jeudi 6 mars 2008

« Respectons le droit des parents à choisir »

Communiqué de presse de la Coalition de la liberté en éducation

Granby, le 4 mars 2008 — Les parents de la région de la Haute-Yamaska sont invités à se mobiliser suite à l’imposition du cours obligatoire d’éthique et culture religieuse (ECR) qui sera dispensé dans les écoles tant publiques que privées dès septembre 2008.

Une marche est organisée à Granby le samedi 15 mars prochain pour permettre aux parents de réclamer l’exercice d’un droit fondamental : celui de choisir pour leur enfant. Car à compter de l’an prochain, l’État se substitue à la volonté parentale et impose ce cours à tous les enfants du primaire et du secondaire.

Organisée par la Coalition pour la liberté en éducation, cette marche aura pour point de départ le Parc Miner (face au 348, rue Principale) de Granby à 13 h 30. Les parents sillonneront les rues de la ville et se rassembleront ensuite devant les locaux de la commission scolaire (55, rue Court) afin d’entendre des conférenciers et de recevoir le formulaire d’exemption du cours mis au point par une équipe juridique.

Ce formulaire est actuellement distribué partout au Québec aux parents souhaitant se prévaloir du droit d’exemption qui leur est accordé dans la Loi sur l’instruction publique (article 222 § 2) et ainsi, soustraire leur enfant au cours d’éthique et de culture religieuse élaboré par le Ministère de l’Éducation du Québec. Le formulaire est également disponible sur le site de la Coalition :

www.coalition-cle.org

* ou article 30 sur l’enseignement privé pour les enfants fréquentant l’école privé.

Source : Marie-Josée Croteau (450) 378-5272

Les jeunes Québécois, de moins en moins bons en français

Le « bilan » sur l'évolution de la situation linguistique au cours des cinq dernières années, publié hier par l'Office québécois de la langue, nous apprend que les résultats des jeunes Québécois en dictée sont de moins en moins bons.

« Les résultats obtenus par les jeunes Québécois aux épreuves obligatoires à la fin des études secondaires et collégiales indiquent une régression de leur taux de réussite » résume l'étude qui constate également que les « principales faiblesses » ont trait à l'orthographe au secondaire alors qu'au collégial les faiblesses sont liées à la syntaxe ainsi qu'à l'orthographe.

Les résultats aux épreuves de cinquième secondaire du Monopole de l’Éducation, compilés par l’Office, montrent une dégradation des taux de réussite depuis 2000.

En 2004, les jeunes diplômés du secondaire réussissaient l’é­preu­ve, la rédaction d’un texte d’opinion de 500 mots, dans une proportion de 78 %. Ce taux de réussite a déjà dépassé les 90 %, mais, selon l’Office, le Monopole de l’Éducation aurait resserré ses critères de correction.

Même avec l’aide du dictionnaire et d'une grammaire, seuls 58 % des jeunes Québécois en 2004 réussissent le volet de la « forme ». L’orthographe — avec un taux d’échec de près de 50 % — représente le plus gros obstacle.

En apparence, les élèves semblent exceller en argumentation, avec plus de 95 % des jeunes qui obtiennent la note de passage, et ce, depuis 10 ans. Ces taux de réussite avaient d’ail­leurs fait dire à la ministre de l’Éducation Michelle Courchesne cet automne que la grille d’évaluation était trop permissive et visait surtout à relever la note globale minée par les défauts objectifs observés en orthographe, grammaire et syntaxe.

Le portrait n’est pas meilleur chez ceux qui terminent leurs études collégiales et doivent, pour obtenir leur diplôme, rédiger une dissertation de 900 mots, avec l’aide d’un maximum de trois ouvrages de référence sur le code linguistique.

Alors que les cégépiens réussissaient dans une proportion de 88,6 % en 1998, ils ne sont plus que 81 % à subir l’épreuve avec succès en 2005.

Pour réussir ce test, un élève doit commettre moins de 30 fautes dans son texte, soit une erreur tous les 30 mots.

