vendredi 14 février 2025

Saint-Josse (Bruxelles), son communautarisme, son enrichissement culturel et politique

On a revoté le 10 février dernier dans la commune [bruxelloise] de Saint Josse et le résultat  est encore pire [pour Alain Destexhe] qu'en octobre !

La gauche obtient  28 sièges sur ... 29. (Liste du bourgmestre turc Emir Kir exclu du PS).

Le cartel [des autres partis] (MR - Engagés - CDV - VLD) : 1 siège seulement (7,7%), alors qu’en 2006, les mêmes obtenaient encore ... 32% des voix !

Sur la liste PS, les 6 élus sont d'origine étrangère. Écolo se distingue également, sa tête de liste Ahmed Mouhssin avait œuvré pour la libération des geôles irakiennes d'Oussama Atar, l'organisateur des attentats de Paris et de Bruxelles. Qu'à cela ne tienne !

Rappelons aussi qu’il y a quelques mois Emir Kir
(ci-contre)  s'était illustré en tenant d'interdire une conférence avec le premier ministre hongrois Viktor Orban, Nigel Farage et Éric Zemmour.

Appelez-cela comme vous voulez : « Grand remplacement » (Cohn-Bendit) ou encore « submersion migratoire » (Bayrou), il est notable que l'avenir de Bruxelles (et de la Belgique ?) est inscrit dans ces chiffres.

Soulignons par ailleurs  qu'aucun média belge ne semble se soucier de cette dérive. Pour le Soir qui s’en réjouissait il y 20 ans déjà (article de 2003 !) : «  80 % de la population de Saint-Josse ont des grands-parents non belges. Le mouvement, irréversible, est une source d'enrichissement pour la société ».

Source : PAN

jeudi 13 février 2025

Bruxelles, sculpture classique remplacée par une œuvre plus féministe sublimant « des déchets de chantiers »

 

La sculpture en marbre de Carrare de l’artiste Victor Rousseau (ci-dessus) sera déplacée du square où elle trône depuis un siècle, près la gare Centrale, après le refus du gouvernement bruxellois de la classer en tant que patrimoine protégé. Une nouvelle œuvre sera placée sur le site.

La polémique qui entoure le déplacement prochain de la Maturité n’est pas près de s’éteindre.

Cette sculpture du célèbre sculpteur Victor Rousseau trône depuis un siècle dans un square proche de la place Marché au Bois, au cœur de Bruxelles. L’œuvre est menacée par le réaménagement du site et, en septembre, la Commission Royale des Monuments et Sites avait demandé le classement de « la Maturité » en tant que patrimoine protégé.

Le gouvernement bruxellois avait refusé et s’était contenté d’inscrire cette œuvre sur la liste de sauvegarde, ouvrant ainsi la porte à son transfert en direction du square Gutenberg [plus éloigné du centre-ville].

La Ville de Bruxelles a refusé de classer l’œuvre de Victor Rousseau parce qu’« elle véhicule des valeurs qui ne sont plus en phase avec celles de la société actuelle ». Le monument se compose de six figures en marbre, représentées totalement nues ou presque, et reliées entre elles par une guirlande de fleurs et de fruits. Au centre, un homme barbu se tient assis sur un drap blanc ; il est entouré à gauche d’une femme qui porte une corbeille de fleurs et d’une jeune fille agenouillée qui en hume le parfum ; à droite, un jeune couple se tient la main tandis qu’un jeune homme assis tourne le dos aux autres personnages.

La Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS) avait alerté la Ville sur l’état de ce groupe sculpté, encrassé par la pollution et par le temps, dégradé par le vandalisme, mais aussi par les travaux de rénovation de la station de métro voisine qui ont provoqué le démontage d’une partie de la balustrade originale. Des engins et barrières de chantier obstruent régulièrement l’espace (ill. 2) ; les parterres sont dénudés, les pelouses pelées, les plantations non entretenues ont laissé place à une végétation sauvage, si bien que le monument n’est presque plus visible. Son état est alarmant et sa conservation menacée, la CRMS a donc proposé de classer la totalité du square en raison de son intérêt artistique, esthétique, historique, urbanistique et paysager.

Les différentes raisons pour lesquelles le classement n’est pas souhaitable sont sidérantes : la sculpture de Rousseau ne correspond pas aux « valeurs contemporaines d’égalité des genres, de pouvoir et de famille  » bien au contraire, elle offre « une vision patriarcale des rapports sociaux et familiaux […], avec des stéréotypes figés sur la famille et le pouvoir masculin ». Cette œuvre qui n’est pas adaptée au plan d’action de « gender mainstreaming [l’anglais fait chic à Bruxelles] et d’égalité entre les femmes et les hommes, […] met en lumière l’importance d’éliminer les stéréotypes de genre hérités du passé, et de rendre visible la contribution des femmes à la culture matérielle et à l’histoire urbaine. Cette réévaluation des œuvres publiques est nécessaire pour favoriser une représentation plus inclusive et équilibrée de l’histoire de notre ville. »

Remplacée par une œuvre réalisée à partir de débris de chantiers

On y apprend ainsi qu’une nouvelle œuvre d’art, réalisée par l’artiste plasticienne Aglaïa Konrad, une artiste née en Autriche qui vit à Bruxelles, sera installée sur la partie sud du Marché au Bois, proche de l’endroit où trône actuellement la Maturité.

Le style de l’œuvre « Rückbaukristalle : un Monument pour la ville », dont un aperçu a été donné par l’architecte Bas Smets dans l’enquête publique (via une œuvre déjà existante) tranche assez franchement avec le néo classicisme de la sculpture en marbre blanc de Carrare de Victor Rousseau.

« La sculpture se présente comme deux colonnes fabriquées à partir de débris provenant de divers chantiers de démolition dans la ville. L’artiste sublime ces déchets de chantiers pour leur rendre hommage sous une forme tendre et sculpturale », peut-on lire dans la note explicative de l’enquête publique.

Style de l’œuvre qui devrait remplacer le monument « La Maturité »


Sources : La Dernière Heure, La Tribune de l'Art

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Les conservateurs du Canada anglais sont en panne de sens et leur logiciel idéologique tourne à vide

Le chef conservateur est compétent en économie, reconnaît l’historien Éric Bédard, mais Pierre Poilièvre doit encore définir ce qu’est le Canada, selon lui, et ce qui le distingue de son voisin. Texte paru dans La Presse de Montréal. Éric Bédard est historien et professeur à l’Université TELUQ. Il a récemment fait paraître Figures marquantes de notre histoire. Volume II : Lutter (VLB)

En temps normal, la politique se confond avec l’administration : améliorer les services rendus à la population, équilibrer les budgets, lancer des projets économiques structurants. De bons managers font l’affaire.

Mais en temps de crise, ces gestionnaires sont bien démunis. Car pour traverser des temps difficiles, il faut des politiques capables de mobiliser des affects et des mythes, proposer un récit qui donne un sens fort à l’aventure collective, dessiner des horizons inspirants.

