jeudi 23 octobre 2008

Richard Martineau contre le cours d'ECR

Richard Martineau prend position, pas de cours d'éthique et de culture religieuse à l'école. Enfin, surtout pas de culture religieuse.

Extraits :
Le débat sur le fameux cours d'éthique et de culture religieuse confronte deux camps.

Ceux qui trouvent géniale l'idée d'ouvrir les jeunes à la diversité religieuse, avec l'angle culturel ET historique.

Et ceux qui voudraient que les enfants puissent être exemptés de ce cours afin de suivre un enseignement confessionnel.

Je propose une troisième voie.

Pourquoi ne sortirait-on pas tout simplement la religion des écoles ?

[...]

TOUT SE VAUT

Quant à l'approche « neutre » prônée par le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse (étudier les cultures sous l'angle historique et culturel), elle pèche par excès de politesse.

En effet, selon cette approche politically correct, TOUTES les religions s'équivalent et aucun dogme, même le plus ridicule ou le plus discriminatoire, ne mérite d'être jugé ou remis en question.

C'est le triomphe du relativisme. Il n'y a pas de morale absolue ni de valeurs universelles, mais DES morales et DES valeurs qui se valent toutes.

Comme le disait le philosophe grec Protagoras, chaque individu croit ce qui est vrai pour lui, et personne d'autre que lui ne peut critiquer ses croyances ou ses valeurs.

Bref, il ne faut pas dire « L'excision est une mutilation sexiste qu'il faut condamner », mais « L'excision est une pratique culturelle millénaire qu'il faut comprendre ».

mercredi 22 octobre 2008

Salmigondis de la ministre Courchesne à l'Assemblée nationale sur fond de cours ECR et de drapeau québécois sans croix

Nous reproduisons ci-dessous l'échange qui a eu lieu cet après-midi à l'Assemblée nationale de Québec vers 15 h 37.
— M. Proulx (ADQ) : Oui, M. le Président. D'abord, je vous salue pour cette première journée. Ma question sera à la ministre de l'Éducation. Vous savez, dans le cours d'éthique et culture religieuse, beaucoup de gens se font entendre depuis un certain temps peut-être parce que le cours est commencé, les gens apprennent à connaître le contenu. Je ne sais pas si, M. le Président, vous avez eu la chance ou si la ministre a lu la chronique de Richard Martineau la semaine dernière qui s'intitulait Dessine-moi un drapeau . Je vous fais lecture d'un paragraphe, M. le Président. « Discussion dans l'auto, l'autre jour, avec une de mes filles. C'est Richard Martineau qui dit: Comment tu trouves ça ton cours d'éthique. Alors, elle répond qu'elle trouve le prof très dynamique et elle dit: Cette semaine, on va redessiner le drapeau québécois, le prof dit qu'il n'est plus représentatif de la nouvelle réalité parce qu'il y a une croix dessus, il faut en créer un autre qui refléterait mieux le Québec d'aujourd'hui. »

M. le Président, le drapeau québécois, c'est celui qui est à côté de vous, c'est celui pour lequel tous les parlementaires devraient avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup de respect. Est-ce que la ministre tolère qu'un enseignant au Québec dise à des étudiants que ce drapeau-là n'est pas digne de tous les Québécois ?

— Le Président : Mme la ministre de l'Éducation.

Des voix ...

— Le Président : S'il vous plaît. S'il vous plaît, la question a été posée. Mme la ministre de l'Éducation.

— Mme Courchesne : M. le Président, c'est bien sûr que je veux réitérer en cette Chambre que nous avons un profond respect pour le drapeau québécois et ça va tout à fait de soi par ailleurs que nous puissions dans nos salles de classe pouvoir enseigner à nos jeunes tout autant ce respect, mais aussi d'enseigner dans ce cours ce que veut dire la participation citoyenne et comment on devient un citoyen responsable et on peut apprendre à devenir un citoyen responsable dès le plus jeune âge, M. le Président.
Quel rapport y a-t-il entre la suppression de la croix du drapeau et la formation de citoyen responsable, etc. ?