L’OQLF note que depuis 1997, le taux de réussite en orthographe baisse.

En outre, une autre étude de l’OQLF démontre que les futurs enseignants au secondaire utilisent une langue française « familière » une fois sur deux. Les auteurs de l'étude recommandent : « On devrait amener les futurs enseignants à utiliser plus de variantes soutenues, dans la mesure où ils agiront comme modèles linguistiques auprès de leurs élèves »

mercredi 5 mars 2008

ECR — Des opposants proposent l'exemption

Dans la Voix de l'Est :
Les opposants au cours d'éthique et culture religieuse ne lâchent pas prise. Ceux-ci manifesteront dans les rues de Granby, le 15 mars, et entendent remettre aux parents un formulaire d'exemption à ce programme, qu'ils accusent d'avoir été conçu en catimini par Québec.

Hier soir, des parents et membres de la Coalition pour la liberté en éducation en Haute-Yamaska (CLE) étaient réunis au restaurant Le Plus pour décrier ce cours. Celui-ci sera enseigné dès l'automne 2008 à tous les élèves de la 1re année du primaire au 5e secondaire.

Depuis septembre, les membres de la CLE multiplient les manifestations publiques pour clamer leur désaccord au gouvernement. Hier, un rassemblement a été annoncé au parc Miner, le samedi 15 mars, à 13 h 30. Les manifestants déambuleront rue Principale et feront un arrêt devant l'édifice de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, rue Court.

Le formulaire d'exemption conçu par Jean-Yves Côté, un avocat de Sainte-Julie, sera remis aux parents.

Celui-ci a fait valoir, hier, que le gouvernement enfreignait la liberté de choix des parents en imposant ce cours.

[...]

Les dirigeants [d'établissement] devront transmettre par écrit les conditions de refus, soutient l'avocat en ajoutant qu'une demande de révision pourra être formulée dans un tel cas. « Si c'est encore un refus, peut-être devrons-nous nous tourner vers les tribunaux », dit M. Côté.

Liberté brimée

La représentante de la CLE dans la région, Marie-Josée Croteau, l'enseignant au secondaire Patrice Gagnon et Chantal Ferland, professeure en 1ère année, ont également déploré, hier, l'atteinte à la liberté de choisir imposée par le gouvernement.

Et pour Mme Ferland, qui a suivi la formation pour offrir aux jeunes ce cours, il paraît impossible d'enseigner un contenu aussi lourd à des enfants de six ans. Par exemple, en première année, les élèves devront apprendre les noms de fêtes et rites religieux de six religions différentes, dit-elle. « Présentement, en première année, ils apprennent ce qu'est Noël et Pâques. »

vendredi 29 février 2008

Réplique au Devoir de Guy Durand : Gare à l'exagération

Bon rappel des faits et conclusion sensée de M. Guy Durand, auteur du livre Le Québec et la laïcité. Avancées et dérives (Liber, 2004) à un article du Devoir qui attaquait les parents en faveur de la liberté et du choix en matière d'éducation religieuse et de morale. Notons au passage que le Devoir a publié récemment plusieurs articles qui s'attaquaient directement aux parents opposés au nouveau cours d'éthique et de culture religieuse que le Monopole veut imposer à tous les enfants du Québec dès six ans et que ce soit dans les écoles publiques ou confessionnelles.

Relevons ici simplement l'inénarrable Un lobby catholique réclame un accommodement de Clairandrée Cauchy dont le titre contenait déjà trois imprécisions : lobby à un sens précis pour la Loi québécoise (la coalition en question n'en est pas un), cette coalition n'est pas catholique et regroupe des personnes non catholiques (dont M. Caldwell mentionné dans l'article ci-dessous) et il ne s'agit pas d'un accommodement, mais d'un droit et d'une liberté religieuse retirée récemment, mais laissons M. Durand rappeler les faits.
Mme Marie-Andrée Chouinard, vous semblez trouver outrancière la position de la Coalition pour la liberté en éducation [à propos du cours d'éthique et de culture religieuse]. Il ne faudrait quand même pas sombrer dans l'exagération.

