Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Faire cavalier seul. Dans certaines régions du nord de l'Angleterre,
75 pour cent des familles sont monoparentales.
La plupart composées de mères seules.
Royaume-Uni — Un million d'enfants grandissent sans un modèle masculin.
Nombre de familles mono-parentales augmentent de 20.000 chaque année.
Les enfants issus de familles décomposées sont 50 pour cent plus susceptibles d’avoir des difficultés à l'école.
L'éclatement des familles coûterait 46 milliards de livres (63 milliards de dollars) par an aux contribuables.
Selon une étude du Centre for Social Justice (CSJ) sur la désintégration de la famille en Grande-Bretagne publiée la semaine passée, in million d'enfants grandissent dans des «déserts masculins», vivent sans père et rencontrent rarement adulte.
Cette étude précise que l'augmentation continue du nombre de familles monoparentales signifie que dans certaines régions du Royaume-Uni trois quarts des familles sont dirigés par un seul parent.
Leurs enfants, dont la plupart grandissent sans père, sont dépourvus de tout contact masculin, non seulement à domicile, mais aussi dans les autres secteurs clés de leur vie, en particulier, rares sont ceux qui rencontrent des hommes à l'école. Une école primaire sur quatre n'a aucun enseignant de sexe masculin et quatre sur cinq en ont moins de trois, de rappeler l’étude.
L'étude, Éclatement de la famille: l'état des lieux, signale que le nombre de familles monoparentales augmente de 20.000 par an et que ce nombre atteindront de deux millions avant la prochaine élection en 2015.
Le rapport indique que la moitié des enfants qui naissent ne grandira pas avec leurs deux parents biologiques et qu’un million d'enfants n'ont pas de contact significatif avec leur père.
L’étude soutient que les coûts associés à la décomposition de la famille sont « dévastateurs » : les enfants issus de familles éclatées ont 50 pour cent plus de risques d’échec scolaire, trouvent difficile de se faire des amis, éprouvent des difficultés à maîtriser leurs émotions et leur comportement ainsi qu’à surmonter l'anxiété et la dépression.
Le rapport estime que le coût de l'éclatement des familles, y compris le prix des prestations de soutien de l'État pour les familles sans travail, à 46 milliards de livres par an (63 milliards de dollars), soit près de 2400 $ pour chaque contribuable.
Le Centre pour la justice sociale prévoit que la facture s'élèvera à 78 milliards de dollars en 2015.
Selon l’étude, la principale cause de la rupture familiale est la fréquence croissante de la cohabitation. : « C’est l'instabilité des couples qui cohabitent plutôt qu’une hausse des taux de divorce qui alimente la désintégration de la famille au Royaume-Uni », de déclarer le rapport.
« Depuis 1996, le nombre de personnes vivant en union libre a doublé pour atteindre près de six millions de personnes. Les parents en union libre sont trois fois plus susceptibles de se séparer au moment où un enfant est âgé de cinq ans que les couples mariés. »
Depuis son élection, le gouvernement dit conservateur de M. Cameron n'a pas agi pour respecter sa promesse d’accorder un avantage fiscal aux couples mariés.
Il a toutefois poussé pour faire adopter rapidement le « mariage » de même sexe, même si cette mesure qui ne vise qu’une infime minorité ne figurait ni dans le manifeste conservateur ni dans l'accord de coalition avec les libéraux démocrates.
Nous attendons une étude aussi franche et sans tabou au Québec.