En temps de crise, il faut s’élever au-dessus de la partisanerie et passer de la politique à la métapolitique. Jusqu’à maintenant, Pierre Poilièvre a complètement raté ce passage.

Il n’est cependant pas le seul responsable.

Depuis leur virage « continentaliste » des années 1980 et leur adhésion enthousiaste au libre-échange avec les États-Unis, les conservateurs sont en panne de sens et leur logiciel idéologique tourne à vide.

Longtemps, les conservateurs ont été les porteurs d’un nationalisme qui se définissait par la négative. Être Canadien, c’était refuser le modèle américain, c’est-à-dire un type de société qui se fondait sur une rupture avec l’ancien monde européen, une foi illimitée dans le progrès, un égalitarisme et un individualisme qui pouvait mener au désordre et à la guerre civile.

Héritage britannique

Être conservateur canadien, c’était être fidèle à l’héritage britannique, à ce monde d’avant l’âge d’un progrès débridé, technique, déshumanisant, des tares qu’incarnait la grande république américaine et qu’avaient rejeté les loyalistes à la fin du XVIIIe siècle. Jusqu’aux années 1960, le conservatisme canadien est un antiaméricanisme.

En 1962, John Diefenbaker est le seul dirigeant politique occidental à exiger une enquête indépendante durant la crise des missiles de Cuba. L’année suivante, il déclenche des élections précipitées parce qu’il refuse que le Canada accueille des missiles américains à tête nucléaire. Lors du débat sur l’unifolié, Diefenbaker, redevenu chef de l’opposition, affiche son patriotisme en se drapant dans le Red Ensign – l’ancien drapeau où les armoiries canadiennes côtoyaient la croix britannique.

L’ancien premier ministre du Canada, John Diefenbaker, en 1957

Dans Lament for a Nation, un essai crépusculaire publié en 1965, le philosophe conservateur George Grant pressentait la fin de ce Canada attaché à son passé et à ses traditions.

À ses yeux, la complaisance et la complicité coupable des élites canadiennes à l’endroit du géant américain annihilaient ce qu’il restait d’original dans l’identité canadienne, ou la vidaient de sa substance.

À la même époque, l’antiaméricanisme canadien passe à gauche. La jeunesse rejette la guerre du Viêtnam, le complexe militaro-industriel et les valeurs capitalistes des grandes corporations américaines. Pour cette gauche, ce qui distingue désormais le Canada des États-Unis, ce sont ses programmes sociaux beaucoup plus généreux, notamment son système de santé universel et gratuit, et une plus grande tolérance pour la diversité qu’incarnerait cette doctrine du multiculturalisme conceptualisée par des penseurs en vogue et inscrite dans la Loi constitutionnelle de 1982.

[Le Premier Ministre conservateur de 1984 à 1993] Brian Mulroney avait de belles qualités, mais il ne croyait pas beaucoup à la force des idées et à la contribution des intellectuels. Ce qu’il allait proposer aux Canadiens, c’était moins un nouveau programme idéologique qu’une simple alternance partisane. Car sur le fond, il souscrivait aux grands principes de la refondation de 1982 et ne proposait que des amendements mineurs (ex. : Accord du lac Meech). Le conservatisme canadien n’est devenu qu’économique et fiscal.

Un besoin d’élévation

Lorsqu’on écoute certaines entrevues de fond de Pierre Poilièvre, on constate vite ses compétences en économie et sa volonté sincère d’accroître le niveau de vie des Canadiens. Mais lorsqu’il doit réagir à la crise existentielle provoquée par les décisions erratiques du président Trump, il est incapable de mettre de côté la partisanerie et de montrer un peu d’élévation.

Au micro de Jordan Peterson pendant deux heures, il conclut son entretien de fond en répétant qu’il rêve d’améliorer le pouvoir d’achat du Canadien moyen. Dans sa réaction aux menaces de Donald Trump, il rappelle que les libéraux, avec leurs dépenses incontrôlées, ont brisé la « promesse canadienne » de prospérer et d’aspirer à une ascension sociale.

Ces objectifs sont certes nobles, mais Pierre Poilièvre devra nous expliquer : en quoi ils se distinguent de l’« American Dream » ?

Si le Canada des conservateurs n’est qu’une déclinaison du rêve américain, pourquoi ne pas accepter la proposition de Donald Trump de devenir le 51e État des États-Unis ?

Sinon, qu’est-ce que le Canada au juste, et quel serait son destin, son ambition, sa « vocation » selon lui ?

Pour répondre à ces questions, Pierre Poilièvre devra rouvrir ses livres d’histoire, laisser tomber un moment la partisanerie et passer de la politique à la métapolitique, c’est-à-dire à des considérations plus élevées sur le sens qu’il faut parfois donner, dans des circonstances hors de l’ordinaire, à une aventure collective. A-t-il les ressorts qu’il faut pour y arriver ?

mercredi 12 février 2025

Royaume-Uni — employée d'une école anglicane licenciée pour avoir critiqué l'idéologie transgenre gagne son procès

La Cour d’appel du Royaume-Uni a statué que l’expulsion de Kristie Higgs en raison de publications critiquant l’éducation sexuelle et l’idéologie transgenre dans l’école de son fils constituait une « discrimination illégale fondée sur la religion et les convictions ».

Kristie Higgs, au centre, a été rejointe par plusieurs sympathisants lors de l’audience en octobre dernier

Une employée d’une école anglicane a obtenu une victoire importante devant la Cour d’appel à la suite de son licenciement pour avoir exprimé son opinion sur l’enseignement des relations LGBT+. Kristie Higgs, anciennement administratrice pastorale et responsable de l’expérience professionnelle à la Farmor’s School, dans le Gloucestershire, a été licenciée en 2019 après avoir partagé sur Facebook des messages critiquant les projets visant à enseigner les relations LGBT dans les écoles primaires.

La mère de deux enfants a d’abord essuyé un verdict contre elle en juin 2023 de la part du tribunal d’appel de l’emploi.

Dans un jugement remarquable rendu mercredi, les juges de la Cour d’appel ont donné raison à Mme Higgs, estimant que l’instruction précédente de renvoyer l’affaire devant le tribunal du travail était « illégalement discriminatoire ». Exprimant le point de vue de la Cour, le juge Underhill, accompagné du juge Bean et du juge Falk, a expliqué : « Dans la présente affaire, la demanderesse, qui était employée dans une école secondaire, avait posté des messages et avait cité principalement d’autres sources, s’opposant à la politique du gouvernement en matière d’éducation sexuelle dans les écoles primaires en raison de sa promotion de la “fluidité des genres” et de l’assimilation du mariage homosexuel au mariage entre un homme et une femme. »

Le tribunal a reconnu que les opinions de la demanderesse sur le genre et le mariage homosexuel relevaient de la protection de la loi sur l’égalité, déclarant : « Il n’a pas été contesté […] que les convictions de la plaignante selon lesquelles le genre est binaire et que le mariage homosexuel ne peut être assimilé au mariage entre un homme et une femme sont protégées par la loi sur l’égalité ».

