lundi 3 novembre 2025

« La messe n'est pas dite », appel à un sursaut culturel chrétien

Dans son nouveau livre, l’essayiste et président du Parti Reconquête se livre à un vibrant plaidoyer pour l’identité chrétienne de la France, sa seule voie de salut. En voici quelques extraits. 

Une compétition avec l’islam dans l’espace public 

Depuis le VIIe siècle, c’est l’islam qui déploie et incarne l’étendard d’un Orient toujours en quête de revanche contre l’Occident.

Mais l’Église ne veut rien entendre. Avec à sa tête, jusqu’à sa mort il y a quelques mois, un pape « pacifiste », comme on l’était lors des années 1930, elle s’est perdue dans une quête inlassable de complaisance et de compromis, et s’est obstinée à appeler ami ce qu’elle devrait reconnaître comme ennemi. De concession en concession, il est fait une place de plus en plus grande dans le paysage urbain de l’Occident, et donc dans l’imaginaire des populations européennes, à la religion islamique. Et donc à la civilisation islamique. De plus en plus de mosquées, d’écoles coraniques, de boutiques halal, de nourriture halal, de femmes voilées, d’hommes en qamis. Pour reprendre […] la terminologie de Fukuyama, les formes islamiques imprègnent peu à peu l’espace européen, tandis que les formes chrétiennes s’effacent et disparaissent.

En France, de nombreuses églises sont brûlées, vandalisées, pillées dans l’indifférence générale. En revanche, si la moindre mosquée, la moindre synagogue sont simplement taguées avec des mots insultants, c’est l’émotion générale, les autorités médiatiques, politiques, voire les représentants de l’État, sans oublier les autorités religieuses chrétiennes et juives, s’émeuvent, manifestent dans la rue. Seul l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a suscité une immense et intense émotion planétaire. Certains esprits y ont vu un avertissement divin, annonçant la fin de l’Europe chrétienne.

Quoi qu’il en soit, l’avenir de la chrétienté en Europe s’écrit en lettres de feu dans ce XXIe siècle de tous les dangers : des Européens de moins en moins chrétiens et de moins en moins nombreux, noyés au milieu de musulmans de plus en plus nombreux et de plus en plus musulmans.

Une alliance entre Juifs et catholiques

De plus en plus de Juifs et de plus en plus de catholiques ont pris conscience que seule leur alliance peut sauver la France et l’Europe d’une inéluctable et funeste islamisation. Ils ont compris qu’ils étaient liés par la même menace, celle que résume le fameux proverbe arabe : « Après le samedi, vient le dimanche ». Je parle bien d’une lutte contre l’islamisation, et non contre tous les musulmans. Ce n’est pas la rhétorique prudente. Des personnalités musulmanes, venues d’Algérie, comme les écrivains Kamel Daoud ou Boualem Sansal, sans oublier des réfugiés iraniens qui ont fui le régime islamique de Téhéran, et bien d’autres anonymes — Libanais survivants de la guerre civile, Algériens qui ont échappé aux milices du GIA pendant les années 1990, ou musulmans maghrébins ou africains qui apprécient le mode de vie laïque à la française, respectueux de la liberté individuelle — rejoindront ce combat pour l’identité française. Ils savent, eux, que seule une France française, c’est-à-dire à la fois chrétienne et laïque, peut les protéger de la pression familiale et communautaire qui les somme, non sans violence, d’être de « bons musulmans » et non pas des « sales Français ». Malheureusement, une grande partie de la jeunesse musulmane, née en France mais biberonnée, depuis sa plus tendre enfance, à la haine de soi française et à la culture du ressentiment colonial par l’école de la République et les médias de gauche, ne semble pas partager ce combat pour l’identité française.

Le clivage se situe aussi au milieu des catholiques français et européens. Les uns se sont engagés résolument dans la lutte pour l’identité de la France et de l’Europe, liant foi catholique et civilisation chrétienne. D’autres refusent de voir dans leur foi « une identité », même française et européenne, et s’accrochent aux plis d’une Église universelle (katholikos, καθολικὴ ἐκκλησία) et à son message humaniste.

[…]

C’est la sempiternelle querelle qui divise le christianisme depuis l’origine. Identité ou universalisme ? Une loi ou une foi ? Pierre (et Jacques) ou Paul ? Judéo-chrétien ou ami des gentils ?

