lundi 4 novembre 2024

Boeing aurait démantelé son service mondial d'équité, de diversité et d'inclusion (EDI)

En janvier, un Boeing de la compagnie Alaska Airlines a vu l'une de ses portes exploser lors d'un vol.  
 
Boeing aurait démantelé son service mondial d'équité, de diversité, d'inclusion (EDI) dans le cadre d'une refonte de ses opérations ordonnée par le nouveau dirigeant de l'entreprise, devenant ainsi la dernière grande entreprise à se débarrasser de cette initiative controversée.

Le géant de l'aérospatiale — qui a été critiqué par le magnat de la technologie Elon Musk pour avoir donné la priorité à l'EDI plutôt qu'à la sécurité et aux contrôles de qualité après une explosion quasi-catastrophique lors d'un vol d'Alaska Airlines — a déclaré que le personnel de son bureau EDI serait absorbé par une autre équipe de ressources humaines axée sur les talents et l'expérience des employés, selon Bloomberg News.

Sara Liang Bowen, vice-présidente de la société et responsable de la défunte unité EDI, a quitté la société jeudi.

« L'équipe a accompli tant de choses — parfois de manière imparfaite, jamais facilement — et rêvait d'en faire encore beaucoup plus », a écrit Mme Bowen dans un message d'adieu sur LinkedIn.


« J'ai eu le privilège de diriger l'équité, la diversité et l'inclusion au sein de la société Boeing au cours des cinq dernières années. Notre équipe s'est efforcée chaque jour de soutenir l'évolution de la brillance et de la créativité de notre main-d'œuvre. »

Un influenceur conservateur qui a lancé des campagnes virales qui ont forcé d'autres entreprises de premier plan — dont John Deere, Harley Davidson et Jack Daniels — à supprimer leurs politiques d'EDI s'est attribué le mérite de la refonte de Boeing.

Robby Starbuck a déclaré avoir contacté le PDG de Boeing, Kelly Ortberg, et le président du conseil d'administration, Steve Mollenkopf, par courrier électronique le mois dernier pour leur faire savoir qu'il mènerait une campagne en ligne contre leurs politiques en matière d'EDI.

« Nos campagnes sont si efficaces que certaines des plus grandes entreprises de la planète changent leurs politiques sans même que je ne publie une vidéo au préalable, simplement parce qu'elles ont peur d'être la prochaine entreprise que nous dénoncerons », a écrit M. Starbuck sur 𝕏 jeudi.

Il a ajouté que « le paysage des entreprises américaines évolue rapidement vers la raison et la neutralité ».

Musk avait mis en cause Boeing à la suite de l'incident en vol en janvier, à propos d'un dossier qui semblait montrer que l'entreprise avait commencé il y a deux ans à utiliser les objectifs de l'EDI comme incitations pour la rémunération des cadres, alors qu'elle se concentrait auparavant uniquement sur les contrôles de sécurité et de qualité.

« Voulez-vous voler dans un avion où l'on a donné la priorité à l'embauche diversitaire [EDI] plutôt qu'à votre sécurité ? C'est ce qui se passe actuellement », a déclaré Musk sur X.

Dans un article suivant, Musk a écrit : « Des gens vont mourir à cause de l'EDI », citant un article sur le vol 1282 d'Alaska Airlines, qui a dû effectuer un atterrissage d'urgence à l'aéroport international de Portland après qu'un morceau de l'avion se soit détaché à environ 16 000 pieds, laissant un trou béant dans l'avion.

L'entreprise, qui a été impliquée dans une grève dommageable, a renforcé ses initiatives en matière d'EDI à la suite du décès de George Floyd en mai 2020, s'engageant à augmenter l'emploi des Noirs de 20 % d'ici à 2025.

L'année dernière, Boeing a déclaré avoir augmenté l'emploi des Noirs de 17 % depuis 2020.

« Boeing reste déterminé à recruter et à retenir les meilleurs talents et à créer un environnement de travail inclusif où chaque coéquipier dans le monde entier peut donner le meilleur de lui-même tout en soutenant la mission de l'entreprise », a déclaré l'entreprise après l'annonce de la suppression de son département EDI.

Les entreprises américaines se sont progressivement détournées des initiatives EDI en raison des réactions négatives qui se sont multipliées sur les médias sociaux.

En juin, Tractor Supply Co. a déclaré qu'elle avait supprimé les fonctions de l'EDI et s'était retirée de diverses activités liées à l'EDI.

John Deere, le fabricant d'équipements agricoles, a récemment mis fin à son soutien aux « événements de sensibilisation sociale et culturelle », tandis que Harley-Davidson s'est retiré de la participation à l'indice d'égalité des entreprises de la Human Rights Campaign.

Toyota et Ford ont également annoncé qu'ils réduisaient leurs programmes et politiques d'EDI.

Les critiques affirment que les programmes éducatifs, gouvernementaux et commerciaux qui distinguent les participants sur la base de facteurs tels que la race, le sexe et l'orientation sexuelle sont injustes et que les mêmes opportunités devraient être offertes à tous.

Pendant ce temps, les grévistes de Boeing voteront lundi sur une proposition qui prévoit une augmentation de salaire de 38 % sur quatre ans, contre 35 % auparavant, et une prime de ratification améliorée de 12 000 dollars, mais qui ne répond pas à leur principale revendication, à savoir le retour à un régime de retraite à prestations définies.

Environ 33 000 membres de l'IAM sont en grève depuis sept semaines, ce qui a entraîné l'arrêt de la production de la plupart des avions de ligne Boeing, y compris le best-seller de la société, le 737 Max.

La grève a débuté le 13 septembre lorsque plus de 94 % des travailleurs ont rejeté une offre de 25 % sur quatre ans. La semaine dernière, 64 % des travailleurs ont rejeté une proposition qui aurait augmenté les salaires généraux de 35 % sur quatre ans.

Voir aussi

 Quand les entreprises américaines déboulonnent leurs politiques diversitaires

Boeing : victoire des diversitaires pieux, déboires dans les cieux

dimanche 3 novembre 2024

Partialité : la SRC prétend que l'Alberta s'attaque à des droits des transsexuels

Vos impôts à l’œuvre.

