samedi 16 mars 2024

Extrémisme — vandalisme contre Radio-Canada pour un documentaire sceptique envers les « soins transgenres » sur les ados

Une enquête a été ouverte par la police de Montréal concernant des actes de vandalisme commis sur les locaux de Radio-Canada, à Montréal, plus tôt la semaine dernière. Des gestes revendiqués en ligne comme une réponse à la récente diffusion d’un reportage par l’émission Enquête sur les thérapies de transition de genre chez les mineurs.

La Maison de Radio-Canada, avenue Papineau, a été la cible de vandales dans la nuit du 12 au 13 mars

À 2 h 20, le 13 mars dernier, un appel a été fait au 911 concernant des méfaits commis sur l’édifice d’une « entreprise médiatique » dans l’arrondissement de Ville-Marie, a confirmé le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« À leur arrivée sur les lieux, les policiers ont constaté qu’il y a des vitres brisées à l’une des entrées de la bâtisse », explique une porte-parole du corps policier, Caroline Chèvrefils.

Selon les premières informations disponibles, « un ou des suspects » auraient causé ces dommages avant de prendre la fuite, ajoute-t-elle. L’enquête est toujours en cours et aucune arrestation n’a eu lieu pour le moment.

Le SPVM entend visionner les images de caméras de surveillance qui auraient capté la scène.

La société d’État a confirmé samedi avoir été la cible de ces gestes de vandalisme. « Des suspects ont effectivement endommagé trois vitres de notre édifice pour ensuite prendre la fuite, a indiqué son porte-parole, Marc Pichette. Il s’agit d’un malheureux geste de vandalisme. »

Revendiqués en ligne

Vendredi, un communiqué anonyme a été publié sur le site internet Montréal Contre-information, une plateforme utilisée par des militants anarchistes pour revendiquer leurs actions. Le texte suggère que ces gestes de vandalisme se veulent une réponse à la récente diffusion d’un reportage à l’émission Enquête sur les thérapies de transition de genre.

Diffusé le 29 février dernier, le reportage en question, intitulé Trans express, s’intéresse à la question des adolescents qui souhaitent changer de genre et au fait que le système de santé québécois « répond très vite à leurs demandes de transition médicale en prescrivant des bloqueurs, de la testostérone et des mastectomies ».

« Est-il normal qu’une jeune fille de 14 ans obtienne une prescription de testostérone en quelques minutes ? », peut-on lire dans le descriptif de l’enquête, sur le site internet de l’émission.

Or, le texte publié sur Montréal Contre-information reproche à la société d’État « d’utiliser sa large plateforme pour amplifier des discours transphobes proches de ceux de l’extrême droite ».

« Ce reportage représente un glissement idéologique qui sert à légitimer les demandes transphobes de l’extrême droite, qui va attiser les violences envers les communautés trans, présentement de plus en plus ciblées », poursuit le texte dont les auteurs restent inconnus.

Radio-Canada n’a pas souhaité commenter ces accusations dans l’immédiat.

La Presse rapportait cette semaine que plusieurs jours avant la diffusion du reportage, le 29 février dernier, différents médias avaient été encouragés à démolir le reportage d’Enquête, présenté comme une plateforme offerte par Radio-Canada à l’extrême droite transphobe avant même de l'avoir vu. Bizarrement, La Presse ne dit pas qui était à l'origine de ces « encouragements ».

Source : La Presse

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Des exemples de prosélytisme musulman dans les écoles publiques montréalaises

Les tenants de la Loi sur la laïcité de l’État pourront maintenant répliquer à leurs adversaires les accusant de combattre un ennemi imaginaire : deux mères montréalaises affirment que des éducatrices voilées ont fait pression sur leurs filles pour qu’elles adoptent elles aussi des pratiques musulmanes. Une preuve, selon elle, que le hidjab n’est pas toujours neutre et conduit parfois au prosélytisme.

Deux mères montréalaises affirment que leurs filles ont subi des pressions pour adopter des pratiques musulmanes.

Dans le cadre de la contestation judiciaire de la loi 21, le groupe féministe Pour le droit des femmes du Québec (PDF Québec) a été autorisé à intervenir et à présenter des témoins. PDF a donc présenté le cas d’Ines Hadj Kacem et de Ferroudja Si Hadj Mohand, deux femmes ayant émigré au Canada qui disent vouloir élever leurs filles dans la plus totale égalité des sexes. Or, elles estiment que l’école publique montréalaise a échoué à cet égard.

    J’ai quitté la Tunisie pour que ma fille puisse grandir dans un milieu respectueux de ses choix et décisions
    — Hadj Kacem
 Dans une déclaration faite sous serment, Mme Hadj Kacem relate que sa fille fréquentant le service de garde de son école primaire d’Hochelaga-Maisonneuve a subi la pression d’éducatrices voilées pour qu’elle remercie Allah à la fin des repas et qu’elle cesse d’avoir recours au traiteur de l’école parce que la nourriture servie n’est pas halal ou contient du porc. Mme Hadj Kacem dit avoir retiré sa fille du service de garde après avoir déposé plusieurs plaintes à la direction.

Libre de ses choix

« J’ai quitté la Tunisie pour que ma fille puisse grandir dans un milieu respectueux de ses choix et décisions », est-il écrit dans la déclaration sous serment. « Or, c’est en fréquentant l’école publique de mon quartier que ma fille subit des pressions pour se comporter comme une “bonne musulmane”. […] J’ai la forte impression que le port d’un signe religieux par des personnes en position d’autorité influence les comportements de ma fille et la fait questionner ses choix et ceux de sa mère. »

Mme Hadj Kacem relate que sa fille subit aussi la pression d’autres écoliers parce qu’elle ne porte pas le voile. Tout cela, note la mère montréalaise, « porte préjudice à ce que nous venions chercher au Québec, soit l’égalité de faits entre les femmes et les hommes ».

