’histoire Regius (royal) à Oxford ? Le grand historien britannique, Hugh Trevor-Roper, spécialiste de la 2e Guerre mondiale, l’a été de 1957 à 1980.

Une raison de s’inquiéter est qu’il y a plus qu’un soupçon de vérité dans le vieil adage selon lequel ceux qui n’apprennent pas de l’histoire sont condamnés à la répéter. Pour l’hebdomadaire britannique, l’une des raisons pour lesquelles le monde se trouve dans son état actuel serait que les néolibéraux se sont laissé emporter par leur propre idéologie. Ils ont fait trop de promesses irréalistes, en ce qui concerne l’abolition du cycle d’expansion-récession ou l’introduction de la démocratie au Moyen-Orient, alors qu’un minimum de réflexion historique aurait dû dégonfler ces prétentions néo-libérales.

L’étude de l’histoire est également une garantie contre la myopie. La modernité réduit le temps et l’espace ; les gens vivent dans un présent dominé par le court terme et la gratification instantanée. L’histoire leur apprendrait à élargir leurs horizons et à changer de perspective. À un niveau plus banal, l’histoire peut constituer une protection contre l’idiotie pure et simple. La secrétaire d’État actuelle pour l’Irlande du Nord, Karen Bradley, n’aurait pas été étonnée que les protestants et les catholiques de cette province votent selon leur affiliation ethnoreligieuse si elle avait passé une heure à étudier l’histoire, même récente, de la province qu’elle préside.

Il y aurait toutefois des lueurs d’espoir. La Grande-Bretagne a encore des historiens inspirés qui rendent leur sujet vivant, tels que Tom Holland, Sir Simon Schama et Dame Mary Beard. Les festivals d’histoire sont en plein essor. La baisse du nombre d’étudiants en histoire n’est pas aussi sensible qu’aux États-Unis. Mais ce ne sont que des lueurs. Un nombre impressionnant d’historiens britanniques dont les ouvrages sont les plus vendus ne sont pas professeurs d’université (comme M. Holland) ou sont victimes de harcèlement ou de la médisance de la part de leurs collègues professionnels (comme Mary Beard). L’appétit vorace du public pour l’histoire militaire, si clairement démontré lors des célébrations du jour J, est presque entièrement pris en charge par des non-universitaires comme Sir Max Hastings et Sir Antony Beevor. Pour The Economist, les historiens universitaires doivent s’évader de leurs grottes intellectuelles et s’intéresser davantage à de grands sujets tels que l’histoire de la politique, du pouvoir et des États-nations. Notre époque extraordinaire n’exige rien de moins.


samedi 3 août 2019

Angleterre et au Pays de Galles — taux de natalité au plus bas

En 2018, le taux de natalité a atteint un niveau historiquement bas en Angleterre et au pays de Galles, représentant une baisse de 46 % par rapport au record historique de 1947.

Depuis le début du recensement des naissances en Angleterre et au pays de Galles, le nombre de nouveau-nés n’a jamais été aussi bas, rapporte The Guardian. Le record de naissances avait eu lieu en 1947. Comparé à cette date, le nombre de naissances a chuté de 46 % l’an dernier.


En 2018, 657 076 naissances ont été enregistrées. Cela représente une baisse de 3,2 % par rapport à l’année précédente, et de 10 % par rapport à 2010. Le taux s’est élevé à 11,1 naissances pour 1 000 habitants. « Les chiffres, fournis par l’Institut national des statistiques (ONS), montrent également que le pourcentage de bébés vivants dont la mère n’est pas née au Royaume-Uni a diminué pour la première fois depuis 1990, passant de 28,4 % à 28,2 % », détaille The Guardian.

L’indice de fécondité global a lui aussi baissé. Il était de 1,7 enfant par femme en 2018, soit une baisse de 3,4 % par rapport à l’année précédente. Citée par le quotidien britannique, Ann Berrington, professeure de démographie et de statistiques sociales à l’Université de Southampton, explique ces données par l’évolution des aspirations, l’éducation [moderne qui ne valorise pas la famille], mais également l’accès à la contraception.

Une loi fixe l’âge de la fin de la scolarité à 18 ans. La disponibilité de la contraception d’urgence et de longue durée a également été considérablement augmentée. »

Ann Berrington précise que les personnes âgées de 20 à 30 ans sont plus susceptibles de différer la maternité en raison de facteurs pratiques, tels que le manque de logements abordables.