On se souvient que l’universalisme humaniste de Paul a permis à la petite secte des adorateurs de Jésus de conquérir le monde romain sans armes, en quelques siècles seulement. Or, cette fois-ci, il ne s’agit pas de conquérir, mais de sauver. Pas d’attaquer, mais de défendre. Pas de gagner les cœurs, mais de sauvegarder les âmes. Après tout, saint Paul lui-même, l’homme des grandes ambitions et des grandes perspectives, ne méconnaît pas les nécessités de la protection de sa famille et de sa nation : « Si quelqu’un ne prend pas soin des siens, et en particulier de ceux de sa maison, il a renié la foi et il est pire qu’un infidèle. » Un pays ressemble beaucoup à une famille.

[…]

Pour survivre, la chrétienté européenne doit accomplir une […] révolution culturelle. Des évêques aux fidèles, tous doivent comprendre que l’humanisme abâtardi en humanitarisme et l’universalisme abâtardi en mondialisme nous tuent. Ils font le lit de l’islamisation de l’Europe et de la destruction du christianisme d’Europe, conduisant en quelques décennies à une inéluctable minoration démographique, qui entraînera une marginalisation culturelle et une soumission politique. Les peuples chrétiens d’Europe deviendront minoritaires sur leur propre sol : c’est le destin qui les guette s’ils refusent de renoncer à leur ingénuité universaliste. S’ils refusent de défendre dans le christianisme une identité, une culture, une civilisation. S’ils refusent de préserver les fameuses formes chrétiennes qui ont fait l’Europe et de les imposer à tous ceux qui vivent sur le continent européen. S’ils s’avèrent incapables de renouer avec leur vigueur, leur intrépidité, leur courage passé, à peine tempérés par les « paix de Dieu » et le message charitable des Évangiles imposés par l’Église, dans une sorte de catholicisme viril du Moyen Âge.

L’Église commence à muer

Un frémissement […] agite aujourd’hui notre vieille terre chrétienne d’Occident : les messes de rite traditionnel font le plein ; les évangéliques renouent avec le côté festif et liturgique du christianisme des origines, pour le plus grand plaisir d’assemblées de fidèles joyeux et enthousiastes ; le romancier français le plus célèbre, Michel Houellebecq, combat une législation autorisant l’euthanasie et clame sa quête de Dieu ; les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) connaissent un grand succès populaire… Dans le même temps, les colonnes de jeunes gens pérégrinant sur les chemins ardus et caillouteux qui conduisent à la cathédrale de Chartres le lundi de Pentecôte s’étendent indéfiniment d’année en année : les 500 pèlerins de 1983 sont devenus, quarante ans plus tard, près de 20 000 qui proclament haut et fort l’encyclique de Pie XI : « Il faut chercher la paix du Christ par le règne du Christ. » À Lourdes, les églises sont submergées : 20 000 jeunes et adultes se sont fait baptiser à l’occasion du carême qui préparait à la Pâques de 2024 ; les jeunes hommes reviennent peu à peu dans les églises pour se faire baptiser, alors qu’ils avaient depuis des décennies fait place nette aux femmes, ce qui avait fait dire à l’écrivain Joseph Conrad à l’humour très britannique : « Dieu est pour les hommes, mais la religion est pour les femmes. » L’Église catholique de France commence à muer intelligemment en « une contre-société », tenant un contre-discours, refusant le dogme imposé par les lobbys féministes et LGBT et renouant le contact avec de jeunes hommes déboussolés par les coups de boutoir de l’idéologie de genre, alors que ses prêtres avaient, pendant des siècles, entretenu avant tout des relations avec les femmes.

Comme si le « grand remplacement » d’une civilisation par une autre, en cours dans tous les pays d’Occident — catastrophe plus irrémédiable encore qu’une défaite militaire —, associé a l’offensive woke, démolissant sans vergogne les réalités biologiques et anthropologiques les plus profondes, entraînait au sein de la jeunesse occidentale une réaction de survie, un réflexe commandé par la peur de disparaître : Qui suis-je ? Que dois-je défendre ? En quoi crois-je ? En qui puis-je espérer ? Qui peut me sauver ?


La Messe n’est pas dite, 

par Éric Zemmour, 
chez Fayard, « Pensée libre »,
128 pp.