Radio-Canada prétend que défendre les femmes dans leurs compétitions sportives (en interdisant aux hommes biologiques d'y participer) et s'opposer à ce que les enfants soient charcutés lors de « chirurgies de changement de sexe » ou mis sous hormones bloqueuses de puberté c'est s'attaquer à des « droits des personnes trans ». Quels droits ? 

La société de diffusion gouvernementale en ses mots:

Le gouvernement de l’Alberta a déposé jeudi trois projets de loi qui affectent directement les personnes en transition de genre ou qui ont transitionné. Deux d'entre eux touchent aux droits des mineurs qui souffrent de dysphorie de genre, et un interdit l'accès aux compétitions sportives pour les personnes trans féminines.

À travers une série d’amendements, la province entend modifier la Loi sur les professions de santé. Ce faisant, elle veut interdire aux médecins, chirurgiens, infirmières et autres professionnels de la santé d'effectuer des chirurgies d’affirmation de genre chez les mineurs.

Le projet de loi 26, s’il est adopté, prévoit de bannir 10 procédures médicales irréversibles pour le haut et le bas du corps à la Loi. Le ministère de la Santé se verrait aussi donner le pouvoir d'interdire plus de procédures chirurgicales dans la définition de "chirurgie d’affirmation de genre", s’il le juge nécessaire.
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À noter qu’au Canada, les chirurgies d'affirmation de genres pour le bas du corps sont déjà interdites pour les personnes de moins de 18 ans.
AILLEURS SUR INFO : Voici comment a évolué l'histoire électorale américaine

De plus, les professionnels de la santé ne pourront plus prescrire d’interventions non chirurgicales, comme les bloqueurs d'hormones et les thérapies hormonales pour les personnes souffrant de dysphorie ou d'incongruité de genre.

À l'exception des personnes de plus de 15 ans qui ont l’autorisation de leurs parents et d’un psychologue, ou ceux et celles qui ont déjà entrepris un traitement hormonal.

Les modifications proposées à la Loi sur les professions de santé n'empêchent pas les Albertains de changer le sexe indiqué sur leur certificat de naissance. 
La même nouvelle vue par LifeSiteNews
L’Alberta dépose un projet de loi interdisant la chirurgie de changement de sexe sur les mineurs

La première ministre conservatrice de l’Alberta, Danielle Smith, a tenu sa promesse de protéger les enfants de l’idéologie transgenre extrême après avoir présenté un projet de loi interdisant les chirurgies dites « du haut et du bas » pour les mineurs.

« Il est très important que tous les jeunes puissent entrer dans l’âge adulte équipés pour prendre des décisions d’adultes. Pour ce faire, nous devons préserver leur capacité à prendre ces décisions, et c’est ce que nous faisons », a déclaré Smith dans un communiqué de presse.

« Les changements que nous apportons sont fondés sur la compassion et la science, deux éléments essentiels au développement des jeunes tout au long d’une période qui peut être difficile et déroutante. »
Le nouveau projet de loi, ou projet de loi 26, Loi de 2024 modifiant certaines lois sur la santé, « reflète l’engagement du gouvernement à bâtir un système de soins de santé qui répond aux besoins changeants des Albertains », affirme le gouvernement.

Le projet de loi modifiera la Loi sur la santé afin d’interdire aux professionnels de la santé réglementés d’effectuer des chirurgies de changement de sexe sur des mineurs.

Il interdira également « l’utilisation de bloqueurs de puberté et de thérapies hormonales pour le traitement de la dysphorie de genre ou de l’incongruence de genre » aux enfants de 15 ans et moins « sauf pour ceux qui ont déjà commencé le traitement et permettrait aux mineurs âgés de 16 et 17 ans de choisir de commencer des bloqueurs de puberté et des thérapies hormonales à des fins de réassignation de sexe et d’affirmation avec les parents, l’approbation d’un médecin et d’un psychologue.

La ministre de la Santé de l’Alberta, Adriana LaGrange, qui parraine le projet de loi, a déclaré que les priorités législatives de la province comprennent « la mise en œuvre de changements de politique pour poursuivre notre travail de réorientation, positionner notre système de soins de santé pour répondre aux pressions et aux urgences de santé publique, et préserver le choix pour les mineurs. Ces modifications témoignent de notre engagement à faire en sorte que notre système de soins de santé réponde aux besoins de tous les Albertains.

Plus tôt cette année, le gouvernement provincial du Parti conservateur uni (PCU), dirigé par Mme Smith, a annoncé qu’elle présenterait une loi pro-famille solide qui renforce les droits parentaux, protège les enfants contre les chirurgies dites « du haut et du bas » qui changent la vie, ainsi que contre d’autres formes extrêmes d’idéologie transgenre.

Avec l’UCP de Smith détenant la majorité à l’Assemblée législative provinciale, l’adoption du projet de loi 26 est presque certaine.

À propos de la loi proposée, Smith a déclaré que son gouvernement croyait qu’il était « d’une importance vitale de préserver le temps » que les enfants ont en tant que « jeunesse ». Elle a ajouté qu’elle croit que c’est pour que les enfants puissent « acquérir suffisamment de connaissances, d’expérience et de perspective pour que vous puissiez pleinement comprendre qui vous êtes, qui vous voulez être et quelles opportunités vous voudrez peut-être avoir en tant qu’adulte avant de prendre des décisions permanentes qui changeront la vie de votre corps ».

Bien que Smith ait bien réussi sur certains points, bien plus que son prédécesseur Jason Kenney, elle a été la plupart du temps molle sur les questions sociales importantes pour les conservateurs comme l’avortement et a publiquement exprimé des opinions pro-LGBT, disant à Jordan Peterson que les conservateurs doivent accepter les « couples » homosexuels comme des « familles nucléaires ».

Cette fin de semaine, des milliers de membres de l’UCP se réuniront pour l’assemblée générale annuelle du parti, où la direction de Smith sera votée ainsi que de nombreuses autres propositions de politique pro-liberté et familiale de la part des membres. Smith devrait passer son vote de révision de la direction avec une large majorité.