Puisqu'on parle du cours d'éthique religieuse, je tiens à souligner à cette Assemblée qu'il se peut – qu'il se peut – qu'il y ait des accrocs de parcours, puisque c'était un défi énorme de pouvoir changer un cours sur 11 années d'enseignement.
Pourquoi ce manque de prudence ?
Mais, M. le Président, moi, je suis très reconnaissance à l'égard de tous les enseignants du Québec qui ont relevé le défi et qui relèvent le défi en ce moment
Le gouvernement leur a enlevé le droit de ne pas relever le défi (abrogation de l'article 20 de la Loi sur l'instruction publique) !
et je sais que nous avons davantage – davantage – je dirais, rassurer les parents sur ce cours-là. Et autant il y a certains qui puissent encore ne pas être d'accord..., moi, j'ai, à mon bureau, une très grande majorité de parents qui apprennent à fréquenter ce cours et qui sont très positifs...
Euh. Tous ces parents en faveur du cours d'ECR sont au bureau de Mme Courchesne ? A-t-elle ne fût-ce que reçu des gens opposés à ce cours comme ceux de la CLÉ ? Est-ce là une manière de dialoguer ?
— Le Président: En conclusion, Mme la ministre.

— Mme Courchesne: ...à cet égard-là, M. le Président.

— Le Président: Merci, Mme la ministre. M. le député de Trois-Rivières, pour l'additionnelle.

— M. Proulx: Oui, M. le Président. Mme la ministre n'est pas sans savoir, M. le Président, que, la semaine dernière, il y avait entre 1 500 et 2 000 personnes qui marchaient à Montréal pour justement décrier le cours d'éthique et de culture religieuse.

Est-ce que la ministre à tout le moins s'engage à ce que des événements comme celui-là ne se reproduise plus? Quelles démarches avez-vous faites, M. le Président, pour que cela ne se reproduise plus et qu'un enseignant montre à des enfants que notre drapeau, il est dépassé aujourd'hui?

— Le Président: Mme la ministre, à vous la parole.

— Mme Courchesne: M. le Président, c'est évident que, lorsque nous avons... on attire à notre attention sur des éléments comme celui-là, c'est évident que nous remontons la filière et que nous allons à la source pour nous assurer des propos qui doivent être correctement tenus dans toutes les salles de classe.
Bref, d'être plus sournois dans l'imposition de l'interculturalisme ?
Mais, M. le Président, je tiens à dire à cette Assemblée, pour votre information, que, sur 1 million d'enfants qui fréquentent nos écoles aujourd'hui, il y a 1 112 qui ont fait une demande d'exemption.
Dans les écoles publiques uniquement, il n'y a pas 1 million d'enfants dans le secteur public. Plus de mille demandes de dérogation dans le secteur public, malgré l'assurance que toutes les demandes seraient refusées !
M. le Président, c'est à peu près 1 %.
Alors, je pense qu'on doit encore une fois dire que, comme société québécoise, nous relevons un très beau défi pour apprendre à mieux vivre ensemble au Québec.
Slogans d'une vacuité totale. Comment vivait-on mal ensemble auparavant, en quoi l'intimidation et les menaces pour imposer ce cours montrent que « nous relevons un très beau défi pour apprendre à mieux vivre ensemble au Québec » ?

Hans Küng passé sous silence dans Le Devoir ?

Patrice Perreault, « bibliste » de Granby a fait publier un même texte dans la Voix de l'Est et dans le Devoir. Chose intéressante c'est la Voix de l'Est — qui limite pourtant le plus la longueur des textes (au maximum 600 mots) — qui a publié l'intégralité de la lettre de ce « bibliste ». Le Devoir, pour sa part, a raccourci la lettre pour en omettre un passage qui invoque Hans Küng, théologien interdit d'enseigner la théologie par le Vatican. Pour ne pas effrayer certains catholiques qui croient vraiment encore que les partisans du cours d'ECR sont des catholiques orthodoxes ? Un peu comme le passage sous silence systématique dans Le Devoir de l'opposition d'une école catholique privée, Loyola, au cours d'ECR.