États-Unis : l’enseignement de l’histoire amorce un retour à l’équilibre

Des programmes militants remis en question

Longtemps dominé par une vision « progressiste » de l’histoire et de la société, le monde de l’éducation américain vit aujourd’hui une profonde réévaluation.

Sous l’effet conjugué des pressions politiques, des controverses publiques et d’un ras-le-bol grandissant face à l’idéologie militante dans les écoles, plusieurs États et grandes institutions universitaires ont commencé à revoir leurs programmes — parfois à les retirer purement et simplement.

Dans de nombreux cas, il s’agit de corriger des excès idéologiques : des manuels centrés sur la « race », le « genre » ou le « colonialisme » sont mis de côté, tandis que les cours d’éducation civique ou d’histoire reviennent à des contenus plus factuels et moins polémiques.

Fin d’un cycle d’endoctrinement éducatif

La Californie, bastion démocrate, illustre bien cette inflexion.

Après avoir voulu rendre obligatoire un cours d’« études ethniques » au secondaire — discipline souvent militante, accusant l’Occident et Israël de colonialisme —, l’État a finalement suspendu son financement.

Désormais, les districts scolaires ne sont plus tenus d’offrir ce cours, et les enseignants de San Francisco doivent s’en tenir à un manuel unique, expurgé de tout contenu idéologique lié au conflit israélo-palestinien.

Ce recul marque un tournant symbolique pour un État longtemps à la pointe du militantisme éducatif. « Même les démocrates de centre gauche s’éloignent de ces idéologies gauchistes, devenues un handicap politique », résume le penseur conservateur Christopher Rufo. Selon ce militant conservateur qui a milité pour ces changements dans l’éducation, le retour au pouvoir de Donald Trump n’a qu’accéléré le mouvement du pendule. Depuis cinq ans, au moins 20 États ont adopté des lois encadrant les discussions en classe sur la race, le genre et l’histoire américaine.

Des institutions sous pression pour plus de neutralité

Le mouvement touche aussi le monde universitaire.

L’Université Brown, connue pour ses programmes d’éducation sociale, a fermé son programme “Choices”, utilisé depuis trente ans dans de nombreuses écoles secondaires.

Conçu à l’origine pour encourager la réflexion critique, le programme avait glissé vers une approche partisane, notamment dans ses modules sur le Moyen-Orient, accusés d’entretenir un biais anti-israélien.

Officiellement, l’université invoque des raisons budgétaires, mais des documents internes montrent que la baisse de la demande et les controverses autour de ses contenus ont pesé lourd dans la décision.

Les archives en ligne ont été effacées, et les plans de cours — représentant plus de 200 000 $ de matériel pédagogique — ne seront pas redistribués.

L’Anti-Defamation League (ADL), pourtant pilier militant du mouvement antiraciste américain, a elle aussi retiré des dizaines de leçons de son site.


Parmi les sujets supprimés : l’identité transgenre (voir ci-dessus), les microagressions, ou encore les stéréotypes de genre dans les jeux vidéo. Comme on peut le voir le programme cherchait à faire naître l'empathie envers les adolescents dits transgenres.

Officiellement, ces contenus sont « révisés », mais leur retrait marque un virage vers davantage de prudence et de neutralité dans le traitement des questions sociales.

Des enseignants désormais plus prudents

Même les organismes non partisans ressentent ce changement.

iCivics, plateforme d’enseignement fondée par l’ancienne juge de la Cour suprême Sandra Day O’Connor, note une baisse de fréquentation de certaines de ses leçons, notamment celles sur la séparation des pouvoirs ou la Constitution.

Les enseignants, craignant d’ouvrir des débats politiques houleux, se concentrent sur des documents primaires et des explications neutres, évitant de commenter l’actualité ou les personnalités politiques.

L’organisation encourage cette approche : enseigner le fonctionnement du gouvernement américain sans glisser dans le militantisme, en s’appuyant sur les textes fondateurs plutôt que sur les débats idéologiques du moment.

Un recentrage bienvenu

L’ensemble de ces évolutions traduit une prise de conscience croissante : l’école ne peut pas être un laboratoire d’expérimentations idéologiques.

Le rôle de l’enseignement de l’histoire et de la citoyenneté est d’instruire, non de militer.