 

samedi 2 novembre 2024

L'Alberta veut que les parents soient avertis sur le contenu à caractère sexuel proposé à leurs enfants

En vertu du projet de loi 27, les enseignants devront informer les parents au moins 30 jours à l’avance s'ils veulent utiliser du matériel scolaire qui fait référence à la sexualité, à l’identité de genre ou à l’orientation sexuelle, ou encore avant de donner un cours d’éducation sexuelle.

Le gouvernement de l'Alberta a déposé un projet de loi, jeudi, qui n'impose pas une éducation sexuelle à l'école aux élèves dont les parents n'ont pas signifié leur consentement.

Si le projet de loi 27 est adopté, les enseignants devront informer les parents au moins 30 jours à l’avance avant de donner un cours d’éducation sexuelle ou d’utiliser du matériel scolaire qui fait référence à la sexualité, à l’identité de genre ou à l’orientation sexuelle.

Le ministre de l’Éducation, Demetrios Nicolaides (ci-contre), explique que cela permettra aux parents de décider consciemment s’ils veulent que leurs enfants participent à cette discussion.


Si le consentement n’est pas donné explicitement, les élèves seront dispensés de ces cours.

Actuellement, les parents peuvent retirer leurs enfants des cours d’éducation sexuelle.

Une note est envoyée aux parents lorsque des questions liées à l’éducation sexuelle sont enseignées dans les écoles, comme l'explique Tricia Estabrooks, conseillère scolaire au Conseil scolaire public d’Edmonton.

Dérapage dans l'éducation sexuelle enseignée sans permission des parents

Des discussions sur l'identité de genre ou les pronoms ont été abordées en classe sans que les parents soient avertis, ce qui en a inquiété plusieurs, selon Demetrios Nicolaides.
 
Des parents inquiets

À Edmonton, Geraldine Balao est en faveur du projet de loi, car elle insiste sur la participation des parents dans l'éducation des enfants. Selon elle, il lui permettra d'être plus informée et impliquée dans l'éducation de ses enfants.

vendredi 1 novembre 2024

Liban, « Pourquoi les enfants musulmans verraient les enfants chrétiens apprendre et pas eux ? »

Tandis que les écoles publiques accueillent massivement des déplacés et ont dû reporter la rentrée scolaire, les établissements privés - majoritairement chrétiens - ont pu accueillir leurs élèves.


Beyrouth

Dans l’école Saint Vincent de Paul située dans le quartier Clémenceau, à Beyrouth (photo de la cour ci-dessus), un groupe de femmes vêtues de noir est assis sur un banc, le regard dans le vide. De rares bouffées d’air frais agitent le linge qui, sur les fenêtres de l’établissement, sèche au soleil. Il y a là des couvertures, des t-shirts encore tachés et des sous-vêtements. Une dizaine d’enfants jouent dans la cour de récréation tandis que la sonnerie retentit pour rien. Ces enfants n’ont pas fait leur rentrée scolaire début octobre. Près de 880 déplacés ont trouvé refuge dans les salles de classe après que leurs quartiers ont été lourdement bombardés par Israël. À la place des tables, les matelas jonchant le sol accueillent des corps fatigués par l’exil. Au deuxième étage du bâtiment principal, une femme aide son fils à se laver à l’aide du lavabo des toilettes.

« Je suis arrivée de Dahié le 27 septembre et j’ai trouvé l’école ouverte, donc je me suis installé , raconte Mohammed, assis sur un banc de la cour de récréation, ses deux mains massives posées sur ses genoux. On est très bien accueillis ici, ils font tout pour que l’on soit bien». Chaque jour, une dizaine de membres du personnel de l’établissement continue de travailler et épaule les réfugiés. Pour autant, bien qu’ils ne nient pas l’urgence de la situation, ces salariés tiennent les déplacés pour responsables du report de la rentrée des classes.

En raison de la guerre, cet établissement public ne peut pas accueillir ses propres élèves. Quelque 700 écoles publiques libanaises se sont transformées en centres d’hébergement d’urgence pour accueillir une partie des 1,2 million de Libanais qui ont dû fuir leurs lieux d’habitation depuis le 23 septembre, selon les dernières estimations de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Par conséquent, la rentrée scolaire a été reportée au début du mois de novembre. Pour les écoles privées, la situation est différente: le 14 octobre, le ministre de l'Éducation Abbas Halabi a autorisé celles situées en zones sûres à ouvrir leurs portes. Peu d’entre elles accueillent des déplacés. Cette rentrée des classes différenciée cristallise les tensions entre les communautés réfugiées, principalement chiites, et les communautés chrétiennes.

Une rentrée scolaire politique

«Il n’y a quasiment pas d’enfants chiites dans ces écoles privées. Qui a les moyens de payer 2000 dollars par an de frais scolaires ?», s’indigne Hassan Mourad, député sunnite et Président de la commission parlementaire pour l’éducation. Le 26 septembre, cet élu de la Bekaa a dénoncé sur Facebook « les logiques communautaires» de certains acteurs au sujet de l’ouverture des écoles privées. Dans son viseur: le réseau des écoles chrétiennes. « Je n’aime pas parler en ces termes, mais c’est la réalité aujourd’hui. Je ne veux pas qu’il y ait deux Liban. Pourquoi les enfants musulmans verraient les enfants chrétiens apprendre et pas eux ?» S’indigne-t-il. Il déplore les pressions que le ministre de l’Éducation aurait subies de la part du directeur du comité des écoles privées, dirigé par le père Youssef Nasr.

L’intéressé nie ces accusations. Surtout, il refuse de parler de divisions : « Si quelqu’un n’est pas capable d’aller à l’école, il ne peut pas obliger les autres à ne pas y aller non plus », estime celui qui est également secrétaire général des écoles catholiques du Liban. Il appelle à ce que les déplacés soient accueillis dans d’autres lieux que les écoles, même si aucune solution n’a pour l’instant été trouvée par l’État.

Les membres des organisations du secteur éducatif se déchirent au sujet de la marche à suivre dans ce contexte de guerre entre le Hezbollah et Israël . Pour les uns, cette guerre doit mobiliser l’ensemble de la population libanaise. Pour les autres, elle doit épargner ceux qui peuvent l’être, les enfants en particulier. « En réalité, ceux qui réclament la fermeture des écoles privées pendant encore un mois car ce n’est pas leur priorité. Leur priorité, c’est de soutenir la résistance», avance Youssef Nasr.