Pour sa part, Ferroudja Si Hadj Mohand raconte qu’une éducatrice portant le hidjab aurait interpellé une amie de sa fille de 9 ans parce qu’elle enlevait et remettait son voile islamique dans la cour de l’école de Montréal-Nord qu’elles fréquentent. L’éducatrice lui aurait dit qu’une fois mis, le voile ne devait plus être enlevé. Puis, se tournant vers la fille de Mme Hadj Mohand, elle lui aurait demandé quand elle commencerait à le porter. La jeune fille s’est sentie « gênée » et obligée de répondre « Peut-être au secondaire ».

Un interdit légitime

« Nous avons dû avoir une longue conversation [avec notre fille] pour lui expliquer qu’elle n’était pas obligée de mentir sur sa croyance pour plaire à son éducatrice, témoigne Mme Mohand dans sa déclaration sous serment. Il est très difficile pour mes filles de résister aux pressions de leurs pairs à porter le voile, car elles ne veulent pas déplaire, et il s’agit parfois d’un signe d’appartenance au groupe. »

Les deux femmes ont refusé de parler au Devoir afin que le débat se tienne au tribunal, comme il se doit. L’avocate de PDF Québec, l’ex-présidente du Conseil du statut de la femme Christiane Pelchat, explique que ces deux témoignages sont importants. « Ça démontre que l’interdiction de signes religieux chez certains fonctionnaires est tout à fait légitime et prend en compte le droit des femmes à l’égalité, mais aussi le droit des enfants et des petites filles à l’égalité, au respect de leur liberté religieuse et le droit de ne pas être l’objet de prosélytisme. »
 
Le Mouvement laïque québécois, qui appuie lui aussi la loi 21 et la défend dans le cadre de la même contestation judiciaire, présentera pour sa part le témoignage de Jafaar Bouchilaoun. Ce père d’origine algérienne déplore que l’enseignante de son fils porte un signe religieux, lui qui a connu « l’intégrisme religieux » dans son pays d’origine, raconte son avocat Guillaume Rousseau.

La cause devrait être plaidée sur le fond cet automne. C’est le juge Marc-André Blanchard qui présidera la cause. C’est ce même juge qui, en juin 2018, avait tranché que la loi 62 sur la prestation de services publics à visage découvert du gouvernement libéral de Philippe Couillard pourrait porter un « préjudice irréparable » aux femmes musulmanes.

L’an dernier, le sociologue Gérard Bouchard, qui avait coprésidé la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, avait vilipendé la loi 21 du gouvernement de François Legault. Il avait mis ce dernier au défi de prouver que le port d’un symbole religieux par une enseignante avait un effet négatif sur les élèves.

« Ce qu’on entend souvent durant ce débat, c’est que le seul fait de porter un signe religieux — le hidjab, par exemple — entraîne une forme d’endoctrinement chez les élèves. On entend aussi que ça traumatise certains élèves, ou alors que c’est contraire à l’exercice pédagogique, ou bien que ça compromet le climat de travail dans la classe, etc. », avait lancé M. Bouchard. « Si jamais un seul de ces éléments était prouvé, personnellement, je vous le dis tout de suite, je serais tenté d’appuyer votre projet de loi. »

Source : Le Devoir

Charles Sapin : « En Europe, la “diabolisation” des partis nationalistes n'accroche plus »

Alors qu'approchent les élections européennes, le journaliste du Point a entrepris d'enquêter dans les pays où les formations dites nationalistes ou populistes ont le vent en poupe. De l'Italie aux Pays-Bas, de la Suède à l'Espagne en passant par la Finlande ou l'Allemagne, partout un même constat s'impose : les partis qui méconnaissent volontairement les effets de l'immigration sont sanctionnés dans les urnes. Entretien paru dans le Figaro Magazine.

— Emmanuel Macron semble jouer la stratégie de la peur. Il y a cinq ans, il évoquait «la lèpre populiste» tandis qu'il pointe aujourd'hui les liens supposés entre le RN et Vladimir Poutine. Est-ce pertinent ?

Charles Sapin.— La stratégie présidentielle est limpide. En retard d'une dizaine de points sur la liste RN , les candidats d'Emmanuel Macron misent sur un récit sensationnel pour inverser la tendance : grimer leurs adversaires en « ennemis de l'intérieur », c'est-à-dire en agents de Vladimir Poutine. Tout en misant sur l'« effet drapeau » que pourrait susciter la préoccupante dégradation de la situation ukrainienne [pour Kiev]. Mais il y a une limite. Ce qui peut paraître tactiquement habile peut se révéler délétère d'un point de vue stratégique. Lors de mon tour d'Europe, un constat m'a marqué. Que ce soit en Italie, aux Pays-Bas, en Suède et même dans une certaine mesure en Allemagne, la « diabolisation » n'accroche plus. Les tentatives d'assimiler les partis nationalistes aux totalitarismes du XXe siècle, les procès en filiations historiques surannées sonnent creux. Comme de vieux tubes qu'on n'écoute plus à force de les avoir trop entendus…

Cette « stratégie de la peur », pour reprendre vos mots, a fini par devenir un carburant pour les forces nationalistes qu'elle pensait combattre. Elles légitiment ces dernières en forces « antisystème », alors qu'elles appartiennent le plus souvent depuis des années à ce système. Elle finit par les installer, de fait, en seule alternance véritable. L'exemple des nationalistes suédois est éloquent. Fondé en 1988 par d'authentiques néonazis, le parti a rompu et renié ses origines dans les années 2000. Il a continué malgré tout d'être ostracisé, exclu du jeu démocratique. Jusqu'à se voir sacré aux dernières élections. Puisque étant le seul à ne pas avoir de responsabilité dans la situation migratoire catastrophique du pays et l'effondrement de son système social.

vendredi 15 mars 2024

Sortie « culturelle » scolaire, spectacle de « cirque » travesti pour lutter contre les stéréotypes de genre

Spectacle subventionné par le gouvernement et rentabilisé par des spectateurs captifs : les élèves.


 



 

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mercredi 13 mars 2024

Juge de la Cour suprême du Canada opte pour « personne avec un vagin » plutôt que pour « femme »

Une décision rendue dans une affaire d’agression sexuelle a laissé entendre que la plaignante aurait dû être correctement désignée comme une « personne avec un vagin ». 