À des fins pédagogiques, nous reproduisons ci-dessous la lettre de M. Perreault dans son intégralité avec le passage supprimé par le Devoir en rouge.
La manifestation orchestrée par la Coalition pour la liberté en éducation (CLE) le 18 octobre suscite une perplexité certaine. Comment expliquer une telle opposition au nouveau programme? Est-il possible que celle-ci tire son origine d'une certaine compréhension du phénomène religieux?

Celui-ci, comme toute dimension humaine, est marqué par une ambiguïté produisant des effets opposés. Il peut tout aussi bien libérer qu'asservir. Autrement dit, le religieux peut se nourrir de valeurs d'exclusion ou d'inclusion. Le philosophe Henri Bergson parlait de la dimension plus conservatrice du phénomène religieux qui prône la sécurité face à l'angoisse existentielle.
Il n'est pas certain que l'angoisse existentielle libère !
Les gens adhérant à cette dynamique religieuse cherchent à conformer le réel à leur conception de l'Absolu ou de la religion. En général, ces personnes adoptent des valeurs éthiques axées sur des repères limpides et considérés comme immuables. Un certain pessimisme anthropologique caractérise cette approche du phénomène religieux au point de renforcer une forme de conservatisme social.
Oui, ce pessimisme anthropologique est bien conforme à la nature pécheresse des hommes pour les chrétiens. On ne sait pas trop d'où les optimistes anthropologiques tirent leur optimisme, mais ce n'est pas dans le christianisme ni même la triste réalité historique.
Une orientation première

L'autre dimension du religieux met l'accent sur des normes d'ouverture à l'altérité. Elle reconnaît la complexité du réel, établit une relation inclusive plutôt qu'antagonique avec la différence.

Cette relation donne naissance à la conscience sociale et suscite l'engagement avec d'autres pour transformer le monde. Il importe, ici, de faire observer qu'il s'agit d'une typologie et qu'aucune personne ne correspond entièrement à l'une ou à l'autre dimension. Cependant, il existe fréquemment une composante majeure qui détermine, en grande partie, l'orientation première.

À cet égard, le nouveau Programme d'éthique et de culture religieuse constitue un excellent test de Rorschach. Les réactions manifestées à ce programme s'avèrent fort révélatrices des tendances fondamentales. Par exemple, l'opposition farouche de parents trahit une attitude religieuse bien spécifique. Elle s'appuie sur un modèle culturel «d'exclusion» décrit plus haut. Ce modèle dessine une frontière hermétique entre le monde «extérieur» considéré comme hostile et l'univers «intérieur» de la communauté perçu comme un havre de paix et d'harmonie.

Or, le nouveau programme ECR s'inscrit dans la compréhension du phénomène religieux comme espace inclusif.
On ne sache pas que le volet éthique du programme ECR s'inscrive dans une quelconque compréhension du phénomène religieux.
Pour le programme, la différence ne constitue pas une menace à l'identité personnelle, mais en représente un aspect incontournable puisqu'elle incite à entrer en relation avec l'altérité. La frontière devient poreuse et inclusive entre le monde «extérieur» et le monde «intérieur» de la communauté. Au lieu d'observer un antagonisme du binôme monde-communauté, le paradigme privilégié par le programme, conçoit plutôt la communauté comme une partie intégrante du monde en relation étroite avec d'autres communautés humaines incarnées au cœur d'une biosphère dynamique en changement perpétuel.
On ne voit pas très bien où ce « bibliste » veut en venir. Croit-il vraiment que les gens contre le programme d'ECR ne considèrent pas que leur communauté est dans le monde changeant ? Mais ce « bibliste » ne connait-il pas la distinction entre le « dans le monde» et « de ce monde » dont le Christ parle ?