Vous parlez de laïcité. Mais vous savez bien que la laïcité admet des modèles multiples, y compris des options en enseignement religieux confessionnel, comme dans la plupart des pays européens, y compris dans une partie de la France (Alsace-Moselle et certains départements d'outre-mer).

Le livre du sociologue et historien français Émile Poulat est très explicite sur l'absence de définition univoque de la laïcité et sur la multiplicité de modèles possibles (Notre laïcité publique. La France est une république laïque, 2003). Le Rapport Stasi, en 2003 (du nom du président de la Commission mise sur pied par le président de la République française pour analyser la question du port des signes religieux dans les écoles), va dans le même sens, affirmant que chaque État aborde le défi de la laïcité « avec la tradition qui est la sienne », y compris « le respect des habitudes et des traditions locales », en sachant « aménager des exceptions », faire «des nuances», admettre « des limites ». Et le rapport de préciser que l'approche de la Cour européenne «repose sur une reconnaissance des traditions de chaque pays, sans chercher à imposer un modèle uniforme de relations entre l'Église et l'État».

Plus spécifiquement, le rapport Stasi n'a pas demandé de changer le système d'options en Alsace et Lorraine « auquel est particulièrement attachée la population de ces trois départements ». De même qu'on ne l'avait pas enlevé en 1919 quand l'Alsace-Moselle est redevenue française parce qu'une grande majorité de la population tenait à sa particularité et préférait ne pas voir appliquée intégralement la loi de séparation de 1905.

Vous parlez d'une «décision collective de laïciser l'école, vieille de dix ans». Vous référez sans doute aux États généraux de 1995-96. Or, dans un premier temps, lors des consultations générales à travers le Québec, la majorité des participants étaient contre la déconfessionnalisation. Hors de Montréal, aucun des mémoires ne la réclamait. Il y eut beaucoup de témoignages en faveur de la pastorale scolaire.

Selon le commissaire dissident Gary Caldwell, le résumé produit par Communication-Québec était biaisé. Dans un deuxième temps, après un changement de ministre et de personnel jouxté à un changement de mandat, ainsi qu'une nouvelle consultation auprès de personnes ciblées, la Commission a prôné la nécessité de la déconfessionnalisation (revue Égards, no 15, printemps 2007).

Dans une entrevue accordée au Devoir, Jean Garon, le ministre de l'Éducation qui avait lancé les États généraux, a dénoncé le changement de mandat, le processus suivi et certaines conclusions. Dans le cas de la déconfessionnalisation, affirmait-il, «ce sont les commissaires seuls qui ont décidé» contre l'avis de la population (Le Devoir, octobre 1996). Incidemment, si les régions du Québec sont effectivement différentes, pourquoi imposer une voie unique ?

Vous êtes aussi insultée du fait que la Coalition parle «d'atteinte aux libertés fondamentales». Mais vous souvenez-vous que pour arriver à la situation actuelle, il a fallu amender deux chartes des droits ? L'article 93 de la Charte fédérale, sous de fausses représentations (engagement du gouvernement à garder des écoles confessionnelles); et l'article 29 de la Charte québécoise, presque en catimini (évoqué lors de la commission parlementaire, l'amendement a été inclus dans la dernière version du projet de loi 95 présenté le matin du 15 juin et voté en moins d'une heure sans vote nominal et donc sans qu'on sache la proportion de députés en faveur).

Savez-vous qu'en 2007-08, selon les statistiques du Secrétariat aux affaires religieuses, une forte proportion de parents choisissent encore les cours d'enseignement moral et religieux catholique et protestant : 76 % au primaire et 57 % au secondaire. Si on trouvait que le choix des options n'était pas clair, il eut été si simple d'ajouter des éléments de culture religieuse à l'option Formation morale et d'observer l'évolution de la population, plutôt que d'imposer d'autorité un cours uniforme.