Les juges ajoutent : « L’école a cherché à justifier son licenciement sur la base que les publications en question étaient exprimées de manière intempestive et comprenaient des références insultantes aux promoteurs de la fluidité des genres et à “la bande LGBT” qui étaient susceptibles de nuire à la réputation de l’école dans la communauté : les publications avaient été signalées par un parent et pourraient être vues par d’autres personnes. »

Le tribunal a toutefois jugé insuffisant le motif d’atteinte potentielle à la réputation de l’école pour justifier le licenciement : « Toutefois, ni le langage utilisé dans les messages ni le risque d’atteinte à la réputation ne pouvaient justifier le licenciement de la plaignante alors qu’elle n’avait rien dit de tel au travail et qu’elle n’avait manifesté aucune attitude discriminatoire dans sa façon de traiter les élèves ».

À la suite du jugement rendu devant la Cour royale de justice, Mme Higgs a exprimé son espoir : « Je prie pour qu’aujourd’hui soit un jour marquant pour les libertés chrétiennes et la liberté d’expression ».

Elle a poursuivi son plaidoyer en faveur du droit des chrétiens à partager leurs opinions sans encourir de sanctions sur leur lieu de travail : « Les chrétiens ont le droit d’exprimer leurs croyances sur les médias sociaux et dans d’autres contextes non liés au travail sans craindre d’être sanctionnés par leur employeur. »

Mme Higgs s’est retrouvée plongée en pleine tourmente après avoir publié un contenu en ligne critiquant le programme d’éducation relationnelle « No Outsiders In Our School » (Pas d’étrangers dans notre école), destiné aux élèves de l’école primaire, qui comprenait l’apprentissage de la loi anti-discriminatoire (pro-LGBT) par le biais de livres.

Mme Higgs, qui a utilisé son nom de jeune fille pour publier des messages sur une page privée, a partagé deux messages en octobre 2018 avec une centaine d’amis. Une plainte anonyme a conduit l’école à suspendre Mme Higgs et, à la suite d’une audience disciplinaire, elle a été licenciée pour faute grave.

L’école a précédemment réfuté les allégations selon lesquelles Mme Higgs avait été licenciée en raison de ses convictions religieuses, déclarant que le langage utilisé dans ses messages était la raison de son licenciement. Dans un jugement rendu en 2020, un tribunal du travail avait reconnu que la religion de Mme Higgs était une « caractéristique protégée » en vertu de la loi sur l’égalité, mais avait soutenu que le licenciement de l’école était légal.

Cette décision a été annulée par le tribunal d’appel de l’emploi en 2023, et l’affaire a été renvoyée pour réexamen. Toutefois, Richard O’Dair, qui représente Mme Higgs, a fait valoir dans des observations écrites adressées à la Cour d’appel en octobre dernier que le Tribunal d’appel de l’emploi avait fourni des « directives très insatisfaisantes », ce qui risquait de nuire une fois de plus au droit de Mme Higgs à un procès équitable.

Il a déclaré que ses messages étaient « un discours politique contribuant au débat en cours sur une question d’intérêt public » et « une manifestation de ses convictions religieuses ». Il a également noté que Mme Higgs, qui nie être homophobe ou transphobe, avait travaillé avec des élèves qui se disaient LGBT sans qu’aucune allégation de discrimination n’ait été formulée à leur encontre.

Argument de l’avocat de l’école

Me Sean Jones, représentant l’école, a suggéré dans ses observations écrites au tribunal que le renvoi de l’affaire était « la voie appropriée », car des « raisons plus complètes » pour la décision étaient nécessaires.

Il a ajouté : « (Mme Higgs) n’a pas été licenciée pour avoir manifesté (ses convictions), mais parce que la manière dont elle les a manifestées aurait pu raisonnablement amener et a effectivement amené d’autres personnes à penser qu’elle exprimait des opinions homophobes ou transphobes ».

Réaction du Christian Legal Centre

« La décision confirme que la loi sur l’égalité protège les croyances chrétiennes traditionnelles sur les questions sociales, telles que l’opposition aux idées de transgenrisme et de “fluidité de genre” et l’opposition au mariage homosexuel », a déclaré le Christian Legal Centre qui soutenait Mme Higgs.

La Cour a également noté dans sa décision qu’il n’y avait pas eu de plaintes concernant un traitement discriminatoire potentiel des élèves par Mme Higgs.

Le tribunal a annulé la décision du tribunal d’appel du travail qui avait demandé un nouveau procès de l’affaire et a conclu que « nous devrions nous-mêmes conclure que le licenciement du demandeur constituait une discrimination illégale fondée sur la religion et les convictions ».

Andréa Williams, directrice générale du Christian Legal Centre, a déclaré : « C’est une grande victoire pour Kristie, qui a perdu son emploi et son gagne-pain pour n’avoir fait qu’exprimer sa consternation face aux idées absurdes de fluidité de genre enseignées à son enfant dans une école primaire de l’Église d’Angleterre. »

« C’est aussi une victoire pour beaucoup d’autres qui ont précédé Kristie, comme Victoria Wasteney et le regretté Richard Page, qui ont également été licenciés pour leurs croyances chrétiennes dans les années passées, et ont cherché justice en vain », a-t-elle poursuivi. Pourtant, d’un trait de plume, des décennies de décisions injustes qui ont nié la justice aux chrétiens ont maintenant été réinterprétées par la Cour d’appel et expliquées comme de simples exceptions qui confirment la règle.

« Pour tous ceux qui se sont tenus à nos côtés pendant des jours beaucoup plus sombres de notre bataille de 16 ans pour la liberté, il est maintenant temps de se réjouir et de rendre grâce à Dieu », a conclu Williams.

Unilinguisme et féminisme — Peu de femmes dans les usines parce « manufacture » fait penser à « man »

La députée démocrate Janice Schakowsky (Illinois, 80 ans) se demande si la raison pour laquelle les femmes ne sont pas plus nombreuses à se lancer dans l’industrie manufacturière serait parce que « le nom “manufacturière” fait penser à un “man” (homme) »…

En français (manufacture, fabrication, usine), en espagnol (fabricación), en japonais (製造 – seizō), en russe (производство – proïzvodstvo), et dans bien d’autres langues, le mot désignant la fabrication ou la production industrielle n’a pas de connotation lexicale avec le sexe masculin.

Cela suggère clairement que la sous-représentation des femmes dans l’industrie manufacturière ne peut pas être attribuée uniquement à la terminologie utilisée en anglais. Car, si le mot « manufacturing » avait une influence déterminante sur l'emploi des femmes, on ne devrait pas observer les mêmes tendances dans des langues où ce terme est sans rapport avec le sexe masculin.