Voir Jean 15, 19 : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui appartiendrait; mais vous n'êtes pas du monde : c'est moi qui vous ai mis à part du monde et voilà pourquoi le monde vous hait. »

Voir aussi Jean 17, 14-18 :«14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a pris en haine, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde. 15 Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du mauvais. 16 Ils ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde. 17 Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. 18 Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde. »

Fin des certitudes

Un tel paradigme implique la fin des certitudes absolues. Cela explique l'accusation fausse de relativisme du programme.
Facile d'affirmer que cette accusation est fausse, il faudrait encore le prouver. Car, quand il n'y a plus de certitudes absolues, comme c'est le cas par exemple dans le volet d'éthique du cours, que reste-t-il ? Un relativisme borné en classe par le respect, la non-violence et l'esprit des Chartes de droits au mieux. C'est maigre et n'aura pas nécessairement d'effet en dehors de la classe pour les jeunes adultes devenus autonomes ou plutôt « anomes ».
Ses visées cherchent davantage à permettre à l'enfant de comprendre le phénomène religieux et de lui donner les outils pour écouter les représentations différentes tout en le situant dans la tradition culturelle et historique de la société.
En les situant de quelle façon et dans quelle tradition culturelle de quelle société ? La tradition judéo-chrétienne de la société québécoise ? Ou une autre « tradition » plus récente et privilégiée par certains pédagogistes et partisans de ce cours ? Bref, l'arbitraire.
En d'autres termes, le programme permettra de saisir que l'autre ne pense pas nécessairement comme soi et que sa différence est légitime.
Toutes les différences sont d'ailleurs légitimes (mais attention on n'est pas relativistes !), sauf celles des gens de le CLÉ ?
Pour les parents qui entrevoient le phénomène religieux comme un espace délimité par une frontière stricte, le paradigme du nouveau programme suscite tout un choc culturel. Dès lors, peut-on se surprendre qu'ils souhaitent préserver à tout prix leurs enfants de ce programme? [...]
Cette ellipse ([...]) remplace ce passage publié, lui, dans la Voix de l'Est mais pas dans le Devoir :

Le grand théologien Hans Küng résume bien les causes de ce choc culturel par la concomitance de paradigmes socioreligieux qui fait se côtoyer des personnes croyantes qui ne partagent pas la même mentalité. Cela suscite un conflit des représentations face au réel et à la société.

Est-il possible que l'opposition face au nouveau programme ECR résulte de la collision entre divers paradigmes, l'un moderne et l'autre plus «écohumaniste» qui intègre le pluralisme dans un système ouvert? Si cela s'avère, il importe dès lors d'accompagner, avec sollicitude et par le dialogue, tant les personnes opposées à ce programme que leurs enfants dans ce douloureux passage.
Euh, pour les forcer à passer contre leur gré ?
Cependant, rappelons que dans tout vrai dialogue, les personnes acceptent la possibilité de se laisser transformer complètement par l'échange afin de créer, espérons-le, une société plus inclusive, égalitaire, solidaire et unie dans la diversité.
Il semble pourtant simple d'assurer cette diversité : laisser le choix comme le demande justement la CLÉ&thinsp!

En passant, la transformation semble être un but en soi pour ce « bibliste ». On ne voit pas pourquoi quand tout est devenu légitime.

Plus de précisions sur les menaces et intimidations faites à l'encontre de parents de Granby

La Voix de l'Est du 21 octobre rapporte plus de détails sur les menaces et intimidations faites à l'encontre des parents de Granby qui, inquiets de l'éducation morale et religieuse de leurs enfants, les ont retirés du cours d'éthique et de culture religieuse imposé par l'État à tous les enfants du Québec.
« Un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Voilà de quoi sont menacés les parents qui refusent que leur enfant assiste au cours d'éthique et culture religieuse. Julie Clément n'en revenait pas, vendredi, en lisant une lettre que lui a adressée Paul André Boudreau, directeur de l'école secondaire Paul-Germain-Ostiguy à Saint-Césaire. […] Si votre enfant persiste à ne pas assister au cours d'éthique et culture religieuse, je devrai signaler son absence à la DPJ avec les conséquences qui en découleront, écrit-il. »
Menaces, appel à la DPJ
« C'est un signe d'intimidation. On embarque dans les menaces, c'est insensé, lance Mme Clément. Je suis étonnée, je m'attendais à ce qu'on me parle d'abord d'une retenue. »
Menaces de renvoi !
« Si c'est vrai cette menace, la DPJ viendra à la maison et on discutera en prenant un café, lance Diane Gagné. La menace de DPJ n'est pas ce qui choque le plus cette mère, dont le fils étudie en 4e secondaire. La directrice a rencontré mon fils sans que je sois là, soutient Diane Gagné. Ça lui a fait peur. Il ne veut pas se faire sortir de l'école. »
Notons que cette direction menace également de renvoi de l’école publique cet étudiant sans problème… alors que le Gouvernement investit des millions de dollars contre le décrochage scolaire !