La juge Sheilah Martin de la Cour suprême du Canada photographiée en mars 2018. Elle a été nommée à la Cour par le Premier ministre Justin Trudeau le 29 novembre 2017. Auparavant, en 2016, Mme Martin avait été nommée par le même Premier ministre Trudeau à la Cour d’appel de l’Alberta, à la Cour d’appel des Territoires du Nord-Ouest et à la Cour d’appel du Nunavut.

La Cour suprême du Canada a statué, dans une récente affaire d’agression sexuelle, qu’il était « problématique » qu’un juge de première instance désigne la victime présumée comme une « femme », laissant entendre que le terme le plus approprié aurait dû être « personne ayant un vagin ».

Dans une décision publiée vendredi, la juge Sheilah Martin écrit que l’utilisation par un juge de première instance du terme « une femme » peut « avoir été malencontreuse et avoir engendré de la confusion ».

Mme Martin ne précise pas pourquoi le mot « femme » prête à confusion, mais le passage suivant de sa décision désigne la plaignante comme une « personne ayant un vagin ». Il est à noter qu’aucune personne dans l’ensemble de l’affaire n’est identifiée comme transgenre et que la plaignante est désignée tout au long de l’affaire par le terme « elle ».

Il s’agit de l’affaire R. c. Kruk, qui concerne une accusation d’agression sexuelle portée en 2017 contre Charles Kruk, alors âgé de 34 ans et résidant à Maple Ridge (C.-B.).

« M. Kruk a trouvé la plaignante en état d’ébriété, perdue et en détresse un soir dans le centre-ville de Vancouver », peut-on lire dans le contexte de l’affaire. « Il a décidé de l’emmener chez lui et a contacté les parents de la plaignante par téléphone. »

C’est alors que les récits divergent. La plaignante a déclaré qu’elle s’était réveillée en découvrant qu’elle n’avait plus de pantalon et que Kruk était en train de la pénétrer par voie vaginale. Kruk a déclaré que le pantalon de la plaignante était enlevé parce qu’elle l’avait enlevé elle-même après avoir renversé de l’eau dessus plus tôt dans la nuit — et que ce qu’elle a pris pour un viol n’était en fait que Kruk qui l’avait réveillée en sursaut.

Lors du procès en 2020, un juge de Colombie-Britannique a rejeté la défense de Kruk en partie parce que la plaignante n’était pas susceptible de se tromper sur la sensation de pénétration vaginale.

« Elle a dit qu’elle avait senti son pénis en elle et qu’elle savait ce qu’elle ressentait. En bref, son sens tactile a été sollicité. Il est extrêmement improbable qu’une femme se trompe sur cette sensation », peut-on lire dans la décision initiale.

C’est cette phrase qui a suscité le commentaire de Mme Martin et l’implication apparente que le passage aurait dû être « il est extrêmement improbable qu’une personne ayant un vagin puisse se tromper sur cette sensation ».

Passage de la CSC

Bien que Mme Martin ne précise jamais ce qu’elle trouve à redire au terme « une femme », une interprétation possible est qu’elle s’est opposée à la généralisation. En d’autres termes, le juge de première instance a semblé dire de manière confuse que « toutes les femmes » interpréteraient correctement la sensation de pénétration vaginale.

« À mon humble avis, cette déclaration (une femme) reflétait simplement le raisonnement du juge de première instance et ne s’appuyait pas sur une généralisation inappropriée », a-t-elle écrit.

« Considéré dans son ensemble et dans son contexte, le juge de première instance n’a pas rejeté la théorie de la défense parce qu’il supposait qu’aucune femme ne se tromperait, mais plutôt parce qu’il a accepté le témoignage de la plaignante selon lequel elle ne s’était pas trompée. »

Néanmoins, l’utilisation par Martin de l’expression « personne ayant un vagin » n’apparaît que dans le paragraphe dénonçant l’expression « une femme » comme « regrettable ». En fait, cette décision pourrait bien être la première fois que l’expression « personne ayant un vagin » apparaît dans une décision judiciaire canadienne. Une recherche de l’expression dans une base de données maintenue par l’Institut canadien d’information juridique ne donne que la décision de Martin dans l’affaire R. c. Kruk.

L’affaire R. c. Kruk avait été portée devant la Cour suprême en raison d’une décision antérieure de la Cour d’appel qui avait annulé la décision initiale au motif qu’il s’agissait d’un « raisonnement spéculatif » de supposer qu’une femme connaîtrait immédiatement la sensation d’être pénétrée.

« Il (le juge de première instance) a fait une supposition sur un sujet qui n’était pas connu au point d’être notoire », peut-on lire dans un arrêt de la Cour d’appel annulant la condamnation initiale (le mot « notoire », dans ce cas, est un terme juridique faisant référence à un sujet si évident qu’il n’a pas besoin d’être prouvé).

La décision de M. Martin rejetterait l’arrêt de la Cour d’appel et rétablirait la condamnation initiale.

« Bien que le choix du juge du procès d’utiliser les mots “une femme” puisse avoir été regrettable et causé de la confusion, […] la conclusion du juge reposait sur son appréciation du témoignage de la plaignante », a-t-elle écrit.

Il est peut-être ironique de constater qu’une décision qui a rejeté avec désinvolture le mot « femme » comme pouvant prêter à confusion a été présentée comme une cause type pour le principe selon lequel les juges doivent utiliser des « hypothèses de bon sens ».

« C’est un élément nécessaire du raisonnement judiciaire que d’évaluer les preuves par rapport à un point de référence de ce à quoi on peut normalement s’attendre », a écrit Mme Martin en rejetant l’arrêt de la Cour d’appel. « je conclus que l’on peut raisonnablement s’attendre de façon générale à ce qu’une femme soit peu susceptible de se méprendre sur la sensation d’une pénétration vaginale. »

Sondage — 50 % des Canadiens pensent qu'il y a trop d'immigrants

La moitié des Canadiens disent maintenant qu’il y a trop d’immigrants, selon un nouveau sondage Léger commandé par l’Association d’études canadiennes. Précisément 50 % des répondants sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle il y a « trop d’immigrants qui viennent au Canada ». 