Or, la faible présence des femmes dans ce secteur est un phénomène transnational, davantage lié à des facteurs sociaux, culturels et économiques qu’à une simple allitération ou une fausse étymologie (manufacture est un mot relativement récent dérivé du latin classique manū facere « faire à la main », sans rapport avec homme en latin vir pour le sexe masculin, ni homo pour l'humain peu importe son sexe).


Ce que l'Occident doit au christianisme

Christophe Dickès, historien et journaliste français spécialiste du catholicisme et du Vatican. Il est fondateur de ‪@storiavoce2091‬, un podcast dédié à l'histoire. Il vient d'écrire "Pour l'Église", ouvrage dans lequel il rappelle ce que nous Occidentaux devons à la religion chrétienne.

Les chapitres :

00:00 Intro
00:58 Présentation de l’invité et pourquoi avoir écrit Pour l’Église aujourd’hui ?
06:31« L’ombre de l’Église est partout et alors que nous la croyons nulle part » : des Occidentaux encore inconsciemment chrétiens ?
10:13 Le christianisme fut une révolution
12:06 L’Église a scolarisé l’Europe
18:10 La laïcité est une idée chrétienne
23:39 L’Église romaine, prototype de l’État moderne
28:40 L’Église et les femmes : une relation loin des clichés historiques
36:53 L’Église et les arts : le génie du christianisme ?
41:27 L’Église, la lecture et l’écriture
43:23 L’Église et la science, la foi et la raison. Oppenheimer a écrit : « le christianisme était nécessaire pour donner naissance à la science moderne »
51:00 Le wokisme, une idée chrétienne devenue folle ?
56:10 Le pape se désintéresse t-il de l’Europe ?
58:44 Conseils de lecture

Présentation de l'ouvrage par l'éditeur

Scandales en tous genres, abus de pouvoir, abus sexuels, escroqueries..., l’Église - c'est le moins que l'on puisse dire - n'a pas bonne presse. Critiquée, voire méprisée, elle évolue par ailleurs dans un contexte de déchristianisation généralisée. Déshonorée par son passé et paralysée dans une crise qui présente n'en finit plus, elle semble n'avoir aucun avenir. Et si elle trouvait justement dans ce passé des motifs d'espérance ? Dans cet essai argumenté et passionné, Christophe Dickès livre un véritable plaidoyer en expliquant ce que le monde lui doit, sans que nous ne le sachions vraiment. À travers dix tableaux enlevés, il révèle l'influence considérable de ces hommes et femmes d’Église qui ont marqué l'histoire des sociétés, l'intelligence politique, les sciences et l'éducation - jusqu'à l'organisation du même temps. À l'opposé de l'image obscurantiste que l'anticléricalisme a souhaité lui accoler, l’Église nous apparaît d'une fécondité rare dans l'histoire des civilisations. Sans occulter les pages sombres de sa longue histoire, l'auteur montre qu'elle peut bel et bien cultiver un sentiment de fierté, sans complexe ni arrogance, tant son apport a été et demeure indéniable. Un essai écrit avec vigueur et rédigé à la lumière des dernières recherches historiques.

Pour l'Église,
Ce que le monde lui doit,
par Christophe Dickès,
paru chez Perrin,
à Paris,
le 17 janvier 2025,
272 pp.,
ISBN-10: 2262104999,
ISBN-13: 978-2262104993

mardi 11 février 2025

Études manipulées autour de la maladie d'Alzheimer

Tromperie dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer touche plus de 30 millions de personnes dans le monde, principalement des personnes âgées. Après 65 ans, le risque de développer la maladie double tous les cinq ans. À 85 ans, ce risque est d’un sur trois. Ses symptômes, qui comprennent la perte de mémoire, la difficulté à accomplir des tâches élémentaires et la dépression, s’aggravent progressivement. L’augmentation de l’espérance de vie dans le monde s’accompagne d’une augmentation du nombre de cas d’Alzheimer, ce qui en fait l’un des grands défis de santé publique d’un monde vieillissant.

Il n’existe pas de traitement curatif. Entre 1995 et 2021, environ 42 milliards de dollars ont été investis dans plus de 1 000 essais cliniques. Pourtant, seule une poignée de médicaments a été mise sur le marché. Et même ceux-là traitent les symptômes de la maladie plutôt que de l’arrêter.

La principale explication de la maladie d’Alzheimer est l’« hypothèse amyloïde », qui suggère que des dépôts de bêta-amyloïde, un type de protéine, s’accumulent entre les neurones et perturbent leur fonctionnement. Mais cette théorie reste controversée : tous les cerveaux atteints de la maladie d’Alzheimer présentent des plaques de bêta-amyloïde, mais toutes les personnes présentant ces plaques ne connaissent pas de déclin cognitif. La question de savoir si l’accumulation d’amyloïde est à l’origine de la maladie d’Alzheimer ou n’en est qu’un symptôme n’est toujours pas résolue.

Dans « Doctored » (Trafiqué), Charles Piller, journaliste scientifique, explique comment la pensée de groupe et la malhonnêteté ont détourné la recherche sur la maladie d’Alzheimer de son objectif. En 2006, un article publié dans Nature par des chercheurs de l’université du Minnesota semblait constituer une avancée majeure. L’étude affirmait qu’un sous-type de bêta-amyloïde était à l’origine des troubles de la mémoire. Elle est rapidement devenue l’un des articles les plus cités et a inspiré des centaines de millions de dollars de subventions publiques à la recherche. Un autre article influent publié en 2012 par des scientifiques associés à Cassava Sciences, une société de biotechnologie, a renforcé la théorie amyloïde en établissant un lien entre la résistance à l’insuline et la formation de plaques amyloïdes. Cette découverte a alimenté une vague de recherches sur l’idée que la maladie d’Alzheimer est un « diabète du cerveau » qui pourrait être traité par des médicaments. Il n’y avait qu’un seul problème : les deux études étaient basées sur des données falsifiées.

« Doctored » suit l’enquête de M. Piller sur cette supercherie. Au centre de l’histoire se trouve un groupe de limiers de l’image, avec un œil aiguisé pour les pixels manipulés des buvardages de western (une technique de laboratoire utilisée pour étudier les protéines, qui ont été trafiquées dans les études). Certains chapitres se lisent comme un polar scientifique. Dans l’un d’eux, M. Piller doit travailler dur pour gagner la confiance d’un dénonciateur réticent. Dans un autre, il se rend à Prague pour une réunion privée avec un groupe de détectives de l’image aux pseudonymes énigmatiques.

Malgré les preuves évidentes de manipulation des résultats de recherche, les revues érudites et les autorités de réglementation ont été lentes à agir. M. Piller accuse les puissants défenseurs de l’hypothèse amyloïde d’avoir ignoré les signaux d’alarme. Ce n’est qu’en juin 2024 — deux ans après les premières allégations — que l’article de Nature a été rétracté par ses auteurs. Cassava Sciences, tout en niant avoir commis des actes répréhensibles, a interrompu les essais de son médicament contre la maladie d’Alzheimer, le Simufilam, en novembre, après avoir constaté l’absence d’effets bénéfiques sur le plan clinique.

