jeudi 31 janvier 2019

France — Le succès des écoles privées ne cesse de grimper

La concentration des milieux populaires [souvent un euphémisme pour désigner les immigrés et issus d’immigrés] dans les établissements publics serait pour nombre de familles un « repoussoir », selon Bernard Toulemonde, ancien inspecteur général de l’Éducation nationale. Une motivation particulièrement forte en province. À Nyoiseau (Maine-et-Loire), le directeur du collège-lycée Notre-Dame-d’Orveau, Yann de Cacqueray, qui accueille deux tiers d’enfants venant du privé et un tiers du public, confirme : « On sent bien que les parents sont de plus en plus perdus face à l’éducation de leurs enfants. » Entre les parents dont les enfants viennent du privé et ceux dont les enfants viennent du public, les motivations sont différentes : « Ceux issus du privé viennent chercher une structure catholique tandis que ceux issus du public recherchent un encadrement, un cadre structuré », détaille le directeur de l’établissement.

Selon les parents, les écoles privées encadrent davantage les élèves et les font travailler avec rigueur. Elles demandent aussi aux familles de s’impliquer dans la vie de l’établissement.

« Nous avons déménagé plusieurs fois et j’ai toujours inscrit mes enfants dans des collèges ou lycées privés par réflexe — j’ai moi-même fait toute ma scolarité dans le privé catholique — mais aussi parce que je voulais m’impliquer dans les associations de parents », témoigne Caroline, installée à Roubaix. Dans l’enseignement libre et notamment catholique, la communauté éducative est réelle et vivante. « Il y a une véritable vie dans l’école : l’association des parents d’élèves construit des projets et fait partie intégrante de l’animation de l’enseignement libre ! », s’exclame Guillaume Delpit, président de l’Apel académique de Paris. Et de raconter que, début janvier, le maire d’un arrondissement de la capitale lui a confié : « Lorsque je suis allé à une inauguration de locaux d’un établissement privé dans le nord de Paris, l’école était remplie d’élèves, de professeurs, de parents d’élèves… C’était formidable. Dans le public, on ne voit jamais ça ! » Le président de l’Apel de Paris insiste aussi sur la capacité de l’association à se renouveler, à proposer des activités, notamment pour mettre le français à l’honneur, par exemple avec le projet « belles lettres ». « Être impliqué dans un projet entraîne une relation de confiance avec l’école : on écoute et on se sent écouté », dit encore Alix.

Comme de nombreuses familles, ces couples renoncent à l’école publique qui voit sa fréquentation baisser drastiquement, selon les statistiques du ministère de l’Éducation nationale. En deux ans — de 2016 à 2018 —, les écoles privées ont gagné près de 40 000 élèves. Elles accueillent désormais plus d’un élève sur cinq en France dans le second degré (21,2 % en 2017-2018).

Deux fois plus de demandes que de places

Dans le Maine-et-Loire, la part des élèves inscrits dans le privé a basculé cette année à plus de 50 %, une première en France. « Et encore ! Si le ministère de l’Éducation nous accordait les ouvertures de classe souhaitées, la part du privé serait nettement supérieure », avance Yann de Cacqueray, à Notre-Dame-d’Orveau. Et de confier que, selon le conseil départemental du Maine-et-Loire, plus de 3500 places seraient vacantes dans les collèges publics. « Cela devrait entraîner la fermeture de cinq établissements publics dans le département », dit-il. Même constat dans l’Eure, la Meuse, l’Aisne… où l’abandon de la ruralité a déjà provoqué la fermeture de dizaines d’écoles publiques. Ce qui alimente la spirale du succès des établissements privés : que ce soit Les Chartreux à Lyon, Saint-Genès-La Salle à Bordeaux, Saint-Joseph-du-Loquidy à Nantes, Notre-Dame-d’Orveau…, tous ont en moyenne deux fois plus de demandes d’inscription que de places pour l’entrée en sixième ou en seconde.

Du public en déclin au succès du privé et à la multiplication des écoles « hors contrat », il n’y a qu’un pas. Dans ce statut, l’enseignement est libre, mais doit se conformer à « un socle commun de connaissances ». En six ans, le nombre d’écoles indépendantes a été multiplié par quatre pour atteindre 1453 établissements (60 % d’écoles primaires). Si bien qu’elles scolarisent désormais 75 000 élèves (sur un total de 12,5 millions). Dans les académies de Nice et de Versailles, le hors-contrat attire jusqu’à 10 % des enfants du primaire. Avec un objectif : que ce soit dans les milieux ruraux ou urbains, pour les enfants en difficulté ou à haut potentiel, réaliser dans le privé le travail que le public ne fait plus.

« Il ne peut pas y avoir d’un côté l’éducation familiale et de l’autre l’éducation scolaire »

Au Québec, le commentariat salarié qui officie dans les médias subventionnés dit souvent aux parents qui ne sont pas contents des matières obligatoires « offertes » (imposées) par le programme pédagogique gouvernemental, notamment en éthique et culture religieuse ou en éducation à la sexualité, « Vous n’avez qu’à enseigner vous-mêmes votre vision du monde, ce n’est pas à l’école de le faire ! » Cette vision n’est pas celle du directeur d’une école privée prestigieuse à Paris. François-Xavier Clément, directeur de Saint-Jean de Passy, plaide pour une éducation « unifiée » : il ne peut pas y avoir d’un côté l’éducation familiale et de l’autre l’éducation scolaire. On notera que, alors que les « élites » québécoises se félicitent de la laïcisation croissante de l’enseignement au Québec, il existe un engouement pour les écoles catholiques en France, il est vrai que c’est rarement pour des raisons uniquement religieuses. En 2016, le lycée Saint-Jean de Passy fut classé 7e de France par Le Figaro Étudiant à raison du nombre de mentions « Très bien » obtenues par ses élèves à l’examen du baccalauréat11. En 2017, 98 % des élèves du lycée obtiennent une mention au baccalauréat, selon ce critère Saint-Jean de Passy fut alors classé 6e meilleur lycée de France devant notamment Henri-IV ou Louis-le-Grand,

Comment expliquez-vous l’engouement de plus en plus fort pour les écoles catholiques en France ?