Philosophe, directeur du Collège supérieur de Lyon, Jean-Noël Dumont déclare à Famille chrétienne :
« Il y a une proclamation plus explicite de l’originalité de la mission des écoles catholiques. Pendant longtemps, le discours était axé sur la participation au service public, sans expliquer vraiment l’originalité du projet éducatif. À cause d’une conception mutilante de la laïcité, qui consiste à s’aligner et à prôner la neutralité. [...] Ce concept de neutralité n’est pas très heureux, surtout si on considère que l’enseignement est inséparable de l’éducation, qui est toujours une proposition de sens. Il y a une manière chrétienne ou pas d’enseigner les maths ou de faire un cours sur Madame Bovary. On peut verser dans le scientisme, la pensée positiviste ou bien rester ouvert à la contemplation, on peut ouvrir au mystère de l’homme ou le réduire complètement. La neutralité n’existe pas, on ferait bien mieux de l’avouer, y compris et surtout à l’école publique. Sous la IIIe République, l’école publique était nationaliste, revancharde et anticléricale. Aujourd’hui, elle véhicule une idéologie individualiste libertaire : celle qui fait de l’épanouissement personnel l’objectif suprême, transformant toute aspiration en droit, et rendant impossible toute référence à un ordre symbolique. [...]
La phraséologie du ministre de l’Éducation reflète bien l’idée de rééducation du peuple : « arracher l’enfant à ses préjugés » a pu dire Vincent Peillon, comme si toute conviction reçue des parents était un préjugé… [...]
L’école catholique n’est catholique que si elle est libre. Pour nous en sortir, commençons aussi par distinguer neutralité et objectivité. L’objectivité est justement de ne pas se prétendre neutre. Elle consiste, pour celui qui parle, à expliciter ce qui est à la source de son propos, à ne pas présupposer de complicité avec son auditoire, et donc, à se rendre accessible à tous.
Certains accusent la loi Debré, qui a établi le contrat d’association avec l’État, d’avoir mécaniquement affaibli l’identité des écoles catholiques. Que pensez-vous de cette affirmation ?
Il y a eu une mauvaise coïncidence entre la loi Debré qui a apporté plus de moyens, d’ouverture, de compétence, et la crise de l’Église (moins de religieux dans les écoles, désaffection pour le christianisme). La mauvaise réponse a été de vouloir reprendre tout ça en main de manière centralisée. Il faut toujours repartir des établissements scolaires. On manque de confiance dans la liberté des baptisés, leur capacité d’initiative et de responsabilité là où ils se trouvent. Comme toute institution, l’Église peut avoir la tentation de faire à la place des personnes, d’entrer dans une rivalité mimétique avec l’État. Or, les logiques de pouvoir hiérarchiques et centralisées sont asséchantes. L’Église aide, accompagne, inspire, entretient les établissements dans des relations fraternelles. Les grandes initiatives viennent toujours des personnes : les saint François d’Assise, Jeanne d’Arc et Mère Teresa ne sont pas issus d’une décision centrale. Il faut se garder du réflexe centralisateur qui croit qu’on peut vérifier le spirituel par l’administratif. [...] »
Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)
Contre le massage, le yoga, l'ésotérisme, la médecine dite douce...en classe.
«Maman de deux enfants fréquentant l'école primaire, je m'oppose aux ateliers de massage et de yoga en classe. L'école de mes enfants fera venir des « spécialistes » en yoga et en massage pour présenter des ateliers durant les heures de classe. Ensuite, les enseignants intégreront ces techniques à leurs routines. Les adeptes du massages à l'école tente bien sûr de vendre leur produit. Je me demande si dans un tel contexte de pression du groupe de ses pairs et des adultes, un enfant est réellement « libre de son choix » comme l'affirment : AQIMMS, MISA, MISP... ? De tel gestes intimes normalement réservés au milieu familial que l'on initie dans le contexte scolaire peut-il faire disparaître le sens des limites normales ? Les écoles ne sont pas le lieu où doivent se pratiquer des méthodes de santé alternative. Aucune étude scientifique sur les bienfaits de tels ateliers de massage entre enfants mineurs ne semble avoir été publiée. Est-ce que c'est ce qu'on veut faire entrer à l'école de nos enfants ? »
Les étudiants du programme Éducation à la petite enfance du cégep [fin du lycée en France] Marie-Victorin, une classe de 24 filles et 1 garçon devait visiter une mosquée dans le cadre d’un cours sur les religions. 14 filles ont refusé de porter le voile.