L’immigration canadienne a atteint des sommets inégalés au cours des deux dernières années, ce qui a eu des répercussions mesurables sur le logement, le marché de l’emploi et les infrastructures de base. 

Selon l’évaluation plus acerbe d’un économiste de BMO, il n’existe « aucune version de la réalité » dans laquelle le nombre de logements construits au Canada pourrait suivre le rythme d’un « triplement presque du jour au lendemain du nombre de nouveaux arrivants ».

Source

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 61 % des Québécois veulent moins d’immigrants, 56 % des Canadiens (février 2024)

Sondage Abacus — Proposer la réduction de l’immigration serait politiquement rentable au Canada (août 2023)

67 % des Canadiens considèrent que les cibles d’immigration sont trop élevées (novembre 2023, Abacus)

Sondages sur l’immigration au Canada (2011) [250 000 immigrants à l’époque seulement, 50 % pour réduire ce nombre]

Sondage : une majorité de Canadiens veulent moins de « réfugiés » et Un Canadien sur deux pense que les cibles en immigration sont trop hautes, 75 % qu’elle entraîne une demande excessive des services (sondage Léger mi-2022) 

Fissures dans le consensus pro-immigration au Canada anglais (Sondage Nanos, août 2023) 

mardi 12 mars 2024

Angleterre — Le Service national de santé interdit la prescription de bloqueurs de puberté pour les enfants

Au Québec, comme nous l’apprenait un reportage de Radio-Canada récent, une jeune actrice de 14 ans engagée par l’équipe d’Enquête est parvenue à se faire prescrire de la testostérone dans une clinique privée de « soins transgenres » en moins de 17 minutes.

En Angleterre, par contre, le Service national de santé  (NHS) vient d’interdire les prescriptions de bloqueurs de puberté pour les enfants dans une « décision historique ».
 

Les députés affirment que cette décision a été prise dans l’intérêt supérieur des jeunes, alors que Liz Truss demande que la nouvelle règle soit également étendue aux cabinets privés.

Les enfants ne pourront plus recevoir de bloqueurs de puberté sur ordonnance, conformément aux règles du NHS qui entrent en vigueur immédiatement.

Les moins de 18 ans ne pourront désormais prendre ces médicaments controversés que dans le cadre d’un essai clinique devant débuter à la fin de l’année.

Les ministres ont déclaré que cette « décision historique » était dans « l’intérêt supérieur » des enfants et qu’elle contribuerait à garantir que les jeunes qui estiment que leur genre n’est pas le même que leur sexe soient traités sur la base de preuves médicales.

Les propositions visant à mettre fin à cette pratique ont été acceptées pour la première fois par le NHS England en juillet 2022, à la suite des recommandations formulées dans le cadre d’une étude menée par le Dr Hilary Cass, ancienne présidente du Royal College of Paediatrics and Child Health (Collège royal de pédiatrie et de santé infantile).

Elle a mis en garde contre le fait que les médicaments peuvent perturber de manière permanente la maturation du cerveau des adolescents, en reconnectant potentiellement les circuits neuronaux d’une manière irréversible, et a déclaré qu’il y avait un manque de preuves à long terme et de collecte de données sur leur sécurité et leur efficacité.

Les bloqueurs interrompent les changements physiques de la puberté, tels que le développement des seins ou la pilosité faciale.

Les experts ont déclaré que l’approche « affirmative » de la clinique controversée de Tavistock et les références ultérieures pour la prescription de bloqueurs envoyaient les enfants sur un chemin « irréversible » sans explorer d’autres conditions de santé mentale.

Pas assez de preuves pour soutenir l’efficacité clinique


Maya Forstater, directrice générale de l’association de défense des droits des femmes Sex Matters, a déclaré qu’il s’agissait d’une « évolution capitale dans la correction de l’approche du NHS England en matière de traitement de la détresse liée au genre chez l’enfant ».

« Cela fait des années que de nombreuses personnes demandent au NHS de revenir à une approche fondée sur des données probantes », a-t-elle déclaré.

« On ne saurait trop insister sur l’importance de la déclaration de NHS England selon laquelle il n’y a pas suffisamment de preuves pour étayer la sécurité ou l’efficacité clinique des bloqueurs de puberté. »

Le service de développement du genre et de l’identité (Gids) de Tavistock n’accepte plus de patients après avoir été fermé par le NHS, de nouveaux centres régionaux devant ouvrir le mois prochain, après une année de retards.

L’annonce intervient à l’issue d’une consultation publique sur la politique, qui a été publiée mardi, confirmant la décision.

Le NHS a déclaré : « Nous avons conclu qu’il n’y a pas suffisamment de preuves de la sécurité ou de l’efficacité clinique des hormones de suppression de la puberté pour rendre le traitement systématiquement disponible à l’heure actuelle ».

Liz Truss, députée et ancienne première ministre, a déclaré que l’interdiction devrait être étendue aux cabinets privés et a appelé les députés à soutenir son amendement au projet de loi sur la santé et l’égalité, qui vise à rendre illégale la prescription de ces hormones aux enfants.

« Je salue la décision du NHS England de mettre fin à la prescription systématique de bloqueurs de la puberté aux enfants souffrant de dysphorie de genre », a-t-elle déclaré. « J’exhorte le gouvernement à soutenir mon projet de loi vendredi, qui renforcera cette décision et empêchera également que ces médicaments soient fournis par le secteur privé. »

Au moins 100 enfants se sont vu prescrire des bloqueurs de puberté pendant le temps que le NHS a mis pour finaliser sa décision et sa politique.

Toute personne prenant actuellement des bloqueurs de puberté pourra continuer à les utiliser sans participer à un essai clinique.

Il est entendu que le NHS England espère mettre en place une étude de recherche sur l’utilisation des bloqueurs de puberté d’ici décembre 2024, les critères d’éligibilité devant encore être décidés.

Maria Caulfield, ministre de la Santé, a déclaré : « Nous avons toujours été clairs sur le fait que la sécurité et le bien-être des enfants sont primordiaux, c’est pourquoi nous nous félicitons de cette décision historique du NHS.