Bref, si on veut «éviter que cette lutte n'atterrisse devant les tribunaux», comme vous le dites, le plus simple n'est-il pas de trouver une autre solution plus respectueuse de la diversité de la population ?

jeudi 28 février 2008

mardi 26 février 2008

Comte-Sponville : à l'école l'instruction, à la famille l'éducation

La Croix interroge le philosophe athée André Comte-Sponville au sujet du retour de la morale à l'école :

« La Croix — L’école a-t-elle oublié l’éducation morale ?

André Comte-Sponville — Jamais complètement, mais elle en a longtemps sous-estimé l’importance. Les enseignants faisaient des cours d’éducation civique, mais se sentaient souvent mal à l’aise pour parler de morale. C’est ainsi que nos enfants en savaient plus sur la différence entre le conseil général et le conseil régional, par exemple, qu’entre le bien et le mal.

Sans vouloir tout mettre sur le dos de 1968, il faut dire que l’idéologie permissive et libertaire de ces années-là ne favorisait pas un discours moral. Toute morale passait pour oppressive, répressive, castratrice…
[...]
Rappelons toutefois que le meilleur enseignement, en matière de morale, est encore de donner l’exemple. Quant à l’école, sa fonction principale n’est pas l’éducation (la transmission des valeurs) mais l’instruction (la transmission des savoirs).

Pour la famille, c’est l’inverse : sa fonction principale est d’éduquer, non d’instruire. C’est sans doute parce que les parents ont plus de mal à assumer leurs responsabilités qu’on en demande plus à l’école. Mais si les parents ne font pas leur travail, qu’ils ne comptent pas sur les enseignants pour le faire à leur place !
[...]
Pour tout vous dire, je crois que la discipline, à l’école, est un problème plus important – encore plus important ! – que la morale. Relisez Freud. Pas de morale sans interdits ; pas d’interdits sans sanctions. »

lundi 25 février 2008

Poème d'une mère au cœur déchiré

Nous avons reçu ce poème d'une lectrice, nous pensons qu'il représente le sentiment de plusieurs parents croyants face à un État omnipotent dans le domaine de l'Éducation. C'est pourquoi nous le publions.

Dans les termes de l'auteur, « il se veut le sentiment intérieur d'une mère qui veut élever l'âme de son enfant, qui veut l'élever selon ses valeurs, mais qui se sent dépouillée par le gouvernement. Le but ultime du poème est d'illustrer comment le gouvernement dépouille les parents de leurs précieux droits face à leurs enfants en imposant ce cours de religion [le cours d'éthique et de culture religieuse] ou en fermant des écoles confessionnelles [évangéliques ou mennonites]. Comment une mère peut se sentir dépouillée, volée de ne pas pouvoir éduquer son propre enfant, de finalement peut-être n'être qu'une mère porteuse pour cette société étatique laïque qui veut s'approprier l'âme des enfants. »


Le cri déchirant de l’âme d’une mère

Mon cœur de mère crie et pleure
L’enfant que l’on m’enlève.
Mon âme est déchirée,
Ne l’entendez-vous pas crier?

Son âme chérie, j’aurais voulu élever,
Mais vous me l’avez enlevée.

Votre supposée connaissance, vous voulez lui inculquer,
Sans vous soucier
Comment J’aurais voulu, moi, sa mère, l’élever.

Vous avez décidé, sans me consulter,
Moi, la personne la plus concernée,
Qui, nuit et jour s’en est occupée,
Qui l’a dorloté et tant aimé.

Ne comprenez-vous donc pas que je lui ai tout donné?
Je devrais donc avoir le droit de l’élever.
Mais que faites-vous? NON pitié!
Vous me l’enlevez, vous me le volez!
NON, de grâce arrêtez!

Je ne veux pas que vous lui donniez,
Vos valeurs supposément considérées et bien étudiées.
Sinon vous m’asphyxiez et je ne puis plus respirer.