Dans le secrétariat de l’établissement Saint Vincent de Paul, Élias (dont le prénom a été modifié), un membre du personnel, soupire: « Certains ont choisi cette situation (de guerre, ndlr) , d’autres non et nous ne voulons pas perdre un an à cause de cela». « Nous avons dû débuter les cours en ligne en raison de l’occupation de l’école» , poursuit-il en passant sa main dans ses cheveux grisonnants.

Un système éducatif exsangue

Il estime que 20 à 30 élèves décrochent chaque jour, car le manque d’électricité, de réseau internet et d’ordinateurs au Liban ne leur permet pas d’étudier dans des conditions favorables à l’apprentissage. « Nous avons demandé à tous les acteurs de ce pays, l’État, l’Église, des associations, de trouver une autre solution pour ces réfugiés, mais ça n’a rien changé». Dans le bureau plongé dans une demi-obscurité, seuls les cris des enfants troublent le silence qui a envahi la pièce.

En 2019, le secteur privé assurait plus de 70% de la scolarisation des élèves libanais, un chiffre qui aurait augmenté depuis le début de la crise économique, selon le secrétariat général de l’enseignement catholique. Par ailleurs, un tiers des élèves inscrits dans les écoles chrétiennes sont issus d’autres communautés, selon la même source.

«L’éducation est un secteur vital pour la survie du Liban », fulmine Vincent Gelot, responsable des projets de l’Œuvre d’Orient au Liban et en Syrie. L’association apporte un soutien financier aux écoles privées libanaises. La réouverture de ces établissements est pour l’humanitaire essentielle, afin d’assurer un niveau minimum d’éducation malgré la guerre. «On sort de cinq années calamiteuses avec la révolution de 2019, la crise économique et la pandémie qui a été gérée de façon catastrophique», rappelle-t-il. Selon le ministère de l’éducation, 300.000 enfants libanais, sur 1.2 million, n’étaient plus scolarisés avant le 23 septembre.
 
À Jabboulé, dans le nord de la plaine de la Bekaa, Mère Jocelyne Joumaa, directrice de l’orphelinat Notre Dame du Bon Service témoigne d’une situation humanitaire très difficile : « Avec les bombardements d’hier soir, la panique domine dans la région. Les femmes et leurs enfants viennent se réfugier dans notre couvent. C’est terrible. Notre mission est de témoigner du visage du Christ. »

Depuis le 7 octobre, des dizaines d’écoles privées ont ouvert leurs portes à travers le pays. Le sort des écoles publiques, censées ouvrir dans deux semaines, reste suspendu à la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. Et si celle-ci ne s’arrête pas ? « Le sud du pays vivra comme j’ai vécu en 1982. Nous étions bombardés, et nous n’avons pas pu étudier », augure le député Hassan Mourad.
 
 « L'école en ce moment, ce n'est pas notre priorité ? »

Fatima, huit ans, erre dans cet abri en se languissant de son école, laissée derrière elle, comme sa maison. « L'école et les cahiers de coloriage me manquent », assure-t-elle à l'AFP.

Les hostilités transfrontalières ont débuté il y a un an, après l'ouverture d'un front contre Israël par le Hezbollah, dans la foulée de l'attaque sur le sol israélien de son allié palestinien du Hamas, qui a déclenché la guerre à Gaza. Mais si elles ont été meurtrières, elles n'ont longtemps eu qu'un impact limité sur le fonctionnement des écoles du sud du Liban. Depuis qu'elles ont laissé la place à une guerre ouverte, étendue aux abords de Beyrouth, qui a fait plus de 1 100 morts en deux semaines, selon les autorités, tout a changé.

« Danger sécuritaire », « entraves au mouvement » des élèves et des professeurs... Le ministre de l'Éducation, Abbas al-Halabi, énumère toutes les raisons pour lesquelles son ministère ne « prendra pas le risque » d'organiser la rentrée avant un mois.

« Ça fait deux semaines qu'on dort dans la rue, donc l'école, ce n'est pas notre priorité en ce moment », affirme Salma Salmane, 30 ans, réfugiée dans le centre de Beyrouth avec ses jumelles de sept ans. Jennifer Moorehead, de l'ONG Save the Children, anticipe déjà une année blanche. Avec au moins un mois de scolarisation en moins en 2024-2025, les enfants vont encaisser « un lourd retard sur le programme ».

Sources : AFP, Le Figaro, Œuvre d’Orient, Le Télégramme

Délire réchauffiste sur Radio-Canada (le service public)

Le modérateur de l'émission ne dit rien, mais dodeline de la tête.

—Jean-François Lisée, ancien ministre, ancien chef du Parti québécois : « mes petits-enfants vont me dire quand la température sera à 45 degrés, + 45°,  en février »
— Michelle Courchesne, ancienne ministre, « dans 15-20-25 ans une grosse partie de la planète n'existera plus ».

Selon le très politiquement correct organisme de prospective climatique Ouranos, voici le climat du Québec d'ici 2100:

Évolution des températures moyennes annuelles sur le Québec de 1950 à 2100. La partie gauche montre le climat récent intégrant des observations, la partie droite montre le climat projeté. Le SSP2-4.5 est un scénario d’émissions de GES médian, le SSP3-7.0 est un scénario élevé. Tiré des Portraits climatiques d’Ouranos basés sur CMIP6.

Avec le « pire » des scénarios SSP3-7.0 (peu probable), la température moyenne du Québec sera(it) celle de la Belgique en 2100 (12 °C en moyenne l'année), personne ne trouve que la Belgique actuellement à un climat ne fût-ce que chaud, il ne fera jamais +45 °C en plein hiver...

On remarquera, en outre, que les valeurs observées (en bleu) n'indiquent pas un emballement quelconque.