Intimider les enfants en l'absence des parents

Linda Foisy reproche également à la direction d'avoir intimidé ses jumeaux qui sont en 4e secondaire.
« Moi et mon conjoint avons écrit à la directrice pour lui dire que c'est à nous qu'elle devait s'adresser, note Mme Foisy. C'était de l'intimidation de rencontrer mes fils. »
Du bluff ? Commission scolaire s'en remet à la justice

Ces tentatives d'intimidation ne visent qu'à effrayer les parents, selon Sylvain Lamontagne insitigateur du mouvement de boycottage à Valcourt. Certains ont abandonné la bataille, trop inquiets des représailles. « C'est un jeu de patience, lance-t-il. Le plus patient des deux va gagner. » Sandra Thibodeau, agente de communication à la commission scolaire du Val-des-Cerfs, admet qu'un signalement à la DPJ n'est peut-être pas approprié. « On sait que nous ne sommes pas devant des cas de négligence parentale, dit-elle. On n'en est même pas encore à des suspensions. » À quoi doivent s'attendre les parents ? « Je ne suis pas en mesure de dire quelle est la suite des choses, répond Mme Thibodeau. Il est trop tôt pour dire quelles seront les sanctions. »

Pourquoi alors toutes ces menaces officielles de sanctions ?

Selon la Voix de l'Est, la commission scolaire du Val-des-Cerfs espère que la Cour supérieure lui donnera une piste de solution. Le juge Jean-Guy Dubois déterminera, le 6 novembre au palais de justice de Drummondville, quand la cause sera entendue.

mardi 21 octobre 2008

Questioning the Ethics and religious culture course

(Version anglaise de l'émission Sel et Lumière consacrée au cours d'ECR, mais avec un peu de matériel original en anglais)

In continuing its Catholic religion course, Montreal’s Loyola High School now contravenes the government’s new Ethics and Religious Culture curriculum.

Salt and Light, a Canadian Catholic not-for-profit cable network, investigates the reasons behind the refusal of Loyola to teach this course. As we will see, Loyola's principal, Paul Donovan, claims ERC imposes a relativistic agenda on students and that this ideology may not be imposed by a government on a Catholic institution.

In the process of this report, Salt and Light asks Bishop Pierre Morissette, one of the bishops in favour of this course, Mr. Bergevin, a representative of Quebec’s Ministry of Education, Richard Décarie of the Coalition pour la liberté en éducation and the principal of Loyola High School to present their point of views on this controversial course.

Switch to full screen mode to read the subtitles.

lundi 20 octobre 2008

Pensum du Devoir à la suite de la manifestation pour la liberté de choix

Voilà plusieurs semaines que le Devoir ne parle plus du cours d’éthique et de culture religieuse. Rien sur les deux procès qui se profilent en Cour supérieure du Québec au sujet de ce programme imposé, rien sur les déclarations critiques du nonce apostolique, rien sur la manifestation qui se préparait à Montréal contre l’imposition de ce cours, rien sur les mesures d’intimidation et les menaces de signalement à la DPJ qui frappent les parents récalcitrants au cours d’éthique et de culture religieuse imposé à tous au nom de la tolérance et de la diversité.

À reculons

Las! Ces procès existent bien, les autres médias que le Devoir en ont finalement parlé, ils ont même abordé dans leurs éditions régionales le sujet des menaces répétées contre les parents et leurs enfants qui refusent ce cours et enfin – goutte qui a fait déborder le vase – près de 2 000 personnes ont défilé dans les rues de Montréal pour demander le libre choix en matière d’éducation morale et religieuse. Le Devoir, à reculons, allait devoir à nouveau parler de l’opposition au cours ECR.