Chine : le nombre croissant de diplômés sans emploi inquiète les autorités

Les universités chinoises ont diplômé un nombre record de 8,3 millions d’étudiants cet été alors que ce chiffre n’était que de 5,7 millions il y a 10 ans. Le durcissement des politiques dans la plupart des pays occidentaux signifie également que près d’un demi-million de jeunes Chinois diplômés d’établissements étrangers reviendront cette année. Ce n’est pas un moment propice pour entrer sur le marché du travail. L’économie chinoise, bouleversée par la guerre commerciale des États-Unis, a connu sa croissance la plus lente depuis près de 30 ans. Cette année, les deux tiers de tous les travailleurs qui rejoindront la population active seront des diplômés universitaires, contre seulement la moitié il y a trois ans.

Au début des années 90, le gouvernement affectait simplement les diplômés à un poste dicté par la hiérarchie. Cette pratique n’a plus cours, mais les autorités chinoises sont clairement préoccupées par ce qui se passera si ces diplômés ne trouvent pas de travail. Le 12 juillet, cinq agences d’État ont averti les gouvernements locaux que la stimulation de l’emploi était devenue plus pénible. Ces agences établissaient un lien entre « l’emploi des diplômés » et « la stabilité sociale du pays ». De tels avertissements sont émis chaque année depuis 2011, mais cette année, exceptionnellement, le ministère de la Sécurité publique a ajouté son nom à l’avertissement.


Le mois dernier, le gouvernement a annoncé des mesures pour assurer l’embauche de davantage de diplômés. Les petites entreprises qui recrutent des diplômés au chômage peuvent demander une réduction d’impôt. Le système national d’enregistrement des ménages, le hukou, qui limite les possibilités pour les citoyens de bénéficier de services publics subventionnés, sera plus favorable aux nouveaux diplômés. Les nouvelles règles enjoignent à toutes les capitales provinciales (mais pas les mégapoles telles que Pékin et Shanghai) de faciliter l’inscription des diplômés à un centre de hukou local, ce qui devrait favoriser la mobilité de la main-d’œuvre.

Les diplômés qui souhaitent créer leur propre entreprise sont éligibles à un prêt public même en l’absence de garantie ou de caution, indique le ministère des Ressources humaines. Ceux qui ne peuvent pas être embauchés et qui manquent de motivation entrepreneuriale sont invités à visiter l’une de ses nombreuses succursales locales pour une assistance individuelle. Les gouvernements locaux essaient aussi d’aider. Le 26 juillet, une ville de la province du Guangxi (Sud) a annoncé qu’aider les diplômés à trouver un emploi était devenu « la priorité absolue ».



Il n’y a pas de statistiques officielles sur le statut d’emploi des nouveaux diplômés, mais MyCos, une société de conseils en éducation à Pékin, a constaté que la proportion de ceux qui avaient trouvé un emploi à temps plein dans les six mois suivants l’obtention de leur diplôme avait chuté de 77,6 % en 2014 à 73,6 % en 2018. Le salaire mensuel moyen des nouveaux diplômés est passé d’un pic de 4 800 yuans (622 €, 913 $ canadiens) en 2015 à 4 000 yuans (518 €, 721 $) en 2017, selon Zhaopin, la plus grande plate-forme de recrutement de la Chine.

La guerre commerciale avec les États-Unis semble avoir tempéré les recrutements, en particulier dans les industries d’exportation. Une répression contre les banques fantômes (des prêteurs qui n’acceptent pas les dépôts garantis par l’État) qui étaient des recruteurs enthousiastes de nouveaux diplômés a mené à des licenciements massifs. La suspicion internationale croissante envers les entreprises de technologie chinoises pourrait également ralentir leurs projets d’expansion. Le recrutement dans la fonction publique, quant à lui, a été réduit à 14 500 cette année, le nombre le plus faible en 10 ans.