Alors que la polarisation politique continue de diviser la société américaine, de plus en plus d’éducateurs, de parents et de responsables politiques appellent à un retour à la neutralité, au pluralisme et à la rigueur historique.

Ce recentrage, encore fragile, pourrait bien marquer la fin d’une époque où l’éducation servait d’instrument à des combats identitaires, au détriment de la transmission des savoirs et du sens civique.

dimanche 2 novembre 2025

Accords de 1968 entre la France et l'Algérie : les privilèges et les coûts

 
 Eric Zemmour a réagi aux récentes déclaration de monsieur Nunez sur l'Algérie. Il a dénoncé son positionnement et le fait qu'il allait se coucher devant ce pays ennemi qui cherche à nous coloniser et à créé le trouble en France. Eric Zemmour appelle à la fin des négociations avec l'Algérie et à la prise d'un rapport de force.
 

Billet du 30 octobre 2025

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Alger ordonne la chasse au français dans les écoles

Algérie : des porteurs de drapeaux berbères écopent de 6 mois de prison ferme. Une vingtaine de personnes avaient été arrêtées lors d'une manifestation le 17 septembre 2019 à Alger, dont une majorité pour avoir brandi des drapeaux berbères.
 
 
 
 
 

À l'ère de l'IA, faut-il encore faire des études ?

L’entendez-vous, cette petite musique qui monte tout doucement ? Les étudiants et les diplômés seraient trop nombreux, superflus, voire parfois carrément inutiles. En publiant Le Chaos qui vient, traduit en français par les Éditions du Cherche midi, Peter Turchin avait sonné le tocsin. Nos sociétés occidentales, assure-t-il, produisent plus d’aspirants à l’élite qu’il n’y a de places disponibles. Selon l’anthropologue américain, ce déséquilibre a des conséquences catastrophiques : l’appauvrissement des classes populaires et l’émergence d’une génération de déclassés, frustrés au point de menacer l’édifice social tout entier. Milan Kundera, déjà, dans L’insoutenable Légèreté de l’être, faisait dire à Franz : «Il y a de plus en plus d’universités et d’étudiants. Pour décrocher leurs parchemins, il faut qu’ils se trouvent des sujets de diplômes. Il y a un nombre infini de sujets, car on peut disserter sur tout. Les liasses de papier noirci s’accumulent dans les archives qui sont plus tristes que des cimetières parce qu’on n’y vient même pas à la Toussaint. »

Et voilà que surgit l’intelligence artificielle. Dans leur nouveau livre, Ne faites plus d’études : comment apprendre à l’ère de L’IA ? (Buchet-chastel), le médecin et conférencier charismatique Laurent Alexandre et l’économiste Olivier Babeau prédisent la fin de «l’aristocratie des talents» . Ils ne s’interrogent pas sur l’éventualité d’un cataclysme. Pour eux, l’affaire est entendue : « les robots ouvriers auront les mêmes compétences que celles du polytechnicien ». Ils spéculent seulement sur la date de péremption des formations traditionnelles.

Le glas des « je-sais-tout-je-vais-à-la-fac », moqués dans l’excellente série satirique américaine South Park, aurait sonné. À quoi bon s’encroûter sur les bancs de la faculté de médecine si CHATGPT 5 peut diagnostiquer une maladie rare mieux qu’un interne en médecine après sept années d’études ? L’IA est déjà quatre fois plus performante dans les diagnostics médicaux, d’après Laurent Alexandre, chirurgien de formation. Et pourquoi débourser 15 000 euros par an pour une école de commerce quand un agent conversationnel peut produire une stratégie marketing impeccable en quelques secondes ? Sam Altman, le patron d’openai, a déclaré que son enfant n’étudierait « probablement pas» à l’université. On rétorquera au créateur de CHATGPT qu’il a tout intérêt à jouer les bonimenteurs pour vendre son élixir miracle.