— Vous me permettrez de nuancer légèrement le présupposé de votre question ! Certes, les effectifs de l’enseignement catholique ont globalement augmenté depuis plusieurs décennies, mais un état des lieux plus précis permettrait de constater des disparités très contrastées selon les territoires. La progression des effectifs répond à deux logiques très différentes : des parents, nombreux, cherchent à fuir l’établissement public dans lequel leurs enfants devraient être affectés — selon les critères administratifs volontairement organisés pour développer une mixité sociale quand il n’y en a pas —, d’autres souhaitent réellement l’enseignement catholique pour des raisons éducatives. Certains, plus rares, choisissent nos établissements pour des motifs religieux. Le projet d’éducation intégrale est désiré par tous les parents qui souhaitent que les professeurs soient des éducateurs ; ils attendent alors que ceux-ci soient exigeants par leur exemplarité et qu’ils donnent un sens à la vie de leurs enfants.

Quelles sont les valeurs portées par votre établissement ? Comment ont-elles évolué depuis sa création en 1839 ?

— Saint-Jean de Passy a été fondé par les Frères lasalliens en 1839. Après l’expulsion des congrégations en 1905, l’établissement a été refondé par le diocèse sous l’impulsion du cardinal Verdier, archevêque de Paris. Dès l’origine, l’éducation a été basée sur une conception intégrale de la personne et sur l’idée que l’on ne peut pas éduquer la jeunesse en compartiments. Il n’y a pas une éducation familiale d’un côté et de l’autre une éducation scolaire, du scoutisme, du sport, etc. Tous ces moments de la vie d’un enfant ont besoin d’être unifiés. Ces orientations nous conduisent à affirmer que les parents sont les premiers éducateurs des enfants, au sens où ils sont le principe de l’éducation. L’autre conséquence importante, c’est le profil de nos éducateurs et l’accompagnement spécifique de nos professeurs.

C’est ainsi que les préfets, c’est-à-dire les responsables de niveau, partagent cette vision intégrale de l’éducation et les professeurs recherchent en permanence l’excellence personnelle de chaque élève. Ils sont ainsi le point d’unification de l’éducation intégrale. Je crois pouvoir dire que ces principes sont ceux que nous vivons actuellement dans le respect de notre devise : « Labor et dilectio » (« le travail et l’amour »).

Finalement, qu’est-ce qu’une éducation réussie ?

— C’est une éducation qui conduit un enfant à rechercher dans tous les domaines de sa vie ce qu’il y a de plus excellent, ce qu’il y a de meilleur pour lui, pour les autres et pour le monde. Une éducation réussie permet à un enfant de distinguer l’important de l’essentiel, et l’essentiel du sacré. D’une certaine manière, la réussite de l’éducation se mesure par l’espérance et le désir d’engagement que l’on donne à la jeunesse. Cela me rappelle la phrase de Baden Powell à chacun de ses scouts : « Fais-en sorte de laisser le monde un peu meilleur que tu ne l’as trouvé. »




Source : Valeurs actuelles

Les enfants québécois surmédicamentés, selon des pédiatres

Un groupe de 48 pédiatres et chercheurs lance une sérieuse mise en garde contre la forte croissance des diagnostics de trouble déficitaire d’attention/hyperactivité (TDAH) et la consommation de médicaments pour les traiter chez les enfants québécois.

Ils appellent à une remise en question collective des parents, enseignants, psychologues et médecins qui sont tous impliqués dans le processus décisionnel de médicamenter ou non un enfant qui présente des problèmes de comportement.

Dans leur lettre ouverte, les spécialistes de la santé déplorent que toute la société « se retourne trop facilement vers une pilule pour traiter tous les maux ».

Pour soutenir leur cri d’alarme, les spécialistes de la santé s’appuient notamment sur des données de l’Institut national d’excellence en santé et service sociaux (INESSS) qui démontrent que les taux de prévalence de la consommation de médicaments pour traiter un TDAH sont beaucoup plus élevés au Québec que dans le reste du Canada.

Chez les 10-12 ans, on compte 13,97 pour cent de jeunes qui consomment des médicaments psychostimulants au Québec. Un taux qui grimpe à 14,5 pour cent chez les 13-17 ans. Dans le reste du pays, les taux pour ces mêmes groupes d’âge sont d’à peine 5,08 pour cent et 4,3 pour cent respectivement.


Pour le pédiatre Dr Guy Falardeau, le danger de prescrire à tout vent est de vouloir corriger le comportement d’un enfant par la médication plutôt que de prendre le temps de chercher d’autres causes liées à la santé mentale, aux émotions de l’enfant ou à son environnement social.

« L’enfant a un problème de comportement, on aime mieux appeler ça un TDAH et lui donner des médicaments que de se demander pourquoi il agit comme ça », dénonce-t-il en soulignant que l’anxiété gagne beaucoup de terrain dans notre société, autant chez les adultes que chez les enfants.


« Le danger, c’est que dans certains cas on traite un TDAH réel, mais dans d’autres cas, on masque un problème de santé mentale », insiste celui qui traite de nombreux adolescents aux prises avec ces problèmes.

Le Dr Falardeau prévient qu’en masquant ces troubles anxieux ou autre par un psychostimulant, on ne fait que repousser le moment de l’explosion du problème. Et bien souvent, il devient beaucoup plus difficile d’agir quand la maladie mentale a eu le temps de progresser.



« Ce qu’on veut, c’est que les enfants soient évalués comme il faut. Ceux qui ont des problèmes affectifs, émotionnels, sociaux, il faut régler ces problèmes-là et non changer le comportement de l’enfant avec des médicaments », réclame le pédiatre établi à Québec.