Et pourtant, Le Devoir pensait avoir réglé la question en faisant faire un sondage et en le publiant à sa une : une faible majorité (52 %) des Québécois approuverait le cours d’éthique et de culture religieuse et seule une petite minorité (16 %) voulait encore des anciens cours de religion confessionnels (souvent mal enseignés par des professeurs non-croyants ou même pas enseignés du tout dans certaines écoles publiques).

Le Devoir, chantre de la majorité silencieuse !

Or, voilà que pour défendre bec et ongles ce cours dont le Devoir a déjà pris la défense dans un éditorial (« Vain combat », le 27 février 2008), Mme Marie-Andrée Chouinard commet un nouvel éditorial pour condamner au nom de « la majorité silencieuse » les opposants à l’imposition du cours d’éthique et de culture religieuse.

On aura tout vu ! Le Devoir porte-voix de tous les combats progressistes et minoritaires comme le « mariage gay » qui se fait le chantre de cette majorité silencieuse trop souvent conservatrice à son goût !

Le Devoir devrait pourtant se souvenir qu’à force de pédagogie et de confrontation à la réalité de faibles majorités mal informées peuvent facilement changer d’avis.

Faut-il rappeler que les parents n’ont pas analysé le cours ECR de leurs enfants, n’ont pas entendu les voix discordantes, mais quasi uniquement celles des promoteurs de ce cours qui bénéficient de tout le poids du gouvernement, de son monopole en matière de programme et de médias partisans comme le Devoir ? Bref, il n’y a pas eu débat ; cette majorité est fragile.

Gageons même qu’il y a nettement plus de Québécois qui sont en faveur de liberté de choix entre le cours d’éthique et de culture religieuse et un cours confessionnel, qu’il y en a en faveur du seul cours d’ECR.

Et le respect dû aux minorités et aux droits fondamentaux ?

Rappelons enfin que, même si seule une infime minorité de la population trouvait que ses droits fondamentaux de décider de la formation morale et spirituelle étaient brimés par l’imposition de ce cours, il faudrait défendre ces personnes. Le Devoir a-t-il oublié la croisade qu’il a menée en faveur des « mariages gays » où une autre minorité (pro-gay) « vociférait » (pour reprendre les termes peu amènes du Devoir) alors que la majorité offrait d’abord « un consentement silencieux » à la préservation du mariage aux seuls hétérosexuels ?