Les conséquences de ces articles dépassent le cadre du laboratoire. Pour les patients et leurs familles, les traitements expérimentaux représentent souvent une ultime bouée de sauvetage. Encourager les gens à placer leurs espoirs dans des médicaments inefficaces, voire dangereux, est une trahison. La fixation sur une théorie dont les essais sur l’homme n’ont donné que des résultats limités peut également avoir détourné des ressources précieuses au détriment d’autres thérapies plus prometteuses.

Depuis 2023, la Food and Drug Administration, l’organisme américain de réglementation des médicaments, a approuvé deux nouveaux médicaments qui ralentissent modestement le déclin cognitif en s’attaquant aux plaques amyloïdes. Ils s’accompagnent également d’effets secondaires dangereux pour certains, notamment des gonflements et des hémorragies cérébrales. M. Piller reste sceptique quant à ces traitements. Il en va de même pour nombre de ses lecteurs, après son histoire captivante de la pensée de groupe médicale et des incitations biaisées. 

Source : The Economist

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Une nouvelle étude nous apprend par ailleurs, la même semaine, qu’il n’y aurait aucun lien entre la dépression et la sérotonine. Cette découverte remet en cause l’efficacité de nombreux antidépresseurs.

Comment la science se trompe.... Dans The Economist du 26 octobre, un dossier sur l’évolution du système mondial de recherche scientifique : « How science goes wrong ». On y apprend notamment qu’un nombre important et croissant de publications souffrent de biais statistiques ou défauts méthodologiques qui devraient inciter à la prudence sur les conclusions, quand il ne s’agit pas d’erreurs pures et simples. 

« Des coraux plus résistants à la chaleur » ou des études précédentes peu fiables et alarmistes ?  La menace stéréotypée n’expliquerait pas la différence de résultats entre les sexes en mathématiques (suite) 

Mythe : le traitement de l’« hystérie » féminine à l’époque victorienne 

Recherche — Failles dans le mécanisme de relecture par des pairs

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Le président de l’université de Stanford a été démasqué pour falsification de données. Les preuves sont choquantes et il est déprimant de voir que Marc Tessier-Lavigne, ancien éminent neuroscientifique, n’ait pas été sanctionné comme il se doit pour sa faute professionnelle. (Voir les articles qui ont dévoilé ces scandales 1re partie, 2nde partie). 

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La langue des thèses universitaires devient de plus en plus impénétrable (surtout dans les sciences humaines et sociales)

Selon une étude universitaire, une bonne partie des études universitaires ne seraient pas fiables…

Congo RDC — Silence on tue ! Par millions (rediff)

le journaliste québécois Stéfan Bureau s'est entretenu avec Charles Onana.

« Le régime de Kigali est un sous-traitant des grandes puissances, notamment les États-Unis et la Grande-Bretagne, des multinationales et de tout le système mafieux minier.»

Les accusations sont accablantes. 

L’homme qui les formule ne mâche pas ses mots. L’enjeu ne se prête pas aux tièdes constations.
Charles Onana a passé vingt ans à enquêter sur une sale guerre qui se joue sous l’écran  radar de nos bonnes consciences.

L’Ukraine et Gaza font la une des grands médias, mais qui parle du Congo ? Des millions de morts, des centaines de milliers de femmes violées, des enfants réduits à l’esclavage, rien ne semble secouer notre indifférence.

Dans son plus récent livre, Onana décrit l’invasion masquée du Congo par le Rwanda afin d’en exploiter les nombreuses ressources minières. 

Son constat est sans équivoque : depuis 30, le Congo est victime « de pillage, de massacre de masse et d’extermination méthodique des populations ». 

Le Coltan et le Cobalt, minerais indispensables à l’industrie de la téléphonie mobile et de la voiture électrique sont l’or des temps modernes. 

« Tout le monde parle de transition énergétique en disant que c’est de l'énergie propre, c’est tout sauf propre ! »

Charles Onana est politologue et journaliste, il revient d’un séjour à Kinshasa.
Son plus récent livre Holocauste au Congo est paru en 2023.

Voir aussi

Sur le régime du dictateur francophobe Paul Kagamé, le documentaire Rwanda’s Untold Story (L’Histoire inédite du Rwanda), diffusé le 1er octobre 2014 sur la BBC et interdit de diffusion au Rwanda par les autorités du pays.

Depuis ce reportage, Émile Gafarita, l'un des trois membres du FPR qui transportèrent depuis l'Ouganda jusqu'à Kigali les missiles qui abattirent l'avion du président Habyarimana a été enlevé à Nairobi le 13 novembre 2014. Il n'a pas réapparu depuis.


Une fondation franco-africaine qui méprise la Francophonie sous le patronage des présidents français Emmanuel Macron et rouandais et (le dictateur francophobe) Paul Kagamé que courtise Macron

Le régime de Kagamé essaie de réécrire l'histoire

 Histoire — Rwanda et Congo, 7 millions de morts ?

 

 

dimanche 9 février 2025

Trump déclare qu'il supprime tout financement à l'Afrique du Sud en raison de la discrimination anti-blanche

Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il supprime tout financement à l’Afrique du Sud en raison de la discrimination et des violations des droits de l’homme à l’encontre des Blancs. Le ministre des Affaires étrangères, Marco Rubio, a également déclaré : « Je ne participerai pas au sommet du G20 à Johannesbourg. » « L’Afrique du Sud fait de très mauvaises choses, a écrit le secrétaire d’État américain sur le réseau social X, citant notamment « l’expropriation des propriétés privées ».

AfriForum, une ONG sud-africaine de défense des droits civils, a souligné que le décret exécutif émis hier par le président Donald Trump, président des États-Unis, concernant la situation des Afrikaners en Afrique du Sud est le résultat direct des actions et politiques irresponsables du président Cyril Ramaphosa et de son gouvernement.

Menaces, discriminations et climat délétère causés par l’ANC

AfriForum avait écrit au président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, en avril 2024 pour lui demander de renvoyer la Loi sur l’expropriation devant le Parlement, car l’article 12 (3) — qui rend possible l’expropriation sans compensation et qui ne limite pas réellement les circonstances dans lesquelles elle est appliquée — fera fuir les investisseurs.

« Malheureusement, Cyril Ramaphosa a ignoré cette demande. Il a signé cette loi et le président doit donc porter l’entière responsabilité des fruits amers que ce pays et son peuple doivent maintenant récolter », a déclaré Kallie Kriel, président d’AfriForum.