« Mettre fin à la prescription systématique de bloqueurs de puberté permettra de s’assurer que les soins sont basés sur des preuves, des avis cliniques d’experts et qu’ils sont dans l’intérêt primordial de l’enfant ».

Kemi Badenoch, députée et ministre des femmes et de l’égalité des chances, a déclaré que cette « décision est une victoire pour la protection des enfants pris en charge par le NHS ».

Elle s’est déclarée « très heureuse de voir les changements apportés aux “circonstances exceptionnelles” pour la prescription de bloqueurs de puberté ».

« Les preuves, et non l’idéologie, doivent toujours guider notre approche de la santé et du bien-être des enfants. »

Un porte-parole du NHS a déclaré : « NHS England a examiné attentivement l’analyse des preuves réalisée par NICE et les autres preuves publiées disponibles à ce jour.

« Nous avons conclu qu’il n’y a pas assez de preuves pour soutenir la sécurité ou l’efficacité clinique des hormones de suppression de la puberté pour rendre le traitement systématiquement disponible à l’heure actuelle ».

En 2021-22, plus de 5 000 personnes ont été orientées vers le Gids de Tavistock, contre un peu moins de 250 dix ans plus tôt. 
 
Réaction de Jordan Peterson (3,8 millions de vues de ce gazouillis) où il apostrophe le Premier ministre Trudeau:
«Je suis psychologue. Malgré tous les efforts de vos alliés idéologiques. J'ai dit à vos idiots de sénateurs en 2016 que votre idiot de signal de vertu, le projet de loi C16, provoquerait une épidémie psychogène chez les jeunes femmes.

Devinez ce qui s'est passé ?

Maintenant, je vous dis autre chose : les Britanniques se sont réveillés et ont interdit les bloqueurs de puberté pour les enfants. Comme il se doit. Mais les bouchers sont toujours à l'œuvre au Canada.

Chaque jour qui passe retombe sur vous.

Vous êtes coupables de mutilation et de stérilisation d'enfants. Si cela ne tenait qu'à moi, vous seriez jugés pour cela. Avec tous les autres bouchers et leurs complices.

Vous et votre compassion toxique.

Honte au Canada.  »


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Immigration — Deux fois plus de demandes de construction et d’agrandissement d’écoles au Québec en quatre ans

Les demandes de construction et d’agrandissement d’écoles ont doublé en quatre ans dans le réseau scolaire. Malgré les sommes supplémentaires investies, Québec peine à répondre à la demande.

En 2018, le ministère de l’Éducation a reçu 170 demandes «d’ajout d’espace», ce qui comprend les projets d’agrandissement et de construction d’écoles soumis par les centres de services scolaires.

De ce nombre, une cinquantaine de projets ont été retenus et financés à la hauteur de 700 millions $.

Quatre ans plus tard, à l’automne 2022, le nombre de projets déposés s’élevait plutôt à 340, selon des chiffres transmis au Journal de Québec par le ministère de l’Éducation.

Le nombre total de projets financés n’est pas encore disponible, puisque ce nombre inclut des projets majeurs d’infrastructure qui doivent suivre un processus d’approbation distinct, explique son porte-parole, Bryan St-Louis.

Toutefois, Québec a donné le feu vert à 45 projets sur 287, si on exclut les projets majeurs, ce qui représente une proportion de 16%.

En 2022-2023, l’enveloppe globale pour le financement de constructions ou d’agrandissements d’école s’est élevée à 1,1 milliard $.

À l’approche du budget provincial, qui sera dévoilé le 12 mars, le réseau scolaire espère que davantage de projets obtiendront le feu vert de Québec.

Dans son mémoire remis dans le cadre des consultations prébudgétaires, la Fédération des centres de services scolaires du Québec note «une augmentation des besoins en espace et une diminution des projets acceptés», ce qui entraîne «des difficultés à offrir un milieu de vie accueillant et stimulant».

Le Journal de Québec rapportait récemment que les écoles du secteur de Sainte-Foy à Québec sont tellement surpeuplées qu’environ 150 élèves du primaire ont du être redirigés cette année vers d’autres établissements situés à l’extérieur de leur quartier, du «jamais vu» selon le Centre de services scolaire des Découvreurs.

Le nombre d’élèves dans les écoles québécoises a augmenté de 6% depuis 2018, une hausse qui est beaucoup plus marquée dans certaines régions de la province.

Source : Journal de Québec

Voir aussi
 
 

lundi 11 mars 2024

Le Canada n'est plus l'un des pays les plus riches, les autres pays le dépassent les uns après les autres

La crise de croissance s'aggrave. Les derniers chiffres de Statistique Canada confirment que le Canada a subi une nouvelle baisse du PIB par habitant au quatrième trimestre 2023 : la cinquième baisse au cours des six derniers trimestres, la pire baisse soutenue en plus de 30 ans. Le PIB par habitant, après ajustement pour l'inflation, est maintenant inférieur à ce qu'il était au quatrième trimestre de 2014, il y a neuf ans.

La plupart des reportages se sont concentrés sur le fait que le PIB lui-même (c'est-à-dire la production totale, et non le PIB par habitant) n'a pas réellement baissé, mais a enregistré une hausse de 0,2 %, après la légère baisse du troisième trimestre, ce qui signifie que le Canada a "évité une récession". Mais le problème de l'économie canadienne n'est pas cyclique, mais séculaire ; il ne s'agit pas d'un problème d'utilisation, mais de capacité. Il ne s'agit pas tant d'une croissance temporairement inférieure au potentiel que d'un ralentissement de la croissance potentielle.

Il ne s'agit pas non plus d'un problème à court terme. Il dure depuis des décennies. Dans les années 50 et 60, l'économie canadienne a progressé à un rythme supérieur à 5 % par an, après prise en compte de l'inflation. Dans les années 1970, ce taux est tombé à environ 4 %, puis à 3 % dans les années 1980, à 2,4 % dans les années 1990 et à 2 % dans les années 2000. Au cours des dix dernières années, il n'a été en moyenne que de 1,7 %. L'année dernière, il était de 1,1 %.