« Pression scolaire »

Des parents consultés par La Presse canadienne ont tous soutenu que la médication des enfants est d’abord « une affaire d’école ».

Dès son entrée à l’école, le fils d’Éric ne tenait pas en place. Rapidement, les parents ont été mis au fait du problème et on leur a suggéré de penser à la médication.

« On ne nous mettait pas de pression, mais on sentait qu’il fallait qu’on fasse quelque chose », se souvient-il.

Après quelques consultations, le diagnostic de TDAH est tombé et le traitement a suivi. Sans cette solution, l’enfant n’aurait sans doute pas pu réintégrer pleinement l’école. Des parents dénoncent la pression exercée dans le réseau scolaire afin que leur enfant ait recours à la médication. Le Journal de Québec a reçu plusieurs témoignages de parents, à la suite de la publication d’une lettre ouverte signée par une cinquantaine de pédiatres qui déplorent le recours trop facile aux médicaments pour traiter des symptômes s’apparentant au trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les petits Québécois.


Et après l’école ?

Toutefois, le médicament ne fait effet que pour la durée d’une journée d’école. Le soir et les fins de semaine, l’enfant ne prend pas de médication et fonctionne assez bien.

« C’est sûr qu’il faut s’adapter, mais il bouge, il fait du sport », explique le père qui remet plutôt en question le fait que les enfants ne dépensent pas assez d’énergie à l’école.




Même son de cloche du côté de Claudia, dont la fille a reçu un diagnostic de trouble de l’attention sans hyperactivité. Dans le cas de sa fille, une légère médication sous la dose minimale a suffi à améliorer sa concentration en classe et ses notes ont bondi.

La jeune mère s’étonne toutefois de la facilité à laquelle on peut avoir accès à la médication. Elle se désole aussi de voir le système scolaire brimer les enfants qui ont besoin de bouger.

« Ils sont 27 dans la classe de cinquième année de ma fille, dont un enfant qui est isolé face au mur », partage-t-elle en ajoutant qu’elle ne comprend pas comment on peut s’attendre à ce que les enfants apprennent dans ces conditions.

Voir aussi

Le Ritalin MC n’améliore pas les résultats scolaires, il semble parfois empirer les choses

Troubles de l’attention : une pilule qui passe mal (m-à-j)

Ritalin MC — nouveaux records de consommation et de vente en 2013 au Québec

Belgique — La grève pour le climat s'étend aux écoliers du primaire, « la fanatisation de l'enfance » ?

Alors que la quatrième édition de Youth for Climate [titre en anglais pour faire moderne] se tient ce jeudi à Bruxelles, plus de 3 500 enfants, munis de pancartes et de banderoles, ont séché les cours et se sont parallèlement réunis dans le centre de Louvain. Pas moins de 27 établissements de l’enseignement primaire participent à ce rassemblement, organisé « à la demande insistante des écoliers » selon la télé publique flamande. Écoliers bien chauffés par leurs enseignants au préalable ?


Institutrice hilare (6e sec) accompagne ses ouailles

Le thème du climat prenait de plus en plus de place dans nos classes. Les enfants exprimaient leur envie d’aller à Bruxelles, mais ils sont en fait encore un peu trop jeunes. Ils ont donc eu l’idée d’organiser leur propre action pour le climat à Louvain », explique l’une des institutrices au micro du diffuseur public flamand. « Les écoliers ont réalisé un petit film de promotion et des affiches que nous avons diffusés. Beaucoup d’enfants semblent y avoir répondu positivement », souligne-t-elle encore.



Environ 12 500 jeunes ont pris part, dans la capitale, à la quatrième édition des jeudis pour le climat, d’après les derniers chiffres de la police. Près de 15 000 élèves ont également manifesté dans les rues de Liège.

Les professeurs qui « accompagnent leurs élèves » admettent volontiers qu’ils préparent les enfants (voir la vidéo ci-dessous) : « Dans nos cours on en parle, en classe on en parle ; c’est normal qu’on soit là aujourd’hui. On a même travaillé les slogans. On fait du français,  on fait des sciences, on peut tout faire avec cette manif. C’est extraordinaire. »



Pour le juriste Drieu Godefridi (docteur de la Sorbonne), il s’agit d’une utilisation d’enfants fanatisés dont une des icônes est la jeune Suédoise instrumentalisée au dernier sommet COP 24 de Katowice en Pologne, puis à Davos (illustration ci-dessous).


Terrible image que cette enfant suédoise de 15 ans, atteinte du syndrome d’Asperger, qui vient à la télévision taxer des acteurs sociaux de « crimes contre l’humanité ».

Dérangeantes images que celles de ces enfants qui, avec la bénédiction de leurs parents, de leurs professeurs et de leur ministre (sic) [note du carnet : la ministère de l’Éducation a depuis rappelé que ces absences seraient désormais sanctionnées]  vocifèrent en pleine rue des slogans politiques, à l’heure qui devrait les trouver en classe.

L’écologisme, qui est la version politique de l’écologie, possède une indéniable force de séduction. Cette idéologie est, dans certaines régions du monde, essentiellement cantonnées à l’Europe occidentale, celle dont on parle, celle qui a les faveurs des médias et de l’écrasante majorité des journalistes.
[...]

Il ne s’agit évidemment pas de soutenir que nous devrions isoler nos enfants de la politique : ce serait un leurre. Tout au contraire, l’appréhension du politique en tant que modalité fondamentale de l’agir humain, est un aspect crucial de l’éducation, et de l’initiation à l’esprit critique.

Cette éducation suppose d’abord la maîtrise des savoirs élémentaires sans lesquels la vision du monde reste affreusement limitée. Les limites de mon langage sont les limites de mon monde, disait Wittgenstein. Rappelons, à cet égard, que les jeunes Belges francophones sont les moins capables en lecture parmi les 36 pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

L’initiation à la pensée critique suppose la confrontation progressive et par l’argumentation rationnelle de points de vue divergents -- sur le modèle médiéval de la disputatio.