Ernst J. van Zyl, responsable des relations publiques d’AfriForum, estime que les déclarations et le comportement du gouvernement de l’ANC avant la signature de la loi sur l’expropriation justifient les inquiétudes suscitées par cette loi : « Les tentatives d’amendement de la Constitution pour détruire les droits de propriété privée, l’éloge et le culte du héros des accapareurs de terres tels que [l'ancien président du Zimbabwe] Robert Mugabe, et la déclaration selon laquelle l’objectif de la loi sur l’expropriation est de permettre l’expropriation sans compensation, ne sont que quelques exemples des déclarations et des comportements du gouvernement ANC qui suscitent des inquiétudes. »

Selon Jacques Broodryk, porte-parole pour la sécurité des communautés à AfriForum la violation des droits de propriété par l’accaparement des terres en Afrique du Sud suscite de plus en plus d’inquiétudes au niveau international : « Bien que le gouvernement ne soit pas directement responsable d’accaparements de terres, il en est indirectement responsable parce que la police, dans de nombreux cas, n’agit pas contre les occupants et que la législation rend difficile l’expulsion des accapareurs des terres occupées. »

« En outre, des conseillers municipaux de l’ANC ont par le passé été liés à des accaparements illégaux de terres », ajoute Jacques Broodryk.

Se référant aux préoccupations du président Donald Trump selon lequel des minorités sont « très mal traitées », M. Kriel souligne que M. Ramaphosa a signé la loi de modification des lois sur l’éducation de base (BELA) qui menace spécifiquement l’existence continue des communautés culturelles de langue afrikaans en ciblant les écoles afrikaans.

Selon Kallie Kriel, c’est également sous le gouvernement contrôlé par l’ANC — que l’Afrique du Sud compte 141 lois raciales, dont 116 nouvelles, toujours dans les recueils de lois.

Afrikaners reconnaissants, mais opposés à l’émigration

AfriForum a exprimé sa grande reconnaissance envers Donald Trump et les États-Unis pour avoir souligné l’injustice dont sont victimes les Afrikaners en Afrique du Sud.

Toutefois, AfriForum et d’autres organisations sœurs ont rejeté l’offre de Trump de réinstallation des Afrikaners aux États-Unis : « Les Afrikaners ne survivront que sur le sol local en tant que communauté culturelle. L’émigration n’offre de perspectives qu’aux Afrikaners qui sont prêts à sacrifier l’identité culturelle de leur postérité en tant qu’Afrikaners. »

Le décret de Donald Trump sur l’Afrique du Sud

Défense des écoles afrikaans, du droit de propriété

D’après Kallie Kriel, président d’Afriforum, les propositions d’AfriForum comprennent, entre autres, les éléments suivants : 

  1. Le dépôt d’amendements sur la loi d’amendement de la loi sur l’éducation de base (Bela), qui menace spécifiquement l’existence des écoles afrikaans et des communautés culturelles ; et la loi sur l’expropriation qui menace les droits de propriété.
  2. Le retour de l’Afrique du Sud à une politique étrangère neutre vis-à-vis des conflits internationaux. La politique étrangère anti-occidentale et anti-américaine inconsidérée du gouvernement sud-africain contribue directement au fait que le bien-être économique de
  3. La conclusion d’un accord culturel entre le gouvernement sud-africain et les Afrikaners et autres communautés culturelles qui le souhaiteraient, selon lequel un espace culturel sera offert aux institutions et communautés culturelles africaines.
  4. La cessation de la discrimination raciale contre les Afrikaners et les autres minorités.
  5. L’arrêt des déclarations haineuses envers les Afrikaners et les autres minorités, comme l’utilisation du chant Kill the Boer (Tue le Boer !, voir vidéo ci-dessous).

La Loi d’expropriation (2024) sans compensation

Son article 12 (3) précise que :

(3) Il peut être juste et équitable qu’aucune indemnité ne soit versée lorsqu’un terrain est exproprié pour cause d’utilité publique, compte tenu de toutes les circonstances pertinentes, y compris, mais non exclusivement, les suivantes

(a) lorsque le terrain n’est pas utilisé et que l’objectif principal du propriétaire n’est pas de développer le terrain ou de l’utiliser pour générer des revenus, mais de bénéficier de l’appréciation de sa valeur marchande ;

(b) lorsqu’un organe de l’État détient un terrain qu’il n’utilise pas pour ses fonctions essentielles et qu’il n’est pas raisonnablement susceptible d’avoir besoin du terrain pour ses activités futures à cet égard, et que l’organe de l’État a acquis le terrain à titre gratuit ;

(c) nonobstant l’enregistrement de la propriété en vertu de la loi de 1937 sur le registre des actes (loi n° 47 de 1937), lorsqu’un propriétaire a abandonné le terrain en n’exerçant pas de contrôle sur celui-ci alors qu’il était raisonnablement en mesure de le faire ;

(d) lorsque la valeur marchande du terrain est équivalente ou inférieure à la valeur actuelle de l’investissement direct de l’État ou de la subvention pour l’acquisition et l’amélioration bénéfique du capital du terrain.

Comme on le voit, l’article 12, paragraphe 3, laisse à l’autorité expropriante le pouvoir discrétionnaire de déterminer s’il est juste et équitable de ne verser aucune indemnité. Toutefois, la loi ne contient pas de lignes directrices sur la manière dont ce pouvoir discrétionnaire doit être exercé. L’indemnisation nulle n’est pas nécessairement limitée aux cas énumérés dans cet article.

L’article 25 paragraphe 4 de la Constitution sud-africaine stipule que

(4) Aux fins du présent article —
(a) l’intérêt public comprend l’engagement de la nation envers la réforme agraire et les réformes visant à assurer un accès équitable à toutes les ressources naturelles de l’Afrique du Sud, et
(b) la propriété ne se limite pas à la terre.
Lu à la lumière de cet article (25) (4) (a), « l’intérêt public » comprend « l’engagement de la nation envers la réforme agraire. »

Certains ont interprété cela comme signifiant que l’article 25 fournit un cadre pour les cas où aucune compensation ne serait accordée pour les biens expropriés, en particulier en ce qui concerne les terres. À savoir que l'expropriation dans le cadre de la réforme agraire est en soi de l'intérêt public et ne doit donc pas nécessairement être justifié autrement (les clauses (a) à (d) n'étant que des exemples en rien limitatifs).

L’Afrique du Sud, en tant que membre de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), est signataire du protocole de la SADC sur la finance et l’investissement. Ce protocole vise à fournir un cadre politique pour encourager les États membres à instaurer un climat économique favorable à l’investissement et à l’esprit d’entreprise.

L’article 5 du protocole stipule que l’expropriation d’un terrain n’est légale que si elle est effectuée dans un but d’utilité publique, dans le cadre d’une procédure légale régulière, de manière non discriminatoire et accompagnée d’une indemnisation juste et adéquate.

La loi sur l’expropriation en son article 12 (3) pourrait entrer en conflit avec l’exigence d’une « indemnisation juste et adéquate » du Protocole.