Plus précisément, l'économie croît désormais moins vite que la population, ce qui explique la baisse du PIB par habitant. Or, c'est le PIB par habitant qui compte vraiment, en ce qui concerne le niveau de vie.

À un moment donné, tout cela va ébranler le sentiment qu'ont les Canadiens de leur place dans le monde. Si on faisait un sondage, je pense qu'on verrait que la plupart des Canadiens pensent encore que leur pays est l'un des plus riches de la planète : peut-être le cinquième ou le sixième. Et il fut un temps où ce fut le cas. En 1981 encore, le Canada se classait au sixième rang des pays de l'OCDE pour le PIB par habitant, derrière la Suisse, le Luxembourg, la Norvège, les États-Unis et le Danemark.

Mais ce n'est plus le cas. En 2022, le Canada se situait au 15e rang. Au cours des 40 dernières années, le PIB par habitant du Canada a progressé plus lentement que celui de 22 autres pays membres de l'OCDE. Des pays qui étaient plus pauvres que nous - l'Irlande, les Pays-Bas, l'Autriche, la Suède, l'Islande, l'Australie, l'Allemagne, la Belgique, la Finlande - sont aujourd'hui plus riches que le Canada.


Et au cours des 40 prochaines années ? Vous vous souvenez peut-être de ce graphique saisissant du budget 2022, selon lequel le Canada aurait la plus faible croissance du PIB par habitant parmi les pays de l'OCDE jusqu'en 2060. Il faut bien comprendre ce que cela signifie. Le Canada n'est plus l'un des pays les plus riches de la planète. Parmi les pays les plus riches, il est en passe de devenir l'un des plus pauvres.

Le tableau est particulièrement affligeant si l'on compare la situation du Canada à celle de son voisin le plus proche. En 1981, le PIB par habitant du Canada représentait 92 % de celui des États-Unis ; en 2022, il n'en représentait plus que 73 %. Si l'on examine les données nationales, la situation est encore pire. L'économiste Trevor Tombe a montré que la province la plus riche du Canada, l'Alberta, se classerait au 14e rang des États américains. Les cinq provinces les plus pauvres se classent désormais parmi les six juridictions les plus pauvres d'Amérique du Nord. L'Ontario se classe juste devant l'Alabama. La Colombie-Britannique est plus pauvre que le Kentucky.

Même ces chiffres sont quelque peu exagérés. Les Canadiens travaillent plus d'heures, en moyenne, que les habitants d'autres pays. Mesurée en termes de production par heure travaillée - ce que recouvre la notion de productivité du travail -, l'économie canadienne se classait au 18e rang en 2022, après avoir enregistré le taux de croissance de la productivité le plus faible de l'OCDE depuis 1981, à l'exception de la Suisse. Compte tenu de notre performance en 2023, il ne faut pas s'étonner de constater que ce pays a depuis quitté le peloton des 20 premiers.

Là encore, le contraste avec les États-Unis est frappant : jusqu'en 2000 environ, la productivité du travail dans les deux pays a augmenté à des taux à peu près comparables. Depuis lors, la productivité américaine a augmenté près de trois fois plus vite.

La perspective est désolante. Lorsqu'une économie cesse de croître, ce ne sont pas seulement les niveaux de vie qui en pâtissent. C'est tout ce qu'il représente. Une société qui ne peut se réjouir d'un avenir où le niveau de vie augmente est privée de l'une des principales forces motrices du comportement humain : l'espoir. Sans le lubrifiant universel qu'est la croissance, toutes les divisions au sein d'une société - entre les classes, entre les générations, entre les sexes, les races et les régions - risquent de s'enflammer davantage.

Cela peut sembler un simple problème, quelque chose à supporter ou à corriger, mais pas une urgence immédiate. En réalité, il s'agit d'une crise - une crise à évolution lente, mais une crise tout de même, due à l'arithmétique implacable du vieillissement de la population.

Les effets conjugués du baby-boom de l'après-guerre sur la pyramide des âges du pays et de l'allongement de la durée de vie de chacun créent une société sans équivalent dans l'histoire du pays. En 2040, environ 25 % de la population aura plus de 65 ans, contre 19 % aujourd'hui. À titre de comparaison, au début des années 1970, les plus de 65 ans ne représentaient que 8 % de la population. Et dans ce total, les proportions de personnes âgées de 75, 85 et 95 ans et au-delà dépasseront encore plus largement les records précédents.

(À titre d'exemple : en 1971, la proportion de la population âgée de plus de 85 ans était d'environ six dixièmes de 1 %. Aujourd'hui, elle est plus de trois fois supérieure, avec 2,3 %. Dans vingt ans, elle aura encore doublé, pour se situer entre 4,5 et 5 %).

Cela a deux conséquences évidentes. La première est le coût, en particulier le coût des soins de santé. En règle générale, la consommation de soins de santé par habitant double pour chaque tranche de 10 ans au-delà de l'âge de 55 ans. À cela s'ajoute le coût des pensions, des prestations aux personnes âgées, etc. Au total, selon les calculs de Parisa Mahboubi, de l'Institut C.D. Howe, le vieillissement de la population représente un passif net non provisionné (promesses de payer les futurs bénéficiaires des programmes gouvernementaux, au-delà de ceux pour lesquels des recettes ont été mises de côté) de l'ordre de 3,9 billions de dollars (3900 mille milliards).

Cette somme s'ajoute au passif non capitalisé du Régime de pensions du Canada, soit environ 1,2 billion de dollars, ainsi qu'au passif non capitalisé du Régime de rentes du Québec. En plus de la dette fédérale nette de 1,2 billion de dollars. En plus des dettes provinciales qui s'élèvent à environ 800 milliards de dollars. Si l'on fait le total, on obtient une obligation implicite du secteur public de plus de 7 billions de dollars, soit près de 2½ fois notre PIB annuel.