Ouranos poursuit:

Températures hivernales

Les températures hivernales ont aussi tendance à se réchauffer, et ce de façon plus marquée dans le nord de la province avec des augmentations atteignant 8 à 13 °C à la fin du siècle pour un scénario d’émissions de GES élevé. La partie nord du Nunavik verra ainsi le nombre de jours avec un minimum hivernal inférieur à -25 °C passer de 60 jours durant les dernières décennies à 35 jours à l’horizon 2050. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean perdra environ 15 jours de grands froids, alors qu’en Montérégie, la diminution se situe autour de 2 jours.

Voir aussi

Bjorn Lomborg : Le changement climatique N'est PAS la fin du monde (vidéo sous-titrée)

Bjorn Lomborg : « Le changement climatique n’est pas la fin du monde » (article écrit)

Idéologie — « Le cours Culture et citoyenneté québécoise va faire une place aux enjeux climatiques »

La Norvège défend le pétrole et l’environnement… avec l’argent du pétrole et du gaz  

Climat : pourquoi l’apocalypse n’aura pas lieu

Écologie — Soyez écolo, mangez de la viande ! (m à j)  

Les 6 derniers mois en Antarctique ont été les plus froids jamais enregistrés  

Belgique — écoles comme centres d’organisation des manifs écologistes  

Catastrophisme — la SRC et le palais de Buckingham sous eau  

Facebook censure Bjorn Lomborg pour avoir écrit que la hausse des températures sauve 166 000 vies/an   

Sixième rapport du GIEC : et si on passait à autre chose, l’adaptation  

Écologie — Non, le ciel ne nous tombera pas sur la tête !  

Climat — contrairement aux prévisions, aucune accélération à la hausse du niveau de la mer

Écologie — Augmentation de la biomasse et des surfaces boisées à l’échelle planétaire

Climat — Le point de rupture à nouveau reporté ? (La date de l’Armageddon climatique se déplace au fur et à mesure…)

« Impartialité » — Les journalistes font éclater leur joie à la signature de la 21 COP dans la salle de presse

En 1839, on se félicitait, on se vantait même du réchauffement des climats froids  

Noël et la jeunesse « conscientisée » (par qui ?)  

Climat désormais 11e préoccupation sur 12 aux États-Unis  

Bjorn Lomborg : les climato-alarmistes nous mettent en danger avec de fausses données  

Le climat change, mais ce n’est pas la fin du monde, ni même le principal problème écologique  

Écologisme occidental : « Les riches sont sommés de ne plus faire d’enfants »  

Inquiets pour la planète contre inquiets pour leur patrie  

Père se plaint de l’enseignement « non factuel » des changements climatiques, il doit ensuite s’adresser au tribunal 

L’Australie a-t-elle vraiment battu des records de chaleur ? 

Climat/Météo — Les catastrophes naturelles moins coûteuses et moins mortelles en 2019  

Climat — « L’Occident est fatigué et déprimé »

Greta Thunberg : le colonialisme, le racisme et patriarcat ont causé la crise climatique

Robert Redeker : « L’école s’applique à effacer la civilisation française » (Le Sanglot du maître d’école blanc)

Peter Taalas, responsable du climat à l’ONU : « Arrêtez de vous inquiéter, faites des bébés ! »

Belgique — Connaissances scientifiques des élèves sur le climat en recul

Thunberg et jeunesse écocondriaque — « 86 % des jeunes pensent à tort que le nucléaire émet du CO2 »

Greta La Science Thunberg devant le Congrès : « Même avec 1 °C, un nombre inacceptable de vies perdues »

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

Repentance permanente — Les manipulateurs de l’histoire québécoise sont parmi nous

jeudi 31 octobre 2024

Lumière sur une légende noire

Un historien argentin rappelle que si la colonisation de l’Amérique du Sud par l’Espagne n’a pas été exemplaire, elle a notamment mis fin aux pratiques sanguinaires des autochtones.

Est-il possible que des événements survenus au XVIe siècle provoquent une crise diplomatique au XXIe siècle ? 

On l’a vu récemment entre l’Espagne et le Mexique, deux nations qui ont pourtant beaucoup d’intérêts communs. Le 1er octobre avait lieu la cérémonie d’investiture de la nouvelle présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum. Mais le roi d’Espagne n’avait pas été invité, poussant le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, qui, lui, avait reçu une invitation, à refuser de se rendre au Mexique en signe de solidarité avec Felipe VI. Raison de cet incident ? 

En 2019, l’ancien président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, avait écrit au pape François et au roi d’Espagne pour leur demander de reconnaître « de manière publique et officielle » les « dommages » provoqués sur les peuples indigènes par la conquête puis par la colonisation espagnole, entre 1521 et 1821, et de s’excuser. Si le pape avait fait savoir qu’il reconnaissait une « faute historique », la lettre du président mexicain était restée sans réponse du côté espagnol, entraînant, cinq ans plus tard, une mesure de rétorsion de la part de Mexico. 

En Espagne, le président du Parti populaire (droite centriste et conservatrice), Alberto Núñez Feijóo, a affirmé que la présidente mexicaine ferait mieux de s’instruire en lisant Ceux qui devraient demander pardon, un ouvrage de l’historien argentin Marcelo Gullo Omodeo. Ce livre, qui a été un important succès de librairie en Espagne (plus de 100 000 exemplaires vendus), le voici traduit en français.

Professeur d’histoire dans des universités sud-américaines, l’auteur rappelle que l’Amérique précolombienne était un enfer voué au cannibalisme, aux sacrifices humains et à l’esclavage. En faisant de la protection des Amérindiens une affaire personnelle, le dominicain Bartolomé de Las Casas a puissamment contribué à changer le regard des Européens sur les peuples indigènes. La légende noire de l’Amérique espagnole, explique Marcelo Gullo Omodeo, a été imposée par des Anglais et des Hollandais, dont les empires coloniaux virent le règne de l’esclavage, ou des Américains qui semblent oublier les massacres de la conquête de l’Ouest… Les 30 pages de références bibliographiques qui terminent l’ouvrage apportent une caution scientifique à un discours antiwoke assez polémique, mais roboratif.