Une récente diplômée de l’Université de Pékin raconte à The Economist comment une entreprise de services financiers l’a mise à pied plus tôt cette année. Elle cherche un emploi dans une entreprise Internet. Les employeurs potentiels, dit-elle, ont prolongé la période de probation pour passer de deux à trois mois à, désormais, six mois. « Pendant la période de probation, les employeurs ont légalement le droit de ne payer que 80 % du salaire normal », explique-t-elle. « De plus en plus d’entreprises exploitent cette possibilité. »

Diplômée de l’université la plus prestigieuse de Chine, elle a au moins confiance de pouvoir bientôt trouver un bon emploi. Les diplômés d’établissements moins connus font face à un avenir beaucoup plus difficile. Plusieurs recruteurs présents au salon de l’emploi dans le nord de Pékin admettent mettre directement à la poubelle les CV des écoles « sans nom ». Selon Joshua Mok, professeur à la Lingnan University de Hong Kong, ce phénomène pourrait en partie s’expliquer par le fait que la « qualité moyenne » des diplômés s’est peut-être détériorée au cours des dernières années. Le nombre d’universités est passé d’un peu plus de 1 000 en 2000 à environ 2 700 aujourd’hui. Les employeurs, qui ne connaissent pas un grand nombre de ces nouveaux établissements, considèrent souvent les plus obscurs comme des usines à diplômes. Ils n’ont pas toujours tort.

En 2009, un sociologue a inventé le terme yizu ou « tribu de fourmis » pour désigner les diplômés provinciaux qui galèrent dans les mégapoles. Environ 100 000 de ces « fourmis » vivaient à Pékin en 2010. Mais ce terme n’est plus largement utilisé, explique une diplômée de la province du Yunnan (sud) qui vit à Pékin. La hausse des loyers, conjuguée à une répression draconienne pour sous-location illégale par morcellement d’appartements, a conduit la plupart des diplômés provinciaux à quitter la capitale. Elle aussi pourra bientôt déménager : les salaires sont certes moins élevés au Yunnan, mais le coût de la vie l’est également.

Yao Yuqun, de l’Université Renmin, affirme que de nombreux diplômés ont des attentes irréalistes : « Tout le monde veut devenir directeur tout de suite. » Il existe de nombreux emplois, a-t-il déclaré. Un rapport publié en mai par l’Institut chinois de recherche sur l’emploi, un groupe de réflexion, a révélé qu’il y avait 1,4 poste vacant de premier échelon (à l’exclusion des emplois non qualifiés) pour chaque diplômé. De nombreux emplois sont situés dans les villes de deuxième et troisième rang. Les diplômés, semble-t-il, sont trop arrogants pour les prendre. On appelle cela la mentalité « ça BAT ou ça casse » faisant référence à Baidu, Alibaba et Tencent, trois géants en ligne très prisés par les diplômés. Le gouvernement conseille l’humilité. Il déclarait récemment que toute personne bénéficiant d’une offre d’emploi devrait « signer rapidement le contrat ».

Source : The Economist

mardi 30 juillet 2019

La puberté n’est pas une maladie

Le conseil régional du Frioul-Vénétie Julienne (Italie du Nord-Est) a approuvé le 17 juillet une motion demandant au gouvernement italien d’interdire la prescription de substances qui empêchent le développement sexuel normal des adolescents (sous prétexte de « traitement de réassignation sexuelle pour les enfants souffrant de non-conformité de genre »).

La motion souligne que « la puberté n’est pas une maladie » et qu’on ne doit donc pas l’empêcher par une chirurgie ou une médication aux effets irréversibles. Elle cite un document du Collège américain de pédiatrie indiquant que 61 à 98 % des mineurs dépassent ce que d’aucuns nomment la « dysphorie de genre » après une puberté naturelle. Ledit Collège dénonce le mythe du « transgendérisme », car on ne peut tout simplement pas changer de sexe.

lundi 29 juillet 2019

Les nouveaux talibans à l'école californienne

Pour bien « résister » au racisme américain, faut-il détruire les peintures murales d’un artiste communiste financé par le New Deal ? La question peut paraître d’autant plus absurde que La Vie de Washington, l’ensemble de treize œuvres de Victor Arnautoff condamné par certains « résistants » californiens, affiche un contenu antiraciste, révolutionnaire pour l’époque. Sur une surface totale de cent cinquante mètres carrés, elles pourfendent l’hypocrisie des proclamations vertueuses des Pères fondateurs de la Constitution américaine, dont George Washington.