Il faut maintenant tenir compte de la deuxième conséquence : la diminution relative du nombre de personnes en âge de travailler. Il n'y a pas si longtemps, on comptait jusqu'à cinq travailleurs pour un retraité. D'ici peu, ce ratio se rapprochera de 2,5 pour un. Il ne fait aucun doute qu'un nombre croissant de personnes choisiront de continuer à travailler au-delà de 65 ans, mais cela ne suffira pas à modifier sensiblement les données arithmétiques de base du vieillissement de la population : des coûts beaucoup plus élevés, avec moins de personnes pour les payer.

La seule solution est d'accélérer la croissance. Il n'est pas nécessaire qu'elle soit très rapide, tant qu'elle est soutenue : de cette façon, la magie de la capitalisation joue en notre faveur. Si on parvient à augmenter le taux de croissance et à le maintenir, année après année, décennie après décennie, la ou les deux prochaines générations seront tellement plus riches que la nôtre qu'elles pourront se permettre de s'occuper de nous à l'âge de la retraite.

C'est pourquoi il est juste de parler de crise de la croissance : au moment même où nous avons le plus besoin d'une reprise de la croissance, celle-ci s'est pratiquement arrêtée. Ce qui rend cette situation particulièrement exaspérante, c'est qu'elle n'est presque jamais évoquée dans nos politiques. Les chefs de parti s'écharpent sur la croissance à court terme, même s'ils ne peuvent pas faire grand-chose pour la modifier. Mais la croissance à long terme est à peine mentionnée.


Pourtant, c'est sur ce type de croissance que les gouvernements peuvent agir. Malgré tous les débats stériles sur la politique de stabilisation macroéconomique et sur la forme de relance, budgétaire ou monétaire, la moins inefficace pour stimuler la croissance à court terme, la trajectoire de croissance à long terme d'une économie est réellement sensible à la politique.

Il est certain que la productivité défaillante du Canada a de nombreuses sources et de nombreux remèdes. Contentons-nous d'en signaler un ou deux pour l'instant. La première est le taux anémique d'investissement ou, comme on l'appelle dans le monde statistique, la formation brute de capital fixe. La détérioration alarmante de nos performances en matière de productivité suit de près l'extraordinaire déclin relatif de l'investissement des entreprises au Canada.

L'OCDE suit l'évolution de l'investissement dans ses 38 États membres et neuf autres. De 2011 à 2015, le taux de croissance de l'investissement au Canada a été tout simplement épouvantable : 37e sur 47. De 2015 à 2023, il est effroyable : 44e, devant l'Afrique du Sud, le Mexique et le Japon.

En d'autres termes, les travailleurs canadiens sont moins productifs que ceux des autres pays parce qu'ils ont moins de capital à leur disposition. Il y a à peine dix ans, la formation brute de capital fixe par travailleur au Canada se situait à une portée de tir des États-Unis : environ 95 pour cent. Depuis, elle est tombée à environ deux tiers. Un déclin similaire a été observé par rapport à l'OCDE en général.


L'investissement privé détourné vers l'immobilier plutôt que l'augmentation de la productivité

Augmenter les taux d'investissement est donc manifestement une partie de la solution. Cependant, la destination de l'investissement est importante : ce dans quoi on investit, autant que le montant de l'investissement. Si l'on décompose l'investissement en ses différentes composantes, on constate une tendance frappante et potentiellement inquiétante.

Depuis 2000 environ, alors que les investissements privés dans les structures résidentielles ont grosso modo doublé en pourcentage du PIB, les investissements dans les machines et les équipements ont environ diminué de moitié. Cela pourrait-il expliquer en partie pourquoi la croissance de notre productivité relative a chuté si brutalement après cette date ? Avons-nous été tellement occupés à tirer parti de la hausse des prix de l'immobilier que nous avons négligé d'investir dans les éléments qui permettent de s'offrir une maison ? [Il faut bien accueillir les millions d'immigrés qui ont besoin de logements...]


                                    Source : Globe & Mail



dimanche 10 mars 2024

Les électeurs irlandais ont refusé d'effacer la famille

Ce n’est pas une fin de semaine particulièrement faste pour l’établissement politique irlandais. Deux changements constitutionnels ont été rejetés par l’électorat, bien qu’ils aient été soutenus par tous les partis traditionnels — Fianna Fail, Fine Gael, les travaillistes, les Verts, les nationalistes du Sinn Fein — sans oublier les habituels experts et ce qu’on appelle le Conseil national des femmes (un organisme censé représenter les femmes). Le radiodiffuseur public, RTE, qui se trouve dans une position similaire à celle de la BBC après le vote sur le Brexit, est curieusement discret sur le résultat. Radio-Canada a adopté la même stratégie, un court reportage qui ne cite pas les chiffres du rejet massif irlandais et qui caricature le contenu de la Constitution irlandaise. 



Les électeurs avaient la possibilité, comme l’avait indiqué le quotidien de gauche britannique le Guardian, de « moderniser la constitution irlandaise » dans la lignée des référendums de 2015 et 2018 qui ont approuvé le mariage homosexuel et l’avortement et « souligné la transformation laïque et libérale de l’Irlande ». Les électeurs ont massivement dit non, mais merci quand même.

Les clauses en question, très caractéristiques de la constitution d’Eamon De Valera de 1937, et qualifiées de « dépassées » par le gouvernement, déclaraient que « l’État reconnaît la famille comme l’unité naturelle, primaire et fondamentale de la société et comme une institution morale possédant des droits inaliénables et imprescriptibles, antérieurs et supérieurs à tout droit positif » et que « l’État s’engage à veiller avec un soin particulier à l’institution du mariage, sur laquelle la famille est fondée, et à la protéger contre toute attaque ». Le gouvernement voulait modifier la partie concernant la famille en disant : « qu’elle soit fondée sur le mariage ou sur d’autres relations durables » et omettre la partie concernant le fait que la famille est fondée sur le mariage. On voit le sens de la démarche.