La direction du collège leur a dit « pas de voile, pas de visite à la mosquée et perte de 10 % des points de l'évaluation de l'année ». Elles se sont donc voilées alors que l'étudiant n'avait aucune contrainte. L'étudiante qui a dénoncé cette discrimination – Dutrizac n'a pas diffusé son témoignage – était en pleurs, se disait victime d'intimidation et affirmait que les enseignants sont venus en classe pour savoir qui avait alerté les médias.
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Autre projet d'éthique et de culture religieuse (volet éthique) qui joue sur tous les stéréotypes concernant la violence conjugale. Nous nous demandons si (mal) parler de la violence conjugale à 14 ans est vraiment utile et s'il n'y aurait rien de plus urgent à apprendre au début du secondaire...
Dans toutes les photos où l'agresseur est identifiable, il s'agit d'un homme...
« 8 sur 10 des victimes [sic] sont des femmes » (1:25) C'EST très CONTESTABLE, voir ci-dessous.
« Après l'agression, l'homme essaie de justifier son comportement » (2:26). Jamais une femme ?
On notera que la rédemption, un vrai changement n'est pas possible après une violence conjugale : la rechute est inéluctable, machinale, les agresseurs passent par des phases mais « ça recommence de plus en plus rapidement ».
La vidéo reproduit tous les clichés et préjugés du prêt-à-penser. Elle a dû être bien accueillie par le gentil animateur du cours ECR.
Par ailleurs, la similarité des taux de prévalence de la violence rapportée par les hommes et les femmes reflète peut-être en grande partie le fait que la violence entre conjoints ou partenaires constitue un phénomène largement bidirectionnel ou mutuel, comme l’attestent plusieurs études
(Capaldi, Kim et Shortt, 2007 : 107; Straus, 2006a : 8; Archer et Graham-Kevan, 2005 : 274; Fergusson, Horwood et Ridder, 2005a : 1110; Field et Caetano, 2005 : 504; Williams et Frieze, 2005 : 775; Linder et Collins, 2005 : 257; Arriaga et Foshee, 2004 : 179; Ehrensaft, Cohen, Brown, Smailes, Chen et Johnson, 2003 : 745, 749-750; Hines et Saudino, 2003 : 204-206; Kwong, Bartholomew, Henderson et Trinke, 2003 : 294-295; Anderson, 2002 : 851, 856; Harned, 2002 : 1189; Straus et Ramirez, 2002 : 6; Capaldi et Owen, 2001 : 431; Kessler, Molnar, Feurer et Appelbaum, 2001 : 492-493; Archer, 2000 : 660; Bradbury et Lawrence, 1999 : 188; Kwong, Bartholomew et Dutton, 1999 : 155; Magdol, Moffitt, Caspi, Newman, Fagan et Silva, 1997 : 73; Sorenson, Upchurch et Shen, 1996 : 37; Morse, 1995 : 263; O’Leary, Malone et Tyree, 1994 : 594; Straus, 1993 : 74; Brush, 1990 : 61).
»
Projets vidéo en éthique et culture religieuse... Toutes les vidéos sont signées par leurs auteurs et identifiées comme des projets en éthique et culture réalisés en 2011 et 2012. Attention, ça vole très haut...
Le Hip hop (quel rapport avec l'éthique ou la culture religieuse ?) :
Les groupes musicaux qui ont marqué l'histoire (idem) :
La grève étudiante (une question d'éthique) avec une adulte qui, bien sûr, est impressionnée par la solidarité (l'esprit moutonnier ?) des jeunes si créatifs dans cette ère individualiste, etc. :
Et enfin sur Walt Disney... avec de larges extraits de Pocahontas (dessin animé à l'eau de rose sur les gentils Amérindiens et les Européens qui ont tant à apprendre dans la paix et le métissage) puis une identification avec Esmeralda la gitane :
Le nombre d'allophones dépasse maintenant le nombre de francophones dans les écoles de Montréal. Près de la moitié (42,6 %) des élèves montréalais sont allophones, c’est-à-dire que leur langue maternelle n’est ni le français, ni l’anglais, révèle une étude réalisée en 2012 par le Comité de gestion de la taxe scolaire de l’île de Montréal.