C’est mon enfant que J’ai porté,
Laissez-le moi, c’est mon bien aimé!

J’ai un précieux trésor à lui inculquer
Et ce n’est pas à vous de décider
Ce que l’on doit lui enseigner.
Sinon vous me le volez.

J’espère de tout cœur ne pas avoir été
Comme vous le souhaitiez
Une mère porteuse pour cette société
Qui s’approprie, sous un couvert rempli d’hypocrisie, l’âme chérie,
De ces tout-petits.

Merci!


Annie Morris Arsenault

mercredi 20 février 2008

Réunion des partisans du choix en éducation à Montréal

Plus de deux cents personnes se sont réunies hier, mardi, dans une grande salle de l'oratoire Saint-Joseph à Montréal, pour écouter quatre conférenciers s'exprimer sur le cours obligatoire que le Ministère de l'Éducation (MELS) du Québec veut imposer à tous les enfants de la province.

La conférence a commencé par l'intervention de Gary Gordon Caldwell, sociologue, écrivain et ex-commissaire des États-Généraux sur l’Éducation. Il a insisté sur le danger croissant de voir les parents perdre leurs droits à décider de l'éducation de leurs enfants. Perte de droits qui s'accompagne d'une emprise de plus en plus grande de la part de l'État en matière d'enseignement.

Madame Jean Morse-Chevrier, psychologue et présidente de l’Association des parents catholiques du Québec, s'est ensuite penchée sur le nouveau programme « Éthique et Culture religieuse » pour en signaler par des exemples concrets les dérives possibles : demande prématurée d'abstraction de la part des enfants (dès six ans!), confusion alors que l'enfant demande des repères, pression du groupe fréquente quand le programme demande aux enfants de « dialoguer » (avec quelles connaissances ?) et de voir comment ils sont parvenus à modifier ou non leurs points de vue. Tout cela sur de nombreux sujets délicats qui pourraient embarrasser ou blesser les enfants qui se trouveraient sans réponse ou en minorité.

Me Sylvie Fortin a brièvement rappelé comment on a privé les parents de leurs droits d'éducation religieuse dans les écoles qu'ils paient avec leurs impôts. Voir un résumé ici. Elle a ensuite présenté les possibilités d'action. Elle a rappelé comment les parents qui refusaient de voir leurs enfants assister au cours de religion – quand ceux-ci étaient la norme – pouvaient obtenir une dispense. La loi permet toujours cette dispense. Dans un premier temps, elle invite donc tous les parents opposés à l'imposition du cours d'ECR préparé par le ministère de demander la même dispense conformément à l'article 222, §2 de la Loi sur l'instruction publique :
Pour des raisons humanitaires ou pour éviter un préjudice grave à un élève, la commission scolaire peut, sur demande motivée des parents d'un élève, d'un élève majeur ou d'un directeur d'école, l'exempter de l'application d'une disposition du régime pédagogique. Dans le cas d'une exemption aux règles de sanction des études visée à l'article 460, la commission scolaire doit en faire la demande au ministre.

[...]

Exemption de règles.

460. Le ministre peut, aux conditions qu'il détermine, exempter un élève ou une catégorie d'élèves qu'il indique de l'application de certaines règles de sanction des études ou des acquis.

1988, c. 84, a. 460; 1997, c. 96, a. 135.
À cet effet, il suffit de remplir le document ci-dessous et de l'envoyer au directeur d'école de votre enfant. En pratique, on peut s'attendre à ce que la réponse provienne du directeur, mais seulement lorsque la commission scolaire aura établi des directives pour les écoles. Il est fort possible que le Monopole de l'Éducation en fasse de même à l'égard des commissions scolaires. On peut donc prévoir une période de flottement avant que le ministère et les commissions s'organisent. Toutefois, les commissions seront obligées (ou pourront être obligées[1]) à répondre , quitte à ce que cette réponse soit un refus, à ces demandes d'exemption qui étaient si souvent accordées quand il s'agissait de ne pas exposer un enfant à un cours de religion allant à l'encontre des convictions des parents.