L’autre élément de l’article 41 que le gouvernement souhaitait modifier concernait la place des femmes au sein du foyer. La constitution de De Valera déclarait que, « en particulier, l’État reconnaît que, par sa vie au sein du foyer, la femme apporte à l’État un soutien sans lequel le bien commun ne peut être atteint » et que, « par conséquent, l’État s’efforcera d’assurer que les mères ne soient pas obligées, par nécessité économique, de s’engager dans le travail en négligeant leurs devoirs au sein du foyer ». Il n’est pas question ici d’obliger les femmes à rester à la maison, ce que prétendait Radio-Canada hier dans son reportage morose. Cet article n’a d’ailleurs jamais eu le moindre effet sur les femmes qui travaillent (dans les filatures hier ou les bureaux aujourd’hui), mais le gouvernement voulait une formule non genrée : « L’État reconnaît que les soins prodigués par les membres d’une famille les uns aux autres, en raison des liens qui les unissent, apportent à la société un soutien sans lequel le bien commun ne peut être atteint, et il s’efforcera de soutenir ces soins ». Une différence de taille.

 

Reportage de Radio-Canada qui parvient à ne pas donner les chiffres du rejet de ces deux amendements

Le gouvernement avait présenté le référendum pour la Journée internationale de la femme comme une occasion d’inscrire l’égalité et l’inclusion dans la constitution. Il est amusant de constater que de nombreuses femmes ont profité de l’occasion pour voter contre la suppression de la seule référence aux mères dans la constitution.

La victoire est d’autant plus frappante si l’on considère qui y était favorable et qui y était opposé. En fait, on gagnerait du temps à dire simplement qui était contre, car l’ensemble de l’établissement était en faveur du changement. En fait, l’opposition se résumait à un minuscule parti appelé Aontu, dirigé par Peadar Toibiner lequel avait quitté le Sinn Fein en raison de son opposition à l’avortement ; à un ancien ministre de la justice, Michael McDowell, avocat et professeur de droit, s’était particulièrement amusé à démonter la formulation « autres relations durables » censée être une alternative viable au mariage ; à quelques parlementaires indépendants ; et à une jolie avocate au tempérament bien trempé du nom de Maria Steen.

Sa confrontation avec le chef du parti Fianna Fail (en principe conservateur), Micheál Martin, lors de l’émission télévisée Prime Time, a été l’un des moments forts de la campagne. M. Martin, également vice-premier ministre irlandais, a tenté de la traiter avec condescendance en lui expliquant ce qu’est une famille moderne et a répété que la constitution était dépassée. Elle a affirmé, imperturbable, qu’« il est difficile de voir comment quelque chose qui reflète la réalité vécue par les femmes en Irlande aujourd’hui peut être décrit comme “dépassé” parce que la réalité est que la majorité des femmes font la majorité du travail à la maison ».  

En outre, Mme Steen ne voyait pas d’un mauvais œil le fait que le gouvernement veuille présenter ce référendum comme le combat d’une nouvelle Irlande opposée la vieille Irlande. Car son opposant représentait pour elle cette vieille Irlande. En effet, le vice-président Martin « fait de la politique depuis que j’étais à l’école primaire ».

Elle a ajouté que le vice-premier ministre n’avait « jamais rien fait » pour permettre aux mères de rester à la maison avec leurs enfants et qu’il avait participé à la mise en place par le gouvernement d’une fiscalité individualisée (et non plus sur la base du revenu d’un foyer), qui, selon elle, « a forcé de nombreuses mères à retourner sur le marché du travail et a rendu pratiquement impossible pour les parents d’élever leurs enfants avec un seul revenu ».

Mme Steen a déclaré qu’en tant que mère de deux filles, elle souhaitait conserver la formulation actuelle pour leur bien.  « Les mères versent leur sang. Nous traversons une sorte d’agonie exquise pour mettre nos enfants au monde, qu’aucun homme ne connaîtra jamais, et c’est une chose noble et honorable, qui mérite d’être reconnue avec gratitude dans notre Constitution ».

Avant le vote, l’institut Iona, socialement conservateur, a réalisé un sondage qui a montré que, si elles en avaient la possibilité et sans considération financière, près de 70 % des Irlandaises ayant des enfants de moins de 18 ans resteraient à la maison pour s’occuper d’eux. Mais cela ne se reflète pas vraiment dans les priorités politiques et financières des partis, en Irlande comme ailleurs en Occident.

Peadar Toibin a, à juste titre, qualifié le résultat de « référendum David contre Goliath ». « Nous nous sommes battus contre le système politique et tous les groupes et ONG subventionnés par le système politique ». Mais il a également souligné que « dans les régions ouvrières, dans les centres du Sinn-Fein et du Travaillisme, il y a eu un nombre important de votes négatifs. Il semble que les dirigeants de ces partis soient coupés de leurs partisans ». C’est un point intéressant. Car c’est précisément dans ces régions — en Irlande comme en Grande-Bretagne — où les gens sont les plus pauvres, où la proportion de familles monoparentales est la plus élevée, que les gens ont voté non de la manière la plus retentissante. Pourtant, Mary Lou McDonald, chef de file du Sinn-Fein dans la République, se plaint encore du langage sexiste concernant les femmes dans la Constitution.

Il existe un fossé évident entre la classe politique et journalistique et l’opinion publique (voir aussi la question de l’immigration). La campagne référendaire a été précédée par l’une de ces assemblées de citoyens. Celle-ci souhaitait des changements encore plus radicaux que ceux proposés lors du référendum. Cela illustre bien le fait qu’il est possible de manipuler ces organes pour obtenir le résultat que l’on souhaite, et pas nécessairement ce que pense réellement la nation. C’est une idée terrible, une occasion pour les politiciens de déléguer leur rôle à un organisme théoriquement indépendant qui n’est en fait pas représentatif de quelque manière que ce soit. 


Est-ce que les relations polygames seront une de ces « autres relations durables » selon la Constitution si l’amendement 39 devait passer, demande Maria Steen à Michael Martin du camp du Oui. 
 
Le débat au complet : 
Lors d’un échange houleux vers la fin de l’émission, Martin a prétendu que Steen avait fait campagne lors du référendum sur le divorce et a déclaré que son point de vue avait « suscité l’effroi à chaque fois ». Mme Steen a précisé qu’elle n’avait pas fait campagne lors du référendum sur le divorce (en 1995). Elle n’avait que 14 ans à l’époque… Peut-être le vice-premier ministre voulait-il parler du référendum sur l’avortement de 2018...?

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