Ils sont plus nombreux que les élèves francophones qui représentent environ 36,7 % du réseau scolaire montréalais. La proportion d’élèves dont la langue parlée à la maison est autre que le français ou l’anglais continue également d’augmenter. En 2012, elle atteignait 27,7 % sur l’île de Montréal, ce qui surpasse la proportion d’élèves anglophones (25,6 %).
« La nouvelle ne surprend pas vraiment, mais elle crée quand même un choc : on devine la situation de plus en plus intenable pour les enseignants
[...]
la loi 101 devait produire des Québécois francophones. De manière générale, elle a plutôt produit des Canadiens bilingues. Il ne s’agit pas que d’une nuance. Souvent, chez les « enfants de la loi 101 », on s’identifie moins à la nation québécoise qu’à Montréal, considérée comme une métropole bilingue et multiculturelle spontanément accueillante envers les différentes manifestations de la diversité.
[...]
C’est l’idéal d’un « citoyen du monde » post-national [note du carnet: renforcé par le programme scolaire] qui s’impose peu à peu et qui donne à ceux qui s’en réclament un sentiment de supériorité morale. Je le redis, nous assistons déjà à la désaffiliation symbolique de Montréal par rapport au reste du Québec. »
« Les enseignants remarquent un changement dans les classes d’accueil depuis quelques années. On se retrouve avec de plus en plus d’élèves qui ne fréquentaient même pas l’école dans leur pays d’origine. Le défi est immense », lance Alain Marois, de l’Alliance des professeurs de Montréal.
« En ce moment, nous n’avons pas toutes les ressources nécessaires pour franciser correctement nos jeunes, alors que le nombre d’allophones ne cesse d’augmenter. »
Le maintien du français en classe pose des difficultés au personnel enseignant, selon M. Marois.
« Ce qui est épeurant, c’est qu’on a des élèves en classe d’accueil qui sont pourtant nés au Québec. Leurs parents ne parlent pas français et n’ont donc jamais transmis cette langue à leurs enfants. »
Pendant ce temps, la ministre de l’Immigration et de la Charte de la langue française s'est dit prête à « accueillir un plus grand nombre d’immigrants, mais qu’il faut encore amenuiser les craintes [des francophones en voie de minorisation à Montréal] face à la différence, qui barrent [selon elle] parfois le chemin aux nouveaux arrivants. » Discours de la part d'une ministre d'un parti prétendument nationaliste que n'aurait pas renié ses prédécesseurs du PLQ, fédéralistes et de plus ouvertement partisans du bilinguisme du Québec.
Voici une série de tableaux tirés de l’étude Quinze ans plus tard : Les adultes canadiens diplômés de l’école-maison (synopsis en français | étude intégrale en anglais) produite par le Centre canadien pour l’école-maison. Ils démontrent que, dans pratiquement tous les domaines importants de la vie, les enfants instruits à la maison réussissent, à court et long terme, mieux que leurs homologues des écoles conventionnelles.
On se demande souvent pourquoi la seule école privée qui se soit officiellement opposée au cours ECR est le collège Loyola (et des intellectuels anglophones de McGill).
Pourquoi aucune critique publique de la part des écoles privées francophones ? (En privé, des directeurs d'écoles privées francophones nous ont déclaré par contre ne pas enseigner le programme ECR tel que conçu par le ministère, mais un peu ce qu'ils voulaient pendant le temps qui doit être consacré à cette matière.)
