Geffroy Lejeune : « On attaque Pap Ndiaye sur son bilan de ministre de l’Éducation nationale. […] Au lieu de répondre là-dessus, il répond extrême droite. C’est une démission de ne pas répondre à ces accusations.” #Casedispute pic.twitter.com/e6fOoKAkAc
— CNEWS (@CNEWS) May 7, 2023
Début du dossier en question :
Longtemps, le successeur de Jean-Michel Blanquer s’est retenu de dévoiler son agenda. Attaque frontale de l’école privée, coups de canif au contrat de la laïcité et sirènes du « wokisme » : ainsi se révèle le véritable Pap Ndiaye.
Sa discrétion confine à l’absence. La plupart du temps, lorsqu’il accompagne le président, Pap Ndiaye en est comme réduit à faire de la figuration. Emmanuel Macron semble presque voler les mots de son ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Si bien qu’un an après sa nomination surprise Rue de Grenelle, l’un des postes les plus exposés du gouvernement, l’ancien directeur du musée de l’Histoire de l’immigration reste une sorte d’illustre inconnu dont on connaît le nom, mais dont on ignore les actions, sinon qu’elles n’ont pas permis d’enrayer l’effondrement de notre système scolaire. À tel point que, parfois, les mauvaises langues se plaisent à dire qu’il occupe un emploi fictif.
Ces critiques, le ministre ne les ignore pas. Mais son caractère équanime fait qu’elles glissent sur lui aussi sûrement que l’eau sur les plumes d’un canard. Imperméable à la critique, il l’est tout autant aux flatteries. Et, signe qu’il n’est pas totalement dépourvu d’humour, il a même rejoint avec Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, le « club des invisibles », créé à l’initiative de François Braun, le ministre de la Santé et de la Prévention.
Encore que, depuis peu, Pap Ndiaye se soit décidé à faire parler de lui plus que de raison. Comme découvrant son jeu, qu’il avait tenu caché dans sa manche. Car, sous des dehors courtois, urbain, policé, l’homme se révèle aussi « ondoyant, vipérin », de l’aveu même d’un de ses camarades du gouvernement. C’est peu dire que le ministre de l’Éducation nationale s’est longtemps efforcé de faire mentir la réputation qui le précédait, avançant avec d’autant plus de prudence dans son agenda qu’il n’était pas préparé à investir l’hôtel de Rochechouart, contrairement à Jean-Michel Blanquer, son prédécesseur, dont la nomination avait été unanimement saluée. À Valeurs actuelles, nous n’avons pas voulu céder à la tentation de le condamner avant qu’il ait fait ses « preuves ».
Et, comme pour donner tort à tous ceux qui l’accusaient d’être tour à tour « un indigéniste assumé » (Marine Le Pen), « le cheval de Troie du gauchisme américain, porteur du “wokisme” et du racialisme » (Julien Aubert), « un déconstructeur » (Éric Zemmour) sur la foi de ses déclarations passées et de ses écrits d’universitaire, le ministre de l’Éducation nationale se plaisait à prendre le contre-pied de ses détracteurs. C’est ainsi qu’il réserve son premier déplacement au collège du Bois-d’Aulne pour rendre un hommage appuyé à Samuel Paty.