Certains titres desservent leurs auteurs et le contenu de leur œuvre. Cet ouvrage volontairement provocateur, en fait partie. Il aurait dû s’intituler « Ne faites plus d’études telles qu’on les connaît » ou « Apprenez autrement ». « La bonne question n’est plus “quelle école dois-je intégrer ?” mais “quelles compétences dois-je maîtriser pour atteindre mon objectif ?”», résument-ils. En réalité, le médecin énarque et le docteur en sciences de gestion conseillent moins de briser le moule qui les a façonnés que de repenser l’architecture de la connaissance. Les « rois » du marché du travail de demain seront «les compositeurs d’intelligence», assurent-ils. Derrière cette formule barbare, aux airs de mantra de développement personnel tout droit sorti du réseau social Linkedin, se dessine une idée plus stimulante. Le savoir de demain sera hybride par nécessité, s’appuiera sur la puissance des algorithmes et marquera « la revanche des autodidactes » face à ceux accrochés aux diplômes comme à la bouée d’un bateau académique en plein naufrage.

Cette tectonique des plaques cognitives tient de la rupture civilisationnelle à en croire les auteurs, qui la comparent à « l’invention du feu ». Toute révolution couronne ses élus. Qui seront ceux de L’IA ? Aux côtés des magnats de la tech, les rois de demain, selon la prophétie des auteurs, certaines professions pourraient être reconsidérées. Les aides-soignants, auxiliaires de vie, sages-femmes, éducateurs spécialisés… un tas de professions où l’on ne roule pas sur l’or, mal rétribuées dans nos sociétés obsédées par les cols blancs, vont gagner en valeur. Celles « du soin et du lien ». CHATGPT ne change pas la couche de votre bambin, Mistral ne prend pas la main de votre grand-mère souffrante et « désamorcer une crise d’angoisse, aucune IA ne peut réellement s’y substituer ».

Pour ceux qui s’obstinent à travailler dans le domaine des services, une compétence vaudra son pesant de cacahuètes sur le marché de l’emploi : le « faire savoir ». Les auteurs conseillent aux futurs étudiants de ne plus chercher à «accumuler les notes ». « Ce que vous montrerez vaut mille fois plus que ce que vous déclarerez avoir appris, déclarent-ils. La compétence ne se proclame plus. Elle s’expose. » C’est en tout cas ce qu’ils exposent.

Est-ce à dire que les «premiers de cordée» seront des influenceurs de leur supposé savoir ? Des marchands de leurs compétences avant d’être des sachants ? Babeau et Alexandre assurent qu’ils ne font pas « une apologie du décrochage », louent les vertus de « l’ennui » pour la créativité et insistent sur la fracture à venir : d’un côté, les lecteurs et les connaisseurs d’une histoire millénaire, capables de « reconnaître le doute, détecter le biais, sentir l’absurde et le dangereux derrière la belle tournure » des IA, et de l’autre ceux engloutis dans une époque où la moitié de notre temps libre est déjà vampirisée par les écrans, où nos adolescents s’abîment en scrollant sur Tiktok. « Les livres érigeront les fondations du château de vos savoirs », écrivent-ils. Dans le flot de livres sur l’IA publiés par les maisons d’édition chaque mois depuis deux ou trois ans, Ne faites plus d’études prend, à sa manière, ses distances avec les techno-béats de la Silicon Valley, sans tomber sans le luddisme primaire. Une vertu qui souligne à elle seule l’intérêt du livre.


Source: Le Figaro


samedi 1 novembre 2025

Trump annonce une possible intervention militaire au Nigeria

Le président américain Donald Trump a exprimé samedi son intention de prendre des mesures militaires si le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, ne met pas fin à ce qu’il décrit comme des « meurtres de chrétiens » perpétrés par des « terroristes islamistes ».

Un policier monte la garde à l’intérieur de l’église catholique Saint-François, au lendemain d’une attaque qui a visé des fidèles à Owo, au Nigeria, en 2022.

« Si le gouvernement nigérian continue de tolérer les meurtres de chrétiens, les États-Unis cesseront immédiatement toute aide au Nigeria et pourraient envisager une intervention dans ce pays avec une action décisive pour éliminer complètement les terroristes islamistes responsables de ces actes graves », a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social.

« Je demande au ministère de la Guerre de se préparer à une éventuelle action », a-t-il ajouté. 

Avertissement : le gouvernement nigérian a intérêt à agir rapidement ! », a-t-il insisté en majuscules.

Vendredi, Donald Trump a placé le Nigeria sur la liste des pays « particulièrement préoccupants » en matière de liberté religieuse, estimant que « le christianisme y est confronté à une menace existentielle ». « Les islamistes radicaux sont responsables de ce massacre de masse », avait-il affirmé dans un message précédent. « Il faut agir lorsque des chrétiens, ou tout autre groupe, sont massacrés comme c’est le cas au Nigeria », a-t-il ajouté.