Le formulaire proposé par Me Sylvie Fortin a connu un grand succès et a été distribué à un grand nombre de participants.

Enfin, le professeur de philosophie honoraire Bertrand Rioux, fondateur du Mouvement laïque de langue française, a rappelé l'importance de bien faire la distinction entre une saine laïcité (« Rendre à César ») et un laïcisme fermé où l'État rejette les religions à la stricte sphère privée tout en essayant d'imposer sa vision morale à tous et envahit le domaine réservé des convictions personnelles (César envahissant).

Prochaine réunion, à Mascouche ce samedi 23 février à 9 h  30 au 639, chemin des Anglais. L'équipe de l'émission « Second Regard » de la télévision de Radio-canada sera présente.

[1] Selon certains juristes présents, un recours en mandamus pourrait s'imposer dans les cas de refus de réponse, dans un délai raisonnable, de la part de l'Administration. La Coalition pour la liberté en éducation désire connaître les cas de refus ou d'absence de réponse.

samedi 16 février 2008

Le cours Éthique et de culture religieuse est loin de faire l'unanimité là où il est déjà implanté.

Article intéressant dans la Presse de ce samedi. Pour une fois, des journalistes ont fait leur boulot et ne se sont pas contentés de reproduire ce que les porte-parole du Monopole de l'Éducation avaient préparé à leur intention.

Quelques extraits et remarques :

Là où il a été testé depuis septembre 2006, le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse ne fait pas l'unanimité. Les élèves démontrent un intérêt mitigé, les parents s'y perdent et les enseignants réclament de la formation, révèle l'étude d'expérimentation obtenue par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Depuis plus d'un an et demi, huit écoles (cinq primaires, trois secondaires) expérimentent le nouveau programme appelé à remplacer l'enseignement moral et religieux dans les établissements scolaires du Québec dès septembre prochain. À l'hiver et au printemps 2007, le ministère de l'Éducation est allé vérifier sur le terrain comment se déroulait cette mini-révolution, qui rompt avec la tradition de l'enseignement confessionnel au Québec.

Le rapport, jamais rendu public, révèle qu'au secondaire, un élève sur cinq se dit « pas du tout intéressé» par le programme d'éthique et culture religieuse. Une proportion légèrement supérieure de jeunes, entre 25 et 33 % selon l'année scolaire, se sont dits « tout à fait » intéressés. Au primaire, l'intérêt «se manifeste par un rejet de l'ancien cours d'enseignement religieux, jugé ennuyeux et non pertinent par la quasi-majorité des jeunes interrogés», indique l'étude d'expérimentation réalisée auprès d'enfants tirés au hasard parmi les participants à ces projets pilotes.
Il est fort possible que les cours de religion catholique dans ces écoles aient été tout à fait ennuyeux, il faut se demander cependant pourquoi quand on connaît, d'une part, le peu de conviction des enseignants actuels — certains ne sont même pas catholiques — et, d'autre part, la tiédeur générale de l'action catholique en général.

Pour ce qui est de la pertinence, il est assez ironique de relever ce tort. En quoi Glouscap est-il plus pertinent pour les jeunes Québécois ? Ou s'agit-il simplement d'un préjugé favorable distillé depuis le primaire au sujet de tout ce qui touche aux Amérindiens ? Nous sommes au Québec après tout, terre fertile du correctivisme politique et des écoles aux mutins de Panurge.
Les enseignants ont quant à eux démontré beaucoup d'intérêt à apprendre aux enfants les détails entourant le ramadan, la naissance du gourou Nanak, le récit de Glouskap ou encore le port du kirpan.
On se demande bien pourquoi... Veulent-ils enseigner ou savoir eux-mêmes de quoi il retourne ?
Mais en contrepartie, ils ont réclamé de la formation supplémentaire, pour assurer une connaissance de base sur les cultures religieuses. Cette demande a été entendue par le Ministère: 400 formateurs ont été envoyés partout au Québec en prévision de l'implantation du cours à l'automne.
Efforts supplémentaires réalisés avec les impôts de 57 % des parents qui s'opposent à l'imposition de ce cours. À ce titre, le Monopole de l'éducation a également produit des trousses d'information, des présentations assistées par ordinateur, un dépliant à l'intention des parents et des professeurs. Le tout pour convaincre les récalcitrants avec leurs impôts... C'est quand même émouvant un Monopole à l'œuvre...