Approximations et volonté de minimisation

Citons un passage assez typique de la prose de Mme Chouinard :
« Sa croisade [de Mgr Ouellet] trouve écho dans la lutte menée par la Coalition pour la liberté en éducation (CLE), qui manifestait samedi encore en opposition au cours, obligatoire de la première année à la cinquième secondaire. Dirigé par des croyants chrétiens, le mouvement a permis d’acheminer au ministère de l’Éducation 1200 demandes d’exemption – toutes refusées à ce jour. Il est également à la source du boycottage de ce contenu par 72 élèves retiré du cours par leurs parents. Il passera sous peu à Drummondville pour contester la validité du cours. »
  1. Admirez le cliché journalistique bon marché : « croisade ».
  2. Combien de gens ont manifesté samedi ? Ne cherchez pas dans le Devoir, vous ne le saurez pas.
  3. Le Devoir s’est un peu amélioré, auparavant il pensait que la CLÉ ne regroupait que des catholiques... Cela a pris du temps, mais à force de répétition et de pédagogie patiente.
  4. Les 1200 demandes d’exemption – exemptions qui ne sont bien sûr pas proposées par les écoles puisque la Ministre Courchesne a fait savoir qu’elle les refuserait toutes – ne comprennent pas les demandes d’exemption auprès des écoles privées confessionnelles, meilleur terreau que les écoles publiques. Or, dans ce réseau, la seule école Loyola a récolté plus de 600 demandes d’exemption et au moins une autre école, l’école chrétienne Emmanuel de Dollard-des-Ormeaux, a également demandé l’exemption à titre d’établissement confessionnel. Enfin d’autres écoles privées n’enseignent pas le programme mais n’osent s’y opposer officiellement de crainte de perdre des subsides ou leur permis quand celles-ci ne reçoivent aucune subvention. Nous sommes au courant d’au moins trois écoles dans cette situation de trois confessions différentes !
  5. La CLÉ n’est pas vraiment à la source du boycottage; elle n’a jamais appelé au boycottage, mais a accompagné les parents qui désiraient exercer le droit de retrait de leurs enfants. Elle n’a fait que suivre des parents une fois de plus totalement démunis devant le Monopole de l’Éducation et sa machine administrative.
  6. La poursuite à Drummondville ne porte pas sur la validité du cours, mais, d’une part, sur la validité du processus administratif suivi pour aboutir au refus de toutes les demandes d’exemption et, d’autre part, sur la validité de la loi 95 qui impose ce cours. La question n’a jamais porté sur la validité du contenu du cours ou même sur la possibilité de l'enseigner, car il existe certainement des parents qui approuvent ce cours et ils peuvent le choisir pour leurs enfants. Non le litige se fonde sur le processus utilisé pour imposer ce programme à tous les parents même quand ils disent que ce cours est contraire au droit fondamental de la liberté de conscience et de religion. Billet de rattrapage pour les lecteurs mal informés du Devoir sur la poursuite de Drummondville.
  7. Il existe une autre poursuite, celle du collège Loyola qui demande le droit de présenter un cours équivalent, mais conforme à sa vocation d’école catholique en vertu sur l’article 22 du règlement d’application de la Loi sur l’enseignement privé, R.Q. c. E-9.1, r.1. Les lecteurs du seul Devoir n’en savent rien, le Devoir n’a jamais parlé du cas de l’école Loyola, même pas pour déformer la teneur de sa « croisade » contre le cours ECR.
Amusante aussi cette scie sur la déconfessionalisation comme prétexte à l'imposition du cours d'ECR aux écoles... mêmes les écoles privées confessionnelles&thinsp!
« Tant le Cardinal Ouellet que la CLÉ peuvent exposer des craintes qu'ils jugent légitimes. [encore heureux!] Ils peuvent voir dans la poursuite de la déconfessionalisation de l'école une attaque à leurs droits et la négation du religieux plutôt qu'une manière de se l'approprier autrement. [euh, de manière relativiste ?] »
Et ça se veut un journal sérieux !

Cours « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »

Lu dans Pourquoi nos enfants sortent-ils de l'école ignorants ? de Patrick Moreau (Boréal, septembre 2008) :
« Le nouveau cours de culture religieuse qui entrera dans le programme du primaire et du secondaire à la prochaine rentrée est encore là pour en témoigner. Conçu dans l'urgence et sous la pression de l'actualité, il a moins pour but de faire acquérir aux élèves une connaissance des religions pratiquées dans le monde — il y a fort à parier qu'on ne leur fera pas lire d'extraits de l'Ancien Testament, des Upanishad ou du Livre de l'échelle de Mahomet — que de servir d'alibi à un discours naïvement moraliste sur le mode tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Malgré ces bons sentiments, je ne suis pas sûr qu'un tel moralisme puisse se targuer d'être progressiste&thinsp! »

(pp. 19-20)



dimanche 19 octobre 2008

Quelques photos de la marche pour la liberté de choix

Quelques photos de la marche pour la liberté de choix extraites de la galerie hébergée ici.



John Lennon avec nous !

All we are saying is give choice a chance


Vue du cortège à partir de la Place Canada



Partie du cortège rue Sainte-Catherine

partie du cortège rue Sainte-Catherine


Hommage à Fernand Ouellet...ébranler la suffisance identitaire

Hommage à Fernand Ouellet...ébranler la suffisance identitaire


Pancarte en arabe contre l'imposition du cours ECR

pancarte en arabe


Pancartes en italien et en anglais

pancartes en italien et en anglais


Tous unis pour la liberté en éducation !