Toutes pratiques qui sont aux antipodes de la vassalisation politique de l’enfance par des adultes, sur le mode du slogan et de l’excommunication vengeresse.

Une enfant de 15 ans ne peut se marier, acheter un bien immeuble, elle ne peut voter ni acquiescer à la plupart des actes juridiques de la vie courante, mais elle serait compétente pour juger publiquement de crimes contre l’humanité ?

Quand une enfant lance de telles imprécations, délivre de souveraines condamnations — crimes, criminels ! – c’est-à-dire finalement des messages de haine, son instrumentalisation dépasse les limites de ce qui est acceptable dans une démocratie et dans un état de droit.

Cette fanatisation de l’enfance est abusive.



Voir aussi

« Mobilisation des écoliers » belges pour le climat, idéalisme ou nouveau millénarisme inculqué ?

Au Québec, cette même préoccupation est enseignée depuis plusieurs années, voir :

Jacques Brassard et l’écolo-chamanisme, le petit chouchou de l’école québécoise

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

ECR — obsession pour les Amérindiens écologistes

À mon école on parle beaucoup d’écologie, le plus grave problème c’est l’existence des hommes

Célébration subventionnée à Granby du Jour de la Terre avec les écoliers captifs 

mercredi 30 janvier 2019

États-Unis — Cachez ce Colomb que nous ne saurions voir, mais porno ça va (m-à-j)

Mise à jour du 30 janvier

Une des fresques recouvertes.
Le Sycamore Trust rapporte que plus de 1000 pétitionnaires, principalement des étudiants, ont demandé au président de l’université Notre Dame, le père Jenkins, d’installer un filtre pour bloquer le flot de pornographie que l’université fournit aux étudiants 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 via son service Internet.

Le père Jenkins a été remarquablement silencieux à ce sujet depuis environ trois mois, tandis qu’un porte-parole de Notre Dame a indiqué qu’il n’y aurait aucun changement.

Le Sycamore Trust souligne l’incongruité de voir l’Université catholique pudiquement dissimuler des « fresques héroïques » de la vie de Christophe Colomb alors qu’elle permet la diffusion des images rances, sexuellement explicites et pornographiques à des étudiants.

Fr. Jenkins
Les étudiants ont présenté au Fr. Jenkins une documentation complète « sur les conséquences corrosives de la pornographie ».

Le journal estudiantin se demande pourquoi il est devenu nécessaire de rappeler à un prêtre catholique les conséquences de la diffusion aveugle de la pornographie par le réseau internet de Notre Dame à ses étudiants, car l’enseignement de l’Église sur la pornographie est très clair :
La [pornographie] contrevient à la chasteté parce qu’elle pervertit l’acte conjugal, le don intime d’époux l’un à l’autre. Cela porte gravement atteinte à la dignité de ses participants (acteurs, vendeurs, public), chacun devenant un objet de plaisir bas et de profit illicite pour les autres. Il plonge tous ceux qui sont impliqués dans l’illusion d’un monde fantastique. C’est un délit grave.





Billet originel du 23 janvier

L’université Notre-Dame, dans l’Indiana, a décidé de participer au mouvement d’effacement de la mémoire de Christophe Colomb qui parcourt toute l’Amérique politiquement correcte depuis quelque temps. Il y a dans le bâtiment principal douze peintures de la fin du XIXe siècle sur la vie de Christophe Colomb. Elles vont être recouvertes, parce qu’elles véhiculeraient des stéréotypes outrageants pour les Amérindiens et font fi des horreurs du colonialisme...


Les 12 fresques seraient « aveugles aux conséquences du voyage de Columb », a déclaré dimanche le président de l’université, John Jenkins, dans une lettre annonçant sa décision. Au pire ? Elles seraient « avilissantes. » Jenkins a ordonné que les peintures murales soient recouvertes d’un tissu ce qui permettra de les exposer occasionnellement. Dans sa déclaration, le président a déclaré qu’il comprenait la « catastrophe » que l’arrivée de Columbus représentait pour les autochtones et qu’il reconnaissait ce qu’il appelait « le côté le plus sombre de l’histoire ».


La très prestigieuse université Notre-Dame, qui s’appelle toujours ainsi, en français, est toujours dirigée par les Pères de Sainte-Croix (venus du Mans en 1842). Le directeur est le P. John Jenkins. Il avait invité Obama à prononcer une allocution en 2009, puis Ruth Ginsburg (la juge très progressiste à la Cour Suprême), puis avait honoré de la Laetare Medal (la plus haute distinction catholique américaine) le vice-président Biden, autre militant proavortement. Pour le P. John Jenkins, la création d’un groupe LGBT dans l’université a été « un grand pas en avant » ; mais il a refusé la création d’un groupe dédié au mariage chrétien.


L’artiste italien Luigi Gregori peignit ces peintures murales illustrant les différentes étapes du voyage de Christophe Colomb vers l’Amérique. Les peintures ont été peintes dans les années 1880 après la reconstruction du bâtiment. Elles ont été peintes à même le mur du bâtiment principal, appelé « la pièce maîtresse du passé et du présent de Notre-Dame ».


mardi 29 janvier 2019

Avortement, démographie et immigration entraînent la recomposition ethnoculturelle de l’Occident



Pour Dominique Reynié : « La question de l’avortement, de la démographie qui va apporter la question de l’immigration, tout cela est très lié à une donnée : depuis 2015 pour la première fois en Europe il y a plus de décès chaque année que de naissances ».

Notons que M. Reynié a tort de dire que nulle part dans le monde les femmes font assez d’enfants pour rattraper la situation européenne et québécoise. Les femmes algériennes par exemple font encore près de 3 enfants depuis 2012, alors que ce taux était tombé à 2,1 en 2000, et bien sûr une grande partie de l’Afrique subsaharienne a encore plus d’enfants par femme (6,06 enfants par femme au Mali en 2016, par exemple).