Présentation de l'éditeur

Un livre qui a rencontré un énorme succès en Espagne : plus de 100 000 exemplaires vendus !

oici le premier ouvrage qui met en lumière l'importance de l'héritage espagnol face aux atrocités commises par les ennemis de l'Espagne. Dans ce livre exceptionnel, Marcelo Gullo démontre que, devant le "Tribunal de l'histoire", l'Espagne a été jugée par des juges partiaux et de faux témoins. 

Et il affirme, preuves à l’appui, que l'Amérique, avant 1492, ressemblait plus à l'enfer qu'au paradis, car les sacrifices humains, le cannibalisme, l'esclavage, le machisme et la prostitution régnaient partout. Il rappelle que, pendant des siècles, des pays comme la Grande-Bretagne, la Hollande ou les États-Unis ont exigé de l'Espagne qu'elle s'excuse pour les prétendus péchés commis lors de la conquête de l'Amérique, alors qu'en réalité, ce sont ces mêmes nations qui devraient le faire car leurs mains sont tachées de sang. 

L'Espagne n'a pas à s'excuser car la conquête de l'Amérique a été une tentative unique de faire prévaloir la justice et les valeurs chrétiennes à une époque brutale et sanguinaire. Et c'est précisément cette tentative réussie qui a fait de l'Espagne une exception dans l'histoire de l'humanité, car jamais auparavant ou depuis, une nation ne s'est comportée de la sorte. 

Marcelo Gullo Omodeo est professeur d’Histoire à l’Université de Buenos Aires et à l’Université Fluminense de Rio de Janeiro.

Ceux qui devraient demander pardon
La légende noire espagnole et l’hégémonie anglo-saxonne
de Marcelo Gullo Omodeo,
paru le 16 octobre 2024,
chez L’Artilleur,
à Paris,
494 pp.,
ISBN-13 : 978-2810012312

Voir aussi

Histoire — Aux origines de la légende noire espagnole

Histoire — Le Moyen Âge, une imposture. (Notamment l'Inquisition au Moyen âge n'a pas fait brûler de sorcières).

Le côté sombre des Lumières 

Le génie du christianisme

« La légende noire du clérico-natalisme »

Mythe — Le Moyen Âge n’a pas cru que la Terre était plate

Instruction au Moyen Age ou comment les écoles primaires étaient déjà légion en France

Idée reçue : « Au Moyen-Âge, les paysans sont accablés d’impôts »

La femme au temps des cathédrales (m-à-j vidéo Apostrophes avec Regine Pernoud)

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mercredi 30 octobre 2024

Macron, en vieillissant, trouve du charme à la colonisation (arabo-musulmane)

Réaction d'Éric Zemmour aux déclarations récentes d'Emmanuel Macron.

On le savait depuis longtemps : souvent Macron varie, fol qui s’y fie. On l’avait connu anti colonialiste flamboyant, donneur de leçon impénitent : « la colonisation, avait-il lancé, à l’aube de son premier mandat, c’est un crime contre l’humanité ». Et puis, les années ont passé. Macron, en vieillissant, trouve du charme à la colonisation. C’est l’occasion d’échanges culturels entre deux civilisations, prétend-il désormais. Et ça laisse des merveilles architecturales aux peuples colonisés.

Vous croyez qu’Emmanuel Macron, Président de la République française, fait ainsi l’éloge de la colonisation par la France ? Vous n’y êtes pas du tout. Il évoquait El Andalous, c’est-à-dire l’époque bénie, selon lui, quand l’islam pendant sept siècles, entre le VIIe et le XVe siècle, occupa le sud de l’Espagne, et même une partie du sud de la France.

Et oui, pour Emmanuel Macron, la colonisation française est un crime contre l’humanité, mais la colonisation musulmane est un lit de roses. Un éternel regret.

Macron, c’est le chauvinisme à l’envers. C’est la haine de soi - ou plutôt, car cet homme a plutôt l’air de bien s’aimer - la haine de la France, de son peuple, de son histoire.

Macron, c’est l’ignorance surtout. Macron croit qu’il tire les leçons de l’histoire, alors qu’il ne fait que recracher un mythe. Un mythe qui avait pignon sur rue quand le jeune Emmanuel avait vingt ans et préparait l’ENA. Le mythe de l’existence harmonieuse des trois religions, juive, chrétienne et musulmane, sous la férule bienveillante et tolérante de l’islam. Le mythe de El Andalous. Un mythe déconstruit par un des plus grands historiens espagnols, Serafin Fanjul, il y a quelques années.

Oui, monsieur le Président, le livre a été traduit en Français. Et malgré les nécessaires restrictions budgétaires, je suppose que l’Élysée peut encore acheter des livres.

Lisez-le et offrez-le à tous vos collaborateurs. Ils découvriront - et vous avec - que la colonisation musulmane fut tout sauf bienveillante, que la conquête fut sanglante et féroce, qu’elle instaura un régime de discriminations, proche de l’apartheid dans l’Afrique du Sud du XXe siècle, pour les chrétiens et les juifs, qui n’avaient pas le droit de posséder des armes, de monter à cheval, devaient porter des vêtements particuliers, étaient les seuls à payer un impôt et vivaient dans des ghettos. On appelait ces sous-hommes des dhimmis.

Surtout, les fameux échanges culturels que fantasme Emmanuel Macron étaient réduits à néant. C’est même le propre de toutes les conquêtes islamiques, que ce soit en Europe ou au Moyen-Orient. Vainqueurs, les conquérants imposent toujours la langue arabe, le Coran et Allah. Tout le contraire des barbares venus du Nord, les Francs ou les Goths qui, lorsqu’ils s’emparèrent de l’Empire romain d’Occident, se convertirent au christianisme, parlèrent le latin, et épousèrent des femmes gallo-romaines. Enfin, ce sont des chrétiens et des juifs qui, vivant dans les pays du Moyen-Orient, conquis par les soldats de Mahomet, traduisirent en arabe, ou en latin, les précieux textes d’Aristote, ouvrant la porte à l’éclosion des connaissances et des découvertes de la Renaissance. En Europe et par l’Europe et pour l’Europe.

Sans Charles Martel, sans la Reconquista espagnole, sans les croisades, l’Europe n’aurait jamais connu un telle liberté et une telle explosion du savoir, car elle serait restée sous le joug islamique, qui interdisait tout autre livre que le Coran, et toute vérité qui ne venait pas d’Allah.