Samedi, le président nigérian Bola Tinubu a réagi sur X, affirmant que « la caractérisation du Nigeria comme un pays intolérant sur le plan religieux ne reflète pas notre réalité nationale ».

Cette décision de Donald Trump intervient après plusieurs mois de démarches de la part d’élus américains conservateurs, qui estiment que les chrétiens au Nigeria font face à de graves difficultés. Ces préoccupations ont également été relayées par des associations chrétiennes et évangéliques, ainsi que par certains responsables politiques européens.


Contexte sécuritaire au Nigeria

Le Nigeria fait face à de nombreux défis sécuritaires. Dans le nord-est, l’insurrection djihadiste de Boko Haram, active depuis 2009, a causé plus de 40 000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes, selon les estimations des Nations unies. 

Bien qu’affaiblis, Boko Haram et son groupe dissident, la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (ISWAP), restent actifs.

Au centre du pays, des affrontements entre éleveurs peuls, majoritairement musulmans, et agriculteurs, souvent chrétiens, surviennent régulièrement. Ces conflits, souvent perçus comme interreligieux, trouvent principalement leurs origines dans la concurrence pour l’accès aux terres.

Dans le nord-ouest, des bandes criminelles, appelées localement « bandits », sèment la terreur en attaquant des villages, en tuant, en kidnappant pour des rançons et en incendiant des maisons après les avoir pillées.

Mi-octobre, le conseiller pour l’Afrique de Donald Trump, Massad Boulos, basé au Nigeria depuis plusieurs décennies, a indiqué que les djihadistes tuaient « plus de musulmans que de chrétiens ».

Le Nigeria est divisé de manière presque égale entre un nord à majorité musulmane et un sud majoritairement chrétien.

Cette attention particulière portée aux chrétiens nigérians s’inscrit dans la continuité des positions de Donald Trump concernant les Afrikaners, descendants européens établis en Afrique du Sud depuis 1652.

Voir aussi

L’Occident reste indifférent alors que des chrétiens sont massacrés et persécutés dans le monde entier

Le Nigéria a connu en 2023 l’année la plus sanglante en matière d’attaques islamistes contre les chrétiens (8000 chrétiens assassinés)

Nigéria : 38 millions d’habitants en 1950, 190 millions en 2018, 400 millions en 2050 ?

France — Actes antichrétiens : l’assourdissant silence des médias et de la classe politique

Attaque de colons sionistes contre un village chrétien palestinien (Taybeh/Tayibé)

Les communautés chrétiennes en Israël font face à une hostilité croissante, selon un rapport annuel

Le Noël tourmenté des chrétiens d’Orient

Syrie — Au moins 20 morts dans un attentat contre une église grecque-orthodoxe

« Certains Israélites crachent sur les chrétiens qu’ils croisent à Jérusalem », Mgr Gollnisch de l’Œuvre d’Orient

Nouvelle enquête de Reuters sur les massacres d’Alaouites. Les forces syriennes ont massacré 1 500 alaouites. La chaîne de commandement a conduit à Damas.

Révisionnisme — Pour Mélenchon, Saladin a permis aux Occidentaux de construire les cathédrales

 

jeudi 30 octobre 2025

« Nous ne sommes pas en URSS, mais... »

Question. — De livres en livres, d’articles en d’articles, vous ne cessez de pointer la dérive autoritaire, voire totalitaire du camp progressiste. Dans Les Deux Occidents (La Cité), vous allez jusqu’à présenter la victoire de Trump comme une libération et expliquer que le monde occidental est désormais divisé en deux blocs antagonistes : un nouveau rideau de fer séparerait l’Amérique trumpienne d’une Europe dominée par des forces d’« extrême centre ». Avez-vous vraiment le sentiment que l’Union européenne est en train devenir la nouvelle Allemagne de l’Est ou la nouvelle Union soviétique ?