Au Canada, l’écart continue de se creuser entre le nombre d’enfants et le nombre de personnes âgées, révèle Statistique Canada dans une note d’information publiée lundi. Le pays compte donc, aujourd’hui, 106 personnes de 65 ans et plus pour 100 enfants âgés de 0 à 14 ans. Il y a une trentaine d’année, le ratio était plus qu’inversé, avec deux fois plus de jeunes enfants que d’aînés. Selon Statistique Canada, le faible taux de natalité est la principale raison permettant d’expliquer ce vieillissement de la population du pays. L'immigration n'enraye pas fondamentalement ce vieillissement­.

En jaune, la pyramide des âges réelle du Québec en 2006 (avec immigration réelle).
La ligne noire représente la pyramide des âges du Québec sans immigration pendant les 40 dernières années.

Voir aussi

Le taux de natalité en Algérie inquiète les autorités (3,1 enfants/femme).


Bock-Côté : Immigration, un tabou explose

lundi 28 janvier 2019

« Mobilisation des écoliers » belges pour le climat, idéalisme ou nouveau millénarisme inculqué ?

La semaine passée des milliers d’élèves belges défilaient dans les rues de Bruxelles pour « sauver la Planète », souvent aux heures de classe avec la permission de leur directeur d'école.

Interrogé dans le Soir, un de ces directeurs s’exclame : « Quand on voit cet enthousiasme et la force de leur mobilisation, ça vaut la peine d’embrayer, affirme Tanguy Pinxteren, directeur du lycée intégral Roger Lallemand [...]. Mais nous n’avons pas attendu les manifestations pour organiser des projets en lien avec l’environnement. Après le module consacré à la migration, je m’attends à ce que nos élèves suggèrent dans les prochaines semaines un atelier “réchauffement climatique.” »



Des enfants, très jeunes bien « instruits » par l’école ?

En Belgique francophone, le décret qui fixe les missions de l’école parle avant tout de « promouvoir la confiance en soi » et de « préparer tous les élèves à être des citoyens responsables » (article 6 du décret du 24 juillet 1997). Ces objectifs (comme ceux de la  « socialisation » dans l’école québécoise) permettent toutes les dérives politiquement correctes. Dans ce cadre, des ONG très engagées comme Oxfam présentent des ateliers d’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire, éducation orientée soutenue pourtant par l’État.

Il suffit de se pencher sur les activités d’une école nominalement catholique ayant une bonne réputation (l’institut Saint-Boniface–Parnasse) à Bruxelles pour se rendre compte de l’omniprésence du correctivisme politique, migratoire et climatique qui y a cours. Nous ne pouvons nous empêcher de penser que ces activités remplacent des rites disparus de cette école puisque la chapelle a été convertie en réfectoire et salle de gymnastique, même si cette école fait toujours partie de l'enseignement libre catholique. Voici quelques-unes de ces activités :

Les élèves de 2ème année
Nombreux ateliers abordant les différents aspects de l’alimentation (santé, empreinte écologique, etc.).

Les élèves de 3ème année:
Chaque épreuve de ces olympiades permettra aux élèves d’être sensibilisés à des thématiques relatives à l’énergie, à l’eau, au climat, au développement durable.

Les noms des ateliers sont assez évocateurs :
  • Au fil de l’eau
  • La recyclerie
  • Changements climatiques 
  • Protection des arbres 
  • Challenge du logo 
  • Énergies alternatives
  • Protection des espèces
  • Tri sélectif
Les élèves de 4ème année:
Les élèves seront répartis dans différents ateliers animés par :

Oxfam
  • Le rêve éveillé ou comment sortir de sa zone de confort.
–          Comité de « Elèves Francophones »
  • L’école est raciste ? Et toi qu’en penses-tu ? Débattre du racisme et des discriminations de l’école.
–          Entraide et Fraternité
  • Je vote 3 fois par jour, en mangeant. Manger autrement pour changer le Monde
–          Quinoa
  • Jeu sensibilisant à la subjectivité de la classification des personnes.
Amnesty
  • Déconstruire les préjugés sur la migration.
–          Asmae
  • L’importance de la communication non verbale.
–          Ti Suka
  • Le mur de l’oubli ou la sensibilisation à la critique historique
–          Le Biais vert
  • Animation par Félicien Bogaerts retraçant l’actualité par le prisme de l’écologie.
–          Ecologie du son
  • Comment faire un orchestre avec 50 instruments atypiques.
–          Migration
  • Rencontre avec des personnes en situation précaire.

Anuana de Wever est une des deux fondatrices flamandes de « Youth for Climate », l'association belge qui a lancé ces marches pour le climate. Elle en appelle dans les colonnes du Standaard (anciennement un journal catholique de droite, il n’est plus ni l’un ni l’autre) à un « budget planétaire » pour assurer une « transition [énergique] mondiale » (26 janvier 2019, page 14).

Seul parti important belge à s’opposer à cette vision catastrophiste de l’avenir de la planète, le parti de droite nationaliste flamand (la N-VA). « Les jeunes doivent avoir confiance en l’avenir et en la force de l’innovation », a affirmé son chef, Bart De Wever. « S’ils se penchent sur le passé, ils verront que l’humanité a toujours rencontré des problèmes majeurs, mais que nous avons toujours trouvé des solutions grâce à l’innovation. C’est à cette génération de jeunes de suivre des cours de mathématiques, de physique.... pour nous aider à trouver ces solutions. Les solutions viendront, nous devons tout mettre en œuvre pour les trouver. Les jeunes ne doivent pas croire aux prédictions apocalyptique à caractère religieux et qui demandent à l’humanité des changements irréalistes. Si vous devez vous culpabiliser parce que vous partez en excursion d’un jour en avion alors il y a quelque chose qui ne va pas », ajoute le président de la N-VA. « L’humanité doit aller de l’avant, croître et innover sur le plan économique. Rester les bras croisés et attendre l’apocalypse. Cela n’a absolument aucun sens. Je vois à quel point ce catastrophisme économique a empoisonné de nombreux esprits, surtout parmi les jeunes générations. C’est à nous de nous y opposer en tenant un discours positif. »

L’ancien ministre de l’Immigration, Theo Francken (N-VA) s’est ouvertement moqué des jeunes manifestants.