Mais au-delà d’une querelle historique, les propos d’Emmanuel Macron résonnent particulièrement en France, où des millions de musulmans vivent, et dont un nombre croissant refuse de s’assimiler et impose ses moeurs, son Dieu, son Coran, sa langue arabe, dans des quartiers de plus en plus nombreux, où les Français de souche ont le choix entre partir ou s’islamiser.

Avec ses propos tenus au Maroc, c’est comme si le Président leur donnait carte blanche. Comme s’il bénissait « ces formidables échanges culturels » entre deux civilisations. Comme s’il appelait toujours plus d’immigration, arabo-musulmane à venir conquérir la France et l’Europe.

Emmanuel Macron est le premier président dhimmi de la République française.

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Il faut cesser de parler « des religions » et oser parler de l’islam et de l’islamisme

Extraits d'un texte de Mathieu Bock-Côté paru dans le Journal de Montréal.


On parle beaucoup de «religion», des «religions» et du «religieux» au Québec en ce moment.

Le discours est à peu près le suivant: l’envahissement du religieux dans nos sociétés serait très inquiétant, et il faudrait aujourd’hui aller jusqu’au bout de son refoulement hors de la vie publique, notamment en cessant de financer les écoles «religieuses».

[...]

La sécularisation de nos sociétés semble achevée, elles sont plus que jamais indifférentes à leur religion historique, le christianisme, et préfèrent se lover dans des spiritualités contrefaites, comme le new age, lorsqu’elles ont le souci de l’au-delà.

Résumons le tout d’une formule: ce n’est pas la religion qui revient, c’est l’islam qui arrive. Il arrive dans notre société, et dans toutes les autres sociétés occidentales.

Je le dis tout de suite pour qu’on ne me comprenne pas mal: l’islam est une religion parfaitement honorable, et il est en droit de se sentir chez lui dans ce qu’on pourrait appeler sa zone historique ou naturelle. J’ajoute, sur une base bien personnelle, que je ne suis pas de ceux qui exècrent le phénomène religieux en lui-même.

La chose devient toutefois plus complexe quand l’islam s’implante massivement en Occident, dans la suite des grands courants migratoires de notre temps.

[...]

 Il cherche moins à s’adapter aux sociétés où il s’installe qu’il n’entend les forcer à s’adapter à lui.

Il arrive dans nos sociétés porté par une dynamique idéologique, culturelle, démographique, qui déstabilise profondément les sociétés occidentales.

On ajoutera, car ce n’est pas un détail, et parce qu’il nous faut penser sur la longue durée si on veut comprendre la dynamique des sociétés humaines, que l’islam est animé à certains égards par une forme de revanchisme historique.

[...]

L’islam a connu un grand réveil au XXe siècle, dans une forme assez radicale. La fondation des Frères musulmans, en 1928, qui porte explicitement le projet d’une conquête islamique de l’Europe, comme l’a remarquablement démontré Florence Bergeaud-Blackler dans son livre Le frérisme, paru en 2023, ou la révolution khomeyniste en Iran, en 1979, qui entendait ramener l’islam à sa définition fondamentaliste, autrement dit, qui le convertissait à l’islamisme, en témoignent.

Les Occidentaux, longtemps, ne sont pas parvenus à le comprendre puisqu’ils s’imaginaient le monde entier engagé dans une dynamique de sécularisation semblable à la leur. L’islam, de leur point de vue, était appelé à connaître le même mouvement que le christianisme – ses manifestations intégristes étaient ainsi perçues comme les derniers spasmes d’un traditionalisme religieux agonisant.

[...]

Cela dit, l’islamisme est indissociable de l’islam – il en représente la radicalisation pathologique. Et une société qui s’islamise progressivement verra inévitablement l’islamisme croitre chez elle. Elle lui fournira le terreau nécessaire à cela.

Surtout, comme je l’ai dit un peu plus haut, l’islam ne s’est implanté dans le monde occidental, où il n’avait jusqu’ici qu’une présence marginale, qu’avec l’immigration massive des dernières décennies.

Qui a sérieusement cru un jour qu’on pouvait permettre et même encourager l’immigration massive de millions de personnes porteuses de cultures et d’une civilisation profondément étrangères au monde occidental en pensant que tout cela pourrait se passer sans le moindre souci? La question du nombre demeure ici la plus fondamentale.

C’est une leçon élémentaire d’anthropologie: les cultures, et on devrait plutôt parler des peuples, qui cohabitent sur un territoire ne le font pas paisiblement et sont inévitablement appelées à connaitre des frictions, pour savoir laquelle se posera comme culture de référence. C’est pour cela qu’elles sont normalement portées chacune à se constituer en État et à réclamer des frontières, pour clairement marquer le pays où elles s’institutionnalisent comme normes.

L’histoire de la différenciation des cultures et des nations se confond avec celle de la multiplication des frontières et des États.

Car une culture n’est pas seulement une série de préférences personnelles, ce n’est pas qu’un folklore familial privé, n’ayant pas vocation à déborder dans la vie publique: elle structure les rapports sociaux fondamentaux, les rapports entre les sexes, la conception de la pudeur, du sacré, de la violence, de la propriété. Cette vérité est encore plus évidente quand on parle de civilisations.

On ne saurait par ailleurs assimiler la résistance des Occidentaux à l’islamisation de leur société et des mœurs de leurs pays respectifs à de l’islamophobie. Philippe d’Iribarne a démontré dans un ouvrage déterminant que l’accusation d’islamophobie n’avait aucun fondement à propos des sociétés occidentales. Il avait justement pour titre Islamophobie : intoxication idéologique. Il décortiquait ce concept de fine manière en montrant que les Occidentaux acceptent aisément la pratique personnelle d’une foi, mais ne s’enthousiasment guère lorsqu’une religion-civilisation cherche à redéfinir de manière unilatérale le fonctionnement de leur société.

On pourrait ajouter que ce concept cherche à mettre dans le même sac la critique de l’islam, celle de l’islamisme, ainsi que le simple constat de la très difficile intégration de l’islam en Occident.