Peut-être, cette léthargie de la part des écoles privées francophones s'explique-t-elle en partie par le travail de « vente » du programme ECR qu'y a été fait. Lors des congrès de la Fédération des établissements d’enseignement privé (FEEP) avant l'imposition d'ECR, on a loué cette dernière et merveilleuse trouvaille de nos « songeurs » patentés. On y a invité et largement donné la parole à un des pères et thuriféraires de ce cours : Georges Leroux. Le directeur exécutif de la FEEP trépignait de le présenter lors du congrès de la FEEP, le 3 mai 2007 à Québec. C'était la deuxième ou troisième fois, à ses dires, qu'il le présentait. Haletant, il ne put retenir un aveu en présentant ce concepteur et ardent défenseur du programme : « Georges Leroux est mon gourou sur le plan philosophique, mais aussi au niveau de la pensée, au niveau de l'éthique » (à partir de la 25e seconde). En toute neutralité, bien sûr.
Voici le début de cette conférence de Georges Leroux enregistrée à l'époque ainsi qu'une réaction à cette conférence parue dans le Devoir de la part de la présidente à l'époque de l'Association des parents catholiques du Québec.
« Nos enfants seront mieux que nous parce que pluralistes. »
« Personne ne sous-estime le risque de mettre la culture religieuse et l'éthique ensemble »
« nous avons très peur au ministère de l'Éducation des demandes de dérogations de ces communautés » [orthodoxes juives].
« Il est plus prudent que le jeune connaisse l'autre de manière structurée. »
[mais le cours ECR permet-il vraiment cette connaissance ? C'est loin d'être évident. Ajoutons que connaître n'implique en rien le respect ni l'acceptation.]
Libre opinion parue dans Le Devoir page A6, le 4 juin 2007
Gare au Pluralisme normatif dans les cours d’éthique et de culture religieuse Par Jean Morse-Chevrier, Présidente de l’Association des parents catholiques du Québec
En septembre 2008, le gouvernement va remplacer l’option en enseignement moral et religieux par l’imposition d’un seul cours multi-religieux d’éthique et culture religieuse et par l’interdiction simultanée, dans les écoles publiques, mais non privées, de tout enseignement confessionnel.
M. Georges Leroux, philosophe et spécialiste de l’éthique pour le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, a donné une conférence sur le nouveau cours d’éthique et culture religieuse, le 3 mai, 2007 aux membres de la Fédération des établissements de l’enseignement privé (FEEP), et l’enregistrement de cette conférence a été accessible par internet. M. Leroux a admis que ce cours entraînera une « reconfiguration considérable des attentes pour une construction identitaire » des élèves. En optant pour ce cours sur un ensemble de religions et visions du monde, le Québec s’assure, selon lui, que : « nos enfants seront meilleurs que nous parce qu’ils seront d’abord plus ouverts à la diversité religieuse et morale et plus investis dans un pluralisme normatif. Ils croiront qu’il est préférable d’être pluriel que d’être homogène. »
Devons-nous conclure devant ce témoignage que le gouvernement tenterait de changer « nos enfants » (ceux de l’État?), de chrétiens (pour la grande majorité) à pluralistes ? Si c’est le cas, ses intentions vont au-delà de ce qu’il annonçait dans les orientations pour ce cours lorsqu’il a eu l’appui de l’Assemblée nationale au projet de loi 95, en juin 2005. Il viserait non seulement l’ouverture à l’autre, telle qu’annoncée, mais chercherait à faire assimiler par l’élève la diversité morale et religieuse au moment même de sa construction identitaire. Or, comment est-il possible de construire une identité personnelle pluraliste à moins de délaisser sa propre identité confessionnelle?