« Papa, où est mon GSM [téléphone cellulaire] ? Parti. Quand allons-nous au ski ? Plus jamais. Où irons-nous en vacances cet été ? À la maison. Est-ce que le chauffage fonctionne ? Oui, sur 18. Mets ton pull. Peux-tu me conduire au foot ? Prends ton vélo. Papa, pourquoi tu fais ça ? Désolé fiston, mais tu m’as convaincu qu’il fallait agir autrement pour le climat », a ainsi écrit le député N-VA. Le texte repris par l’ancien ministre de l’Asile et des Migrations à un utilisateur de Twitter a récolté pas moins de 10 000 de « j’aime » sur Facebook et a été partagé plus de 2000 fois.


Il est temps d’instaurer une taxe anti-météorite géante...
 Les slogans devaient être en anglais (les nations sont dépassées). Jeune original brandissant un slogan d’un affligeant classicisme.

Le magazine Causeur revient sur cette jeunesse “idéaliste”.

Les enfants rois ont décidé que leur empire s’étendrait dorénavant aux astres et qu’il était grand temps qu’ils régulassent le climat. Et pour ce faire la méthode est tout indiquée : des manifs !

C’est ainsi que depuis plusieurs jours, la jeunesse belge bat le pavé bruxellois dans le but de faire chuter le mercure. Mieux encore : ces dizaines de milliers de jeunes gens décidés sèchent les cours afin de se rendre à ces manifs ! À côté de ça, franchement, la Carmagnole c’est risible ! Autant aller prendre le thé chez Louis XVI. Non, eux, ils sont carrément dans la rébellion farouche et indomptable ! Non, mais ! Les jacqueries, les frondes, les révolutions et les demi-mesures, ce n’est pas pour eux. Eux, c’est du sérieux, les enjeux sont fondamentaux, l’avenir de l’humanité et même de la planète, voire de la galaxie, en dépend !

Une révolution soutenue par le pouvoir
Certes, de nombreuses directions d’écoles se sont déclarées favorables à ce mouvement au nom de “l’éducation à la citoyenneté” et encouragent les collégiens à sécher les cours. Si j’étais prof, je ferais pareil, rien de plus reposant qu’une classe vide ! Mieux encore, certaines écoles engagent des sortes de “coachs” en manifs anti réchauffement pour driller leurs ouailles. Tant qu’à faire du lavage du cerveau, autant nettoyer dans les coins !

Encore plus fort, Marie-Martine Schyns, ministre de l’Enseignement, Marie Christine Marghen, ministre de l’Énergie, et Jean-Luc Crucke, ministre du Climat (si, si !) ont déclaré soutenir cette jeunesse conscientisée. [Le gouvernement actuel est très minoritaire depuis la démission de la N-VA  le plus grand parti de Belgique.] D’autant plus qu’elle a tendance à faire oublier les gilets jaunes et leurs luttes contre le matraquage fiscal. Ce soutien des autorités scolaires et gouvernementales ôte le côté Gavroche de la chose, hélas, et ça fait tout de suite moins insurrectionnel que Mai 68. C’est navrant, mais c’est peut-être le prix à payer pour sensibiliser les adultes, à commencer par les parents qui vont conduire leur progéniture à la manif en 4X4.


On veut des taxes ! [pour nos parents]
Il faut dire que ces “millennials” sont, par excellence, la génération où le hasard n’existe pas et où il faut toujours un responsable à tout. Alors, les éruptions solaires incontrôlées ou les volcans qui pètent sans prévenir, on ne la leur fait pas ! L’alpha et l’oméga du problème, c’est l’humain, particulièrement s’il est Européen, et il convient de régenter ses moindres comportements. Pour cela, il existe une baguette magique : les taxes ! On ne s’étonnera plus que les autorités politiques applaudissent à tout-va ! Ces jeunes manifestants sont en train de grever le peu qu’il restera de leur héritage, mais ça a l’air de leur plaire, alors pourquoi les en priver ?


Mêmes slogans “originaux”, en anglais en Belgique,
de la part de jeunes pleins d’imagination

Les lycéens, y en a des biens
Mais tandis qu’ils scandent leur chant des partisans climatiques avec une soumission à l’autorité qui épaterait Milgram, quelques irréductibles boutonneux font sécession. Ils assistent vaille-que-vaille aux cours de physique (tiens, tiens, des cycles solaires…), de géo (tiens, tiens, les vents se forment en mer…), d’histoire (tiens, tiens, le climat a déjà changé plusieurs fois depuis le Moyen-Âge…), de français (tiens, tiens, la climatologie et la météorologie, c’est pas du tout la même chose…), de chimie (tiens, tiens, les gaz à effet de serre c’est beaucoup plus compliqué qu’on le croyait il y a vingt ans…), de mathématique (tiens, tiens, les prévisions reprises par les médias sont fondées sur des calculs moins évidents qu’on ne le croit…) et de bien d’autres choses.
Ils sont, eux aussi, les “adultes de demain”. Peu nombreux, comme toutes les élites, instruits, ayant eu bien souvent l’occasion d’exercer leur esprit critique et d’observer avec quelle aisance les foules “conscientisées” sont manipulables, ils dirigeront dans quelques années le troupeau bêlant qui bat la semelle dans la capitale. Reste à souhaiter qu’ils n’aient pas omis d’apprendre au passage les vertus de l’indulgence et de l’humour.