Voir l'extrait de lettre envoyée il y a quelques semaines aux directeurs d'école et reproduit ci-dessous :

[...]l'étude émet une mise en garde : les écoles participantes aux projets pilotes n'ont pas été choisies aléatoirement, mais sur une base volontaire. Ainsi, les directions d'établissements qui ont expérimenté le cours étaient a priori favorables au programme, peut-on lire dans le rapport d'expérimentation. Et elles ne sont pas toutes représentatives. Par exemple, l'école primaire Saint-Jean-Baptiste, à Québec, est bien particulière : déjà, avant d'implanter le nouveau cours d'éthique et culture religieuse, à l'automne 2006, près de 80% des élèves étaient inscrits en enseignement moral plutôt que religieux. C'est exactement la proportion inverse qui prévaut actuellement dans l'ensemble des écoles du Québec.

« Les résultats de l'étude ne peuvent pas servir à prévoir les réalités qui seront vécues quand le programme d'ECR sera implanté à la grandeur du Québec », conclut le document.

Or, ce sera le seul rapport concernant l'expérimentation du nouveau cours, puisque le contenu du programme a été approuvé à l'été 2007 et que le matériel didactique, en cours d'élaboration, devrait être prêt vers la fin du printemps ou au début de l'été.

mercredi 13 février 2008

France — « L’école laïque, gratuite et obligatoire » constitue un mythe fondateur

« L’école laïque, gratuite et obligatoire » constitue un mythe fondateur de la IIIe République. Cependant ni le principe de la gratuité de l’enseignement ni celui de son obligation ne datent de cette époque : les petites écoles de l’Ancien Régime n’étaient pas payantes, les milliers de Frères des écoles chrétiennes donnaient un enseignement gratuit depuis 1681, pour instruire gratuitement les enfants du peuple ; et Louis XIV avait édicté l’obligation scolaire jusqu’à quatorze ans, en 1698.

En 1880 à la chambre des députés, Paul Bert, personnalité marquante du parti républicain, reconnaissait que 85 % des enfants étaient scolarisés dans le primaire mais mal scolarisés car ils l’étaient par l’Église.... l’important dans les lois Ferry, c’est la laïcité [ou le laïcisme]. En 1998, Jean-Michel Gaillard fit remarquer lors d’un colloque organisé à la Sorbonne, que « la laïcité loin d’être idéologiquement neutre, était un combat mené par les instituteurs contre la monarchie et le cléricalisme ». En décrétant la laïcité, Ferry veut en réalité que les enfants soient coupés des milliers de religieuses et de religieux qui se consacrent à l’enseignement primaire.
(Jean Sévillia, Historiquement correct, pour en finir avec le passé unique, p.284).

« Théoriquement, l'« école obligatoire » date de Louis XIV et non de Jules Ferry. » (François Bluche, Louis XIV, Fayard, Saint-Amand-Montrond 2002, p. 494). Le principe de l'obligation scolaire se trouve déjà en 1698 dans un un édit de Louis XIV, même si celui-ci fut peu suivi d'effets. À l'étranger il avait été mis en œuvre par la Prusse en 1717, ébauché par l'Autriche en 1774 avant d'y devenir effectif en 1869.

Les frères des écoles chrétiennes dispensaient déjà aux enfants du peuple une instruction gratuite.

Et la loi Guizot en 1833 garantit la gratuité de l'école pour les indigents.
Là où Jules Ferry va innover, c'est vrai, c'est en liant gratuité et obligation avec la laïcité...
(Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 70).