M. Leroux affirme : « La première raison pour laquelle nous avons, le gouvernement et tous ceux qui l’ont soutenu, jugé qu’il est nécessaire, voire essentiel de rédiger le cours d’éthique et culture religieuse, c’est le pluralisme normatif. Il est essentiel que l’expérience diversifiée autant sur le plan moral que religieux soit valorisée dans sa diversité. » Devons-nous comprendre que notre société sera meilleure lorsque ces enfants, devenus grands, seront pluralistes plutôt que chrétiens ? Si c’est la position du ministre de l’Éducation, il devrait être appelé à en faire la preuve, avant d’imposer des contenus multi-religieux à l’ensemble des élèves et avant d’expérimenter avec l’identité religieuse et morale des québécois.
Ceci étant dit, les enfants sont sous la responsabilité première de leurs parents. C’est à eux que devrait revenir la décision de quel enseignement éthique ou de culture religieuse donner à « leurs » enfants, qu’ils optent pour la vision pluraliste « lerousse » et étatique ou non.
M. Leroux justifie aussi le pluralisme normatif sur la base des « 60 ethnies ou religions » présentes dans certaines écoles de Montréal. Grand nombre de ces ethnies sont chrétiennes, à Montréal comme ailleurs. Le seul nouveau groupe religieux significatif au Québec est celui des musulmans. C’est aussi le groupe religieux qui est le plus impliqué dans « la crise » en France, crise que M. Leroux dit vouloir éviter au Québec avec le nouveau programme. Est-ce pour intégrer le petit pourcentage de musulmans à la culture québécoise que le ministère impose ce cours ou pour ouvrir les enfants chrétiens (7 5%) à l’islam ? La question se pose. Mais au lieu de prendre des décisions pour eux, pourquoi ne pas permettre aux parents de choisir quelle religion convient à « leurs » enfants ?
M. Leroux renvoie aux écoles privées le devoir de transmettre la tradition catholique afin de la conserver, car, dit-il, les religions sont importantes pour comprendre l’histoire, la littérature et le sens de l’existence. Les parents, dit-il, s’attendent à ce que les écoles privées remplissent cette « mission » de conservation. Cependant le gouvernement n’accordera pas à ces écoles la liberté d’enseigner leur religion à l’intérieur des heures prévues dans le régime pédagogique et elles auront de la difficulté à trouver le moyen de le faire autrement.
D’autre part, M. Leroux est-il certain que les parents d’enfants à l’école publique ne veulent pas, eux aussi, que l’école transmette cette tradition ? Les 75 % de parents qui y choisissent l’enseignement moral et religieux catholique semblent y tenir. Et, selon quel éthique justifier que les mieux nantis bénéficieront de la possibilité d’un enseignement moral et religieux catholique alors qu’on l’enlève aux écoles publiques? Cette justification est-elle assez solide pour résister aux objections futures des adversaires de l’école privée ?
Le cours d’éthique et culture religieuse accordera plus de temps aux religions chrétiennes qu’aux autres. L’application des chartes va-t-elle exiger, dans un avenir prochain, que le christianisme ne soit plus privilégié dans ce nouveau cours ? Et alors, qu’est-ce qui s’ensuivra : l’abandon du cours d’éthique et culture religieuse, l’enseignement sur un même pied du christianisme, de l’islam et autres religions ou l’introduction dans l’école d’une religion unique universelle qui, nous rapporte M. Leroux, est la voie de l’avenir selon certains ? Il n’est pas irraisonnable de se poser la question.
N’est-il pas le temps de laisser aux parents le choix en matière d’enseignement moral et religieux de « leurs » enfants, même au risque qu’ils préfèrent leur propre religion et non le pluralisme normatif du ministère ? C’est, je crois, la seule façon de respecter les chartes et d’être juste envers tout le monde : parents, enfants, catholiques, protestants, juifs, musulmans ou autres. C’est un choix possible pour un gouvernement qui a suffisamment à cœur le respect de la liberté de conscience et de religion pour chercher avec ses partenaires de la société civile des avenues nouvelles.
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