Bock-Côté. — Je n’ai jamais dit que Trump était une libération, mais qu’une bonne moitié de l’Amérique, au moins, l’a vécu ainsi. Le wokisme était devenu tyrannique. Le commun des mortels ne comprenait pas la banalisation de la censure à grande échelle pour lutter contre la « haine », qu’on traite les enfants comme les cobayes de la théorie du genre, qu’on institutionnalise le racisme antiblanc à travers le paradigme du DEI (diversity, equity, and inclusion, une expression résumant les trois principes établis pour promouvoir l’inclusion et la lutte contre les discriminations envers des groupes historiquement minoritaires ou minorisés, NDLR), qu’on légitime une immigration massive devenue inassimilable ou que la puissance américaine se perde dans une forme de guerre perpétuelle pour assurer la promotion de la « démocratie » dans le monde. Alors le commun des mortels s’est révolté en votant pour un homme improbable, extravagant, brutal, qui dira le contraire, entendant renverser la table. Cette victoire de la révolte populiste au cœur de l’empire, à Washington, a fait paniquer la nomenklatura européenne, qui s’est jurée d’empêcher la victoire des insurgés chez eux, et qui aujourd’hui, entend verrouiller les institutions politiques, sous le signe de l’État de droit, pour à tout prix empêcher les populistes d’arriver au pouvoir. Je crois que nous parlerons de ces moyens dans notre entretien.

mercredi 29 octobre 2025

Tension en Israël : les juifs ultra-orthodoxes réprimés violemment (m à j. vidéo Montréal)

Rarement a-t-on vu autant de juifs hassidiques manifester au centre-ville de Montréal. Ils étaient plusieurs centaines à se diriger hier soir au consulat d’Israël. L’enjeu tourne autour de l’obligation de servir le pays en zone de guerre. Cette communauté en est actuellement exemptée.


En Israël, des juifs ultraorhodoxes de la communauté haredim (les « pieux ») s’opposent à l'engagement militaire de leur pays au Proche-Orient. 

À la suite des attaques terroristes du 7 octobre, Israël a mobilisé son armée sur de nombreux fronts. Avec un besoin d’hommes important pour mener ses campagnes militaires, le pays s’est tourné vers les Haredim, une communauté d’ultra-orthodoxes juifs, exemptés jusqu’alors de service militaire.

Depuis plusieurs mois, les Haredim manifestent contre les guerres d’Israël et pour sauvegarder leur statut spécial, estimant que leur judéité doit se traduire dans leur pratique religieuse et non par des campagnes militaires.
 


Voir aussi 

Brève : mise à jour de l'indice de fécondité en Israël pour 2024 et (1T2025)

Israël a besoin de plus de troupes, mais la coalition au pouvoir ne veut pas enrôler les ultra-orthodoxes. (2024)

Les « séminaristes » Israéliens ultra-orthodoxes s'opposent au service militaire (2024)

En Israël, le taux de fécondité en 2022 était de 3 enfants par femme (1,49 au Québec; 1,80 en France; 1,39 en Suisse et 1,53 en Belgique)

Les communautés chrétiennes en Israël font face à une hostilité croissante, selon un rapport annuel

Le Noël tourmenté des chrétiens d'Orient

« Certains Israélites crachent sur les chrétiens qu’ils croisent à Jérusalem », Mgr Gollnisch de l'Œuvre d'Orient

Un journaliste israélien se fait passer pour un prêtre - et se fait cracher dessus à Jérusalem (juin 2023)

Attaque de colons sionistes contre un village chrétien palestinien (Taybeh/Tayibé) (2025)

 

 

 

 

Erasmus la nouvelle auberge...maghrébine ?

L’Union européenne envisage d’intégrer des pays du Maghreb et du Proche-Orient au programme Erasmus. Une nouvelle route à sens unique pour l’immigration.

