On trouvera ci-dessous les lacunes constatées par l'Assemblée des évêques catholiques du Québec relatifs aux manuels d'éthique et culture religieuse approuvés du primaire.Ces lacunes sont identifiées dans la lettre envoyée la semaine passée par les évêques à la ministre, Mme Courchesne. Rappelons que l'enseignant peut utiliser en classe des cahiers d'activités non approuvés.
« 2. Importantes lacunes dans les manuels approuvés pour le primaire
a. La place accordée à la tradition chrétienne
Votre ministère a émis une prescription très claire sur l’importance à accorder à la tradition chrétienne dans le cours d’Éthique et de Culture religieuse :« Dans l’élaboration des situations d’apprentissage et d’évaluation, l’enseignant doit s’assurer que le christianisme (le catholicisme et le protestantisme) est traité tout au long de chaque année d’un cycle. »Une telle exigence n’est spécifiée pour aucune autre tradition religieuse. Elle fait de plus l’objet, un peu plus loin, d’un rappel explicite que « l’importance historique et culturelle du catholicisme et du protestantisme » doit être « particulièrement soulignée » (id. - page 325).(Mise à jour 2008 du Programme de formation de l’école québécoise. Éducation préscolaire. Enseignement primaire. - page 325.)
Cette prépondérance accordée à la tradition chrétienne avait été évoquée par votre prédécesseur, monsieur Jean-Marc Fournier, lors de son intervention à l’Assemblée nationale avant le vote d’adoption du Projet de loi 95, une assurance qui a certainement servi à favoriser une ouverture au nouveau programme. Il déclarait en effet :« Les apprentissages devront prendre racine dans la réalité immédiate du jeune, pour ensuite élargir ses horizons. Or, cette réalité, c’est la culture du Québec, une culture largement façonnée par l’influence des religions catholique et protestante. Le nouveau programme devra donc faire une place appropriée à l’héritage religieux du Québec et il l’inscrira dans une perspective plus large, ouverte à la pluralité religieuse. »Sur ce point crucial, cependant, l’analyse démontre que les manuels ne respectent pas le programme.(Journal des débats, Cahier 169, 15 juin 2005.)
Nos experts ont constaté que la place qui y est faite au christianisme reste très comparable à celle des autres religions, bien éloignée de la prescription d'en traiter tout au long de chaque année d'un cycle. Ces manuels exposeront les élèves à la diversité religieuse bien plus qu'ils ne les introduiront de façon significative à la connaissance de la tradition chrétienne québécoise.
b. Le traitement de la tradition chrétienne
Dans la présentation du programme d’Éthique et de Culture religieuse publiée par votre Ministère, on lit que le cours permettra aux élèves de...« ... saisir progressivement, compte tenu de leur âge, le phénomène religieux dans ses dimensions expérientielle, historique, doctrinale, morale, rituelle, littéraire, sociale ou politique. »Notons que la première dimension mentionnée est la dimension expérientielle. La foi religieuse est d’abord une expérience vécue et il est difficile d’y comprendre quoi que ce soit sans essayer de saisir ce que vivent les croyants. En cela, le programme a vu juste. Malheureusement, ici encore, les manuels analysés ne sont pas à la hauteur des attentes.(Mise à jour 2008 du Programme de formation de l’école québécoise. Éducation préscolaire. Enseignement primaire. - page 280.)
Certes, l’approche est généralement respectueuse — nos experts l’ont signalé — mais elle est le plus souvent anecdotique, tout particulièrement en ce qui a trait à certains récits fondateurs de la tradition chrétienne. Les manuels relatent matériellement ces récits, souvent par le moyen d'une paraphrase ou d'une transcription, sans aider le jeune à en découvrir la signification. La dimension expérientielle est absente.
Or, sans un effort de compréhension adapté à leur âge, il se pourrait que des préjugés puissent déjà prendre racine dans l'esprit des élèves sur telle ou telle croyance ou pratique religieuse.
Cela irait manifestement à l'encontre d'une véritable reconnaissance de l'autre, finalité majeure du programme.
c. L'apport du christianisme à la vie sociale et culturelle du Québec
L'apport du christianisme à la vie sociale et culturelle du Québec, fréquemment réitéré au cours des démarches ayant conduit à l'approbation du programme, demeure très peu présent dans les manuels étudiés, et même absent dans plusieurs cas.
On mentionne parfois la guignolée, la Société de Saint-Vincent de Paul ou le YMCA, et certains manuels vont rappeler des figures comme Martin Luther King ou Mère Teresa. Par contre, sauf de très rares exceptions, on ne relève pas la trace du christianisme dans des caractéristiques québécoises telles que l'importance du mouvement coopératif ou sociocommunautaire, ni la mention de l'engagement de chrétiens dans différentes sphères de la vie sociale et culturelle d'aujourd'hui. »
Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 25 $)
Il fut un temps où l'on se moquait des écoles françaises qui auraient enseigné aux jeunes Africains que leurs ancêtres étaient des Gaulois. On a fait le même reproche à Tintin qui, dans la première version de ses aventures au Congo, présentait la Belgique comme leur patrie. 



Un seul mur, près des toilettes, est en noir et blanc. Il est consacré à la guerre. Tous les acteurs sont occidentaux: Grecs, Vikings, Napoléon, soldats alliés des deux guerres mondiales. Pas un guerrier iroquois pour rappeler l'éradication des Pétuns, des Neutres ou le quasi-anéantissement des Hurons. Pas un Aztèque ou un Inca belliqueux. Bizarre. Seuls un enfant et une Terre multicolore ressortent de l'image pieuse. Puis, en dessous, un proverbe dit autochtone. Eh, oui ! encore.
Quel est donc de proverbe censément autochtone ? « On n'hérite pas de la Terre de nos ancêtres, on emprunte la Terre de nos enfants » L'ennui c'est que ce proverbe est attribué à un peu tout le monde, dans le monde francophone on l'attribue plutôt
L'office commence par une prière totémique aux quatre vents, au Soleil et à la Terre. Des enfants s'exclament en entendant invoquer les animaux du totem : « Le Serpent ! », « Un ours ? »
Après quelques boniments, c'est au tour de la conteuse de la soirée. Michèle Rousseau, une yogini. Elle narre avec beaucoup d'entrain et force expressions, un conte esquimau : « La femme chamane ». Il s'agit d'abord d'une femme ordinaire, battue par un mari brutal et mauvais chasseur. Les femmes comme on le comprend auront beau rôle dans le conte. Fuyant son mari, elle est accueillie par des chiennes. Elle rentre dans le museau d'une d'entre elles et devient chienne. Suit une longue série de morts et de réincarnations en une série d'animaux polaires. Lors d'une de ces incarnations, on apprend le type de relation préférée de la chamane : l'amour libre, pas être collée à un homme, oh non. Le cercle est bouclé quand la femme chamane redevient femme. La yogini conclut alors par un vibrant « que tout homme devienne chamane » « que la Terre devienne un paradis ».