Tous unis

Près de 2 000 personnes scandent « Oui à la liberté de choix ! »

Selon la Presse de Montréal, « Près de 2000 personnes en provenance des quatre coins du Québec ont marché dans les rues du centre-ville, hier après-midi, pour protester contre l'imposition du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse. »

On note dans le court article de l'édition dominicale de la Presse deux témoignages intéressants :« J'ai appris à mes enfants que, lorsqu'on meurt, on va au ciel, explique Sonia Giguère, mère de cinq enfants, venue de Bronwsburg-Chatham. Mais dans le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse, l'enseignant leur a expliqué que, lorsqu'on meurt, on disperse au vent les cendres du défunt. Cela a complètement ébranlé leur compréhension. C'est pour cette raison que je les ai retirés du cours. »

« Ce qui me fâche, c'est qu'avec ce cours, le gouvernement impose sa religion: le laïcisme-relativisme, explique un père de la région de la Mauricie, Ghislain Lebel. Tranquillement, ils sont en train d'enlever nos droits fondamentaux en tant que parents. On a le droit de choisir comment nos enfants vont être spirituellement élevés. »

La Gazette de Montréal, pour sa part, rapporte les propos de Flora Almeida Marlow une immigrante originaire de l'Inde. Elle a quatre enfants dont trois fréquentent des établissements publics de la région de Mascouche. Comme beaucoup de parents, elle a demandé à ce que ses enfants quittent la classe quand le cours est donné imposé aux enfants.

« Mes enfants doivent d'abord apprendre à se connaître avant d'apprendre d'autres choses, ils quittent la classe et vont à la bibliothèque pendant le cours d'ECR » de déclarer Mme Marlow.

« Je crois qu'une loi ne doit pas imposer aux gens comment ils devraient éduquer leurs enfants ».

Marie-Josée Croteau, présidente de la Coalition pour la liberté en éducation et organisatrice de la manifestation, abonde dans le même sens : « Ça n'a aucun sens d'apprendre sur sept religions différentes dès l'âge de 6 ans. Imaginez si on enseignait sept langues ou sept méthodes de mathématiques ! Plusieurs commencent à se rendre compte que c'est aberrant, et si la ministre Courchesne ne recule pas, nous serons de plus en plus nombreux à manifester. »

La connaissance culturelle des religions et celle des techniques de dialogue ne garantissent en rien l'harmonie

Nous reproduisons ci-dessous une lettre ouverte également envoyée à la Voix de l'Est.
M. Blouin, enseignant à l'école secondaire Wilfrid-Léger de Waterloo, saluait la semaine passée l'imposition du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse tout en exprimant son exécration de la religion qui, selon lui, est «la gangrène de l'humanité, un fléau qui afflige l'Homme depuis tellement longtemps».

M. Blouin est la preuve vivante que le cours d'éthique et de culture religieuse et l'apprentissage de nombreuses religions au plan purement intellectuel n'est en rien la garantie que les communautés religieuses vivront de manière plus harmonieuse dans le nouveau «vivre ensemble» que le ministère essaie d'imposer. On peut parfaitement connaître la culture religieuse du christianisme et détester ce christianisme comme M. Blouin. On peut en dire autant, bien sûr, des autres religions.

Prenons l'exemple de l'érouv de la religion juive, ce fil qui délimite une zone où certaines activités sont permises lors des fêtes religieuses. Est-ce par ignorance du sens de l'érouv que de nombreux habitants de Westmount [Outremont] s'étaient opposés à ce signe communautaire? Rien n'est moins sûr: il est fort possible que c'est en apprenant le sens religieux de cet étrange fil que certains se sont opposés à ce qu'ils comprenaient désormais comme un symbole communautariste trop diviseur et trop visible.

J'espère que ces réactions hargneuses de la part d'un enseignant comme M. Blouin ouvriront les yeux de nombreux parents qui pensent que le cours d'éthique et de culture religieuse ne peut que «promouvoir une plus grande harmonie dans un Québec de plus en plus divers». Cela n'est non seulement pas prouvé, mais il existe de nombreux contre-exemples de personnes qui connaissent une religion et pourtant l'exècrent.

L'harmonie n'est pas garantie par une connaissance culturelle ou l'apprentissage de techniques du dialogue comme veut nous le fait croire le ministère de l'Éducation, c'est l'affaire d'un supplément d'empathie. On peut douter que le relativisme ambiant de ce même cours d'ÉCR et la désaffection envers la pratique religieuse fournissent ce supplément d'empathie.