La section 12 (3) (a) est particulièrement préoccupante, car elle prévoit que l’indemnisation pour un terrain peut être nulle si le terrain n’est pas utilisé et que le propriétaire n’a pas l’intention de développer le terrain ou de générer des revenus à partir du terrain, mais plutôt de bénéficier de l’appréciation de la valeur du marché.

La section 23 (3) (c) prévoit que les terres peuvent être prises sans compensation lorsqu’elles ont été abandonnées parce que le propriétaire n’a pas exercé de contrôle sur les terres, bien qu’il ait été raisonnablement en mesure de le faire, et la section 23 (3) (d) prévoit qu’aucune compensation ne doit être payée lorsqu’un investissement direct de l’État excède la valeur des terres.

L’Afrique du Sud a conclu plusieurs traités bilatéraux d’investissement avec la Chine, les États-Unis et des pays de l’UE, dont la plupart exigent une compensation à la valeur marchande totale en cas d’expropriation.

L’expropriation sans compensation pourrait constituer une violation de ces traités et déclencher des demandes d’arbitrage international de la part d’investisseurs étrangers.

Le protocole sur l’investissement de la zone de libre-échange continentale africaine, auquel l’Afrique du Sud est liée en tant que signataire, prévoit également des protections contre l’expropriation sans compensation.

L’article 19 du protocole de la zone de libre-échange prévoit des règles relatives à l’expropriation des biens. Celles-ci exigent que l’expropriation soit effectuée dans un but d’utilité publique, conformément à la procédure établie par l’État dans lequel l’investissement est détenu, de manière non discriminatoire et, conformément à l’article (19) (1) (d), qu’elle donne lieu à une indemnisation juste et adéquate.

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Vivre-ensemble : chef du 3e parti (13 %) en Afrique du Sud chante « Tirez pour tuer, Tuez le Boer, tuez le fermier » devant stade comble

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samedi 8 février 2025

« Ce n’est pas l’expression qui engendre la violence, mais l’interdiction du débat qui alimente la radicalisation »

Le Figaro a publié un grand entretien avec Peggy Sastre, docteur en philosophie des sciences, spécialiste de Nietzsche et de Darwin. Elle a publié « Ce que je veux sauver » (Anne Carrière). Elle est également journaliste au « Point ». Peggy Sastre Chaque fois que la liberté d’expression a été sacrifiée à la stabilité, c’est la démocratie elle-même qui a fini par s’effondrer souligne l’essayiste, qui plaide pour une liberté de parole maximale et souligne l’inefficacité de la censure.


LE FIGARO. — On débat beaucoup en ce moment de la liberté de parole qui s’exerce sur les réseaux sociaux et qui serait, selon certains, une menace pour la démocratie. Est-ce que, selon vous, il y a une différence culturelle entre la liberté d’expression « à l’américaine » et celle qui est développée en Europe ?

PEGGY SASTRE. — Oui, il existe une différence fondamentale entre la conception américaine et européenne de la liberté d’expression. Aux États-unis, la liberté d’expression est protégée de manière maximale par le Premier Amendement, qui empêche pratiquement toute restriction sur les discours politiques, y compris ceux considérés comme offensants ou haineux. Ce à quoi il convient de rappeler, car on a tendance à l’oublier ou à ne pas le savoir, que la loi américaine punit les menaces directes et immédiates de dommages physiques, tout comme le harcèlement, le vandalisme et l’intimidation, sans même parler de la diffamation ou des secrets industriels ou militaires…

En Europe, en revanche, cette liberté est bien plus encadrée : la législation inclut souvent des limites liées aux « discours de haine » ou encore à la protection de la dignité humaine. Cette différence se traduit aussi dans les pratiques culturelles. En Europe, les lois et la sensibilité collective tolèrent moins les provocations publiques qui pourraient heurter certaines communautés. Comme le détaille le rapport «The Free Speech Recession Hits Home» du think-tank The Future of Free Speech, de Jacob Mchangama, plusieurs démocraties européennes ont adopté des lois de plus en plus restrictives sous prétexte de lutte contre la désinformation, la haine en ligne ou la protection de la cohésion nationale.

 — Pourtant le droit à la caricature semble moindre aux États-unis. Pas un seul journal ne pourrait publier des caricatures hostiles à l’islam comme elles sont publiées en France dans Charlie Hebdo. Comment expliquer ce paradoxe ?

 — Par une différence entre les principes juridiques et les normes culturelles. Aux États-Unis, la liberté d’expression est juridiquement plus large, mais dans la pratique, l’autocensure y est plus présente, notamment sous la pression sociale et économique. Les médias américains sont particulièrement vulnérables aux pressions des groupes militants, aux boycotts, voire à la menace physique, ce qui les pousse à éviter certains sujets trop polémiques. C’est un point que j’aborde dans Ce que je veux sauver en analysant comment certaines formes de censure ne viennent pas nécessairement de l’état, mais d’une dynamique sociale où la peur des représailles (y compris économiques) limite la liberté de parole. En France, la tradition satirique et la laïcité républicaine ont installé une tolérance culturelle plus large envers la critique des religions. L’affaire des caricatures de Charlie Hebdo en est un exemple frappant : malgré les menaces, l’hebdomadaire a continué à publier des dessins provocateurs, alors qu’aucun grand journal américain n’a osé les reproduire dans leur intégralité.

 — Est-ce qu’une liberté d’expression absolue n’aboutit pas à la tyrannie des susceptibilités ?

 — La liberté d’expression absolue n’existe pas, d’une part. Si on parle de liberté d’expression maximale, comme elle est consacrée par le Premier Amendement de la Constitution américaine, non, je ne pense pas qu’elle conduise à la tyrannie des susceptibilités, mais plutôt à leur confrontation ouverte. On en a un exemple avec le « retour de bâton » contre le wokisme aux États-unis : à la fois le wokisme a été le plus fort chez eux, mais en même temps il aura généré des réactions – pas toujours finaudes, mais c’est un autre débat – qui auront permis de le faire reculer avec une vitesse impressionnante. En France, je crains qu’on manque de tels contre-pouvoirs et, globalement, d’une culture qui, en fin de compte, empêche toute orthodoxie trop massive de faire souche… Ensuite, l’argument selon lequel la liberté d’expression illimitée pourrait créer un climat de violence est souvent avancé pour justifier des restrictions, mais il repose sur une logique qui inverse la causalité : ce n’est pas l’expression qui engendre la violence, mais l’interdiction du débat qui alimente la radicalisation.