La bêtise intellectuelle, conjuguée à l’inculture, et à une naïveté d’enfant d’école qui se prend pour de la bienveillance, pousse les sociétés à l’autodestruction. Seuls les théoriciens et idéologues du multiculturalisme ont pu croire un instant que le vivre-ensemble diversitaire, paisible et fructueux, était possible, et même probable.

Dans leur esprit, l’État devait devenir culturellement neutre, et s’ouvrir à la diversité des identités en traitant la culture du pays d’accueil comme une identité parmi d’autres, sans droits spécifiques. Le seul obstacle à cette grande conversion multiculturaliste se trouvait dans l’intolérance prêtée aux sociétés occidentales, refusant le pari diversitaire, en refusant justement de devenir chacune chez elle une culture optionnelle. Au Québec, de ce point de vue, le rapport Bouchard-Taylor, paru il y a un peu plus de quinze ans, fut d’une bêtise himalayesque.

C’était une logique à la fois aliénante et déracinante, contraire à un principe élémentaire, sans lequel aucune paix civile n’est possible: à Rome, on fait comme les Romains. Les peuples historiques occidentaux redoutent désormais, avec raison, de devenir étrangers et minoritaires dans leurs propres pays. Le sort de Londres, de Bruxelles, de Malmö, de la Seine-Saint-Denis, en France, et de tant d’autres territoires dans le monde occidental laisse présager un triste avenir.

Si le Maroc et l’Algérie devenaient des pays majoritairement catholiques, ils ne seraient plus marocains et algériens que de nom. Ils auraient alors perdu leur identité. Nul ne leur souhaitera cela. De même, il faut convenir qu’une société occidentale qui deviendrait majoritairement musulmane, même si elle ne devenait pas islamiste pour autant, ne serait plus elle-même, et est en droit de ne pas souhaiter le devenir.

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L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…

Le dialogue, au sens strict, entre les religions est impossible


 page 85 de Métamorphoses françaises de Jérôme Fourquet

mardi 29 octobre 2024

Taux de migration net dans divers États (notamment Canada, Suisse, Belgique, France, Québec) en 2018 et 2023



Sources : données publiques de Statistique Canada, l'Institut de la statistique du Québec, d'Eurostat (Union Européenne), du US Census Bureau (États-Unis), l'Office of Homeland Security Statistics (États-Unis) et du Home Office (Royaume-Uni).

 


 

Rapport de l'ONU : pas d'hommes biologiques dans les compétitions féminines

Récemment, l’ONU a rendu public un rapport qui aurait dû faire la une de tous les médias.

Mais comme c’est un sujet « sensible » ou « délicat », personne n’en parle.

Alors voilà. Dans un rapport étoffé, l’ONU recommande : « Pour éviter de compromettre l’égalité des chances, les hommes ne doivent pas concourir dans la catégorie “femmes” des épreuves sportives ».

Titre IX est le nom usuel de l’amendement Title IX of the Education Amendments of 1972 voté en 1972 aux États-Unis qui interdit toute discrimination sur la base du sexe dans les programmes d’éducation soutenus par l’État. Le Titre IX a permis le développement de compétitions sportives féminines dans les universités américaines.

La « rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes et les filles », Reem Alsalem, a remis un rapport détaillé que je vous encourage tous à lire, car il contient des perles.

Je n’écris pas une chronique sportive, bien sûr. Mais j’écris sur la liberté d’expression. Et selon l’ONU, cette liberté est menacée.

« Les athlètes et les entraîneurs de sexe féminin qui s’opposent à la présence d’hommes dans leurs espaces sont réduites au silence ou contraintes à l’autocensure, sous peine de manquer de perspectives sportives, de bourses d’études et de commanditaires. Nombre d’entre elles sont également taxées d’intolérance et suspendues de leur équipe sportive, ou font l’objet de mesures d’éloignement, d’expulsion, de diffamation et de procédures disciplinaires injustes. »

L’ONU rapporte que « plus de 600 athlètes féminines dans plus de 400 compétitions ont perdu plus de 890 médailles dans 29 sports différents », car ces médailles ont été remportées par des hommes biologiques.

« Les athlètes de sexe féminin sont également plus susceptibles de subir des blessures physiques graves lorsque les espaces sportifs réservés aux femmes sont ouverts aux hommes. Parmi les blessures signalées, citons : des dents cassées, des commotions cérébrales entraînant des troubles du système nerveux, des jambes cassées et des fractures du crâne ».

Pourquoi ? Car les hommes ont une force supérieure. « Lorsque les hommes et les femmes ont à peu près le même niveau de forme physique, l’intensité moyenne des coups des hommes a été mesurée comme étant de 162 % supérieure à celle des femmes ».

Le rapport aborde aussi l’aspect psychologique.

« Le fait de savoir qu’elles peuvent concourir contre des hommes qui participent à des épreuves de sport féminin, y compris des hommes s’identifiant comme des femmes ou des hommes présentant des différences de développement sexuel spécifiques des chromosomes XY, provoque chez les femmes une détresse psychologique extrême en raison de leur désavantage physique, de la perte de possibilités de compétition équitable et de perspectives éducatives et économiques, et de la violation de leur vie privée dans les vestiaires et d’autres lieux d’intimité ».

Et dans les cas où on n’est pas sûr du sexe de l’athlète ? L’ONU propose « un simple prélèvement à l’intérieur de la joue, méthode non invasive qui ne porte pas atteinte à la vie privée ou à la dignité des athlètes. »

L’ONU fait deux recommandations majeures.

« Faire en sorte que les catégories féminines dans le sport organisé soient exclusivement réservées aux personnes de sexe biologique féminin. »

Et « assurer la participation inclusive de toutes les personnes souhaitant pratiquer un sport, en créant des catégories ouvertes pour les personnes qui ne souhaitent pas concourir dans la catégorie de leur sexe biologique, ou faire de la catégorie “hommes” une catégorie ouverte ».

Une omertà ?

Je résume : On a identifié un problème (qui touche de front la violence contre les femmes) et on propose des solutions (respectueuses des droits des minorités).

Mais comment se fait-il que ce rapport, qui est une bombe, ait trouvé si peu d’écho dans les médias ?

Source : Journal de Québec