Voir aussi

Au Québec, cette même préoccupation est enseignée depuis plusieurs années, voir :

Jacques Brassard et l’écolo-chamanisme, le petit chouchou de l’école québécoise

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

ECR — obsession pour les Amérindiens écologistes

À mon école on parle beaucoup d’écologie, le plus grave problème c’est l’existence des hommes

Célébration subventionnée à Granby du Jour de la Terre avec les écoliers captifs 


dimanche 27 janvier 2019

« Nous irons dans les écoles pour entamer un dialogue » sur le racisme systémique au Québec

La Presse nous apprend qu’afin de lutter contre l’« exclusion » et la « discrimination », des militants viendront dans les écoles « dialoguer » (culpabiliser).

Un collectif d’auteurs — parmi lesquels on trouve Will Prosper, Webster, Fabrice Vil, Stella Adjokê et Widia Larivière — discute des différentes facettes de ce qu’il considère comme du racisme, afin « d’amorcer une discussion publique ». Présidente de la fondation Paroles de femmes et membre de l’incubateur Hoodstock à Montréal-Nord, Amel Zaazaa a codirigé l’ouvrage avec le philosophe Christian Nadeau. La Presse lui donne une tribune et l’interviewe. Amel Zaazaa est relationniste de presse à la Fédération des femmes du Québec, elle fut attachée politique de Mme Anne Lagacé Dowson (NDP) en 2015. Tunisienne d’origine, son dernier emploi en Tunisie fut Chargée des relations médias aux ministères des affaires étrangères français (jusqu’à la fin 2013).

Amel Zaazaa a participé à un reportage de la BBC sur les difficultés d'intégration au Québec en 2015, elle s'y plaignait du fait que Québec n'offre pas de classes d'anglais gratuites aux immigrants,

Pourquoi ce livre ?

L’idée est née il y a plus de deux ans. Quand il a été question de la commission sur le racisme systémique, il y a eu beaucoup de controverse dans les médias. Les gens ont réagi fortement, ils ont cru que tous les Québécois étaient accusés d’être racistes. Pourtant ce n’était pas la première fois qu’on en parlait. Déjà en 1969, lors des émeutes à l’Université Concordia, les gens réclamaient une telle commission. [Note du carnet : Les causes du conflit remontent à 1968, lorsque six étudiants antillais anglophones ont accusé Perry Anderson, professeur de biologie, de discrimination parce qu’ils avaient eu de mauvaises notes à un examen. Les émeutes se conclurent par 2 millions $ de dégâts (13 millions $ en tenant compte de l’inflation) par les étudiants « racisés » et « afrodescendants ». Le professeur accusé de racisme par six étudiants noirs anglophones fut déclaré innocent. La commission d’audience chargée de l’affaire a estimé qu’« il n’y avait aucune preuve pour étayer les accusations générales de racisme ».]

Il faut faire une différence entre le racisme individuel et le racisme systémique. On a voulu nuancer tout ça, d’autant plus que le débat se faisait sans que les personnes concernées soient impliquées. Avec Christian Nadeau, de l’Université de Montréal, qui est également président de la Ligue des droits et libertés, on a voulu faire un livre qui s’adresserait au plus grand nombre, un livre accessible qui serait aussi un outil d’éducation populaire.

Comment définissez-vous le racisme systémique ?

Quand on parle de racisme systémique, on ne parle pas d’une société qui a érigé le racisme en système, mais bien d’un ensemble d’oppressions subies par les personnes racisées dans différents domaines (la justice, la santé, l’éducation, etc.). Quand, par exemple, un seul nom peut être un obstacle majeur à l’obtention d’un logement ou d’un emploi, c’est du racisme systémique. Si mon voisin ne m’aime pas, c’est du racisme individuel et ce n’est pas très important. Mais si ce même voisin a le pouvoir de me priver de quelque chose d’important, d’un droit, alors là, on parle de racisme systémique. [Cette distinction nous paraît floue et sujette à discussion. On peut parler de racisme « systémique » ou « institutionnel » quand des lois et des règlements discriminent en fonction de la race comme en Afrique du Sud actuellement contre la minorité blanche, mais le racisme d’un propriétaire qui prive quelqu’un de quelque chose de vague d’important reste du racisme individuel.]

Avec le livre, nous allons entreprendre une tournée d’éducation populaire. Nous irons dans les écoles pour entamer un dialogue. Il ne s’agit pas de montrer du doigt des individus ou des groupes, mais bien de prendre acte, d’identifier les problèmes et de trouver des solutions. SLĀV nous a montré que c’est possible [NdC : que l’hystérie et la culpabilisation fonctionnent], qu’à l’abri des caméras on peut se rencontrer, dialoguer, aller au-delà des susceptibilités de chacun et avancer. On peut faire la même chose avec le racisme.

Les médias sont souvent montrés du doigt dans le livre. Quel rôle peuvent-ils jouer ?

Prenons le terme d’« appropriation culturelle ». Les gens ne comprenaient pas ce que cela signifiait. Mais grâce au débat et aux nombreuses discussions, ils ont finalement compris. [Ils ont plié.] C’est un exemple positif du rôle que peuvent jouer les médias lorsqu’ils expliquent des concepts [adopte notre vocabulaire, notre lexique et notre vision du monde]. Ils peuvent également donner des tribunes à des gens qui n’en ont pas, sinon le débat se fait sans nous. Mais il faut une volonté politique et sociale. Et il faut refuser que les politiciens instrumentalisent les peurs, comme c’est le cas dans le débat sur l’immigration, par exemple. Je suis arrivée au Québec il y a cinq ans, je parle parfaitement français. Or on parle de moi comme si je n’étais pas voulue au Québec. Les immigrants ont l’impression de ne pas être des citoyens à part entière [description monolithique des immigrants, ils sont divers et tous n'ont pas cette impression !]. On parle de nous comme si nous étions un bloc monolithique [oups, Amel tu viens de le faire en parlant au nom de tous les immigrants]. Or nous avons droit à notre individualité.