Je me réfère encore au rapport « The Free Speech Recession Hits Home », qui est une mine sur le sujet. Il montre que les législations contre les discours de haine et la désinformation ont rarement prouvé leur efficacité à contenir les tensions sociales. Au contraire, elles donnent souvent une aura de martyre aux discours interdits, les renforçant au lieu de les affaiblir. C’est aussi un point que je traite dans mon livre, en soulignant que la répression des idées jugées « dangereuses » aboutit souvent à leur diffusion clandestine, les rendant encore plus toxiques. La seule réponse efficace à une idée délétère reste de lui opposer une meilleure idée, et non de la censurer. Je suis aussi très sensible à une sorte d’argument mitochondrial (en biologie, cellule chargée de récupérer l’énergie fournie par les molécules afin de les stocker pour une utilisation future, NDLR) pour la liberté d’expression maximale : quand on étouffe une idée, même et surtout atroce, on empêche par la même occasion toutes les autres idées qu’elle aurait pu faire naître. Et il est impossible, a priori, de connaître la descendance d’une idée…

La transparence est préférable à l’obscurité. Une idée exposée à la critique peut être combattue, alors qu’une idée interdite se propage en sous-main, » sans opposition

 — On entend un discours selon lequel la liberté d’expression serait devenue l’ennemie de la liberté, et même de la démocratie. Ce discours est-il nouveau ?

 — Non, ce discours n’est pas du tout nouveau. Il s’inscrit dans une tradition qui remonte aux régimes autoritaires et aux idéologies totalitaires du XXe siècle, qui trouvent leur genèse dans la dégénérescence de la Révolution française en Terreur. Soit un exemple emblématique d’une période où les crises politiques et sociales conduisent à un rejet de la liberté d’expression, souvent au nom de la préservation de l’ordre et de la sécurité. Initialement, la Révolution a promu la liberté d’expression comme un droit fondamental, avant de sombrer dans la Terreur et d’adopter des politiques de censure et de répression politique. En 1789, l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclamait que « tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement», mais dès 1793, la Révolution basculait dans un régime de répression où les « ennemis de la liberté » étaient pourchassés. La loi des suspects permettait d’arrêter toute personne dont les propos étaient jugés hostiles au régime, et la loi de Prairial, de 1794, instituait la peine de mort pour de simples infractions verbales, comme critiquer la Convention nationale ou diffuser des « fausses nouvelles » (cela vous rappelle quelque chose ?). En on arrive à 17 000 exécutions, souvent pour des délits d’opinion. La Révolution est peut-être le cas d’école de ce paradoxe récurrent : ceux qui prétendent défendre la liberté sont souvent les premiers à l’étouffer lorsqu’ils estiment que son exercice met en péril leur projet politique. L’argument selon lequel la liberté d’expression mettrait en danger la démocratie est souvent employé par ceux qui souhaitent encadrer le débat public et imposer une norme idéologique unique. Dans Ce que je veux sauver, j’analyse l’évolution des totalitarismes modernes qui, au lieu d’imposer un contrôle direct, créent des formes de censure par pression sociale, comme le wokisme ou les lois contre la « désinformation ». Les travaux de Jacob Mchangama et de son think-tank mettent aussi en évidence la manière dont plusieurs démocraties utilisent la lutte contre la « haine en ligne » pour restreindre des opinions qui ne sont pas forcément haineuses mais simplement dissidentes, le tout selon cette règle : plus un régime démocratique s’inquiète pour sa stabilité, plus il a tendance à restreindre la liberté d’expression.

En Allemagne, la législation sur les discours haineux a entraîné des milliers d’arrestations pour des commentaires postés sur internet, avec des descentes de police à l’aube pour des individus accusés d’avoir insulté des personnalités publiques. En France, des lois comme celle contre « l’apologie du terrorisme » ont été utilisées de manière abusive, parfois contre des enfants ou des militants, criminalisant des opinions sans appel clair à la violence. Autant de dérives qui partagent la logique de la dégénérescence de la Révolution française : la liberté d’expression est d’abord célébrée comme un principe fondateur, puis progressivement restreinte dès qu’elle est perçue comme une menace par le pouvoir en place. Le risque majeur de cette logique est que la démocratie elle-même commence à fonctionner comme un régime autoritaire sous prétexte de se défendre contre ses ennemis. Comme l’explique Mchangama, l’histoire montre que les démocraties qui restreignent excessivement la liberté d’expression finissent par affaiblir les principes qu’elles prétendent protéger, en renforçant notamment les mouvements qu’elles cherchent à combattre. En somme, le discours affirmant que «trop de liberté d’expression nuit à la démocratie » est une vieille rengaine qui accompagne toutes les périodes de crise. Ce qui est nouveau, c’est l’ampleur de son acceptation dans les démocraties modernes, notamment sous couvert de protection contre la désinformation et les discours de haine. Mais comme l’a montré l’histoire, chaque fois que la liberté d’expression a été sacrifiée à la stabilité, c’est la démocratie elle-même qui a fini par s’effondrer.

 — Vous dites que la censure ne fonctionne pas. Avez-vous des exemples concrets de censure qui ait empiré le mal ?

 — Oui, plusieurs exemples plus ou moins récents montrent que la censure ne fait que renforcer les idées qu’elle prétend combattre. Le plus éloquent, et bizarrement le moins connu, concerne l’Allemagne prénazie. Voyez les travaux de Timothy Garton Ash : l’Allemagne de Weimar avait adopté des lois strictes contre les discours antisémites, poursuivant et emprisonnant plusieurs propagandistes nazis, notamment Julius Streicher, éditeur de Der Stürmer. Plutôt que d’étouffer leurs idées, ces procès leur ont offert une tribune et un statut de martyrs qui ont contribué à la montée du nazisme. Je pense aussi à l’interdiction de Dieudonné en France. Ses spectacles ont été interdits, Manuel Valls en a fait une croisade personnelle et quoi ? Cela l’a transformé en figure de la « liberté d’expression contre le système», renforçant son influence auprès d’un public complotiste qui aurait pu rester marginal. Concernant le cordon sanitaire médiatique en Belgique, contrairement à ce que certains prétendent, l’interdiction médiatique des partis d’extrême droite en Wallonie n’a pas empêché leur progression ailleurs, notamment en Flandre. La logique est toujours la même : en excluant certaines idées du débat public, on les pousse dans des sphères où elles prospèrent sans contradiction.

 — Quels sont vos arguments pour faire valoir qu’une maximisation de la liberté d’expression comporte moins de dangers que sa limitation ?

 — D’abord parce que la transparence est préférable à l’obscurité. Une idée exposée à la critique peut être combattue, alors qu’une idée interdite se propage en sous-main, sans opposition. Ensuite, comme je l’ai mentionné, l’histoire prouve que la censure renforce ce qu’elle cherche à éliminer : le nazisme, le fondamentalisme islamiste et même certaines formes de radicalisation politique ont prospéré précisément là où l’expression était contrainte. Enfin, la liberté d’expression est un rempart contre le totalitarisme : une société qui commence à limiter l’expression ouvre la porte à des restrictions toujours plus grandes, jusqu’à étouffer toute dissidence. Si la censure pouvait réellement empêcher la haine et la violence, nous vivrions dans un monde pacifié. Or, les sociétés qui l’appliquent le plus rigidement ne sont pas les plus démocratiques, bien au contraire.

Source : Le Figaro