C’était au début du siècle. En 2002, sortait dans les salles françaises L’Auberge espagnole, avec Romain Duris et Cécile de France. Film choral sur la vie de huit étudiants européens partageant un même appartement à Barcelone, le long-métrage de Cédric Klapisch allait devenir emblématique de la génération Erasmus, du nom du programme universitaire d’échange. Deux décennies plus tard, Klapisch pourra bientôt tourner une suite intitulée… « L’Auberge algérienne » ! Le premier film faisait l’éloge de l’ouverture européenne. Cette fois, il s’agirait de vanter l’inclusivité des dictatures arabes. Klapisch pourrait même imaginer un scénario où l’Algérie démontrerait tout son sens de l’hospitalité en retenant sur son sol ses étudiants européens. Cela ressemble à une blague, c’est pourtant tout ce qu’il y a de plus sérieux : l’Union européenne envisage d’intégrer des pays du Maghreb et du Proche-Orient au programme Erasmus. Les 10 pays concernés sont l’Algérie, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, les territoires palestiniens, la Syrie et la Tunisie. Au moment même où le budget 2026 présenté par Sébastien Lecornu supprime les aides personnalisées au logement (APL) pour les étudiants étrangers hors UE non boursiers, la Commission européenne entend accueillir encore davantage d’élèves émanant de ces pays. Rappelons par ailleurs qu’en 2023, cette même Commission a exclu la Hongrie du programme Erasmus sous prétexte que Viktor Orbán entraverait l’État de droit et ciblerait des minorités. Est-ce à dire qu’aux yeux de l’UE, le régime du chef de gouvernement Orbán, démocratiquement élu, est moins fréquentable que celui du président Tebboune, qui détient arbitrairement dans ses geôles Boualem Sansal et Christophe Gleizes ? Ou moins respectable que le Hamas, qui exécute les homosexuels en les jetant du haut des immeubles ?

Cet élargissement d’Erasmus s’inscrit dans le pacte pour la Méditerranée et s’accompagne d’un doublement du budget consacré à cette région, qui passerait à 42 milliards d’euros. Une « université méditerranéenne » délivrant diplômes conjoints devrait aussi voir le jour. « La région méditerranéenne constitue un pont vital », peut-on lire dans le pacte. Plus qu’un pont, il faut y voir une route à sens unique. En vérité, on imagine mal les jeunes Français ou les jeunes Italiens se précipiter à Gaza ou à Tripoli pour poursuivre leurs études.

En revanche, il ne fait aucun doute qu’une partie des étudiants extra-européens resteront en Europe une fois leur année Erasmus achevée. La commissaire Dubravka Suica, qui porte le projet, ne cache d’ailleurs pas que l’un des objectifs de la Commission est de « faciliter la délivrance des visas » et d’ouvrir des « voies légales pour répondre aux besoins de main-d’oeuvre de l’Europe ». En France, l’immigration étudiante est déjà, depuis 2022, le principal motif d’octroi des premiers titres de séjour. Huit ans après leur arrivée pour motif étudiant, 61 % des Algériens ont gardé un titre de séjour en France, dont les deux tiers pour motif familial. Tout cela en dit long sur l’Europe voulue par Bruxelles. Si la montée des partis dits « populistes » témoigne de la révolte des peuples contre l’immigration de masse, la technostructure européenne n’entend rien céder et poursuit son projet utopique d’UE supranationale coupée de ses racines culturelles. Une Europe qui ne serait plus une civilisation, mais une auberge mondiale.

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mardi 28 octobre 2025

Médecine : la parité à sens unique

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les données récentes sur les effectifs en médecine au Québec, les femmes sont désormais largement majoritaires, tant dans les études que dans la pratique.

Parmi les médecins en activité, on compte environ 25 % de femmes de plus que d’hommes. Et dans les facultés, l’écart est encore plus marqué : les étudiantes sont deux fois plus nombreuses que leurs camarades masculins.


Autrement dit, la féminisation de la médecine n’est plus une tendance, mais un fait accompli. Dans les études de médecine, près de 67 % des étudiants sont des femmes, et ce déséquilibre se répercute naturellement sur la composition du corps médical.

Pourtant, ce basculement massif se déroule dans un silence assourdissant. Où sont donc passés les défenseurs de la « parité absolue » ? Ceux-là mêmes qui dénoncent avec vigueur la moindre inégalité numérique lorsqu’elle penche en faveur des hommes semblent bien discrets, cette fois.

Car si ces chiffres avaient été inversés, si deux tiers des étudiants en médecine étaient des hommes, on peut parier que les plateaux de télévision et les tribunes militantes auraient crié à l’injustice, au patriarcat, à la domination masculine, que des bourses spéciales seraient distribuées à des filles pour étudier en médecine.  Mais lorsque l’écart joue dans l’autre sens, c’est le calme plat.

Cette asymétrie de réaction interroge. Pourquoi la sous-représentation féminine en politique ou dans les conseils d’administration suscite-t-elle une indignation légitime, tandis que la sous-représentation masculine dans les facultés de médecine semble ne choquer personne ? La parité serait-elle à géométrie variable ?













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