Éducation à la sexualité : « les craintes des parents sont légitimes »

Texte de Nadia El-Mabrouk, professeure à l’Université de Montréal. Ce texte aurait mené à l’exclusion de la professeure Nadia El-Mabrouk d’un colloque syndical à cause de ses positions sur la laïcité et l’éducation à la sexualité.


« In Queer We Trust » est le message que je peux lire tous les jours sur un autocollant à la porte de ma station de métro. Et si c’était une religion ?

Cela expliquerait la déferlante de messages virulents que j’ai reçus après ma chronique sur l’identité de genre, afin de parfaire mon « éducation » sur le sujet.



Le sexe serait « un continuum d’états sur le spectre de l’arc-en-ciel », il ne serait pas constaté, mais « assigné » à la naissance, des personnes seraient « nées dans le mauvais corps », il y aurait des « femmes avec un pénis » et des « hommes qui accouchent ». Toute objection est déclarée transphobe.

En clair, l’idéologie queer est une orientation politique dont l’objectif est de nier la binarité des sexes.

La notion de femme et d’homme serait une question d’« identité de genre », autrement dit de ressenti, et non de sexe biologique.

À qui profite cette déconstruction des concepts ? Certainement pas aux femmes victimes d’inégalités sociales liées à la maternité ni à celles aux prises avec des traditions patriarcales qui les aliènent sur la base de leur sexe.

C’est pourtant ce nouveau paradigme qui, sans qu’aucun débat public n’ait eu lieu, imprègne les discours politiques et les orientations gouvernementales. Il est à l’origine du remplacement de la notion de sexe par celle de « genre » dans les documents officiels.

Dernièrement, c’est Statistique Canada qui annonçait le remplacement de la variable « sexe » par la variable « genre que ressent intimement une personne (selon où elle se positionne sur le continuum de l’identité de genre) » 1. On croit rêver !

Comment une institution aussi essentielle pour la démocratie pourra-t-elle baser ses enquêtes sur une dimension des plus floues et des moins scientifiques, plutôt que sur une donnée objective ?

Comment le gouvernement compte-t-il remplir ses engagements de mesurer les écarts de salaire, d’employabilité ou de conditions de vie entre les hommes et les femmes, des données essentielles pour atteindre l’égalité ?

Pour ce qui est du « continuum des genres », les formulaires de Statistique Canada offriront-ils la panoplie des identités que promeuvent les militants de la cause trans, soit « transsexuelle, transgenre, homme et femme trans, genre fluide, genre variable, travestie, sans genre, gender fuck, bispirituelle, etc. » ? Cette idéologie, qui a déjà largement pénétré la sphère politique, se retrouvera-t-elle à l’école ?

Cours d’éducation à la sexualité

L’instauration au Québec d’un cours qui permette [note du carnet : permettrait uniquement] aux enfants d’intégrer une vision saine de la sexualité, et de les prémunir contre les agressions sexuelles, est une excellente nouvelle. Mais les parents doivent être informés du contenu du cours, du matériel pédagogique et des intervenants. Leurs craintes sont légitimes.


En Colombie-Britannique, par exemple, le ministère de l’Éducation a instauré le programme « Orientation sexuelle et identité de genre » (SOGI) qui, sous couvert de lutte contre la discrimination, intègre le vocabulaire transgenre.

D’ailleurs, le jumelage qui est toujours fait entre l’orientation sexuelle et le discours trans ne risque-t-il pas de créer un ressac contre la nécessaire lutte contre l’homophobie ?

C’est pour manifester leur opposition à de tels programmes que des parents aux États-Unis, en Australie et au Canada, ont retiré leurs enfants de l’école le 23 avril dernier. Au-delà des raisons religieuses de certains parents, une grande partie de la contestation concerne un matériel pédagogique développé par des militants de la cause trans. C’est le cas du site SOGI financé, entre autres, par des organisations LGBTQ+2.

Dans une capsule vidéo publiée sur ce site, on nous présente une « fille trans » de 14 ans, autrement dit un garçon, qui explique être une fille, notamment par le fait qu’il aime dessiner des sirènes.

Cette semaine, Radio-Canada nous présente Alexis, un ex-culturiste, qui explique son sentiment d’être une femme par le fait d’avoir toujours été attiré par les jouets, le maquillage et les vêtements féminins. Alexie, devenu « femme », donne des conférences devant des jeunes du secondaire.

A-t-on fait tout ce chemin de lutte contre les stéréotypes pour en arriver là ?

Plutôt que de brouiller la distinction entre les sexes, le rôle de l’école n’est-il pas de faire en sorte que les garçons se sentent à l’aise de pratiquer des activités traditionnellement assignées aux filles, et inversement ? [Note du carnet : non, ce n’est pas plus le rôle de l’école gouvernementale. Qu’on laisse les garçons être garçons, qu’on les aide à moins décrocher et qu’on ramène le goût de l’effort à l’école, qu’on remette l’accent sur l’instruction des savoirs, moins de volonté de changer les enfants des autres pour en faire des « progressistes », des métrosexuels. Ensuite chaque école, selon sa tradition pourra offrir le contenu moral recherché par les parents. On pourrait ainsi avoir des écoles catholiques, d’autres très progressistes, LGBT, si l’on veut du moment que cette philosophie est clairement affichée et que les parents choisissent l’école en connaissance de cause.]

Comment les enseignants devront-ils surfer sur ce paradoxe qui consiste, d’une part à lutter contre les stéréotypes, comme le prévoit la stratégie gouvernementale « Pour l’égalité entre les femmes et les hommes », et d’autre part à aller dans le sens de la reconnaissance de l’« identité de genre » qui s’appuie, en grande partie, sur l’acceptation des stéréotypes ?

Nous sommes de nombreux parents à contester le cours d’Éthique et culture religieuse qui cantonne les enfants dans des appartenances religieuses. Allons-nous faire face, avec le cours d’éducation à la sexualité, à une nouvelle idéologie, encore plus intrusive, qui nie les sexes ? J’appelle le ministre de l’Éducation à s’assurer que le cours soit à l’abri de telles dérives.