Malgré cela, la commission scolaire de San Francisco a voté le 25 juin dernier, à l’unanimité, l’effacement des treize peintures d’Arnautoff qui ornent les murs de l’école secondaire George Washington depuis son inauguration en 1936. Loin de rendre hommage au premier président des États-Unis, comme le suggère le nom de l’établissement auquel ces œuvres étaient destinées, Arnautoff avait eu l’insolence de représenter Washington en propriétaire d’esclaves et en instigateur des premières guerres d’extermination indiennes. Pourtant, ce n’est pas M. Donald Trump qui, par voie de gazouillis « racistes » et rageurs, a réclamé la destruction de l’œuvre démystificatrice du roman américain conçue par un muraliste communiste qui acheva sa vie en Union soviétique ; ses adversaires les plus militants se sont chargés de jouer les inquisiteurs à sa place.

Un « groupe de réflexion et d’action » de treize membres a éclairé le choix de la commission scolaire de San Francisco. Il a scellé le sort des peintures d’Arnautoff en prétendant avec aplomb qu’elles « glorifient l’esclavage, le génocide, la colonisation, le destin manifeste [l’idée que les colons protestants avaient pour mission divine de “civiliser” le continent américain], la suprématie blanche, l’oppression, etc. ».


Une telle interprétation est insoutenable : la tradition réaliste socialiste dont s’inspirait Arnautoff ne laisse en effet aucune place aux équivoques de bonne foi. Il a donc fallu assortir la décision d’un autre motif, jugé plus recevable, quoique tout aussi inquiétant. Il paraîtrait que Life of Washington, qui inclut la représentation du cadavre d’un Indien tué par des colons, « traumatise les étudiants et les membres de la communauté ». Mais alors, il faut choisir : doit-on rappeler l’esclavage, le génocide, ou les oublier ? Car comment s’assurer qu’un artiste évoquant l’histoire d’un pays ne dérangera jamais des « membres de la communauté », lesquels ont de toute façon mille autres occasions d’être quotidiennement confrontés à des scènes de brutalité, réelles ou figurées ? Guernica, de Pablo Picasso, ou Tres de mayo, de Francisco de Goya, ne sont-ils pas également violents et traumatisants ?


Pour le moment, la controverse de San Francisco mobilise surtout la fraction de la gauche américaine la plus disposée à la surenchère sur les questions identitaires (lire l’article de Rick Fantasia). Mais, étant donné que cette même avant-garde de la vertu a déjà exporté avec un certain succès quelques-unes de ses marottes les plus biscornues, autant que chacun soit prévenu...

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Livre : Libre pour apprendre

Peter Gray est un psychologue du développement directeur de recherche ou Boston College. Il est connu pour ses critiques du système éducatif traditionnel et est invité régulièrement à intervenir auprès de groupes de parents, d’éducateurs ou de chercheurs. Il s’oppose aux méthodes actuelles d’éducation qui, selon lui, infligent des dommages psychologiques aux enfants. On trouvera ci-dessous un résumé de son dernier ouvrage traduit en français : Libre pour apprendre.



Présentation de l’éditeur

Nos enfants passent à l’école le plus clair de leur temps à recevoir passivement une instruction, à devoir se tenir tranquilles en classe et à subir des contrôles de connaissances. Il n’est donc pas étonnant que le système scolaire actuel crée des élèves ennuyés et ayant des problèmes de comportement. Même en dehors des murs de l’école, les enfants ont rarement l’occasion de jouer et d’explorer leur environnement sans être sous surveillance permanente. Cette situation a pour conséquence d’alimenter l’anxiété des enfants, qui considèrent la vie uniquement comme une série de problèmes.

Dans Libre pour apprendre, Peter Gray défend l’idée selon laquelle des enfants libres de poursuivre leurs propres centres d’intérêt au travers du jeu assimilent tout ce qu’ils ont besoin de savoir, et le font de plus avec énergie et passion. Pour les aider à grandir dans ce monde en perpétuel changement, nous devons faire confiance à leur capacité de s’instruire et de se développer. En se basant sur des faits anthropologiques, psychologiques et historiques, Gray avance que le jeu en toute liberté est le meilleur moyen pour apprendre à gérer sa vie, à résoudre ses problèmes, à vivre en communauté et à devenir émotionnellement équilibré.

Libre pour apprendre
de Peter Gray
paru en octobre 2016
chez Actes Sud (France)
368 pages
ISBN 978-2-330-06886-8
prix indicatif : 22,50 €